14.
A l'arrivée de Warius, Spectrale se recula de quelques pas, interrompant le martyre qu'elle infligeait à Alérian. L'ombre du clone d'Anaëlle ne percevait pas la présence de Zunia, mais elle demeurait prudente, au cas où !
Warius s'approcha de ses amis.
- Alie… Cette blessure qu'il a au front, c'est toi, Albator, tu l'as mis KO…
- Je n'ai pas eu le choix, il fallait que je l'arrête, que je mette fin à ce duel quitte à ce que cela ne l'ait pas été à la loyale !
- Comment cela ?
- Je l'ai poussé à la faute, je l'ai déséquilibré et quand il a été à portée, je l'ai envoyé au sol. As-tu ramené Zunia ? ajouta le grand Pirate balafré avec un regard inquiet au vu des mains vides de son ami.
- Je l'avais emportée, mais elle est repartie…
Spectrale frémit soudain de tout son être.
- Vous avez tué ma maîtresse ! rugit-elle. Vous êtes monstrueux !
Spectrale projeta autour d'elle de véritables tourbillons noirs.
Revenant dans la paume de Warius, le pendentif en forme de rose émit un rayonnement, libérant à nouveau Zunia qui en quelques coups d'ailes s'éleva avant de revenir foncer sur Spectrale. La Dragonne ouvrit la gueule, mais au lieu de ses flammes, elle fit jaillir de sa gorge un rai d'énergie qui transperça Spectrale, la faisant disparaître.
La Dragonne se posa, avançant la tête.
- Spectrale a tenté d'écraser son esprit, gémit Albator. J'ignore jusqu'à quel point elle lui a fait mal !
Les larmes de Zunia ruisselèrent sur le visage du jeune avant qu'elle ne réintègre le pendentif que Warius glissa autour du cou d'Alérian.
Warius jeta un coup d'œil à son ami borgne et balafré, une lueur de reproche dans le regard.
- Et maintenant on va devoir le traîner jusqu'à la navette, brillante idée ! C'est quand même plus facile de déplacer les gens quand ils sont sur leurs deux pieds et à peu près conscients !
- Chacun son truc. Toi, tu galopais dans les escaliers, moi je ferraillais !
- Et on prend ma navette pour rentrer, ton spacewolf est bien trop petit pour nous trois !
Relevant et soutenant le jeune homme inconscient, son père et son ami se dirigèrent vers la navette du Karyu.
Alérian grogna.
- Tu m'as frappé !
- Tu voulais me passer par le fil de ton sabre !
Albator, tout comme Warius, avait fait pivoter son siège, la navette en vol automatique, et il eut un sourire.
- Ça fait tellement plaisir de revoir tes prunelles vertes !
- Tu m'as sauvé de mes tortionnaires ? Je ne le voulais pas !
- Chaque chose en son temps ! intervint Warius. Gamalthine est toujours bien là et mes troupes vont avoir du mal à s'en sortir…
- Comment Anaëlle a-t-elle disparu ? questionna Alérian.
L'hologramme de la miniature Zunia sortit du pendentif.
- Anaëlle ? répéta Alérian.
La Dragonne eut un gloussement amusé.
- Elle ne m'a pas vue arriver. Je me suis simplement posée sur elle.
- Tu l'as écrabouillée ! ?
- Oui. Ensuite, je me suis frayée un passage dans le cube de son Sanctuaire et j'ai détruit tous les clones qui s'y trouvaient. Aucun d'eux ne reviendra plus jamais.
- J'ai fait venir ton Warriorshadow, renseigna Albator.
- Et moi le Starlight, compléta Warius.
- Je n'en ai cure ! aboya Alérian en retrouvant forces et combativité, ses lésions réparées par les larmes curatives de Zunia. Je n'ai pas fui me traîner sur les terres qui m'avaient vu grandir pour revenir reprendre ma place comme si de rien n'était !
- Alie, tes petits garçons, glissa son père.
- Si j'avais été en état de prendre une décision, un des deux aurait peut-être encore sa mère. Sans compter que pendant que cette dernière mourait, moi je…
- Ou peut-être pas ! intervint Warius.
- De quoi ? s'étrangla le jeune homme.
Mais avant que son ami puisse en dire plus, Alérian s'était tout bonnement dématérialisé de la navette !
- Ici l'opératrice radar du Géroboar, jeta une voix affolée dans l'interphone. Le colonel et son second viennent de se volatiliser de la passerelle !
En un bel ensemble, Albator et Warius portèrent leur regard vers l'obélisque qui seul demeurait derrière eux.
