Bonjour à tous ! Ceci est, comme vous vous en doutez sûrement, le chapitre 14. je me félicite d'avoir réussi à le finir dans de si brefs délais (brefs pour moi, en tout cas…). Je suis très motivée pour le chapitre 15, je viens de l'écrire au brouillon et il me plait assez. Alors, si nous avons de la chance (et si je reçois beaucoup de reviews) vous l'aurez peut-être encore plus rapidement. Voilà, bonne lecture !
Chapitre 14
Le lendemain matin, les élèves se hâtèrent de façon tout à fait inhabituelle en se rendant dans la grande salle pour le petit-déjeuner. Tous, en effet, s'attendaient à une explication de la part du directeur au sujet des évènements de la veille –et ils ne furent pas déçus.
-Bonjour à tous, commença Dumbledore avec un demi-sourire.
Aussitôt, un silence de plomb s'installa dans la salle.
-Je présume, poursuivit-il, que ce n'est pas l'ardente envie de connaissance qui vous a tiré du lit de si bon matin.
Un murmure approbateur s'éleva de partout.
-Dommage. Enfin, tant pis. Puisque vous avez fait l'effort de vous lever, je pense que vous méritez bien quelques éclaircissements.
-Oui, des éclaircissements ! s'exclama un Poufsouffle en frappant du poing sur la table.
-Voici. Vous avez tous remarqué, hier soir, la présence hautement indésirée de la marque des ténèbres dans notre ciel non étoilé. Vous n'êtes pas sans savoir que cette marque est utilisée par les partisans de Voldemort (mouvement d'angoisse dans la salle) lorsqu'ils assassinent quelqu'un. J'ai de bonnes et de mauvaises nouvelles.
Il marqua un temps d'arrêt.
-La bonne nouvelle, c'est que personne, parmi le personnel et les résidents de Poudlard, n'a été assassiné –pas même la salamandre d'Hagrid. A vrai dire, aucun corps n'a été retrouvé et rien ne laisse à penser qu'un meurtre ait été commis dans l'enceinte du château.
Cette nouvelle fut accueillie avec soulagement –et un zeste de déception, surtout à la table des Serpentards.
-La mauvaise, continua Dumbledore d'un ton légèrement plus grave, c'est que des mangemorts se sont bel et bien introduits dans le parc du château.
La salle se mit à bourdonner de tous côtés.
-Pour quoi faire, si aucun meurtre n'a été commis ? demanda Malfoy à voix haute.
-Excellente question. Malheureusement, je n'ai pas de réponse à vous donner pour l'instant. Cependant, comme il parait peu probable que ces individus soient venus pour respirer le bon air de la forêt interdite, je vous conseille de ne pas sortir du château, jusqu'à ce que je vous en rende la permission. A vrai dire, je serais extrêmement contrarié si l'un de vous (son regard s'arrêta sur la table des Gryffondors, à l'endroit où étaient assis James et Sirius) s'avisait de ne pas respecter cette consigne. Me suis-je bien fait comprendre ?
Les élèves approuvèrent.
-Bien. Afin d'assurer votre sécurité, et de faire la lumière sur cette affaire, le ministère nous envoie une équipe d'aurors et d'agents du département de la sécurité. De plus, les protections du château ont été considérablement renforcées. Il est donc inutile de paniquer. Continuez à étudier comme si de rien n'était.
Le directeur se rassit. Les conversations reprirent de bon train.
« A vrai dire, il y a des raisons de paniquer », songea Harry en mordant dans un toast. « Mais ça ne vous fera aucun bien ».
-Alors, vous en pensez quoi ? demanda Wendel, surexcité.
Harry, les maraudeurs et Lily échangèrent un regard ennuyé.
-Euh… Pas grand-chose, répondit James.
-C'était des mangemorts, quoi, dit Peter en haussant les épaules.
-Bravo, Pettigrow, belle perspicacité, réplique Wendel, vexé. C'est tout ce que ça vous fait ?
-Ben… Qu'est-ce que tu veux qu'on te dise de plus ? demanda Sirius.
-Oh, allez… Vous êtes toujours fourrés dans des embrouilles pas possibles.
-Oui, mais là, on parle d'une vraie attaque, avec de vrais méchants, pas d'une embuscade de Serpentards, dit Remus. Désolé, mais ça nous dépasse un peu.
Les six aventuriers de la veille étaient épuisés et encore un peu ébranlés, et n'avaient aucune envie de parler de l'attaque avec qui que ce soit en dehors de leur petit cercle. Agacé, Wendel se tourna vers Harry.
-Et toi, le médium, qu'est-ce que tu en penses ? A ton avis, ils cherchaient quoi, ces types ?
-J'espère de tout mon cœur qu'on ne le saura jamais, répondit Harry.
