Note : Ceci est une traduction dont j'ai obtenu l'autorisation de la traduire.
Auteur:Cheryl Dyson
Titre : Chains of Earth
Rating/ Paring :M Slash HD
Disclaimer : Malheureusement tous les personnages appartiennent à J.K Rowling et l'histoire à Cheryl Dyson
Note : Merci à Anabanana94 pour sa correction !
Chapitre Treize
Quand tu as volé une fois,
tu parcourras pour toujours la terre
les yeux levés vers le ciel,
là où tu as été,
et là où tu mettras du temps à y retourner.
- Douglas Adams
Harry était seul quand il se réveilla. Il n'en fut pas surpris, surtout en sachant qu'il faisait encore jour et que Draco avait d'autres choses à faire que dormir en attendant que Harry se réveille. Mais il était quand même un peu déçu de voir que Draco était parti.
Il lança un rapide Tempus pour apprendre qu'il était à peine midi. Il était affamé, donc il demanda à Kreattur de lui préparer un sandwich pendant qu'il prenait une douche et s'habillait. Il engloutit le pain chargé de viande et de concombre, tout en buvant deux tasses de thé. Ainsi revigoré, il remercia l'elfe et transplana au manoir Malfoy.
Il apparut sur le balcon de Draco, l'endroit où il l'avait embrassé impulsivement. Harry remarqua que la neige fraîche sur la rambarde avait été dérangée —par un hibou? De petites empreintes de pattes semblèrent confirmer son hypothèse. Apparemment, un elfe de maison avait dû récupérer l'oiseau et le mettre dans la chambre de Draco.
Harry n'hésita qu'un instant avant de poser la main sur la poignée en métal froide et l'abaissa. À sa surprise, elle s'ouvrit facilement. Il s'était attendu à ce qu'elle soit fermée, même si les sorts du manoir avaient dû prévenir Draco de cette intrusion. Heureusement, les sorts étaient toujours réglés pour laisser passer Harry. Il s'était demandé si Narcissa Malfoy les changerait pour l'empêcher d'entrer.
Harry hoqueta quand il vit Draco assit sur une chaise, la tête inclinée en arrière, fixant le plafond. Un hibou étrange se trouvait sur le perchoir près de la porte —il hulula doucement quand l'attention de Harry se porta sur lui. Un morceau de parchemin se trouvait sur le sol aux pieds de Draco.
"Potter." Le mot était morne, dépourvu de tout sentiment. Harry ressentit de la terreur en l'entendant. Il s'était passé quelque chose —qui n'avait rien à voir avec ce qu'il s'était passé entre eux mais plutôt avec ce morceau de papier.
Il se rapprocha à grand pas et le ramassa. Il en eut le souffle coupé quand il le lut et il regarda Draco. Les yeux gris étaient fermés et Draco avait l'air bizarrement las, presque vaincu.
"Quand est-il arrivé ?" demanda Harry.
"Il y a quelques heures," dit Draco d'un ton qui suggérait l'ennui.
Harry se retourna brusquement et examina le hibou. Le Chemin de Traverse. Les kidnappeurs y étaient allés pour envoyer ce message à Draco. Harry prit dans les bras l'oiseau, ignorant le hululement surpris et ses battements d'ailes. Il n'appréciait évidemment pas de malmener le volatile.
"Je reviens," dit Harry d'une voix menaçante. Après ça, il disparut, emmenant le hibou avec lui.
~~ O ~~O ~~
Hermione repoussa les dossiers devant elle, complètement agacée. Elle les avait examiné les uns après les autres, espérant trouver une mention de la potion, mais celui ou ceux qui l'avait prise avait pris soin d'effacer la moindre trace. Le dossier de l'arrestation avait été modifié —c'était tellement évident une fois qu'elle savait où chercher. Tout commentaire sur la potion perquisitionnée avait été effacé du dossier. La preuve la plus flagrante était une ligne blanche en face du mot Preuve. Un sort rapide fit réapparaitre les mots —même disparue, l'encre laissait une empreinte sur le parchemin car il fallait une certaine habileté pour la faire disparaître entièrement, ce que n'avait pas les voleurs apparemment.
