Les personnages de la saga Twilight appartiennent à Stephenie Meyer.
Just Right For Me est une histoire de la talentueuse archy12.
Traductrice de la version française : Milk40
Merci infiniment pour tous vos commentaires, et bonne lecture.
Chapitre 14
Je me réveillai en me sentant rafraîchie, voire pleine d'énergie. Je regardai autour et j'aperçus Edward à sa table, en train de dessiner. Quand je bâillai et m'étirai, il s'empressa de refermer son carnet.
« Qu'est-ce que tu dessinais, Edward ? » Demandai-je, intriguée. Il secoua pudiquement la tête.
« Allez, montre-moi. S'il te plaît ? » Je me redressai dans le lit et lui lançai un regard de chien battu, ou du moins j'essayai. Ça sembla fonctionner, car il vint vers moi et tendit sa main pour que je puisse prendre son carnet de croquis.
« Euh… ne te fâche pas, d'accord ? »
Je regardai la page ouverte, le rassurant en même temps.
« Bien sûr que non – oh ! »
Il avait fait un croquis de moi en train de dormir. Je savais que je serrais toujours un oreiller contre moi avant de m'endormir, et que je m'endormais toujours sur mon flanc gauche. Ce que je n'avais jamais imaginé, c'est que je puisse avoir l'air si… éthérée. Car c'était la façon dont il m'avait représentée. Mes cheveux étaient plus longs dans l'image, tombant sur mon épaule visible en vagues gracieuses, et ondulant autour de ma taille. Mon expression était sereine, et le léger sourire sur mes lèvres disait que je faisais un beau rêve.
« Wow, » murmurai-je, complètement bouleversée par le dessin et l'imagination d'Edward. Bien sûr je savais déjà combien il était doué – mais toutes ces images étaient seulement… des personnages. Celle-là c'était moi – un être humain véritable, mais en plus jolie. Non, pas seulement plus jolie, mais aussi un peu irréelle.
Le bruit d'un raclement de gorge nerveux ramena mon attention sur Edward, planant autour de moi avec une expression d'incertitude bien évidente sur son visage. Je pris sa main et le fis asseoir à côté de moi. Il me regarda avec des yeux agrandis d'impatience.
« Edward, c'est… je ne sais pas quoi dire. C'est plus qu'incroyable. Tu m'as reproduite comme si j'étais une beauté aux allures de fée ! »
Son sourire illumina son visage entier tellement il avait l'air heureux.
« Tu es belle, Bella, et c'est comme ça que je te vois. Pour moi tu sembles être d'un autre monde, venue ici pour rendre ma vie meilleure. Je… » Il mordit timidement sa lèvre inférieure. J'eus momentanément très envie de la libérer de ses dents parfaites et de la mordre moi-même. Puis je réprimandai mon esprit et lui ordonnai de se concentrer.
« J'avais l'habitude de te regarder quand tu venais rendre visite à Rose, tu sais. »
Je clignai des yeux, étonnée.
« Vraiment ? »
Il frotta sa nuque dans un geste embarrassé.
« Oui, tu étais toujours en train de rire et de parler, et tu avais l'air si heureuse, si insouciante. Je n'aurais jamais imaginé que tu poserais tes yeux sur moi, et encore moins que tu m'épouserais. »
« Oh. » C'était une réponse stupide, je suppose, mais je ne trouvais rien d'autre à dire. Évidemment je ne pouvais pas lui dire que je n'avais pas l'intention de l'épouser ! D'un autre côté, je ne pouvais pas exactement parler avec exaltation de mes sentiments pour lui. Je décidai lâchement de changer le sujet.
« Euh, Edward, j'aimerais appeler Bree maintenant. »
Quelque chose comme de la déception brilla dans ses yeux expressifs.
« Bree ? »
« Oui, mon amie du pensionnat – celle dont la mère est agent littéraire. Tu te rappelles que je l'ai mentionnée cet après-midi ? »
« Oui, oui bien sûr. Alors… que vas-tu lui demander ? »
« Je pense qu'un agent littéraire connaîtra le bon éditeur pour ton type d'œuvre, alors je vais lui demander si sa mère peut te prendre comme client, ou nous recommander quelqu'un. Est-ce que ça te va ? »
« Bien sûr. Je, euh, vais juste voir ce qu'Emmett fabrique, d'accord ? »
Sa réaction me rendit quelque peu perplexe, mais je chassai cette impression. Je trouvai mon téléphone et cherchai le nom de Bree dans ma liste de contacts.
