Salut à tous !

Je sais, on est pas dimanche, mais je me rattrape en postant un chapitre légèrement plus long que d'habitude. J'aurais du en faire deux, mais je n'ai pas eu envie de le couper. Alors enjoy (ou pas :D)

Et lisez lentement parce qu'il est certain que le prochain chapitre ne sera pas prêt pour dimanche prochain.

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Démenti : Les personnages de The100 ne m'appartiennent pas.

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Chapitre 14 : Bitter harvest

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On est rentrés un peu trop tard, un peu trop alcoolisés, le réveil va être difficile. En sachant ce qui m'attendait aujourd'hui, j'ai évité de trop boire, donc je me lève sans problème, et file sous la douche. A cette heure, je suis la seule debout, du coup j'en profite pour faire durer un peu. Et puis je m'habille avant de me décider à aller réveiller Clarke.

Je pousse doucement la porte en faisant le moins de bruit possible. Elle dort sur le ventre, avec juste un débardeur. Le drap est remonté jusqu'à sa taille, me laissant le loisir d'imaginer ce qu'elle porte en dessous, mais je tente de ne pas me laisser entrainer sur cette pente. Sa chevelure blonde s'étale sur l'oreiller, et son visage est tourné de l'autre côté, vers Raven. Celle-ci ronfle discrètement à coté, complétement emmitouflé sous la couette, alors qu'il doit faire environ vingt-sept degrés. Je souris tendrement en les voyants si calmes et détendues, et je m'avance à pas de loup dans la pièce. Si je peux éviter de réveiller Raven...

Je m'agenouille à côté du lit, et pose ma main sur l'épaule de la blonde, avant de murmurer son prénom. Aucune réaction. Je pousse doucement l'épaule, sans plus de succès. Et ça me revient...Clarke était impossible à réveiller. Je soupire, et m'assied sur le lit en réfléchissant à comment je pourrais la réveiller en douceur. Mes yeux tombent sur le bas de son dos, laissé à l'air libre par son débardeur qui remonte. Je sais ce que j'aurais envie de faire... mais non, décidément, ce n'est pas une bonne idée. Je chasse la vision de mes lèvres sur son corps, et je me penche vers elle en chuchotant de nouveau son prénom. Ma main vient caresser doucement son bras, et j'obtiens enfin une réaction...De Raven, qui se retourne en grognant bruyamment, avant de se rendormir profondément.

L'action de la brune à l'effet que je n'arrivais pas à obtenir, et quand je reporte de nouveau mon attention sur Clarke, ses yeux sont ouverts, et elle me regarde, un peu étonnée. C'est vrai qu'au final, je suis à moitié couchée dans son lit, sans aucune raison valable.

En un instant, je suis sur mes pieds, et je rougis jusqu'aux oreilles. Clarke rigole légèrement, en se redressant. Elle est belle quand elle est endormie, elle est belle quand elle se réveille, je crois que je suis en train de tomber amoureuse... encore.

- Lexa ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Me demande-t-elle d'une voix toute endormie, en se frottant les yeux.

Foutu cerveau qui se met sur pause à chaque fois qu'elle est dans mon champs de vision.

- J'ai besoin que tu viennes avec moi. Je chuchote en espérant ne pas avoir trop réveillé Raven.

Clarke fronce les sourcils, elle n'est pas encore en pleine possession de ses moyens, mais il faut qu'on soit parties avant que les autres ne se lèvent.

-Fais-moi confiance.

C'est fou l'effet que peuvent avoir ces trois petits mots. Clarke se lève sans plus attendre, et je lui indique la salle de bain avant de descendre et de patienter devant la piscine. Quelques minutes plus tard, elle me rejoint en silence.

- Tu m'expliques ?

Je secoue la tête en lui indiquant que non, et la prend par la main pour l'entrainer à ma suite vers les voitures. Elle pourrait être fâchée, je la réveille à l'aube, sans lui expliquer pourquoi, et je m'attends à ce qu'elle me suive sans poser de questions. Et pourtant, elle sourit, tout le long du trajet, et me jette des coups d'œil de temps en temps sans se départir de son splendide sourire.

En quelques minutes, on arrive à destination, et je gare le véhicule dans la cours poussiéreuse du ranch que j'ai repéré le premier jour en arrivant. C'est un vrai coup de chance que Monty connaisse les propriétaires, et j'ai pu les convaincre assez facilement de me laisser leur emprunter deux chevaux pour la matinée.

Ce que je ne sais pas, c'est quel est le niveau de Clarke en équitation. Je sais qu'elle a déjà monté, mais je n'en sais pas plus. Mais quand je fais le tour de la voiture pour venir lui ouvrir la portière, elle a l'air émerveillé par le cadre.

Ça fait un peu désertique comme ça, avec tous les cactus jonchant la propriété, mais les chevaux paissant ci et là créent une atmosphère apaisante. Ça m'a toujours calmée d'être à proximité de ces animaux. Je peux voir que l'effet est sensiblement le même pour Clarke, et elle se dirige immédiatement vers les chevaux les plus proches de la barrière pour les saluer.

Quant à moi, je rejoins Sarah, la fille des propriétaires avec qui j'ai sympathisé, et qui m'a aidée à réviser le trajet pour ne pas que je ne nous perde.

Après lui avoir présenté Clarke, Sarah nous entraine dans un enclos, et nous faisons connaissance avec nos montures. J'hérite d'un hongre noir nommé Blacky, et Clarke d'une jument crème répondant au nom de Whinney.

Je m'approche de la bête et lui caresse doucement les naseaux. C'est tout doux, j'adore cette sensation. L'odeur de foin et de poussière me rappelle de nombreux souvenirs, quand on passait nos journées à l'écurie avec Costia.

Blacky souffle soudain fortement dans ma main, et essaye de farfouiller pour vérifier si j'ai quelque chose à manger. Je le repousse gentiment et lui gratte le front. La voix de Sarah me fait me retourner, et je constate que Clarke aussi fait connaissance avec sa monture. Elle a déjà une étrille en main et la poussière s'envole par-dessus l'encolure du cheval. Sarah me tend à mon tour une brosse.

- Tiens, au boulot, elle a l'air de s'y connaitre, la ballade sera sympa.

On finit par leur passer un licol et les amener dans une carrière pour finir de les harnacher. J'adore ces vieilles selles de cowboy avec le gros pommeau à l'avant. Je suis totalement concentrée sur le réglage des étriers quand je sens une main sur mon épaule qui me fait sursauter.

- Tu m'as fait peur...je rigole en découvrant Clarke que je pensais quelques mètres plus loin.

- J'ai terminé, tu veux un coup de main ?

Je n'ai absolument pas besoin d'aide, mais j'acquiesce tout de même, et elle passe devant moi pour me prendre l'étrier des mains. Il fait déjà chaud, et je peux voir les petites mèches sur son front collées par la sueur. Je n'ai pas bougé, et son corps frôle le mien tandis qu'elle s'affaire à terminer le réglage.

- Raven m'a dit que tu savais monter. Je me suis dit que ça pourrait être sympa de faire une ballade toutes les deux.

- J'ai appris en Australie, avec maman on allait souvent se promener le week-end.

Elle a terminé, mais reste immobile, les mains sur la selle, tandis qu'elle me parle. Je peux sentir une tension qui n'était pas là une minute avant. On ne se touche pas, pourtant, l'électricité parcours nos corps à cause de leur proximité. J'esquisse un geste vers elle, mais le retour de Sarah nous interrompt. Je recule un peu brusquement, et Clarke sursaute imperceptiblement en entendant la voix de Sarah.

- Les filles, si vous voulez être de retour à midi il ne faudrait pas trainer. Lexa tu te souviens de la route ?

- Oui ça ira, merci. Dis-je rapidement.

Sur ces mots, je m'élance avec grâce et en un mouvement, je me retrouve sur la selle, rênes en main. Clarke fronce les sourcils, un peu étonnée devant ma dextérité, surtout que je l'ai laissée m'aider pour régler les étriers. Elle se tourne vers sa monture, et se retrouve bientôt en selle à son tour.

On longe la route pendant quelques minutes, avant de s'engager sur une pente douce qui nous ramène sur la plage. Le doux rythme des chevaux nous berce tranquillement pendant qu'on profite du paysage. Et puis Clarke brise le silence.

- Tu vas me dire finalement pourquoi on est ici ?

- Je te l'ai dit, je pensais que ça serait sympa.

- Non, je veux dire, toi et moi. Que toutes les deux. Je sais qu'Octavia est très bonne cavalière, ça lui aurait plu aussi. Et Raven...enfin, elle tient en selle, et c'est déjà pas mal.

- J'avais envie de passer du temps rien qu'avec toi. On est tout le temps avec les autres, et c'est sympa mais...

- C'est ce que font les amis Lexa. Ils passent du temps entre eux.

- On passait beaucoup de temps rien que toutes les deux avant...

Du coin de l'œil, je la vois hocher la tête pensivement.

- C'est vrai. Elude-t-elle en mettant fin à la conversation.

Je suis un peu gênée maintenant, de toute évidence, elle sait que je n'ai pas organisé tout ça pour rien. Et de nouveau, elle me parle d'amitié. Et si finalement, je m'étais trompée ? Si tout ça était dans ma tête ? Les paroles de Raven et Octavia me reviennent en mémoire. Non, ce n'est pas que moi. La pression qui m'avait quittée revient en flèche, il faut que je fasse quelque chose pour arriver à me détendre.

- Ça te tente d'accélérer le rythme ? Je lui propose quand je vois la grande ligne droite dont m'a parlé Sarah.

