Encore pardon pour le retard, mais j'étais en vacances à droite à gauche et j'ai reformaté intégralement mon ordi donc il m'a fallu pas mal de temps pour poster celui là …
Un grand merci aux lectrices et à leur patience infinie ! Merci à Lyra 64, Mokona Pyuh, Hellina 78 (je ploie sous tes menaces, voilà la suite !) et Irissia ma super bêta (zoyeux anniv mamzelle !)
C'est bientôt la fin de cette fic, qui ne brillera pas d'originalité j'avoue. Mais ca vaut quand même le coup de l'écrire ^^ Alors comme je repars encore et encore en vacances je vais essayer de faire cette suite et fin très vite ! Merci encore de votre grande patience et de vos super reviews, bonne lecture !
Disclamer: Tout est aux Clamp, je me contente de malmener leurs protagonistes !
Couple: Kuro x Fye .
Titre: Clow Corporation.
Raiting: T
Univers Alternatif: 21ème siècle. Tokyo bout dans l'effervescence d'une course à l'héritage aussi vénale que dangereuse. Âmes perdues et esprits corrompus s'opposent, se défient, s'affrontent ...ou parfois se rencontrent.
Chapitre 14: Le jugement
Une porte. Fermée, droite, immobile, imposante, éternellement close… beaucoup d'adjectifs pourraient justifier la contemplation continue du politicien, qui ne voulait pas la lâcher des yeux.
Ce n'était qu'un panneau de bois, certes plus digne d'un assemblage plasitco-lamellé-collé qu'un vestige d'écorce véritable, mais il fut le centre d'intérêt des réflexions de Kurogané durant toute la journée.
Le premier jour du départ de Fye.
Ce fut probablement le plus long parmi ceux qui suivirent. Le premier jour, celui de l'attente.
Toute la journée, il fixa la porte comme s'il avait le pouvoir de la faire s'ouvrir sur son amour perdu. Son esprit, plus cotonneux qu'hyper actif, voyait très bien la clenche s'abaisser, les gonds grincer, et le blondinet apparaitre dans l'entrebâillement. Ce qu'il disait variait en fonction des phases de son délire psycho-dépressif.
Au début, il se ruait juste sur lui pour l'embrasser en s'excusant, jurant milles mots d'amour. En revoyant ce scénario en boucle, Fye passait de passionné à calme, sûr de lui, de son retour. Un moment, il l'imagina arriver avec une assiette de ramen, et il sut a ce moment que son cerveau avait laissé le relai à son estomac. Néanmoins, il ne bougea pas d'un pouce, assis sur son fauteuil, se fondant dans le cuir, en rêvassant aux entrées de son amant. Grotesques, émouvantes, mais jamais réalistes.
Car toute la journée il ne vit qu'un pan de bois vernis aussi inanimé que lui.
oOo
Il dut probablement s'endormir ainsi, les yeux encore ouverts qui sait, affalé dans son siège. Les rayons du soleil le réveillèrent avec violence, et il comprit que l'aube venait de poindre. Un jour nouveau sur la capitale. Plus de 10h. A cette heure-ci, il aurait dû être au travail, s'activant de savoir ce qu'il était advenu d'Ashura, en train de téléphoner à Toya avec les avocats de Clow en double appel. Mais rien de tout cela.
Non, ce fut une journée bien plus bruyante. L'apocalypse. Mu par une rage et une excitation incontrôlable, Kurogané entreprit de déménager tous les meubles. Tout enlever, tout déplacer, tout changer de place. Il ne supportait plus de voir cet appartement tellement quotidien sans cette présence douloureusement familière. Chaque rayon de l'aube à travers la baie vitrée nettoyée, chaque œillade vers la cuisine, ou regards sur les canapés du salon l'enrageaient. Cet appartement, c'était leur refuge. Leur nid, à lui à Fye. Si Fye n'était plus là, alors il ne voulait plus de cet endroit.
La fureur et l'adrénaline l'aidèrent dans sa manœuvre, car il ne se serait jamais cru capable de tant de violence à l'encontre de son mobilier. Il retourna les meubles, renversa les tiroirs, vidant leurs contenus et brisant tout sur le sol dans la mesure du possible. Vases, pots, boites, cadres photos, tous criaient dans un tintamarre de débris et d'éclats en se fracassant sur le sol. Il jetait, piétinait et déchirait ces choses qui faisaient partie de sa vie. Heureusement pour lui, il n'avait pas assez de force pour déloger son écran géant incrusté dans la cloison. Une bribe de conscience l'en félicita, mais il se défoula sur les rideaux qu'il arracha à leur tringle.
Dans sa chambre, il retira les draps et les jeta par la fenêtre. Ses vêtements eurent plus de chance, et se contentèrent de finir dans la baignoire de la salle bain.