Bree était excitée d'avoir de mes nouvelles, et encore plus excitée de découvrir que j'étais mariée. Elle me taquina, disant que je devais être éperdument amoureuse pour être tellement pressée de convoler en justes noces.
« Alors il est comment ton Edward ? A-t-il eu de la difficulté à convaincre ton père ? Je me rappelle que tu disais qu'il n'autorisait jamais les garçons à se lier d'amitié avec toi. »
« Tu as raison, mon père est très strict, » répondis-je, me demandant ce que je pouvais lui révéler. Bree et moi nous entendions bien à l'école, mais… comment j'avais épousé Edward était une histoire qui n'était destinée à personne en dehors de la famille. Et même au sein de la famille, peu de gens connaissaient la vérité. Je décidai d'être brève et de rester aussi près de la vérité que possible.
« Mais Edward est très gentil et… c'est vraiment un bon gars, alors mon père n'a pas trop sourcillé. Et il est très doué- »
« Ooooh, doué, n'est-ce pas ? Dis-moi Bella, est-il plus doué avec ses doigts, ou avec sa langue ? »
« Bree ! » Fut ma réponse étranglée alors qu'elle s'esclaffait d'une façon qui me fit penser à Emmett.
« Ok, d'accord, garde tes secret. Tu n'as jamais été du genre à discuter de trucs personnels de toute façon. Mais dis-moi au moins où vous comptez aller pour votre lune de miel ? »
« Hum, eh bien, nous n'avons pas encore décidé, » bredouillai-je, puis je m'empressai de poursuivre avant qu'elle puisse penser à d'autres questions embarrassantes. « Écoute, Bree, j'ai besoin d'une faveur de ta part. Ta mère est un agent littéraire, pas vrai ? »
« Oui, pourquoi ? » Elle semblait perplexe.
« Eh bien, Edward crée des bandes dessinées – ses dessins sont fantastiques – mais il n'a pas essayé de les publier pour l'instant. Est-ce que ta mère peut le prendre comme client, ou du moins recommander quelqu'un d'autre que nous pourrions contacter ? Parce qu'aucun d'entre nous n'a la moindre idée de comment faire ça, tu sais. »
« Hm, je vais demander à ma mère, bien sûr, mais Bella, elle va probablement vouloir voir son travail avant de décider quoi que ce soit. Alors soyez prêts à faire un voyage à Chicago, d'accord ? » Avant que je puisse traiter ce qu'elle venait de dire, elle ajouta qu'elle me rappellerait dans quelques minutes et raccrocha avec un joyeux « Au revoir ! »
Un voyage à Chicago – je suppose que j'aurais dû être plus excitée à l'idée de retourner dans la ville que j'avais considérée comme ma maison pendant tellement d'années, mais je ne l'étais pas – pas vraiment. J'éprouvai soudainement un sentiment d'appartenance à Forks, cette petite ville avec une population qui pourrait s'insérer dans une des banlieues de Chicago. C'était un sentiment étrange.
Bree rappela avant même que cinq minutes ne se soient écoulées. Sa mère était intéressée, dit-elle, et bien sûr elle voulait rencontrer Edward et voir son travail avant de promettre quoi que ce soit. La bonne nouvelle était que nous n'aurions pas à faire tout le trajet jusqu'à Chicago pour la rencontrer.
« Maman doit aller rencontrer cet important client qui vit à Seattle, parce qu'il est trop vieux et trop faible pour voyager si loin. Alors si vous pouviez nous rencontrer là-bas, ce serait génial. »
« C'est vraiment une bonne idée, Bree. Alors vas-tu accompagner ta mère ? Tu as dit 'nous', n'est-ce pas ? »
« Tu peux être sûre que oui ! Après tout, je veux voir ce gars qui a suffisamment impressionné ton paternel pour que celui-ci te laisse l'épouser. Je te tiendrai au courant des détails, mais ce sera probablement ce week-end. »
Nous nous dîmes au revoir et j'allai trouver Edward, me sentant plutôt satisfaite de l'issue de ma conversation avec Bree. Je n'étais pas sûre qu'Esmée laisserait même Edward voyager jusqu'à Chicago, mais Seattle devrait convenir, non ? C'était seulement quatre heures de route en voiture, et Emmett et Rose pourraient nous accompagner.
