Yeeeeeeeaaah ( comme tu dirais, nicky ). Mon premier signe de vie en 2015. Allez, on perd pas de temps, les réponses aux gentilles revieweuses sans compte, suivi d'un petit blabla, et on attaque la suite de cette histoire.
Laurie : salut Laurie ! Tu vois, moi, je suis encore là, mais je ne sais pas si ça sera ton cas, puisque comme on peut le voir, je ne me suis pas améliorée sur les cadences de publication. Mais si tu reviens par ici, je tenais à te remercier de ton petit coucou sur le chapitre précédent !
Daliana : Merci, contente que ça te plaise ! Oui, ça change un peu, c'est peut-être pour ça, d'ailleurs, que tu apprécies !
Valu : bonjour à toi aussi ! Ben la suite c'est maintenant !
Mimi : Mais de rien, merci à toi d'avoir laissé un petit mot après ta lecture !
Yume : Merci, pour tes compliments et surtout pour ta patience... parce que c'est vrai que j'ai besoin de motivation, - ça encore, tu peux faire- mais aussi d'un ordi, puisque le mien, hélas, est un peu en rade, ce qui ne va pas améliorer ma cadence déjà catastrophique... en tout cas c'est gentil de m'encourager, on va en voir le bout un jour, de cette fic, je te le dis ! ;-b
Guest numbre one : Contente que cette histoire te plaise ! Oui, Leah est "brute de décoffrage", c'est comme ça qu'on l'aime, après tout ! :-D Mais face à son Sudiste elle a aucune chance, parce que lui, de la confiance en soi, il en a à revendre. En même temps, pour tenir tête à une louve-garou caractérielle, c'est un peu obligé... merci de ta review !
Guest number two : et non, comme tu le vois, cette fic n'est pas abandonnée ! C'est vrai qu'on pourrait le croire, mais je ne suis pas du genre à lâcher en cours de route. Je suis juste très en galère ( problème d'ordi ) et un peu feignasse aussi, j'avoue. Donc, ça sera long, mais tu auras ta ration de Jordy jusqu'au bout coûte que coûte. Même si pour le chapitre qui va suivre, on retrouve plutôt Leah. Mais il n'est jamais loin de ses pensées, alors c'est comme s'il était là ! Merci d'avoir pris le temps de laisser un petit message !
Donc pour celles qui ont survolé les reviews, je le redis : cette fois-ci pour mon retard j'ai l'excuse magique, plantage d'ordi. Là où je suis moins excusable, c'est que ça fait un moment que je dois le vider pour l'envoyer en convalescence chez un pote, et que ça c'est toujours pas fait. Mais je me motive. ( depuis que j'ai écris ces mots, ça y est, l'ordi est vidé. Faut juste que je l'emballe et que je l'amène à la Poste, et là, hououou, c'est pas gagné ). En attendant voilà un tout petit chapitre pondu à l'arrache pendant les pause méridiennes au boulot. Juste de quoi vous rassurer, non, je n'abandonne pas cette histoire. Armez-vous de toute votre patience et d'une bonne dose d'indulgence, et un jour vous verrez la jolie appellation "complete" sur la présentation de cette fic. Promis, juré, craché.
Chapitre 14 : RETOUR A LA REALITELeah reposa doucement le combiné en expirant lentement. Elle avait passé l'épreuve avec succès. Le dernier appel de Jordy, celui qu'elle attendait pour quitter définitivement l'appartement du jeune homme. Il était arrivé en Louisiane, il ne repartirait pas avant d'avoir vu sa sœur adorée. La Quileute avait donc le champ libre pour reprendre le cours de sa vie, et oublier au plus vite cette parenthèse.
Elle se frotta le front d'une main et ferma les yeux, si fort que des taches de couleur fantômes se formèrent sur la paroi de ses paupières closes. Mais elle repoussa cet assaut de tristesse avec la force de l'habitude, rouvrit les yeux et claqua des mains sur ses cuisses avant de se lever et de se rendre vers la chambre d'amis d'un pas décidé. Malgré la boule qui semblait avoir élu domicile dans sa gorge et qui lui donnait l'impression d'étouffer.
Même si elle n'y avait dormi qu'une nuit, et encore pas en totalité, ses affaires étaient rangées dans le placard de la pièce mauve et blanche. L'Indienne en sortit son sac à dos, et grimaça quand elle se rendit à l'évidence : il était bien trop petit pour contenir toutes les affaires qu'elle avait achetées. Elle y fourra donc pêle-mêle ses sous vêtements, parvenant presque à ignorer le pincement au cœur que provoqua la vue des dessous affriolants que Jordy lui avait offerts. Puis elle se rendit devant la porte d'entrée, laissa tomber son sac à côté, et farfouilla dans le minuscule placard où le jeune homme entassait tout ce qu'il ne pouvait ranger ailleurs. Leah y dénicha un vieux sac de plage, et retourna récupérer le reste de ses affaires qu'elle jeta sans plus de précautions que précédemment.
