Roulement de tambours...Voici le moment que vous attendez tous :

14- Le réveil (bande son : Mon plus beau cauchemar, d'Ezekiel)

Quand Severus regagna ses appartements, il s'attendait à moitié aux bras qui l'entourèrent. Une petite partie de lui, minuscule, soigneusement dissimulée sous des tonnes de mauvaise foi, de rancœurs, de hontes et de fierté imbécile, l'espérait presque. En revanche, il ne s'attendait pas vraiment à retrouver si rapidement ses lèvres sur les siennes, pas plus qu'il n'aurait pu calculer la faim qui s'empara de lui, l'empêchant de réagir de manière appropriée.

Son esprit n'imaginait plus d'autre voies que de continuer à s'accrocher au cou de Sirius, à goûter ses lèvres et sa langue... Il ne respirait pas assez, mais aucun des deux ne semblait capable de laisser l'autre reprendre son souffle. Dès que l'un se reculait un peu l'autre avançait et la danse reprenait.

Sirius soupira de bonheur. Il faisait si bon, blottit contre cette silhouette, plaqué contre ce corps. Bien sûr, il avait un peu trop chaud, bien sûr sa peau lui semblait parcourut d'étincelles électriques, bien sûr il était en train de perdre la raison. Mais c'était si doux, si incroyablement agréable. Son esprit était comme paralysé par une sur-dose de bonheur. Il ne demandait plus rien qu'une permission de garder son visage contre celui de Severus. Avancer encore son menton pour happer ses lèvres, les mordiller, les relâcher, passer dessus une langue timide... Avaler son odeur, sentir sa peau contre sa joue et entendre une mélodie de soupirs, les leurs.

Sans savoir vraiment comment, il se sentit plaqué contre le bois de la porte, acculé contre le corps chaud et dur du maitre des Potions. Une vague de chaleur insensée le traversa, il renversa la tête, bouche mi-close, haletant pour retrouver son souffle. Une bouche mutine remonta le long de sa mâchoire jusque dans son cou. Juste là où ça frémit, où ça brule presque. Il remonta sa main dans les cheveux épais de Severus et emmêla ses doigts dans les mèches noires, lui relevant la tête. Les yeux noirs étaient troublés et illuminés. Ils ne voyaient que lui, étaient obnubilé par lui. Et Sirius se sentit incroyablement à sa place. Alors il se cambra, frottant son pantalon devenu trop étroit contre l'os de la hanche de Severus, heurtant son entre-jambe. Le maitre des potions laissa échapper un soupire rauque et glissa une de ses jambes entre celle de Sirius, accentuant le contact. Black gémit, et, toujours cramponné aux cheveux, ondula lentement des hanches.

Les deux hommes se frottaient indécemment l'un contre l'autre, s'embrassant pour partager leur asphyxie, se noyant dans un feu dont la chaleur ne cessait d'augmenter. Severus sentit ses jambes faiblirent et tenta de reprendre le contrôle de lui-même, en s'éloignant un peu. Mais Sirius protesta vivement, collant son front contre le sien et exigeant :

- Encore !

- Encore quoi ? Demanda Severus d'une voix presque inaudible.

- Mais tu... aah... tu sais très bien...

Il se cambra désespérément, enfouissant en vain son visage dans le cou de Rogue.

- Bouge encore, fit-il par dire. Là... oui, juste contre moi... plus fort ! Encore, encore...

Sirius délirait. Les mots s'échappaient de ses lèvres sans qu'il ai le temps d'en vérifier le sens, mais ça n'avait aucune importance. Ce qui était important c'était que Severus continu à le malmener ainsi, à le cogner contre la porte, à se plaquer contre ses hanches... Sirius glissait contre l'homme, arrachant presque sa cape et sa robe, agrippant le tissus fin de son maillot de corps, désespéré de ne pas pouvoir le sentir plus contre lui. Mais finalement Severus le heurta une fois encore et Sirius se sentit partir dans un cri, presque de soulagement. Engourdit, il renversa la tête en avant, prêt à s'effondrer.

- Sirius, gronda le maitre des Potions, ne t'écroules pas maintenant.

