Et voilà le chapitre 14 de notre fanfiction basée sur Harry Potter à Labyrinthe-infini et à moi ! En espérant que vous apprécierez, bonne lecture~
Disclamer : l'univers de Harry Potter ne nous appartient pas.
Chapitre 14 - Créatures magiques
Un rayon de soleil vint percer à travers la paupière de Mélanie, la tirant de son profond sommeil. Fronçant les sourcils, la jeune fille se recroquevilla dans son épais édredon, succombant à l'appel de son lit avec délice. Lundi avait beau venir de commencer et, avec lui, la reprise des cours pour la semaine elle se sentait malgré tout bien peu encline à travailler en cette belle journée prometteuse.
- Debout, espèce de marmotte ! fit une voix à ses oreilles brusquement, la forçant à entrouvrir ses yeux bouffis de sommeil avec un ronchonnement.
Zita et Swan était déjà levées, achevant d'enfiler leur robe de sorcière chacune de leur côté, l'air fraiches et reposées, prêtes à attaquer la journée. Un tel entrain n'eut pour effet que de vider la jeune Poufsouffle de ses maigres forces et elle se laissa aussitôt retomber sur son matelas avec un soupir contrarié.
- Pas enviiiie ! râla-t-elle en s'enfouissant sous son oreiller, fuyant le soleil matinal s'infiltrant au sein du dortoir par les minuscules fenêtres rondes, situées à la base du plafond.
- Allez, la poussa Zita, la plus grande des deux jumelles, en tirant sur sa couette, la forçant à émerger des bras d'un Morphée visiblement peu coopératif, courage flemmarde ! Avec un peu de chance tu vas pouvoir passer un peu plus de temps avec ton précieux Joshuan aujourd'hui…
Cette réplique eut pour effet de faire se redresser presque aussitôt Mélanie sur son lit, l'air toujours aussi ensommeillé mais une lueur d'intérêt brillant au fond du regard. Zita ne put retenir un éclat de rire à la vue de cette vision cocasse, renforcée par l'aspect échevelé de la jeune fille.
- Allez habille-toi, l'enjoignit-elle en rejoignant sa sœur à la porte du dortoir, on t'attend dans la Salle Commune, et magne toi !
Avec dépit, l'adolescente s'exécuta à contrecœur, enfilant le premier T-shirt qui passait à portée de sa main par-dessus ses sous-vêtements. Alors qu'elle boutonnait son jean, un vague sourire naquit sur ses lèvres, accompagné d'un léger rosissement au niveau des joues. Zita n'avait pas tord : malgré son manque de volonté à l'idée de reprendre les cours, elle ne pouvait nier que la perspective de passer une autre journée en compagnie du beau Poufsouffle à la cicatrice hantant ses pensées avait quelque chose d'alléchant.
Ragaillardie, elle se hâta d'achever de s'habiller, enfilant sa robe maladroitement.
Cependant, dans la Salle Commune, une mauvaise surprise l'attendait. Zita et Swan l'y attendait en effet en compagnie d'Hadrien, ami et compagnon de chambre de Joshuan, visiblement seul ce matin. Mélanie fronça les sourcils, inquiète.
- Coucou, fit-elle en saluant brièvement le jeune homme à la tenue affriolante, ton pote n'est pas avec toi ?
- Si tu parles de Joshuan, il ne se sentait pas bien ce matin ! répondit l'interpelé avec un sourire moqueur, il a préféré rester au lit du coup ! Déçue ?
Il accompagna sa question d'un ébouriffage de cheveux affectueux auquel la jeune fille réagit à peine, troublée. L'objet de toutes ses pensées était-il donc si épuisé par leurs sorties nocturnes répétées ? Il y avait de quoi se sentir coupable…
- Ne t'en fais pas trop pour lui, affirma Swan, sentant l'inquiétude de son amie, ça lui arrive souvent ! Il est de constitution fragile et il a déjà séché plusieurs journées de cours à cause de ça depuis son arrivée à Poudlard, pas vrai Hadri' ?
- Yep ! approuva le Poufsouffle avec un signe de tête qui se voulait rassurant, il doit même boire son immonde potion qui pue tous les mois ! Je lui ais déjà dit plusieurs fois que ça ne faisait que lui détériorer la santé ce truc mais il ne veut rien entendre, une vraie tête de mule !
- Une potion ? s'étonna Mélanie, surprise.
Elle avait été à des lieux d'imaginer que Joshuan puisse être d'aussi faible constitution ! Peut-être avait-elle vraiment fini par le pousser à bout avec toutes ces histoires de traduction runique ? Sans compter ce qui s'était déroulé au cours de la nuit passée…
Fermant les yeux un instant, la jeune fille se remémora l'événement, retenant un frisson. Elle avait regagné connaissance quelques secondes seulement après avoir été frappée par le raie de lumière, rencontrant presque immédiatement les yeux pleins d'inquiétude de son camarade de classe. Ce dernier n'avait fini par se détendre que lorsque que chacun de ses amis était revenu à lui, l'un après l'autre. Aucun d'entre eux n'avait senti le moindre changement en eux suite à cet étrange phénomène magique, mis à part un mal de crâne lancinant.
Pendant la demi-heure qui avait suivi, ils avaient pris soin d'inspecter la nouvelle Salle des Fondateurs enfin descellée, sans rien relever de bien intéressant. L'étage inférieur déverrouillé conduisait à une simple pièce étroite avec un lit et un bureau, rappelant une minuscule chambre d'étudiant, située dans un minuscule compartiment au dessous de la dalle centrale depuis laquelle ils avaient lancé le contre-sort.
Joshuan, intrigué par les Runes dissimulées derrière les étendards, avait tenté d'en savoir plus mais avait été incapable de les déchiffrer, ces dernières ayant disparu, au profit d'une grande ouverture en arcade. Chacune d'entre elle menait à une autre chambre respective, aux couleurs de la Maison correspondante, peu meublée mais avenante, ainsi que désespérément vide d'indices.
Arthémis avait fini par proclamer qu'il devait s'agir là des anciens appartements privés des Fondateurs de Poudlard avant de sonner le rapatriement des troupes, inquiète en raison de l'heure tournante. Tous avaient fini par quitter la pièce, légèrement déçus par cette recherche infructueuse, avec la promesse d'en discuter le lendemain à la première occasion.
Au fond d'elle, Mélanie avait hâte d'aborder le sujet avec Joshuan et les autres, intriguée. En effet, si la présence des quatre chambres derrière les étendards était facilement explicable, celle de la cinquième pièce l'était beaucoup moins, sans compter ces ultimes Runes qui semblaient avoir agi sur eux… Mais de quelle façon ?
Amère, la jeune fille finit par se faire une raison et par rejoindre ses camarades qui s'apprêtaient à sortir de la salle. Avant de partir, elle se surprit à jeter un ultime regard hésitant en direction de la porte du dortoir des garçons, tentée d'aller voir Joshuan et de lui demander si tout allait bien.
Elle finit cependant par baisser les bras sous les regards insistants de Swan et Zita. Elle aurait tout le temps de prendre des nouvelles du jeune Poufsouffle après les cours après tout !