Le chemin part à travers champ, et se dirige vers les collines un peu plus loin. Elle hoche la tête, et on lance nos montures au galop. L'accélération a toujours été ma partie préférée. Après, on s'installe dans la vitesse, et on profite du paysage. Je vois Clarke pousser sa jument pour arriver à mon niveau, et me dépasser avec un grand sourire. Le sable et les cailloux volent sous les sabots des chevaux, laissant un nuage de poussière derrière nous.

Arrivée au bout de la route, Clarke ralentit, et remet sa jument au pas tranquillement. J'arrive à peine quelques secondes plus tard et fait de même. Les chevaux respirent rapidement, et nos joues sont rouges de plaisir et de l'effort qu'on a fourni. J'entends Clarke rire de bonheur, et ce rire m'électrise complètement. Je donnerais n'importe quoi pour l'entendre tous les jours du reste de ma vie.

On reprend un rythme plus calme, le bruit des sabots étouffés par le sable blanc nous berce tranquillement. Mes yeux s'égarent régulièrement vers Clarke qui chevauche à mes côtés. Le contre coup de la soirée de la veille se fait sentir, il me semble que je somnole presque à un moment. Sa jument crème est noire tout à coup, et bien plus grande. Le froid remplace la chaleur, je frissonne en sentant une odeur de sapin remplacer l'odeur du sel. Je jurerais même qu'il pleut un peu. Clarke a rabattu sa capuche pour se protéger, et me sourit timidement en me regardant.

Je cligne des yeux une fois, et la vision s'efface comme elle est apparue. Ça n'a duré qu'une demi-seconde. Le soleil brille haut dans le ciel indiquant que l'on approche de la mi-journée. Clarke n'a évidemment pas de capuche, et même en cherchant bien, il est impossible de confondre la jument tranquille que j'ai sous les yeux avec cet animal noir que je jurerais avoir vu. Ce n'est pas réel, je le sais. Mais cette sensation, je la connais. Je tente de chasser l'inconfort qu'elle m'a procuré, et me concentre sur ce que j'ai à faire.

On remonte tranquillement la colline qui surplombe la baie, une fois en haut, la vue est à couper le souffle. D'un côté, la plage et la mer qui s'étendent à perte de vue, de l'autre, l'intérieur de l'île, avec ses montagnes au loin et sa végétation méditerranéenne. Je lance ma jambe par-dessus l'encolure de Blacky, et atterris durement sur le sol desséché. Une fois les chevaux abreuvés et attachés de façon à ce qu'ils puissent paître, nous nous installons à l'ombre d'un pin parasol pour se désaltérer et manger les quelques fruits que j'ai ramenés.

- C'est superbe Lexa. Cette vue est...magnifique.

Je ne me retourne pas vers elle, parce que je suis presque certaine qu'elle me regardait en prononçant ce dernier mot. Et comme je ne dis rien, elle engage la conversation.

- C'est vraiment sympa de la part de Monty de nous avoir tous accueillit pour les vacances. Il ne s'attendait surement pas à ce qu'on finisse aussi nombreux, mais il est adorable.

Je repense au garçon doux et prévenant, dont je me suis rapprochée ces derniers jours. Non seulement il nous a accueillis chez lui les bras grand ouverts, mais il m'a été d'une aide inestimable pour organiser cette petite sortie.

- Monty, oui. Lui et Jasper, ils sont amis depuis quand ?

Clarke fronce un peu les sourcils en réfléchissant, elle est adorable quand elle fait ça.

- Ils étaient enfants je crois. Ils ne se sont jamais quittés.

- Et Harper ? Ça fait combien de temps qu'elle sort avec Monty?

- Officiellement, ils ne sortent même pas du tout ensemble. Rigole-t-elle doucement. C'est compliqué à cause de Jasper. Il avait des vues sur elle au début. Je ne sais pas trop où il en est par rapport à ça. Mais ils ont finis par se lâcher un peu, j'espère que ça durera plus que les vacances.

- Et Finn ?

Je la sens se tendre à l'entente de ce prénom.

- Quoi Finn ?

- Il fait partit de la bande depuis longtemps?

- En quelque sorte.

Cette réponse est loin de me convenir. Je dois savoir s'il y a quelque chose entre eux, alors j'y vais franchement. C'est plus facile de parler des autres que de moi.

- Tu sais qu'il a des sentiments pour toi ?

Elle se tourne légèrement vers moi, et me regarde avec curiosité. Elle semble réfléchir sérieusement à la réponse qu'elle va me faire.

- C'est un garçon gentil, intéressant, prévenant. Finn et moi, dans d'autres circonstances, ça aurait pu être quelque chose. Mais ça n'arrivera jamais.

- Pourquoi ? Je demande pleine d'espoir.

Dans mes rêves les plus fous, c'est à ce moment qu'elle m'avoue être folle amoureuse de moi depuis toujours...Elle porte son regard vers l'horizon avant de répondre.

- Raven et lui se connaissent depuis toujours. Et malgré ce que Raven peut dire, je crois qu'elle l'aime. Je ne lui ferais jamais ça...

- Oh...

Toute la déception du monde transparait dans mon « oh », mais c'est plus fort que moi. Elle l'a remarqué, et elle tente sans succès de camoufler le léger sourire moqueur qui se dessine sur son visage.

- Quand as-tu appris à monter ? Demande-t-elle pour changer de sujet.

Mon regard se perd dans le vide quand je repense à mes premières ballades...

- Costia. Pour notre premier rendez-vous, elle m'a amenée à une fête médiévale. Il y avait ce spectacle équestre. Tu les aurais vu Clarke, ils voltigeaient sur leurs montures c'était à couper le souffle.

Le souvenir de cette journée reste gravé dans ma mémoire. Après ça, Costia m'a emmenée au club où elle avait ses habitudes, et a commencé à m'apprendre à monter. Je l'ai vite rejoint dans les cours, me découvrant une passion pour l'équitation. La présence de cet animal majestueux qu'est le cheval me calmait et me rassurait à chaque fois.

Je n'ai bien sûr jamais atteint le niveau des cascadeurs des médiévales, mais je suis plutôt bonne cavalière. J'ai remarqué un léger malaise chez Clarke quand j'ai commencé à évoquer Costia, alors je n'insiste pas, et n'ajoute plus rien. Mais elle revient à la charge.

- Tu ne m'as jamais dit pourquoi tu n'étais plus avec Costia ?

Je n'aurais jamais pensé qu'elle ose un jour me poser cette question. Et pourtant, c'est légitime. Quand on s'est revues, j'étais dans une relation sérieuse avec Costia, et quelques mois plus tard, elle me retrouve sur le point de coucher avec sa colocataire...

C'est le moment parfait pour lui dire. Lui avouer que la seule raison pour laquelle je ne suis plus avec cette fille extraordinaire qu'est Costia, c'est elle. Parce que je l'aime. Parce que je l'ai toujours aimée. Parce qu'elle hante mes pensées jours et nuits, et que je brûle de désir pour elle.

Je suis là pour ça. J'ai décidé de le lui dire. Il ne me reste plus qu'à me lancer. Mon cœur bat à toute vitesse. Je respire difficilement tout à coup. Mais si elle ne partage pas mes sentiments ? J'en suis rendue à un point, où il n'est pas envisageable qu'elle me repousse. Je l'ai dans la peau, et je ne peux même pas penser qu'elle ne veuille pas de moi. Est-ce même possible de ressentir des sentiments aussi intenses pour quelqu'un sans que ce soit réciproque ?

Le silence est trop long, elle me dévisage étrangement. Et soudain, elle baisse les yeux en rougissant, comme si elle regrettait sa question.

- Désolée, si tu ne veux pas en parler...

- Non, c'est bon...On...on n'avait pas les mêmes attentes...J'ai préféré la quitter avant que...enfin, bref.

Clarke hoche la tête d'un air entendu. Je me suis dégonflée...Les insultes commencent à fuser en mon fort intérieur...Je me renfrogne un peu, énervée contre moi-même de n'avoir pas su saisir cette chance. Finn, lui, il n'aurait pas hésité...mais Finn, lui, a bien moins à perdre...

On reprend notre ballade, mais je ne suis plus vraiment d'humeur après cet acte manqué. Je m'en veux, je n'aurais plus jamais une aussi belle occasion. Je suis faible. L'amour rend faible. Clarke me rend faible. Je déteste me sentir aussi nulle. Je suis capable de dire au monde entier que je suis folle amoureuse de cette fille, mais pas à elle. Alors que de toute évidence, elle ressent aussi quelque chose pour moi, le problème, c'est que je ne sais pas exactement ce que c'est. Et ça, ça me tue.

Je tente de faire bonne figure le reste de la matinée, et on rentre au ranch à l'heure prévue. Clarke n'est pas dupe, elle sait que quelque chose me travaille. Elle doit s'en vouloir d'avoir ramené Costia sur le tapis, vu que j'ai changé d'humeur juste après notre discussion à son sujet.

Après avoir dit au revoir à nos montures et salué Sarah, que je remercie chaleureusement, on repart en voiture direction la villa, où nous retrouverons les autres pour le reste de la journée. Je me gare dans la cours, et commence à me diriger vers la porte d'entrée avec dans l'idée de prendre une bonne douche. Mais une main m'arrête rapidement en capturant mon avant-bras.

Je me retourne pour trouver Clarke bien trop proche, et elle s'approche encore, pour finir par me prendre dans ses bras. Il faut vraiment qu'elle arrête d'être aussi tactile parce que mon cœur va finir par lâcher.

