- Oh ma Bella ! Je suis tellement contente de te voir. Tu m'as manquée chérie.

Renée prit sa fille dans ses bras et la serra contre elle. Bella se dégagea doucement. Elle semblait contrariée mais réussit à le cacher à sa mère.

- Maman ? Il faut que je parle avec Alice quelques instants.

- Voyons Bella, laisse-moi saluer toute la famille.

Elle prit dans ses bras Esmée et Alice et salua Emmett, Rosalie, Edward et Jasper, Carlisle étant à l'hôpital. Elle se tourna vers Hermione, pensant avoir à faire avec un autre membre de la famille Cullen. Elle se figea en la reconnaissant et ses traits se durcirent.

- Bella ! Qu'est-ce qu'elle fiche ici, celle-là ?

Hermione eut un regard de défi et un sourire moqueur. Les Cullen parurent surpris d'une telle animosité envers sa nièce mais ne dirent rien. Jasper se plaça seulement derrière la sorcière et posa la main sur son épaule.

- Ne commence pas tu veux, soupira Bella. Si tu n'es pas contente, alors on va chez Charlie, mais laisse Hermione tranquille. A présent il faut que je parle à Alice.

Esmée s'interposa rapidement, ne désirant pas qu'une dispute éclate.

- Renée ! Quelle surprise de vous voir ! Avez-vous fait bon voyage ?

Renée détourna difficilement la tête, trop occupée à fusiller sa nièce du regard. Elle adressa cependant un ravissant sourire à la vampiresse.

- Oui, je vous remercie. J'espère que je ne vous dérange pas, je voulais tellement faire une surprise à ma Bella.

- Vous êtes la bienvenue. Venez à la cuisine, je vais faire du café.

Les deux femmes disparurent après que Bella ait assuré à sa mère qu'elle la rejoindrait après. Après leur départ, elle ferma les yeux et inspira profondément. Puis elle expira doucement.

- Alice ?

Son ton, calme, pressentait pourtant une sourde colère.

- Il y a un problème Bella ? Je pensais que ça te ferait plaisir que ta mère vienne te voir…

Hermione se tourna vers la vampiresse, les yeux étincelants de colère.

- Alice, siffla-t-elle, menaçante. Est-ce que tu veux bien m'expliquer pourquoi tu n'as rien dit ! Non mais tu pensais à quoi !

- Je voulais que ce soit une surprise…

- La prochaine fois, garde tes foutues idées pour toi, cracha-t-elle, furieuse.

Bella soupira bruyamment et secoua la tête. La sorcière monta les escaliers et entendit Alice demander :

- Bella ? Est-ce que tu pourrais m'expliquer ? Ca ne te fait pas plaisir que ta mère soit présente ?

- Bien sûr que si mais ma mère accepte Hermione autant que ses parents lorsqu'ils étaient en vie. Entre elles, ça risque de faire des étincelles…

Ne désirant pas en entendre davantage, la jeune gryffondor ferma la porte de sa chambre, se jeta sur le lit et tenta de clamer sa colère. Bien sûr qu'Alice n'y était pour rien, elle avait voulu bien faire, mais une fois encore, alors que son quotidien semblait prendre un chemin agréable, il fallait que Renée vienne tout gâcher. Elle ferma les yeux et se concentra sur son rythme cardiaque. Elle respira profondément et expira de la même façon et sentit bientôt sa respiration se faire sereine et son cœur se calmer, ralentir jusqu'à ce qu'il soit prêt de s'arrêter. Elle sourit. Ces périodes de transe lui faisaient toujours beaucoup de bien. Elle sentit une douce chaleur l'envahir et la bercer, coulant dans ses veines et jusqu'à son cœur. Elle resta ainsi quelques minutes. Ce procédé permettait à son corps de se reposer et à son esprit de récupérer puisqu'elle ne pouvait dormir. Mais elle ne voulait pas le faire souvent car il comportait un risque. Si elle avait recours trop souvent à ce procédé, elle risquait de rester bloquer dans son corps en pause et de ne jamais pouvoir revenir à la vie. Elle serait dans une sorte de coma. Elle ouvrit brusquement les yeux. Son cœur repartit doucement et elle eut un petit rire lorsque le bien-être l'envahit. Sa colère avait disparu et elle savait que rien ne pourrait entraver sa bonne humeur. Un léger sourire aux lèvres, elle descendit lire au salon. Lorsqu'elle s'installa, Jasper vint la rejoindre rapidement. Elle croisa son regard paniqué. Il sembla rassuré de la voir entière. Elle n'avait pas pensé que les vampires entendraient son cœur ralentir.

