Bonjour à toutes !

Voici la suite de la petite aventure de Rosalie et Emmett. Ils continuent leur petit bonhomme de chemin, nous entraînant avec eux.

Je vous remercie de votre soutien, de votre patience, de vos messages adorables. J'espère que cette petite suite vous plaira.

Prenez soin de vous, merci à Emilia pour la correction.
A bientôt.

..::..

Chapitre 14

..::..

Rosalie.

Il y avait longtemps, très longtemps presque trop, que je ne m'étais pas retrouvée serrée contre la chaleur masculine d'un homme nu dans mon lit. Depuis Henri en fait, et je lui avais été fidèle. Il avait été mon premier, mon seul.

Et voilà qu'aujourd'hui, sans réfléchir à rien, je m'étais jetée sur cet homme. Sur Emmett. Le plaisir avait été grand, immense même. Et sa tendresse sans nom. Ses doigts frôlaient mon bras, me créant des frissons et il embrassa mon front en soupirant, heureux.

- Rose...

Sa voix rêveuse, presque au septième ciel, me fit sourire. Il a été si doux... Si patient... Si généreux...

- Tu es si silencieuse... Je voudrais savoir ce à quoi tu penses...

Mes doigts tracèrent des arabesques sur son torse, cherchant des mots inexistants. Des mots pour lui expliquer que je me sentais à ma place, sans vraiment l'être. Être la femme comblée, la maîtresse honteuse à la fois.

- Est-ce que tu regrettes ?

Il bougea légèrement sa tête, pour tenter de me regarder.

- Rose ?

Son ton n'était plus si haut, mais bel et bien inquiet.

- Non... Non je ne regrette pas...

Il se redressa, s'asseyant contre les oreillers.

- Ne me mens pas...

Je pris la même posture que lui, remontant le drap blanc sur ma poitrine dénudée.

- Dis-moi ce qui se passe... Je préfère tout entendre maintenant, que plus tard...

Je soupirai.

- Comment... Comment t'expliquer ça sans que...

- Tu as peur de salir la mémoire de ton ex-mari, c'est ça ?

Ben voilà... Malgré moi, et je me détestai pour cela, mais j'opinai.

- Oui...

Il souffla, presque résigné.

- Je ne ferai jamais le poids face à lui, c'est ça ?

- Non... Non, ce n'est pas ça, c'est que...

- Rose tu sais... Je ne veux pas te forcer à quoi que ce soit... J'ai fait le premier pas parce que j'en avais envie, et que tu m'as répondu favorablement... Mais si tu regrettes, si tu n'es pas prête, je préfère avant tout que tu sois honnête avec toi-même...

- J'en ai eu envie, Emmett... Très envie même... Je... Je me suis sentie si légère et...

Si jeune, si insouciante, si belle... Si femme.

Un joli sourire barra son visage.

- Mais j'ai l'impression de tromper Henri...

- Tu ne le trompes pas, Rosalie...

- Je sais... Je le sais mais... Il a été mon premier, mon seul amant...

Emmett se rapprocha, et attrapa ma main dans sa grande paume chaude. Rassurante.

- Je le comprends, Rosalie... Je le comprends, je l'entends... Mais laisse-moi te dire une chose... Je vais sans doute te faire du mal... Mais Henri est mort...

Mort. Depuis longtemps. Mort. Henri est mort.

Mort. Définitivement mort. Depuis plus d'un an, je fais ma vie seule. Je tente de survivre, et il n'apparaît pas pour me dire que c'est bien ou mal. Il ne reviendra plus. Henri est mort.

- Ma Rose... Je veux que tu sois heureuse, et je suis sûr que c'est ce que ton mari voulait. S'il avait su, il t'aurait dit de continuer à faire ta vie, de rire, sourire, et profiter de chaque plaisir présent... Il a sans doute été un homme bien pour prendre soin de toi à ce point-là, et te faire un enfant génial comme l'est Teddy...

Teddy... Mon petit garçon...

- Rose... Je t'aime... Je t'aime vraiment et peu importe le temps dont tu auras besoin, je serai encore là...

Il m'aime. Il m'aime comme il le dit. J'en suis sûre.

- Emmett...

Il m'attira contre lui et me serra avec toute sa force, caressant mon dos nu.

- Je ne regrette pas de t'avoir fait l'amour...

Mon cœur se mit à battre. Moi non plus je ne regrette rien. Je me demande seulement ce qu'en pense Henri... Du bien, sans doute... Après tout, il aurait aimé que je retrouve une stabilité pour notre fils. Pour moi aussi.

« - Tu m'aimes, Henri ? »

« - Je suis fou de toi, Rose ! »

« - Moi aussi ! Jure-moi que tu seras toujours là pour moi... »

« - Toujours, et même si un jour il doit m'arriver quelque chose, je veillerai sur toi de là-haut, et je ferai en sorte que tu croises un mec bien ! »

« - Je ferai pareil pour toi... »

« - J'y compte bien ! »

Ces mots. Le soir de mes vingt ans. Puis, notre baiser et notre amour, scellant un pacte. Pacte qu'il tient, j'en suis sûre.

- Tu es sans doute celui qu'il a choisi pour moi...

Emmett se mit à sourire.

- Tu veux dire que Henri aurait volontairement fait en sorte que tes canalisations explosent ?

- Il en est bien capable...

En réalité, c'était tout à fait son style. Emmett se pencha, et frôla mes lèvres des siennes.

- Tu me feras penser à le remercier...

- D'accord... murmurai-je, me laissant happer par son baiser.

Henri aurait sans doute voulu que les choses tournent ainsi pour nous. Que je puisse retrouver la force de bâtir une nouvelle famille. C'était finalement ça, dépasser le deuil.

On dirait qu'une personne courageuse est une personne qui s'arrête pour pleurer, et repart au combat. Accepter sa peine, et repartir. Simplement.