Onzième chapitre! Cette fois, on se concentre sur la deuxième Dovahkiin, quelques révélations sur elle et sur son passé... Et aussi des trucs un peu plus drôle parce que hé, Daren est quand même un de mes personnages favoris! (L'autre n'est pas encore là, donc bon...) Les rares lecteurs qui passeront, merci d'être venu lire, j'ignore si c'est par hasard que vous êtes là ou si vous suivez mes écrits depuis un moment... Merci en tout cas, même si vous restez dans l'ombre! Voir le compteur de "vue" s'agrandir me fait toujours plaisir, même si une review serait également agréable, même un petit "j'aime" ou "j'aime pas" serait bien!
En tout cas... Bisou à tous, et bonne lecture!
Saga du Tigre-Dragon
Deuxième Arc : Compagnons
-Chapitre 11-
Je laisse ici un petit message : à partir de maintenant, ce n'est plus l'histoire du point de vue de Nachael, mais de celui de Daren! On change de Dovahkiin à partir de ce chapitre, jusqu'au chapitre 14. On reprendra avec Nachael au chapitre 15!
Elle du tirer sur les rênes pour stopper l'avancé du cheval, tant la vue lui coupa le souffle. Combien de temps était-elle partie? Un an? Deux? Non, un peu plus que ça... Elle compta rapidement dans sa tête, et regarda avec encore plus de stupéfaction la cité s'étendant devant elle quand elle réalisa que cela faisait sept ans qu'elle en avait quitté les portes. Sept ans. Sept années passées sans qu'elle ne le remarque. Mais quand à l'auberge elle avait entendu l'association du nom "Aventus Aretino" et des mots "contacter la Confrérie Noire", elle avait tout laissé tombé pour foncer ici.
Sept ans, cela avait passé à la fois si rapidement et si lentement. Elle avait l'impression que c'était hier qu'elle quittait en trombe la cité-Forteresse de Vendeaume suite à une violente dispute avec Ulfric. Et qu'à la fois, cela faisait des siècles qu'elle n'avait plus vu l'humain. Du moins, véritablement.
Parce que l'être attaché, bâillonné et vaincu qu'elle avait croisé sur ce chariot de bois il y a quelques mois ne pouvait décemment pas être l'Ulfric Sombrage que Daren connaissait. Ce n'était pas lui. Quelque chose... Quelque chose avait changé, durant son absence.
Sept ans... Ce n'était rien pour l'elfe noire, qui vivra sans doute encore quelques siècles. Mais pour un humain, ça doit être horriblement long. Elle se mordit les lèvres et fit claquer les rênes de son cheval. Celui-ci descendit lentement la colline, alors qu'elle laissait ses pensées s'envoler au loin, dans son passé.
Sa rencontre avec Aria et Jörg, les parents de Naalia Aretino, elle-même mère d'Aventus Aretino, lors d'une mission de routine... Les années d'amitiés qu'elle avait passées avec ces humains, qui grandissaient et vieillissaient trop vite à ses yeux... Sa rencontre surprise avec ce jeune garçon, blond, aux yeux illuminés de détermination, au coeur brûlant de justice et d'honneur, rêvant d'être le prochain Haut-roi de Bordeciel... Ulfric Sombrage, alors âgé de cinq ans, avait été très surpris de voir sa nouvelle garde du corps, une elfe noire, race que son père détestait pourtant.
Mais il fallait aussi avouer que Daren était la plus forte guerrière de la cité à cette époque. Qu'elle soit une elfe noire avait fait pencher la balance vers un refus, mais la menace d'une révolte avait fait changer d'avis le Jarl de l'époque.
-Maintenant que j'y pense, je l'ai pratiquement élevé seule ce gamin... Ricana Daren à mi-voix.
Mais si le temps passait plus lentement pour elle, sept ans ne devaient pas être suffisant pour oublier la femme qui fut pratiquement une mère pour lui, non? Alors pourquoi Ulfric ne l'avait pas reconnu, à Helgen? Pourquoi l'avait-il considéré comme une étrangère? Et ses hommes, pareils, elle aurait été invisible cela n'aurait rien changé. Était-ce à cause de l'attaque de ce dragon noir? La présence de Nachael qui, malgré sa faiblesse au combat, dégage naturellement cette aura de guerrier qui fascine les hommes comme les femmes...?
