Auteur : Mandi1
Traductrice : Moi
Spoilers : -
Rating : M
Genre(s) : Romance/Drama
Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à Mandi1. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.
Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.
- Chapitre 14 : Le premier, ma pensée, Le second, mon désir -
On émergea de notre chrysalide au bout d'une semaine entière, que j'avais surnommé notre 'lune de miel'. Le premier acte de Jasper fut de nourrir le cheval qui était arrivé ce matin-là (c'était une tâche pour laquelle je ne me sentais pas suffisamment à l'aise). J'enfilai mon kimono et me glissai derrière la fenêtre pour le regarder.
L'animal était une immense bête blanche et rousse, et je me mordillai l'intérieur de la joue pour ignorer le venin qui avait recouvert ma langue. Jasper lui avait mis des mors et la promenait lentement autour de l'étable, la jument hésitant visiblement entre le suivre et fuir. Après avoir fait quelques pas hésitants, elle s'arrêta complétement.
Je pus voir Jasper arrêter de respirer pour se pouvoir se rapprocher d'elle, il tendit la main pour lui caresser doucement les naseaux. Il se pencha pour lui chuchoter quelque chose d'apaisant, d'une voix si basse que même moi je ne l'entendis pas, et le cheval se calma, poussant même sa main du museau. Ils finirent leur tour de l'étable, et disparurent pendant un moment avant que Jasper n'émerge tout seul de l'étable. Je me dépêchai de lui ouvrir la porte arrière, et il tapa ses pieds nus sur le pas de la porte pour se débarasser de la neige avant d'entrer.
"Peut-être que tu devrais commencer à porter des chaussures dans la neige," suggérai-je. "Je pense qu'Hector O'Brien n'apprécierait pas d'avoir les orteils congelés. Un manteau pourrait être utile aussi."
Jasper rigola. "Si tu le dis, chérie."
J'eus un large sourire parce qu'on jouait au mari-et-femme avant de regarder à nouveau l'étable fermée.
"Je ne sais pas comment tu as fait pour t'en rapprocher autant," dis-je. L'odeur du cheval était encore imprégnée sur la chemise en flanelle qu'il portait, et ma gorge me brûlait un peu.
"Ça aide de ne pas respirer," m'expliqua-t-il. "Et j'ai passé une bonne partie de ma vie humaine avec les chevaux. J'ai du respect pour eux...et je pense que mon empathie marche aussi sur eux."
"Alors ça, c'est de la triche !" m'exclamai-je avec un rire. Jasper me fit un sourire amusé et m'embrassa sur le front. Je levai la tête vers lui.
Une vieille femme montait sous le proche, les bras chargé d'un panier en osier et toquai brusquement à la porte d'entrée, sa voiture verte garée dans notre allée couverte de neige.
"Tu n'es pas très séduisante quand tu te figes comme ça," me taquina Jasper alors que je revenais au présent. Je plissai les yeux et le poussai loin de moi avec un rire amusé.
"Il faut qu'on s'habille, quelqu'un vient," dis-je en quittant le porche arrière avec Jasper sur mes talons.
"Quelqu'un d'important ? Dois-je mettre quelque chose d'habillé ?" me demanda-t-il.
J'haussai les épaules. "Je ne sais pas qui c'est, je ne l'ai jamais vu auparavant."
"Humain ou vampire ?"
"Pourquoi un vampire prendrait-il la peine de venir à Ten Sleep ?"
"On l'a bien fait."
Je rigolai légèrement en ouvrant la porte de notre armoire. J'en sortis une chemise propre pour Jasper et une simple robe bleue pour moi, à manches longues pour couvrir mes bras pâles autant que possible. J'accrochai mon kimono dans l'armoire, amusée par la facilité avec laquelle je me retrouvai exposée devant Jasper maintenant alors que ça avait été une telle torture pendant des semaines. Je me déplaçai vers lui pour lui demander de fermer ma robe, et sentis ses mains glisser sur mon dos sans même que j'ai besoin de lui le demander.
"Tu sais," dis-je avec un sourire, "c'est presque effrayant à quel point on est sur la même longueur d'onde."
Rigolant doucement, Jasper finit de fermer ma robe et se pencha pour embrasser la jonction de mon épaule et de mon cou alors qu'un bruit sec résonnait contre la porte d'entrée.
"J'y vais," offris-je, un peu énervée de devoir m'éloigner de lui. "Je sais déjà qui c'est de toutes façons."
