Coucou tout le monde ! Voilà enfin mon douzième chapitre !

Bigmonster4 : Une grande partie des réponses que tu attends se trouvent dans ce chapitre =) bonne lecture !

Cathyouchka : Bien sûr… Tu peux toujours dire que tu aimes =P J'espère que tu as compris toutes mes réponses et pour le RPG j'essaierais de t'expliquer !

x8-twilight-8x : la suite… tout de suite !

JessCali : Je n'ai pas trop mis de temps cette fois-ci à poster… non ? :$

Nanabelle (x2) : Voilà le chapitre que je suppose tu attendais ^^

mimi : La suite oui, mais vite non =P

Nomie : Voilà la fin de la « confrontation » comme tu l'appelles =)

The-Mc-Game : Celui là est un peu plus long que le précédent… Enjoy !

Darkgaby974 : Cruelle ? Je vous jure… =P

Neverland25 : Permets-moi de te décevoir tout de suite… Edward ne la transformera pas.

lilie : Merci !! =)

joanie xxxx :Et bien lis, et tu auras tes réponses…

misri-addict : Tu n'es pas la première à me dire que ça ressemble à un « parcours initiatique »… =P

Eleanora : Et non, elle ne ment pas, mais en même temps, tu as déjà lu une partie de la suite… =)

Lilou : Ne t'inquiètes pas ! Tu comprendras mieux avec ce chapitre là !

Helene : Voilà voilà !

Lady-C4t : Bonne lecture !

Artas : Rien du tout, voilà la suite !! Même plus tôt que je le pensais…

Alicew59 : voilà la suite !! ^^

Résumé: Au dernier chapitre, Bella se trouvait dans un bar, rencontrait un vampire et lui demandait sa transformation… Comment était-elle arrivée là et… comment allait-elle s'en sortir ?... FLASH BACK et suite…

Bonne lecture à tous !!

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Chapitre 14 : Problèmes et résolution

Les évènements s'étaient enchaînés à une vitesse fulgurante… Tout avait été bien trop rapide pour que je puisse avoir un quelconque pouvoir sur les désagréments qui m'étaient tombés dessus et les empêcher de s'accumuler les uns sur les autres…

Il y avait d'abord eut me pneus lacérés à coups de couteaux, ceci accompagné par un charmant message écrit avec une substance rouge non identifiable –ou plutôt que je ne voulais pas identifier puisque ces temps-ci mon esprit assimilait la moindre couleur rouge à du sang…- sur mon pare-brise, qui disait texto :

« JE HAIS LES GOSSES DE RICHES ! »

Une réaction disproportionnée face à une jolie voiture… J'avais du alors faire le tour de tous les garages du coin avant d'en trouver un qui m'envoya chez un concessionnaire Ferrari… Ce dernier accepta de subtiliser les pneus d'une de ses voitures d'exposition… pour une somme que je ne citerai pas…

J'étais donc repartie au Canada sans porter plainte, ne voulant surtout pas me retrouver face à face aux policiers du coin… Alice m'avait ensuite appelée pour me dire de ne pas essayer de la joindre, qu'elle changeait de portable parce qu'elle pensait qu'il se doutait de quelque chose.

Une semaine et des poussières plus tard, j'étais tombée en panne sèche sur l'autoroute et avait dû demander de l'aide pour remorquer ma voiture jusqu'à une station d'essence… Les jeunes étaient repartis hilares. Une Ferrari en panne d'essence, c'était si comique que ça ?