Ou alors, il l'avait oublié. La mémoire des humains est tellement fragile de toute façon...
Daren stoppa son cheval à l'écurie et débarqua de la selle, prenant ses sacs et son arc dans son dos. Le palefrenier prit rapidement la bride du cheval et l'emmena plus loin se reposer. Après tout c'était un cheval loué, Daren n'en aura sans doute pas besoin avant un moment. Elle quitta ensuite l'écurie et s'engagea sur le long pont de pierre menant à Vendeaume. Elle inspira profondément au fur et à mesure que ses pas menaient aux grandes portes, reconnaissante à son corps de ne pas extériorisé son léger stress.
Sept ans. Aventus avait trois ans quand elle était partit. C'était impossible qu'il se souvienne d'elle. Mais pour tenter de contacter la Confrérie Noire depuis chez lui, cela ne voulait dire qu'une chose...
Naalia et Velnius, les parents d'Aventus étaient morts. Comment? Quand? Elle allait le savoir très vite... Elle était très attachée à Aria, la grand-mère maternel d'Aventus et lui avait jurée sur son lit de mort qu'elle protégerait sa famille du mieux qu'elle pouvait. Elle avait à peu près réussi à tenir sa promesse avec Naalia. Et Aventus...
À cause des coups de colère de plus en plus dangereux et terrifiants d'Ulfric, elle avait prit la décision de s'éloigner quelques temps, lui laissant un peu d'espace pour s'éclaircir les idées. Malheureusement, ces quelques mois c'étaient transformés en quelques années. Aventus devait avoir... Dix ans? Déjà? Encore environ six ans, et il serait majeur... Un homme aux yeux de la société.
Une fois les hautes portes franchie, elle ne s'arrêta nullement et poursuivit en tournant vers le quartier gris. Dans sa jeunesse elle habitait là, et la famille Aretino était connue pour son ouverture d'esprit, leur maison familiale avait donc été construite à proximité du quartier.
Aventus... Dix ans... Il devait savoir parler, écrire, lire, marcher... Il était plus vieux que Lucia, donc peut-être plus mature et moins naïf... Non en fait il devait encore l'être, pour oser accomplir le Sacrement noir. Le plus absolu des tabous pour les Nordiques. Sans même s'en cacher elle marcha jusqu'à la maison des Aretino, la nuit l'aidant à être à peu près discrète et devant la porte, elle frappa.
Aucun mouvement à l'intérieur. Le petit devait croire qu'en ignorant la porte, on le laisserait tranquille. Pauvre petit naïf...
-Aventus Aretino, si tu ne m'ouvre pas d'ici une minute je défonce cette porte! S'écria-t-elle en frappant une nouvelle fois à la porte, plus fortement cette fois.
Cependant personne ne vint. Et au bout d'une minute, Daren s'impatienta. Cependant, défoncer la porte comme promis risquait d'attirer des visiteurs indésirables, entre les gardes et les voisins curieux... Elle sortit donc un petit poignard et ses crochets, grimpa discrètement à l'étage et s'accroupi face à une fenêtre dont les volets étaient fermés et verrouillées. Moins de quinze secondes plus tard, elle s'introduisait dans la maison en fermant les volets derrière elle. Et aussitôt son nez détecta l'odeur de chair en putréfaction, le parfum plus discret et doux des chandelles brûlantes, ainsi que celui âcre des fleurs d'obscurcines. Elle avança en silence dans la pièce, suivant le mouvement des ombres pour ne pas être détectée et entendit ensuite une voix enfantine, tremblante :
-Mère adorée, mère adorée, envoyez-moi votre enfant, car le pêché des indignes doit être lavé dans le sang et la peur... Mère adorée, mère adorée, envoyez-moi votre enfant, car/
-Aventus Aretino, cesse immédiatement cette folie. Gronda soudainement Daren, furieuse du tableau.
Là où était autrefois la chambre d'Aventus, quand il était tout petit... Tous les meubles avaient été repoussés et maintenant, dans un cercle de chandelle, reposait un squelette couvert de morceaux de chair et au milieu des côtes du squelette... Un coeur à moitié racornit, vieillit d'au moins quelques semaines. Et pour faire le rituel, il doit être frais...