Arthémis fixait d'un regard vide son bol de porridge, laissant négligemment sa cuillère jouer d'elle-même avec les grumeaux. Célia, qui en était à sa troisième portion depuis leur arrivée et continuait à se goinfrer, y jeta un regard en biais malgré elle, envieuse.
- Tu ne le mange pas ? questionna-t-elle, la bouche pleine, avant de s'emparer du bol avec un petit cri de régal sans attendre la moindre permission.
L'adolescente au regard cerclé d'or ne prit même pas la peine de s'en formaliser, à la grande surprise de ses condisciples, perdue dans ses pensées.
Elle avait beau tenter de penser à autre chose, les événements de la soirée d'hier ne cessaient de lui revenir en tête, tournant en boucle dans son esprit sans lui laisser ne serait-ce qu'un instant de répit, relançant sa migraine par à-coups.
Elle ne pensait plus qu'à une chose désormais : ces étonnants rayons qui avaient frappé chacun de ses amis au moment de la fin de l'incantation ancestrale. A chaque fois qu'elle les revoyait s'effondrer devant ses yeux, il lui semblait que son estomac se tordait un peu plus dans son ventre, lui coupant encore plus l'appétit sous le poids de la culpabilité. Et si, dans sa quête de vérité, elle avait fini par exposer ses amis à de dangereux maléfices dont elle ignorait tout ? Peut-être chercher à en savoir plus sur cette mystérieuse pièce secrète dissimulée au fond de leurs songes avait été une erreur au final ? Peut-être était-il encore temps de tout arrêter avant d'aller trop loin ?
Certes, aucun de ses compagnons d'infortune n'avait semblé blessé au cours de l'acte, cependant rien ne garantissait que de futures séquelles, directes conséquences des rayons de magie ultra-concentrée qu'ils s'étaient tous reçu de plein fouet, n'allaient pas finir par faire surface. Auquel cas, Arthémis était persuadée qu'elle ne parviendrait jamais à se le pardonner.
Pourtant, derrière la voix de la raison qui lui hurlait de tout arrêter sur le champ avant qu'il ne soit trop tard, un léger murmure continuait à s'élever au fond de son cerveau, lancinant, presque hypnotique. Le murmure de la curiosité.
« Pourquoi t'es-tu évanouie comme les autres alors que tu n'as reçu aucun sort ? répétait-elle sans cesse, fugace, entre deux pensées coupables, comment se fait-il d'ailleurs que tu n'aies pas reçu de sort toi alors que tu fais ce rêve comme les autres depuis longtemps ? ».
Agacée face à son subconscient, Arthémis reposa avec un peu trop de précipitation son gobelet de jus de citrouille qui rependit des gouttes d'un orange mordoré un peu partout sur la nappe. Célia, interprétant mal son geste, s'empressa de reposer le bol de porridge d'un air coupable mais la jeune Serdaigle lui accorda à peine un regard.
La tête toujours bourdonnante de pensées contradictoires, elle échangea un coup d'œil avec Lucile à l'autre bout de la table. Son amie non plus n'avait guère touchée à son assiette de bacon, ses cheveux si lisses et brillants d'ordinaires négligemment attachés aujourd'hui témoignant du trouble qui l'habitait depuis la nuit dernière. Il suffit d'un échange muet entre les deux filles pour que chacune comprenne que l'autre était en proie aux mêmes doutes.
Seul Noah semblait étrangement guilleret ce matin, avalant avec appétit des litres de chocolat chaud dans lesquels il versait de grande louche de miel, dévorant avec un appétit inhabituel son petit déjeuner. Arthémis aussi un sourcil circonspect : il n'était pas dans les habitudes du jeune homme, plutôt réservé d'ordinaire, de se goinfrer autant, et encore moins dés le matin, où il était en général plutôt d'humeur maussade.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? ne put-elle s'empêcher de s'enquérir, une pointe de jalousie dans la voix –comment pouvait-il faire preuve d'autant d'enthousiasme après ce qui leur était arrivé dans la Salle des Fondateurs ?
Noah attendit d'avoir avalé les restes d'un énorme croissant garni de confiture de groseille avant de répondre, la bouche encore un peu pâteuse :
- Rien, je suis juste content à l'idée d'avoir cours ! Pas vous ?
Cette remarque ne fit qu'ajouter à l'incrédulité d'Arthémis. Les cours de Potion, comme ceux qu'ils devaient avoir ce matin, avaient toujours et ce depuis leur arrivée à Poudlard été parmi ceux que l'adolescent abhorrait le plus.
Lucile, plus perspicace que sa comparse, eu soudain un sourire en coin.
- Ce ne serait pas parce qu'on a cours avec les Poufsouffle tout à l'heure par hasard ? questionna-t-elle en toute innocence, il me semble que tu es plutôt proche de ce Joshuan depuis nos… Devoirs en commun.
Elle s'était rattrapée de justesse face au regard inquisiteur d'Arthémis mais manifestement personne, aux alentours de la table de Serdaigle, n'avait pris garde à l'étrangeté de la remarque. Il était tout à fait naturel pour des élèves de Maisons différentes de s'entraider pour certains travaux, et encore plus lorsqu'il s'agissait de l'année des BUSE.
Célia, cependant, parut soudain très intéressée, se penchant au dessus de la table en direction de l'adolescent aux lunettes, ses manches trop longues trempant dans les restes du porridge d'Arthémis par inadvertance.
- Joshuan…Cast ? questionna-t-elle d'un air gourmand, ses yeux étincelant de malice sous ses quelques mèches magiquement décolorées, ce type un peu chétif qui traine tout le temps avec ce Poufsouffle aux robes multicolores ? Alors comme ça vous êtes proches tous les deux ?
Arthémis leva les yeux au ciel (ou plutôt, au plafond magique, d'un beau bleu pâle ce jour-ci). Elle savait ce qui intéressant temps la préfète de Serdaigle dans cette histoire. Depuis qu'elle avait surpris Noah à regarder avec insistance Tommy dans leur Salle Commune, elle refusait de démordre de sa théorie de l'homosexualité et ne cessait de remettre le sujet sur le tapis lorsqu'elles se retrouvaient entre fille, au grand agacement de Lexie qui devait déployer des trésors d'ingéniosités pour la calmer.
Manifestement indifférent aux doutes qui planaient sur lui, Noah haussa les épaules d'un air indifférent, vidant son troisième bol de chocolat du coin des lèvres.
- Pas spécialement, finit-il par répondre d'un ton égal qui eut l'air de décevoir Célia quelque peu, c'est simplement que c'est le premier garçon avec qui je m'entends bien ici à Poudlard et que ça me fait du bien de parler un peu avec une personne qui ne soit pas de sexe féminin… Ne le prenez pas mal surtout !
Arthémis eut un vague geste indifférent de la main, déjà perdue de nouveau dans ses pensées tournant autours de la Salle des Fondateurs. Pourtant, les paroles du jeune homme parvinrent à se frayer un chemin jusqu'à son esprit et elle se surprit à culpabiliser un peu plus, en songeant que Noah devait se sentir très seul depuis la découverte de ses pouvoirs, entouré de filles comme il l'était. Peut-être fréquenter Joshuan le soulageait-il quelque peu au final ?