Quand le jour déclina, et que la fatigue le gagna, il s'écroula, épuisé, conscient que cette folie destructrice ne l'avait soulagé en rien. Il était toujours au milieu de cet immense bordel dans son appartement, quand le crépuscule naquit, sur un camp de désolation, et il se coucha au milieu des débris de sa vie.
Cela faisait deux jours, et Fye n'était toujours pas là.
oOo
Le troisième jour fut un premier pas vers l'autonomie. Un brin de renouveau l'anima, et il décida, comme après une sale tempête, de respirer une grande goulée d'air. S'il songea, dans un premier temps, que remettre en place son mobilier renversé et jeter tout les débris dans des sacs poubelles était laborieux, c'est qu'il n'avait pas attaqué la véritable étape de l'autonomie.
En effet, vint le moment où il voulut lancer une machine pour ressusciter ses vêtements qu'il avait malmené la veille. Et là, c'était plus complexe que tout les cours de la bourse qu'il ait eu à gérer durant la dernière décennie. Il songea brièvement qu'il devrait de nouveau engager quelqu'un, puis l'image de Fye s'imposa à lui comme un coup de parpaing en pleine face. Non, personne ne pourrait remplacer Fye.
Merde, il n'était pas près de guérir…
Il passa l'autre moitié de l'après midi à remplir les placards qu'il avait éventré. Cela lui permettrait également de faire l'inventaire de ses vivres. Combien de temps tiendrait-il sans sortir ? Pouvait-il mourir vite, d'une intoxication alimentaire foudroyante après avoir mangé un yaourt périmé de 12h ?
Il exposa dans un premier temps toutes les boites de condiments en les classant par taille, par couleur, puis par ordre alphabétique. Cela l'occupa de façon à monopoliser une majeure partie de son cerveau déjà au bord de la lobotomisation. Puis, il finit par faire face à l'inévitable vérité. Il n'avait pas mangé depuis 3 jours, et il ne savait vraiment pas quoi ingurgiter. Si encore il était capable d'avaler quelque chose…
Son dévolu se porta sur un bouillon de nouilles dont le sachet arborait fièrement la consigne : « usage facile ». A ce moment il sut qu'il était vraiment perdu, car au détriment des illustrations dignes d'un livre de coloriage pour enfants, il s'en tira avec une soupe infâme et trop salée. Sa gorge était tellement serrée qu'il arrivait à peine à boire du jus, ou à gober une pâte. Décidément, rien ne le sauverait de sa sous-alimentation. C'est alors que son regard se porta sur le placard à alcool qui avait miraculeusement échappé à sa folie destructrice. (Probablement un élan inconscient.) Mmh peut être qu'un peu de saké passerait. Juste un peu de saké …
oOo
« Hé Kuro… »
Une voix l'appelait d'outre tombe, venant de loin, très loin des profondeurs dans lesquelles il nageait. S'était-il endormi ? Etait-il finalement mort d'inanition ? Et Bouddha se permettait-il de lui donner des surnoms ?
« Kuro, réveille-toi ! »
Kurogané se sentait tellement comateux qu'il se demandait si tout ce qui c'était passé ces derniers jours étaient juste un cauchemar. Il ouvrit lentement les yeux, avec l'étrange impression qu'il refaisait surface d'une eau noire et marécageuse. Instinctivement, il prit une grande goulée d'air et regarda autour de lui. Il était allongé sur son canapé, Toya accroupi à ses coté, dans son grand manteau et son badge accroché à la poitrine. En service.
« Dis moi, tu as été cambriolé ? »
Les yeux de Kurogané tombèrent sur la pièce qu'il avait passablement rangée, mais la plupart des contenus des placards jonchait encore le sol, ainsi que l'épave de sa bouteille de saké complètement vide.
« Si seulement … »gémit-il en se massant le crâne.
Seigneur qu'est que c'était bruyant la dedans ! Au moins cette douleur lancinante dans son crâne lui permit un instant d'oublier les hurlements de son cœur, prête à déchirer sa cage thoracique à tout moment.
« Est-ce que tu te sens bien ? »
Non il n'allait pas bien. Quatre jours sans Fye et il agonisait déjà.
« Qu'est-ce que tu fais là.. ? Marmotta-t-il presque pour lui-même. Comment es-tu entré ? »
« C'est ton brave gardien qui m'a ouvert. Il m'a aussi demandé de te remonter ça, » ajouta-t-il en désignant d'un coup d'œil un tas de draps propres.
Ah, ceux qu'il avait jetés par la fenêtre tantôt. Il était bien brave ce Tanaka. Et surtout très délicat de ne pas les avoir remontés avant. Il voulait être seul. Tout seul.
« Pourquoi es-tu ici ? Réitéra-t-il. Je n'ai pas besoin de compagnie. »
Toya sorti de sa poche son téléphone portable.