-Pourquoi Dumbledore ne veut-il pas qu'on aille dans le parc ? demanda Jane Baker. Est-ce que ça implique le terrain de quidditch ?
-Bien sûr que non ! s'exclama James, irrité à la seule idée qu'on pouvait le priver de son sport favori.
-Bien sûr que si, répliqua Harry tranquillement.
Tous se tournèrent vers lui.
-Ah oui ? Et pourquoi, s'il te plaît ? demanda James.
-Le terrain de quidditch n'est pas plus sûr que le reste du parc, répondit Harry en haussant les épaules.
-Mais si ! Les mangemorts n'iraient pas attaquer des élèves en groupes et si proches des professeurs. De plus, le stade sera sûrement surveillé.
-Je ne pensais pas vraiment à une nouvelle attaque, dit Harry d'une voix songeuse. A mon avis, ce que Dumbledore craint, c'est plutôt…
-Quoi ?
-Je ne sais pas… Que les mangemorts aient mis, ou fait quelque chose dans le parc.
-Tu veux dire, une sorte de piège ? demanda Sirius, étonné.
-Oui, une sorte de piège, ou… En tout cas, un je-ne-sais-quoi maléfique et dangereux.
-C'est un peu vague, tu sais ? grogna James.
Harry haussa les épaules.
-Désolé, mais deviner les plans des mages noirs n'a jamais été ma spécialité…
-Et la marque des ténèbres ? Lui demanda Lily en réfléchissant.
-Une provocation, sans doute.
-Ou un avertissement, proposa Sally Larson, qui jusque là n'avait pris aucune part à la conversation.
Harry se tourna vers elle, étonné.
-Ça, c'est une idée, répondit-il d'une voix lente.
Les autres échangèrent des regards perplexes.
-Un avertissement ? Un avertissement pour quoi ? demanda Remus, dubitatif. S'ils ont vraiment placés des pièges ou un je-ne-sais-quoi, il on plutôt intérêt à ce qu'on ne le recherche pas, non ?
-Peut-être que c'est ce qu'ils veulent, dit Sally d'une voix neutre sans lever les yeux de son assiette. Qu'on le recherche et qu'on tombe dessus. Peut-être qu'ils veulent qu'on le déclenche par accident.
-Ça me semble assez tordu, votre histoire, répondit Wendel, sceptique.
-A moi aussi, affirma James d'un ton catégorique.
-Et à moi aussi, renchérit Sirius.
« Eh bien, pas à moi », songea Harry. « D'ailleurs, ça me semble tellement raisonnable que je vais peut-être risquer un petit tour dans le parc, quitte à contrarier Dumbledore. De toute façon, il n'en saura rien. ».
HPHPHPHPHHPHPHPHPHH
A midi, au lieu de se rendre au déjeuner, Harry utilisa un sort d'invisibilité pour se rendre sans être vu dans le parc du château, bien décidé à découvrir les plans secrets de Voldemort. Le parc grouillait de sorciers aux airs affairés qui sondaient le sol à l'aide de détecteurs de magie noire. Harry les regarda avec un certain attendrissement : autant chercher un poil de botruc dans un terrier de niffleurs.
Il se rendit à l'endroit où la marque était apparue. S'il y avait une réponse, songeait-il, c'est là qu'il la trouverait.
Comme c'était à prévoir, le terrain était occupé par la horde du ministère. Ils fouillaient les bosquets, observaient les arbres et prenaient la température, mesures que Harry jugeait parfaitement saugrenues. Il soupira, agacé ; il allait devoir fournir un petit effort pour faire disparaître ces importuns. Puis il esquissa un sourire ; il venait d'avoir une idée extrêmement amusante.
Il ferma les yeux pour se concentrer, et projeta dans l'esprit des sorciers du ministère l'illusion qu'un fumet irrésistible venait exciter leurs narines. Ses victimes réagirent aussitôt, cherchant d'où pouvait venir cette senteur paradisiaque. Il se concentra encore un peu, et implanta dans leur esprit la conviction que cela venait de l'Est. L'effet souhaité se produisit sans délai ; ils abandonnèrent baguettes et scrutoscopes, et, fascinés, se mirent à marcher vers l'Est comme des zombies, tournant le dos au château. Harry se permit un petit rire d'autosatisfaction. D'ici à ce que l'illusion s'estompe, ils auraient bien parcouru une vingtaine de kilomètres. Il était vraiment un grand magicien.
Désormais, le terrain était libre. Afin de pouvoir utiliser au mieux ses facultés, il abandonna son sort d'invisibilité. Si quelqu'un approchait, il aurait le temps de le sentir approcher.