Son air enjoué lorsqu'il fut l'heure de se rendre au cachot pour le double cours de Potion confirma cette pensée et Arthémis ne put retenir un sourire en pensant qu'au moins leurs investigations concernant la mystérieuse pièce dissimulée avaient eu un effet positif sur quelqu'un.
Noah déchanta vite cependant une fois entrée dans la vaste et sombre pièce peuplée de chaudrons en étain lorsqu'il remarqua la place vide à côté d'Hadrien Rebbelieux de Poufsouffle, habituel trinôme de Joshuan avec un autre garçon au teint mat.
Mélanie, arrivée quelques secondes après eux, se hâta de répéter ce que Zita et Swann lui avait dit sur le compte de Joshuan le matin même et l'humeur du jeune homme redescendit en flèche alors qu'il allait s'assoir, l'air morose, entre Léon et Aurélia à quelques rangs du leur.
Il se montra catastrophique pendant le reste du cours et même la bonne humeur habituelle du professeur Oliver, pourtant fort contagieuse, ne suffit pas à le dérider. Au final, ce fut un Noah grincheux qui ne se fit pas prier pour quitter le cachot le premier lorsque la cloche sonna, annonçant la fin des deux heures de cours, sous les regards affligés de ses amies.
Mélanie ne put retenir une moue en rangeant son manuel de potion dans son sac, ayant la plus grande peine du monde à se montrer compatissante. Elle-même était frustrée par l'absence du beau brun mais n'en faisant pas une maladie pour autant, dominant ses émotions avec un certain brio pour lequel Arthémis, au fond d'elle-même, la félicita chaudement.
Le groupe n'eut l'occasion de discuter avec Sylvia que très brièvement au cours du déjeuner avant le début de leur cours en option, discussion pendant laquelle ils convinrent, à voix basse, de ne pas se rendre de nouveau à la Salle des Fondateurs avant le rétablissement de Joshuan, par égard pour le jeune homme. « Après tout, sans lui, on n'aurait jamais pu aller aussi loin », fit très justement remarquer Lucile, faisant légèrement rosir Mélanie au passage.
Durant le cours de Divination, ce fut au tour d'Arthémis de se montrer d'une humeur massacrante. Elle se montrait toujours aussi peu douée dans la matière et les regards de déception à demi voilés que lui accordaient de temps à autre le professeur Pellatiars depuis son bureau ne faisait qu'ajouter au sentiment de frustration duquel elle se sentait prisonnière depuis le début de la matinée.
Elle quitta l'atmosphère étouffante de parfum de la salle de la Tour Nord avec un soupir de soulagement à peine dissimulée, Noah, Célia et Lucile sur ses talons, et se prépara, après avoir rejoint Béa et Lexie en cours de route, à affronter une ultime heure de Défense Contre les Forces du Mal avant une pause bien méritée.
Avoir cours avec le directeur de l'établissement était toujours une expérience étonnante et même Célia avoua à plusieurs reprises qu'elle n'avait pas la moindre idée de comment le professeur Potter parvenait à assumer ses fonctions tout en assurant le bon déroulement de ses leçons, sans compter les rattrapages dont bénéficiaient parfois le groupe d'Arthémis. Malgré cet emploi du temps visiblement inhumain, force était de constater que le directeur de Poudlard, malgré son grand âge, était un enseignant exemplaire.
La façon dont il abordait les sujets théoriques laissait deviner une très riche expérience personnel en matière de combat contre la Magie Noir et les parties pratiques se révélaient bien souvent fascinantes, quoi que d'un niveau très ardues. Si Arthémis avait parfois du mal à progresser, elle devait reconnaitre que les sortilèges enseignés étaient parmi les plus intéressants. Au moins avait-elle l'impression que ces derniers servaient à quelque chose, contrairement à ceux que le professeur Laglier s'obstinaient à leur enseigner, d'une complexité ridicule en comparaison avec le résultat obtenue.
« Des souris en tasse, non mais vraiment… » pensa-t-elle avec un rictus mauvais tout en s'exerçant avec soin au sortilège de Réduction qui, cette fois, parvint à faire exploser sa cible –une boîte de kleenex- avec efficacité.
Le reste de la journée se déroula sans incident notable et, après une ultime séance de cours de rattrapages avec le professeur Puyol qui se termina tard le soir, bien après que le soleil se soit couché, Arthémis se surprit à constater qu'elle avait réussi à ne pas penser à la Salle des Prophètes pendant plusieurs heures.
Ce fut un groupe un peu plus détendu que le matin même qui se sépara au niveau des escaliers, Sylvia et Mélanie descendant en direction des sous-sols tandis que les trois autres remontaient les marches quatre à quatre vers la Tour de Serdaigle, désireux d'éviter Lamanzana, qui devait trainer dans les couloirs à cette heure-ci à l'affut d'une proie à punir avec acharnement.
Éreintée par la journée de cours et la dernière semaine à enquêter d'arrache-pied sur les mystères de la Salle des Fondateurs, Arthémis se surprit à rêvasser face à son devoir de Métamorphose au bout de quelques minutes seulement, le regard perdu dans la contemplation du visage de marbre noble de Rowena Serdaigle, à la surface de laquelle se reflétait les flammes dansantes de l'âtre de la Salle Commune.
Étouffant un bâillement, elle jeta un bref coup d'œil à la longue liste de questions qu'elle avait encore à traiter avant de capituler, remettant le fastidieux travail au lendemain. Elle aurait une heure de trou avant le cours du professeur Laglier, autant en profiter pour récupérer quelques peu, quitte à se mettre en retard.
- Bon, moi je vais me coucher, annonça-t-elle en s'étirant paresseusement, à la manière d'un chat gracieux.
Seuls quelques murmures, visiblement guère plus éveillés qu'elle, lui répondirent autours de la table qu'ils avaient choisis pour travailler. Noah avait le regard résolument fixé sur un point au loin, le regard vitreux, des gouttes d'encre s'écoulant de sa plume à intervalle régulier pour venir tomber à la surface de son parchemin, guère plus rempli que le sien. Quant à Lucile, elle agitait sa longue et fine baguette en bois de charme d'un air rêveur, s'exerçant de façon presque inconsciente au sortilège de Lévitation sur une pile de friandises ramenées des cuisines par Célia, comme elle avait pris l'habitude de le faire lorsque son esprit s'évadait malgré elle. En fait, seule Béa semblait encore pleinement concentrée sur son travail, le nez à moitié coller sur la surface rugueuse de son devoir, sa plume courant frénétiquement sur le papier.
- Bonne nuit, fut-elle la seule à lâcher de sa voix douce sans pour autant se retourner vers Arthémis, au moment précis où Célia étouffait un début de ronflement sonore, s'attirant les petits rires moqueurs d'un groupe de 2ème année qui trainait dans le coin.
Renonçant à attirer plus d'attention sur son départ, elle abdiqua et se dirigea lentement vers la porte menant aux dortoirs des filles, la tête lourde et les paupières plombées de fatigue. Le poids des remords et des interrogations s'étaient envolés de son esprit en cet instant précis. Elle n'avait plus qu'une hâte : dormir.