« Dans le courant de la nuit, tu m'as laissé 4 messages vocaux. En temps normal, j'aurais pris ça pour du harcèlement concernant les investigations en cours sur Ashura mais… »
Comme Toya restait volontairement en suspens, Kurogané le pressa, peu enclin à jouer aux devinettes.
« Mais ? »
« Mais tu m'as juste appelé pour… chanter. »
Kurogané se redressa prestement pour se retrouver dans une meilleure position. Assis face à l'inspecteur, il le regarda très courroucé, et l'engagea à continuer son explication farfelue :
« Pardon ? »
« Tu chantais, tu te parlais à toi-même, tu me disais des mots doux… Ce qui m'a flatté vraiment. Et je crois même un moment que tu as vomi sur le combiné. »
Kurogané eu du mal à le croire, lui qui tenait si bien l'alcool. Il songea plutôt au fait que Toya ait été informé de l'inexplicable absence du politicien au bureau par sa secrétaire trop stressée, et qu'il ait décidé de prendre de ses nouvelles.
« N'importe quoi ! Arrête d'inventer des excuses aussi stupides ! C'est Himawari qui t'a prévenue n'est-ce pas ? »
Toya se pinca les lèvres et retient un rire.
« Mince, j'aurais vraiment voulu que tu y crois ! »
Kurogané soupira, fier de sa lucidité. Cependant, l'idée de vomir en face de Toya lui apparut comme une bonne blague à mettre en œuvre un jour où celui-ci l'énerverait réellement.
« Tu n'es pas très drôle, émit l'inspecteur, même avec la gueule de bois. »
Genre maintenant.
« Je n'ai pas la gueule de bois. » démentit-il.
Son ami n'insista pas. Il se contenta de regarder un peu hagard le désordre ambiant. Déformation professionnelle oblige, une foule de questions de précipitèrent dans sa tête. Mais il se contenta d'informer Kurogané de l'essentiel.
« On a arrêté Ashura. »
« Mh mh. »
La surprise de Toya égala l'indifférence de son vis-à-vis. Il s'était préparé à de la joie, de la colère, des insultes interminables… Et là il se retrouvait face un homme aussi imperméable qu'un roc. Que t'est-il arrivé Kurogané ?
« Il est à l'hôpital central, prêt à être opéré. On a … frauduleusement négocié son opération contre des aveux. Ce salaud préférait être en prison avec une tuyauterie potable que de finir libre et déshérité. »
Les yeux de Kurogané étaient vides. Il écoutait mais n'approuvait en rien, ne constatait aucune décision, et ne prononça pas un mot.
« Le procès commencera dans un mois. Tu pourras y amener Fye si tu veux. Mais il ne sera pas obliger de témoigner s'il ne le souhaite pas. Ashura est présumé coupable, et cette fois c'est plus fort que des preuves. »
« Bien, ce sera une audience publique ? »
« Non, mais je pense que tu… »
« Parfait, je n'avais pas envie d'y aller. »
« Kurogané… »
Un soupir inutile qui ne fit que glisser contre l'homme de pierre face à lui. Rocher qui ajouta, aigre :
« Ce que va devenir cette loque sans fierté ne m'intéresse plus désormais. »
Le regard de Toya ne cessait de balayer l'appartement et finalement une question plus intrépide que les autres osa franchir ses lèvres.
« Kurogané, où est Fye ? »
Le regard que lui lança le brun lui apporta plus de doutes que de réponses. Panique, effroi, tristesse colère et résignation. Il n'allait pas se vanter d'être vif d'esprit, mais l'inspecteur était certain que les suppositions émises dès son arrivée étaient fondées.
« Qui ça ? »
Kurogané essayait d'être convaincant dans sa réponse, et son ami en resta là. Il n'insisterait plus. La vérité les avait au final séparée. Bien qu'il en ait été le premier défendeur, il avait envie de dire au politicien à quel point il était désolé. Mais il n'exprima ni regrets, ni compassion. Il n'en parlerait plus.
Il se redressa et referma son manteau, prenant amèrement congé sans pouvoir jouer le rôle de l'épaule réconfortante. Ce n'était pas le moment. Ni sa fonction aujourd'hui.
« Tâche de ne pas t'absenter longtemps si tu veux éviter de me voir débarquer trop souvent. »
« Laisse moi le temps de décuver et je retournerai travailler. »
Il s'immobilisa un instant, choisissant de rebondir sur une réplique ironique :
« Je croyais que tu n'avait pas la gueule de bois ? »
Kurogané eut un rire jaune très nerveux, et regarda son ami avec beaucoup (beaucoup trop en revue de tous les souvenirs de Toya) de dévastation :
« Alors tu n'as pas compris ? »
Il détourna les yeux, cachant son vrai jeu pour reprendre sa cynique comédie :
« Je ne suis rien d'autre qu'un menteur »
Toya resta de marbre, se demandant s'il devait appeler l'hôpital psychiatrique ou la presse, puis haussa simplement les épaules, certain de son incapacité à guérir Kurogané pour l'instant. Il redressa le col de son manteau et sortit, avec la désagréable impression de laisser les choses en suspens derrière lui.
oOo
Le cinquième jour fut inévitablement le pire de tous. La solitude l'envahit, lui hurlant dans les oreilles qu'elle était sa seule compagne, qu'un être abominable tel que lui devrait s'y résoudre. Il se demanda s'il hallucinait à cause de sa cuite ou de son jeûne dangereux.