Jasper me suivit jusqu'à la porte d'entrée, se plaquant au mur pour pouvoir regarder sans être vu. Je lissai ma jupe et tapotai mes cheveux ébouriffés avant d'ouvrir la porte.
Une femme grassouillette d'une soixantaine d'année se tenait sur le pas de la porte. Elle portait une fourrure de renard élimée autour du cou et le panier en osier de ma vision était pressé contre sa généreuse poitrine.
"Mme O'Brien ?" demanda-t-elle. Sa voix était faible et aigrelette, comme si elle n'avait jamais vraiment grandit. Même si son haleine avait une pointe de moisi, ma bouche s'emplit d'autant de venin que quand j'avais regardé le cheval.
"Oui," répondis-je en reprenant mon rôle de Josephine. La femme s'illumina à ma réponse. "Puis-je vous aider ?"
"Je suis Madame Docteur Cohen," annonça-t-elle, et j'essayai de toutes mes forces de ne pas rire de l'air important qu'elle avait prit. J'entendis Jasper retenir son propre rire depuis la porte de son bureau alors qu'on pensait tous les deux à la même chose. Honnêtement, qui se présente comme Madame Docteur ?
"C'est un véritable plaisir de vous connaître, Madame Docteur Cohen," répondis-je, en ayant l'impression d'être une écolière récitant sa leçon vu la façon dont j'étais forcée de répéter son nom.
"Votre mari est-il sortit ?" demanda-t-elle en se tordant le cou pour regarder à l'intérieur de la maison.
"Non, non, il est là," répondis-je. "J-"
Jasper leva frénétiquement la main pour m'interrompre. Je m'arrêtai brusquement, me rappelant qui j'étais et qui nous étions supposés être à la place. Jasper me submergea d'un sentiment de calme et de confiance et je l'appelai à nouveau.
"Hector, nous avons une invitée !"
Jasper, un demi-sourire sur mon magnifique visage, vint se tenir à côté de moi.
"Mr O'Brien, je suis Madame Docteur Cohen." La Madame Docteur lui tendit la main.
"Comment allez-vous ?" dit Jasper. Je le sentis se tendre en prenant sa main flasque et il la relâcha rapidement lorsque son odeur lui monta aux narines.
"Très bien, merci," répondit-elle avec un sourire minaudant. "Je voulais juste me présenter. Le docteur et moi vivons à environ cinq kilomètres de là, sur la route en direction de la ville."
"Ça fait de nous des voisins, donc," commentai-je, sans vraiment savoir si c'était une bonne ou une mauvaise chose.
"Oui, en effet. Et je vous ai apporté ça." Madame Docteur Cohen nous tendit le panier pour qu'on en voit le contenu; des pots de confiture, de la viande fumée et du pain frais...des choses que nous laisserions dans le cellier.
Madame Docteur s'éclairçit la gorge et eut un sourire impatient, attendant probablement nos réactions satisfaites, j'en suis sûre.
"Comme c'est gentil," dis-je d'une voix que j'espérai appréciative, en prenant le panier.
"On s'assurera d'en faire bon usage," ajouta Jasper.
"Je voulais juste être la première à vous accueillir à Ten Sleep," nous dit fièrement Madame Docteur Cohen alors qu'une voiture noire et bruyante cahotait sur la route, s'arrêtant dans notre allée, et on se tourna tous pour voir qui en émergerait. Une silhouette féminine sortit dans la neige, Marlene Walsh, son bébé calé sur sa hanche et un énorme panier balançant de sa main libre.
"Et bien, Madame Docteur Cohen, quelle surprise de vous voir ici," la salua Marlene en montant sur le porche où nous étions rassemblés. Les yeux de Madame Docteur se plissèrent immédiatement.
"Madame Walsh," dit-elle avec un hochement de tête si sec qu'il en fut presque malpoli. Elle se tourna à nouveau vers nous. "Je dois partir maintenant, Monsieur et Madame O'Brien."
"Ca a été un véritable plaisir de vous rencontrer, Madame Cohen," répondit Jasper, en ignorant volontairement la partie 'Docteur' de son titre. Elle ouvrit la bouche comme pour le corriger et la referma en y réfléchissant à deux fois.
"Et vous Madame O'Brien, j'espère que vous viendrez bientôt prendre le thé," me dit-elle.
"Merci, je ferais de mon mieux," répondis-je. N'importe quelle invitation impliquant de la nourriture devrait être refusée jusqu'à ce que j'apprenne à faire semblant de manger, quelque chose que je n'avais jamais fait auparavant. Madame Docteur Cohen hocha une fois de plus la tête en direction de Marlene Walsh avant de descendre les marches du porche, de monter dans sa voiture et de partir.