Harry commença par regarder autour de lui. A priori, le terrain n'avait rien d'anormal ; des arbres, des bosquets, une petite clairière… Aucune trace perceptible de magie. Harry utilisa une technique qu'il avait appris auprès d'une sorcière malgache, qui permettait de voir le passé aux endroits où un meurtre avait eu lieu. Mais il ne vit rien du tout.
Mécontent, il sortit sa baguette et effleura les bosquets, les troncs des arbres, espérant provoquer une réaction quelconque (c'était une technique bien connue des briseurs de sortilèges, qui permettait de trouver les pièges de l'ennemi). Cette fois encore, il fit chou blanc.
Au bout d'un certain temps, il poussa un soupir et se résigna à chercher ailleurs. Il avait déjà fait quelques pas, quand soudain…
-Bonjour, William. Vous chercher quelque chose ?
Harry fit un bond de surprise. Il se retourna, et vit… Dumbledore, qui, les mains derrière le dos, lui souriait avec une candeur et une naïveté telle qu'Harry l'aurait pris pour un grand-père gâteux, s'il n'avait pas su à qui il avait affaire.
-Bon… Bonjour, professeur, balbutia-t-il en s'épongeant le front.
-Belle journée pour se promener, n'est-ce pas ?
-Oui, euh… Enfin, non… Je cherchais… Je cherchais ma baguette magique, inventa-t-il.
-Vraiment ? C'est étrange, n'est-ce pas cette chose que vous tenez en main ?
Harry se voua aux enfers mentalement.
-Oh, celle-là ? Ah ah! Non, ça, c'est ma baguette de rechange. L'autre est beaucoup mieux. Je l'ai perdue en me promenant dans le coin, hier soir.
-Tiens, tiens... fit Dumbledore d'un air rusé. Alors, comme ça, vous vous promeniez hier soir à l'endroit même où la marque des ténèbres est apparue ? Comme c'est intéressant…
-Ah, mais attention, je n'ai rien a voir avec ça ! je suis rentré assez tôt, et j'ai passé toute la soirée à travailler dans la salle commune.
-Vraiment ? Alors, si j'interroge vos petits camarades de Gryffondor, personne ne va raconter que vous avez disparu pendant un certain temps, précisément au moment où la présence des mangemorts a été détectée dans le château ? Que Sirius Black, votre ami, était également absent, et que personne ne vous a vu ni entendu revenir ?
Harry sentit sa mâchoire se décrocher.
-Allons, allons, dit Dumbledore d'un air de conspirateur, vous voyez bien que je sais tout.
-Quel est le traître qui m'a dénoncé ? rugit Harry.
-J'ai mes sources, Griffith, j'ai mes sources. Votre affaire n'est pas bonne, croyez-moi !
Harry poussa un profond soupir et se laissa tomber sur une souche.
-Bon, bon, j'avoue… Je suis sorti hier soir… Pour m'assurer que personne n'avait d'ennuis sérieux.
-Vraiment ? C'est tout ?
-Puisque je vous le dis !
-Dans ce cas… Mais que faîtes-vous ici, maintenant ? Et pourquoi avez-vous dérangé ces pauvres fonctionnaires qui ne faisaient que leur travail ?
Harry cligna des yeux, éberlué.
-Vous… Vous étiez là ? balbutia-t-il.
-Et j'ai tout vu, dit Dumbledore. Très amusant, cette façon que vous avez eu de distraire les gens du ministère. D'ailleurs, je vous dois une faveur. Je voulais m'en occuper moi-même, mais vous m'avez pris de vitesse.
-Comment vous avez fait pour échapper à mon illusion ? Je ne me suis même pas aperçu de votre présence !
-Je me cachais, répondit simplement Dumbledore.
-Je me croyais meilleur que cela, grommela Harry, vexé.
-La vie est faite de désillusions, répondit philosophiquement le directeur. Allons, revenons en à nos moutons. Que faîtes-vous ici, depuis une demi-heure ?
-Je cherchais des indices sur l'attaque d'hier soir, admit Harry d'un air coupable.
-Et vous pensiez être plus apte à y parvenir que les quinze sorciers hautement qualifiés du ministère qui travaillent depuis des heures sur cet endroit ?
-A vrai dire… Oui.
-Et vous aviez tout à fait raison. Vous avez vu, quand ils ont sondé le trou de botruc au scrutoscope ?
-Oh là là ! C'était d'un pathétique ! dit Harry en s'esclaffant. Et quand ils ont fait léviter le rocher pour voir si y avait pas un piège en dessous !
-Oh, oui, ça valait le détour ! Ces fonctionnaires sont parfois si distrayants… Enfin, restons sérieux. Vous n'avez rien trouvé, n'est-ce pas ?
-Non, dit piteusement Harry en secouant la tête. Et pourtant, j'ai cherché partout.
-Partout ? Vous êtes bien sûr ?