Il savait au fond de lui que cette transition serait douloureuse, mais il espérait naïvement que les épreuves de sa vie l'avaient endurcie à tous les obstacles, y compris un aussi banal qu'une rupture. Hélas, son état lui rappelait une fois de plus l'impact exceptionnel que Fye avait sur lui.
Affalé sur son canapé, il avait tenté plusieurs fois dans la journée de s'octroyer une activité divertissante, mais il avait toujours fini par hurler de rage au bout de 10 minutes d'occupation. Même la lecture du journal ne pouvait le distraire de ses pensées unidirectionnelles.
Soudain, un son distinct et répétitif se fit entendre. Il en avait tellement rêvé qu'il se demanda si c'était encore son imagination qui voulait le frustrer. Mais le bruit mat se répéta et il fut quasi certain d'être parfaitement réveillé : on toquait à la porte.
Il se redressa, branlant, son sang qui monta trop vite à la tête faillit le faire retomber à nouveau sur le canapé. Mais ce fut d'un pas assuré qu'il marcha vers la porte, et l'ouvrit brutalement, voyant déjà la tête blonde de son amant glisser sous ses doigts et son sourire timide murmurer :
« Je suis de retour ! »
Mais ce n'est pas sur Fye que la porte s'ouvrit. La déception était si violente qu'il faillit claquer la porte et repartir s'affaler sur le sofa. Puis, résigné, il s'en voulut d'être aussi con, encore à espérer un scénario stupide de happy end. Il devrait s'estimer heureux de recevoir une telle visite, au lieu de s'enfermer dans des délires égoïstes.
Son visage était encore totalement décomposé quand son invitée le salua poliment :
« Bonjour Monsieur Kurogané. »
Sakura Clow, encore assise dans son fauteuil roulant, avait remplacé son plâtre par un atèle. Derrière elle, une jeune fille brune aux longs cheveux ébènes qui finissaient en boucles soyeuses, arborait un sourire resplendissant malgré la face de bouledogue qui les avait accueillit.
« Pouvons-nous entrer ? Minauda-t-elle, aussi ravie que si elle introduisait les résultats du loto. Mlle Clow à besoin d'un rafraichissement.»
Visiblement, cette femme était son assistante. Mais en souvenir du caractère bien trempée de l'héritière, la brune devait au moins être une très bonne amie pour que Sakura accepte son aide, et d'être accompagnée jusque chez lui.
« Bonjour, euh... Oui je vous en prie. » Balbutia Kurogané en dégageant le chemin jusqu'au salon.
« Ceci n'est pas une visite officielle. » Annonça la rouquine, probablement afin de le mettre à l'aise. « Tomoyo m'accompagne uniquement quand je ne veux pas être enquiquinée par un garde du corps. »
Kurogané toisa ladite Tomoyo de la tête aux pieds, comme s'il s'attendait à la voir sortir un gun de son soutien gorge.
« Elle ne mord pas ! » plaisanta Sakura. « Ou du moins pas ceux qu'elle juge sympathique. »
Suite à cette remarque plus ou moins réconfortante, Kuorgané se dirigea vers la cuisine pour prendre trois verres ballons et sortit une bouteille de vin qu'il avait de bonne qualité. Enfin, pas empoisonnée.
Quand il les rejoint au salon, Sakura était confortablement installée dans un fauteuil, sa jambe maintenue par un coussin calée sur la table basse. Tomoyo restait droite comme un piquet à côté d'elle, affichant un sourire candide de gosse pénétrant dans un parc d'attraction.
« J'ai amené des sushis, je pensais que vous auriez… une petite faim. »
L'estomac de Kurogané grogna de satisfaction. C'était bien la première fois depuis des jours qu'il se sentit capable d'engloutir quelque chose à manger. C'était le pouvoir des Clow. Sakura avait une force de persuasion apaisante.
« Si ce n'est pas une visite officielle, de quoi êtes-vous venue me parler ? »
Sakura jeta un coup d'œil à Tomoyo qui prit congé sans un mot. Elle referma doucement la porte de l'appartement, sous le regard intrigué du politicien.