"Et bien, c'était intéressant," s'amusa Jasper, un sourire lui étirant le coin des lèvres.
"Elle semblait...impatiente," dis-je. Marlene rigola légèrement, un son agréable qui envoya son doux souffle vers nous, et les poils de ma nuque se hérissèrent.
"Je vais vous laisser entre filles," murmura Jasper d'un voix tendue en me serrant la main. Je savais qu'il était incapable de supporter sa douce odeur et j'essayai de lui envoyer des vagues rassurantes alors qu'il se retirait dans la maison.
"Je vous en prie, entrez ?" demandai-je. Marlene acquiesça et me suivit dans la maison, s'arrêtant sur le pas de la porte pour ne pas s'imposer.
"Ne laissez pas cette vieille rombière vous déranger, Madame O'Brien," me dit doucement Marlene une fois qu'on fut à l'intérieur. "Ma mère m'a dit qu'elle insistait pour se faire appeler comme ça depuis le jour de son mariage. Elle pense qu'elle vaut mieux que nous juste parce qu'elle s'est mariée avec le docteur à dix-sept ans. C'est dommage que son fils unique soit un ivrogne."
Je voulais rire de son ton cancanier...mais je devais retenir mon souffle pour m'empêcher de voir cette femme comme mon prochain repas. Elle était bien trop gentille pour que je puisse même penser à ça, et je voulais déséspérément une amie féminine après que Charlotte se soit révélée aussi différente de ce que j'aurais cru. Et si cette amie devait être humaine, alors soit. Ten Sleep n'offrait pas beaucoup de choix de toutes façons.
"Elle essaye de diviser les Dames du Comité parce qu'elles ne l'ont pas élue trésorière," continua Marlene alors que je figeai mes poumons.
"Les Dames du Comité ?" répétai-je, le souffle court. Marlene leva le panier qu'elle portait toujours, et je lui le pris du main pour la soulager de sa charge.
"C'est juste un groupe de femmes qui se réunissent en ville pour différentes activités," m'expliqua-t-elle. "Offrir de la nourriture aux gens malades, tricoter des couvertures, faire du crochet, accueillir les nouveaux voisins avec des paniers de nourriture - même si ça n'arrive pas souvent. Vous êtes uniques vous et Monsieur O'Brien."
Je souris. "S'il vous plaît, appellez-moi...appellez-moi Josephine."
Elle sourit aussi. "Dans ce cas, je suis Marlene. Alors, n'est-ce pas plus confortable que ces titres formels ? Madame Docteur, bah."
Je rigolai, convaincue que Marlene et moi nous entendrions à merveille. Sa nature ouverte et franche ressemblait à la mienne, et j'espérai qu'elle serait une bien meilleure amie que Charlotte l'avait été.
"Et bien, n'avez-vous pas un beau rire," s'émerveilla Marlene, ses yeux voyageant une fois de plus sur mon visage exquis. "Avec quoi vous nourrissent-ils à Boston ? Vous et votre mari êtes le plus beau couple que j'ai jamais vu, si vous me me le permettez. Vous êtes même plus belle qu'Olivia Havilland, et j'ai été au cinéma six fois donc je le sais."
Je ris à nouveau en entendant son compliment précipité.
"Je suppose que ce sont juste des bons gênes...et un régime sain," ajoutai-je joyeusement, mes yeux brillant à la pensée inavouable du cerf que j'entendais errer dans les montagnes.
"Bien, j'ai bien peur de ne pas avoir mis beaucoup de nourriture dans ce panier," grommela Marlene. "Nous savions que Madame Docteur Cohen s'en occuperait la première, donc ce ne sont pratiquement que des choses pratiques dont vous aurez besoin pour vivre ici dans le Wyoming."
Je jetai un coup d'oeil au panier, notant les pulls et les chaussettes tricotées, des lampes de poche, des bougies, et d'autres objets qui semblaient nécessaires pour une vie à Ten Sleep, et je fus excitée de me dire que je pourrais utiliser ces objets contrairement à ceux du panier de Madame Docteur Cohen. Je tendis la main et attrapai une longue chaîne au bout de laquelle pendait un jeu de clés.
"Qu'est-ce que c'est ?" demandai-je en levant le chaîne qui cliqueta.