- Merci Lexa, pour la ballade. Et désolée si je t'ai rappelé de mauvais souvenirs. J'aimerais retrouver le sourire que tu avais ce matin en partant. Dit-elle au creux de mon oreille.

J'hésite un court instant à me dégager, mais après tout, elle n'a rien fait pour mériter que je la rejette. Je passe mon bras autour de sa taille et serre gentiment à mon tour, en tentant de me contrôler. Ses cheveux chatouillent mon nez, ils sentent la terre, les chevaux, le soleil. Sa nuque est à deux centimètres à peine de ma bouche, et je lutte pour ne pas y déposer un baiser.

- Ne t'inquiète pas, ça va passer. Je fais en me reculant finalement à bonne distance de l'objet de mes désirs.

Une douche. Oui, j'ai définitivement besoin d'une bonne douche. Froide.

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On est retournés à la plage l'après-midi. Les autres nous attendaient quand on est rentrées. Finn a fait la gueule en apprenant que j'avais emmené Clarke, et Raven et Luna m'ont coincées un peu plus tard pour savoir ce qu'il s'était passé. Je me suis pris une tarte par Raven quand je lui ai dit que je m'étais dégonflée, même Luna avait l'air dépité, et m'a traitée de cas désespéré. J'étais tellement rincée de notre chevauchée, et déprimée, que j'ai littéralement dormi tout l'après-midi sur la plage.

On vient de rentrer, et je décide de faire un petit plongeon dans la piscine pour me rafraichir avant d'aller me coucher directement. Je prétexte un mal de tête à cause du soleil, et je file dans ma chambre pour m'affaler sur mon lit en soupirant bruyamment. Bien évidemment, mes pensées sont tellement confuses qu'il est hors de question que je dorme rapidement.

Il ne faut pas longtemps pour que j'entende la porte s'ouvrir, et bientôt, je sens quelqu'un s'installer à me cotés. J'hésite entre Raven et Luna, quand je sens un bras passer autour de ma taille et un corps chaud se coller tout contre moi. Encore une fois, il n'y a aucun doute sur la propriétaire de ce bras, et pendant un instant, je me laisse aller à profiter de ce câlin dont j'ai désespérément besoin.

Et ça fonctionne, je me sens mieux au bout de quelques secondes. Jusqu'à ce que mon esprit recommence à s'égarer, en imaginant cette main, qui est fermement posée sur mon ventre, se glisser sous mon t-shirt. En imaginant cette bouche, que je situe grâce à l'air chaud que je sens sur mon épaule, se déposer sur ma nuque. En imaginant ses jambes collés aux miennes, venir m'enserrer la taille en me surplombant.

Je dois arrêter de divaguer, et vite. J'ouvre les yeux, et me retourne, la forçant à bouger un peu plus loin de moi. Mais sa main ne bouge quasiment pas. Elle se redresse sur un coude, et joue distraitement avec mon t-shirt tout en me regardant l'air un peu inquiet.

- Je vais bien Clarke. Fais-je en stoppant le mouvement distrayant de sa main.

Elle en profite pour entremêler nos doigts. Ce n'est pas plus mal que cette main aussi soit indisponible finalement. Avec mon autre main calée sous ma tête, il m'est impossible de céder à la tentation de l'attirer dans un baiser passionné.

- Tu mens mal Lexa Primheda. C'est à cause de Costia ?

Je sais que je mens mal. Ça n'a jamais été mon fort. Si j'acquiesce, est ce qu'elle saura aussi que ce n'est pas la vérité ? Ou serais-je capable d'être convaincante quand il s'agit de cacher ma plus grande peur ?

- Ça a fait remonter des souvenirs. La rupture a été difficile.

- Tu veux en parler ?

- Non. Mais merci de proposer. Ça va aller Clarke, promis. J'ai juste besoin d'être un peu seule.

- Tu veux que je reste ?

- Qu'est-ce que tu n'as pas compris dans le mot « seule » ? Je fais en rigolant.

Sa mine déconfite est trop adorable pour que je la repousse encore une fois. Je vais probablement regretter mes prochains mots, mais au diable mes états d'âmes. Elle commence à se relever, alors je resserre l'étreinte de nos mains. Empêchant son départ.

- Oui. Reste.

Elle sourit et se réinstalle sur les oreillers à côté de moi, traçant lentement de son pouce des cercles sur ma main. Le mouvement me calme, je reste à la regarder, mes yeux plongés dans le bleu des siens. Elle ne dit rien, elle se contente de rester là. J'ai de plus en plus de mal à garder les yeux ouverts, et je finis par m'endormir, ma main toujours emprisonnée dans la sienne.

Xxx

Les lames s'entrechoquent dans la nuit. Des coups de feu résonnent autour de moi. Je ne peux pas voir contre qui je me bats mais je sais qu'on gagne. Des cris se font entendre dans une langue inconnue. Inconnue, pourtant, moi-même je parle cette langue. Le combat a cessé, Clarke est devant moi, elle a une marque de coup sur le visage. Son regard est plein de désespoir, d'incompréhension, de douleur. Et c'est moi qu'elle regarde.

Un cri m'échappe alors que je me réveille en me redressant brusquement dans le lit. Mes mains cherchent autour de moi, je ne sais pas quoi. Je suis en sueur, et je crois que j'ai pleuré. Clarke fait immédiatement sentir sa présence à mes côtés en posant une main dans mon dos.

- Hey, tout va bien. Souffle-t-elle d'une voix apaisante.

Je saisis son visage entre mes mains, et l'observe attentivement, cherchant la moindre trace de blessure. Elle tente de rester calme tout en me laissant faire. Mais ma détresse et les larmes qui inondent encore mon visage l'inquiète. Elle prend mes mains dans les siennes pour les reposer sur mes genoux, et caresse doucement mes cheveux en m'attirant plus prêt.

Ma poitrine me fait mal, comme si mon cœur tentait de se défaire d'une étreinte trop forte. Les larmes recommencent à rouler en silence sur mes joues, je ne sais même plus pourquoi. Le rêve s'estompe rapidement sous le contact de Clarke, et bientôt ma respiration reprend un rythme normal.

Quand elle est certaine que je suis calmé, elle se recule, et passe ses pouces sur mes joues pour effacer les dernières larmes.

- A quoi tu rêvais ?

L'oppression revient, quand la seule réponse qui me vient c'est « je t'ai trahis ». Je ne sais même pas pourquoi, les images sont floues à présent. Mais les réminiscences des émotions sont bien présentes.

- C'était juste un cauchemar. Je réponds avec conviction, autant pour elle, que pour moi.

Elle acquiesce dans la pénombre de la chambre, et m'attire à elle tandis qu'elle se rallonge dans le lit. Ma tête trouve son épaule, et je passe mon bras autour de son ventre. Je sens ses lèvres se poser tendrement sur mon front et ses bras se resserrer brièvement autour de moi.

- Tu es en sécurité. Chuchote-t-elle avant que je me rendorme, enfin apaisée.

Xxx

Les rayons du soleil me font sortir doucement du sommeil. La première chose qui me frappe, c'est que je suis seule dans le lit. Habituellement, Luna se lève bien après moi. Et au vu de la luminosité, il est déjà tard.

Je réalise bientôt qu'hier soir, ce n'est pas Luna qui s'est endormi auprès de moi. Les souvenirs de la veille me reviennent, la ballade, ma lâcheté, Clarke qui s'endort à côté de moi, le cauchemar.

La déception causée par son absence me remet un coup au moral. Ça craint...JE crains...

Mais je ne peux décemment pas faire passer ma colère contre moi-même sur les autres, ni sur Clarke, ni sur mes amis. A la limite, sur ce crétin de Finn, et encore...ce ne serais pas juste.

Je dois me ressaisir, alors je prends la décision de profiter à fond du reste des vacances, et de tout faire pour que tout le monde s'amuse bien. Je suis de toute évidence incapable de prendre le moindre risque concernant Clarke, alors tant pis. Je lâche l'affaire. On verra bien où ça nous mèneras. Si elle m'aime, elle finira bien par faire le premier pas. Non ?

J'enfile à la va-vite un pantalon léger et un chemisier, et descend pour retrouver les autres. Au milieu des escaliers, je tombe sur Clarke (ça commence à devenir une habitude), qui porte un plateau avec café et pain au chocolat. Comme je suis figée au milieu des escaliers, à la regarder curieusement, elle rougit un peu.

- Je pensais venir te réveiller, il est presque onze heures.

Venir me réveiller ? Avec un petit déjeuner au lit ? Je peux remonter le temps et retourner dormir ? Si j'avais encore un reste de malaise par rapport à mon cauchemar, l'action de Clarke vient définitivement de tout balayer. Je suis aux anges, et l'immense sourire qui s'étale sur mon visage, sans que j'aie aucun contrôle pour le camoufler, en est la preuve.

- Et bien je pense qu'un café est exactement ce qu'il me manquait pour terminer de me réveiller. Fais-je en m'asseyant sur les marches et en saisissant la tasse.

- Tu vas manger au milieu des escaliers ? Rigole-t-elle en m'adressant un regard réprobateur.

- Yep.

J'attrape le pain au chocolat et mord avec appétit dedans. Je reconnais immédiatement la petite touche de Bellamy. Il était temps qu'il se mette à nous gâter un peu celui-là. Clarke s'assied sur la marche suivante en rigolant devant mon attitude enfantine.

- Mmmm, fais-moi penser à remercier Bellamy pour ça.

Le regard outré qu'elle me lance manque de me faire m'étouffer avec la bouché suivante.

- Bellamy ? Et moi alors ? Tu ne sais pas ce que j'ai dû faire pour te sauver ce pain au chocolat ! Ce sont des sauvages quand il s'agit de bouffe.