Quand elle revint vers l'entrée, elle récupéra son sac à dos, et sans un regard derrière elle ouvrit la porte, la referma, actionna verbalement le verrouillage, et se dirigea vers les escaliers.
Ce n'est qu'au troisième étage que les larmes eurent raison de la louve-garou, et elle les essuya rageusement d'une main tremblante.
OoOoOoO
Le monorail, la gare de Los Angeles, le train qui la ramenait vers Seattle, vers la Push, vers son monde, tout ce trajet se déroula dans une brume cotonneuse que Leah prit soin d'entretenir en court-circuitant toutes ses émotions. Absolument toutes. Elle devait ressembler à un zombie, le regard vide dans un visage qui l'était tout autant. Mais hors de question de se donner en spectacle en pleurant comme une gamine devant des inconnus. Et elle était au bord des larmes dès qu'elle tentait de reprendre pied dans la réalité.
C'est donc en mode automatique qu'une fois descendue du train elle se dirigea vers le parking où sa voiture l'attendait depuis une éternité. Une vie entière, pour le moins.
Et c'est une fois installé dans l'intimité de sa voiture qu'elle éclata en sanglots convulsifs tellement violents qu'elle se sentit à deux doigts de vomir.
Leah tentait d'inspirer à fond pour se calmer, effrayée de ses propres réactions, mais son souffle était haché par ses pleurs, et rapidement elle préféra abandonner la partie et se laisser aller à sa douleur, histoire de l'évacuer une fois pour toute.
Ça va aller, tentait-elle de se raisonner. C'est pas comme si tu comptait passer ta vie avec lui, comme c'était le cas avec Sam. Le mois dernier tu savais même pas qu'il existait... Arrête de te lamenter comme une morveuse à son prmier chagrin d'amour !
Mais c'est après un bon quart d'heure de reniflements qu'elle put enfin mettre le contact de la voiture et qu'elle s'engouffra dans la circulation de Seattle, sous un ciel qui reflétait à merveille l'état de son moral.
Quand, bien des kilomètres plus loin, l'Indienne coupa le contact de la voiture, le chuintement monotone des essuie-glaces s'interrompit, laissant les énormes gouttes s'écraser bruyamment sur le pare-brise. Le panneau lumineux du motel paraissait flou à travers le rideau de pluie, et Leah enfila son blouson avant de sortir de la protection du véhicule. D'un geste mécanique, elle prit son sac à dos, puis rentra la tête dans les épaules avant d'ouvrir la portière et de galoper jusqu'à l'accueil. Elle en ressortit quelques minutes plus tard pour cette fois se rendre dans la chambre qu'elle venait de louer.
Elle pénétra dans une pièce impersonnelle mais propre, à l'odeur légèrement désagréable de produits de nettoyage bon marché. Leah fronça le nez en refermant la porte derrière elle et balança son sac à dos sur la chaise sur sa gauche. Epuisée, elle s'avança vers le lit et s'y affala face en avant, de tout son long, sans même prendre la peine de mettre les mains pour amortir sa réception. Elle rebondit un peu sur le matelas, puis posa sa joue sur le dessus de lit frais avec un grognement de soulagement. La louve-garou avait récupéré son véhicule seulement une heure auparavant à la gare de Seattle, mais elle se sentait éreintée comme si elle avait fait le trajet depuis Los Angeles en courant et non en train.
Après une minute dans cette position, Leah se fit violence pour se redresser, sous peine de s'endormir dans la suivante. Elle trouva le courage d'ôter le pull et le jean qu'elle portait à nouveau, plus adéquats pour le climat de Seattle, mais n'en eut pas assez pour se traîner à la salle de bain. En sous-vêtements, la Quileute souleva drap et couvertures juste assez pour pouvoir s'y glisser en dessous, les remonta jusque sous son menton en tremblant au contact du tissus froid, et se recroquevilla en position fœtale pour se réchauffer.
Leah avait appréhendé ce moment.
Jordy lui manquait. Mentalement. Physiquement. Terriblement.
Mais à sa grande surprise et à son - plus grand encore- soulagement, l'épuisement l'emporta sur son chagrin, et elle sombra dans un sommeil sans rêve.
