Chapitre 13 : suspicion
Je m'éveillais lentement et tentais de m'étirer, mais un poids inhabituel sur ma poitrine me fit baisser les yeux. Un sourire étira mes lèvres en découvrant qu'Alexis dormait paisiblement, la tête poser sur ma poitrine. Dieu merci, elle n'avait pas fait d'autres cauchemars durant la nuit. Ça m'avait fait un choc de la découvrir si effrayée et vulnérable, elle qui renvoyait l'image d'une jeune fille forte et courageuse. Et à nouveau, je me fis la promesse de tirer les choses au clair. Délicatement, pour ne pas la réveillée, je m'extirpais du lit, et un nouveau sourire étira mes lèvres lorsqu'elle grommela et se tourna pour se blottir contre Rick. Ils étaient si mignons tout les deux que je ne résistais pas à l'envie d'immortaliser cet instant.
Je pris ensuite le chemin de la douche, et descendais finalement dans la cuisine préparer le petit déjeuner. Je ne pourrais pas le prendre avec eux, mais je pouvais au moins m'assurer qu'ils n'avaleraient pas n'importe quoi. Une fois mes pancakes avalés, ainsi qu'une tasse de l'excellent café de Rick ingurgité, je laissais un mot à Rick lui «ordonnant » de venir me rejoindre au commissariat dès qu'il serait débout, je quittais l'appartement de mon homme avec le sourire. J'aimais penser à Rick comme étant à moi. Je n'avais jamais été possessive avec mes anciens amants, mais Rick éveillait en moi un instinct primaire qui me donnait envie de marquer mon territoire, et de le déclarer chasse gardée. Je me demandais s'il apprécierait l'idée avant de devoir admettre qu'il y avait des chances pour que ce soit le cas.
Dans la voiture, je repensais à ce qu'Alexis nous avait avouer, et fronçais les sourcils. Un détail m'échappait, mais je n'arrivais pas à mettre le doigt dessus. J'avais eu l'impression qu'elle nous avait menti, ou tout du moins qu'elle ne nous disais pas toute la vérité. Et si c'était bien le cas, que cherchait-elle à nous dissimuler? Pourtant son angoisse avait été bien réelle. Je me posais toujours des questions en me garant sur ma place de parking devant le commissariat et en sortant de l'ascenseur pour rejoindre mon bureau où m'attendais une pile de dossiers à terminer de remplir. L'inconvénient majeur à mon statut de lieutenant. J'avais toujours de la paperasse à faire.
« Salut Boss! » s'exclama Esposito en prenant place à son bureau, une tasse de café à la main avant d'ajouter «J'espère qu'Alexis a trouver ce qu'elle voulait dans les archives »
« Les archives? Pourquoi y est-elle aller? » m'étonnais-je alors que mon intuition se réveillait.
« Elle fait un exposé sur un criminel français, un certain Eddy de Nantes, et elle voulait savoir si on avait un dossier sur lui en bas » m'expliqua Esposito avant de se tourner vers son écran d'ordinateur qui venait de le biper.
La méprise d'Esposito me fit sourire. Je ne comprenais pas pourquoi Alexis avait voulu accéder aux archives pour un exposé sur l'Édit de Nantes. C'est vrai, quel était le rapport entre un édit de tolérance signé, si mes souvenirs étaient bons, par Henri IV en 1598, et le commissariat? A moins qu'elle n'ait utilisé ce faux prétexte pour accéder à un autre dossier, mais lequel, et pourquoi avoir fait tant de mystères? Pourvu qu'elle ne se soit pas attirer des ennuis, même si ça expliquerait pourquoi elle avait été suivie…
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En me réveillant, je sentais une odeur de café flotter dans l'air. En souriant, je tendais la main, espérant rencontrer le visage de Kate, mais je ne frôlais qu'un oreiller vide et déjà froid. Elle devait déjà être parti au commissariat soupirais-je en avisant l'heure. Désireux de ne pas déranger le sommeil d'Alexis, je quittais le lit avec entrain et filais sous la douche. Une fois préparer, je descendais prendre mon petit déjeuner, souriant comme un idiot en constatant que Kate avait veiller à ce que nous nous nourrissions convenablement. C'est quelque chose à laquelle je pourrais facilement m'habituer. Avoir Kate à la maison et veillant sur nous. Elle avait été parfaite cette nuit avec Alexis, la rassurant tant et si bien qu'elle n'avait pas eu d'autres mauvais rêves.