Plus tard, je m'étais rendue compte que je n'avais plus assez de liquide pour payer la station alors je leur avais donné ma carte de crédit… et m'étais retrouvée complètement idiote lorsque ce dernier m'avait demandé de taper le code…

Ma très chère Alice, qui prévoyait toujours tout avait omis, sûrement à cause de son bouleversement, de me donner ce fichu code… Et j'étais dans l'incapacité totale de la joindre…

Je m'étais donc retrouvée avec une dette de 90 $, à la main une carte bleue en contenant sûrement des milliards de plus et paradoxalement, totalement incapable de payer l'homme chargé d'empocher l'argent, et qui commençait à s'échauffer devant mes explications vaseuses…

En conséquence, on m'avait « confisqué » ma très chère Ferrari, en attendant que je puisse régler ces malheureux 90 $... Alice bien entendu était injoignable comme elle me l'avait dit quelques heures plus tôt…

J'avais par contre eu de la chance de tomber sur des personnes assez gentilles et généreuses pour qu'elles n'alertent pas les autorités du coin… Recherchée dans tout le continent, grâce à mon père, j'aurais eu du mal à expliquer ce que je faisais là, dans une sublime voiture que personne ne connaissait hormis Alice…

J'étais donc heureuse de ne pas être renvoyée dans l'immédiat à Forks…

Cependant, il me fallait tout de même les payer et je n'avais plus un sou en poche… Il me fallait donc trouver quelqu'un d'honnête, qui veuille bien engager une jeune fille mineure, sans un sou, recherchée par la police et ceci, sans la dénoncer… Autant vous dire que je n'ai pas trouvé la perle rare…

Néanmoins, je trouvai une assez bonne imitation… Je me fis engager dans un bar assez mal famé par un type à l'air louche nommé Bill… Cheveux longs noués sur la nuque, piercing à l'arcade et en haut de l'oreille, tatouages un peu partout… Personne n'aurait jamais accepté de travailler pour lui, même dans de pires conditions que moi, de peur d'être utilisée comme jouet pour ses clients, tout à fait à l'image du bar…

Pourtant moi, je lui fis immédiatement confiance, en acceptant avec enthousiasme le rôle qu'il me donnait. Quelque chose me disait que lui ne me tromperait pas… et j'avais raison.

Rapidement, une routine s'installa entre nous. Le matin, je me levais aux alentours de six heures et l'aidais à préparer la salle. Arrivaient ensuite les premiers clients, ceux qui en général étaient là la veille et y resteraient jusqu'au soir… De midi à une heure, il me laissait déjeuner en paix et je l'aidais à servir jusqu'à quinze heures (du moins jusqu'à ce qu'il se rende compte de ma terrible maladresse…). De quinze à dix-huit, j'avais quartier libre… Mais je passais mon temps avec Bridget ou lui, de peur de me retrouver seule avec ma douleur… ou bien je faisais d'autres choses que je vous expliquerai plus tard…

Dès dix-huit heures, je rejoignais ma chambre pour enfiler une des tenues de soirée qu'Alice avait mise à tout hasard dans mes valises… À moins que ce ne soit pas si hasardeux que ça… Enfin… Une fois maquillée et coiffée, je descendais au bar et mon rôle devenait alors assez flou… Il consistait plus ou moins à me faire inviter à boire par quelques clients… et de ne le laisser ressortir que sur les épaules d'un gros bras, qui le renverra chez lui avec un taxi…

Pas très glorieux me direz-vous… Mais ça rapportait son poids d'or et à ce moment-là, c'était juste ce qui comptait… D'autant que Bill s'arrangeait pour faire du bénéfice… Au lieu des alcools forts coûteux que les clients pensaient m'offrir, je me délectais d'un grand verre d'eau glacé, du jus de fruit, un soda… Quelque chose d'approchant par la couleur. D'autant que personne n'avait un odorat assez développé pour remarquer que ce que je buvais était étrange…

Généreux, Bill m'offrait les trois quarts de mes bénéfices… Je le soupçonnais d'ailleurs d'en pincer pour moi… J'avais le chic pour attirer les hommes les plus… éloignés de la norme dirons-nous…

Le soir en question, j'avais revêtu un délicieux fourreau de soie rouge. La coupe était splendide… Elle m'enserrait la poitrine, dévoilant ainsi mes épaules et la partie supérieure de mon dos. Elle me descendait un peu plus bas que les chevilles, moulant mon corps légèrement, tout en restant dans la décence. Mes pieds étaient chaussés des chaussures les moins hautes que je pus trouver. À savoir de petites sandales tressées, que l'on apercevait à peine sous les plis de ma robe.