Je termine mon petit déjeuner en me léchant les doigts, effectivement, les repas peuvent être animés parfois. Je récupère le plateau, la tasse et enjambe Clarke pour entamer la descente.

- Lexa ! S'écrie-t-elle indignée en se levant.

Je me retourne et remonte quelques marches, pour me retrouver juste sous celle où se tient Clarke. Je plonge mon regard dans le sien, et soulève les talons pour me retrouver juste à hauteur. Je lui dépose un chaste baiser, plein de tendresse, sur la joue, juste avant de lui murmurer « merci » au creux de l'oreille.

C'est bien plus qu'un « merci » pour m'avoir apporté ce café et ce pain au chocolat. Elle a compris, c'est aussi un merci d'avoir été là cette nuit.

Sans plus attendre, je pars retrouver les autres, et commence cette journée le cœur léger.

Xxx

Le choix du programme était simple, randonnée dans les gorges de la Samaria, où journée plage, encore. Je n'ai pas hésité longtemps, malgré les quelques courbatures qui ont pointés le bout de leur nez suite à notre randonnée équestre.

Murphy est de nouveau partant, mais il jure que si on trouve un lac ou une rivière, il ne s'y aventurera pas avant d'avoir bien testé la température. Cette fois-ci Bellamy et Lincoln se joignent à nous, ainsi que Harper et Luna. Pour les autres se sera plage. J'ai vu Clarke hésiter avant de donner sa réponse, mais je pense que notre ballade a laissé plus de séquelles sur elle que sur moi.

Je suis contente de pouvoir passer un peu de temps avec mon frère, que je n'ai pas beaucoup vu finalement durant ces vacances. Alors après un rapide déjeuné, on décolle en laissant les autres à la villa.

On laisse la voiture en haut des gorges, et la randonnée se fait en descente. On prendra un bus au village en bas pour revenir à notre point de départ. Murphy fait le fou sur les cailloux, et Bellamy le rappelle à l'ordre deux fois sans succès. Il finit par se vautrer, heureusement sans se blesser gravement, mais son égo en a pris un coup. Il boude derrière maintenant.

Harper et Luna ont pris la tête, et sont complétement prises par leur conversation, tellement, qu'elles ne nous entendent pas les appeler quand elles commencent à mettre pas mal de distance entre nous.

Tant pis, il n'y a qu'une route, on les retrouvera plus tard. Bellamy jette un œil sur Murphy qui traîne derrière en regardant les papillons. Quand il a estimé que tout se passait bien pour son ami, il pose une main sur mon bras pour attirer mon attention.

- Alors, cette ballade avec Clarke ?

Je rougis instantanément jusqu'aux oreilles, si même Bellamy s'y met, alors je suis perdue.

- Ben...heu...on s'est bien amusées...je bégaie un peu.

- Bien amusées ? Ajoute Lincoln. C'est pas vraiment l'impression qu'on a eu quand vous êtes rentrées. Tu as fait la gueule toute la journée.

Je lui lance un regard noir.

-Oui bon, ça s'est pas passé EXACTEMENT comme j'avais prévu...J'admets la mine déconfite.

- Tu lui as dit ? Demande Bellamy

- Dit quoi ? Je réplique, mais je sais bien qu'il n'est pas dupe.

- Lexa...gronde Lincoln

- QUOI ? Je ne peux pas être tranquille cinq minutes ici ! Quand c'est pas Raven et Luna, vous vous y mettez aussi !

- C'est pour ton bien ! Ajoute Bell en souriant de toutes ses dents.

Lincoln s'arrête un instant, et me retient par le bras pour que je fasse de même.

- Allez Lexa, on veut juste que vous soyez heureuses, toutes les deux. Et on ne comprend pas où est le problème.

- Honnêtement, moi non plus...Tout le monde semble persuadé que Clarke a les mêmes sentiments envers moi, alors pourquoi je n'arrive pas à l'être ?

J'ai l'air un peu désespéré là, et après tout, je le suis.

- Tu es trop impliquée pour avoir un avis objectif sur la question. Répond Lincoln. Pourquoi tu ne fais pas confiance à tes amis pour une fois ?

- Et puis qu'est-ce que tu as à perdre ? Ajoute Bellamy.

Mon regard passe de l'un à l'autre avec sérieux.

- Tout.

Je clos la discussion et reprend la marche un peu plus rapidement, en tentant de rejoindre les filles. Malgré mes résolutions de ce matin, les paroles des garçons font écho en moi. Il faut vraiment que je travaille sur ce sentiment d'insécurité. Paradoxalement, Clarke est la seule à pouvoir me faire ressentir ça. Alors que c'est la personne avec qui je me sens le plus en sécurité au monde.

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Une fois rentrés à la villa, avec Lincoln et Bellamy, on s'attèle à préparer un repas sympa pour les autres. C'est en grande partie pour remercier Monty de l'invitation, alors on a choisi un menu qui lui fera plaisir. Ils sont encore tous à la plage, et ne rentreront probablement que tard.

Bell s'occupe du dessert évidemment, alors qu'avec Lincoln, on prépare des lasagnes du tonnerre. On a mixé la recette traditionnelle avec une recette végétarienne courgette, fromage de chèvre. Le plus difficile était de trouver un plat assez grand pour tout faire rentrer, mais on s'est bien amusés.

Pendant qu'on range le bordel qu'on a mis dans la cuisine, Bell s'occupe de préparer le reste de la soirée. Ils annoncent un orage à la météo, alors ce soir on reste à l'intérieur. Donc, soirée ciné !

Murphy vient tout déranger parce qu'il tient absolument à faire des pop-corn, et on finit par le laisser dans la cuisine sans surveillance. Après tout, il gère les pop-corn.
On est allés faire la tournée des chambres pour ramener le max de coussins, et préparer le salon pour que chacun puisse s'installer confortablement devant le film. Bellamy a trouvé la vidéothèque, et a choisi un péplum récent, il dit qu'on est en Grèce et donc qu'il faut se rapprocher de la culture du pays. Je ne suis pas sûre que « 300 » soit un bon exemple pour l'apprentissage de la culture grecque, mais admettons.

Les autres sont ravis de trouver le repas au four, et la soirée organisée en rentrant de leur épuisante journée de farniente. La première chose que Clarke fait en rentrant, c'est de venir me demander si je vais bien, et je trouve ça vraiment mignon qu'elle s'inquiète comme ça pour moi. Juste parce qu'hier j'étais un peu déprimée, et que j'ai fait un cauchemar cette nuit.

D'ailleurs, j'aimerais bien savoir où a dormi Luna, et pourquoi je n'ai pas eu droit à un interrogatoire en règle ce matin. Pas que ça m'ait manqué, mais du coup, ça m'inquiète. Clarke passe la nuit dans ma chambre, et pas un mot à ce sujet ce matin ? Pas une réflexion ? Ça cache quelque chose. Même Bell et Link n'ont pas abordé le sujet tout à l'heure pendant leur petite discussion à cœur ouvert.

Parce que moi je sais qu'il ne s'est rien passé, mais vu de l'extérieur...Clarke me rejoint en début de soirée, et ne réapparait que le matin, et en plus elle m'apporte le petit déjeuner au lit...C'est louche.

Je mets toutes ces pensées de côté, et me concentre sur la soirée qu'on s'apprête à passer. Harper et Luna terminent de mettre la table pendant que les fainéants prennent leurs douches pour être présentables après la journée plage.

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Le repas est un franc succès, les lasagnes sont délicieuses, et le pavlova une réussite. La meringue est croquante à souhait sous la couche de crème fouettée, et les fruits apportent une exquise touche de frais pour clôturer ce festin.

On passe au salon pour lancer le film, certains sont déjà en train de lutter pour rester réveiller, alors pas sûr qu'on soit très au fait de la culture grecque demain. Au moins, le film qu'a choisi Bell est loin d'être ennuyeux. Ce qui me plait le plus, ce sont les effets visuels, et je pense que sur l'écran avec le vidéoprojecteur, ça sera superbe.

Raven s'est bien évidemment jetée sur le premier canapé, et occupe déjà la moitié des coussins. Luna la fait bouger et se ménage une place avec elle. Le choix de Luna m'étonne un peu, je pensais qu'elle n'appréciait pas Raven plus que ça.

Monty et Harper se calent d'un côté du second canapé, tandis que Lincoln et Octavia s'affalent de l'autre. Bellamy s'assied en tailleur par terre, comme un enfant qui attend que le dessin animé commence. Je sais que « 300 » est son film préféré, et il est vraiment trop mignon là.

Je me pose pas loin de lui, adossée au canapé squatté par Raven, et m'installe confortablement sur les coussins. Finn et Murphy ont réquisitionné les deux fauteuils aux extrémités du salon. Murphy est assis en travers, faisant passer ses jambes sur l'accoudoir du large siège. Finn se décale légèrement pour faire de la place.

- Il reste une place ici si tu veux Clarke. Dit-il simplement.

Mon sang se fige dans mes veines en entendant ces mots, et je reste bloquée sur le menu du film qui tourne en boucle. Je ne vois pas le petit sourire désolé qu'elle lui adresse alors qu'elle vient s'assoir entre mes jambes et cale son dos contre moi. Là, je crois qu'il n'y a plus aucun doute. Personne ne dit plus rien, ni ne fait le moindre geste pendant quelques instants. Mon cœur bat à cent à l'heure, et tout mon être soupire d'aise en sentant la tête de Clarke venir se poser sur mon épaule. Jasper finit par se poser à côté de nous, en demandant à Bell de mettre play, rompant ainsi la tension ambiante.