C'était une petite satisfaction pour Hermione de pouvoir lire les mots perdus —elle n'avait toujours aucun indice sur l'identité de la personne, ou des personnes, qui l'avaient volé. Les mots : une potion non identifiée dans une fiole en verre semblaient se moquer d'elle.
Elle repensa au rapport d'analyse. Quelqu'un avait dû avoir la potion en main. On avait dû la prendre pour l'examiner et prélever des échantillons. Il devrait y avoir une liste d'ingrédients et d'effets potentiels, écrite par quelqu'un qui avait travaillé au Département des Mystères lors de l'arrestation de Gunther Pokeby.
Hermione remit tous les papiers en désordre dans le dossier et sortit, fermant la porte de son bureau par plusieurs sorts. Sa démarche était déterminée alors qu'elle se dirigeait vers le Département du Personnel, ne s'arrêtant qu'une seule fois pour prendre une tasse de thé à la menthe. La chef l'aimait très chaud avec une pointe de miel. Hermione avait eu accès à de nombreux dossiers par le passé; elle connaissait la meilleure façon d'y accéder.
~~ O ~~O ~~
Potter revint dans une rage évidente. Draco avait essayé de se ressaisir après le départ de l'Auror et il réussit à l'accueillir avec une apparence calme. Ce calme se brisa complètement quand Potter passa les portes du balcon, accrocha ses doigts dans la ceinture du pantalon de Draco et l'entraîna dans un baiser.
C'était violent, intense et très possessif. Cela remédia aussi plus efficacement à l'état de nerfs de Draco que toutes ses jérémiades et ses jurons à propos du destin, et ce malgré l'agression supplémentaire que représentaient les visions. Draco les ignora cette fois, se concentrant sur les lèvres de Potter et sa langue. La colère de l'Auror était tangible mais elle n'était pas dirigée envers Draco, plutôt envers les ennemis de Draco. C'était une pensée grisante.
"Tu m'as manqué," dit Potter brutalement. Ses mains se placèrent sur la taille de Draco et le tirèrent plus près. Draco le laissa l'embrasser aussi longtemps que ses idées restaient claires. Il voulait savoir ce que Potter avait découvert, en plus la danse prolongée de leurs langues et de leurs lèvres n'aidaient pas à rester concentré, surtout quand le sang qui devait normalement irriguer son cerveau émigrait dans une région beaucoup plus basse.
"Quoi… ?" Draco essaya à plusieurs reprises de repousser Potter. "Qu'as-tu découvert ?"
Potter soupira fortement et recula, comme si mettre de la distance entre eux lui permettrait de lui relater les mauvaises nouvelles. Draco se rapprocha cependant, ne voulant pas perdre le contact de la peau de Potter. Il n'était pas assaillit de visions à chaque fois que Potter le touchait. Ses doigts s'enroulèrent autour du poignet de ce dernier et le tinrent légèrement. Potter ne se détacha pas de sa prise.
"Je suis désolé. L'employé du Chemin de Traverse ne se rappelle de rien, sauf que c'était un homme qui lui a ordonné d'envoyer le message. Il portait une grosse robe noire et un capuchon. Il se rappelle seulement qu'il avait de grandes mains. Aucuns bijoux. Il a payé d'un simple Galion et lui a indiqué ton adresse sur un bout de papier. L'homme n'a pas dit un seul mot. Et pire encore, un sort Masquant a été lancé sur le parchemin pour dissimuler sa signature magique." Potter passa sa main libre dans ses cheveux dans un geste de frustration furieuse. "Je ne peux pas le croire!" cria-t-il à moitié. "Je n'arrive pas à trouver une seule piste, putain!"
Draco, qui avait exactement pensé à la même chose toute l'après-midi, trouva subitement important de rassurer Potter mais une fois énervé, l'Auror avait apparemment du mal à se calmer.
"Et maintenant ils t'envoient des messages, se moquant de moi et de ma maudite incapacité à t'aider! Pour compléter ça, évidemment, tu dois rendre visite à ton père à Azkaban et il me fera assassiner impitoyablement au moment où je m'y attendrais le moins. Une baguette sera rapidement dégainée au milieu d'une rue bondée, un Avada Kedavra chuchoté et c'en sera fini de moi. Franchement, je me demande souvent pourquoi Voldemort n'y a jamais pensé."