Ainsi vêtue, j'étais partie « travailler ». J'avais décidé de rester jusqu'à avoir amassé suffisamment pour me rendre jusqu'aux îles Victoria… et il me restait un sérieux bout de chemin à parcourir… Je n'étais même pas parvenue à Edmonton…

Mais bien entendu, toutes mes résolutions s'étaient envolées lorsque je l'avais vu… Un vampire n'était-il pas plus rapide que n'importe quelle voiture de course ? Il me répugnait tout de même de laissera Bridget ainsi toute seule… et je ne voulais pas trahir la confiance de Bill et des autres… Mais j'aviserais en temps voulu.

C'est ainsi que nous nous étions retrouvés face à face à nous affronter du regard, attendant que l'un des deux cède. Et ce ne serait pas moi.

J'étais aussi parfaitement consciente du fait qu'il pouvait atteindre la porte avant même que j'aie le temps d'entamer un quelconque mouvement pour le retenir. Mais je misai sur son envie de protéger son espèce et sur sa curiosité. Je l'avais attirée, j'en étais sûre. Et je l'avais attiré lui aussi tout court… Il avait envie de goûter mon sang. Et de comprendre. De me comprendre.

Les yeux du vampire virèrent au noir profond. Si noirs que l'on ne pouvait distinguer ses pupilles dans la profondeur sans fin de ses iris… La cause de ce revirement était facilement identifiable. Sans que je m'en rende compte, le verre m'avait égratigné la peau était une minuscule goutte de sang était apparue à la surface de mon épiderme… Pas suffisamment pour qu'il me saute dessus en plein publique mais assez pour déclencher en lui une soif intense…

Sans avertissement préalable, il bougea. Sa réaction fut si rapide que je ne me rendis pas tout de suite compte que nous étions déjà à l'extérieur. Mon cerveau eut besoin d'une seconde de réflexion pour décrypter le mouvement du vampire. Ses bras s'étaient refermés sur moi et il m'avait emportée dans la forêt toute proche. Cette dernière serait-elle à jamais mon lieu de rendez-vous avec les créatures hors-normes ? Celui-ci allait-il aussi me laisser seule et perdue ici ? Pour l'instant, ses intentions semblaient toutes autres cependant…

Je dirais que ses pensées se situaient en ce moment vers… le meurtre… ou le repas si vous préférez cette formulation… Certes, ses dents n'avaient pas encore percé ma peau… Il se contentait de se tenir agenouillé devant moi, maintenant mon poignet contre ses lèvres glacées, aspirant par mon insignifiante égratignure le nectar qu'était mon sang…

Je le laissai faire sans rien dire. Tant qu'il ne me mordait pas, je n'avais rien à craindre… Toutefois, avec ce qui sembla être un effort magistral, il détacha ses lèvres de mon poignet, le gardant simplement serré dans sa poigne, puis se mit debout devant moi avant d'attirer mon regard dans ses yeux, désormais ensanglantés. Il les détourna rapidement pour me jauger de la tête aux pieds.