« D'où elle sort celle là ? »
« Je suis sûre que vous vous entendriez bien. »
« Permettez-moi d'en douter. »
Sakura ne releva pas et se saisit adroitement d'une tranche de sashimi et laissa s'échapper un soupir de délice, intimant Kurogané à se dépêcher d'avaler le reste avant qu'elle ne s'en charge.
Comme ni l'un ni l'autre n'osait engager la conversation, le début du repas se déroula dans le silence le plus complet. Sakura jetait des regards perturbés aux alentours, et le politicien sut, à son grand dam, sur quoi elle allait le questionner, là dans les secondes à venir. Autant en finir vite avec ces préliminaires diplomatiques alors.
« Allez dites le. »
Elle ne mit pas en doute que ses pensées étaient aussi claires que l'eau de roche et elle enchaîna :
« Le procès d'Ashura et en préparation et je ne vous ai pas vu faire de déclaration, ni organiser les moindres festivités. »
« Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, je ne suis pas très démonstratif. »
Il goba deux sushis pour éviter de voir la bouche de sa convive se tordre maladroitement, comme si elle cherchait les bons mots. Foutaises, il n'y avait pas de bons mots à employer. Juste des faits à énumérer. Ils ne pouvaient pas être bien formulés.
« C'est vrai, soupira-t-elle. Mais je craignais également que votre silence traduise quelque chose de plus grave.»
Elle bloqua un instant. Ni elle ni Kurogané ne voulait qu'elle termine ses suppositions. Aussi, dès qu'elle voulu exprimer l'évidence même, il la coupa prestement.
«Je - »
« Fye est parti. » Ces mots étaient aussi lourds que des pierres. Ils tombèrent hors de sa bouche avec le poids des regrets et du chagrin refoulé. Il avait l'impression que ces paroles étouffaient l'atmosphère qui les entourerait. « Pas besoin d'appeler Interpol ou le SAMU, ajouta-t-il face au regard perdue de la jeune fille, j'y survivrai. »
Ces yeux émeraude étincelèrent, et ces paupières battirent prestement comme pour chasser des larmes.
« Je suis tellement désolée… »
Il savait que c'était vrai. A défaut d'être voyante, Sakura était pourvue d'une empathie que le politicien jugeait peu enviable. Si elle avait su déceler son attachement envers son majordome sans même les rencontrer, il ne faisait aucun doute qu'elle partageait également les tréfonds de sa peine en cet instant.
Quelle ironie, dire qu'il y a quelques jours à peine, c'était lui qui la réconfortait d'une terrible perte. Il comprit pourquoi elle avait tenu à le soutenir lors de sa … dépression.
« Ne le soyez pas, murmura-t-il, ce n'est pas vous qui l'avez mis à la porte que je sache. »
Kurogané reposa ses baguettes. Il n'avait plus faim. Le souvenir de Fye le remplissait à ras bord de sensations malsaines, lui coupant définitivement l'appétit.
« Ce n'est pas pour le remplacer que vous m'avez amené cette gothique au sourire carnassier au moins ? »
Sakura eu un sourire rapide mais franc avant de rétorquer plus guillerette :
« Non, Tomoyo reste avec moi ! »
Le politicien se vit soulager que la rouquine ait su trouver dans son entourage une personne aussi fidèle, digne de confiance, surtout en ces moments douloureux. Bon, il passerait outre son inquiétude quant à son regard espiègle et ces prunelles luisant de perversité (peut être qu'il hallucinait après tout.)
« D'où est-ce qu'elle vient ? Réitéra-t-il. Pourquoi ne reste-t-elle pas ? » (Bien qu'il en soit fichtrement heureux, mais il préférait l'avoir à l'œil que de la laisser se balader dans sa tour.)
« C'est ma styliste personnelle. On a toujours été très proche, et j'ai tenu à ce qu'elle m'accompagne aujourd'hui. Je ne voulais pas alerter toute la maisonnée, et faire de ma visite officieuse un véritable esclandre. »
La nouvelle tournure de la conversation apaisa un moment le cœur de Kurogané excita son instinct. Il avait l'impression que Sakura héritait également des intonations énigmatiques de son père.
« Vous voulez donc parler de quelque chose que même la Clow Corporation ignore ? »
« Ou n'ignorera plus d'ici quelques semaines… »
Sakura reposa également ses baguettes et se redressa, les yeux teintés de gris, annonçant une conversation sérieuse.
« Je tiens avant tout à m'excuser si je me suis mêlée de ce qui ne me regardait pas, mais pour ma défense je m'occupe des affaires de mon père à présent. Y compris celles plus ou moins confidentielles. »
Ah, elle avait donc prit conscience de son projet le plus personnel et engageant, celui que même le départ de Fye avait réussi à chasser de son esprit.
« Vous n'avez pas à vous en excuser, il est normal que ces informations vous reviennent de droit. »
Soudain, en y songeant, il avait l'impression d'avoir laissé une grande partie de lui de côté. Devait-il abandonner, et laisser croupir sa détermination avec lui dans cet appartement ? Serait-il encore capable de croire en une utopie politique alors que son idylle personnelle l'avait abandonné et brisé ?