Alors l'ancien Gryffondor puisa dans ses derrière force et noua ses jambes autour des hanches de Severus. Dans un état second, il subit passivement les derniers coups de butoirs de Severus, jusqu'à ce que celui-ci relève les yeux vers lui et entre-ouvre brusquement les lèvres sur un son qui ne les franchit jamais.

Ils glissèrent tout les deux sur le sol, incapables d'autre chose que de murmurer un sort de nettoyage. Pendant quelques instants bénits, ils restèrent allongés sur le carrelage dur, l'un contre l'autre, essoufflés, débraillés, prêt à s'endormir si le sol avait été plus confortable. Finalement Sirius leva paresseusement le visage contre celui de Severus et l'embrassa à nouveau, comme pour vérifier que c'était bien lui qui l'avait fait jouir, qu'il n'avait rien inventé. Rogue accepta le contact puis se recula un peu. Son regard se fit grave et Sirius sentit la paix passer.

Les réalités revinrent à son esprits alors que Rogue se relevait et lui tentait la main pour l'aider à faire de même. Le maitre des potions lui tourna aussitôt le dos. D'accord, songea Sirius, c'était trop tard pour faire la mauvaise foi, maintenant il lui fallait parler... Mais, que dire ?

- Severus... commença Sirius.

C'était un bon début.

- Pardon, le coupa Rogue, cassant son effet par son ton tranchant.

Il se retourna vers lui et le fixa d'un regard impénétrable. Seulement Sirius connaissait trop bien ces yeux là pour ne pas voir la tristesse monumentale qui s'y cachait.

- Rien de tout cela ne serait arrivé si tu étais... dans ton état normal. Je vais chercher l'antidote à la potion, tu as gagné.

Il se mordit la lèvre et détourna les yeux.

- Tu pourras la boire tout de suite... J'espère que tu finiras par me pardonner... Ou plutôt non. J'espère que tu m'en voudras éternellement et que tu t'obligeras à entretenir constamment ta haine à mon égard.

Comme ça je serais sûr que tu ne m'oublieras jamais. Bien sûr il n'ajouta pas ça. Il en avait déjà trop fait.

- Attends ! S'exclama Sirius.

Il ne savait pas trop pourquoi il insistait. Après tout Rogue venait de lui offrir une solution à sa confusion et une voie de sortie honorable. Alors pourquoi était-il incapable de se taire ?

- Je suis dans mon état normal ! Enfin... du moins ce que je ressens n'a rien à voir avec la potion.

Severus voulu parler mais Sirius ne lui en laissa pas le temps :

- J'avoue tout d'accord ? Tu m'as toujours énervé ! Je n'ai jamais su rester de marbre devant toi. Il me suffit de t'apercevoir pour avoir un besoin maladif de te sauter dessus, de t'enquiquiner, d'attirer ton attention par tout les moyens possibles !

Sérieusement Sirius se rendait compte de la stupidité de ce qu'il disait ; mais il savait aussi que c'était vrai, et maintenant que sa grande gueule avait trouvée un filon, il ne pouvait pas le laisser disparaître.

- J'aime ton regard. J'aime quand il n'est nulle part et partout à la fois, j'aime quand il est sur moi, j'aime quand il s'éclaire et quand il s'embrase. Je sais pas pourquoi. Avant ça me mettait juste mal à l'aise, j'avais besoin de ma « dose de toi » tout les jours, mais tu étais là, bon élève, le nez tes potions, méprisant envers tout le monde et je ne savais pas comment faire autrement... Alors je te détestait le plus possible pour avoir des excuses pour te voir tout le temps.

- Sirius...

- Attends, attends, j'ai pas fini ! Ce qui a changé...

Sirius sentait comme une déferlante le porter, l'emmenant vers la côte sans qu'il ne réussisse à s'inquiéter de la possibilité de s'écraser contre les rochers.

- Ce qui a changé c'est que j'ai grandit, et j'ai déjà perdu trop de temps. Alors maintenant c'est comme ça, écoutes !

Il attrapa les mains de Severus et dit d'un ton ravit :

- Je ne me sens jamais aussi vivant que quand je suis avec toi, donc je ne te quitterais plus jamais !