Que pensait-il de moi ? Pas assez séduisante pour obtenir els grâces d'un vampire ? Il ne tarda pas à me dévoiler le fond de sa pensée, d'une voix glaciale, qui aurait pu être terrifiante si je n'avais pas la réponse à sa question :

- Qui ? Un nom. Un nom où je te tue. Je me délecterai de ton sang jusqu'à la dernière goutte…

Je tressaillis. Au moins ne s'embarrassait-il pas de politesses lui… Je n'arriverais pourtant pas à prononcer son nom, même sous la torture… J'optai donc pour la solution facile… Un nom. Pas un prénom…

CULLEN

Le mot claqua dans le silence de la forêt. Le mot fut pour lui comme un coup de fouet. Sa réaction fut si disproportionnée… Au lieu de paraître étonné ou même déçu, il me lâcha comme si mon contact le brûlait et s'écarta de moi le plus possible, sautant sur l'arbre qui nous surplombait. Il les connaissait donc…

Haut perché dans son arbre, il semblait souffrir mille morts…

- Il va me tuer si je fais ça…Bella…

Ce fut à mon tour d'être étonnée. Il connaissait mon nom ?

- Vous les connaissez personnellement ?

- Ce sont de bons amis… Je ne peux pas trahir Ed…

- TAIS-TOI !! hurlai-je en me couvrant brutalement les oreilles.

Plus doucement, je murmurai ;

- Ne prononce jamais son nom. Jamais.

Il descendit prudemment de son arbre, sans pour autant se rapprocher de moi.

- Je suis désolée Bella, je ne pourrais jamais faire ça… Tu aurais été une fille parmi tant d'autres… Oui, pourquoi pas… Mais tu es à lui… Tu lui appartiens. C'est à lui de décider.

La colère bondit brusquement en moi. Il parlait comme si j'étais un objet, un vulgaire ustensile… Pas une femme…

- Sachez que je n'appartiens à personne, assenai-je sauvagement. Je suis la propre maîtresse de mes actes et j'assume mes décisions. Il n'a rien à voir là dedans.

Il recula d'un pas le visage dur.

- Non. Désolé. Je ne le ferais pas.

- Vraiment ?

Ma voix se fit enjôleuse.

- Et tu crois que je vais te laisser le choix ?

Il éclata de rire.

- Comme si tu pouvais quelque chose contre moi…

Je souris à mon tour, prenant goût au jeu que nous jouions. Parce que je ne pouvais que gagner…

- Je le peux… Vois-tu, ma destinée est tracée depuis ma naissance. Je suis destinée à devenir l'une des vôtres… Et la Nature m'a pourvu de certains atouts afin de pouvoir circonvenir le genre de vampire obstiné que tu es… Ne te sens-tu pas frustré de ne pas pouvoir user de ton pouvoir contre moi ?

Il fronça les sourcils agacé par mon comportement.

- Et même si mon pouvoir ne fonctionne pas sur toi, je ne suis pas démuni pour autant ! J'ai d'autres atouts !

Je laissai échapper un petit rire qui signifiait tout. Tout s'était considérablement inversé… on passait de « tu ne peux rien contre moi » à « je ne crains rien de toi » pour finalement inverser les rôles et en venir à « je peux tout contre toi mais tu ne peux plus rien me faire »…

Je m'expliquai cependant devant lui…

- Ta force… Ta rapidité… Tout cela te sera inutile contre moi. Parce que j'ai décidé qu'il en serait ainsi.

Que cela ne ferait pas partie des règles du jeu. Tu vois ce qui nous entoure ? demandai-je en englobant rapidement le paysage dans un geste de la main. Je suis liée à lui par un lien ancestral. Depuis mon enfance, depuis avant ma naissance, nous sommes un. Or tout ce qui fait partie de moi, je peux le modifier à souhait.

J'avais compris cela pendant mes tentatives d'exploitation de mon pouvoir… Sergueï m'avait appris que ce qui était moi pouvait être altéré. Cependant, j'avais découvert un peu plus tard que mon Moi était grand… Si grand que le monde entier s'y associait. Et tout ce qui m'entourait sur un rayon de plusieurs centaines de mètres était modelable. L'apparence externe d'abord puis des choses plus complexes comme la composition de l'air, la pression atmosphérique… Et il n'y avait rien de plus facile pour elle que d'augmenter cette dernière autour du vampire, augmenter l'apesanteur en le rendant plus lourd… Des choses liées à la physique qui l'empêchaient de mouvoir son corps avec son ancienne facilité…

