Rappel: spoiler pour l'Ordre du Phoenix, mais rien après... et ajout d'une scène qui aurait dû avoir lieu dans le 5 parce qu'après cette conversation, j'aurais juste aimé mettre une claque à Sirius, même s'il est mon personnage préféré... alors je lui donne la chance de se racheter.
Note: Je n'aurais jamais pensé reprendre cette histoire mais comme l'inspiration à frapper... 18 chapitre en tout et un épilogue cette fois-ci, parce que je ne me rappelle plus du plan que j'avais fais quand j'avais commencé à écrire...
Chapitre 13/18
Harry, content de l'avancée de son projet de théâtre, mais néanmoins fatigué quand au travail que cela lui demandait, avait décidé de prendre congé de ses obligations de corrigés les travaux des élèves au moins pour la journée. Peut-être Severus était-il celui qui prenait les choses en main pour la mise en scène, cela ne voulait pas dire que cela rendait la tâche beaucoup plus facile à Harry qui devait, lui, se débrouiller pour faire que ce que le jeune élève souhaitait réaliser devienne faisable.
De plus, il devait également coordonner les répétitions et donner des conseils à ses acteurs, qui pour la plupart n'avait jamais joué auparavant. Tout cela pour dire que, non seulement il était content de s'être quelque peu adonné au théâtre durant ses trois années de pérégrinations, le rendant ainsi capable de mener ses élèves à la baguette, mais également de se reposer quelque peu.
Pourtant, il ne put passer sa journée dans le calme et la tranquillité, comme il l'avait espérer et, lorsqu'il entendit des coups retentir contre la porte de ses quartiers, il hésita à faire semblant de ne pas être là avant de se reprendre, déduisant que si quelqu'un venait le déranger dans ses chambres personnelles, il devait s'agir de quelque chose d'important.
Poussant un soupir qui, il l'espérait de tout cœur, n'aurait pas pu être entendu depuis le côté opposé de la porte et s'avança pour l'ouvrir, se retrouvant nez à nez avec nul autre que James Potter.
Contrairement à la dernière fois qu'il était venu lui rendre visite, le garçon n'avait pas l'air nerveux mais réellement inquiet et Harry fronça les sourcils, espérant que rien de trop grave ne s'était passé.
«Qu'est-ce qu'il y a, James?» demanda-t-il, essayant de ne pas montrer à son élève qu'il se faisait du souci.
«Sirius s'est blessé,» commença le noiraud à lunette.
Il n'eut pas le temps d'aller plus loin que déjà Harry commençait à sortir de ses quartiers, son cœur faisant un bond dans sa poitrine, inquiet pour celui qui allait, dans quelques années, devenir son propre parrain.
«Qu'est-ce qu'il s'est passé?» demanda-t-il, tout en commençant à marcher, laissant James mener le chemin.
James se mordit la lèvre inférieure, sachant que son professeur n'allait pas être très content avec les maraudeurs, tout du moins avec Sirius et lui-même. Après tout, les autres n'avaient fait que de les regarder, et même s'ils n'avaient pas cherché à les empêcher de faire ce qu'ils souhaitaient, ils n'avaient pas participé.
«On a été voler un peu, avec les balais de l'école,» admit James. «Mais vraiment, on sait tous les deux voler. Je ne sais pas vraiment ce qu'il s'est passé pour que Sirius fasse cette chute, mais il s'est blessé à la cheville. Peut-être ailleurs, aussi.»
Harry ferma les yeux. De toutes les irresponsabilités que… Il s'arrêta de penser à cela quand il repensa à sa propre première année et son expérience avec le vol en balais. Okay, alors il n'était peut-être pas très bien placé pour faire la morale à qui que ce soit sur ce sujet.
«Et pourquoi ne pas avoir été chercher Madame Pomfresh?» demanda Harry, curieux.
