Chapitre 13:
Souriante, la jeune reine continua sa marche d'un pas tranquille. Le tabou que son âme s'était infligée autour de son pouvoir, semblait se dissiper doucement. Après tout, ce pouvoir avait sauver quelqu'un aujourd'hui, il ne pouvait pas être entièrement mauvais.
Mak, les mains dans les poches, la suivait, heureuse d'avoir créé un déblocage chez la princesse. Celle-ci, d'humeur taquine, s'essaya même à faire quelques petites sculptures ici et là, s'amusant à faire courir le givre sur leur chemin. Les rayons du soleil apparurent pour les réchauffer, se reflétant sur les sculptures, faisant briller le don d'Elsa. Autant dire que c'était magnifique.
Elsa jeta un œil espiègle à son amie, et sourit davantage en bâtissant un sublime loup de glace devant Mak. La voleuse l'observa, il paraissait doux et rassurant.
Mak se dit que malgré son apparence des plus terrifiante, la souveraine ne l'avait jamais vu comme un monstre, elle était bien la seule.
Un bruit sourd attira l'attention de la louve, celle-ci se redressa, toujours prête à bondir. Un grognement s'échappa de sa gorge.
- Qu'est ce qui ce passe ?
Demanda Elsa.
Mak balaya la plaine du regard, à l'orée de la forêt, elle put entrevoir un buisson bouger. Lentement, elle s'approcha, le regard menaçant, suivit de près par Elsa.
Soudain, une étrange créature sauta du buisson faisant rugir la louve.
_ Bonjour, je m'appelle Olaf, et j'aime les gros câlins.
Dit la créature, en ouvrant des bras de bois, faisant rugir davantage la louve qui se rapprochait dangereusement du petit être, les dents bien en évidence.
Elsa écarquilla les yeux, un souvenir la frappa tout à coup.
Olaf ? Son Olaf ? Le petit bonhomme de neige y ressemblait comme deux gouttes d'eau, celui qu'elle avait fait sortir de son imaginaire pour sa sœur...
- Mak, attendez !
Intervint la princesse, en posant une main douce sur l'épaule vibrante de la louve.
- Olaf, c'est bien toi?
Le bonhomme de neige sembla réfléchir un instant, et répéta :
- Bonjour, je m'appelle Olaf, et j'aime les gros câlin.
- Tu connais ce truc ?
Demanda Mak sans chercher à cacher son dégoût.
- Je l'ai imaginé quand nous étions petites pour ma sœur. Mais jamais je n'aurais pensé qu'il prendrait vie.
- Quand tu étais petite ? Un bonhomme de neige qui parle ? Excuse moi de te dire que tu étais déjà bien dérangée à l'époque.
«C'est elle qui vient de faire le saut de l'Ange dans un précipice, mais c'est moi qui suis dérangée...» Pensa la souveraine en souriant, arquant un sourcil moqueur.
- Et hors mis sa petite réplique agaçante, il sait dire autre chose?
Critiqua la louve en touchant la tête du bonhomme d'un doigt avec méfiance. Ce geste sembla actionner Olaf qui répéta encore :
- Bonjour, je m'appelle Olaf, et j'aime les gros câlin.
Mak fronça les sourcils, réellement intéressée, en fixant le bonhomme comme une bête curieuse.
- Ah non ça doit être rayé. Il est con ou quoi ?
Lança-t-elle, pensive.
- Votre langage...
Soupira la princesse.
- Je pense qu'il attends seulement que vous lui disiez bonjour.
Mak lança un regard exaspéré à la souveraine, puis à Olaf, et enfin, essaya en grimaçant:
- Bonjour.
La bonhomme de neige sautilla en souriant.
- Je suis content de te rencontrer ! Comment tu t'appelles?
Demanda-t-il en serrant la main de la louve d'un geste énergique.
- Heu...Mak.
Répondit la louve en reprenant possession de sa main, trouvant étrange et perturbant le fait de parler à un bonhomme de neige.
- Enchanté, heu...Mak.
Répéta bêtement le petit être, énervant Mak un peu plus.
- Qu'est ce que tu fais ici Olaf ?
Demanda Elsa, en remarquant que son amie était au bord de la crise de nerfs.
Olaf réfléchit, Mak se demanda si il se passait réellement quelque chose dans sa tête, si il continuait, le bonhomme de neige allait se faire mal.
- Je ne sais pas exactement. J'ai suivis ces étranges trous dans la neige.
Dit-il en montrant le sol. Mak leva les yeux au ciel, cet être l'agaçait déjà. Ses sentiments plus que visibles, sa bonne humeur écœurante, ses gestes démesurés, et ce nez...Qui a une carotte à la place du nez, sérieusement?
- Plus communément appelé «Traces de pas.»?
Soupira-t-elle.
- Oui! Tu sais que tu es très intelligente!
S'étonna le bonhomme de neige, voyant Mak comme étant la huitième merveille du monde.
- Sans blague?
Répondit froidement la louve.
