Le prochain point de vue sera celui d'Emma évidement, avec un peu de Swan/Queen pour l'occasion :)

En attendant, bonne lecture !


Chapitre 14

« Un Instant de révélation »

A la nuit tombée, je me préparai à entrer au domicile de mon assistant.

En tant que maire, il ne fut pas difficile de trouver son adresse et étrangement, encore moins de pénétrer chez lui.

La porte d'entrée était ouverte.

Etais-ce un piège ?

Toutes les pièces étaient plongées dans le noir, hormis une.

J'étais sûre que John Preston se lavait dans la pièce prévue à cet effet, j'y avais vu son ombre depuis l'extérieur.

J'étais venue à pieds, pour que personne ne m'identifie grâce à mon véhicule, mais je me sentais pas rassurée dans l'obscurité.

Je me faufilai, à l'aide d'une petite lampe empruntée, dans le bureau de John Preston.

Je n'avais que peu de temps avant qu'il redescende.

Les rayons de lumières éclairaient toute la surface du meuble, mais aucun papier ne concernait Emma.

Et, sans que je puisse me cacher, la pièce fut soudainement entièrement éclairée.

John Preston m'observait, un rictus de colère déformant son visage.

Quant à moi, j'observais complétement anéantie, les murs emplit de photos de ma compagne.

Quel ne fut pas mon choc en redécouvrant en images la vision que j'avais eu à mon arrivée à Storybrooke, d'apercevoir même ma silhouette sur certains clichés alors que je tentais de venir en aide à une Emma inconsciente…

- Sale cinglé ! Je vais te tuer ! Comment as-tu pu faire une chose pareille ?! m'écriais-je, en le poussant violemment.

Je désirais juste une preuve pour que ma génitrice comprenne à quel point il était dangereux et voici que je découvrais le plus redouté :

Des photos d'Emma lors de son agression !

- T'aurais du voir quand elle me suppliait d'arrêter…

Je le frappai au visage.

- Je ne sais pas ce qui me retient, mais… dis-je, furieuse.

La haine que je ressentais était trop profonde.

Comment avouer l'inconcevable à Emma ?

- Peut-être le fait que vous n'avez aucun droit d'être ici ? demanda-t –il, un sourire malicieux sur les lèvres.

- Je suis le maire ! J'ai le droit de nommer n'importe qui en tant que shérif ! Même moi-même ! déclarais-je, sur un ton ferme en lui montrant l'étoile.

J'avais gagné !

J'avais l'avantage sur lui, ce pouvoir de le briser comme il avait détruit la vie de la blonde…

- Alors ça c'est bien joué ! De quoi prouver que vous comprenez votre travail et que vous êtes déterminé…

Il n'éprouvait aucun remords et même un certain plaisir à voir mon triomphe, de quoi approuver ses problèmes psychotiques...

- Je ne vous tuerais pas, même si j'en ai envie! dis-je, en lui lançant un regard foudroyant.

- Pour ne pas devenir comme votre mère, hein ? demandait –il, en ricanant.

- Quoi ?! Que voulez – vous dire ? m'écriais-je, effrayée à l'idée que Cora ait pu me devancer.

Et soudainement, des cris me surprirent :

- A l'aide ! Au secours !

J'angoissais à la simple idée d'entendre à nouveau ces mots, d'imaginer à nouveau le problème qui se posait.

- Non ! Mon amour…murmurais-je, peinée.

Subitement, de toutes mes forces, avec toute cette colère qui apparue, je frappai violemment mon assistant au visage.

Il serait inconscient jusqu'à mon retour.

Et c'est ce qui m'importait.

La justice ferait le reste.


Je n'avais jamais couru aussi vite.

J'avais si peur à l'idée qu'Emma m'échappe à nouveau, que sa vie soit encore plus menacée.

Je tombai à genoux lorsque j'entrevis le corps fin à nouveau au sol.