Je ne bluffai pas cette fois… J'avais eu le temps de prendre possession de mon pouvoir et je le maîtrisais à la perfection…

Je voyais bien qu'il ne me croyait pas… Ses yeux se rétrécissaient et je le sentis prêt à s'enfuir… Mais je ne lui en laisserai pas l'occasion… Cette forêt était mon domaine. J'en avais décidé ainsi. Et chez moi, on respectait MES règles… Autrement dit… Tout le monde était plus ou moins humain… Tout le monde sur le même pied d'égalité…

Bien entendu, ce n'était qu'une illusion… Sauf pour celui qui y croyait. À ce moment, cela devenait réalité et il n'y avait que deux façons de tout faire retourner à la normale… Il allait croire qu'il bougeait lentement… Il allait croire tout ce qu'il me plairait de lui faire croire…

Pour échapper à mon illusion, il avait deux solutions ; fermer les yeux et oublier les sensations extérieures sur son corps… chose assez difficile cependant… Perdre tous les liens avec ce qu'il croyait être ses repères n'était pas évident… Il ne le ferait pas cependant. Parce qu'il ne le savait pas… Pas plus qu'il ne savait qu'il s'agissait là d'une illusion… La seconde option s'offrant à lui était… que je stoppe tout moi-même.

Parmi les quelques pouvoirs que la morsure avait fait remonter en moi, celui-ci était de loin le plus facile à contrôler… l'illusion de ne pas être ce que l'on est… Tout ce qui concernait l'apparence ne me demandait plus aucun effort…

Mais le psychique était mon domaine. Et ce pouvoir s'apparentait assez à celui de Jasper… sauf que je ne pouvais pas capter les sentiments même si je les devinais en général…

Je le vis froncer les sourcils, contracter ses muscles, essayer de courir… sans résultat. Sa vitesse était encore plus faible que celle d'un escargot. J'avais un peu exagéré la dose… Au lieu de réduire ses pouvoirs à la normale, je l'avais tout simplement scotché sur place. On aurait pu croire que j'avais arrêté le temps. Ce qui était plus ou moins ça d'ailleurs…

Les yeux du jeune vampire me lançaient des éclairs :

- Et maintenant ? Tu vas faire quoi ? Peu importent tes supplications, je ne te mordrai jamais !

- Bien sûr que si. Tu le feras ;

Je m'approchai paisiblement de lui, peu pressée. Lorsque je fus assez près de lui pour pouvoir le toucher au moindre mouvement du buste, je rejetai la tête en arrière et fermai les yeux. Dans un soupir, je murmurai :

- Mords-moi.

- Non.

La réponse claqua sèchement dans le silence de la forêt. Sans rouvrir les yeux, je lui demandai :

- Faudra-t-il vraiment que je me mutile pour que tu cèdes ?

Mon poignet à peine blessé vint frôler son visage et je l'entendis retenir sa respiration. Déçue, je rouvris les yeux et sans un mot, je pris le canif attaché à sa ceinture et le tirai sèchement de son étui. Il se raidit mais ne fit rien pour m'en empêcher. Il ne le pouvait pas.

- Ne fais pas ça. Je t'en supplie. Vaut-il vraiment le coup pour que tu risques ta vie pour lui ?

- À un point que tu ne t'imagines pas oui. Je t'ai dit que je n'avais pas l'intention de vivre s'il me rejetait encore une fois ? C'est la décision que j'avais prise… Mais elle a un peu changé… Je vivrai s'il ne veut pas de moi. Je vivrai et je le ferai souffrir. Autant qu'il me sera possible de le faire. La haine est si proche de l'amour… Je suis certaine d'arriver à passer de l'un à l'autre sans trop de problèmes…

- Je pourrais te tuer… Sans le vouloir. Je pourrais ne pas m'arrêter.

Je balayai de la main cet argument vaseux.