Depuis combien de temps ce petit scandait-il ce rituel, seul dans cette maison pleine de souvenirs, à côté d'un cadavre pourrissant?
Aventus sursauta au son de la voix et se redressa, apeuré comme un chat sauvage. Daren se désola de le voir aussi maigre, flottant dans ses vêtements, le visage mince et le regard absent, vide. Mais son visage s'éclaira lorsqu'il distingua Daren entre les ombres de la maison et la lumière faible des chandelles du rituel et s'écria, d'une voix faible :
-Vous êtes là! Je le savais! Vous êtes un assassin de la Confrérie Noire, pas vrai?
Il avait l'air tellement... Désespéré. Daren s'avança et leva la main, sans répondre à Aventus. Puis elle claqua sa main sur la joue du petit, l'envoyant contre le mur durement.
-Imbécile. Siffla-t-elle.
Elle regarda ensuite le rituel à ses pieds. À une autre époque, elle en voyait des centaines tous les mois, répondant à l'appel des enfants de la nuit sous les ordres de la Mère... Mais cette époque était révolue. Après la mort d'Alisanne, elle s'était juré de ne plus jamais répandre le sang au nom de Sithis.
Daren quitta la pièce, ignorant Aventus qui lui demandait qui elle était et ce qu'elle faisait et trouva rapidement un petit baril qui devait contenir de l'eau. Elle en prit un verre et retourna dans la pièce.
Et sans état d'âme, versa l'eau sur les bougies. Autant pour les éteindre que pour purifier lesdites bougies. Elle s'accroupit face au cadavre, prit la dague et la trempa dans l'eau avant de l'essuyer sur le crâne et de chuchoter :
-Mère adorée, cet enfant n'est plus ton enfant, libéré des tourments de la mort, il revient à la vie. Pardonne à cet enfant de préférer la vie à ta douce étreinte et détourne ton regard de son ombre.
Elle planta ensuite violement la dague dans le coeur et sous ses yeux, et ceux choqués d'Aventus, le coeur se ratatina à vue d'oeil, jusqu'à devenir un petit morceau de chair noircis complètement pourri.
-Mais qu'est-ce que... Qu'est-ce qui c'est passé? Demanda Aventus, choqué.
Daren inspira profondément. L'odeur âcre de la chair pourrie et des obscurcines s'étaient atténués. L'ombre de la Mère de la nuit s'en était allée. L'elfe noire se tourna ensuite vers l'enfant et caressa du bout des doigts la trace rougie de son coup sur sa joue. Le petit tressaillit mais ne bougea pas.
-Qui êtes-vous? Demanda faiblement Aventus.
Il semblait perdu. Désespéré. Daren n'était venu que pour stopper le rituel, bannir l'ombre de la Mère et ensuite partir, mais le pouvait-elle vraiment? Alors que ces yeux si ressemblant à ceux d'Aria brillaient de désespoir, s'accrochant à elle comme à la dernière chance de vie?
-... Je m'appelle Daren. Répondit-elle doucement. J'étais une amie de ta mère, autrefois... Je n'ai pas su qu'elle était morte et je n'arrive que maintenant, je m'en excuse Aventus.
Pourquoi s'excusait-elle...? Pourquoi parlait-elle aussi doucement? Pourquoi est-ce qu'elle ne partait pas?
-Daren... Vous êtes l'amie elfe noire de maman... Elle parlait un peu de vous, parfois! Elle disait que vous étiez sa marraine, même si je ne comprenais pas vraiment...
-Une marraine, ou un parrain, c'est un adulte qui est sensé veiller sur l'enfant si les parents ne peuvent plus le faire. Expliqua Daren. J'ai été la marraine de ta mère et j'ai veillée sur elle lorsque tes grands-parents sont morts du froid. Ta mère n'avait que douze ans et aucun fiancé en vue.