- Je vais bien. Pardonne-moi, je n'ai pas pensé que vous entendriez, murmura-t-elle.

Il souffla, soulagé et s'installa à ses côtés. Il serra sa main doucement et elle lui sourit tendrement. Il ne lui en voulait pas. Le reste de la famille arriva à son tour et la regarda avec inquiétude. Bella s'installa de l'autre côté de sa cousine tandis que Renée prenait place dans un fauteuil en face, indifférente et discutant du mariage avec Esmée et Alice.

- Tu as recommencé, lui marmonna Bella discrètement bien que les vampires l'entendent. Ils ont cru que tu étais en train de mourir.

- Du clame Bella. Je ne risque rien en faisant ça. Au contraire, ça m'est extrêmement bénéfique. Je ne dors pas. C'est le seul moyen pour que mon corps récupère.

Bella pinça les lèvres mais ne dit rien. Hermione serra sa main avec affection et adressa un regard d'excuse aux vampires. Elle replongea dans son livre sans faire attention à ce qui l'entourait. Soudain, elle ressentit une gêne étrange, comme un besoin. Elle tenta d'y faire abstraction. La gêne reprit et elle grimaça, ce que Jasper ne manqua pas de noter.

- Il y a un problème ?

Elle lui jeta un regard malicieux.

- Je crois que mon corps veut du chocolat. Liquide et chaud si possible.

Il sourit, amusé. Renée releva la tête et fusilla sa nièce du regard.

- Tu ne peux pas te lever et te le faire toute seule ?

- Dis celle qui est incapable de s'occuper d'elle toute seule !

Elle tira Jasper par la manche.

- N'avais-tu pas dit que tu me montrerais ta façon de faire ?

Dans la cuisine, il fit chauffer le lait à feu doux. Il sortit des fèves de caco sous le regard stupéfait de la jeune fille et les écrasa doucement.

- Ce sont de vraies fèves ? Ca alors !

Il sourit, satisfait de sa petite surprise. Lorsque le lait fut suffisamment chaud, il y versa la poudre de cacao. Il mélangea bien et ajouta un ingrédient surprenant même s'il se mariait parfaitement : un feuille de menthe qu'il laissa infuser 10 secondes. Il versa le tout dans une tasse. Ravie, elle tendit le bras pour s'emparer de la tasse mais il lui barra le passage.

- Je ferais mon travail jusqu'à la fin. Nous retournons au salon et tu auras ton chocolat lorsque tu seras bien installée.

Elle se précipita vers le salon, sous le regard surpris des autres, s'assit confortablement sur le canapé et se tourna vers lui, le regard brillant.

- Je suis très bien installée !

Il secoua la tête, amusé. Il reprit sa place initiale, à ses côtés. Elle tendit la main impatiente.

- Jasper ! Ne me fais pas languir comme ça !

Il eut un léger rire et lui tendit enfin la tasse. Elle s'empressa d'y tremper ses lèvres et poussa un soupire de satisfaction.

- Jasper fait des chocolats aussi bon que ça, Hermione ? se moqua Emmett.

- Tu veux goûter ? lui demanda-t-elle, levant des yeux rieurs par-dessus sa tasse.

Il grimaça. Elle rit doucement.

- Il est encore meilleur que le premier, constata-t-elle en souriant. Accepterais-tu d'être mon chocolatier chaud attitré ?

- Avec plaisir…

Elle lui renvoya un sourire resplendissant et dégusta tranquillement sa tasse, ignorant le reniflement méprisant de Renée. Elle récupéra son livre, s'appuya sur le bras de Jasper et s'enfonça dans un autre univers.

- Puis-je voir la liste des invités ? demanda Renée.

Bella jeta un regard inquiet à sa cousine qui s'était figée. Nul doute que la mère de la future mariée ferait une réflexion quant à l'absence de son frère et de sa belle-sœur au mariage de sa fille. Alice lui tendit la feuille. Renée la parcourut rapidement et fronça les sourcils.