-Eh bien, en tout cas, j'ai utilisé tout ce que je savais en matière de détection de pièges enchantés et de mauvais sorts, mais ça n'a rien donné.
-Et quelle conclusion en tirez-vous ?
-Qu'il n'y a ni mauvais sort, ni magie noire, ou que je suis un imbécile.
-Et vous n'avez pas pensé, bien que vous ne soyez pas un imbécile, que ce que vous cherchiez pouvait être d'une autre nature ?
Harry fronça les sourcils, perplexe.
-Eh bien, Voldemort est un mage noir… D'habitude, il utilise bien la magie noire, non ?
-D'habitude, oui… Mais ce que fait aussi Voldemort d'habitude, c'est de cesser brusquement de faire ce qu'il fait d'habitude.
Harry haussa les épaules, perplexe.
-D'accord, je veux bien. Mais les clowns du ministère ont déjà fouillé les environs. Je ne vois pas…
-Peut-être n'ont-ils pas creusé assez loin.
Dumbledore regarda le sol d'un air suggestif. Harry suivit son regard, et se frappa le front. Là où regardait Dumbledore, la terre avait été fraîchement retournée.
-Je suis un vrai crétin. Je vais immédiatement aller me pendre à la branche la plus haute du premier arbre et m'employer à faire oublier au monde qu'un être aussi pathétique que moi ait jamais existé.
-D'accord, mais pas tout de suite. Pour l'instant, j'ai besoin d'aide pour creuser. Il vaut mieux y aller prudemment, on ne sait jamais sur quoi on peut tomber.
A l'aide de leurs baguettes, Dumbledore et Harry soulevèrent la terre par petits paquets. Harry retenait son souffle, s'attendant à tout moment à ce qu'une chose infâme et gluante surgisse de la boue et se jette à son cou. Cependant, comme, après un certain temps, rien ne s'était toujours produit, Harry commença à se dire que finalement, Dumbledore devait s'être trompé. Irrité, il souleva une dernière poignée de terre, et glapit d'horreur, avec un mouvement de recul. Une main humaine venait d'apparaître à l'endroit où il avait creusé.
-Nous y voilà, dit Dumbledore d'un air sombre.
Il acheva de dégager la terre, et fit léviter le corps hors de la fosse.
La victime était un homme de petite taille, musclé, assez jeune à en juger par le noir de ses cheveux. Son teint était blafard, mais laissait encore deviner son origine nord-africaine.
-Imhotep Bachmann, dit Dumbledore avant qu'Harry ait ouvert la bouche. Il travaillait sur un projet de coopération internationale de lutte contre le trafic de membres humains. Il a été enlevé par les mangemorts il y a deux mois. En pleine journée, juste devant le ministère.
-Deux mois, répéta Harry, le coeur serré. J'espère pour lui qu'il n'a pas vécu aussi longtemps. Plutôt la mort que deux mois des tortures de ces cinglés de mangemorts.
-C'est vrai, mais il a souffert. Regardez, il a des traces de lacérations sur le visage et les bras. De plus, l'état de son corps laisse à penser qu'il est mort récemment (Nda: désolée, on se croirait dans un mauvais épisode des experts).
-A moins que... Tiens, c'est quoi, ça?
Harry montra du doigt deux tâches noires en forme d'étoiles, de la taille d'une châtaigne, qui s'étalaient sur le cou de la victime.
-Ne le touchez surtout pas! S'exclama Dumbledore d'un ton alarmé en agrippant vivement Harry par le bras.
-Je n'en avais pas du tout l'intention, marmonna Harry.
D'un léger mouvement de baguette, Dumbledore ouvrit la chemise du corps d'Imhotep Bachmann. Harry retint son souffle. Sa poitrine était recouverte de tâches identiques.
-C'est pas bon signe, dit-il entre ses dents.
-En effet, dit Dumbledore, qui semblait encore plus inquiet que lui.
-On ne va pas l'emmener au château, hein?
-Non, ce serait courir un risque inutile. Je ne sais pas de quoi il s'agit, mais il vaut mieux éviter de l'approcher des élèves. C'est peut-être une forme d'arme bactériologique. Elles sont très à la mode chez les moldus, en ce moment.
-Hein? Voldemort utiliserait une technologie moldue? Vous voulez rire!
-Il ne l'utilise pas, il s'en inspire et l'améliore grâce à la magie.
-On est mal, dit Harry.
-Allons, ne cédons pas à la panique, dit Dumbledore en relevant la tête brusquement. Vous, retournez au château le plus vite et le plus discrètement possible. Allez directement dans mon bureau. Le mot de passe est diabolo fraise. Ne parlez à personne. Ne vous arrêtez pas en chemin. Ai-je été assez clair?
-Limpide. Mais qu'allez-vous faire du corps?