Je pouffais comme un gamin en découvrant son petit mot. J'étais heureux de voir que notre nouveau statut ne changeait rien à nos habitudes. Et j'espérais que nous passerions l'épreuve du commissariat haut la main. Mais cela ne m'inquiétais pas vraiment. Ce qui m'inquiétais bien plus, c'était de devoir passer toute une journée sans pouvoir la prendre dans mes bras et l'embrassée. Je n'allais jamais pouvoir tenir. Peut-être que si aucune affaires ne nous tombait dessus, nous pourrions nous échapper à midi pour un déjeuner en amoureux…
A cette idée, un sourire éclaira mon visage, et je m'empressais de regarder dans le frigo s'il y avait de quoi nous préparer un repas digne de ce nom, mais abandonnais l'idée, préférant finalement commander chez un traiteur. Je refermais donc l'appareil, et avisant l'heure, m'empressais de quitter mon appartement, direction le Starbuck préféré de Kate. Une fois son café en main, je gagnais le commissariat d'un pas allègre en sifflotant joyeusement. Mais je perdais mon air guilleret dans l'ascenseur. Je ne devais pas attirer l'attention des gars sur moi, même si je pouvais toujours leur dire que j'avais passer la nuit dans les bras des deux plus belles femmes de New York, ce qui était la stricte vérité. D'ailleurs, en parlant des plus belles femmes de la ville, l'une d'elle me regardait approcher un air revêche peint sur le visage. Je me serais inquiété si son regard n'avait pas exprimé de la tendresse et de l'amour quelques instants plus tôt.
« Vous faites une de ces têtes! Vous avez passer une mauvais nuit ou quoi? » la taquinais-je avec un grand sourire en venant m'asseoir à ses côtés.
« En fait pas du tout… J'ai passer la nuit auprès d'un homme incroyable… » répliqua-t-elle avec un petit sourire en coin.
« Incroyable vraiment? Il vous a fait une sacré impression dites-moi » souris-je fièrement.
« C'est vrai… Pour une fois qu'un homme attend autre chose de moi que mon corps… » répliqua-t-elle avec un sourire amusé au coin des lèvres.
« Oh mais je veux tout de vous lieutenant Beckett… Absolument tout… » répliquais-je en la dévorant du regard et en me penchant vers elle pour qu'elle seule entende ma réplique.
Elle se troubla sous l'intensité de mon regard, et ses pommettes prirent une teinte rosée. Je lui souris tendrement, mais décidais d'orienté la conversation sur un terrain moins glissant avant que la situation ne nous échappe.
« Votre café boss! » claironnais-je en lui tendant le gobelet encore chaud.
« Castle! » grogna-t-elle en roulant des yeux.
Elle tendit la main pour saisir le précieux nectar, et ses doigts frôlèrent les miens, nous faisant tout deux frissonner. Cette journée allait être un vrai supplice. Heureusement, l'arrivée d'Esposito nous obligea à rester impassibles.
« Alors Boss, la petite a trouver ce qu'elle cherchait ou pas? » s'enquit-il en s'asseyant sur le coin du bureau.
« C'est d'Alexis que vous parler? » m'étonnais-je en me focalisant immédiatement sur la discussion.
« Ce qui me fait penser qu'il faut appeler le dessinateur. Alexis dit qu'un homme l'a suivit hier. Elle en a été très effrayée. » lança Kate sans répondre à la question d'Espo, et je me demandais ce qu'elle me cachait.
« Tout de suite Boss. Si la petite est en danger, on fera tout pour s'assurer que ce type comprenne sa douleur » répliqua Espo en fronçant les sourcils.
« Merci bro » souris-je touché, comme chaque fois que mes amis prenaient autant les intérêts de ma fille à cœur.