Aventus hocha la tête. Pour être aussi écoutant et docile, il devait être au bout du rouleau. Il réagissait à peine et en décalage avec les paroles de Daren, buvant ceux-ci sans les mettre en doute. En le voyant peiné à rester debout, elle soupira doucement et le prit dans ses bras. Il était à peine plus lourd que Lucia, il ne devait pas souvent manger à sa faim et manquait cruellement d'attention. Le jeune homme s'accrocha à son cou et à peine le déposa-t-elle sur le lit au fond de la pièce qu'il s'endormi.
Bien. Un souci de moins pour le moment. Sans trop réfléchir, Daren attrapa un grand drap de lin et alla mettre le squelette, la chair, le coeur et tout le reste, même les supports à bougie, au milieu du drap, avant d'emballer le tout. Elle devait s'en débarrasser immédiatement. Elle ignorait si une nouvelle Oreille Noire s'était révélé après la mort d'Alisanne, la précédente au titre, mais se doutait bien que quelqu'un viendrait voir... La raison de l'interruption et l'abandon du rituel d'Aventus. La Mère de la nuit était peut-être partie, mais elle devait être furieuse...
Perdre un "enfant" et donc un contrat était pratiquement impardonnable pour la Confrérie.
Elle quitta rapidement la maison, verrouillant derrière elle et alla jeter son fardeau à la mer, avant de revenir en quatrième vitesse. À son retour, rien n'avait bougé et la nuit était maintenant bien présente.
L'intérieur de la maison était dans un véritable bordel. Ce fut en nettoyant un peu que Daren tomba sur une lettre. Elle l'ouvrit et la lut rapidement. La lettre était adressé à Aventus et lui signalait que vu la mort de sa mère et l'absence de famille connue en ville, il avait été décidé de l'envoyer... Dans un orphelinat?
... Certes c'était quelque chose de normal, puisqu'un enfant ne pouvait vivre seul, mais de là à... Les Aretino faisaient partit de la bourgeoisie de la ville, leur dernier descendant ne pouvait-il donc pas avoir droit à un peu plus de considération? Elle devra aller demander des comptes à...
Daren se mordit la lèvre. Revenir à Vendeaume n'avait jamais été dans ses projets à venir, du moins pas immédiat. La nouvelle alarmante sur Aventus avait été sa principale et seule raison de revenir. Et elle n'avait aucune, mais alors aucune envie de faire face à Ulfric maintenant. Que ce soit en public ou en privé.
Il lui avait fait trop mal. Ses paroles, ses gestes, ses décisions... C'était trop douloureux. Elle croyait toujours en lui, mais... C'était difficile.
Tellement difficile...
Et ses doutes qui semblaient devenir de plus en plus lourd dans son esprit... Elle devait fuir... Fuir!
Aventus ouvrit les yeux alors qu'un rayon de soleil vint chatouiller son nez et fronça celui-ci. Il ne se souvenait pas de s'être couché... Où était-il? Il observa autour de lui et pendant une seconde, ne reconnu rien. Puis il comprit qu'il était chez lui... Mais dans une maison vide...?!
Un voleur était passé durant la nuit et avait tout volé! Il se leva brusquement et couru jusqu'à son ancienne chambre... Le mort et les autres machins n'étaient plus là! Pareil pour les meubles, les objets que possédait sa maman avant sa mort et... Ah, un coffre, là dans le coin! Il s'y précipita et l'ouvrit.
À sa grande surprise, tous les objets à peu près de valeur y étaient déposés. Même cette vieille assiette, l'héritage de sa famille... Mais pourquoi? L'escalier craqua, le faisant sursauter et il se retourna : Une femme à la peau sombre et aux yeux rougeoyant le fixait. Elle portait un pantalon noir et une chemise blanche, un peu trop grand la chemise, et c'est en remarquant ses oreilles pointues qu'Aventus la reconnue.
L'elfe noire d'hier soir! Elle était entrée, il ne savait comment, et l'avait frappé avant d'éteindre les bougies et de faire une prière bizarre! Puis elle avait dit qu'elle était une amie de sa maman, sa marraine même, qu'elle s'excusait de ne pas être venue plus tôt et qu'elle... Et qu'elle quoi?
-Enfin réveillé, morveux? Fit-elle sèchement. T'as fait un douze heure de sommeil! Allez, va te changer et enfile des vêtements chauds. T'as la peau sur les os, on va te remplumé un peu.
-Mais... T'es qui?