-Dés que vous aurez disparu, je préviendrai les gens du ministère. Nous trouverons bien un lieu pour l'isoler, en attendant d'en savoir plus. Maintenant, filez.
Harry ne se le fit pas dire deux fois.
HPHPHPHPHPHPHPHPH
Harry respecta à la lettre les instructions de Dumbledore. Son cerveau était en pleine ébullition. Il entra dans le château par le passage menant directement au quatrième étage, et passa au milieu des élèves qui retournaient en cours sans leur prêter la moindre attention. Malheureusement pour lui, Rusard se trouva sur son chemin.
-Griffith! S'exclama le concierge aux abois.
Harry fit comme s'il n'avait rien entendu.
-Griffith! Arrêtez-vous tout de suite, hurla-t-il en courant pour le rattraper.
De nombreux élèves se retournèrent. Parmi eux, se trouvaient Sirius et Remus. Les deux amis échangèrent un regard, intrigués par l'air soucieux d'Harry.
Harry poussa un profond soupir et s'arrêta sans se retourner. Il ferma les yeux, faisant un effort sur lui-même pour paraître aussi calme que possible.
-Oui? Demanda-t-il d'une voix aussi polie qu'il le pouvait.
Le concierge, essoufflé, affichait un sourire de prédateur.
-Vous êtes allés dehors? Demanda-t-il sans chercher à dissimuler son excitation.
-Non, répondit Harry, laconique.
-Alors, d'où vient toute cette horrible boue sur vos bottes?
Harry regarda ses pieds et pesta intérieurement.
-D'accord, j'étais dehors, admit-il. Mais avec l'accord du professeur Dumbledore.
-Vraiment? Demanda Rusard, dont les yeux s'étrécirent de méchanceté. Vous avez une autorisation écrite?
-Bien sûr que non, répondit Harry d'un ton qui trahissait son impatience. Vous n'avez qu'à lui demander quand il reviendra. Pour l'instant, il m'a demandé de l'attendre dans son bureau.
Sirius et Remus, de plus en plus intéressés, firent un pas en avant. Rusard s'esclaffa.
-Allons bon! Le directeur ne laisse jamais entrer d'élèves dans son bureau sans surveillance.
Il a bien raison, d'ailleurs. Vous autres jeunes voyous, vous en profiteriez pour casser des choses et fouiller dans les archives.
-Ça suffit comme ça, dit Harry dont le visage s'empourpra légèrement. Je n'ai pas le temps de discuter avec vous.
Cette réponse eut pour effet de mettre le concierge hors de lui.
-Vous ne passerez pas, rugit-il en barrant la route à Harry, alors que celui-ci faisait mine d'avancer.
Harry sortit sa baguette et la pointa droit vers le torse de Rusard, qui sursauta et recula comme s'il avait vu un serpent. Remus glapit.
-Holà, fit Sirius.
-William, arrête, dit Remus d'une voix presque suppliante. Tu vas t'attirer des ennuis...
-Dumbledore m'excusera, répliqua Harry avec assurance. Maintenant, monsieur, laissez-moi passer. C'est un cas de force majeure.
Voyant que le jeune homme était sérieux, le concierge s'écarta en lui jetant un regard assassin.
-J'en référerai à Dumbledore! Lui lança-t-il.
-Faites donc, répliqua Harry sans se retourner.
Sirius et Remus échangèrent de nouveau un regard et lui emboîtèrent le pas.
-Willy, qu'est-ce qui se passe? Demanda Sirius avec curiosité.
-Désolé, je ne peux rien te dire pour l'instant.
-Tu as des ennuis?
-Je ne sais pas. Peut-être. Mais il n'y a rien à faire pour l'instant, il faut que j'attende Dumbledore.
-On vient avec...
-Non, vous ne pouvez pas. Je regrette, mais c'est un ordre de Dumbledore... Retournez en cours. Si ce n'est rien, je vous raconterai tout plus tard. Sinon... Vous le saurez bien assez tôt. Diabolo fraise, dit-il en se tournant vers la gargouille qui bloquait l'entrée du bureau du directeur.
Quand le passage se fut ouvert, Harry monta sur la première marche de l'escalier en colimaçon. Il fit un geste d'adieu à ses amis et disparut derrière la gargouille.
-Ça sent le roussi, dit Sirius avec un petit sourire.
-On dirait presque que ça te réjouit, dit Remus en lui jetant un regard en biais.
-Hein? Pas du tout! Qu'est-ce qui te fais dire ça?
Remus haussa les épaules.
-A ton avis, qu'est-ce qui se passe? Demanda Sirius.
-Comment veux-tu que je le sache? William est toujours fourré dans des embrouilles impossibles... Mais là, ajouta-t-il en fronçant les sourcils, plus pour lui même que pour Sirius, ça semble plus sérieux.