Et il regarda Severus avec une joie absurde sur le visage, un peu refroidie cependant par la douleur qui se lisait sur celui du maitre potion.

- Black c'est... ridicule. Ce sont les effets de la potion qui te font dire ça... Et quand bien même ce serait vrai qu'est-ce qui te dit que je te veux à mes côtés ?

Sirius éclata de rire :

- C'est bien le moment de faire la mijaurée ! Je sais très bien que tu m'aimes depuis des lustres. Et puis arrêtes avec ta fichu potion : je n'en n'ai jamais bu une goutte !

Oups.

Comme bien trop souvent à son goût, Sirius réalisa ce qu'il venait de dire après l'avoir dit. Severus dégagea lentement ses mains de la poigne de Sirius et se recula d'un pas. La fureur glacée qui illumina son visage laissa à Sirius la possibilité d'envisager la mort par combustion spontanée...

- Dois-je comprendre que... Depuis le début tu...

- J'aurais voulu te l'annoncer moins brutalement...

La douleur qui compressait la poitrine de Severus s'accentua encore un peu. C'était donc ça. L'explication des « effets secondaires imprévus » de cette potion. Il n'y avait pas eut de potion. Juste une nouvelle blague de Black. Juste une façon plus sophistiquée de le ridiculiser. Alors quoi ? Le chien savait donc qu'il « l'aimait depuis des lustres » ?

Comme si c'était suffisant pour décrire ça !

Ce n'était pas de l'amour ! Juste un peu de mal à respirer quand il le croisait. Juste un coup au cœur quand il croisait son regard. Juste un frémissement déplacé quand ils se retrouvaient en contact. Juste un besoin de le voir, juste le voir. Juste une sensation de malaise, de fébrilité lorsqu'ils étaient seuls tout les deux. Juste des rêves insensé qui s'imposaient derrière ses paupières...Une forme de masochisme pervers qui le faisait apprécier même leurs disputes.

Rien à voir avec de l'amour.

Et d'ailleurs si Sirius savait tout ça depuis « des lustres » pourquoi avait-il décidé de le tourmenter avec ça maintenant ? Sans compter Potter qui dans quelques heures allait...

Pourquoi Black était-il venu déranger une routine devenue presque confortable ? Pourquoi ne l'avait-il pas laisser mourir en emportant son secret dans sa tombe ?

- Severus, murmura Black, dit quelque chose, je t'en prie. Ne reste pas muet comme ça, ça me fait flipper. Grave.

La colère revint dans le maitre des Potions, rage familière, délicieuse vieille amie.

- Dégage Black, articula-t-il d'un ton terrifiant. Rassemble tes affaires et disparaît de ma vie. Tout de suite.

Sirius s'avança vers Severus, s'apprêtant à parler. Peut-être aurait-il pu rattraper ses bourdes, peut-être aurait-il su trouver les mots justes, peut-être auraient-ils pu être heureux pour toujours...

Mais ça nul ne le saura jamais car c'est à cet instant qu'une alarme accompagnée d'un cri magiquement amplifié retentit dans le château :

ALERTE ! A L'ENLÉVEMENT ! HARRY POTTER EST EMMENÉ HORS DES MURS DU CHATEAU ! ALERTE !

TICTACTICTACTICTAC

Tonks essuya son nez et ses yeux avec un mouchoir puis ouvrit sa porte. Une bouffée d'air glacée lui sauta au visage et elle resta saisie de stupeur.

C'était lui.

Ses cheveux couleur miel emmêlés et couverts de neige, ses yeux d'ambres chaude cernés de noir et de rouge ; à ses pieds était posée une valise de cuir, apparemment pleine à craquer. La jeune femme songea stupidement que son vieux pardessus rappé ne devait pas lui tenir bien chaud.

- Tonks, dit-il d'une voix rauque.

- Entre, l'invita-t-elle immédiatement, se reculant d'un pas.

Lupin secoua la tête tristement.

- Non, je suis trempé. Je suis venu pour... c'est stupide je sais.