« Pas de quoi vieux » me sourit Espo en s'éloignant.
Immédiatement, je me tournais vers Kate, attendant des explications.
« Ta fille a fait une blague aux gars à propos de l'Edit de Nantes. Ils ont cru qu'il s'agissait d'un criminel français et l'ont laisser accéder aux archives » m'expliqua-t-elle avec un sourire amusé.
J'éclatais de rire en comprenant le malentendu et déclarais « c'est la digne fille de son père! »
Kate rit à son tour, et le reste de la matinée se passa dans cette ambiance bon enfant. De temps en temps, je ne pouvais m'empêcher de la dévorée des yeux, ou bien je la surprenais à me dévisager avec un mélange de tendresse et de désir, mais dans l'ensemble nous gérions assez bien la situation.
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Je fus réveillée par le claquement d'une porte. Je mis quelques secondes à émerger totalement, puis je me remémorais la nuit dernière. Un frisson me traversa au souvenir de mon agresseur. Cela faisait longtemps que je n'avais plus fait de crise pendant mon sommeil, mais cette affaire m'avait plus perturbée que je ne l'avais penser. Avisant l'heure, je me dépêchais de me préparer. Jordan Shaw devrait arriver d'une minute à l'autre. Je sortais tout juste de la douche lorsque la sonnette de la porte retentit. Je me précipitais dans les escaliers, et c'est essoufflée que j'ouvris la porte pour me retrouver nez à nez avec une jeune femme rousse. Nous nous dévisageâmes un long moment avant que les règles élémentaires de la politesse ne me reviennent en mémoire.
« Je vous en prie, entrez Agent Shaw » déclarais-je en m'effaçant pour la laisser entrer.
« Merci Alexis » me sourit-elle en faisant quelques pas dans l'appartement.
Je la suivais du regard, cherchant à la sondée. Elle était telle que papa me l'avait décrite. L'invitant à s'asseoir, je lui proposais un café qu'elle accepta, avec une petite moue amusée. Elle attendit que je revienne et que je m'assois à ses côtés pour déclencher les hostilités.
« Alors Alexis que puis-je faire pour toi que ni Kate ni ton père ne puissent faire? » s'enquit-elle en me fixant attentivement.
« Je sais que la mère de Kate est en vie » délirais-je en la scrutant à son tour.
Elle hésita une fraction de seconde avant de demander « Qu'est-ce qui te fait croire ça? »
« Je l'ai rencontrer, et non ce n'est pas le fruit de mon imagination » la coupais-je voyant qu'elle allait objecter, et j'enchaînais de peur d'être interrompue « J'ai fait des recherches dans les archives de la police à partir d'une photo tirée de la vidéo surveillance du couloir de l'immeuble et j'ai fait le lien avec la mère de Kate. Malheureusement, quelqu'un a découvert que j'enquêtais sur cette affaire, et hier un homme m'a menacer d'une arme » terminais-je d'une petite voix.
« Ton père et Kate sont au courant? » voulut savoir Jordan, une lueur indéfinissable dans le regard.
« Je leur ais simplement parler d'un homme qui m'avait suivit. Ils ne sont pas au courant du reste. Je ne veux pas parler à Kate de sa mère avant de savoir où la trouver, et puis je crois que c'est à Johanna de lui dire la vérité, pas à moi, même si c'est très dur de mentir à Kate » déclarais-je encore incertaine du bien fondé de ma décision.
« Tu as bien fait » me rassura Jordan, comme si elle avait perçu mes doutes. « Est-ce que tu pourrais me décrire cet homme? » demanda-t-elle en se saisissant d'un ordinateur portable si petit et fin que je ne l'avait même pas remarquer.
« Grand, environ 1,90 mètres, baraqué, genre catcheur, les cheveux oxygénés, très court, les yeux gris et un regard glacial. Son visage était marqué de deux balafres une sur les lèvres, et l'autre sur la joue droite, du menton jusqu'au front. » déclarais-je sans réfléchir, sans l'ombre d'une hésitation.