-Et en plus ça à la mémoire courte. Je suis Daren, et pour le moment... Disons que je suis celle qui va te botter le cul très fort si tu ne va pas te laver et te changer immédiatement!
Elle eu un regard dangereux, qui poussa Aventus à courir en trébuchant à moitié jusqu'à la bassine pleine d'eau qu'il n'avait pas remarqué jusqu'alors. En trempant sa main, il s'étonna de constater que l'eau était tiède. Il se déshabilla et entra dans celle-ci, n'eu pas à fouillé longtemps pour trouver une petite lingette et un pain de savon et se lava docilement. Puis alors qu'il allait sortir de l'eau, deux mains se posèrent sur ses épaules, le forçant à rester dans l'eau.
- Tous pareils, tu ne sais donc pas laver tes cheveux et ta tête? Soupira Daren.
Aventus ne fit que rougir à la proximité soudainement d'un membre de l'autre sexe alors qu'il était tout nu et croisa aussitôt ses mains sur son sexe pour le cacher, se recroquevillant pour se cacher un maximum.
-Fait pas ton timide gamin, ce n'est pas ton pénis de cinq centimètres de long qui va m'affecter. Fit Daren en fouillant dans une sacoche à côté d'elle.
Aventus n'en rougit que davantage. Elle avait noté la longueur de son zizi? Mais, mais, mais...! Il sursauta cependant lorsque quelque chose de froid se déposa sur son crâne et tourna la tête pour tenter de voir ce que c'était.
-Maintenant t'arrête de bouger ou je t'arrache des poignés de cheveux. Siffla l'elfe noire, un petit pot d'argile entre les mains.
-C'est quoi? Demanda timidement Aventus en s'immobilisant.
-Une crème de mon invention. Ça à la même propriété que le savon, mais c'est plus doux pour le crâne et ça rend les cheveux un peu plus soyeux. Bon, c'est pour ma consommation personnelle donc c'est parfumé à la lavande.
-Mais je vais sentir comme une fille! S'horrifia Aventus en percevant enfin l'odeur florale.
-Aww, mais tu vas être adorable, p'tite fillette. Ricana Daren.
-J'veux pas être une fille! Je veux être un garçon, j'veux pas sentir les fleurs!
-Mais si, mais si...
Il entendit le petit pot être posé par terre puis deux mains fines se mirent alors à frotter son crâne et ses mèches de cheveux. Après un moment, il sentit quelque chose venir chatouiller son nez et il ouvrit prudemment un oeil... Et sursauta encore une fois.
Mais c'était quoi cette chose blanche avec des drôles de sphère transparentes qui flottait sur l'eau autour de lui?! Il en avait même sur sa peau! Et ça glissait... Il tenta d'attraper une des petites sphères et sursauta à nouveau lorsqu'elle éclata à son touché.
-C'est quoi? Demanda-t-il, curieux.
-De la mousse et des bulles. Répondit Daren. C'est le savon dans tes cheveux, il fait ça.
-Mais le savon n'en fait pas autant...!
-Le mien, si.
L'elfe noire se pencha alors et prit délicatement une petite bulle entre ses mains avec un peu de mousse et Aventus fut impressionné, elle n'éclata pas! La jeune femme souffla alors sur ceux-ci et les bulles s'envolèrent, faisant s'exclamer de surprise le jeune garçon, qui tenta inconsciemment de les attraper. Elle continua de laver les cheveux et le crâne, jusqu'à être satisfaite et demanda :
-Bon, plonge sous l'eau et frotte tes cheveux le plus possible, pour enlever le savon.
-Okay!
Le jeune garçon fit le mouvement plusieurs fois et barbota encore un peu dans l'eau, jusqu'à ce que Daren l'appelle à l'ordre ; non seulement il n'était plus un enfant de trois ans, mais en plus ils avaient des courses à faire.
-Des courses? Répéta Aventus, en sortant de la bassine.
Il cacha cependant soigneusement son sexe. Non mais, il avait une fierté lui!
-Ouaip. Approuva Daren en enroulant un drap de lin à peu près propre autour du jeune homme pour le sécher. Déjà faut remplacer le mobilier, il est à la rue. Ensuite faut que tu mange, tu es visiblement sous-alimenté depuis très longtemps... Ça m'étonne de Naalia d'ailleurs...