Mélanie, de son côté, entreprit fougueusement de venir taper à la porte du dortoir de Joshuan au moment précis où Arthémis s'effondrait sur son lit sans même prendre le temps de se déshabiller, après de longues heures d'hésitation tortueuse. Elle voulait être sûr qu'il allait bien et prendre de ses nouvelles avant d'aller se coucher, histoire de soulager quelque peu sa conscience mise à mal. Ce fut un Hadrien déjà torse nu et échevelé qui lui ouvrit cependant, légèrement surprit par son intervention, sans songer à se couvrir pour autant.
Il l'informa d'une voix ensommeillée que Joshuan avait quitté leur dortoir avant qu'ils ne reviennent de cours et qu'il devait probablement se trouver à l'infirmerie, comme il lui arrivait souvent de le faire.
Pendant un instant, il sembla sur le point d'ajouter quelques choses mais les quolibets que ses camarades de chambre lui lancèrent en s'apercevant de la présence d'une fille l'en dissuada et il finit par souhaiter bonne nuit à Mélanie avant de lui claquer la porte au nez, la laissant seule et désemparée au milieu du couloir en terre battue.
Lentement, elle reprit la direction de la Salle Commune, indécise. En temps normal, elle aurait été rouge de honte de s'être faite ainsi rayer de loin par les jeunes Poufsouffle mais l'inquiétude qu'elle éprouvait désormais pour Joshuan prédominait sur le reste. Pendant une seconde folle, elle songea à se plonger dans l'obscurité de l'école pour rejoindre l'infirmerie et avoir ainsi le cœur net sur l'état de santé de celui qui hantait ses pensées mais un simple coup d'œil à sa montre l'en dissuada. Il était tard et si Joshuan était véritablement aussi malade que le décrivait Hadrien, il devait dormir depuis longtemps. Mieux valait ronger son frein et attendre le lendemain pour être fixée.
Ce soir-là, elle eu un mal fou à s'endormir, la tête pleine d'horribles images d'un jeune homme blême à la cicatrice saillante, allongée sur son lit d'hôpital, pâle comme la mort.
Elle se réveilla en sursaut au beau milieu de la nuit, couverte de sueur, sans parvenir à déterminer ce qui avait pu la tirer de son sommeil, une sourde appréhension cognant contre ses temps. Pendant une fraction de seconde, il lui avait semblé entendre Joshuan pousser un cri, loin quelque part dans l'école. Après plusieurs minutes à contempler les visages profondément endormis de Swan, Zita, Morgan et de la quatrième fille partageant son dortoir, elle finit par se convaincre qu'il ne s'était agit là que d'un mauvais rêve avant de replonger dans un sommeil troubler de songes diffus et angoissants.
Le lendemain matin, ce fut de bonne heure que la troupe de Serdaigle descendit prendre son petit déjeuner. Après un rapide coup d'œil à la table de Poufsouffle, il parut évident que Joshuan ne se montrerait pas ce jour-ci non plus, à la grande frustration d'Arthémis, inquiète, bien entendue, mais également désireuse de retourner dans leur salle mystérieuse, histoire d'y mener une enquête plus approfondie. Un bon repos bien mérité avait en effet re-déclanché chez elle un élan de curiosité et elle brûlait d'inspecter les mystérieux quartiers de Fondateurs, à la recherche d'une quelconque piste qu'elle aurait pu laisser de côté lors de leur dernière visite.
Noah semblait s'être fait une raison et, si son appétit de la veille avait nettement diminué, son attitude bougonne semblait s'être légèrement apaisée durant la nuit, au grand soulagement de tout le groupe. Célia se risqua même à faire une blague sur son « caractère de cochon », selon ses mots, qui le laissa rouge de confusion et provoqua de grands éclats de rire chez Lucile, Béa et Arthémis. Elle parvint même à redresser très légèrement les coins de la bouche de Lexie en une attitude presque souriante, ce qui constituait un exploit à part entière ! Ce fut dans une bonne humeur toute relative que la bande quitta la table quelques minutes plus tard, prête à faire face aux épuisants cours de la journée.
Une bonne surprise attendait cependant les élèves de Serdaigle ce jour-là qui, en arrivant devant la porte de la salle d'Enchantement, trouvèrent un mot du professeur Puyol leur informant que son cours de la matinée était annulé pour des raisons administratives obscures dont personne ne se souciait réellement. Une seule chose importait désormais dans l'esprit des adolescents, surexcités : ils avaient désormais droit à deux heures de libre inespérées avant la reprise de leur emploi du temps plus que copieux.
Extatique, Célia entraina Béa et Lexie dans le parc profiter des derniers rayons de soleil d'automne, déjà bien atténuée depuis la veille par de lourds nuages d'un blanc laiteux qui ne laissaient présager qu'un refroidissement constant de la température dans les jours à venir.
Lucile, Arthémis et Noah, quant à eux, durent se résoudre d'un air maussade à se diriger vers la bibliothèque, renonçant à s'amuser. Leurs recherches liées à la mystérieuse Salle des Fondateurs avait fini par empiéter sur leur programme de révision et leurs devoirs, aussi avait-il accumulé un retard conséquent dans leur travail qu'il leur aurait sans doute été impossible de combler sans ces deux heures de trou inopinées.
Noah et Arthémis allèrent rapidement s'installer à l'une des nombreuses tables de libre de la haute pièce remplies d'étagères pleines à craquer tandis que Lucile allait fébrilement dénicher quelques ouvrages susceptibles de leur venir en aide pour leurs devoirs de Métamophose et d'Histoire de la Magie, sous le regard mauvais de la bibliothécaire, une femme à la mine renfrognée et aux cheveux roux secs et cassants se dressant en touffe sur son crâne luisant légèrement.
Finalement, les trois compagnons d'infortune se mirent lentement à l'ouvrage et, pendant près d'une heure, on n'entendit que le grattement des plumes sur les parchemins, entrecoupé par moment du bruit diffus d'une page qu'on tourne maladroitement.
Par moment, Arthémis se surprit à contempler le parc à travers la haute et fine fenêtre en arcade leur faisant face. Ses pensées dérivaient alors de nouveau du côté de la pièce secrète de la Salle des Trophées et il lui était alors de nouveau extrêmement difficile de se re-concentrer sur ses devoirs, la tête vrombissante de questions autrement plus intéressantes que celles des formules d'usage permettant des sortilèges de Transfert.
Lorsque neuf heures sonna, Mélanie, profita d'une heure de libre, vint les rejoindre, un sourire étrange sur le visage.
- Je suis allée voir Joshuan à l'infirmerie, affirma-t-elle à voix basse en faisant semblant de s'intéresser à un épais ouvrage signé « Bathilda Tourdesac ».
- Comment est-ce qu'il allait ? s'empressèrent de questionner Arthémis et Noah, dissimulant les mouvements de leur lèvres derrière leur parchemin respectif tandis que Lucile poussait un petit soupir plaintif.
- Pas fort, reconnut Mélanie avec une grimace, il avait l'air très affaibli quand je l'ai vu et je pense franchement qu'il n'a pas dormi de la nuit ! Enfin, d'après mademoiselle Traine il va beaucoup mieux et devrait être en état de reprendre les cours d'ici demain.
- Tant mieux ! affirma poliment Arthémis dont le cœur s'accéléra légèrement à la pensée du fait qu'ils pourraient peut-être tous se rendre de nouveau dans la Salle des Fondateurs d'ici un jour ou deux.