Mary Margaret la secouait désespérément alors que ma mère restait immobile, un air satisfait s'inscrivant sur son visage.

- Qu'as –tu fais ? m'écriais-je, en direction de ma génitrice.

- Juste de quoi te ramener dans le bon chemin ! répondit –elle, en me montrant un récipient.

- Tu l'as empoisonné ? demandais-je, les yeux écarquillés.

- J'ai plutôt utilisé de quoi l'endormir profondément si tu veux une définition !

Je lui attrapai furieusement le cou, comme elle l'avait fait auparavant.

- Tu m'as devancée ! Sale traitre ! hurlais-je, en haussant le ton.

- C'est plutôt ton amie…Elle n'est pas méfiante et ça l'a perdue tu vois…

Je serrai plus profondément son cou entre mes mains.

- Si elle meurt, je jure que tu mourras aussi !

Et mon hystérie laissa place aux pleurs alors que j'étreignais la blonde.

Tout était bon pour l'éveiller : les coups, mes mains qui s'agitaient sur son cœur pour le faire battre…

Je ne devais pas perdre espoir…

L'amour me guidait à travers ces gestes que je n'aurais pu effectuer sur une autre tant que l'idée de la perdre me déchirait et me forçait à l'impossible.

- Emma ! Reviens- moi ! Emma ! Tu n'as pas le droit de me laisser seule ! Tu m'as changé, littéralement, entièrement ! Tu ne peux pas laisser une âme comme la mienne à l'abandon ! Emma ! hurlais-je, alors que je cédais à la panique.

Mes larmes se tarirent alors que Mary Margaret écarquillait les yeux :

- J'entends sa respiration ! C'est faible, mais…

Les paupières oscillèrent alors un long moment avant que les yeux azur puissent me fixer.

Mon cœur débordait de joie !

- Emma, tu m'entends ? C'est moi, c'est Gina…chuchotais-je, émue.

Un sourire s'esquissa légèrement sur ses lèvres pulpeuses et elle se mit à tousser.

A vomir.

Mais qu'importe !

Blottie contre ma poitrine, elle retrouvait enfin un semblant de vie.

A contre cœur, alors que je ne désirais que profiter de cette proximité, je la déposai dans les bras de Mary Margaret qui elle aussi, semblait soulagée.

J'embrassai la blonde encore un peu fiévreuse et endolorie, alors que j'intimai l'ordre à l'institutrice de repartir avec ma compagne et notre fils.

Je lui faisais maintenant assez confiance pour être sûre qu'aucun mal n'arriverait à Emma dans son appartement et rien qu'à l'idée de ne plus entrevoir l'amie d'Emma comme une ennemie, me rendait fière.

J'avais vraiment changé.


Maintenant que j'étais certaine qu'Emma soit protégée, je scrutai Cora qui était restée immobile.

Je reniflai le reste du contenu du gobelet suspect avant de froncer les sourcils, étonnée.

- Du sucre ?! demandais-je, plus que choquée.

- J'en ai mis une tonne, juste pour l'assommer ! répondit – elle, sur un ton étrangement calme.

- Alors…Tu n'as jamais voulu la tuer ? m'écriais-je, en écarquillant les yeux.

- Non. Elle m'a convaincue de … lui laisser une chance. J'ai compris que tu ne reviendrais jamais à moi si je m'en débarrassais, mais je voulais voir si tu l'aimais vraiment.

Que cela soit véridique ou non, je me sentais beaucoup plus forte que ma génitrice et je savais qu'Emma s'en éloignerait assez pour ne pas devenir encore une proie.

Cora ne pouvait plus rien faire pour m'anéantir.

J'y veillerais.

- Oh…C'est…C'est tellement surprenant de ta part ! dis-je, perplexe.

Je lui tendis ma main, comme pour nous rapprocher un peu, mais elle me repoussa.