-Maman... Fit Aventus, tristement. Elle était très malade et elle ne pouvait même pas quitter le lit... J'ai fais de mon mieux pour qu'elle ne s'inquiète pas!
Mais elle aurait put prévenir la cours du Jarl, histoire qu'ils s'occupent d'Aventus à sa place... C'est ce que pensait Daren. Elle fouilla dans une caisse où elle avait rangé les quelques vêtements décents qu'elle avait trouvé et les lança à Aventus, en plus d'un slip pour sous-vêtements. Le gamin rougit à la vue du vêtement et alla se changer dans un coin en lui tournant le dos. Ah là là... La puberté approchait pour ce morveux, Daren le voyait très bien.
Une fois habillé, Daren enfila un manteau sans manche par dessus sa chemise et Aventus un cape et un bonnet, dans l'espoir d'atténuer l'odeur floral qui flottait de ses cheveux. Puis ils sortirent, Daren verrouillant derrière eux. Aventus fut surpris de ne pas voir la moindre trace des anciens meubles dans la rue, qu'est-ce que l'elfe en avait fait? Comme si elle avait lut dans ses pensées, Daren sortit une bourse d'une des poches de son manteau et le son des tintements de pièces à l'intérieur répondit à ses questions.
-J'ai tout vendu. Même si ce n'était pas au prix fort, au moins on a quelques économies pour acheter du neuf.
-Mais on va les prendre où? Demanda Aventus en la suivant au pas. Il n'y a pas d'artisan au marché et l'ébéniste ne voudra jamais vendre son bois à... Une elfe noire.
-T'es un malin toi... T'as déjà fait le marché à ce que je vois. Fit Daren en le regardant du coin de l'oeil.
Aventus haussa les épaules.
-Maman était malade, je devais aller chercher la nourriture, l'eau et les médicaments tout seul. J'ai appris tout seul à négocier et où chercher les bons prix.
Dix ans et déjà un bon économiste, clairvoyant sur les prix en plus de cela. Juste à cette phrase, Daren comprit que cela avait du être très difficile pour le jeune garçon de vivre tout en veillant sur sa mère. Cependant, il était intelligent et plus mature que la plupart de ses congénères du même âge... Sauf vis-à-vis la mousse du bain.
Ce fut sans honte que Daren sortit du quartier gris accompagné d'Aventus et marcha en direction du marché. Pourtant à sa place, le jeune garçon aurait déjà fait demi-tour...! Les regards noirs et haineux à peine voilés, les chuchotements des autres habitants étaient... Vraiment peu encourageant. Pourtant, Daren faisait fit de tout cela.
Une fois sur le marché, Daren alla immédiatement du côté de la forge. Aventus la suivit, se rapprochant de l'impressionnante forge où s'échappait de la chaleur qui lui fit du bien ; l'hiver était particulièrement froid cette année!
-Qu'ess c'qu'on m'veux? Fit le forgeron devant l'arrivé de Daren.
Au moins il ne l'avait pas insulté, se dit Aventus.
-Je voudrais des clous, un marteau de bonne fracture et divers autres outils pour pouvoir construire du mobilier. Demanda l'elfe noire.
-Z'avez d'quoi payer, l'elfette?
-À la hauteur de votre travail. Répondit Daren, toujours calmement.
Le forgeron renifla dédaigneusement mais l'elfe se pencha alors vers lui et parla un moment à voix basse, de telle manière qu'Aventus n'entendit rien. Lorsque Daren se redressa, le visage du forgeron s'était considérablement calmé et regardait avec un énorme respect l'elfe noire devant lui.
-J'vais vous faire ça à un prix d'ami. Fit-il. S'pour quand?
-J'aurai besoin des haches, de la scie et des couteaux à bois le plus vite possible, le reste peut attendre ce soir, vous pouvez le faire?
Le forgeron hocha la tête et alla prendre un parchemin et une plume pour rapidement écrire sur papier la commande. Aventus ne put voir le montant à payer et le forgeron se mit rapidement au travail. Daren sembla satisfaite et marcha ensuite vers les étals de nourritures. Les marchands la regardait tous avec un oeil mauvais et soupçonneux, cependant aucun ne tenta de lui vendre plus cher qu'à un autre, ce qui étonna énormément Aventus.