Noah, quant à lui, demeura étrangement silencieux, penché sur son devoir qu'il observait d'un œil faussement concentré, la bouche sèche. Pour une raison qu'il ignorait, les paroles de Mélanie étaient loin de l'avoir rassuré quant à l'état de santé de Joshuan et il se promet de trouver le courage d'aller lui rendre visite après les cours, histoire de ne pas rester sans nouvel de son seul ami masculin au sein de l'établissement.
Dix heures arrivèrent beaucoup plus vite que ce à quoi ils s'étaient attendus et Arthémis constata avec une moue dépitée que son questionnaire de Métamorphose avait à peine avancée ! Il lui faudrait encore recourir à leur dernière heure d'étude l'après-midi même si elle souhaitait parvenir à le finir à temps, quitte à le bâcler.
Lucile entreprit de débarrasser prestement la table des diverses notes et parchemins raturés qu'elle glissa dans son sac tandis que Noah courrait remettre en place les livres empruntés sous l'œil suspicieux de la bibliothécaire et le groupe s'éclipsa, faisant route ensemble en direction du parc où une brise mordante s'était levée pour assister à leur cours en commun de Soins aux Créatures Magiques.
Les leçons étaient assurées par Hagrid, le garde-chasse aux allures de géant et à la barbe grisonnante qui avait conduit Arthémis, Noah et les autres, en compagnie des Premières Années, jusqu'à Poudlard depuis le lac à l'occasion de leur premier jour.
Jusqu'à présent, la jeune fille aux boucles brunes n'avait été que guère convaincue par les méthodes d'enseignements du vieil homme, encore robuste pour son âge. En effet, depuis le début de l'année, ils s'étaient contentés d'étudier non sans un certain dégoût des Veracrasses : sortes de larves blanchâtres aux proportions gigantesques dont la seule capacité semblait être celle d'enfourner d'impressionnantes quantités de laitue au fond de leur écœurant gosier gluant de mucus. Arthémis en était même venue à se demander, après la troisième séance à se débattre avec un des vers pour le nourrir, si le professeur Hagrid disposait d'un véritable programme de cours et s'il n'avait pas l'intention de leur faire étudier la même créature visqueuse toute l'année (une perspective fort peu réjouissante, elle devait bien le reconnaitre).
Cependant, une seconde bonne surprise attendait les élèves ce matin là. Hagrid les attendait, comme à son habitude, devant la minuscule cabane de pierres blanchies aux murs circulaires qui semblait lui servir de maison, un peu à l'écart du château. Un grand sourire était fiché sur ses lèvres cette fois cependant et il se frottait les mains d'un air enthousiaste.
- Bien, approchez ! intima-t-il d'un ton bourru lorsque l'ensemble des Serdaigle et Poufsouffle de 5ème année se furent rassembler devant lui, j'ai une bonne nouvelle pour vous ! Le Ministère vient ENFIN de me faire parvenir la nouvelle liste des créatures à étudier au programme de cette année ce qui veut dire qu'on va enfin pouvoir passer aux choses sérieuses !
- Ça veut dire qu'on n'aura plus à s'occuper des Verracrasses ? ne put s'empêcher de lâcher un Hadrien indéniablement inquiet au fond du premier rang. Quelques ricanements lui répondirent mais Hagrid ne se défit pas de son sourire.
- Rassurez-vous Mr. Rebbelieux, vous en avez terminé avec ces bestioles ! affirma-t-il ce qui eu pour effet de diffuser une véritable vague de soulagement parmi la classe, et pour compenser ce long mois d'inactivité, j'en conviens, je vous ais réservé une petite surprise pour le cours d'aujourd'hui !
Malgré elle, Arthémis ne put s'empêcher de ressentir un bref sentiment d'appréhension face au ton mystérieux d'Hagrid. Sentiment qui s'ancra un peu plus dans sa poitrine lorsque le demi-géant affirma d'un ton énergique :
- Bien, suivez-moi maintenant ! On fait cours du côté de la Forêt Interdite aujourd'hui ! Dépêchons, allons !
Des murmures de protestations diffus s'élevèrent aussitôt des rangs mais aucun n'osa défier l'ordre du professeur, qui devait dépasser la plupart des élèves de plusieurs bons mètres, s'avançant à sa suite en trainant les pieds. Arthémis ne put s'empêcher de se sentir crispée en s'avançant à la suite de Béa et Lexie, les mains dans les poches. Le Forêt Interdite ? Le professeur Potter ne les avait-il pas justement mis en garde contre ces bois en début d'année ? Etait-il réellement prudent de s'y rendre pour un cours ?
Discrètement, elle jeta un coup d'œil en coin en direction de Noah et fut surprise de lire une lueur d'intérêt dans son regard, dissimulé derrière ses épaisses lunettes. Apparemment, l'avertissement du directeur lui était sorti de la tête. Au moins Lucile, trottinant à quelques pas d'eux, semblait partager ses appréhensions, à en juger sa mine lugubre.
Il ne fallut pas moins de cinq longues minutes pour atteindre la lisière des arbres, dans une ambiance plus qu'inquiète à laquelle les plaisanteries morbides de Léon ne faisaient que contribuer. Fort heureusement, et au grand soulagement général, Hagrid n'alla pas plus loin et les interrompit à quelques mètres de la Forêt, leur imposant le silence d'un bref rappel à l'ordre.
Anxieuse, Arthémis fixa les arbres, à la recherche de leur sujet d'étude. Leurs troncs étaient tellement resserrés et leurs cimes si touffus et inégales qu'il lui était impossible de distinguer quoi que ce soit à plus de quelques mètres, l'obscurité semblant imprégner l'air comme une nappe de brume noire, solide et profonde.
Lentement, d'un geste très professionnel, Hagrid porta deux doigts gros comme le manche d'un balai à sa bouche et lança un bref sifflement, qu'il réitéra à plusieurs reprises.
Pendant un bref instant, rien ne bougea sous le couvert des arbres. Puis, un bruissement fit soudain tressauter Arthémis qui, gênée, se retourna vers ses condisciples pour voir si quelqu'un avait décelé chez elle ce moment de faiblesse. Par chance, tous semblaient autant, voire plus inquiets qu'elles. Lucile était blême et même Célia avait renoncé à arborer son habituel sourire radieux, le regard fixé avec intensité vers la Forêt.
Soudain, alors qu'Arthémis se retournait dans la bonne direction, une fine patte au poil argenté, sertie d'un sabot d'une couleur d'or tira sur le noir, étincelant de mille feux, émergea de la pénombre et un murmure d'excitation doublé d'une certaine dose d'admiration se répandit parmi les élèves, remplaçant rapidement l'appréhension.
Lentement, le corps d'un magnifique étalon racé suivi la patte, s'avançant à la lumière du jour d'une démarche étonnamment gracieuse, sa crinière d'argent s'illuminant sous les reflets du soleil livide de façon surréaliste, comme l'enveloppant d'une véritable aura de pureté et de beauté à l'état brut. Subjuguée, Arthémis détailla la figure fine et le regard pétillant d'intelligence du cheval, ses yeux remontant lentement le long d'une unique corne en arabesque, d'un or nacré, s'élevant très haut depuis son front, effilée et mortelle.
- Une licorne… souffla Lucile avant tout le monde, visiblement sous le choc, waouh… !