- Non ce n'est pas une blague. Mes blagues sont meilleures que ça voyons!
Déclara Olaf, tout à fait sérieusement. Mak soupira en pensant que l'ironie n'était pas le point fort de l'agaçante créature.
- Et je serais ravie de les entendre un jour où l'autre. En attendant, nous sommes déjà en retard. Elsa, on y va.
Déclara Mak avec un sourire plus que forcé, en commençant déjà à tracer son chemin.
- Et où allez-vous?
Demanda Olaf en suivant la louve de près, la fixant toujours de ses yeux ébahis.
- Nous rentrons à Arendelle.
Répondit Elsa, en jetant un regard amusé sur une Mak qui marmonnait dans son coin, sans doute des jolis noms d'oiseaux, comme à son habitude.
- Vous rentrez à la maison! Je viens avec vous!
Mak se retourna, le regard menaçant, flirtant avec sa bestialité, mais se ravisa de dire quoi que ce soit en croisant le regard suppliant d'Elsa.
- Ce n'est pas négociable, c'est ça?
Soupira la louve en laissant tomber ses épaules.
- D'abord, la princesse en détresse, et maintenant son animal de compagnie, sérieusement? C'est quoi le prochain? Un renne?
Cracha Mak, en grimaçant toujours plus, désirant montrer son mécontentement.
- J'en ai croisé un, il a essayé de manger mon nez! J'ai du user de toute ma ruse pour le semer!
S'écria Olaf.
- J'imagine donc qu'il ne doit pas être très loin...
Cassa Mak.
- Et je ne suis pas un animal! Je m'appelle Olaf, et j'aime…
- Je crois qu'on a comprit, merci!
S'énerva Mak.
Elsa s'approcha doucement de son amie, et déclara, charmeuse, en sachant pertinemment que la bête n'était pas si méchante qu'elle voulait bien le faire croire:
- S'il vous plaît, mon loup. Il ne tiendra jamais seul dans cette montagne.
- Ça me rappelle quelqu'un…
Râla la louve, évitant le regard de la reine, sachant qu'elle allait se faire avoir comme un pauvre chien envieux de caresse qu'elle était.
Mak, par pur tentation, jeta un regard d'une demi seconde à la blonde, ce fut sa perte.
- Arrête ça.
Ordonna-t-elle, tentant désespérément de rester le plus intimidante possible.
- Arrêter quoi?
- Ce putain de truc que tu fais avec tes yeux. Je ne sais pas de qu'elle magie ça vient, mais c'est criminel.
Grogna-t-elle en rugissant pour déclarer son agacement.
Mak soupira bruyamment, et déclara enfin:
- Que des emmerdes...Je savais que je n'aurais que des emmerdes avec cette fille. Et je t'interdis de me reprendre pour mon langage!
Coupa-t-elle, alors qu'Elsa avait déjà commencé à ouvrir la bouche. La princesse renchérit:
- Ce n'est pas ce que j'allais dire.
- Et qu'est ce que tu allais dire?
Elsa fit mine de réfléchir.
- Et bien, vous le saurez, si vous acceptez de ramener Olaf à Arendelle.
Mak fronça les sourcils.
- Votre Altesse, c'est très mal ce que vous êtes en train de faire, ça s'appelle du chantage.
Elsa ne répondit pas, se contenta de sourire, sachant qu'elle allait l'avoir, même si son loup restait coriace, sans doute à cause de ses années en solitaire. Peu à peu, la souveraine, dans toute sa froideur, fit fondre les sentiments gelée de la jeune femme, qui n'avait pas l'air d'y être préparée.
- Très bien, la petite chose peut rester, mais je vous préviens que si il me cause le moindre problème, je le mange.
Rugis Mak d'une voix caverneuse.
Le visage d'Olaf s'illumina, sans prévenir, le petit être serra la jambe de la louve dans ses bras. Celle-ci sursauta:
- Alors écoute moi, je m'appelle Mak, et je déteste les gros câlins. Alors tu va voir ailleurs si j'y suis, et tu me fou la paix.
La mauvaise humeur flagrante de la louve ne sembla pas atteindre Olaf qui, toujours joyeux, se tenta sérieusement, à aller voir ailleurs si elle y était. Il s'étonna de ne trouver personne. Mais le petit bonhomme de neige était persévérant, il trouverai, parole de carotte !
- Alors, qu'est ce que tu allais dire?
Demanda la louve à Elsa qui marchait d'un pas distrait à coté d'elle.
- Rien d'important.
Sourit-elle.
- J'ai remplis ma part du marché, princesse. À toi de remplir la tienne.
La souveraine baissa les yeux en affichant un sourire gêné, et finalement lança d'une voix légère:
- J'allais dire que vous étiez mignonne quand vous vous énerviez de la sorte.
Le cœur de Mak rata un battement, un dragon malfaisant s'amusa à battre des ailes au creux de son estomac. Elsa rit discrètement devant la mine déconfite de son amie, et choisit de la devancer de quelques pas, la laissant cogiter sur cette phrase.
