Disclaimer: J'annonce, déclare et proclame que j'suis en slip littérairement parlant.

Suite de la suite de la suite de la suite de la...

Bref, vous aurez compris.

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Ils arrivèrent à Londres tôt le matin, le soleil se levait à peine. Sirius réveilla Snape le plus doucement possible, lui murmurant qu'il fallait bientôt descendre. Il évita de justesse un geste brusque du bras de la part du Serpentard qui lui jeta un regard affolé par-dessus son épaule. Il s'observèrent en silence, jusqu'à ce que l'annonce de l'arrivée en gare retentît. Sirius se redressa alors, jetant un œil par la fenêtre. Le paysage se figea finalement, ils pouvaient descendre. Il se tourna alors vers Snape qui pliait machinalement le plaid dans lequel il avait dormi et lui adressa un sourire lorsque le Serpentard releva les yeux vers lui.

-On va descendre. Viens. Tu finiras ta nuit à Grimmauld.

Il ne sut comment interpréter le léger froncement de sourcils qu'il reçut en guise de réponse lorsqu'il mentionna leur résidence. Snape le suivit docilement néanmoins et ils transplanèrent jusqu'au parc, désert à cette heure. Le froid de l'hiver approchant se fit alors sentir, faisant frissonner le Gryffondor qui se dépêcha de faire apparaître son domicile et d'accéder à la porte d'entrée. Une fois celle-ci ouverte, il jeta un coup d'œil en arrière pour s'assurer que le Serpentard le suivait, ce qu'il fit à son grand soulagement. Il se mit de côté pour lui permettre d'entrer le premier puis referma la porte derrière lui.

-Tu veux boire quelque chose? Manger?

Snape secoua la tête légèrement. Ses yeux se fermaient légèrement tandis qu'il restait dans l'entrée.

-Va dormir alors... Je te rejoins dans quelques minutes.

Il se rendit dans la cuisine une fois Snape monté à l'étage. Il avait besoin d'un thé...


L'autre dormait déjà lorsqu'il entra dans la chambre. Dans le lit où ils partageaient la majorité de leurs nuits. Ce détail le fit sourire lorsqu'il se dirigea vers le lit libre qu'occupait Snape à la base et s'y effondra, lui aussi épuisé. Tout juste s'il prit la peine d'ôter ses bottes pour ensuite s'enrouler dans les draps. Les cauchemars se firent moins violents qu'en temps normal, mais il fut néanmoins réveillé par le bruit du matelas provoqué par les réveils brusques de Snape.

Quelques heures plus tard, Sirius se réveilla pour de bon, la bouche pâteuse et pas vraiment reposé. Il jeta un coup d'œil au lit voisin: vide, Snape était déjà levé. Une vague inquiétude le prit quand il fit le tour de l'étage sans le trouver. Il descendit alors au rez-de-chaussée et jeta un œil dans la cuisine. Personne.

-Snaaaaape?

Il se frappa le front mentalement (Andouille, il ne peut pas répondre!) puis alla alors voir au labo à la cave. Il n'y était toujours pas. Il s'arrêta pour se calmer. Le salon, il n'avait pas été voir au salon. Il remonta les escaliers et se rendit dans la pièce en question. Snape s'y trouvait, endormi sur le divan, recroquevillé et la tête posée sur un accoudoir.

Sirius ferma brièvement les yeux de soulagement et s'approcha du Serpentard puis s'accroupit pour amener son visage à hauteur du sien. Snape avait toujours ces cernes et ce visage creusé qui lui donnaient cet air maladif qui fit légèrement grimacer le Gryffondor. Les tics qui le parcouraient indiquaient que le sommeil n'était pas non plus des plus calmes. Sirius soupira en voyant ce visage qui donnait à quiconque le voyait une petite idée de ce que son propriétaire avait vécu. Il lui brisait le cœur, ce visage, autant qu'il l'aimait, mais ne parvenait pas, toutefois, à en détacher ses yeux. Il le parcourait, s'arrêtant ci et là, se demandant s'il parviendrait à effacer un minimum les marques laissées par Azkaban. Snape se mit soudainement à accélérer sa respiration, entrouvrant légèrement les lèvres, puis se calma. Sirius se concentra alors sur sa bouche et le souffle qui semblait en sortir régulièrement; Il se pencha vers elle, et ferma les yeux, sentant le léger courant d'air sur ses lèvres. Il resta ainsi quelques secondes, immobile à quelques millimètres de Snape.