"Ces clés sont pour le bureau de poste," m'expliqua-t-elle. "Il faudra que vous alliez en ville au moins une fois par mois pour récuppérer votre courrier, on a pas ces jolies boîtes aux lettres comme vous deviez en avoir en ville."
Je souris à la révérence typique qu'elle éprouvait pour tout ce qui était nouveau et différent.
"Le postier s'appelle Phil Crawley, et il vous aidera lorsque vous irez au bureau de poste. C'est là que sont mes garçons, entrain d'aider Phil. Je ne pouvais juste pas laisser Nan," me dit Marlene, d'une voix fatiguée, en faisant un signe de tête vers le bébé qu'elle avait calé sur sa hanche.
"Ca ne doit pas être facile, de gérer tous ces enfants toute seule," remarquai-je.
Marlene soupira et me sourit faiblement. "Pas vraiment. Heureusement, Luke fait tout ce que veut Tommy, et Tommy est plus qu'heureux dehors, donc ça les occupe...mais ça augmente le nombre de bains qu'ils doivent prendre."
Nan commença à pleurnicher dans les bras de sa mère, et Marlene la fit sautiller sur sa hanche pour essayer de la calmer.
"Est-ce qu'elle va bien ?" demandai-je. Je ne connaissais absolument rien aux bébés, et le son étrange que celui-là faisait était sinistre pour moi.
"Elle a juste besoin de sa sucette, c'est tout," m'expliqua Marlene. Elle jeta un rapide coup d'oeil à sa voiture. "Josephine, pensez-vous que vous pourriez la tenir le temps que j'aille chercher sa sucette ?"
Elle me tendit le bébé, assumant déjà que je n'aurais aucun problème à porter ce minuscule humain. Je me mordis la lèvre et acquièsçai. Je pris le bébé de ses bras et fut choquée de voir à quel point elle était légère.
"Merci, j'en ai pour une seconde." Marlene me fit un sourire reconnaissant et passa le pas de la porte, traversant la cours enneigée jusqu'à sa voiture.
Je restai près de la porte, tenant silencieusement le bébé gigotant contre ma poitrine. Elle était une petite chose dodue avec des jambes charnues et des petites mains grassouillettes qui s'enroulèrent autour de mon collier. Essayant de toutes mes forces de bouger doucement et gentiment, je dénouai ses doigts de la chaîne en or que Jasper m'avait offert, mortellement terrifiée à l'idée de lui briser la main.
"Ce n'est pas gentil," lui dis-je avant de regarder dehors. Marlene était allongée sur le siège avant de la voiture, toujours entrain de chercher la sucette. Le temps semblait passer extraordinairement lentement, et je poussai un soupir impatient. Mes poumons étaient maintenant ouverts et j'inhalai la première vague de l'odeur de cet enfant.
Elle était délicieuse.
Ce devait être la meilleure odeur que j'avais sentis au cours des dernières années. L'odeur de lait et de crème qu'avait la plupart des bébés ne faisait que souligner l'odeur humaine naturelle que cette minuscule chose émettait. Ma gorge était à vif, furieusement en feu, et je savais qu'il n'y avait qu'un seul moyen de l'apaiser. Si seulement elle arrêtait de gigoter, je pourrais...
Je me forçai à arrêter de respirer une fois que je réalisai ce à quoi je pensai. Boire d'un humain était mal, et c'était cent fois pire de boire d'un bébé. Si je buvais de Nan, je devrais m'occuper aussi de Marlene, et - non ! Je secouai la tête, malade à la simple idée d'envisager une chose aussi horrible.
Je me sentais affamée, féroce, monstrueuse, et, plus que tout, paniquée de ressentir tout ça. Je priai pour que Jasper puisse ressentir ça depuis la maison, souhaitant encore et encore qu'il arriverait à me sauver de cette horrible situation avant que je ne fasse quelque chose pour laquelle je me haïrais.
"Alice, qu'est-ce qu'il y a ?"
Je fis volte-face pour voir Jasper se tenir à la porte de son bureau, avec une expression curieuse et inquiète sur le visage. Mes yeux écarquillés par la panique dûrent l'effrayer, et son expression s'assombrit. Mon esprit fut submergé par des images de mon visage pressé contre le petit cou potelé de Nan...le bébé immobile et froid...Marlene sanglotant sur son corps mort.