Une partie de lui se dit que si Sakura était venue jusque là, c'était pour le guider sur la réponse la plus juste. Et il serait toute ouï à l'opinion avisé de la jeune Clow.
« Votre père a dit que c'était de la folie. » commença-t-il en servant deux généreux verre de vin rouge.
« Je sais ce qu'a dit mon père. Mais vous voulez savoir ce que j'en pense ? »
« Maintenant que vous avez commencé vous n'avez pas le choix. »
« Je pense également que c'est de la folie … pour un nouveau dirigeant de la Clow Corporation. »
Ah ça, Kurogané ne l'avait pas vu venir. Il eu un sourire en coin :
« Les Clow seraient ils donc tous des pleutres ? »
« Le courage n'a rien à voir avec la raison, c'est une chose que j'ai appris le jour le plus terrible de ma vie, et qui a bien faillit me la coûter. »
Kurogané ne se souvenait que trop bien quand lui et Shaolan Li avait tenté de sauver la vie de la jeune fille alors qu'elle était prête à se laisser broyer par une tribune pour sauver des citoyens piégés des décombres. Si elle avait fuit, ce n'était pas par lâcheté, c'était par devoir. Et elle n'avait que trop bien compris à quel point cette tâche était incompatible avec ses élans de justice.
« Tu veux sauver le monde? Il fallait devenir justicier, Kurogané. »
Les mots de Toya résonnèrent comme une alarme programmée. Ils prirent encore plus de sens. Kurogané savait qu'il ne pourrait jamais imposer sa vision des choses en un jour. Mais il ne voulait pas croire qu'il ne restait qu'à abandonner. Sakura ne pouvait pas être venue pour lui demander de renoncer au projet de sa vie.
« Vous ne me faites pas confiance ? »
En vue du regard tourmenté qu'il lançait, à la limite de l'aberration, elle se rattrapa :
« Je vous confierait ma vie depuis le jour où vous m'avez sauvée au Tokyo Dôme. J'ai aussi confiance en vous, en temps que leader de la Suwa Compagny. Et j'apporterai toujours mon appui. »
« Alors pourquoi mettre en doutes mes actions ? »
« Je ne mets pas en doute vos actions que je trouve hautement louables. Explicita-t-elle. D'ailleurs en vue de l'éviction de votre adversaire, je ne nierais pas que vous êtes assurément le vainqueur des élections. Mais tout comme mon père, je pense que la ville de Tokyo n'est pas encore prête à faire preuve d'humanité. Il suffit de voir ce que l'affaire Ashura a déclenché ! »
Kurogané avala une grande gorgée de liqueur alcoolisée en songeant au chaos médiatique et politique qui devait secouer les habitants de la ville. Quel bordel, de découvrir les actes pervers et criminels d'un si éminent politique. Il n'était plus bon de jouer de rebondissements et de fourberies avec le peuple.
« Entre la compassion des uns et le sentiments de trahison des autres, continua l'héritière, nous sommes au bord de la déchirure… Si les japonais élisent un dirigeant qui ébranle ce en quoi ils croient, qui abolie ce contre quoi ils luttent … Ca sera la révolution. Si vous annoncez ça, ce projet caché, vous allez être l'origine de la plus grande insurrection du pays ! »
C'est ce qu'il avait toujours pensé, mais de façon assez ironique. Maintenant que le second tour des élections se profilait, et que ca victoire était quasi évidente, il devait prendre conscience de ses futures responsabilités à l'égard d'un pays traumatisé.
« Le futur président de la Clow Corporation va plus que jamais être enchaîné, enfermé dans un rôle et contraints par des obligations à l'égard d'une entreprise qu'il va devoir transformer en flambeau de gloire. »
« Quel dommage, moi qui croyait que j'allais avoir du bon temps. »
« Ne vous méprenez pas ! Ce que j'ai dit il y a des mois quant à ma joie sur votre victoire est vrai ! Il y a peu de personnes que je vois digne de reprendre les pas de mon père, et vous en faites parti. Mais je n'avais pas compris … que vous aspireriez à un rôle plus important. »
« Il n'y a pas plus important que d'être le représentant de Clow, mademoiselle. »
« Alors c'est que vous en saisissez pas l'impact de vos idéaux. »
Kurogané était dérouté. Sakura lui suggérait-elle de renoncer à la course à l'héritage la plus importante de sa vie ?
« Bien sur que je comprends l'importance de mes actes, contra-t-il, et c'est cette victoire qui m'aidera à les concrétiser ! C'est pour ça que je me bats depuis tant d'années. C'est pour ça que je n'aspire qu'à diriger la compagnie la plus importante de la ville, et montrer le bon exemple! »
Sakura se saisit également de son verre, et fit tournoyer le vin en contemplant la surface onduler, se lisser, puis tempêter à nouveau dans sa prison de cristal.