- Je te persuaderai de me lâcher.

Je ne me reconnaissais pas moi-même… Depuis quand étais-je devenue aussi provocante ? Aussi acide et dure ? Aussi folle, masochiste et sadique ? Ah oui… Je me souviens… Depuis qu'il m'avait lâchement abandonné dans la forêt…

Aimais-je la femme que j'étais devenue e si peu de temps ? Appréciais-je cette détermination à toute épreuve ? Pourrais-je continuer à vivre en me sachant parfaitement capable de faire couler mon propre sang pour le revoir rien qu'une fois ? Car je ne me faisais pas d'illusions… Malgré mes paroles, je savais que je l'aimerais toujours. Même si je le haïssais en même temps…

Et pourtant… cette femme, plus pâle encore qu'auparavant… Cette femme en robe rouge, aux yeux durs, au visage maigre ravagé par la douleur… Cette femme… était-ce encore moi ? Ou bien Bella, la gentille et maladroite Bella avait-elle disparu pour toujours, anéantie par toute cette douleur…

Pourrait-elle un jour renaître de ses cendres ? Redeviendrais-je un jour la jeune fille de dix-huit ans dont les seuls soucis consistaient à échapper aux mains dangereuses de sa meilleure amie et à garder son petit-ami hors des yeux de son père ?

Était-ce seulement possible ? Toutes mes peines, tous mes doutes traversèrent mon regard une fraction de seconde durant. Aucun humain ne se serait aperçu de rien. Mais un vampire si.

Inexplicablement, je sentis ses muscles se relâcher, je l'entendis reprendre son souffle puis pousser un profond soupir.

Surprise, je levai mon regard vers ses yeux douloureux.

- C'est d'accord. Je le ferais.

- Pardon ?

Je ne le suivais plus.

- J'accepte de te transformer.

Je haussai un sourcil.

- À quoi dois-je ce revirement ?

Il esquissa un sourire sui se voulait rassurant.

- J'ai décidé qu'il m'en voudrait moins de te transformer plutôt que de te laisser te jeter à la tête de vampires bien moins scrupuleux que moi, qui te tueraient sans la moindre hésitation.

Je levai les yeux au ciel. Pourquoi devait-on toujours en revenir à lui ? J'étais pourtant la seule concernée dans cette histoire… Lui n'était qu'un acteur secondaire…J'avais cependant obtenu ce que je voulais… C'était toujours ça de gagné…

- Pas maintenant, dit-il avant même que j'ai eu le temps d'ouvrir la bouche pour formuler ma demande. Je dois chasser, se justifia-t-il en me voyant sur le point de protester. Ce sera plus simple pour nous deux. Si je n'ai pas soif, les risques seront réduits, il y aura moins de chance que je cède à la tentation.

- Qu'est-ce qui me prouve que tu ne vas pas en profiter pour mettre les voiles ?

Il grogna.

- Rien.

- Très bien. Je suppose que je n'ai pas le choix. Je vais préparer mes affaires alors.

Il me stoppa net dans le mouvement que je faisais pour sortir de la forêt.

- Non. C'est inutile. Tu y retourneras après ta transformation. Ou moi. Ainsi, nous n'aurons pas besoin de justifier ton absence.

J'acceptai sans rechigner. Je n'allais pas faire de complications sur les détails…

- Où est-ce que je te retrouve… ?

- Loménie. Viens. Je t'emmène à mon repaire avant de chasser. Monte.

Comme je pouvais difficilement grimper sur son dos, vêtue comme je l'étais, il me saisit dans ses bras - une fois que je lui eus redonné le contrôle de ses actes – puis nous partîmes à vitesse vampirique. À peine quelques secondes plus tard, il me déposait devant une simple cabane en rondins et me murmura :

- Fais comme chez toi, je reviens d'ici une ou deux heures.