Juste avant de lancer le film, le premier coup de tonnerre fait sursauter tout le monde. On avait complétement oublié la météo. Le vent se fait bientôt entendre, et avant que Léonidas n'apparaisse pour la première fois, la pluie martèle durement le toit et la terrasse de la villa.

Clarke sort tout juste de la douche, l'odeur de son shampoing vient chatouiller agréablement mes narines. Il fait une chaleur étouffante, encore plus de l'avoir contre moi, mais je m'en fous. Je guette ses moindres réactions alors que l'histoire défile à l'écran. Elle tremble légèrement à chaque coup de tonnerre dehors. Je n'ai pas souvenir que l'orage l'effrayait, mais je passe mes bras autour de son corps pour l'étreindre quand je capte l'éclair qui précède inévitablement le grondement. Le craquement sinistre fait sursauter Bellamy qui était à fond dans le film. Clarke n'a pas tremblé. Bien.

C'est une bonne chose que je connaisse le film par cœur, parce que je peux faire semblant de suivre quand untel ou untel pose des questions. Au grand malheur de Bellamy qui déteste qu'on parle pendant les films.

Finalement, l'histoire des soldats spartiates et le tonnerre ont réussi à tenir réveillé plus ou moins tout le monde. Murphy ronfle sur son fauteuil, et au poids que je sens sur moi, j'imagine que Clarke a sombré elle aussi.

Les autres se lèvent tranquillement et partent chacun dans leurs chambres, seul Bellamy reste pour ranger le DVD là où il l'a trouvé. Il s'agenouille finalement auprès de moi comme je n'ai pas bougé.

- Tu veux que je... ?

J'hésite, je n'ai AUCUNE envie de bouger. AUCUNE envie de la réveiller. Mais ça fait plus d'une heure et demi que je suis dans cette position, mon corps crie au supplice. Non, décidemment je me vois mal passer la nuit ici, dans cette position. Je sais aussi que je n'aurai pas la force de soulever Clarke moi-même, ni de la monter dans sa chambre. J'acquiesce donc à la proposition de Bellamy, et l'aide à la soulever le plus doucement possible.

Elle se réveille brièvement, et commence à protester, mais je lui caresse tendrement les cheveux tout en chuchotant.

- Bell va te porter dans ta chambre. Bonne nuit.

Je conclue en l'embrassant sur la tempe, et elle referme les yeux.

Bellamy m'adresse un petit sourire, et prend la direction des escaliers. Je reste un peu, trouvant une couverture pour Murphy qui risque de se réveiller au milieu de la nuit. Il fait parfois un peu frais vers cinq heures du matin.

Le temps semble s'être calmé, alors je tente un coup d'œil à l'extérieur. Le vent est encore fort, mais il ne pleut plus, et l'orage s'est éloigné. Je profite de la fraicheur à l'extérieure, après la fournaise dans laquelle on s'est enfermés depuis tout à l'heure. Et je pense à Clarke. Bellamy et Lincoln ont raison. Et si je n'arrive pas à lui dire ce que je ressens, je n'ai qu'à lui montrer.

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Le week-end arrive, et tout ce dont parlent Raven et Octavia dès le petit déjeuner, c'est de la soirée de ce soir. On est en vacances, on peut sortir tous les jours de la semaine si on veut, alors je ne comprends pas bien cet entrain.

- Vous avez prévu quoi ? Je demande entre deux bouchés de tartine au Nutella.

Monty et Jasper répondent quasiment en même temps.

- Soirée sur la plage de Matala !

- C'est une full moon ce soir, ils font de grosses soirées sur presque toutes les plages du coin. Comme ça on pourra aller au tournoi avant. Ajoute Jasper.

- Le tournoi ?

Pourquoi ça me rappelle vaguement quelque chose ?

- Le tournoi de Beach Volley. Tu sais, celui où ta copine de l'autre fois t'as invitée...Répond Octavia en insistant sur le « copine ».

Je fronce les sourcils en cherchant à quoi ou à qui elle fait allusion, tandis que Clarke manque de s'étouffer avec son thé.

- Elle parle d'Ontari. M'éclaire Bellamy qui avait discuté brièvement avec les jeunes filles lors de notre première sortie plage.

- Mais ça sort d'où ça ? Pourquoi on y va ? Je demande clairement surprise.

Qu'est-ce que cette fille a à voir avec notre soirée du vendredi ?

- Déjà parce qu'aller assister à un tournoi de volley, c'est cool, ensuite parce que le DJ à l'air au top...commence Raven avant d'être coupée par Octavia.

- Et parce que tu as des vues sur la petite métisse qui accompagnait ladite Ontari...avoue.

Elle rigole à son commentaire, juste avant d'éviter de justesse un morceau de pain qui lui arrivait en pleine face.

- STOP ! On arrête les frais tout de suite les filles ! S'écrie Clarke. Notre appartement porte encore les stigmates de votre dernier accès de folie.

J'éclate de rire au souvenir de notre bataille il y a quelques semaines.

- C'est QUI cette Ontari ? Demande Clarke à la ronde.

- Une fille qui drague Lexa. Répond Raven nonchalamment.

Je lui jette un regard noir, et la menace d'arrêter son petit manège tout de suite. Je ne sais pas à quoi elles jouent toutes les deux avec Octavia, mais ça ne me plait pas.

- On l'a revue à la plage, deux fois, avec ses potes. Elle est ok. Ajoute Monty pour sauver la situation.

Pourquoi personne ne me dit jamais rien à moi ? Faudrait vraiment que je prête plus attention à ce qu'il se passe autour de moi parfois.

Quelques minutes plus tard, c'est décidé, cet après-midi, c'est tournoi. Ce soir, c'est soirée sur la plage.

Xxx

On arrive un peu en retard, et les matchs ont déjà commencés. Ontari nous repère immédiatement, et se dirige vers nous, un grand sourire lui barrant le visage. Elle se plante devant moi, lançant un vague bonjour aux autres.

- Tu es venue finalement ?

- Et bien, ON est venus. Fais-je en désignant tous les copains d'un geste de la main.

Elle acquiesce, et nous indique un coin un peu à l'ombre pour regarder les matchs tranquillement. C'est là où son équipe attend son tour, et reprend des forces entre deux matchs.

La petite métisse qui fait craquer Raven s'appelle en réalité Emori. C'est vrai qu'elle est très jolie. Les autres sont sympa aussi, et les deux bandes se mêlent pour passer un bon moment. On commente les actions des joueurs, et chacun défend son équipe préférée. Au final, c'est l'équipe d'Ontari qui remporte la victoire, et elle n'est pas peu fière.

Au passage, j'ai bien remarqué Murphy qui n'avait d'yeux que pour Emori, et il profite de l'agitation suivant la victoire pour passer à l'attaque. Raven fait la moue quand elle voit que la jeune fille à l'air bien plus intéressée par lui en moins de cinq minutes que par elle depuis le début de l'après-midi.

Il est bientôt l'heure de rentrer se changer pour la soirée. L'air du large reste un peu frais la nuit, et nos tenues légères ne suffiront pas à nous tenir chaud ce soir. Sans parler de Raven qui nous traite encore de pouilleux...ok, j'ai compris, rebelote ce soir pour sortir le grand jeu.

Je fouille sans succès dans ma petite valise. Ma seule tenue un peu habillé à déjà servie cette semaine, et je n'ai aucune envie de remettre cette robe. Mais je suis à court d'idée. J'ai besoin d'Octavia. Je toque trois fois à sa porte, et elle m'ouvre en faisant la moue, ne comprenant pas ce que je fais là.

- Je n'ai rien à me mettre... J'avoue en haussant les épaules.

Son sourire ne fait rien pour me rassurer, et elle m'attrape par le col de ma chemise pour me tirer dans sa chambre en claquant la porte derrière moi.

Xxx

J'attends au rez de chaussé les derniers qui terminent de se préparer. Les autres sont déjà dans la voiture, il ne manque plus que Raven, et Clarke. Octavia m'a trouvé une tenue de soirée, pantalon en toile noir, chemisier blanc sans manche, et une veste noire qui servira peut être en fin de soirée...Pour l'instant, je l'ai jetée négligemment sur mon épaule dénudée.

- Aye aye aye Lexa, si je ne te connaissais pas, je te croquerais...

La voix de Raven me fait me retourner prestement, elle est en robe rouge, mi longue, décolleté plongeant. A tomber.

- Je vais le prendre comme un compliment. Que je te retourne. Dis-je avec un sourire amical.

Et puis mes yeux sont attirés par quelqu'un derrière Raven, et mon cœur s'arrête. Ses cheveux sont lâchés, sur ses épaules, leurs boucles retombant parfaitement. La robe blanche cintrée qu'elle porte met son corps en valeur, sans trop en montrer. On dirait un ange. Elle me sourit en me remarquant à son tour. La chanson de Bruno Mars prend alors tout son sens.

"Her eyes make the stars look like they're not shining. Her hair falls perfectly without her trying. And when you smile, the whole world stop and stare for a while, cause you're amazing, just the way you are."

Le monde semble reprendre un rythme normal après s'être mis sur pause un instant, ou alors c'est juste moi. Raven me donne une pichenette en passant, ce qui me ramène définitivement sur terre. Je me racle la gorge aussi discrètement que possible car j'ai la gorge sèche. Clarke s'arrête à ma hauteur un instant, et me tend la main. Pour une fois, elle n'a pas agi d'office, elle attend sagement que je décide si oui, ou non elle peut me toucher.