Draco fronça les sourcils, n'ayant aucunement l'intention de laisser Potter se faire assassiner d'une manière aussi insensible, qu'il ait des ailes ou pas et il se fit la remarque de ne pas le laisser sortir dans la rue une journée bondée. Granger le soutiendrait.
"Potter," dit doucement Draco en tournant sa tête vers lui d'une main. Les yeux verts le fixèrent immédiatement.
La poitrine de Potter se souleva alors qu'il respirait profondément et il se rapprocha un peu plus de Draco. "Je suis désolé," dit-il. "J'ai l'impression que je devrais faire plus. Je sais que tu veux être débarrassé de ces…" Potter leva une main et la glissa le long d'une aile, caressant les plumes douces et envoyant un frisson à travers le corps de Draco. Potter sentit sa réaction ou la vit se réfléchir sur son visage, car ses yeux se dilatèrent et devinrent sombres alors que de son autre main il caressait l'autre aile.
Draco pensa que c'était injuste qu'il possédât une zone érogène que Potter n'avait pas, mais ce maudit Auror semblait tirer du plaisir à voir sa réaction. "Merlin", dit Potter le soufflé coupé. "Sont-elles aussi sensibles ?"
"Oui, Potter, maudit sois-tu. Elles le sont vraiment."
Potter sourit —rayonna presque —et Draco eut l'impression que son cœur s'était arrêté de battre. Il ne pouvait pas, ne voulait pas, ressentir autre chose que du désir pour Potter. Et peut-être de l'admiration mais ça il le ressentait depuis plusieurs années, même s'il ne l'admettrait qu'à demi-mot. Draco ne pouvait pas, cependant, éviter de ressentir la chaleur qui le submergeait alors que Potter se rapprochait, les lèvres prêtes à l'embrasser.
Un fort coup se fit entendre contre la fenêtre, attirant l'attention de Potter avant qu'il ne puisse accomplir son geste. Il fronça les sourcils, reconnaissant apparemment le hibou.
"C'est Ginny," dit bêtement Potter.
Draco se raidit mais Potter ne sembla pas le remarquer car il se dirigea vers les portes françaises. Il l'ouvrit pour laisser entrer le hibou, une créature fauve et mouchetée qui fit le tour de la pièce avant de se poser sur l'épaule de Potter.
"Bonjour, Arcturus," dit affectueusement Potter et il caressa la poitrine blanche du hibou. Draco ressentit une brusque montée de jalousie, qui n'avait rien à voir avec l'animal. Il plissa les yeux alors que Potter prenait le parchemin et le déroulait.
Potter fronça les sourcils et replia le parchemin. "Je dois y aller."
Draco ricana. "Elle fait un signe et tu accoures ? Même maintenant ?"
Potter lui lança un regard furieux. "Ce n'est pas ça."
Draco sentit la colère monter, ce qui évinça ses sentiments précédents d'affection. "Tu n'as pas besoin de te justifier envers moi, Potter. Je t'en pris, coure vers elle."
Potter fit un pas vers lui et lui tendit la main. "Draco-"
"Va-y, Potter!" dit-il sèchement. "Tu ne me dois aucune explication. Tu ne me dois rien. Nous avons passé un moment amusant cette après-midi et c'est tout ce que c'était. Reprends le cour normal de ta vie, maintenant."
Il releva le menton d'un air hautain et lança un regard furieux à Potter, essayant de croire en ses propres mots. Malgré son geste provocant, il voulait Potter. Il le désirait tellement, même dans sa robe froissée avec ses cheveux ébouriffés et ses yeux verts fixant Draco d'un air torve, une expression qu'il avait vue un million de fois. Il se demanda depuis quand il était tombé aussi bas; mais il reconnut finalement qu'il utilisait chaque once de sa force pour ne pas s'approcher et prendre Potter dans ses bras.
La présence indéniable de ses ailes l'arrêta. Ses stupides et maudites ailes. S'il était encore un homme, il ne se serait pas retenu de clamer Potter comme sien. Mais il avait des ailes. Il n'était rien d'autre qu'une attraction maintenant et Potter était le Sauveur du Monde Sorcier. En dépit d'une voix intérieure qui criait à Draco d'être égoïste et de demander à Potter d'être à lui, il savait que l'homme méritait mieux.