Hagrid semblait satisfait de son petit effet et Arthémis ne pouvait l'en blâmer. L'animal était tout simplement magnifique, d'autant plus pour les personnes élevées dans un univers moldu durant des années à son image. Bien sûr, elle avait entendu plus d'une histoire sur les licornes, ces créatures magiques fantastiques peuplant les comptes de fées de son enfance. Combien de fois, enfant, s'était-elle amusée à rêver qu'elle chevauchait une de ces créatures en riant, se prenant pour une princesse ? Mais imaginer ou voir un dessin de licorne dans un livre toute sa vie en s'imaginant qu'il ne s'agitait que de fadaises pour petite fille était une expérience toute autre que de se retrouver face à un tel animal en chair et en os, débordant de grâce et de pureté de tout son être.
Sans déterminer pourquoi, elle se sentit soudain quelque peu mal à l'aise en sa présence et ne put retenir un pas de recul, baissant les yeux vers l'herbe sèche, comme si sa simple présence avait suffit à assombrir l'aura de cette créature si somptueuse.
- Une licorne, effectivement, approuva Hagrid une fois que les premiers murmures d'excitation furent retombés, une créature magique très noble. Quelqu'un peut-il me déterminer quels sont les principaux traits de différence entre cette créature et, mettons un cheval pur-sang. Oui Mr. Shun ?
Non sans surprise, Arthémis se retourna prestement en direction de Noah qui avait timidement levé la main au dessus de la foule. Elle n'était pas la seule à se montrer étonnée : nombre de Serdaigle murmuraient désormais entre eux d'un air suspicieux et Mélanie ouvrait des yeux ronds comme des soucoupes. C'était la première fois que l'un des cinq nouveaux venues en 5ème année se risquait à prendre la parole en classe, pour répondre à la question directe d'un professeur.
- Je t'écoute, l'encouragea Hagrid d'un ton affable, sentant visiblement sa timidité ressurgir.
- Hum, se reprit Noah en rosissant légèrement, se raclant la gorge avant de répondre, il y a tout d'abord quelques caractéristiques physiques si je ne me trompe pas.
- Oui, une grande corne au milieu du front par exemple ! ne put s'empêcher de balancer Léon, resté en arrière, d'un ton cinglant, ce qui eu pour effet de faire rire une bonne partie de la classe.
Habitué aux sarcasmes, plus affectueux qu'autre chose, de son compagnon de chambre, Noah sembla cependant perde ses moyens quelques instants, s'empourprant violemment. Les regards encourageants de ses amies de Serdaigle et de Mélanie suffirent cependant à lui faire retrouver ses esprits et il inspira profondément, jugulant sa timidité avec difficulté.
- Certes, reprit-il d'un air qui se voulait moqueur à l'adresse de Léon, mais il a aussi cette barbiche, similaire à celle des chèvres, que l'on voit ici sous son menton, leur sabots, en or pur aussi résistant que du diamant et leur poids, qui est très inférieur à celui d'un cheval. Sans compter que toutes les licornes adultes ont la même couleur de poil, ce qui n'est pas le cas des cheveux. En tout cas, c'est ce que j'ai lu dans le livre de cours, bafouilla-t-il pou conclure avant de se taire, rouge de honte.
Hagrid, cependant, paraissait amplement satisfait de la réponse.
- Oui oui, c'est très bien ! approuva-t-il, visiblement impressionné que le jeune homme ait été capable de retenir ce genre d'informations après une simple lecture, 10 points pour Serdaigle Mr. Shun (un sourire radieux naquit sur le visage de Noah qui fit rapidement mine de tousser afin de le dissimuler, embarrassé) ! Comme vous l'avez fait remarquer, le crin de licorne –qui entre dans la fabrication des baguettes magiques- a toujours la même teinte, d'un blanc très pur. L'individu ici présent n'a encore cependant qu'un duvet argenté, signe qu'il ne doit pas encore avoir atteint l'âge adulte. A en juger la longueur de sa corne, déjà bien développée, et la teinte de son poil, il doit avoir à peu près 5 ans. En effet, un poulain de licorne reste doré jusqu'à 2 ans et ne voit sa corne commencer à pousser que vers 4 ans. La licorne que vous voyez ici devrait atteindre l'âge adulte d'ici deux ans environ, âge où son poil devient d'un blanc immaculé…
Arthémis fut vite forcée de reconnaitre que ce cours était de loin plus passionnant que tous les précédents auxquels elle avait pu assister en matière de Soins aux Créatures Magiques et que, si Hagrid se montrait peu enclin à discuter des Veracrasses, il était indéniable qu'il disposait de connaissances très développées en matière de licornes.
Pendant la première demi-heure, il discourut longuement sur l'habitat naturel de ces créatures, les propriétés magiques de leur crin, leur sang (d'une curieuse couleur argentée, selon les dires de Noah) et de leur corne (Arthémis entrevit Lucile serrer sa baguette entre ses mains à cet instant) ainsi que sur leur régime alimentaire.
- Contrairement à leur cousines proches bicornes, les licornes sont très farouches et se laissent rarement approcher par l'homme, conclut Hagrid au bout d'un moment en s'épongeant le front d'un revers de manche, elles sont cependant plus enclines à accepter la présence des filles que des garçons, raison pour laquelle je vais demander aux garçons de reculer de quelques pas tandis que les f-… Noah !? Qu'est-ce que tu fais !?
Arthémis sentit son cœur chavirer. Sans la moindre explication, le jeune homme aux lunettes était sorti des rangs et s'était avancé de plusieurs mètres en direction de la licorne, qui gardait désormais ses yeux fixement posés sur lui, visiblement méfiante. Les deux classes retinrent leur souffle malgré elle. Derrière elle, Arthémis entendit Célia pousser une exclamation étouffée.
- Recule ! siffla Hagrid entre ses dents à l'adresse du Serdaigle, sans oser hausser le ton de peur d'effrayer encore plus la licorne et de la faire charger son élève par inadvertance, je ne le dirais pas deux fois Mr. Shun !
Mais Noah semblait indifférent à la voix de son professeur. Le regard dans le vague, il semblait résolut à marcher de façon obstinée en direction de la créature, pas après pas, tendant peu à peu la main à mesure qu'il avançait.
Arthémis, la main serrée sur la baguette au fond de sa poche dans un réflexe fou, retenait sa respiration, incapable d'oser réagir, le cœur battant la chamade. Noah n'était plus qu'à deux mètres de la licorne désormais, qui s'était figée sur place, la corne légèrement abaissée, prête à bondir. Lucile étouffa un glapissement tandis que Mélanie s'agrippait au bras d'Hadrien malgré elle sous l'effet de l'angoisse. Plus qu'un mètre…
Enfin, au moment où on eut l'impression que la licorne allait charger, Noah franchit les derniers pas le séparant de la créature et posa timidement sa main au sommet de son crane, la faisant tressaillir. Pendant une seconde interminable, la créature resta figée, interdite, et Hagrid parut sur le point d'intervenir, puis…
- Oooh… !