Je baisse le regard sur sa main, et remonte pour retrouver ses yeux. Ses yeux. Je pourrais en parler toute la soirée. Ils me déstabilisent à chaque fois, mais ce soir, leur couleur est accentuée habilement par un léger maquillage. Et c'est encore plus perturbant que d'habitude. Sans parler du reste de sa personne. Elle se mort la lèvre inférieur en baissant timidement les yeux. Je sais ce que je dois faire. Tout ce que j'ai à faire depuis le début. L'embrasser. C'est la seule chose à laquelle je peux penser clairement à cet instant. Je prends mon courage à deux mains, et m'apprête à faire un pas pour m'approcher.

- BON C'EST POUR AUJOURD'HUI OU POUR DEMAIN ! S'écrie Raven par la porte restée ouverte, brisant immédiatement le moment.

Forcément...le contraire m'aurait étonnée. Je souris, résignée, et attrape la main de Clarke pour la tirer à l'extérieur. Direction la plage.

Xxx

On se gare sur le parking non loin de là où on était tout à l'heure. Il y a déjà deux fois plus de monde, et le soleil n'a pas encore complétement disparu à l'horizon. La musique se fait entendre rapidement, et des feux sont déjà allumés par-ci par-là sur une bonne longueur de plage.

Plusieurs paillottes éparpillées servent de bar de fortune, où se pressent des jeunes avides de cocktails. Certains dansent déjà, jouent encore au ballon, ou sont simplement assis autour des feux à discuter. Les tenues de soirées se mêlent aux maillots de bain, distinguant ceux qui viennent d'arriver de ceux qui ne sont pas encore partis.

- Concours de shot ! Lance Raven à la volée en se dirigeant vers le bar le plus proche.

Evidemment, Jasper est le premier à la suivre, les mains dans les poches. Finn ne tarde pas à les rejoindre avec Bellamy. On se sépare en petit groupe, et je m'installe avec Luna et Harper autour d'un brasier pour profiter encore un peu du semblant de calme qui ne durera pas.

- Alors ? Demande Harper avec qui je n'ai pas encore eu la chance de débriefer de mon acte manqué.

- La grande Lexa Primheda s'est dégonflée. S'empresse de lui répondre Luna.

Je lui mets un petit coup de poing dans l'épaule pour la faire taire, et adresse un regard désolé à Harper. Après tout je l'ai entrainée dans tout ça. Mais la réponse de Luna ne semble pas l'avoir satisfaite.

- Je ne comprends pas. Vous avez dormis ensemble avant-hier. Et la petite scène devant le film ? C'était quoi ?

Je remarque l'air ahuri de Luna quand Harper évoque notre nuit ensemble.

-Oh ça va Luna, tu crois vraiment que Clarke mettra sa menace à exécution?

- De quoi elle parle ? Je demande à Luna.

- Je ne suis pas sûre que tu connaisses Clarke aussi bien que ça. Rigole Luna en réponse à Harper.

-Luna ? J'insiste.

Mon amie soupire, et enfin, daigne me répondre.

- Hier matin, quand Clarke est arrivée dans la cuisine, on était presque tous levés, et évidemment on parlait...ben, de vous quoi...On n'a pas eu le temps d'en placer une, elle nous a fait un petit discours hyper flippant, comme quoi il ne s'était rien passé, et que si on osait aborder le sujet avec toi, ou elle, elle ferait de nos vies un enfer. HYPER flippant je te jure. Y'en a pas un qui l'a ouverte. Même pas Raven.

Je souris en imaginant Clarke terroriser nos amis. Il faudra que je pense à la remercier. En attendant, ça répond à l'une de mes questions. Mais pas à celles d'Harper qui attend visiblement que je lui raconte quelque chose.

- Honnêtement, j'en ai aucune idée. Tu crois que c'est possible qu'elle ressente la même chose que moi, et qu'elle soit aussi flippée que moi ?

Harper hausse les épaules.

- Si tu veux tout savoir, d'un point de vue extérieur, on vous considère tous comme un couple. Même Finn s'est fait une raison. Alors c'est dommage que vous n'en profitiez pas.

Je m'allonge un peu dans le sable en soupirant, mon regard se pose un peu plus loin, sur ma magnifique blonde qui danse avec Lincoln et Octavia.

- Je sais.

Xxx

La bande d'Ontari nous rejoins un peu plus tard, et se greffe sur les petits groupes qui se forment et se déforment. Un au bar, un sur la piste, et un près du feu.

Après plusieurs allers-retours entre les copains, j'ai besoin de m'éloigner un peu de la foule qui commence à être conséquente. Je me retrouve toute seule, un peu à l'écart. Mais pas pour longtemps. M'ayant vue partir, Ontari s'empresse de me retrouver.

- Hey toi. Dit-elle en s'approchant de moi, aussi séduisante que possible.

Si je n'avais pas déjà compris son manège, il n'y aurait plus aucun doute. Elle pose sur moi un regard plein de désir, tout en passant ses mains sur le col de mon chemisier. C'est une magnifique jeune femme, elle est incroyablement sexy, et complètement ouverte à toute proposition. Et pourtant, je ne ressens pas la moindre petite attirance. Je la prends par les épaules pour la repousser avec douceur.

- Désolée, je ne peux pas. Je ne suis pas libre.

La déception est clairement visible sur son visage.

- Ah bon ? Je croyais que tu étais célibataire ?

J'acquiesce, tout en retirant mes mains de ses épaules, et les pose sur le bas de mon dos l'air un peu gêné.

- Célibataire, oui. Mais libre...non. Tu vois la fille là-bas? Celle qui te fusille du regard ?

Ontari tourne la tête sans discrétion, et repère immédiatement Clarke qui fulmine tout en regardant dans notre direction.

- Heu...oui.

- C'est ma meilleure amie. Je suis folle amoureuse d'elle depuis qu'on a neuf ans. Et la semaine dernière, j'ai décidé de le lui avouer. Je voulais faire ça cette semaine... Mais là, je n'ai pas encore trouvé le courage tu vois...

- Alors vous n'êtes pas ensemble, mais tu voudrais bien. Si tu veux je te file un coup de main, on peut la rendre jalouse ?

Elle se colle de nouveau à moi, et fait trainer ses mains sur mes hanches. Je la soupçonne d'en profiter un peu au passage. Je la repousse de nouveau, un peu plus fermement.

- Je ne crois pas que ce soit nécessaire. Elle l'est déjà. Regarde, elle arrive.

Effectivement, Clarke s'approche à grand pas, tentant de cacher sans succès sa contrariété. J'ai hâte de voir comment elle va justifier son interruption. Les amies ne sont pas censées casser les coups de leurs amies. Elle ne ferait jamais ça à Raven par exemple.

Le temps qu'elle arrive, elle a réussi à se composer un masque d'indifférence feinte, et adresse même un sourire à Ontari. J'ai dû mal à me retenir de rire, car son manège ne dupe personne.

- Désolée de vous interrompre. Lexa, je crois que Lincoln te cherchait, il a un problème avec la voiture je crois...

Lincoln n'a aucun problème avec la voiture, il m'a confié les clés en début de soirée, car je lui ai dit que je ne voulais pas boire, et il voulait en profiter.

Je fais un discret signe de tête à Ontari, qui s'éclipse gentiment en nous souhaitant une bonne soirée. Clarke est soulagée quand elle voit la belle brune s'éloigner, et je la sens se détendre. Mes doigts glissent sur son bras, et vont se mêler aux siens, juste comme elle a l'habitude de le faire.

- Viens. Je lui fais en l'entrainant un peu à l'écart sur la plage.

La musique s'estompe tandis qu'on s'éloigne en direction des grottes, au bout de la plage. La lueur de la lune remplace progressivement celle des feux. Il fait plus frais, loin de tous ces corps échauffés. Quand j'estime qu'on est assez loin pour ne pas être dérangées, je me retourne enfin vers elle.

Et pour une fois, je ne retiens plus rien. Je laisse passer dans mon regard tout l'amour que j'ai pour elle, tout le désir. Enfin, surtout le désir, depuis que je l'ai vu apparaitre dans cette tenue. Mes yeux se promènent sur son corps et sur ses lèvres avec envie, pour terminer leur course sur deux prunelles d'un bleu profond sous la lumière de la lune.

Elle baisse les yeux sous l'intensité de mon regard.

- Lexa...

Je m'approche, ma main libre s'élève vers sa chevelure, et je joue avec une mèche blonde que je cale derrière son oreille. Ma main se pose tendrement sur son menton, et je lui relève un peu la tête pour qu'elle me regarde.

- Clarke.

Je m'entends prononcer son prénom avec précaution. J'ai toujours adoré dire son prénom. A chaque fois, c'est comme si le monde entier s'effaçait de mon esprit pour ne laisser qu'elle. Clarke.

Nos corps se touchent presque à présent. Je sens la fraicheur du vent marin dans mon dos, et la chaleur de Clarke sur mon ventre. J'ouvre légèrement la bouche, et lèche mes lèvres inconsciemment. Mes yeux sont plongés dans les siens, le vert de la forêt dans le bleu de l'océan. Le son des basses, provenant de la fête au loin, battent au même rythme que mon cœur. Le bruit des vagues qui s'écrasent sur le sable fin berce nos respirations. Tout est parfait. Mais...imperceptiblement, elle s'éloigne.

-Je ne peux pas.

Un coup de poignard ne pourrait faire plus mal. Je me renferme, tente de faire disparaitre de mon visage toute trace d'émotion alors que mon cœur menace d'exploser de douleur dans ma poitrine. Je m'apprête à faire un geste de recul, pour tenter de sauver les meubles.