«On voulait le faire mais Sirius a vraiment pris peur…. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Il ne voulait même pas qu'on ait chercher de l'aide tout cours. Il voulait rentrer au dortoir et soigner sa cheville tout seul, mais il n'a pas pu faire un pas. Cela lui faisait beaucoup trop mal et il est tout de suite retomber. J'ai décidé d'aller vous chercher, je me suis dit qu'il serait peut-être plus à l'aise avec vous… J'espère que j'ai bien fait?»
Harry regarda James et hocha la tête, rassurant le gamin.
«Ne t'en fais pas James, tu as fait exactement ce qu'il fallait. Je suppose que Sirius est sur le terrain de Quidditch?»
James hocha la tête et Harry décida de courir le reste du chemin, ne se souciant pas de si oui ou non son élève arrivait à le suivre. Il ne voulait pas faire trop attendre Sirius, surtout si la blessure était vraiment sérieuse.
Quand il arriva à l'emplacement de l'accident, les trois autres maraudeurs étaient en train de l'attendre. Remus et Peter regardaient alternativement l'avancée de leur professeur et leur ami sur le sol, semblant très inquiet mais ne sachant pas que faire pour aider leur camarade.
Remus avait bien essayé de parler à son ami, mais ce dernier restait obstinément les yeux sur le sol, essayant tant bien que mal de ne pas pleurer, même avec la douleur que lui procurait sa cheville.
Sirius se rendit compte qu'Harry était sur le point d'arriver lorsqu'il vit ses camarades de classe se reculer pour laisser la place à ce dernier. Le professeur s'agenouilla devant lui, mais il ne fit aucun geste pour relever la tête et le regarder dans les yeux. Il avait tellement peur qu'Harry le gronde, ou pire soit vraiment déçu par lui.
Il sentit une main sous son menton et le jeune Griffondor n'eut d'autre choix que de faire face à son professeur, les yeux brillants de larmes qu'il ne voulait pas laisser tomber, larmes de douleur et de peur. Pourtant, tout ce qu'il vit sur le visage d'Harry fut de la douceur.
«Où est-ce que tu as mal, Sirius?» demanda-t-il gentiment. «J'ai vraiment besoin de savoir pour ne pas te faire plus mal, okay?»
«La… la cheville,» murmura-t-il. «Et un tout petit peu mon bras…. Mais surtout la cheville.»
Sa voix était toute petite, si éloignée de ce qu'Harry était habitué à entendre. Mais il parut comprendre ce qu'il se passait dans la tête de son jeune élève.
«Eh, je ne suis pas fâché Sirius. Se serait trop hypocrite de ma part, vu ma propre expérience,» avoua-t-il. «Maintenant, accroche tes bras autour de mon cou.»
Un peu étonné, Sirius fit ce qui lui était demandé et il sentit son professeur passer un bras sous ses genoux et un autre dans son dos, le soulevant comme si de rien était. Que cela soit Sirius ou ses trois autres amis, tous étaient sidérés. Les enseignants, s'il devait amener un blessé à l'infirmerie, généralement les faisaient léviter à l'aide d'un sortilège et ne les portaient pas.
Harry se tourna vers ses élèves resté au sol.
«Vous pouvez retourner à vos occupations, je m'occupe de votre camarade. Ne vous ne faites pas, dès demain matin, il sera comme neuf,» plaisanta-t-il. «Oh… et pas un mot de tout ça à qui que ce soit. Comme ça, je peux vous éviter une punition. Mais je veux la promesse que vous ne referez plus quelque chose comme ça, c'est compris?» finit-il d'une voix sterne.
Tous, Sirius y compris, hochèrent la tête en signe d'acquiescement et les trois non-blessé, après avoir salué leur ami, détalèrent en direction de leur dortoir.
Harry secoua la tête et reporta son regard sur le garçon aux cheveux d'ébène, qui regardait son professeur, semblant se demander s'il allait être plus grondé que cela.
«Est-ce que vous allez le dire à mon père?» demanda-t-il, les yeux emplis de terreur.
«Non, Sirius. Ça va rester entre nous,» lui promit-il avant de commencer à marcher, ce qui lui valut un cri de douleur de la part de son fardeau.
