"Je vais quitter le Myou Dha ...!"

Ces mots résonnaient encore dans la tête de Suguro. Même maintenant, alors qu'il se trouvait dans l'obscurité de sa chambre, il ne pouvait oublier le ton dans lequel ils avaient été dits et la détermination derrière eux. Si Jûzô Shima n'était pas intervenu...

La frustration de Ryûji augmenta encore plus.

Il se tourna sur le côté et essaya de se calmer en récitant des sutras dans sa tête. Pourtant, plus il essaya dans se distraire en le faisait, plus ses pensées se tournaient vers son père. Ryuji était... furieux contre lui. Déçu aussi. Confus. Sa tête lui tournait quand il y pensait, et il ferma étroitement les yeux, tentant de calmer sa colère. Sa tête a continuait à battre douloureusement, et Suguro sentit une piqûre humide dans ses yeux qui lui fit se mordre la lèvre inférieure.

La frustration l'intérieur de lui était trop importante à gérer pour son si petit corps. Il se sentait trop seul, et la culpabilité habitait lourdement son cœur quand il pensait à Shima et Konekomaru, qu'il avait fuit pour aller bouder dans sa chambre. Il devait leur présenter des excuses. Bientôt. Mais il ne voulait pas voir n'importe qui pour l'instant, pas quand il se sentait si malheureux.

Il se tourna de côté à nouveau. Dans l'obscurité de sa chambre, il aperçut la silhouette floue de son bureau, puis la pile de lettres qui étaient soigneusement empilées sur le dessus de celui-ci. C'étaient les lettres de Rin. Suguro les avait toutes relues ce matin.

Il en avait reçu une nouvelle cet après-midi, il s'en souvenait maintenant. Il l'avait fourrée dans sa poche et avait été sur le point de s'enfuir pour la lire au calme quand il avait entendu cette terrible phrase.

Suguro se mordit la lèvre, et s'assit avec précaution. Il prit la lettre dans sa poche et alluma la petite lampe à côté de son futon. La lumière le fit grimacer un peu, mais il se força à ignorer la douleur, s'essuya plus ou moins le visage avec sa manche, et a commença à lire la lettre.

Quand il l'eut terminé, une étincelle de bonheur jaillit dans sa poitrine, et elle se répandit, soulageant une partie de la détresse qui le tirait vers le bas. Vidant le contenu restant de l'enveloppe, il découvrit le bracelet que Rin lui avait offert. Les doigts de Ryûji de fermèrent autour de celui-ci pendant un moment. Quelques secondes plus tard, le bracelet était parfaitement enroulé autour de son poignet.

Cher Rin,

Merci.

Le bracelet m'allait très bien. Je l'ai mit tout à l'heure. Vraiment... merci.

Pour te dire la vérité, j'ai eu un moment assez difficile avant d'écrire cette lettre. Aujourd'hui... de plus en plus d'adeptes de mon temple veulent le quitter. C'est frustrant. Tout est vraiment frustrant. Je fais de mon mieux ici, mais le temps passe tout simplement trop lentement. Je ne peux rien faire du tout pour aider. Mon père... ne rend pas les choses faciles non plus. Il est secret et je déteste ça. Chaque fois que j'essaie de lui parler, il change de sujet et essaie de me distraire. Ce n'est pas mieux que mentir, et je déteste les mensonges. Nous ne sommes pas censés le faire, tu sais. Cela va à l'encontre de nos principes.

...Je suis désolé si j'ai l'air suis trop sérieux ici.

Je suis juste... effrayé. Ne sommes-nous pas censés être comme une famille ? Chaque fois que quelqu'un s'en va, ça devient encore plus solitaire ici. J'ai peur qu'un jour, Renzô et Konekomaru partiront aussi... Les choses changent ici cependant. Nous allors fusionner avec une autre...

Suguro s'arrêta une seconde, se demandant comment lui expliquer l'Ordre de la Croix Vraie. Il ne savait pas grand chose sur cette organisation pour l'instant. Il décida d'en savoir plus à ce sujet avant qu'il ne puisse le dire Rin.

... Avec une autre organisation, donc les choses devraient être meilleures à partir de maintenant, je l'espère.

Pour répondre à tes questions, non, Dieu n'est pas comme Bouddha. Je ne suis pas sûr de la religion que tu apprends dans ton monastère, mais le bouddhisme est plus qu'une simple religion. C'est un mode de vie. Nous ne croyons pas à des dieux. Au lieu de cela, nous suivons les enseignements de Bouddha. C'était un homme comme nous, alors nous ne l'adorons pas comme un dieu ou ne prions pas pour lui comme ça. Nous lui rendons hommage pour le remercier de nous conduire vers la voie de l'illumination.

Je ne sais pas si tout cela est un peu trop compliqué pour toi ou pas. Désolé si ça l'est.

À propos du dessin, heureux que tu l'aies aimé. Je suis celui au milieu. Renzô c'est celui avec l'expression stupide, et Konekomaru celui avec les cheveux courts. Il les a rasés récemment parce que Renzô a accidentellement collé un bonbon dans ses cheveux. (Nous l'avons tous deux corrigés pour ça, ne t'inquiète pas).

À quoi est-ce que vous ressemblez, toi et ton frère ?

J'espère que tu recevrais bien cette lettre, et j'ai hâte de voir ta réponse.

Cordialement,

Ton am-

Ton meilleur ami, Ryûji

PS: Je suis heureux que tu n'aies fait de mal à personne.