Chapitre 13 : le retour de Donna Noble.

Dans la pièce à vivre, Enaya trouva le Docteur qui faisait les cent pas.

- Docteur ? appela-t-elle.

- Ça ne peut pas être elle, dit-il, marchant toujours, les mains enfoncés dans les poches de son manteau. Ça ne peut pas être elle. Il se trompe. Dis-moi qu'il se trompe. Sa magie est influencée par le fait qu'il a peur que ce soit son amie. Dis-moi que j'ai raison.

- Docteur…

- DIS-MOI QUE J'AI RAISON ! hurla-t-il.

Enaya ne répondit rien, se contentant de soupirer. De rage, le Docteur donna un grand coup de pied dans un meuble, dont il fendit la porte. Il prit une grande respiration.

- Je refuse de mettre la vie de Donna en danger. Tu sais ce qu'il se passera, si elle me voit. Je ne peux pas faire ça.

- Je sais.

- Mais on ne peut pas renoncer, et ils risquent de la trouver.

- Je sais.

- Alors qu'est-ce qu'on fait ?

- On va trouver une solution.

- Il y en a une.

C'était David qui venait de parler.

- Il faut sortir l'esprit de seigneur du temps du corps de Donna.

- Et comment le savez-vous ? demanda Enaya, curieuse.

- J'ai essayé ma magie.

- Vous apprenez vite, je suis impressionnée

- Mais j'ai enfermé l'esprit de seigneur du temps. Pour le faire sortir, il faudrait d'abord le libérer.

- Je peux le faire, dit Enaya. Je peux l'aspirer hors d'elle. J'ai déjà fait des choses semblables auparavant. Mais je ne le ferais pas sans votre accord.

- Peux-tu me garantir que c'est sans danger pour elle ?

- Non. Mais je peux vous promettre que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que tout se passe bien.

Le Docteur prit sa tête entre ses mains, et siffla entre ses dents.

- D'accord, finit-il par dire. Allons-y.

Et il sortit de l'appartement, suivi de David et d'Enaya, qui referma délicatement la porte. Dès qu'elle les eut rejoints dans le Tardis, le seigneur du temps, visage fermé, enclencha les manettes, et ils furent bientôt arrivés devant la maison de Donna. Devant la porte, le Docteur sembla hésiter.

- Je n'y arriverais pas, dit-il.

Ce fut donc David qui appuya sur la sonnette. Ils attendirent quelques instants, avant que la porte ne s'ouvre sur la mère de Donna. En voyant le Docteur, celle-ci écarquilla les yeux, sortit, et referma la porte derrière elle.

- Mais qu'est-ce que vous faites là ? s'écria-t-elle à voix basse.

Elle remarqua ensuite David.

- Et pourquoi est-ce que vous avez un clone ? demanda-t-elle.

- Je ne suis pas un clone du Docteur, répondit l'intéressé. Je suis David Tennant, et j'ai interprété le Docteur pendant près de quatre ans dans la série qui raconte son histoire.

- Une série ? quelle série ?

- Torchwood en contrôle la diffusion, expliqua Enaya. Ils veillent à ce qu'aucune des personnes ayant côtoyé le Docteur n'ait accès à la série.

- Torchwood existe vraiment ? s'étonna David.

- Bien sûr, d'ailleurs, le Capitaine Harckness apprécie beaucoup John Barrowman. Il dit qu' «il a très bien capturé l'essence de sa personne. » c'est lui qui l'a choisi. Officieusement, bien sûr. Barrowman n'est au courant de rien.

- Ce bon vieux Jack, fit le Docteur.

- Ce bon vieux John, fit David.

Mrs Noble se racla la gorge.

- Que faites-vous là ? répéta-t-elle

Le Docteur reprit son air grave.

- Nous avons besoin de l'aide de Donna, répondit le Docteur.

- Vous savez bien qu'elle ne peut pas se souvenir de vous ! vous savez ce qui se passera, sinon.

- Si j'avais le choix, je ne le ferais pas. Mais la jeune fille qui m'accompagne peut résoudre le problème. Elle peut aspirer l'esprit de seigneur du temps qui consume votre fille. Je sais que vous ne m'avez jamais fait confiance, mais je vous en prie, vous devez me croire.

Mrs Noble le regarda d'un air pincé, puis la porte s'ouvrit sur Wilfred Mott.

- Docteur ! s'exclama-t-il avec joie en le reconnaissant.

- Wilfred ! répondit-il.

Les deux se serrèrent dans les bras comme de vieux amis.

- Que se passe-t-il ? demanda ensuite le vieil homme.

Ils lui expliquèrent toute la situation en détail, et il écouta avec attention. Lorsqu'il entendit que sa petite-fille était de la lignée de Guenièvre, il sourit et déclara :

- J'ai toujours su que ma Donna était spéciale.

Lorsque l'explication fut terminée, il se tourna vers Enaya.

- Pouvez-vous vraiment le faire ? lui demanda-t-il. Pouvez-vous vraiment me ramener ma petite-fille ?

- Oui, répondit-elle.

- Si le Docteur a confiance en vous, alors moi aussi, déclara-t-il.

La mère de Donna poussa un soupir, et leur ouvrit la porte.

- Donna, appela-t-elle, il y a quelqu'un qui veut te voir.

La jeune femme se leva du canapé, et regarda les nouveaux arrivants.