Le lendemain, hélas, il la rattrapa deux secondes après le réveil de la louve-garou. Mais même si son moral était au plus bas, la louve-garou reprit sans s'en rendre compte ses vieux automatismes instinctivement, sa peine, sa douleur et sa nostalgie toutes neuves se retrouvèrent reléguées, enfouies dans l'espace sombre et secret au plus profond de Leah, prenant le pas sur ses anciennes rancœurs qui avaient disparu. Elle se retrouvait une nouvelle fois comme une coquille vide, mais ça aussi, elle y était habituée. Ça serait juste un peu plus difficile, parce que trop récent, mais elle y parviendrait. Elle y parvenait toujours. Sa faiblesse de la veille, ce moment où elle avait laissé libre cours à ses émotions, n'était qu'un accident de parcours. Comme d'être retombée dans le piège des sentiments. Il suffirait de se montrer plus prudente, à l'avenir, et tout rentrerait dans l'ordre.
La Quileute s'assit au bord du lit en frissonnant. Tout en se frictionnant les bras vigoureusement, elle se dirigea vers la fenêtre et écarta les stores pour jeter un œil à l'extérieur. C'est à ce moment qu'un détail attira son attention et lui fit oublier un instant ses idées noires : il faisait beaucoup trop sombre, même en tenant compte du ciel gris. Intriguée, elle regarda l'heure affichée sur l'horloge murale, et ouvrit des yeux stupéfaits ; un rapide calcul lui confirma l'impensable. Elle avait dormi pas loin de vingt heures. Pratiquement une journée entière. Ça ne lui était jamais arrivé.
Enfin, ça fait toujours autant d'heures où je n'ai pas déprimé, faut voir le bon côté des choses...
D'un pas traînant, Leah alla à la salle de bain. La lumière crue de l'applique murale la fit grimacer, et le reflet du miroir au-dessus du lavabo lui renvoya le triste spectacle de son visage las et déformé par son rictus. Elle trouva étonnamment un reste d'auto dérision et s'accorda un sourire cynique, digne de la bêta de Jacob Black. Hochant la tête de satisfaction à l'idée de reprendre peu à peu ses marques, comme de vieux vêtements hideux mais confortables par leur familiarité, la louve-garou se déshabilla et se glissa dans la cabine de douche, où elle passa une longue demi-heure à se savonner vigoureusement, du sommet du crâne à la pointe des pieds, et ce à de nombreuses reprises. Pas question qu'un atome de l'odeur de Jordy et de son monde reste sur son corps. Et pas seulement parce qu'elle voulait éviter tout ce qui pouvait la rendre nostalgique de son séjour chez le jeune homme, mais surtout parce qu'il était hors de question qu'un loup-garou puisse déceler la moindre fragrance qui l'informerait de son occupation ces dernières semaines.
Une fois certaine d'empester à plein nez le gel douche bon marché fourni par le motel, elle se sécha, se rhabilla du jean et du pull qu'elle portait la veille, ne changeant que de sous-vêtements, et porta tout le reste de ses affaires à la laverie de l'établissement, sacs compris. L'Indienne attendit la fin de la lessive en restant assise devant la machine, le regard morose glissant toutes les vingt secondes du spectacle ô combien fascinant de son linge et des sacs tournant dans le tambour vers l'extérieur du local où la pluie s'était remise à tomber. A son grand soulagement, personne ne vint déranger sa solitude. Bizarrement, malgré ses nombreuses heures de sommeil, la louve-garou se sentait encore fatiguée, et cette lassitude qui semblait ne plus la quitter ne faisait qu'empirer son moral déjà pas vraiment au beau fixe. Elle ferma les yeux et appuya la tête contre le mur, se laissant aller à la somnolence. Derrière ses paupières closes, des flashs de son séjour californien lui revenaient en mémoire, et elle s'abandonna à ses souvenirs, lâchant prise pour cette dernière fois, se promit-elle. Bercée par le ronronnement de la machine à laver, elle s'enfonça sans vraiment s'en rendre compte dans une indolence nostalgique que Jordy peuplait tout entier. Souriant, endormi, moqueur, surpris, brûlant de désir, toutes les images défilaient sans cohérence, kaléidoscope du jeune homme blond qui avait contre toute attente abattu les défenses qu'elle avait si longtemps auparavant érigées et qui n'avaient jusque-là jamais failli... Leah aurait dû écouter son instinct, qui lui avait pourtant soufflé que le Sudiste était un appeau à ennuis. C'était bien la peine d'avoir traversé les décennies, victorieuse d'innombrables batailles contre des ennemis qui terrifieraient la grande majorité de l'humanité, pour retomber bêtement tête la première dans les problèmes de cœur sans faire cas de son intuition...