Il baissa la tête, incertain puis la releva, posant sur elle des yeux d'égaré.

- Je pars, dit-il finalement, tu dois savoir déjà que j'ai quitté l'Ordre, je voulais te dire... au revoir et pardon.

Tonks avait une impression d'irréalité. Son monde tournait autour d'elle, vacillant.

- Ne... part... pas, souffla-t-elle.

- Il le faut, je n'ai plus d'endroits à moi ici, désormais. Mais attends ! fit-il en levant la main pour l'empêcher de l'interrompre. Pardon. Avant tout, pardon de t'avoir fait souffrir et...

- Arrêtes, coupa Tonks, je ne suis pas une enfant que l'on console avec des mots gentils, tu n'avais rien demandé toi, tu n'as fait qu'être sincère, c'est moi qui...

- Justement non ! Tonks... Je... Je n'ai jamais été si peu sincère que ce jour là.

- Qu'est-ce... qu'est-ce que tu veux dire? Balbutia t-elle.

C'était affreux, elle sentait son cœur se gonfler de chaleur, son pauvre cœur racornit déjà qui en une seconde tentait de reprendre les rênes de son corps, de faire comme si elle ne l'avait pas envoyé en exil, au diable...

Elle allait avoir mal si il se réveillait, et Tonks avait assez souffert.

Mais Remus continuait, inexorablement.

- Comprends moi, je t'en prie ! Tu m'es si précieuse...je voudrais être égoïste pour te garder avec moi mais... je veux ton bonheur. Que tu ais un mari fiable, fortuné, qui t'offre une vie saine et sûre... Ton bonheur, pour moi, est plus important que tout, même au détriment du mien.

La neige tourbillonnait dehors et Tonks commençait à être transie de froid, son cerveau fonctionnait au ralentit et elle ne contrôlait plus rien. Ce fut du moins l'excuse qu'elle s'offrit pour pouvoir prononcer ces mots qui l'absoudraient peut-être... s'ils ne la condamnaient pas.

- Mon bonheur... n'est pas sans toi. Tu es sa condition d'existence.

Le temps flotta une seconde, comme pour tenter de tout ralentir, de suspendre une seconde l'infinité des possibles, juste pour leur laisser le temps d'apprécier cette chaleur qui revenait...

Ils se retrouvèrent enlacés, embrassés, glacés et ravis, ridicules et magnifiques, à tourbillonner en riant, comme des gosses. Dépassés par une joie bouleversante et sans mesure, une joie absurde qu'on partagé tout ceux qui s'aiment depuis le commencement du monde.

Et les larmes sur les joues de Tonks étaient juste le signe du dégel de son cœur.

UUXUXUUXUUXU

Drago frissonna. Jamais le chemin jusqu'à sa chambre de préfets ne lui avait parut si long. Jamais son cœur n'avait battu aussi sourdement. C'était sans doute pour ça qu'il laissait Blaise lui tenir la main dans les couloirs, bien qu'il se soit promis de ne plus l'approcher, bien qu'ils puissent croiser n'importe qui. Comme si ça avait encore de l'importance, au point où ils en étaient.

La seule chose appréciable qu'il avait vécu était la réaction de Pansy.

Avant cela Blaise l'avait couché avec discrétion dans le dortoir des Serpentards et Malefoy avait dormit juste deux heures, deux heures de sommeil sans rêve, deux heures d'inconscience délicieuse, de répit. Lorsqu'il avait ouvert les yeux yeux, Zabini le fixait, le visage inexpressif. Il avait esquissé un de ses habituels sourires narquois qui avait semblé étrangement déplacé en la circonstance. En s'étirant, il avait lâché sa main, devenue un peu moite d'avoir été longtemps serré et marqué de petits croissants de lune à l'endroit où ses ongles s'étaient enfoncés dans la chair. Mais Blaise n'avait rien dit.