« Pourquoi vous battez-vous Kurogané ? Souffla-t-elle en fixant son ballon. Pour la gloire, ou pour la justice ? Car malheureusement, les deux ne vont pas encore de paire. »
La gloire, ou la justice ? La gloire d'être sacré à la plus haute instance du 21ème siècle dans le pays, ou la justice de sauver les citoyens de leur propre bourbier ? Il n'y avait pas à hésiter, il savait très bien pour quoi il se battait. Pour quoi il avait commencé. Ou plutôt pour qui…
Fye. Le cœur de son univers. Il n'aspirait qu'à l'impressionner, le sauver, le garder près de lui. Mais maintenant que son majordome l'avait rejeté, que tout se disloquait, effritant jusqu'à ces plus profondes motivations, en quoi pouvait-il croire ? A quoi cela servait-il à présent ? De lutter pour des idéaux qu'il ne pourrait plus partager avec la personne qu'il aimait le plus au monde…
« Des fois j'ai envie de tout abandonner, avoua-t-il, tremblant, face au regard maternel de la jeune fille. Peut être que je n'aurais pas du baser une si grande entreprise sur des sentiments. Bilan, ils auront été ma plus grande faiblesse, car maintenant je ne suis plus sûr de ce que je veux accomplir. »
La rouquine eu un soubresaut, et tapa de sa main la place libre à côté d'elle :
« Venez-vous asseoir près de moi s'il vous plait. »
Il s'exécuta sans une hésitation et pris place à côté de la jeune fille. Elle le regarda quelques secondes, puis lui asséna une claque aussi bruyante que monumentale. Sur le cul, le politicien n'eut même pas le temps de répliquer ou de se redresser, car déjà Sakura hurlait si fort qu'il ne faudrait que quelque secondes à la sécurité avant qu'on arrête le brun pour tentative de viol.
« Vos sentiments c'est votre FORCE ! Ne doutez jamais d'eux ! Ils vont ont guidés vers des décisions courageuses et vous devez croire en vous ! Dans tous les cas, lors des élections, vous serez un héros, aimé de tous ! Tout ca parce que votre amour a fait de vous ce que vous êtes. Pas seulement votre amour pour Fye, mais votre amour pour mon père, pour moi et pour les citoyens ! »
Les yeux comme deux ronds de flan, se massant machinalement la joue, Kurogané fixait toujours Sakura quand la porte s'ouvrit sur une Tomoyo ultra remontée. La jeune Clow l'arrêta d'un geste, et Kurogané était sûr que si elle ne l'avait pas fait, il finissait décapité par un katana sortit d'il ne sait où.
« Du calme, Tsukuyomi. Nous partons. »
« Bien mademoiselle. »
Elle reprit avec une affolante rapidité son sourire niais, et le politicien était désormais persuadé qu'elle n'était pas humaine…
Tous les deux aidèrent Sakura à se réinstaller dans son fauteuil, et lorsque que Kurogané cala soigneusement sa jambe dans son atèle, la main délicate de la fille se posa sur la sienne. Il releva la tête vers elle il décela dans son regard beaucoup de compassion, mais pas de regrets pour son geste.
« Vous êtes venue pour me demander d'abandonner, ou de ne rien lâcher ? » éluda-t-il, incertain du bilan de cette réunion.
« C'est à vous de savoir quel est le plus juste. Je vous ai averti de l'avenir d'une seule des directions qui s'offre à vous. Sans certitude aucune néanmoins. »
Elle l'attira légèrement à elle et souffla dans son oreille :
« Rendez vous fier. »
Ces mots suaves le transportèrent dans une dimension de surprise et de transe qu'il n'aurait plus pensé ressentir. C'est comme si un baume était délicatement appliqué contre la plaie béante de son cœur. Comme un baiser tendre. Il ne se rendit même pas compte que ses invitées partaient, car quand il reprit ses esprits il était de nouveau seul, avec cet isolement écrasant qui l'obligea de nouveau à s'assoir avant de s'évanouir.
Comment puis-je être fier de moi-même alors que je ne me suis jamais autant haï ?
De quel droit Sakura osait-elle affirmer qu'il était capable de tout, alors que le départ de Fye lui était insurmontable ? Elle n'était pas sans savoir qu'il était long de se remettre d'une perte douloureuse. Peut être que donner des conseils était simplement dans ses gènes. Peut être que ces mots seraient réellement capables de le relever. Peut être.
Putain, il était temps là ! Il devait se ressaisir ! Il ne pouvait pas rester oisif sur son canapé en buvant du saké alors que le destin de centaines de gens était entre ses mains !