Mais quelque chose m'arrête. Son regard, à cet instant. Alors, je sais que c'est le moment ou jamais.

Si je recule maintenant, il sera trop tard. Il me faut tout le courage donc je dispose pour prononcer les prochains mots. Je prononce encore une fois son nom, pour focaliser à nouveau son attention sur moi. Pour me donner le courage qui m'a manqué toutes ces années.

- Clarke ...je t'aime...

Précautionneusement, j'ai prononcé ces trois petits mots, et jamais je n'ai été aussi sincère. C'est simple, et je l'ai finalement dit. Mon estomac se noue d'angoisse en attendant sa réaction. J'ai l'impression qu'elle a arrêté de respirer. Ce qui est probablement faux, parce que je l'entends soupirer, comme résignée.

- Je sais.

Comment ça elle sait ? Elle croit que je parle encore d'amitié là ? Je ne peux pas la laisser mal interpréter ma déclaration.

- Non, ce que j'essaye de te dire...

Elle lève sa main et pose ses doigts sur mes lèvres, en m'interrompant. Puis elle plonge de nouveau son regard dans le mien. Nos yeux se rencontrent encore, et je cherche au fond du bleu envoutant qui me déconcentre, la vérité.

- Je sais Lexa. Je ressens la même chose pour toi. En fait, je t'ai toujours aimée. Depuis que j'ai croisé tes yeux verts curieux dans cette salle de classe. Je suis tombée raide dingue de toi. Même si, à l'époque, je ne savais pas ce que c'était.

Je reste interdite pendant que mon cerveau procède à l'intégration de cette information. Elle quoi ? Depuis quand ? Hein ?

- Tu m'aimes ? Je m'entends demander encore sous le choc.

Elle hoche la tête.

- Et tu sais que je t'aime ?

Elle acquiesce encore.

- Alors pourquoi tu ne peux pas ?

Décidemment, je n'y comprends rien. A la lueur de la lune, je vois les larmes briller dans ses yeux.

- Parce que ça me fait peur.

- Peur ? Tu as peur de moi ?

- Non, de nous.

L'incompréhension totale se lit sur mon visage, et quelque part, je suis un peu vexée. Elle réalise qu'il va falloir qu'elle s'explique. Les mots sortent difficilement, elle les choisit avec précaution.

- Tu te souviens de ce jour, au bord de la rivière ? Celui où on a échangé notre premier baiser ?

- Comment j'aurais pu oublier ?

- Tu m'as dit que tu avais peur, de m'embrasser...tu m'as servi une excuse bidon, sur le fait que c'était ton premier baiser.

Elle rigole légèrement à ce souvenir, et je fronce les sourcils, en faisant la moue, ce qui la fait rigoler encore plus. Mais elle reprend son sérieux, et le fil de son histoire.

- Moi, je n'avais pas peur. J'en avais envie, depuis quelques temps. Ce jour-là, c'était le baiser le plus intense de toute ma vie. Et je n'avais que treize ans. Mais c'était aussi le plus effrayant. Effrayant, parce que malgré le fait que je n'avais jamais embrassé personne, je savais que l'intensité de ce que je ressentais, ce n'était pas donné à tout le monde. C'était spécial. TU étais spéciale.

Elle hésite un peu avant de continuer.

- Et effrayant, parce qu'au moment où on s'est arrêté, ça a déclenché quelque chose. J'ai vu quelque chose.

- Tu as vu ? Quoi ?

Elle chuchote presque quand elle continue. Elle semble partie dans ses souvenirs, comme si elle ne croyait pas vraiment elle-même ce qu'elle racontait.

- C'était comme un rêve, mais en même temps, ça semblait si réel. Ça n'a duré qu'une seconde, mais l'image est restée gravée dans ma mémoire.

- Tu as vu quoi ? Je répète car elle n'a toujours pas répondu.

Son regard est flou à présent, et même si elle me regarde, j'ai comme l'impression qu'elle ne me voit pas. Elle est de nouveau au bord de la rivière, et elle visualise l'image qui semble la terroriser.

- Un champ de bataille. Des centaines de corps étendus sur le sol. Du sang partout. Tu étais là. Je ne pouvais pas te voir, mais je sais que tu étais là. J'étais terrifiée. Je le suis encore. T'embrasser, c'était à la fois l'expérience la plus merveilleuse, et la plus traumatisante de ma vie. J'étais intimement convaincu que c'était cette...connexion qui avait déclenché cela. Alors j'ai refoulé tous mes sentiments, toutes mes envies, et j'ai essayé d'oublier. Je ne voulais plus jamais voir ça. Et quand Bellamy m'a demandé de sortir avec lui, j'étais furieuse contre moi. Furieuse de ne rien ressentir pour lui. Furieuse que la seule chose à laquelle je pensais, ce n'était pas comment j'allais l'éconduire. C'était à comment toi tu le prendrais. Je ne pouvais penser qu'à toi. Je ne voulais pas t'embrasser encore, ça me faisait trop peur. Et en même temps, à chaque fois qu'on se rapprochait, les choses devenaient intenses entre nous, je ne pouvais pas te résister. Je n'avais qu'une envie, c'était de gouter de nouveau à cette sensation enivrante de tes lèvres sur les miennes. Des centaines de fois j'ai voulu t'embrasser de nouveau. Mais j'avais tellement peur...

Mon esprit tourne à cent à l'heure. Je n'ai aucune idée de ce que Clarke a pu vivre ce jour-là, et surtout, je n'ai aucune idée de pourquoi ça ne me surprend pas, pourquoi j'ai de nouveau ce sentiment de familiarité. Mais la seule chose que je veux faire maintenant, c'est la rassurer.

Mais comment faire ? Je ne veux pas lui dire que ce n'était rien, que ce n'était qu'une hallucination. Ça l'a de toute évidence énormément marquée. Je ne peux pas dénigrer cela. Mais je ne suis pas prête à abandonner pour ce qu'il pourrait peut-être se passer. Ou pas.
Ma main vient se poser sur sa hanche, et je la rapproche de nouveau de moi. J'efface d'un geste du pouce une larme qui vient de s'échapper de ces merveilleux yeux. Je m'approche tout près, jusqu'à ne laisser que quelques centimètres entre ses lèvres et les miennes. Et je murmure.

- C'est normal d'avoir peur...le truc, c'est de ne pas la combattre. Est-ce que tu as confiance en moi ?

Elle n'a pas bougé, acceptant mon rapprochement, je sais que malgré ses réticences, malgré sa peur, elle est sur le point de céder.

- Je te confierais ma vie. Souffle-t-elle presque contre mes lèvres.

- Et ton cœur ? Ton âme ?

- Sans hésiter.

- Alors fait-le. Quoi que tu ais vécu ce jour-là...si ça doit se reproduire, on y fera face ensemble.

Ses yeux s'égarent sur mes lèvres, pour revenir sur mes yeux.

- Ensemble...murmure-t-elle de façon presque inaudible.

Sa respiration se fait de plus en plus laborieuse, et je peux voir l'effet de mes mots sur elle. Son regard change, le trouble qui s'y trouvait un instant plus tôt disparait, et est remplacé par le désir. Un désir pur, et d'une intensité rare. Ses yeux se posent une nouvelle fois sur mes lèvres entrouvertes, et elle pose sa main sur ma nuque, me rapprochant délicatement d'elle.

Je ferme les yeux un instant avant que nos lèvres ne se rencontrent. C'est à peine un frôlement, aucune de nous n'osant forcer ce baiser. Et puis je sens la pression sur ma nuque, tandis qu'elle lève légèrement les talons pour venir à ma rencontre. Cette fois-ci, je laisse parler mon désir, et nos bouches se scellent tandis que mes mains se posent sur ses hanches pour l'attirer tout contre moi.

C'est un véritable feu d'artifice. L'électricité se répand délicieusement, dans chaque parcelle de mon corps. Mes jambes me semblent faites de coton, et des fourmillements se répandant jusqu'au bout de mes doigts.

Quand je sens sa main se poser dans mon dos, dans un geste désespéré pour me rapprocher encore plus d'elle, notre baiser redouble d'intensité. Si je le pouvais, je me perdrais en elle. Je sens qu'elle a besoin de moi autant que j'ai besoin d'elle. Et enfin, sur cette plage à des centaines de kilomètres de ma maison, je suis finalement chez moi. Pour la première fois de ma vie, je me sens entière. Comme si je venais de trouver la dernière pièce du puzzle.

Je sens l'humidité, le sel de ses larmes sur ses joues, et je m'oblige à mettre fin à notre baiser enflammé. J'adresse une prière à quelque dieu, pour que ce ne soit que le premier d'une série infini. Nous sommes séparées depuis deux secondes, et j'ai déjà envie de l'embrasser de nouveau. Mais il faut que l'on respire, et je dois savoir si elle va bien.

- Ça va ?

Les larmes ont cessé de couler sur ses joues, elle pose son front contre le mien, et elle sourit.

- Je t'aime. Répond-t-elle avant de m'embrasser de nouveau, plus doucement cette fois.

Je ne pouvais espérer meilleure réponse. Et je profite de chacun de ses baisers, chaque mouvement de ses lèvres contre les miennes. Bientôt, notre échange gagne de nouveau en intensité, et je sens sa langue venir à la rencontre de la mienne. Elle lâche un petit gémissement quand je mordille sa lèvre inférieure, et je réalise qu'il faut que je calme le jeu. Il faut que je tente de garder les choses sous contrôle. Je crains que si l'on continu sur cette voie, je ne puisse pas m'arrêter. Alors au bout d'un délicieux moment, on se sépare à bout de souffle.