A la stupeur générale, la licorne venait de répondre à la caresse du jeune homme, frottant sa crinière argentée contre ses doigts fins et pâles, quémandant de nouvelles marques d'affection. Visiblement aussi surpris que les autres élèves, Noah sembla soudain se rendre compte de ce qu'il venait de faire mais se risqua néanmoins à adresser un petit sourire nerveux à la licorne, lui flattant l'encolure de façon délicate dans le sens du poil.
Hagrid paraissait incapable de prononcer le moindre mot, la bouche béante dans une expression hagarde. Pendant un bref instant, Arthémis crut qu'il allait se mettre en colère, puis un grand éclat de rire s'échappa des lèvres du géant, faisant sursauter tout le monde. La licorne, contre toute attente, ne broncha pas, visiblement seulement obnubilé par Noah.
- Ah ben ça par exemple ! rugit Hagrid en laissant échapper un nouveau rire, plus nerveux que véritablement joyeux, en plus de 40 ans de carrière c'est la première fois que je vois ça ! Une licorne –jeune qui plus est- accepter un mâle humain aussi facilement ! Je ne peux pas nier que je suis impressionner, même si vous avez risquez gros dans votre tentative mon jeune ami ! J'ajoute quand même vingt points supplémentaires à Serdaigle pour votre impertinence !
Cette fois-ci, Noah parut à peine entendre l'annonce du surplus de points qu'il venait de faire gagner à sa Maison. Il n'avait plus d'yeux que pour la licorne, qu'il continuait à caresser doucement d'un geste qu'on aurait cru expert, subjugué par son poil d'argent brillant de mille reflets au soleil.
- Parfait ! rit une dernière fois Hagrid avant de se tourner, la mine radieuse, vers le reste de ses élèves, qui veut suivre l'exemple de Noah maintenant ?
Un à un, les élèves se risquèrent à approcher les licornes que le demi-géant appelait au fur et à mesure par d'autres sifflement sonores, la nourrissant de quelques brins d'herbes grasses que leur confiait l'enseignant. Les filles furent les premières à passer, sur les recommandations d'Hagrid, puis les garçons, dont aucun ne parvint à renouveler l'exploit de Noah. Léon dut même battre en retraite en voyant sa licorne souffler de façon hargneuse dans sa direction alors que plusieurs mètres les séparaient encore.
- C'était impressionnant, admit Célia en rejoignant son ami à lunettes devant sa licorne, qui paraissait un peu méfiante face à cet attroupement soudain mais se détendit lorsque Noah lui eu murmuré quelques mots apaisant à l'oreille, je ne savais pas que tu avais un tel talent avec les animaux !
- A vrai dire moi non plus, s'étonna l'adolescent avec un petit haussement d'épaule gêné avant de s'écarter à regret pour laisser Lucile caresser timidement à son tour l'animal.
- C'était surtout très imprudent, répliqua Arthémis à l'adresse de la préfète sans parvenir toutefois à dissimulé son ton impressionné, même si je dois avoué que tu m'as surpris Noah !
Le jeune homme se renfrogna, l'air coupable, et l'adolescente fit mine de flatter la licorne à son tour qui tressauta brusquement à son contact en hennissant légèrement, la poussant à amorcer un pas de recul.
Vexée, Arthémis préféra s'éloigner d'un pas légèrement boudeur pour laisser sa place à Lexie, qui n'eut, elle, aucun mal à approcher la créature magique. La jeune fille au regard cerclé d'or ne put s'empêcher de ressentir une pointe de jalousie au fond de son cœur face à ce spectacle : elle n'avait jamais eu aucun problème avec les animaux dans le champ de ses parents, pourquoi cette stupide licorne se comportait-elle différemment ?
S'éloignant légèrement, elle surprit du coin de l'œil la bande de Tommy, le préfet de Serdaigle, ricaner méchamment, un peu à l'écart du groupe, et Arthémis eut la désagréable impression que c'était Noah qu'ils pointaient du doigt, hilare.
- Tapette, entendit-elle avec colère John souffler entre deux murmures.
Elle comprit presque aussitôt que Noah avait commis une erreur en se montrer sa apte à s'occuper d'une licorne et que, bien loin de le rendre impressionnant, cet acte n'avait fait que le discréditer, du moins aux yeux des autres garçons Serdaigle. Ses craintes furent confirmer lorsque, flânant d'un air innovant parmi le groupe du préfet, elle les entendit distinctement se moquer de lui, affirmant qu'il devait plus tenir de la fille que du garçon pour avoir pu s'approcher de la créature aussi facilement. Ces paroles lui soulevèrent le cœur et elle préféra s'éloigner avant de lancer par mégarde un sortilège à Tommy ou à un de ses amis, les fusillant du regard. Un tel manque d'ouverture d'esprit l'écœurait !
Se rappelant le regard qu'avait lancé Noah à son préfet de compagnon de chambre la dernière fois dans la Salle Commune, Arthémis préféra cependant garder ce qu'elle avait entendu pour elle et s'appliqua à afficher un sourire des plus convaincants envers Noah lorsque celui-ci vint la rejoindre à la fin du cours, radieux. Mieux valait ne pas lui donner de nouvelles raisons de manquer de confiance en lui.
Alors que les Serdaigle s'éloignaient de nouveau vers le château, talonnés par les Poufsouffle, Arthémis ne put s'empêcher de se dire que cet exploit risquait fort de porter préjudice à son ami plus qu'autre chose à l'avenir. Indifférent aux moqueries qui continuaient à résonner autours de lui, ce dernier se contentant de discuter avec ardeur du cours avec Béa et Lexie, qu'il avait de toute évidence trouver passionnant. En réalité, c'était la première fois qu'Arthémis le voyait aussi intéressé par quelque chose.
« Peut-être qu'il commence à trouver sa place ici ? » se dit-elle à elle-même en fixant le dos mince et surexcité de Noah, qui discutait désormais bruyamment de la possibilité d'étudier les bicornes au prochain trimestre. Pour une raison qu'elle ignorait, cette pensée ne lui apporta pas la joie qu'elle s'était attendue à ressentir pour son amie.
Ce fut d'un air morose qu'elle emboita le pas du groupe jusqu'aux hautes portes de chênes, se préparant à avaler un copieux déjeuner avant de débuter les cours de l'après-midi, toute trace de devoir de Métamorphose et de salle mystérieuse évanouies de son esprit pour la première fois depuis le début de la journée.
Cependant, l'interminable questionnaire lui revint rapidement en mémoire quelques heures plus tard lorsque, alors qu'elle suivait son petit groupe en direction du parc après le déjeuner, Béa s'étonna de ne pas la voir se diriger vers la bibliothèque.
Ce fut donc avec une certaine rancœur qu'elle fit aussitôt demi-tour en direction du château, son sac sur l'épaule et un air passablement dépité sur son beau visage. Noah, solidaire, accepta de l'accompagner plutôt que de profiter de son heure de libre, affirmant qu'il devait de toute façon réviser plusieurs sortilèges des années inférieures, ce que personne ne pouvait contester, aux vues de ses piètres performances en cours de rattrapage des derniers mois.
Il apparut vite cependant que Noah avait d'autres choses en tête que ses exercices et, après qu'il eut hésité pendant plus d'un quart d'heure, attablé devant son amie à la bibliothèque, son pied tapotant nerveusement le sol à intervalle régulier, Arthémis finit par craquer et le pousser à aller voir Joshuan à l'infirmerie, chose qu'il accepta presque aussitôt, visiblement soulagé, non sans se confondre en excuses cependant.