Harry Potter méritait une vie normale.
"Va-y," dit Draco avant que Potter ne puisse parler.
Ce connard essaya quand même, ouvrant la bouche et faisant un pas vers lui.
"Va-y !" cria Draco.
Potter serra la mâchoire. Il acquiesça, se retourna, marcha vers les portes et disparut.
Pour la première fois depuis longtemps, Draco pensa à la potion qu'il avait ramenée avec lui du puits.
Si vous voulez expier vos crimes, vous la boirez. Nous ne pouvons pas vous promettre une mort sans douleur, mais ce sera rapide et votre misérable existence prendra rapidement fin.
Sa misérable existence.
~~ O ~~O ~~
Harry fixa Draco, détestant la froideur dans ses yeux argentés. Qu'est-ce qui l'avait provoqué ? Draco avait été décontracté et presque affectueux avant l'arrivée du hibou de Ginny, fondant sous le contact de Harry et lui rendant son baiser. Harry avait eu l'espoir que la scène stupéfiante qui s'était déroulé au 12, Square Grimmaud ne serait pas la première et dernière fois, mais apparemment il ne voulait plus maintenant.
Il se retourna et partit, regrettant que Draco ne lui ait pas donné de chance de s'expliquer. Il était plus concerné qu'il ne le croyait. Il avait ignoré le message de Ron ce matin, mais celui de Ginny était inquiétant.
Harry,
J'ai besoin de te parler à propos de Ron. C'est urgent. Ca n'a rien à voir avec toi et ta révélation dégoûtante. Je suis à la maison. Viens dès que possible s'il te plaît. Ginny
La situation avec Ginny était une bombe à retardement. Il avait essayé de l'oublier pendant l'interlude avec Draco, mais il savait que ça arriverait un jour ou l'autre. Harry devait essayer de désamorcer la situation rapidement.
Il fronça les sourcils, s'étonnant à la mention de Ron. Associé au dernier message, ça avait presque l'air de mauvais augure.
Il transplana directement dans son salon, vu l'urgence du message il supposa qu'elle ne s'en formaliserait pas —bien qu'il espéra qu'elle ne se promenât pas toute nue chez elle. Il douta qu'elle le fasse vraiment, après sa révélation dégoûtante.
La pièce était vide. "Ginny ?" appela-t-il.
"Harry!" Elle sortit précipitamment de la cuisine, semblant sur le point de se jeter dans ses bras mais elle s'arrêta d'une manière embarrassée. Les lèvres de Harry formèrent une ligne mince. Il voulut crier qu'il était toujours la même personne —il n'y avait que sa vision de lui-même qui avait changé. Il resta silencieux, sachant que ça ne servirait à rien.
"Salut, Ginny. Qu'est-ce qu'il se passe avec Ron ?" demanda-t-il.
Elle se mordit sa lèvre. "Ce n'est pas vraiment au sujet de Ron," admit-elle. "Je voulais te parler et je ne crois pas que tu serais venu si je n'avais pas une bonne excuse."
"Bien sûr que je serais venu," répondit-il, légèrement soulagé qu'il ne s'agisse pas de Ron, mais ressentant une certaine tension l'assaillir face à ses mots.
"Je t'en prie, assis-toi," dit-elle poliment en montrant le sofa.
Il acquiesça, se demandant combien de temps cela prendrait. Il voulait retourner auprès de Draco et clarifier cette situation pendant que c'était encore chaud. Entre ce qu'il s'était passé entre eux, la lettre menaçante et la visite imminente à Azkaban, Draco devait se sentir légèrement désespéré.
Je n'aurais jamais dû le laisser, pensa Harry alors qu'il s'asseyait, affichant un masque calme. Elle abrégerait la conversation s'il montrait un quelconque signe d'impatience. Il réprima un soupir et attendit qu'elle soit assise à l'autre bout du sofa, aussi loin que possible de lui qu'elle le pouvait en étant assis sur le même canapé.