La gorge noué, il ferma brièvement les yeux, se maudissant de faire souffrir son élève.
«Je suis désolé, Sirius, mais ça va faire mal,» lui dit-il en regardant les yeux marines noyés de larmes. «Tu sais, tu as le droit de pleurer quand tu as mal,» le rassura-t-il. «Personne n'en saura rien.»
Alors Sirius arrêta de vouloir jouer les grands garçons et, enfouissant son visage dans le creux du cou de son professeur favoris, commença à sangloter alors que la douleur se faisait de plus en plus grande.
Harry n'en menait pas bien large non plus, s'en voulant énormément de faire souffrir le jeune garçon. Heureusement que le trajet jusqu'à ses quartiers n'étaient pas long, parce qu'il ne savait pas combien de temps il aurait pu supporter de voir Sirius comme cela.
Une fois arrivé dans sa chambre, il posa son précieux fardeau sur le lit, délicatement, essayant de lui faire le moins mal possible. Harry se redressa et chercha vite un coussin qu'ii plaça sous le pied de Sirius, le soulevant ainsi pour essayer d'atténuer la douleur.
Pour le plus grand soulagement d'Harry, les larmes du jeune Black s'étaient taries et il restait maintenant tranquille, reniflant silencieusement de temps en temps, alors qu'il suivait des yeux les moindres mouvements de son professeur, prêtant attention au divers sort qu'il jetait sur sa cheville, faisant tout d'abord disparaître chaussure et chaussette, lui donnant ainsi libre accès à la partir blessée.
Jamais Harry n'aurait un jour cru être aussi content d'avoir passé tant de temps à l'infirmerie de Poudlard. Et pourtant, il savait maintenant sans peine réussir à soigner une cheville cassée, en moins de temps qu'il n'en fallait pour dire Quidditch.
«Merci,» remercia Sirius, une fois que la douleur se fut atténuée.
Oh, bien entendu, elle n'avait pas encore totalement disparu, c'était pour cela qu'il faudrait que Sirius reste au lit jusqu'au lendemain matin. Un os qui venait d'être réparer était quelque peu plus fragile que les autres et pouvaient être légèrement douloureux avant qu'il ait reprit une consistance équivalente au reste du squelette.
«C'est rien, Sirius. Maintenant, dis-moi, est-ce que quelque chose d'autre te fait mal?» demanda Harry, gardant ses yeux dans ceux de son élève pour mieux déceler un mensonge.
Sirius sembla hésiter quelques instants avant de montrer son bras à son professeur.
«Mais pas beaucoup. C'est juste un peu sensible,» ajouta-t-il, ne voulant pas inquiéter son professeur pour un rien.
Harry sourit.
«Laisse-moi quand même regarder,» répondit-il, faisant signe à Sirius de lui donner son bras.
Harry l'examina du mieux qu'il le pouvait et il fut vite en mesure de déterminer que rien n'était ni foulé, ni cassé. Cela devait simplement être quelques bleus.
«Je reviens tout de suite,» s'excusa Harry, allant chercher une pommade pour enduire le membre endoloris de Sirius.
«Merci beaucoup, professeur,» remercia encore Sirius. «Vous n'allez vraiment rien dire à mon père?»
Harry secoua la tête.
«Non. Mais Sirius, promets-moi de faire beaucoup plus attention à l'avenir. Tu as eu de la chance, tu ne t'es pas encore fait trop mal mais cela aurait pu être beaucoup plus grave. Il y a des raisons pour que l'on n'accepte pas que les premières années aient des balais et fassent du vol non accompagné. Je sais que tu avais déjà pratiqué, probablement chez toi, mais quand on est avec des amis comme aujourd'hui et sans surveillance des adultes, on tend à moins se soucier des risques. Surtout à onze ans, quand c'est la première fois qu'on se retrouve loin de ses parents et qu'on se sent finalement un grand.»