Il se recula finalement. Tout tenté qu'il fut, il avait toujours préféré un peu de répondant à ses baisers. Il leva alors la main pour caresser doucement la joue creuse du Serpentard. Ce dernier ouvrit lentement les yeux, et Sirius retira sa main rapidement sans trop savoir quoi dire. Il se fixèrent l'un l'autre en silence, puis Sirius se leva et quitta la pièce, embarrassé. Il sentait qu'il ne pourrait pas user de cette familiarité avec le Serpentard, lentement acquise mais finalement bien ancrée, avant un bon moment, si tant est qu'il parvienne à la retrouver: l'air effarouché qu'il avait vu dans ces traits lui avait bien fait comprendre ça. Il soupira une fois entré dans la cuisine..

Il s'était imaginé leurs retrouvailles plus... moins... différemment. Pas ainsi, à se demander si le moindre geste de tendresse allait être toléré ou non, à défaut d'être accepté de bonne grâce.

Il se fit chauffer de l'eau- à la moldue, pour prendre du temps pour réfléchir- et resta ainsi, appuyé sur la cuisinière à observer les petites flammes bleues lécher la bouilloire, perdu dans ses pensées. Il n'entendit pas Snape entrer à son tour dans la pièce et s'approcher lentement de lui pour regarder par-dessus son épaule. Sirius se redressa un peu plus, tandis qu'il essayait de se résigner à accepter le fait de ne plus pouvoir se comporter comme il aimait le faire avec Snape. Il perçut une ombre dans un coin de son champ de vision et se tourna vers elle avant de pousser un cri de surprise.

Snape sursauta mais resta sur place. Sirius, lui, tenta de se raccrocher à la gazinière, mettant sa main en contact avec la bouilloire brûlante. Il la retira presque aussitôt, poussant un cri de douleur suivi d'un juron. Il s'écarta, tenant son bras, et alla voir les dégâts à la lumière du jour. Tout le côté de sa main était rouge et gonflé. La douleur persistait, pulsante et coriace, et il se mit à trembler, à bout de nerf. Il vit alors Snape s 'approcher de lui et l'agripper par le bras pour le traîner vers l'évier et maintenir sa main sous l'eau.

Il l'observa, stupéfait de sa réaction. Réflexe sans doute acquis au cours de ses nombreuses années à manipuler ses mixtures et les feux de tous genres, ce qui n'empêcha pas Sirius de le remercier en l'embrassant sur la joue longuement, ajoutant un point de contact supplémentaire, en plus des doigts du Serpentard autour de son poignet. Un sifflement strident se fit alors entendre, faisant sursauter les deux, puis soupirer celui qui avait mis à chauffer la bouilloire qui chouinait à présent. Il coupa le feu d'un geste et le bruit cessa, ne laissant que celui de l'eau qui s'écoulait encore dans l'évier. Au bout d'un moment, Snape coupa enfin l'eau et libéra le bras de Sirius pour ensuite quitter la pièce. Le Gryffondor poussa un autre soupir. Il devait se contenter de ce qu'il pouvait lui donner, huh? Il s'en voulut alors de penser ainsi, grimaçant de dépit devant son égoïsme et son impatience, se massant pensivement le poignet avant de finalement se décider à utiliser cette eau chaude pour ce thé censé occuper son temps et son esprit.

Il venait de reposer la bouilloire vide lorsque Snape entra à nouveau dans la pièce, un pot dans la main. Sirius l'interrogea du regard, intrigué, mais le Serpentard l'ignora en s'emparant de sa main et en appliquant l'onguent qui se trouvait dans le pot. Sirius sentit alors la douleur s'apaiser.

-C'est bon, Snape...Ça ne fait plus mal.