Pourtant... Ils sortirent du marché sans avoir dépenser plus que si Aventus serait venu seul. C'était vraiment bizarre. Ils retournèrent à la maison et Aventus fut très surpris de trouver à côté de la porte d'entrée de sa maison de gros tas de bois.
... Hein? Mais d'où sortait tout ce matériel? Daren ne sembla pas surprise de tout voir et donna même son sac de provision au jeune homme.
-Vas mettre ça en haut, sur ton lit. Ensuite descend, on a du travail devant nous.
-Mais ça ne rentrera jamais à l'intérieur... Tout ce bois... Fit le petit.
Daren le regarda sans un mot et Aventus réalisa alors. Ah. Quel idiot. Ils n'avaient qu'à construire les morceaux de meuble dehors et les assembler à l'intérieur. Il fila rapidement chez lui et déposa soigneusement les provisions sur son lit, avant de retourner dehors.
Il fut surpris de voir un garçon de course aux côtés de Daren, lui remettant un lourd paquet et une pochette visiblement pleine à craquée.
-Vos outils m'dame. Fit le garçon de course rapidement.
-Tiens, pour la peine. Répondit Daren en lui jetant une petite piécette d'or.
Le jeune attrapa la pièce au vol et tourna des talons pour partir en courant, sans plus attendre. Et alors qu'il s'éloignait, Aventus s'approcha de l'elfe noire et observa les nombreuses planches et troncs de bois. Beaucoup de travail en perspective...
-On va en avoir pour des semaines... Soupira-t-il.
D'autant plus qu'ils étaient en plein hiver, que Vendaume était la ville la plus ciblée en tempête de neige de tout le pays et qu'il y faisait si froid la nuit qu'il était pratiquement commun de trouver des cadavres de mendiants morts gelés dans des coins de ruelles chaque matin.
Que ce soit des vieillards, des handicapés de guerres ou des enfants maigres comme des clous. Aventus avait des frissons glacés plein le dos à chaque fois qu'il en croisait un...
-T'inquiète. Ce soir on aura fini. Fit cependant Daren.
Ce soir?! Au minimum, ils auront fabriqués une table et une chaise! Pas le mobilier nécessaire à la vie commune d'une adulte et d'un enfant! C'est alors que Daren déposa son paquet par terre et l'ouvrit. Puis ses mains s'illuminèrent d'une lumière orangée et elle tapa ses paumes ensembles. Au son, les outils s'illuminèrent tous d'une aura de la même teinte que la lumière sur les mains de Daren et se soulevèrent dans les airs... Tout seul!
-De la magie! Reconnu Aventus.
-Évidement. J'allais pas me taper tout le travail à la main, non mais. Fit d'un air hautain Daren.
Les outils, mouvant grâce à la force de volonté de Daren, se déplacèrent et commencèrent à tailler et couper le bois, très rapidement. Cependant Daren prit elle-même une hache et fit signe au petit de venir la rejoindre.
-Si tu veux ton lit, travail. Fit-elle en déposant une seconde hache dans ses mains. Et ça te fera des muscles en bonus. À dix ans, les garçons ne sont pas aussi minces et faiblard que toi, gamine.
-J'suis pas une fille! Protesta Aventus vivement, avant de se mettre au travail.
Il allait lui montrer qu'il n'était pas une fillette, mais bien un homme! Il ne remarqua cependant pas le sourire en coin de l'elfe noire, ce concentrant sur sa tâche.
Et comme l'avait prédit Daren, lorsque le soleil se coucha à la fin de la journée, une dizaine d'heures plus tard, ils avaient fini de tailler toutes les pièces et les planches de bois. Ne manquait plus que tout monter dans la maison pour par la suite construire les meubles. Ce qu'ils firent pendant près d'une heure.
Lorsque les dernières planches de bois et morceau de meuble furent déposés par terre, Aventus s'effondra, complètement épuisé, sur son ancien lit à côté des provisions. Ils avaient mangé au milieu de la journée, mais c'était tout... Ils n'avaient fait aucune pause.