Sirius avait baissé la tête pendant la tirade d'Harry et avait peur de regarder son professeur dans les yeux. Il avait vraiment dû le décevoir mais il se jura de ne plus jamais refaire cela.
«Je vous le promets Professeur. Je suis vraiment désolé,» murmura-t-il, refusant toujours de rencontrer le regard de l'homme. «Je ne voulais pas vous décevoir.»
La gorge d'Harry se noua et, sans un mot, il vint s'asseoir sur le lit et prit appui contre le sommier. Avec prudence, il souleva le garçon pour le placer sur ses genoux, souriant brièvement au petit cri surpris que celui-ci laissa échapper.
Une fois que Sirius fut installé sur ses genoux, il déposa un baiser sur sa tête, conscient que cela n'était pas dans sa famille qu'il allait recevoir ce genre de marque d'affection, et autorisa son élève à reposer sa tête contre son épaule.
«Tu ne pourras jamais me décevoir, Sirius,» lui murmura-t-il, berçant gentiment le garçon, aidant les médicaments à le faire s'endormir pour pouvoir mieux guérir, son esprit revenant des années dans son propre passé.
Quelques heures après sa dispute avec Sirius, en plein milieu de la nuit, Harry avait prit le risque de retourner à Grimmauld Place. Il avait peur de la réception qu'il y trouverait, mais il savait qu'il devait le faire, sinon il le regretterait. Il devait savoir, savoir à quel point Sirius était déçu de lui. Son parrain lui avait toujours dis combien il était comme James, combien il lui ressemblait et il venait de lui prouver que ce n'était pas vrai.
Harry sentit malgré lui les larmes retourner à ses yeux. Quand Sirius lui avait fait comprendre que James valait plus que lui, il avait été tellement en colère… mais une fois que la colère fut retombée, il s'était juste effondré en pleurs. Il avait prit un moment pour se calmer et ensuite, il avait essayé de deviner, en repassant la conversation dans sa tête, les sentiments de Sirius envers lui et il n'avait simplement pas pu trouver la réponse.
Alors le voilà, en train de parcourir les couloirs sombres de la sinistre demeure des Black, à une heure impossible de la nuit, à la recherche de son parrain qui, avec un peu de chance, ne serait pas déjà endormi.
Sans un bruit, il se dirigea vers la chambre qu'il savait être celle de Sirius et y entra sur la pointe des pieds, quand bien même aucune lumière n'était encore allumée. Peut-être aurait-il dû frapper mais il s'était tout simplement avancé jusqu'à ce qu'il se retrouve juste à côté du corps endormi de son parrain.
Ou peut-être pas si endormi que cela, pensa-t-il alors que Sirius ouvrait les yeux, les laissant s'habituer à l'obscurité avant de se rendre compte de qui était son mystérieux visiteur.
«Harry?» s'étonna-t-il, encore mal éveillé. «Mais qu'est-ce que tu fais ici?»
Tout en disant cela, il s'était quelque peu relever, maintenant plus assis que coucher et, malgré le manque de lumière de la pièce, Harry pouvait voir que ses yeux étaient fixés sur lui.
«Je…je voulais juste m'excuser de t'avoir déçu,» murmura le jeune Griffondor.
Les yeux de Sirius s'agrandirent distinctement dans la noirceur de la chambre.
«Oh Merlin,» articula-t-il.
Sans un avertissement, il agrippa Harry et le fit basculer sur le lit, le prenant sur ses genoux comme s'il était encore un enfant et non un adolescent, et il l'entoura de ses bras.
«Non, non, non, non…. Tu ne pourras jamais me décevoir, Harry,» lui murmura-t-il, embrassant son front.
La fin de l'année approchant à grand pas, même s'il restait encore quelques mois, Harry s'était finalement décidé à faire part à ses élèves de son départ lors des prochaines vacances scolaires. Les réactions avaient été presque toutes les mêmes, les enfants étaient déçu de voir leur professeur préféré partir mais ils allaient bien profiter de ces derniers moments en sa présence.