« Tu devrais essayer les blonds, faudrait pas mourir idiote... »... ha, ha, ha, c'est pas idiote, que tu as été, ma pauvre Leah, c'est désespérément con...
La porte de la laverie s'ouvrit brusquement, réveillant en sursaut la Quileute. La femme d'une soixantaine d'années qui s'engouffra dans le local s'excusa silencieusement d'un regard vers l'Indienne, puis s'approcha d'une machine disponible et l'emplit du linge qu'elle transportait dans un grand sac plastique.
Leah constata que sa propre machine s'était arrêtée, étant arrivée au bout de son programme. Ne restait plus qu'à transvaser ses affaires vers le sèche-linge. Mais attendre que tout soit sec en compagnie d'un autre être humain lui parut insurmontable, et elle préféra prendre le fatras humide, le fourra dans le sac qui l'était tout autant, et quitta la laverie sans un regard pour la nouvelle venue. S'empressant de récupérer le peu qu'il restait dans la chambre du motel, elle balança sans précaution le tout dans sa voiture, s'installa derrière le volant et l'agrippa en expirant violemment. Puis elle fit glisser ses mains vers le haut et posa un instant son front dessus, les yeux clos, un écœurant goût de chagrin lui remontant des tripes et la faisant grimacer. Enfin elle se redressa lentement et mit le contact. Les essuie-glaces déclenchèrent immédiatement leur vas et viens monotone, le chuintement sur le pare-brise contrebalançant le claquement des gouttes de pluie sur le toit de la voiture.
Leah, le regard sec, la mâchoire un peu crispée, prit la direction de la baie d'Olympic.
…
Combien de temps était-elle restée prostrée assise devant la table de la cuisine, une grande tasse de café posée dessus qui refroidissait lentement sans être bue, avant que trois petits coups soient frappés à la porte d'entrée ? Cela faisait bien une heure qu'elle avait balancé son sac puant l'humidité dans sa chambre et qu'elle s'était affalée sur la chaise en bois, les mains jointes autour du mug qui ne fumait plus depuis un bon moment.
Quand Seth pénétra dans la maison de sa sœur aînée sans attendre qu'elle lui ouvre, Leah s'appliqua à se composer un visage neutre et se leva pour l'accueillir. Le sourire réjoui du loup-garou lui fit chaud au cœur, même s'il n'apaisa pas totalement son vague à l'âme.
« Ben alors, où t'étais passée ? On se demandait si tu allais revenir un jour !
- J'avais besoin de vacances. » répondit-elle évasivement.
Son frère ricana avant de poursuivre :
« C'est ce que je vois ! T'as l'air d'avoir pris le soleil, et... »
Il s'interrompit un instant et huma l'air en inspirant à deux reprises. Leah se crispa imperceptiblement.
« … tu sens bizarre...
- Le gel douche du dernier motel. Pas le meilleur, j'avoue.
- Non, y a autre chose... peut-être le parfum du sud ! T'es allée jusqu'où ?
- Jusqu'à loin. Bon, quoi de neuf ici ?
- Ha ! Là, ma vieille, t'as pas idée de ce que Jacob nous a ramené comme nouvelle du Canada ! La p'tite imprégnée de Matt a fait pas mal bouger les choses ! Jake était sur les dents de ne pas pouvoir te mettre la main dessus, attends-toi à ramasser !
- Et c'est quoi, cette fameuse nouvelle ? demanda Leah calmement, pas inquiète outre mesure des humeurs de son alpha.
- On part en guerre contre les sangsues italiennes ! »
La Quileute se figea, oubliant un instant de respirer. Puis un frisson la parcourut toute entière, mélange de stupeur, d'excitation et d'appréhension. Et l'instant d'après, le mal-être qui semblait la poursuivre depuis son départ de Los Angeles l'écœura, faisant monter un goût désagréable de bile dans la bouche. Un peu nauséeuse, elle se traîna jusqu'à l'un des fauteuils de son salon tandis que Seth s'installait dans l'autre.
« Explique. »
Et Seth expliqua.
…
Prétextant la fatigue et l'envie de prolonger ses vacances en restant seule, Leah avait décliné l'invitation de son frère à venir manger chez lui.
Elle se retrouvait donc assise en tailleur sur le fauteuil qu'elle n'avait pas quitté, les yeux dans le vague, à essayer de digérer ce que son frère lui avait révélé.