Comme un automate, Drago avait traversé le dortoir désert pour entrer dans la salle de bain. Le miroir implacablement nettoyé lui avait renvoyé trop nettement son visage blafard et fatigué. Quoique, à bien y regarder, avait-il vraiment changé ? Non. Sa face était toujours celle d'un Malefoy, blond et beau, les yeux gris troublés, mais qui guette le trouble dans le regard des autres ? Personne. Les problèmes des autres, quand on ne peut pas les résoudre et qu'ils ne nous valorise en rien tout le monde s'en moque. À part bien sûr deux trois illuminé qui croient en des fantasmes comme la paix ou l'amour.

Mais Drago connaissait son visage. Il avait pleuré. Depuis combien de temps ça ne lui était pas arrivé ? Au moins... neuf, dix ans ? Peut-être plus. Les larmes étaient la marque des faibles et Malefoy était fort. Il devait s'en convaincre pour que les autres en soient persuadés.

Il avait alors ouvert le robinet d'eau froide et s'était soigneusement rincé le visage, détruisant les dernières incertitudes qu'on lui avait infligé. Lorsqu'il avait quitté la salle de bain il était redevenu lui même. Il avait envoyer une œillade hautaine à son nouvel esclave, Blaise, et lui avait annoncé qu'ils devaient aller voir Rogue immédiatement. Vérifiant que personne ne pouvait l'entendre, il lui avait expliqué en quelques mots le plan du Seigneur des Ténèbres. Zabini avait froncé les sourcils :

- Tout ça ne nous explique pas comment il compte le réveiller.

- Tant que ça ne m'implique pas... avait répondu Drago en haussant les épaules.

Et ils étaient sortit du dortoir. C'est alors que les deux Serpentards avaient croisés Pansy qui revenait sûrement du diner.

FLASH BACK

- Drago ? Demanda la jeune fille, la mine stupéfaite, qu'est-ce que tu fais là ?

- Je descends diner pourquoi ?

- Mais tu...

Elle baissa d'un ton.

- Tu n'as pas été convoqué par le Lord ?

- Si, répondit Drago d'un ton diabolique, il était content de moi et m'a chargée de... une mission capitale... Tu es au courant.

Pansy plissa le nez une seconde avant de répondre d'un ton dégagé:

- Peut-être.

Blaise éclata alors d'un rire peu charitable.

- Apparemment chère Pansy, même les récents bienfaits de ta mission ne semblent suffisants à te relever de ta médiocrité !

- Comment ça ? Demanda Drago en feignant l'étonnement.

En vérité, son esprit habitué à ce genre d'exercices commençait à rassembler les morceaux du puzzle. Remus Lupin ayant quitté l'Ordre il n'était plus soumit aux enchantements de Dumbledore, on pouvait donc parler de lui sans « réveiller de secrets »... Quelqu'un avait donc, d'une manière au d'une autre parlé de Lupin, de sa situation avec Harry et donc, fatalement de lui. Et pour un peu que cette discussion soit parvenue aux oreilles de Kingsley Shackelbot alors Pansy, chargé de sa surveillance, se retrouvait donc dans une position parfaite ! En apprenant ces informations par une source extérieur au château elle pouvait alors les transmettre au Lord et ce, malgré l'enchantement protecteur du directeur.

- Figure toi, déclara Blaise en confirmant ses pensées, que Pansy a enfin et pour la première fois appris quelque chose de constructif, elle s'est donc empressé de le dire au Lord et pensait sérieusement que ça allait t'affecter d'une manière ou d'une autre.

- Oh, tu aurais vu ta pauvre mine terrifiée Blaise, cracha-t-elle, tu en étais bien persuadé aussi.

- Errare humanum est, maintenant nous savons tous qu'il n'en n'est rien et que tu restes, délicieuse Pansy, insignifiante.

Drago salua d'un sourire en coin cette tirade avant de tout simplement contourner Pansy et de repartir, sans même en prendre congé. Blaise l'avait aussitôt rattrapé et Parkinson était rester là, figée.