- Bonjour, dit-elle.

Le Docteur s'avança vers elle.

- Bonjour, Donna, dit-il. Je suis le Docteur.

- Docteur ? murmura-t-elle. Oh, ma tête…

Ses jambes se dérobèrent sous elle, et son mari et David se précipitèrent pour la soutenir, pendant qu'Enaya s'approchait d'elle.

- Faites-moi confiance… murmura-t-elle.

Elle apposa le pouce de sa main gauche sur le front de Donna, et celle-ci écarquilla les yeux. Enaya grimaça, mais accentua la pression de son pouce. Elle poussa un cri d'effort, puis enleva finalement son pouce. Elle plaça alors la main droite au-dessus du cœur de Donna. Sa main se mit à briller, et elle pâlit à vue d'œil. Lorsqu'elle fut satisfaite, elle laissa tomber son bras.

- Elle ira bien, déclara-t-elle.

Et elle s'effondra, tandis que Donna perdait connaissance.

- Que lui arrive-t-il ? demanda David en désignant Enaya.

Le Docteur s'approcha d'elle et prit son pouls.

- Elle a utilisé trop d'énergie, déclara-t-il. Elle va s'en sortir, elle a juste besoin de repos.

- Et Donna ? demanda son mari.

- Elle devrait revenir à elle d'ici une heure.

Ils installèrent donc les deux jeunes femmes dans un grand lit, et le Docteur resta veiller sur elles. Ce fut Donna qui se réveilla la première. Elle cligna des yeux, et aperçut son ami.

- Docteur… appela-t-elle doucement.

Celui-ci, perdu dans ses pensées, sursauta.

- Donna ! s'exclama-t-il.

Il quitta sa chaise pour venir s'assoir plus près d'elle, sur le lit, et lui prendre la main.

- Comment te sens-tu ? demanda-t-il.

Elle se redressa en position assise sur le lit.

- Que s'est-il passé ? demanda-t-elle.

- Nous avons dû absorber l'esprit de seigneur du temps qui était en toi.

- Je ne savais même pas qu'il y était.

- Il consumait ta vie, alors pour te protéger, je l'ai enfermé et j'ai bloqué ta mémoire pour qu'il ne puisse pas revenir.

- Oui, je me souviens, maintenant.

- Tout cela est de ma faute, dit-il d'une voix rauque.

Et il détourna le regard. Le sentant en souffrance, elle le prit dans ses bras. Il fut alors secoué de sanglots. Elle le serra plus fort, le berçant et lui caressant les cheveux d'un geste maternel.

- He, l'homme de l'espace… il ne faut pas vous mettre dans des états pareils, lui dit-elle.

Et elle continua à le bercer ainsi jusqu'à ce qu'il se calme.

- C'est votre nouvelle compagne ? demanda-t-elle ensuite en désignant Enaya.

- Disons que nous faisons un bout de chemin ensemble… je lui dois beaucoup.

- Vraiment ?

- Elle m'a sauvé la vie, et maintenant elle t'a ramenée.

- Pourquoi m'avez-vous fait revenir, Docteur ?

Le Docteur baissa la tête. Elle le força à le regarder, et mit dans ses yeux toute la tendresse qu'elle lui portait.

- J'ai besoin de ton aide, Donna, finit-il par avouer.

- Racontez-moi.

Il lui révéla alors toute l'histoire depuis le début, n'omettant aucun détail.

- Vous pouvez compter sur moi, lui assura-t-elle lorsqu'il eut terminé.

Ce fut à ce moment qu'Enaya se réveilla. Le Docteur lui fit un sourire.

- Ça commence à devenir une habitude, lui dit-il.

- Quoi donc ? demanda-t-elle.

- Tu sauves une vie en absorbant quelque chose de néfaste, et tu restes inconsciente pendant des heures.

Enaya eut un rire.

- pouvez-vous me donner une seringue, s'il-vous-plait, Docteur ? demanda-t-elle.

- Tu devrais te reposer, répondit-il.

- Négatif. J'ai dormi suffisamment. Ne perdons pas plus de temps.

- Elle a raison, intervint Donna. Allons botter quelque fessiers atlantes.

Le Docteur Donna donc une seringue à la jeune fille, afin qu'elle reprenne de l'énergie. Elle se leva ensuite, imitée par Donna. Ils sortirent de la chambre, et retrouvèrent les quatre autres, assis autour d'une tasse de café. Lorsqu'il les vit, David se leva et les rejoignit. Donna, elle, se dirigea vers son mari.

- Je dois partir, lui dit-elle. Le Docteur a besoin de moi, mais je te promets que je ne serais pas longue.

Et elle l'embrassa.

- Où vas-tu ? demanda-t-il.

- Retrouver le roi Arthur, répondit-elle. Punir des méchants, sauver des innocents, remettre la justice en place. Et courir. Beaucoup. C'est fou ce qu'on courre avec le Docteur. Et c'est fou, ce que ça m'avait manqué !

- Vas-y, ma grande ! dit Wilfred. va sauver le monde, je suis fier de toi.

- Merci grand-père.

Et elle rejoignit les autres.

- Qu'est-ce qu'on attend ? demanda-t-elle.

- Je peux le dire ? demanda David.

Le Docteur sourit et hocha la tête.

- ALLONS-Y ! s'écria l'acteur.

Et ils sortirent tous de la maison pour entrer dans le Tardis.