Ils étaient dans la salle de jeux, en train d'abattre des terroristes dans un jeu appelé 'Call of Duty' et criant à pleins poumons. Quand je vis à quel point ils étaient absorbés par l'action, je m'installai tranquillement dans un fauteuil derrière eux et j'attendis.
Finalement Emmett lança un cri de triomphe et déclara qu'il avait gagné. Edward et Rose lui concédèrent la victoire, quoique pas très gracieusement. Alors qu'ils se levaient et s'étiraient, ils me remarquèrent. Edward s'excusa immédiatement pour ne pas m'avoir vue avant, mais j'agitai la main pour lui signifier que ce n'était pas grave.
« Ça avait l'air pas mal captivant, » commentai-je. « Je peux enfin voir l'attrait de ces jeux. Quoi qu'il en soit, j'ai de bonnes nouvelles. »
Emmett fit semblant d'être surpris, écarquillant les yeux de façon comique et demandant comment il m'était possible de le savoir si tôt. Rose le tapa sur la tête tandis qu'Edward paraissait simplement confus. Je me contentai de rouler les yeux en réponse.
« Vous vous rappelez que j'ai mentionné une amie dont la mère est agent littéraire ? Eh bien, son nom est Bree et sa mère s'appelle Vera. Je viens de l'appeler, et Vera veut te rencontrer et voir ton travail, Edward, » dis-je en me tournant vers lui. « Et ce qu'il y a de bien, c'est qu'elle doit venir à Seattle dans le cadre de son travail, alors nous pouvons simplement nous y rendre plutôt que de devoir faire un voyage à Chicago ! N'est-ce pas formidable ? »
Emmett acclama la nouvelle bruyamment et Rose se joignit à lui, mais Edward demeura silencieux, le front plissé, perdu dans ses pensées. Cela me rappela l'expression qu'il avait eue quand je lui avais dit que j'allais téléphoner à Bree.
« Qu'est-ce qui ne va pas, Edward ? » Demandai-je, inquiète d'être en train de lui forcer la main. Peut-être qu'il préférait garder son travail pour lui-même et n'avait aucune envie de le publier ? Dans ce cas je ne le forcerais jamais.
Il avait l'air mal à l'aise, jetant des coups d'œil à Emmett et Rose sans tourner la tête, puis revenant à moi. Heureusement, Emmett saisit son manège et entraîna Rose hors de la pièce, nous donnant un peu d'intimité.
Je m'assis à côté d'Edward et pris ses mains dans les miennes. Elles étaient moites, et quand je le regardai attentivement, je notai qu'il y avait une légère pellicule de sueur sur son front aussi. Il était sans l'ombre d'un doute nerveux.
« Qu'y a-t-il, Edward ? » Je m'adressai à lui comme on s'adresserait à un cerf effrayé, prêt à s'enfuir au premier mouvement brusque. Avec ses yeux écarquillés, il ressemblait certainement à l'animal. Mais il y avait autre chose aussi. De la honte, peut-être ?
« Je ne peux pas aller à Seattle, Bella, » dit-il d'une voix si basse que je dus me pencher vers lui pour l'entendre. « J'ai – j'ai peur. »
« Pourquoi, Edward ? » Je baissai la voix moi aussi, même si je n'avais pas de raison de le faire. Ça semblait seulement être… la bonne chose à faire. « Tu dois être allé à Seattle avant, non ? C'est assez près de Forks, après tout. »
Il secoua la tête. « Pas que je me souvienne. Je veux dire, on m'a dit que j'avais étudié là-bas, à U-Dub, mais… »
Je fronçai les sourcils alors qu'un déclic se produisait dans ma tête. « Est-ce que ça veut dire… N'es-tu pas allé à Seattle depuis ton accident ? »
Il secoua à nouveau la tête. Un soupçon terrible commença à s'insinuer dans mon esprit. Malgré tout, je gardai ma voix calme.
« Edward, es-tu allé dans une autre ville au cours de la dernière année, après avoir terminé ta physiothérapie ? Port Angeles, ou peut-être Olympia ? »
Edward secoua lentement la tête une fois de plus en me regardant enfin, ses yeux implorant. « Je ne suis allé nulle part, Bella, pas même dans la ville de Forks. »
Note de l'auteure : oui, je sais qu'il n'est pas nécessaire d'avoir un agent littéraire, mais supposons que c'est le cas pour cette histoire, d'accord ?
À bientôt
Milk