Silencieuse, j'observais Jordan entrer les données dans son ordinateur, et intriguée, je m'approchais pour constater qu'elle exécutait un portrait robot de mon agresseur. Je frissonnais en reconnaissant son visage, et Jordan n'eut même pas besoin de me demander si c'était bien lui. Ma réaction instinctive parlait d'elle-même. Jordan enregistra le portrait et referma son ordinateur.
« Comment as-tu fait pour lui échapper? » me demanda-t-elle d'un air intrigué.
« Nous étions dans le parc. J'ai profiter que nous traversions une foule de danseur de rue pour lui fausser compagnie. J'ai couru jusqu'à la sortie la plus proche et ais sauter dans un taxi » expliquais-je brièvement avant de lui poser une question à mon tour « Pourrais-je la rencontrer s'il vous plaît? »
A nouveau Jordan hésita avant de marmonner « De toutes façons, si je dis non, c'est elle qui viendra te voir pour s'assurer que tu vas bien. Elle se sent coupable de t'avoir mis en danger »
« Ce n'est pas sa faute. Je me suis mise en danger toute seule! » protestais-je en me redressant.
Jordan se contenta de secouer la tête, un sourire en coin sur les lèvres avant de déclarer « Je vais organiser votre rencontre, mais il va falloir faire preuve d'une extrême prudence. Je vais y aller maintenant, et en attendant, j'ai placer des hommes près de chez toi. Ils sont chargés de veiller sur toi. Tu ne devrais même pas te rendre compte qu'ils te suivent, mais ils seront là » ajouta-t-elle en se levant et en renfilant son manteau tout en se dirigeant vers la porte.
« Merci » soupirais-je soulagée avant d'ouvrir la porte et de me figée.
Kate se tenait sur le seuil, le poing levé comme si elle s'apprêtait à toquer.
« Kate? Mais qu'est-ce que tu fais là? » demandais-je en sentant la panique m'envahir.
« Je voulais te parler à propos de l'homme d'hier… » commença-t-elle avant de s'interrompre alors que son regard se braquait derrière moi.
« Bonjour lieutenant Beckett » entendis-je Jordan déclarer tranquillement dans mon dos, comme si la situation était on ne peut plus normale.
« Agent Shaw, que faites-vous ici? » s'étonna-t-elle alors que son regard passait entre nous avec suspicion.
« Je vous cherchais. J'ai appelé le commissariat, mais ils m'ont dit que vous étiez ici, mais quand je suis arrivée, cette jeune fille m'a appris que vous étiez déjà partis » expliqua-t-elle nonchalamment.
« Je vois… et pourquoi vouliez-vous nous voir? » demanda Kate en entrant dans l'appartement.
« Je recherche quelqu'un en fait, et comme j'ai suivi sa trace jusqu'à New York, je me suis dit que vous pourriez peut-être m'aider à le coincer » répondit-elle avec détachement.
« Qui est votre homme? » voulut savoir Kate en fixant Jordan du regard.
Je connaissais ce regard. Même si elle faisait semblant d'avaler cette histoire, Kate ne la croyait pas, et je savais que tôt ou tard, Kate chercherait à me tirer les vers du nez. Sauf si j'étais hors de portée. Maman m'avait proposer de venir passer quelques jours avec elle à Los Angeles. J'avais eu l'intention de refuser pour ne pas quitter Ashley, mais cette histoire me faisait réexaminer la question. Mais je n'irais pas avant d'avoir vu Johanna. Je voulais vraiment faire sa connaissance et entendre son histoire. Perdue dans mes pensées, je revenais à la conversation entre Kate et Jordan au moment où cette dernière ouvrait son ordinateur et lui montrait le portrait robot qu'elle venait de réaliser à partir de la description que je lui avait faite de mon agresseur. Du moins le supposais-je, parce que Jordan s'arrangea pour que je ne puisse voir l'écran, et je compris que cet après-midi, lorsque j'irais établir à nouveau ce portrait robot, je devrais avoir l'air surprise en voyant ce portrait sur le tableau blanc de Kate.
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Et voilà. Je posterais peut-être deux nouveaux chapitres ce soir, ça dépendra de vos commentaires...
Bonne journée tous le monde