Au final, la jeune fille se retrouva donc seule en compagnie de la surveillante à l'air acariâtre, le nez penché sur son devoir, plus démotivée que jamais.
Alors qu'elle déchiffrait avec difficulté une ligne particulièrement complexe concernant l'importance des mouvements de baguettes dans un sortilège de Disparition, elle sentit une chaise racler le plancher non loin d'elle à sa table. Pensant que Noah était de retour, elle leva machinalement la tête et reconnut, horrifiée, les cheveux filandreux et le sourire jaunâtre de Kevin Troiscocu.
- Salut princesse, alors, on m'évite ? lança-t-il de sa voix nasillarde.
Arthémis se trouva subitement passionnée par son devoir, l'ignorant superbement. Depuis leur retenue ensembles, Kevin avait pris la fâcheuse habitude de tenter de l'aborder à chaque fois qu'il la croisait dans les couloirs, ce qui avait tendance à arriver plus de fois que nécessaire au goût de la jeune fille, qui le soupçonnait de la suivre par moment.
Les débuts de sentiments qu'elle avait cru développer pour lui un instant s'étaient vite dissipés en ce rendant compte à quel point il pouvait être collant et Arthémis passait désormais le plus clair de son temps entre les cours à regarder nerveusement derrière son dos pour voir s'il ne surgissait pas d'une salle de classe, le sourire aux lèvres, prêt à sauter sur elle. Fort heureusement, les connaissances de Célia en matière de passages secrets de l'école lui avait permis plus d'une fois d'échapper au jeune homme de Gryffondor et elle avait béni la préfète plus d'une fois pour son aide précieuse.
Cependant, cette fois-ci Célia n'était pas là et il allait falloir affronter Kevin : dans l'espace restreint de la bibliothèque, aucun échappatoire n'était possible.
- J'ai été occupée, lâcha-t-elle finalement en faisant mine de raturer une ligne de son devoir, tu veux quelque chose ?
Sans répondre, le jeune homme se pencha sur son questionnaire avant d'émettre une sorte de sifflement de désapprobation qui eut pour effet de crisper Arthémis encore un peu plus.
- La Métamorphose hein ? Commenta-t-il, visiblement peu intéressée, c'est chiant cette matière ! Moi j'ai abandonné dés que j'ai pu, Laglier est trop bizarre pas vrai ?
- Je trouve que c'est une excellente prof, répliqua Arthémis en toute mauvaise foi, maintenant tu m'excuseras mais il faut que je finisse ce devoir avant la fin de l'heure alors à moins que tu ais vraiment quelque chose d'important à me dire…
Pendant un instant, Kevin parut désemparée par l'attitude agressive de son interlocutrice. Il se reprit bien vite malgré tout et s'empressa de reprendre sa conversation, sans se défaire de son éternel sourire :
- En fait je voulais t'inviter à aller voir notre séance d'entrainement ce week-end ! expliqua-t-il d'un ton enjoué, tu sais avec l'équipe de Gryffondor ! Tu pourrais me voir jouer comme ça.
Arthémis ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. Comment pouvait-il espérer qu'elle s'intéresse à quelque chose comme le Quidditch ? Elle n'avait que vaguement entendu parler de ce jeu, très populaire chez les sorciers à ce qu'on lui avait dit, des bouches de Mélanie et de Sylvia. Mais leu ton surexcité n'avait pas suffit à éveiller en elle de l'intérêt même du temps où elle se croyait moldue, elle avait toujours détesté le sport sous toutes ses formes.
- Tu n'as pas peur que j'aille rapporter vos techniques secrètes à l'équipe de Serdaigle ? ironisa-t-elle, sans parvenir à faire disparaitre le sourire des lèvres de Kevin pour autant.
- Écoute, on joue Samedi à 15h, affirma-t-il en se levant soudain de la table, surprenant la jeune fille, amène une amie si tu veux mais je te conseille vraiment de venir ! Ça pourrait t'intéresser plus que tu ne le penses… Sur ce, bon devoir !
Et, sans un mot de plus, il s'éloigna en direction de la sortie d'une démarche fière, sous le regard médusé d'Arthémis. Que signifiait ce brusque virement d'attitude ?
Avec un grognement horrifié, elle constata brusquement qu'elle n'avait pas avancé sur son travail de toute la conversation et du se contenter de bâcler quelques réponses incertaines durant la dernière demi-heure. Ce fut une Arthémis très peu satisfaite de son devoir de Métamorphose qui quitta la bibliothèque lorsque la cloche sonna au final.
Elle retrouva Noah et les autres quelques minutes plus tard devant la Salle de Classe, occupée à attendre que le professeur Laglier en ait fini avec ses élèves de 7ème année.
- Joshuan dormait quand je suis arrivé, expliqua le jeune homme d'un air dépité lorsqu'Arthémis les eut rejoint, je n'ai pas osé le réveiller et au final j'ai pu à peine lui parler quand la cloche a sonné !
- C'est déjà ça, sourit-elle avant de repenser à son entrevue avec Kevin Troiscocu, écoutez plutôt ça… !
Et elle leur raconta l'invitation du jeune Gryffondor d'un ton moqueur. A sa grande surprise, Lucile affichait un air vaguement intéressée lorsqu'elle eut terminé son récit.
- Tu sais, je me disais que ça pourrait être intéressant de voir un entrainement de Quidditch pour de vrai, fit-elle en se caressant le menton dans une attitude songeuse, peut-être que ça nous plairait au final ?
- Tout le monde aime le Quidditch ! affirma Célia en hochant vivement la tête, donne-lui sa chance, Arthémis ! Il essaye dur le pauvre !
- Sans compter que les joueurs de Quidditch de Gryffondor sont, pour la plupart, atrocement sexy, acheva Béa d'un ton lubrique qui surprit tout le monde.
Finalement, les 7ème années libérèrent la salle et Arthémis, vaincue et déconcertée, suivit ses amies à l'intérieur. Pourquoi le monde semblait-il subitement s'acharner contre elle ?
Le professeur Laglier intima le silence de son habituelle voix faussement enjouée et Arthémis, repensant à sa discussion avec Kevin, fit un effort extrême pour se concentrer durant son cours pour une fois. Elle s'aperçut au final, avec un brin de surprise, que derrière les accents de douce folie de l'enseignante se dissimulait un véritable puits de savoir et que, lorsqu'elle prenait la peine d'écouter un minimum attentivement, elle parvenait nettement mieux à réussir les exercices imposés.
Elle aurait pu, pour une fois, sortir satisfaite de la salle une heure plus tard si le professeur Laglier n'avait pas jeté un regard si dédaigneux à son devoir bâclé au moment de le lui rendre. Ce fut donc aussi frustrée que d'habitude qu'elle prit le chemin de son prochain double-cours, sur les talons de Béa, Célia, Lexie, Noah et Lucile.
Une seule pensée suffit à remonter son moral désormais et un léger sourire naquit sur ses lèvres : si tout se passait bien, ils pourraient retourner à la Salle des Fondateurs d'ici la nuit prochaine ! Plus qu'un jour de plus à tenir avant de pouvoir satisfaire sa curiosité de nouveau.