-Bien, maintenant on monte les meubles. Sifflota Daren en attrapant la pochette pleine de clou.
-Mais... Tu peux pas faire ça par magie? Demanda piteusement le jeune garçon.
-Non. Maintenant, travail.
Aventus soupira lourdement et se leva péniblement de son lit. Ses bras et ses jambes tremblaient, il n'avait même plus la sensation d'avoir des mains ou des pieds et son ventre grondait. Sa tête lui tournait et il était fatigué... Comment l'elfe noir faisait-elle pour être aussi en forme?!
Il ne tint pas une demi-heure, il s'endormit la tête sur une planche de bois. Daren secoua la tête et n'eu même pas à faire attention à son sommeil, il était complètement assommé par la fatigue. Aventus ne réagit ni aux coups de marteaux, ni à son déplacement ni à l'odeur du repas que Daren se cuisina par après. Il dormit douze heures en ligne et Daren eu même le temps de préparer quelques barrières magique autour de la maison.
Elle ignorait toujours pourquoi elle était restée au final, pourquoi au dernier moment alors qu'elle tentait de fuir, elle avait stoppé son geste. Elle ignorait aussi pourquoi est-ce qu'elle avait fait tous ces achats aujourd'hui, alors qu'elle prévoyait quelques jours plus tôt de partir à la recherche du sanctuaire dans Bordeciel pour tenter d'entrer dans la confrérie. Où plutôt d'y retourner.
Rentrer à la maison. Enfin. Après des années d'errances. Presque 16 ans que Alissanne était morte... Que Daren à quitté la Confrérie, trop effrayée à l'idée de retourner au sanctuaire sans Alissanne... Sa guide, son mentor, celle qui lui a tout apprit sur le meurtre, cette femme qui pourtant était plus jeune qu'elle...
Sans Alissanne, comment Daren pouvait-elle encore voir la Confrérie Noire comme une famille...? Ces questions l'avait troublé et elle avait fuit. Retournant auprès d'Ulfric à Vendaume, pauvre gamin qui ignorait tout de la véritable identité de sa protectrice... Puis fuyant ce foyer temporaire neuf ans plus tard.
Daren avait alors errée sur les routes, assassinant ou volant pour survivre, jusqu'à ce que ces foutues visions ne la reprenne.
Et lui montre clairement un rougegarde et une jeune femme blonde, tout deux sur un cheval, fuyant à ses côtés jusqu'à la lumière. Ce qui l'avait frappé dans cette vision, c'était l'expression des deux êtres qu'elle avait vu.
Des sourires. Ils lui souriaient. Sincèrement.
Comme s'ils étaient heureux de la voir.
Daren n'y avait pas cru. Jusqu'à ce qu'elle les rencontre. Sans qu'elle ne s'en aperçoive vraiment, des mois s'étaient écoulés, et elle s'était attachée à eux. À Freyja, cette insolente et jeune mage. À Nachael, ce crétin et attachant guerrier. À Lucia, si petite et intelligente Lucia, fille adoptive de Nachael...
Elle s'était attachée à eux.
Puis à l'auberge, elle avait entendu la rumeur sur Aventus. Et s'était souvenu de la vérité. De ce gouffre qui la séparait d'eux.
Le temps était cruel. La mémoire aussi.
Voilà, fin du premier chapitre! Les chapitres consacré à Daren seront plus court que les autres, pas que j'ai moins d'idée à développer sur elle, mais c'est un personnage si complexe qui apporte tant d'information dans l'univers skyrimesque de cette fiction que je préfère ne pas tout dévoiler d'un coup! Alors ici vous avez la confirmation que oui, Daren est bel et bien une ancienne assassin de la confrérie noire. Et qu'elle s'y connait plutôt bien d'ailleurs!
Les prochains chapitres iront dans ce sens. J'espère que ça vous plaira, vous les lecteurs anonyme!
Et s'il vous plait, en partant, si vous pouviez laisser une review... Je sais que mon absence à fait que pas mal de mes lecteurs se sont désintéressé de mes écrits, mais les quelques personnes qui passent, même pas hasard... Ce serait sympa de vous manifester... S'il vous plait.
Les reviews, c'est la vie!
Bisou à tous.
RedChi-san