Le Serpentard cessa alors de masser la zone brûlée, mais sembla rechigner à laisser la main de Sirius tout en évitant de le regarder. Ce dernier sentit un sourire étirer lentement ses lèvres. Il reconnaissait cette mimique. Cet idiot se sentait coupable de sa brûlure. Le Gryffondor secoua la tête et tenta de s'approcher de lui. Snape se tendit, reculant d'un pas, mais gardant encore le poignet de Sirius dans la main. Ce dernier s'approcha encore doucement, profitant que Snape se retrouvait adossé au mur, bloqué, pour se pencher vers son visage et y déposer un deuxième baiser, cette fois à la commissure des lèvres. Il murmura ensuite contre sa joue:

-Snape, si tu savais à quel point je me sens mieux, là...

Il posa ensuite sa tête sur son épaule, et poursuivit, lui soufflant dans le cou:

-...Tellement mieux.

Il acheva sa phrase par une étreinte légère dans laquelle Snape ne se détendit guère. Cela suffit à Sirius néanmoins, au vu du sourire qu'il gardait aux lèvres, le nez dans le creux du cou du Serpentard.


Il n'aurait peut-être pas dû, pensa-t-il plus tard, lorsqu'il constata que le Serpentard s'était mis à l'éviter, aussi bien physiquement que visuellement. Il changeait de pièce lorsqu'il l'entendait arriver, ou gardait les yeux baissés et se reculait lorsqu'il s'approchait pour finir finalement par s'enfermer à la cave y faire Dieu savait quoi, Sirius n'osant plus aller voir. Il ne sut trop quoi faire face à cette réaction. Le forcer à lui répondre de quelque manière que ce soit était exclu; il ne pouvait pas non plus laisser Snape errer sans possibilité de savoir ce qu'il semblait chercher ou voulait exprimer, notamment ce qu'il avait à lui reprocher. Sirius avait beau fouiller dans sa tête, il ne trouva rien dans ses gestes ou son attitude qui eût pu offenser son amant... ou plutôt (ex?-futur?-)ex-amant.

Il était, bien entendu, exclu qu'il approchât Snape la nuit. Ce dernier allait se réfugier dans le canapé lorsque Sirius montait dans leur chambre, et vice-versa, surveillant l'Animagus du coin de l'œil une fois la nuit tombée, afin de déterminer son lieu de sommeil, loin de lui. Sirius s'en serait cogné la tête contre le mur plus d'une fois, surtout en sachant qu'il ne pouvait rien faire avant plusieurs jours...

Il devait de se rendre au ministère « la semaine suivant la libération », afin d'aller récupérer les affaires que le Serpentard avait dû laisser avant de partir pour Azkaban, en l'occurrence sa baguette et le calepin dont il sentait le besoin de plus en plus urgent au fil des jours. Il voulait savoir ce que Snape pensait. Avant Azkaban, ils en avaient été à ne l'utiliser qu'en cas de situation particulière ou de 'bon mot' de la part du Serpentard, mais là, il devait pratiquement repartir de zéro. Sirius en déprimait. Snape lui manquait, ses mimiques lui manquaient, ses mots lui manquaient, ses manies agaçantes lui manquaient... et l'avoir à portée de main sans pouvoir l'approcher, le toucher ou même lui parler le rendait malheureux et morose.

Il comptait les jours avant de pouvoir se rendre au ministère, une semaine à ce rythme l'ayant épuisé d'ici là aussi bien moralement qu'émotionnellement et donc, par conséquent, physiquement. Qu'avaient-ils brisé en Snape pour le rendre si...ou plutôt qu'est-ce qu'ils avaient bien pu laisser d'à peu près récupérable? Les regards fuyants et les esquives l'inquiétaient autant qu'elles le blessaient, et il ne savait même pas si Snape en était conscient.

Une ou deux fois, néanmoins, au cours de la semaine, le Serpentard était venu le voir, timidement. Il s'était contenté de l'observer de loin, puis tentait alors de parler, remuant silencieusement ses lèvres avant de finalement se raviser et de quitter la pièce, laissant Sirius perplexe et désespérément amer.


La veille de sa sortie, il attendit que Snape pointât son nez pour le dîner- seul moment qu'il daignait partager un minimum avec son hôte, et toujours les yeux baissés avec cette mine perdue- pour lui expliquer qu'il serait absent dans la journée. Le regard perdu que lui jeta le Serpentard le déstabilisa. Il se sentit le besoin de le rassurer en insistant sur le fait qu'il sera de retour dans la soirée. Rien n'y faisait, Snape gardait cette expression pathétique. Illogique, au vu des jours passés à l'éviter... Sirius se sentit craquer et soupira en se pinçant l'arête du nez.