Je hochai la tête et me retournai pour le remercier mais il était déjà parti… Je pénétrai alors dans son antre, à petits pas, de peur de me cogner à quelques choses dans le noir. Je mis rapidement la main sur bougie et allumettes, ce qui me permit d'y voir un peu plus clair : pas d'électricité, pas de chauffage, aps d'eau courante. Vive l'homme de Cro-Magnon…

Dans ma fine robe, je frissonnai, celle-ci n'étant pas parfaitement adaptée à ce genre de situation. Lorsque mes yeux se posèrent sur l'âtre, je me précipitai vers lui pour y faire une belle flambée. Miraculeusement, rien ne vint entamer ma peau, aucune écharde ne vint s'implanter dans mon doigt et les étincelles restèrent suffisamment loin de ma robe pour qu'elle ne prenne pas feu.

Quand ce dernier fut bien démarré, je me blottis à côté de lui, emmitouflée dans une couverture que je trouvai sur le lit. Enfin assoupie, je m'endormis sur le sol, fatiguée par ma dure journée de travail et par les émotions de la soirée.

Mon sommeil fut sans rêve et rien ne l'aurait interrompu si une main glacée n'était venue se poser sur mon épaule, me tirant brusquement de ce somme réparateur. C'était lui bien sûr. Loménie.

Je levai des yeux embrumés par le sommeil sur son sourire amusé et vit ses lèvres bouger brièvement :

- Tu veux encore dormir ?

Si j'avais pu réfléchir à ce moment-là, je me serais dit que dormir ne servirait à rien mais comme ce n'était pas le cas, je refermai les yeux et hochai la tête avant de me rouler en boule. Je le sentis à peine me soulever pour me déposer sur le lit que je m'endormais de nouveau.

Le réveil ne fut pas plus difficile que le précédent… Comme tous les jours depuis quelques semaines, je me réveillais perdue dans un monde inconnu. Mais cette fois, je repris rapidement conscience des évènements.

Il était là. Fouillant dans un sac en plastique à la recherche de quelque chose qui m'échappait.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Des anesthésiants, des drogues. Des antidouleurs en général.

Je hochai la tête, pensive.

- On commence maintenant ? me demanda-t-il en se retournant vers moi, un bref sourire éclairant son visage. Ce sera plus facile pour toi si le venin n'a pas besoin de « digérer » un repas.

J'hésitai. Même si je ne lui avouerai jamais, je commençai à avoir peur. Mais je lui murmurai quand même une réponse positive, déglutissant bruyamment à la vue de toutes les seringues qu'il avait préparées.

Voyant le regard appuyé que j'apportai à ses préparations, il sourit :

- Carlisle voulait essayer ces différents produits dans le cas hypothétique où il aurait un nouvel humain à transformer. J'effectue juste les tests à sa place.

J'acquiesçai sans mot dire.

- Je vais commencer par t'injecter un mélange d'opium et de morphine. Ça t'endormira. Ensuite je te mordrai. Et puis j'essaierai différents produits pendant ta transformation, pour voir comment tu y réagis.

Joignant le geste à la parole, il planta l'aiguille de la seringue dans mon bras puis l'enleva quelques secondes plus tard.

- Couche-toi. Ça va aller, me murmura-t-il en voyant mon regard paniqué.

Je m'exécutai et très vite, sentis une douce torpeur m'envahir alors que les sensations procurées par la morsure de James me revenaient à l'esprit. Comment allais-je faire pour supporter la douleur de mon corps entier alors que quelques centimètres sur ma main m'avaient presque rendue folle ? Je préférais ne pas y penser…

D'autres questions me vinrent à l'esprit. Allais-je mourir ? Une question plutôt stupide car dans tous les cas, la réponse était positive. Morte, vidée de mon sang. Ou morte, mais vivante. Mais toujours morte.

Toutes mes interrogations furent éclipsées par la dure réalité de la sensation de son haleine glacée se rapprochant petit à petit de ma gorge…

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Petite review ? :-)