Je recule juste assez pour pouvoir l'observer. Elle semble s'être libérée d'un poids trop lourd qu'elle aurait porté toutes ces années. Jamais elle n'avait rayonné comme à cet instant. Elle comble l'espace que je viens de mettre en me prenant dans ses bras, tout en posant son menton sur mon épaule.

- Je ne veux plus jamais passer une seule seconde loin de toi. Murmure-t-elle au creux de mon oreille.

Si c'est en mon pouvoir, ce ne sera pas le cas. La douceur de ses lèvres se fait sentir dans mon cou, et de nouveau, cette sensation de plénitude me remplit. Mon désir augmente alors que je sens sa langue rejoindre timidement ses lèvres sur ma nuque. Il faut que j'arrête ça, tout de suite, ou on va se retrouver à faire l'amour sur cette plage.

Aussi romantique que cela paraisse, ce n'est pas vraiment comme ça que j'imagine notre première fois. Je rassemble une nouvelle fois mon courage, et à grand renforts de tendre baiser, j'arrive à reprendre le contrôle. On se sépare à nouveau, et je lui souris amoureusement.

- On devrait retrouver les autres tu ne crois pas ?

Elle semble comprendre où je veux en venir, et malgré le fait qu'elle semble ne plus vouloir quitter mes lèvres, jamais, elle acquiesce.

- Tant que dans « les autres » tu n'inclus pas cette pétasse brune avec qui tu parlais tout à l'heure...Lâche-t-elle en se retournant, et m'entrainant à sa suite en me tenant par la main.

Mon rire la fait s'arrêter et elle se retourne.

- Tu es mignonne quand tu es jalouse. Je lâche avant de lui emboiter le pas.

Xxx

On finit par les retrouver, "les autres". Dansant sur la piste, pour la plupart. Clarke se glisse derrière Raven qui danse avec Finn et Octavia, et m'attire dans une danse sensuelle. Une demi-heure plus tôt, j'aurais été complètement déstabilisée de danser de la sorte avec Clarke, mais maintenant, j'en profite.

Je laisse mes mains se balader un peu, et au milieu de la chanson, je ne peux déjà plus me retenir de l'embrasser. Elle semble un peu surprise quand je me penche sans crier gare pour capturer sa bouche. Surprise qui ne dure gère, car ses mains remontent immédiatement sur mon visage, pour me rendre mon baiser passionnément.

La chanson est terminée, on s'écarte l'une de l'autre, les joues et les lèvres rosées. On se sourit sans se lâcher des yeux. La foule qui nous entoure n'est plus un problème, je suis avec Clarke, et c'est tout ce qui compte.

Je sais qu'à ma gauche, Raven fait probablement des commentaires salaces, et que Luna et Bell un peu plus loin sont en train d'applaudir. Mais je m'en fous.

Je n'en reviens pas de me sentir aussi bien. Ça vient d'elle, naturellement. Il n'y a qu'elle pour me faire ressentir toutes ces choses. Je me maudis d'avoir perdu ces quelques mois à me poser cent milles questions. Mais dans un sens, c'est encore meilleur aujourd'hui. Ne plus avoir cette oppression, me sentir enfin totalement libre. Libre de la prendre dans mes bras, libre de l'embrasser, libre de...

Mes pensées sont subitement interrompues par un mouvement juste derrière Clarke, et je détourne le regard une seconde. Ontari me dévisage, l'air un peu déçu, mais elle me sourit brièvement en montant ses deux pouces en l'air. Je rigole doucement, décidemment, tout le monde y aura mis du sien...

On fait une pause pour aller boire un coup. La main de Clarke ne décolle plus de la mienne, et au bar, elle se colle à moi dès qu'on est servies. Je joue un peu avec la paille de mon cocktail sans alcool, en imaginant le goût mentholé du Get27 de Clarke sur sa langue. Mes yeux ont trahis mes pensées, mais ce n'est pas grave, car Clarke semble sur la même longueur d'onde que moi.

- Tu ne trouves pas qu'on a assez « retrouvé les autres » ? Me demande-t-elle en posant mon verre sur le comptoir à côté du sien.

Ses mains viennent caresser le devant de ma chemise, et s'arrête pour jouer avec le bouton du haut. J'ignore si c'est le Get27, ou si c'est juste moi, mais le regard tendre et amoureux qu'elle m'adressait plus tôt a complétement disparu pour laisser place à du pur désir. Elle me dévore littéralement du regard, et c'est réciproque.

Cette fois, c'est moi qui me laisse entrainer à l'écart, direction le parking. Et une fois à la voiture, je n'ai pas le temps de chercher les clés que je me retrouve plaquée contre la portière passager. A peine une seconde plus tard, nos lèvres et nos langues ont repris leur ballet, et les mains de Clarke viennent faire sauter un premier bouton de ma chemise. Elle profite de l'espace ainsi créé pour insérer une main dans l'encolure et venir caresser ma clavicule.

Toutes mes bonnes résolutions partent en fumée, et je craque. D'un geste presque violent, je la soulève par les hanches, et vient la déposer sur le capot du véhicule. Je m'installe entre ses jambes et la fait glisser contre moi, faisant remonter sa robe sur ses cuisses. Un deuxième bouton sur ma chemise disparait, et je sens son autre main rejoindre la première derrière ma nuque.

Le bruit caractéristique d'une ouverture automatique de voiture se fait entendre un peu plus loin, et me ramène à la réalité. Je stoppe immédiatement tout mouvement, et regarde Clarke qui m'observe, l'air aussi hagard que moi.

- Clarke, je...

- On ne devrait pas...

On a parlé en même temps, et un sourire entendu s'affiche sur nos deux visages. Malgré notre désir évident, ce n'est ni le moment, ni le lieu pour ça. J'aide Clarke à descendre, et on se rhabille de façon à être présentables, avant de retourner sagement profiter de la fête.

Xxx

Le soleil pointe déjà à l'horizon, on a dansé toute la nuit. Je règle le rétroviseur pour avoir une meilleure vue sur Clarke, elle est plongée dans ses pensées, et regarde la route défiler.

Monty et Jasper dorment l'un sur l'autre à côté, et Lincoln fixe la route depuis le siège passager. On sera à la villa dans moins de cinq minutes, je tourne dans le chemin de terre chaotique, et m'excuse intérieurement auprès des autres, parce que ça va secouer. Mais vraiment, il n'y a rien à faire, ce chemin est vraiment irrécupérable.

Une fois dans la cours, je coupe le moteur, et sors du véhicule sans attendre que les autres ne bougent. J'ai déjà demandé à Luna si ça ne la dérangeait pas de dormir avec Raven cette nuit (ou plutôt ce matin). Elle a été plutôt facile à convaincre. Il ne se passera rien avec Clarke cette nuit, c'est ce qu'on a convenu, et puis de toute façon, on est bien trop épuisées. Mais je ne me vois pas lui dire bonne nuit sur le pas de la porte, et aller me coucher avec Luna. Si c'est en mon pouvoir, il est hors de question que je la quitte, ne serait-ce qu'une seconde.

En refermant la porte de la chambre, je sens ma chemise. Fumée, transpiration, alcool. Beurk...j'aimerais bien prendre une douche avant de me coucher. Et comme on a quelques minutes d'avance sur les autres...Clarke n'a pas perdu une seconde, et elle est déjà vautrée sur mon lit, entourant mon oreiller de ses bras. Je vais m'agenouiller à côté d'elle, et repousse tendrement ses cheveux derrière son oreille.

- Clarke, tu devrais au moins te mettre en pyjama. Je vais prendre une douche.

Etouffé par l'oreiller, elle marmonne quelques choses d'inaudible pour un être humain.

- Je vais prendre ça pour un oui. Dis-je en rigolant et en me relevant.

- J'ai dit que j'avais la flemme, et que je préférais dormir toute nue vu la chaleur.

Pas sympa Clarke, j'essaye de me contenir, mais si elle m'allume...

- Et bien, ça dépend si tu veux REELLEMENT dormir... Je rétorque en rentrant dans son jeu, juste avant de franchir la porte, direction la salle de bain.

Douche. Froide. Maintenant.

Quand je reviens quelques minutes plus tard, ça brasse un peu dans la maison, les autres terminant leurs préparatifs avant d'aller au lit. Clarke avait raison sur un point, il fait une chaleur à crever. Donc je ne porte qu'un shorty blanc et un débardeur gris chiné. Et mes cheveux mouillés me rafraichissent, pour le moment.

J'entrouvre doucement la porte, peut être que Clarke dort déjà. Les volets ont été tirés, ne laissant rentrer qu'un filet de lumière, juste assez pour que je repère Clarke sous le drap. Elle est sensiblement dans la même position que tout à l'heure, mais elle aussi s'est changée. Le débardeur de l'autre jour a laissé place à un t-shirt large et long. Je crains qu'elle ne porte pas grand-chose d'autre, en même temps, le contraire serait suicidaire vu la chaleur.

Je me faufile sous le drap, en prenant soin de ne pas trop déranger Clarke, et croise les mains sous ma tête tout en fixant le plafond. Mon cerveau commence à retourner dans tous les sens la soirée qui vient de se passer, et j'ai peur de ne pas arriver à dormir.

C'est sans compter sur Clarke qui se retourne dans un demi-sommeil, et vient se blottir contre moi. Elle passe sa main sous mon débardeur, pour venir la poser sur mon ventre. Je soupire d'aise, et ferme finalement les yeux, la fatigue me rattrapant.

Xxx

Fin, de la première partie en tout cas. N'hésitez pas comme d'habitude à me laisser vos avis, et je reviens dans quelques temps avec la suite !

See ya!