-Bon, Snape. 'Faudrait savoir, là. Tu veux quoi? Que je reste? Que je parte? Toi, tu veux peut-être quitter cette maison? Dis-le moi. Fais-le moi comprendre, bon sang! Parce que n'arrive pas à saisir la moindre chose venant de toi depuis qu'on est rentrés! Tu veux quoi alors, hein?

Le Serpentard rentra la tête dans ses épaules, ses cheveux formant un écran empêchant de voir son visage. Sirius, à bout de nerf, le regarda en silence quelques secondes puis se contenta de soupirer de lassitude. Snape se leva alors brusquement et se dirigea rapidement vers la porte de la cuisine.

-Hé, tu vas où?

Sirius se leva pour le suivre, les sourcils froncés, ayant un mauvais pressentiment. Il vit Snape se diriger tout droit vers la porte d'entrée et comprit alors ses intentions. Il se précipita, paniqué, pour le retenir d'un bras autour de la taille tandis qu'il passait le pas de la porte, puis le traîna tant bien que mal à l'intérieur, Snape se débattant pour se libérer de sa prise. Sirius étant de bien meilleure constitution, la lutte fut, bien entendu, inégale et brève. Il ferma derrière lui la porte à clé tout en maintenant Snape éloigné. Ce dernier s'immobilisa en entendant le claquement du verrou. Il croisa le regard aussi paniqué que le sien de Sirius qui secoua alors la tête en murmurant:

-Non...

Ils se jaugèrent encore quelques secondes avant que Snape ne repartît à l'attaque, au désespoir de Sirius qui le retenait du mieux qu'il pouvait sans le blesser.

-Non, Snape! Tu peux pas partir! Reste, s'il te plaît!

Sa supplique n'eut pour résultat que le redoublement d'efforts pour atteindre la porte de la part du Serpentard. Sirius finit par lui immobiliser les deux bras, finalement, avant de lui crier en pleine face:

-Ne me laisse pas, bordel! Tu peux pas partir et me laisser, Snape! T'as pigé? Je t'aime, abruti! Comment tu peux me faire ça? J'ai... J'ai besoin de toi, bon sang... T'en va pas... S'il te plaît...

Son ton s'était fait plus désespéré à mesure qu'il suppliait le Serpentard qui avait cessé de se débattre, haletant, mais restait néanmoins crispé. Sirius, tout aussi essoufflé, sentit sa prise perdre de sa force tandis qu'il laissait aller une semaine de frustrations et de doutes.

-Je veux que tu restes, moi. Je... oublie ce que je t'ai dit avant. Reste... Reste, s'il te plaît...J'te toucherai plus, juré. J'te ferai plus rien. Tout ce que je te demande, c'est de... rester dans ma vie...

Les derniers mots étaient soufflés, à peine audibles. Sirius fut incapable de dire si Snape les avait entendus, ou même s'il les avait prononcés ou juste pensés. Toujours est-il que le Serpentard se détendit progressivement, abandonnant apparemment l'idée de combat au grand soulagement de Sirius qui murmura un « Merci » avant de se laisser aller contre la porte et de se passer une main tremblante sur le visage. Il resta un moment immobile, tout comme Snape. Ce dernier ne bougeait plus, se contentant de se tenir debout, les bras ballants, en fixant Sirius d'un air douloureux, attendant apparemment quelque chose. Le Gryffondor découvrit son visage et plongea son regard clair dans celui de Snape puis lui demanda d'un ton las et inquiet:

-Tu vas rester alors...?

Le Serpentard semblait hésiter quelques secondes puis se mit à remuer les lèvres avant de fermer les yeux un instant et de hocher la tête lentement puis de tourner les talons et monter à l'étage. En entendant la porte se fermer, Sirius laissa enfin s'échapper un sanglot d'épuisement et de soulagement.

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A suivre...

Les laisser comme ça serait cruel... Suite la semaine prochaine!