-Ouais, même quand MacGonaggall nous a pris en chasse après le coup des ronflaks, il ne faisait pas cette tête là. Je me demande ce qui peut bien l'inquiéter... C'est sans doute lié à l'attaque d'hier.
-Oui, approuva Remus en hochant la tête, après la conversation de ce matin, il a du se mettre en tête de mener sa propre enquête.
-Quel égoïste! Fit Sirius, indigné. Il aurait pu nous appeler.
Remus leva les yeux au ciel.
-Oui, et comme ça, tu serais déjà en train de faire tes valises.
-Ça va, mister préfet, je plaisantais. Raaah! Je donnerais ma main de gloire pour savoir ce qu'il a trouvé!
-Quoi! S'exclama Remus, manquant de s'étrangler. Tu as une main de gloire?
Sirius sembla se ratatiner.
-Heu... Non, bien sûr que non, bredouilla-t-il d'un air coupable.
Remus lui jeta un regard désespéré.
-Souvent, avec toi, j'ai l'impression d'avoir en charge un gamin de trois ans. Avec James aussi... Mais toi, tu es bien le pire de tous.
HPHPHPHPHPHPHPHPH
Harry fit les cent pas pendant presque une heure dans le bureau de Dumbledore. Enfin, la porte s'ouvrit et la silhouette du professeur MacGonaggall apparut sur le seuil.
-Venez avec moi, Griffith, dit-elle, l'air soucieux. Dumbledore nous attend dans les cachots.
Sans prendre la peine de demander pourquoi le directeur le convoquait dans un endroit aussi déplaisant, il suivit son professeur et descendit dans les sous-sols du château. MacGonaggall le conduisit dans une pièce sombre, mais assez vaste, où se trouvait déjà une grande part du personnel et des professeurs de Poudlard. Mal à l'aise au milieu de cette assemblée, Harry se plaça en retrait dans un coin reculé. Au bout de quelques minutes, Dumbledore entra à son tour, mettant fin au brouhaha qui régnait dans la salle.
-J'ai d'importantes nouvelles à vous faire part, annonça-t-il sans préambule.
L'assistance retint son souffle. Dumbledore affichait un air sombre qui ne lui était pas coutumier.
En quelques phrases, Dumbledore raconta la découverte du cadavre d'Imhotep Bachmann dans le parc du château (il ne fit pas mention d'Harry, ce dont celui-ci lui fut reconnaissant). Puis, avant que l'assistance ait eu le temps de se remettre du choc de cette révélation, il aborda le point critique du sujet.
-Le corps que j'ai retrouvé, dit-il, portait des marques inquiétantes sur le corps, comme s'il avait été empoisonné ou atteint par une maladie grave. En fait, il s'agit bien d'une maladie, mais pas d'une maladie ordinaire. C'est un virus hautement contagieux. J'ai moi-même fait quelques analyses, et il apparaît qu'il contamine presque instantanément les éléments qui l'entourent.
L'assemblée tomba dans un silence choqué.
-Est-ce que vous voulez dire, demanda MacGonaggall d'une voix hésitante, que Vous-savez-qui cherche à nous contaminer?
-Oui, c'est ce que je crains, répondit Dumbledore. Ce qui m'inquiète le plus, c'est qu'il est impossible de savoir combien de corps -ou de choses contaminées, il ne s'agit pas forcément de cadavres humains, Voldemort a fait placer dans le parc. L'endroit où j'ai trouvé le corps se situe à l'opposé de celui où nous avons repéré un groupe de mangemorts hier soir. Nous ignorons combien d'individus se sont introduit dans le parc. Si un ou plusieurs groupes se sont approchés davantage du château, il est possible que nous soyons atteints dans les prochains jours.
Il y eut un concert de murmures affolés. « Je le savais! J'ai toujours su que la fin du monde était proche! », s'écria le professeur Lisbon avec de grands moulinets dramatiques.
-Et ce virus... Il est mortel? Demanda Slughorn, visiblement effrayé.
-Je n'en sais rien, répondit Dumbledore. Mais comme cela vient de Voldemort, on peut supposer que les effets seront hautement déplaisants.
-Allons bon, intervint Hagrid de sa gosse voix, on ne meurt pas d'un virus. Je suis tombé ne fois malade, dans ma vie, quand j'avais douze ans. Mon père ma donné une tisane et hop! Je suis allé jouer avec ma manticore apprivoisée.
Certaines personnes lui jetèrent un regard étrange, sans doute parce q'ils avaient du mal à se faire à l'idée qu'une manticore pouvait être apprivoisée.
-Oui, hem... dit Slughorn, en se raclant la gorge. Enfin, cette fois, il ne s'agit pas tout à fait d'un virus ordinaire.