Aller défier les rois des sang froid sur leur propre terrain. De la folie pure. Et pourtant, s'il y avait une chose à laquelle ils ne pouvaient s'attendre, ce serait bien celle-là. Si Johanna parvenait à convaincre son ami flic, pour se charger de tout ce qui serait intendance, ( comme faire sortir du territoire des dizaines d'Indiens dont les papiers n'étaient plus valables depuis belles lurettes ), c'était jouable. Et la louve-garou comptait bien être dans les premières lignes pour venger la perte des deux jeunes de la meute de Sam survenue l'année précédente.
Un frisson l'arracha à son rêve éveillé. Surprise, elle se frictionna les bras en se levant. Le soir était tombé, et dans la pénombre silencieuse, la maison semblait plus fraîche que d'habitude. En même temps, Leah avait passé plus de deux semaines sous le climat de Californie, il lui faudrait sans doute plus que quelques jours pour se réacclimater à celui de la Push. Ouvrant l'unique placard de sa demeure, elle en extirpa un vieux plaid à la désagréable odeur de renfermé, qu'elle passa néanmoins autour de ses épaules. Progressant comme si elle traînait un boulet à chaque cheville, elle rejoignit le fauteuil et s'y affala en s'enroulant dans la couverture. Son esprit délaissa alors l'Italie pour s'égarer vers la Cité des Anges.
Jordy devait être rentré de Louisiane maintenant. Leah se prenait tour à tour à espérer puis redouter qu'il débarque à la Réserve pour, au choix, l'abreuver de reproches … ou l'enlever de force pour la ramener chez lui.
L'Indienne eut un petit rire sardonique. Depuis combien de temps n'avait-elle pas eu de pensées aussi fleur bleue ?
Depuis quand n'as-tu pas pleuré pour un homme ?
Elle posa sa tête en arrière sur le fauteuil en fermant les yeux. Bon sang, elle s'en serait bien passée, de cette sensation de manque, de ce trou au fond de la poitrine, de ce trop plein constant de chagrin qui menaçait à chaque instant de déborder en larmes acides.
Il faut que Johanna réussisse son pari. Rien ne me ferait plus de bien que d'aller m'expliquer avec ceux qui nous pourrissent la vie depuis des décennies. En plus, je suis sûre que l'Italie c'est très agréable à visiter à cette époque de l'année. Et les Italiens ont la réputation d'être d'excellents amants...
Mais quand elle s'assoupit, ce ne fut ni les gondoles ni les latin lovers qui peuplèrent ses rêves, mais une étendue de sable chaud bordée du Pacifique et un surfeur blond nettement plus doué dans ses songes que dans la réalité.
OoOoO
« Leah ! Leah ! Tu es là ? »
La louve-garou se réveilla en sursaut, et grimaça quand ses muscles ankylosés protestèrent d'être mis à contribution si brutalement après être restés si longtemps dans une position peu confortable.
« Deux secondes ! » grogna-t-elle en se levant maladroitement, toujours emmitouflée dans le vieux plaid. Un haut le cœur devenu depuis quelques jours familier afflua, et elle respira lentement pour le contenir avant de se rendre à la porte d'entrée d'un pas pesant. Elle l'entrouvrit, et baissa un regard morose vers son amie rousse.
« Salut Nessie. Je savais pas que tu étais revenue.
- Salut ! Je peux entrer ? »
Leah hésita, mais la nausée se fit plus violente comme l'odeur de la demi-vampire l'assaillait. Elle bloqua sa respiration et répondit très vite :
« Désolée, mais tu viens de me réveiller et je me sens pas d'humeur. Plus tard si tu veux. »
Renesmée leva les sourcils de surprise, mais ne protesta pas :
« Ok... je repasserai alors...
- Voilà. Bonne journée. »
Et la porte se referma devant le nez de l'imprégnée de l'alpha.
La louve-garou grimaça : elle en connaissait un qui n'allait pas apprécier. C'est fou comme il pouvait se montrer soupe au lait quand ça concernait Nessie. Mais bon, elle avait d'autres problèmes plus urgent à gérer. Comme cette envie de vomir qu'elle n'arrivait plus à contenir.
Leah se précipita jusqu'aux toilettes. Elle parvint de justesse au-dessus de la cuvette pour rendre ce qu'elle avait dans l'estomac, c'est à dire de la bile qui lui brûla l'œsophage, vu qu'elle n'avait pas avalé grand chose dans la journée. Une fois les spasmes calmés, elle se leva en tremblant de la tête aux pieds, transie de froid. Après s'être lavée la bouche au lavabo, elle ramassa le plaid qu'elle avait fait tomber dans sa précipitation, et l'enroula autour de ses épaules avant de regagner le fauteuil où elle se pelotonna en claquant des dents.
Mais qu'est-ce qui m'arrive ?