"Prends la. Je ne peux pas..." Je m'interrompis et tendis le délicieux bébé, ne me faisant pas confiance une seconde de plus. Sans dire un mot, comme s'il savait que c'était ce dont j'avais le plus besoin, et sans même réfléchir à sa propre tentation, il attrapa Nan de mes bras. Je fis volte-face et courus dans la chambre, m'asseyant silencieusement sur le lit pour écouter Marlene revenir dans la maison.
"J'ai bien peur que Josie se sente mal," s'excusa Jasper. "Elle m'a demandé de vous dire au-revoir."
"Oh," répondit Marlene d'une voix légèrement déçue, et je me sentis encore plus horrible. "Dîtes-lui que j'espère qu'elle se sentira mieux bientôt. Et appelez-moi si il y a quoi que ce soit que Joel ou moi puissions faire."
Jasper lui dit au-revoir et j'entendis la porte se fermer doucement. Ses pas furent légers alors qu'il revenait rapidement dans la chambre où j'étais roulée en boule sur le lit, me détestant moi, mes pensées et ma soif.
"Alice," murmura-t-il en se rapprochant du lit.
"Je suis horrible," chuchotai-je en fixant mes mains monstrueuses.
Jasper s'agenouilla sur le lit et recouvrit mes mains traîtresses des sienne avant de me relever. Je m'écrasai contre lui, dissimulant mon visage contre son torse.
"Comment puis-je penser ça d'une enfant innocente ? D'un bébé ?" pleurais-je. "Je suis un monstre, un monstre. Je suis un monstre."
C'était tout ce je semblai pouvoir dire. Mon cerveau continuait à le répéter, et ma bouche le crachait non-stop. C'était vrai, j'étais un monstre. Les petits enfants n'apprenaient-ils pas à craindre les personnes comme moi ? J'essayai d'enfouir encore plus profondément mon visage dans le torse de pierre de Jasper.
"Alice, écoute-moi." Jasper attrapa mes épaules et me repoussa un peu avant de placer ses mains sur mon visage pour me forcer à le regarder dans les yeux. "Nous sommes ce que nous sommes, et nous ne pouvons pas changer ça. Mais ce que tu as fait, réaliser que ce que tu ressentais était mal et t'empêcher de prendre cette vie...il faut de la force et c'est ça qui te rend honorable et courageuse et l'exact opposé d'un monstre. Tu n'es pas un monstre, tu es mon Alice, et je t'aime. Je t'aimerais même si tu avais bu d'un humain...Dieu seul sait que je l'ai suffisamment fait pour nous deux."
Je souhaitai momentanément pouvoir pleurer, juste pour pouvoir soulager la douleur physique que je ressentais dans mon coeur mort. Pleurer semblait toujours aider les humains. Jasper m'attira contre lui et embrassa mon front, en gardant ses lèvres pressées contre moi pour me réconforter.
"Je suis fier que tu ais résisté, Alice," chuchota-t-il contre mes cheveux avant d'y faire courir ses lèvres. "Je n'aurais pas pu le faire. Tu es bien plus forte que moi."
"A peine," croassai-je, en secouant la tête.
"Mais si," insista-t-il. "J'aimerais être comme toi, mon amour."
"Pour vouloir dévorer la fille de ta nouvelle amie ?" demandai-je d'un ton cinglant, toujours furieuse après moi-même. La colère qui bouillonnait en moi disparut sous le toucher de Jasper et fut remplacé par une vague de calme.
Jasper secoua la tête. "Non, pour pouvoir contrôler ces envies. Ne vois-tu pas à quel point je t'admire pour ça ? Mes talents empathiques semblent disparaître quand je bois. J'aurais perdu le contrôle en une seconde."
Je soupirai, me détendis grâce à ces talents et posai mon front contre son épaule puissante. Je remerciai quiconque contrôlait mon destin de m'avoir donné mon Jasper. Non seulement cet homme était là à me réconforter mais il avait géré cet enfant qui sentait si bon, il avait fait face à la même tentation, juste pour moi. Une fois de plus, je réalisai à quel point j'avais besoin de lui, je pensai à comment je passerais ma vie à ses côtés et à comment je ne pourrais pas survivre sans lui.
Jasper soupira doucement contre mon cou.
"Alice, ce besoin, cette dévotion...c'est la même chose pour moi. Je ne peux pas vivre sans toi. Je ne vivrais pas sans toi."
Je frissonnai avec toutes nos émotions, et deux traînées de venins roulèrent sur mes joues pour tâcher le col de la chemise de Jasper.
"The first my thought, The other my desire," Sonnet 45, William Shakespeare
Prochain chapitre : Souvent les rêveurs sont mis dedans
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