-Vous avez raison, Horace, dit Dumbledore d'une voix lugubre. C'est pourquoi nous allons devoir placer le château en quarantaine.
Des exclamations de surprise retentirent de toutes parts.
-Le ministère a déjà pris ses dispositions, poursuivit Dumbledore. Jusqu'à nouvel ordre, personne ne sera autorisé à quitter l'enceinte du château. Cela concerne aussi les agents du ministère qui ont participé à la fouille du parc ce matin. De plus, l'accès au parc sera strictement interdit aux élèves. Les membres du personnel sont invités à s'y rendre le moins possible.
-Va-t-on dire aux élèves ce qui se passe? demanda le professeur Chourave d'un ton préoccupé. Ils vont paniquer, s'ils apprennent la vérité.
-Ils paniqueront davantage s'ils ont l'impression qu'on leur cache des choses, répliqua Dumbledore (Harry approuva tacitement). Ce sera votre devoir de faire en sorte que les choses se passent le plus sereinement que possible.
-Moi, je ne suis pas serein du tout, intervint Slughorn. Ai-je le droit de m'enfuir en courant?
-Je ne vous le conseille pas, répondit le professeur Cartiguayne en caressant sa canne avec une expression menaçante.
-Merci, Patience, dit Dumbledore. J'ai besoin que mes professeurs et mon personnel soient un modèle de sagesse et de sang-froid. Il y a beaucoup à faire, et j'ai du travail pour chacun d'entre vous.
En effet, Dumbledore appela tour à tour chacun des assistants et confia à chacun une mission particulière en fonction de ses compétences. A bout d'une dizaine de minutes, il ne resta plus qu'Harry et MacGonaggall.
-J'ai aussi un travail pour vous, dit le directeur en se tournant vers Harry.
-Ah? Fit celui-ci, un peu surpris.
-J'ai besoin de quelqu'un pour surveiller ce qu'il se passe parmi les élèves. Quelqu'un en qui les élèves ont confiance. Parfois, certaines choses échappent aux professeurs. Je veux que vous preniez la tête d'une petite équipe, composée des élèves de second cycle les plus responsables et les plus doués en potion de chaque maison. Vous serez chargés de repérer d'éventuelles manifestations du virus chez les élèves, et de transmettre les informations et consignes de sécurité.
-Pourquoi faut-il être bon en potion? Demanda Harry en fronçant les sourcils.
-Parce que, si la situation se complique trop vite, nous aurons peut-être besoin de vous pour... d'autres choses. Vous comprenez, le ministère aura sans doute du mal pour trouver assez de volontaires pour venir s'enfermer dans un château contaminé...
-Ah, d'accord.
MacGonaggall fronça les sourcils.
-Vous comprenez, j'espère, qu'il s'agit d'une haute responsabilité, dit-elle d'un air particulièrement sévère.
-J'ai toute confiance en William, intervint Dumbledore avant qu'Harry n'ait pu répondre. Je pense qu'il est le plus à même parmi les élèves de comprendre les dangers de cette situation. Et puis, il a de l'autorité et du sang-froid, cela rassurera ses camarades.
-Comptez là-dessus, dit Harry avec entrain, j'ai toujours eu l'âme d'un leader.
-Et celle d'un prétentieux congénital, ajouta MacGonaggall en levant les yeux au ciel. Enfin, je suppose qu'il va falloir s'en accommoder.
-Pour commencer, reprit Dumbledore, je voudrais que vous rassembliez les membres de votre future petite équipe (il lui tendit un bout de parchemin), dont voici la liste. Demandez-leur de venir dans une heure dans mon bureau. Inutile de leur dire pourquoi, je leur expliquerai tout le moment venu, avant d'annoncer la mise en quarantaine aux autres élèves.
Harry acquiesça d'un signe de tête et quitta le cachot d'un pas vif. Prévoyant que ses amis de Gryffondor risquaient de le retenir avec des questions, il commença par les élèves des autres maisons. Quand il s'introduisit dans la tour des Serpentards (Dumbledore lui avait aussi écrit les mots de passe), ces derniers le regardèrent comme un renard dans un poulailler. Il du montrer sa lettre signée par Dumbledore pour ne pas se faire lyncher par une horde de Serpentards survoltés, commandés par une Bellatrix teigneuse. Et il eut beaucoup de mal à convaincre Rogue qu'il venait juste lui transmettre une convocation. Le Serpentard le regarda avec une suspicion manifeste. Enfin, comme celui-ci ne lui répondait pas, Harry supposa q'il avait compris le message.
Outre Severus Rogue, le conseil comprenait un Serpentard, Rupert Vodkanokouroff, trois Poufsouffle, Marcia Everyellow, Nathalie Hobbes et Irène Grey, et deux Serdaigles, du nom d'Hastus Lincoln et Roger Feverman. Lily et son amie Sally représentaient avec Harry la maison des Gryffondors.