Il grogna. "Ce n'est pas contagieux."
Elle rougit. "A propos de ça. En es-tu sûr ? Je veux dire, c'est assez soudain ne penses-tu pas ? Est-ce possible que tu sois juste un peu déboussolé ou autre ?"
Il cligna des yeux et se rendit compte qu'il aurait dû s'y attendre. Elle n'avait même pas accepté le fait qu'ils ne soient plus ensemble. Pourquoi avait-il pensé qu'elle admettrait le fait qu'il était gay sans ne pas le dénier ?
"Ginny-" commença-t-il, ne sachant pas trop par où commencer. Comment pourrait-il lui faire comprendre que ce n'était pas un choix, mais que c'était lui; que ça n'avait rien à voir avec son refus d'être avec elle mais qu'il avait enfin accepté quelque chose qui faisait partie de lui? Il passa une main dans ses cheveux de frustration.
La cheminée brilla subitement. "Ginny ?" La voix de Molly Weasley résonna. "Es-tu là ?"
"Merlin, c'est maman!" cria Ginny en bondissant sur ses pieds. "Harry, voudrais-tu — ? Oh mince, maman était très bouleversée la nuit dernière. C'est probablement mieux qu'elle ne te voit pas ici. Pas encore. Ca te dérangerait de… hum ?"
"Partir ?" proposa-t-il en se mettant aussi debout et en espérant que son soulagement ne se reflétait pas trop sur son visage.
"Non! Je dois vraiment te parler de ça!" Ses lèvres formèrent une ligne mince et il faillit presque grogner.
"D'accord; que veux-tu que je fasse ?" demanda-t-il.
"Juste, ah… caches-toi dans la salle de bain un instant. Je vais me débarrasser d'elle."
Merlin. Il roula des yeux, mais se dirigea docilement dans le couloir alors que Molly criait de nouveau.
"Je suis là, maman!"
Dans le petit couloir, la porte ouverte donnant dans la chambre de Ginny attira son attention et il passa devant la salle de bain, se demandant quand elle avait changé les couleurs de sa chambre. La dernière fois qu'il l'avait vu, elles étaient vaguement rouge Gryffondor, mais maintenant c'était beaucoup plus pâle. En fait, c'était… gris ?
Il rentra à l'intérieur après avoir jetait un coup d'œil par dessus son épaule pour s'assurer qu'elle était toujours occupé avec Molly. Ca ne le ferait probablement pas pour lui d'être pris dans sa chambre après le dernier drame, mais il était curieux. Qu'est-ce qui lui avait prit de changer tout ça ? Et quand l'avait-elle fait ? Il n'avait pas vu sa chambre depuis plusieurs mois, bien avant l'accident de Ron.
Les tons gris donnaient un air encore plus sombre à cause d'une peinture bizarre accrochée au dessus du lit. C'était abstrait, avec des taches de couleurs noires, grises et vertes. Harry savait que l'art était interprété différemment par chaque personne, mais pour lui cette peinture était criarde et déprimante. Le vert lui rappela le terrifiant trait d'un Avada Kedavra. Il frissonna et se demanda comment elle faisait pour l'aimer au point de la mettre au dessus de son lit, de tous les endroits.
Secouant la tête face à cette étrangeté, il se dirigea vers la sortie mais la porte ouverte de sa penderie attira son attention. Il aperçut la manche de ce qui ressemblait à un uniforme de Quidditch et s'en approcha après avoir vérifié que des voix se faisaient encore entendre en bas. Il tira sur la manche, se demandant si Ginny avait postulé pour un poste dans le Quidditch. Il avait toujours cru qu'elle aimait travailler pour le Ministère. Elle avait l'air très heureuse de son travail.
Au lieu de trouver une robe de Quidditch, la manche était rattachée à une robe très féminine et sophistiquée, bordée de lacet. Il la laissa retomber avec embarras d'un sourire. Elle penserait certainement qu'il avait retourné encore une fois sa veste si elle le trouvait en train de toucher ses vêtements. Alors qu'il se détournait, il remarqua un peu de fourrure argentée derrière des vêtements suspendus. Même pour un œil non aguerrit, ça avait l'air cher.