FIN DU FLASH BACK

Hélas ce moment de triomphe était vite passé. Descendant dans les cachots, il avait rejoint son parrain que le Lord avait mit au courant du plan, comme toujours. Rogue semblait étrangement fébrile et perturbé. Enfin, autant que le Maitre des Potions pouvait « sembler être » quelque chose de particulier. Il lui avait remit la potion nécessaire et lui avait indiqué la cheminée de sa réserve. Cette cheminée avait été déconnectée du réseau de Poudlard par Dumbledore lui même. Ce vieux fou avait une confiance éperdue en Rogue et lui avait ainsi donné une porte d'entrée et de sortie non surveillée et non sécurisée. Il ne fallait tout de même l'utiliser qu'en cas d'extrême nécessité pour ne pas attirer l'attention du Ministère. Pour Drago, le comportement de Dumbledore au sujet de Rogue était une aberration totale, mais il n'avait vraiment pas le temps de s'attarder sur les erreurs stratégiques du directeur, encore moins lorsqu'elle l'avantageait. Sans un mot il avait ajouté une mèche de cheveux dans la potion de Rogue et s'était entaillé la main pour y faire tomber une goutte de sang.

- Bien, dit Rogue, maintenant aller diner tout les deux, et prenez votre temps. Lorsque vous reviendrez dirigez-vous immédiatement jusqu'à la chambre de préfet de Drago. Le seigneur des ténèbres arrivera ici puis s'y rendra discrètement pour vous y attendre.

Les deux Serpentards hochèrent la tête. C'était un excellent plan. S'ils avaient dû rejoindre les cachots pour accueillir le Lord cela aurait, en cas de surveillance, immédiatement accusé Rogue. Alors qu'il paraitrait absolument normal que Drago et Blaise se rendent dans la chambre de Drago après le diner. Et si, un peu après, ils leurs venaient à l'idée de descendre visiter Potter à l'infirmerie, personne ne s'en étonnerait.

Mais même ce raisonnement parfaitement logique ne suffit pas à chasser le sentiment d'étrangeté qu'il ressentaient à l'idée « d'aller diner ». D'aller dans la grand Salle pour prendre leur repas au milieu de tout leurs camardes, tout en sachant que Lord Voldemort, le plus grand mage noir de tout les temps, les attendraient après le dessert.

Cependant, toute leur éducation les avait préparé à ce genre de défis. Ils furent parfait. La grande majorité des élèves avaient déjà fini de manger mais aucun des Serpentards présents n'aurait pu soupçonner quoique se soit. Comme des acteurs de profession, Drago joua son rôle de Prince et Blaise celui de bras droit attentif. Hermione Granger leur adressa même un sourire discret lorsqu'ils passèrent devant la table des Gryffondors

Mais ni l'un ni l'autre n'en menait bien large tandis qu'il se dirigeaient vers la chambre de préfet de Drago. Si tout tournait mal, ils signaient par cet acte leur condamnation à mort... Et si tout se passait bien, leur survie continuerait simplement de dépendre du bon vouloir du Lord.

Malefoy s'arrêta devant un tableau et inspira profondément. Il ne se tourna pas vers Blaise. Se l'interdit catégoriquement. Mais il ne pu ignorer la douceur de la légère pression de ses lèvres sur le dos de sa main, avant qu'il ne la relâche.

Il prononça le mot de passe et le tableau s'écarta, dévoilant l'entrée de la chambre. Drago poussa la porte et entra, Blaise à sa suite.

Et tout deux restèrent muet d'étonnement. Bien sûr, ils s'attendaient au spectacle d'un Drago assit devant la cheminé, contemplant les flammes qui allumaient d'étranges reflets rouges dans son regard, mais ça n'en paraissait pas moins étrange. Drago se regarda, surprit de constater à quel point la personne devant lui lui semblait familière... et pourtant curieusement déformée.

La potion de Severus était une version du polynectar qui ne donnait pas seulement l'apparence mais aussi l'aura magique de la personne qui avait donné son sang et sa mèche de cheveux. De cette manière aucun enchantement anti Mage noir ne pouvait détecter le Maitre. Et Drago fut prise d'une stupide envie de rire. Alors c'était donc tout ? Tout ce qu'il suffisait de faire pour s'introduire dans le lieux qui était sensé être l'un des plus sûrs au monde, quand on était Lord Voldemort ? Finalement... toute la puissance de Dumbledore était inutile face à lui.

Le Lord se leva, avec la même élégance que Malefoy habituellement et il se plaça face à Blaise.