Une fois qu'il eut fait le tour des autres maisons, Harry retourna à la tour des Gryffondors et répondit, à l'écart des oreilles indiscrètes, aux questions de ses amis. Leurs réactions furent très proches de celles des professeurs. Peter manqua de s'évanouir, James semblait avoir pris un coup de massue sur la tête, Sirius jura de massacrer jusqu'au dernier les partisans de Voldemort, Remus s'inquiétait pour les plus jeunes élèves et Lily avait plaqué sa main sur sa bouche, horrifiée. Le visage de Sally, comme d'habitude, resta inexpressif, mais ses yeux brillaient avec intensité.
-Et... Qu'est-ce qui se passe quand on est atteint du virus? Demanda Remus.
Harry haussa les épaules en signe d'ignorance.
-Ça, on le saura bien assez tôt, répondit-il. Allez, les filles, il faut qu'on y aille (il se leva). Et vous, ajouta-t-il d'un ton menaçant en se tournant vers les maraudeurs, si jamais j'apprend que l'un d'entre vous n'a pas réussi à tenir sa langue...
-Tu sais, dit Sirius, pour une fois, je n'ai pas vraiment envie de bavarder...
-C'est comme moi, dit Peter avec sincérité. D'ailleurs, j'aurais peut-être préféré ne rien savoir...
Personne ne le contredit.
HPHPHPHPHHPHPHPHPHHP
Il fallut moins de vingt-quatre heures pour s'apercevoir que Dumbledore ne s'était pas trompé sur l'urgence de la situation. En effet, dés le lendemain matin, un nombre relativement important d'élèves se rendirent à l'infirmerie, souffrants de symptômes inquiétants; violentes nausées, toux, vomissements et courbatures. En d'autres circonstances, on aurait pu prendre leur maladie pour une mauvaise grippe, mais outre leur nombre inhabituel, il s'avéra que les potions de madame Pomfresh ne parvenaient pas à faire disparaître durablement les maux dont souffraient les élèves atteints.
Le soir, les membres du conseil dont Harry était le chef accueillirent l'équipe de médicomages envoyés par le ministère; un vieux médicomage borgne, une sorcière spécialisée en virologie magique et trois sorciers-infirmiers. C'étaient les seuls qu'on avait réussi à convaincre de s'exposer au virus de Voldemort.
D'accord, c'était un petit chapitre. Le prochain sera beaucoup plus long, et il s'y passera beaucoup de choses… Enfin, SI vous m'envoyez des reviews, bien sûr… A bientôt !
RAR :
Flo : t'as vu ça ? cette fois t'as même pas eu besoin de me faire sortir de mon tombeau ! Merci et à bientôt (y a intérêt)
Lapis Lazuli : Argh ! Maudit soit internet ! Mais c'est bien, ta review arrive juste au moment où je poste ce chapitre. En espérant que la technologie ne te prive pas de le lire, à bientôt !
Adenoide : eh oui, MacGonaggall a commis une faute professionnelle. Enfin bon, en même temps, y a quand même pas des mages noirs à tous les coins de rue. Bises, et merci pour le clic sur le bouton violet !
Enaira : rat qui a raté sa vocation de limace, c'est pas mal, j'aime bien. Je vois bien le tableau : à l'avant, une tête et des pattes de rats, et à l'arrière un corps de limace de trente centimètres de long… Miam !
L'âne-Oh-nyme sans nom : Salut ! Moi, je fume des reviews. Ça m'aide beaucoup à trouver l'inspiration. Je serais prête à écrire cent chapitres de la taille du treize pour avoir mes reviews. Chacun son truc…. Eh oui, c'est embêtant pour Harry, cette histoire de carte (comme tu le verras dans un prochain chapitre). A bientôt pour la prochaine piqure (dépêche toi, je suis déjà en manque) !
666Naku : Salut ! le mieux, ce serait que Voldemort organise carrément une conférence, avec la presse et tout ça, pour que tout le monde soit bien au courant. Je vois bien le scoop dans les journaux : « le fils caché de James Potter, un héros que vous ne connaissez pas encore ! En exclusivité, les révélations choc du futur de Voldemort, revenu tout droit d'un voyage temporel de mille ans afin d'aider son passé à torturer et assassiner ». Je crois que ça aurait du succès. En tout cas, merci pour ta review, et à bientôt !
Un très très grand merci aussi à Tchaye, Elise, me, Lady Ange Shadow, Meri-Chan91, Demenciae, Lily Eowyn Black, Harry pottermanga et L'éclat de Lune pour m'avoir fait savoir que ma fic ne leur déplaisait pas trop. Vos encouragements sont très précieux.