- J'ai vu assez d'amour ce soir, pas besoin d'en rajouter une couche ! se justifiait –elle, sur un ton hautain.

J'éclatai de rire.

- Tu as changé toi aussi ! chuchotais-je, calmement.

Je devais tenter une approche, une sorte de réconciliation pour faire avancer les choses et évoluer notre relation, actuellement loin d'être amicale.

- Ne me parle pas de ton idéal ! Je reste toujours avide de cruauté, mais pas envers mon unique fille. J'ai vraiment besoin de toi et si, de ton côté, tu as besoin d'Emma dans ta vie, alors je…je ne dis pas que j'adore l'idée, mais je vais m'efforcer d'envisager l'hypothèse ! clama Cora, en toute franchise.

Il y avait de quoi susciter des doutes en moi…

- C'est …tout ?

- A une condition. Qu'elle ne te fasse pas souffrir. Au moindre tort, elle sera plus qu'abimée…

Je frissonnai à l'idée.

- Donc cette idée de mariage est terminée ? demandais-je, incertaine sur ce propos.

Elle hocha la tête, difficilement.

- Je voulais uniquement que tu ais une vie de rêve : un mari aimant, des enfants ! clama Cora, pour se justifier.

- Il y a Henry ! Tu pourrais apprendre à le connaître !

Bon évidemment, rien ne serait facile, mais si vraiment Cora le souhaitait…

Celle-ci plongea son regard intensément dans le mien.

- C'est vraiment la vie que tu désires ? demandait –elle, vivement.

- Plus que jamais.

Je n'envisageais plus mon existence sans Emma.

Sa réponse me fit sourire :

- Dans ce cas, je passerais manger chez le maire de Storybrooke d'ici quelques jours !

Le silence prit place dans la conversation avant qu'elle ne le brise :

- Bon allez, trêve de niaiseries, rejoins ta blonde ! Avec l'excès de sucre en poudre qu'elle a avalé, il lui faudra de l'aide !

Ma mère avait tout de même utilisé une méthode dangereuse avec tout ce sucre !

J'imaginais avec horreur la quantité innombrable de sachets dilués dans le chocolat…

Cependant, Emma se remettrait de cette hyperglycémie et encore plus si je lui consacrais une bonne partie de mon temps, ainsi que de l'attention.

Et l'idée d'être à ses côtés ne me dérangeait pas…

- Avant, je dois enfermer mon assistant, être persuadé qu'il ne fera plus souffrir Emma ! expliquais-je, en soupirant.

Je déclarai à ma mère les faits qui s'étaient déroulés avant mon arrivée devant le bar.

- Je peux le faire à ta place.

Je scrutai un long moment Cora, ne sachant si elle voulait vraiment m'aider :

- Pas de coup double sinon je serais qui désigner coupable !

Ma mère hocha la tête alors que je lui donnai une paire de menottes.

J'avais vraiment imité l'allure du shérif jusqu'au bout !

Mais, au fond de mon être, j'espérais vraiment qu'Emma retrouve ce rôle qu'elle était la seule à maitriser à la perfection.


Alors que je me précipitais en direction de l'appartement de Mary Margaret, mon téléphone portable vibra.

- Regina Mills ?

Je reconnu la voix grave du médecin que j'avais contacté pour Emma, un des meilleurs des environs.

Pourquoi m'appelait –il à vingt heures ?

- Je suis désolé de vous joindre aussi tard, mais j'ai une nouvelle à vous annoncer concernant votre amie.

- Vous auriez pu attendre que je vienne chercher les résultats ! clamais-je, dérouté.

Dix jours étaient passés depuis le viol d'Emma et à une vitesse folle avec tout ce qui en avait découlé si bien que l'idée de passer au laboratoire m'était sortie de la tête…

- C'est important.

Mes mains tremblèrent soudainement.

- Je vous écoute.

Quel drame allait encore nous tomber dessus ?

TBC...