- Pourquoi est-ce que ta tante Jean et ton oncle Henry ne sont donc pas invités ? Voyons Bella, cela fait tellement longtemps qu'ils ne t'ont pas vu, ils seront ravis de voir la magnifique jeune fille que tu es devenue et de rencontrer sa belle-famille.

- Ils ne pourront pas venir maman…, commença la jeune humaine, mal à l'aise.

- Et pourquoi cela ? Les as-tu contactés au moins ?

- Ils sont morts.

L'annonce d'Hermione fit l'effet d'une bombe. Renée se figea, les yeux agrandis par le choc, pâle comme la mort.

- Tu… tu… tu les as… tu les as tués !

- Ah non, ce n'est pas moi, désolée.

L'indifférence de sa nièce remplie Renée de fureur. Elle se leva, tremblante.

- Tu les as tués ! C'est de ta faute s'ils sont morts ! De ta faute ! Si tu n'étais pas venue au monde, ils seraient toujours vivants ! Assassin ! Meurtrière ! Tu es un monstre ! Tu ne devrais même pas exister ! Toi et les tiens devriez tous brûler sur le bûcher !

- Oh ! Comme les sorcières au Moyen-âge ! ricana Hermione, amusée par son jeu de mots et toujours aussi peu encline à calmer sa tante.

Renée rougit furieusement et les Cullen crurent qu'elle allait faire une attaque. Esmée alla lui chercher un verre d'eau tandis que Bella s'évertuait à la calmer.

- Tu es une erreur de la nature ! s'égosilla de plus belle la mère de la future mariée. Tu es responsable de leur mort tout comme tu l'es de celle de Solal !

- Maman !

Horrifiée, Bella plaqua une main sur sa bouche et retomba sur le canapé. Hermione se raidit et bondit brusquement.

- Je ne suis pas responsable de la mort de Solal ! rugit-elle, révoltée. Je n'étais qu'une enfant et il a disparu sans jamais laisser de traces ! On ne sait même pas s'il est mort !

- Ne me fait pas rire ! hurla à son tour Renée. C'est toi et tes trucs bizarres qui l'avez tué !

- Il a disparu parce qu'il ne vous supportait plus oui ! Toi et mes soi-disant parents, toujours à vouloir décider pour tout le monde de ce qu'il faut faire ! Vous êtes des égoïstes !

- Tu as tué Solal ! Tu as tué mon frère ! Tu as tué ma belle-sœur ! Bientôt tu tueras ma fille !

L'hystérie de Renée toucha à son comble et elle ne retint pas un sourire haineux et cruel face à la réaction de sa nièce. Cette dernière bondit sur elle.

- Tais-toi ! Je ne suis pas responsable de la disparition de Solal !

Elle fut retenue de justesse par Emmett tandis que Renée reculait de frayeur. Hermione se débattit violemment mais il la tira vers l'extérieur du jardin. Elle se dégagea de sa poigne et alla s'asseoir dans l'herbe, anéantie par la douleur, la tristesse et la fureur. A l'intérieur, cependant, la relève était assurée.

- Vous avez vu ? Elle a voulu me tuer moi aussi, chevrota Renée.

- Tais-toi !

La voix sèche de Bella claqua dans les airs, surprenants tout le monde. Elle, d'habitude si douce et si timide, semblait furieuse. Elle fixa sa mère, implacable.

- Tu es allée trop loin cette fois. Hermione ne fera jamais de mal à personne. Tu ne la connais pas. Alors écoute-moi bien parce que je ne le répèterais pas. Je veux que tu retournes à ton hôtel. Tu reprends tes bagages et tu quittes la ville. Immédiatement ! Je ne veux pas te revoir tu as bien compris ? Je ne veux pas de toi à mon mariage ! Et si tu ne le fais pas, je demande à Charlie d'intervenir. Et crois-moi, s'il apprend tout ce que tu viens de dire à Hermione, il ne te renverra pas à Phoenix en douceur !

Le mot « choc » n'est pas assez grand pour expliquer le sentiment de la famille Cullen et de Renée Dwyer à ce moment-là. Isabella Swan, la douce, la timide, la gentille, celle qui désirait plus que tout devenir vampire mais pas au détriment du bonheur de ses parents, venait de déclarer la guerre à sa mère et de lui interdire l'accès à son mariage, à quelques semaines de la cérémonie.