- Alors, qu'en penses-tu ? Demanda-t-il de la même voix que Drago. Oui, tu es le mieux placé pour juger de la ressemblance.

- Elle est troublante Mylord, garantit Blaise avec un sourire mais...

- Mais ? Encouragea-t-il.

Blaise secoua la tête.

- Vous n'avez pas le même regard. Cependant je doute que quiconque d'autre que moi, Harry et peut-être le professeur Rogue voient la différence.

- Ah oui ? Harry connait donc si bien Drago ? Questionna perfidement le Lord.

Mais Blaise n'allait certainement pas tomber dans un piège aussi grossier.

- En fait, je crois qu'il vous connait bien vous.

Tom Jedusort esquissa un sourire ravit. Cette expression n'allait pas très bien au visage de Drago et sonnait comme un blasphème aux yeux de Blaise qui bien sûr n'en dit rien.

- Bien, allons y, dit-il d'un ton presque joyeux. Malefoy, dès que nous serons sortit tu te rendras chez Severus et tu utiliseras sa cheminé pour te rendre au château, tu ne dois être vu par personne. Normalement nul n'aura de preuves contre vous, cependant ils faut que vous envisagiez tout les deux d'avoir à quitter Poudlard définitivement si Blaise et moi sommes repéré.

Les deux adolescents hochèrent la tête. Ils n'avaient rien de précieux à Poudlard, depuis longtemps. Ils pouvaient partir rapidement sans rien regretter. Rien d'avouable du moins. Rien de matériel.

Drago regarda son double et Blaise quitter la pièce et baissa la tête pour ne surtout pas voir ce dernier lui jeter un regard avant de refermer la porte.

La neige tombait maintenant en vraie tempête. Blaise indiqua au Lord la porte de la salle spéciale où Harry était couché. Sitôt entré, Tom Jedusort se dirigea vers le lit et s'assit à côté du corps endormit de Harry. Blaise crut voir l'air vaciller légèrement.

Le Lord tendit ses longs doigts vers le visage paisible en dessina le tracé sans le toucher, juste en flottant au dessus.

- Mylord... s'inquiéta Blaise, qui songeait que n'importe qui pouvait entrer à cet instant.

Mais Voldemort lui fit signe de se taire sans même se tourner vers lui.

Sans un mot et sans se soucier de la barrière magique, il se pencha sur Harry et embrassa les lèvres froides, presque avec tendresse.

Blaise étouffa une exclamation de stupéfaction en plaquant sa main contre sa bouche.

Peu à peu, le visage blanc de Harry reprit des couleurs. Ses joues rosirent un peu et ses membres retrouvèrent de la force. Il se frotta les yeux puis les ouvrit. Ses paupières papillonnèrent sur ses iris d'émeraudes, tandis qu'il lui semblait apercevoir de son regard de myope une silhouette blonde familière et un regard plus familier encore qui le fit frissonner.

- Est-ce vous mon Prince ? Lui dit-il. Vous vous êtes fait bien attendre.

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

Hihihi :) Congratulation à Azélia qui avait sentit ça venir. La phrase de Harry est une citation de Perrault, avec "il" au lieu de "elle", les mordus de contes de fées l'auront noté. Il yaà bien sur une suite. En tous cas J'espère que ça vous à plut, Joyeux NoËl à tous !

Rar :

Petit chaperon rouge : ^^Merci pour tes reviews, j'ai bien rigolé ^^ Effectivement pour ce qui est des duels verbaux les Serpentard gagne hauts les pattes :)

Caty : Ravie de te retrouver ! Alors qu'as-tu pensé du Prince ?

Coccinelover : Ah les missclic c'est quelque chose ! Ben voilà la suite :)

PS : A tous ceux qui ont la dure tache de passer leurs partiels à la rentrée : vous avez toute ma compassion !

PPS : Ainsi que le remarqueront les plus attentifs d'entre vous j'ai fait passé cette fic de la catégorie HP/DM à SS/SB sous le conseil avisé d'une lectrice. J'espère intéresser ainsi plus de monde sinon tant pis, elle ira au paradis des fics oubliées ^^