Allez, sans ironie, Kurogané, c'est ça qu'est venu te dire Sakura ! Tu refuses d'admettre tes grandes capacités et tu abandonne trop facilement ! Réveille-toi !
Toute la journée il se donna des baffes mentales, s'insultait des pires noms et se réconfortait par des objectifs brillement atteints. Sa migraine atteignit le summum, mais il ne se laisserait pas putréfier un jour de plus. A un certain moment il fallait franchir le pas. Et il le ferait avec … ou sans lui.
Il attendit finalement la tombée de la nuit avant de monter à l'étage. Là, en face de lui, la chambre de Fye. L'ancienne chambre de Fye se corrigea-t-il avec effort. Il n'y avait pas mis les pieds depuis son départ, et en fut vraiment surpris. Il y entra avec beaucoup d'hésitation, mais son auto-persuasion mentale l'obligeait à être plus fort que les faiblesses qui le diminuaient.
La pièce était encore en bazar, le lit était défait, les portes de placards ouvertes, et quelque chemises pendaient aux cintres. Il restait une lampe, des livres, des vêtements, et sur la table de chevet prônait encore un réveil et une boite de mouchoirs. La chambre sentait le renfermé, mais il ne voulu pas l'aérer. Quelque part dans ce parfum moite et humide, un peu Fye subsistait. Il avait l'impression que le temps s'était arrêté et qu'à tout moment Fye pouvait revenir s'allonger dans ses draps défaits.
Il se mordit les lèvres et se sentit prêt à craquer. Droit comme un piquet, à s'imprégner de l'atmosphère de ce temps suspendu il finit par se coucher sur le lit du jeune homme. Il enfouit sa tête dans l'oreiller, se blottissant sur la taie, imaginant se lover contre des cheveux doux et blonds… Il huma les draps. Ils sentaient Fye. Il s'entortilla dedans, fantasmant de ses bras blancs et fins. Il voulait se noyer dans ce lit, plonger dans les draps où Fye avait allongé son corps, avait pleuré à cause de lui ou rêvé de lui.
Il finit par s'assoupir, bercé par des souvenirs amers. A moins que ce ne soient le gout âpre de ses larmes, mais il en doutait. Il n'avait jamais pleuré après tout.
oOo
Cette nuit là il fit un rêve étrange. Il sentait le froid l'étouffer, l'enfermer. Il était prisonnier dans un bloc de glace. Gelé, immobile et totalement incapable de parler, il regardait le monde alentours qui évoluait sans le voir. Les lieux tournoyaient, les gens défilaient et l'espace grandissait. Puis, comme si tout ceci n'était qu'une mise en scène pour rendre son arrivé plus impressionnante que jamais, Fye passa devant lui. Comme tout le monde, il ne le voyait pas. Kurogané tenta de crier, de tendre la main vers lui, mais il en fut totalement incapable, gelé par ses propres peurs. Il le regarda s'éloigner, complètement impuissant. Il disparu de son champ de vision, remplacé par une femme rousse et un enfant avec un ballon. Il n'avait pas pu le rattraper.
Ainsi devaient se passer les choses. Chacun faisait sa vie, Fye libre et fuyant, et Kurogané stagnant, paralysé par ses doutes et sa peine.
Le matin du 6ème jour, il avait l'impression d'émerger d'un long coma. Son corps transpirait et il avait des courbatures à toutes les articulations. Il ouvrit péniblement les yeux, et regarda pour la première fois depuis longtemps par la fenêtre. Un temps radieux qui l'accueillait. L'appelait. L'encourageait. C'était le moment.
Il se leva prestement, et alla chercher un grand sac poubelle dans la cuisine. Il revint dans la chambre avec la certitude qu'il ne ferait pas marche arrière. Il attrapa mécaniquement tout les affaires que le blond n'avait pas emporté, des chemises au réveil, incluant la lampe, un carnet, et les mouchoirs. Tout ce que Fye avait touché et qui pourrait lui rappeler son passage dans cet appartement. Il fourra tout dans son grand sac, chaque objet balancé allégeant un peu plus l'étau dans sa poitrine.
Une fois son butin amassé, il ouvrit la porte de son appartement, se précipita en bas. Tanaka ne dit pas un mot (Dieu merci il ne voulait absolument, absolument pas parler maintenant.) et il se jeta au dehors. L'air frais de l'aube le surprit, mordant son cou et son visage, mais ne le rebuta pas. Il jeta le sac poubelle dans une grande benne sur le trottoir, et à l'image de son fardeau expédié, il se sentit infiniment plus léger. Il soupira longuement, puis remonta se laver.
Une heure plus tard, il entrait dans la salle de réunion de la tour Suwa et commençait son topo sur le planning de la semaine chargée à venir.
Le chapitre suivant sera le dernier …à mois que je sois inspirée pour un épilogue, qui je vous l'assure, a déjà germé dans mon esprit ! Voila !