Il tendit la main et retira la robe du cintre en bois. C'était une longue cape en fourrure noire, bordée d'une fourrure plus épaisse argentée. Harry la caressa d'une main, s'étonnant de sa douceur en la comparant mentalement aux cheveux de Draco.
Penser à Draco lui coupa le souffle. La cape n'avait pas du tout l'air féminin. L'attache était une corde en argent et reliée à un bouton ressemblant à un nœud épais. Merlin, ça ne pouvait pas être ça. L'esprit de Harry se mit à marcher à toute allure. Que portait Draco quand il avait été enlevé ? Harry se creusa les méninges. Une cape en fourrure de nundu noire, avec de la fourrure de renard argenté.
Ca ne peut pas être ça.
Il entendit des bruits de pas et il se retourna brusquement —un moment trop tard. Un coup le frappa à la nuque et il se retrouva à genoux. Il lutta pour ne pas tomber inconscient et attrapa sa baguette, mais des doigts énormes attrapèrent son bras pour le tordre dans son dos. Ce n'est pas Ginny, pensa-t-il avec effarement alors que son menton heurtait le plancher.
Il lutta pour rester conscient tout en lançant des coups de pieds dans le vide, espérant toucher quelque chose, mais tout ce à quoi il eut droit ce fut un coup dans les côtes. D'autres mains se mirent à le fouiller et trouvèrent finalement sa baguette, pendant que le premier gardait sa prise sur son bras, lui déboitant ainsi presque le bras.
Harry tourna la tête, essayant de voir son agresseur.
"Ne lui fait pas trop mal. Nous pourrions avoir besoin de lui." Harry n'avait jamais entendu Ginny aussi furieuse. "Harry, espèce de connard. Tu n'aurais pas dû t'impliquer dans l'affaire. Pourquoi n'as-tu pas refilé le dossier Malfoy à quelqu'un d'autre ? Tu le détestes."
Harry l'écoutait à peine. Il tendit le cou et cligna des yeux pour lutter contre les larmes qui menaçaient de couler sous la douleur. Le visage de Ginny rentra dans son champ de vision— l'homme qui le retenait était derrière.
"Pourquoi ?" demanda-t-il. Il ramena avec difficulté son autre main sous lui, en dépit de la clé faite à son bras. Ses doigts cherchèrent la chaîne autour de son cou.
"Mais le détestes-tu vraiment ? Maintenant que je suis au courant de tes préférences malsaines, Harry, je parierai que tu as d'autres raisons de t'occuper de cette affaire, hein ?" Son ton était méprisant. "Emmenons-le."
Il brisa sa chaîne autour du cou et il chuchota un sort alors qu'on le retournait sur le dos. Il fit un mouvement de ciseau avec ses jambes, son pied rencontrant quelque chose de ferme. L'homme grogna et Ginny souffla d'agacement, mais son coup de pied était une distraction. La chaîne glissa de ses doigts et sous lui.
Un pied botté s'écrasa sur son ventre, lui coupant le souffle et menaçant d'écraser sa colonne vertébrale sur le plancher. Il lança un regard furieux au visage de son attaquant de forte carrure. "Je ne referais plus jamais ça si j'étais toi," conseilla l'homme dans un sourire méprisant et laid.
"Tu ferais mieux de faire ce qu'il te dit, Harry," conseilla Ginny, en jouant avec sa baguette. "Ca sera plus facile pour toi, du moins pour l'instant."
La botte ne desserra pas sa prise, le retenant sur place et empêchant son diaphragme de laisser rentrer l'air précieux dans ses poumons. Il lutta pour respirer alors que sa vision se troublait.
Draco, pensa-t-il fortement alors que l'obscurité l'enveloppait. Merlin, qu'avaient-ils fait ?
~~ O ~~O ~~
Et voilà, vous savez maintenant que Ginny fait partie de ce plan machiavélique mais qui est la deuxième personne ? Tous à vos claviers et laissez-moi vos impressions et suggestions ! Je voulais aussi m'excuser de ne pas avoir répondu aux reviews la dernière fois, je vous avoue que j'ai complètement oubliée, honte à moi ! Allez, à dimanche prochain pour la suite, on approche de la fin ! Merci d'avoir lu !
