Mes lecteurs adorés ! Non, rassurez-vous, je ne vous ai pas oubliés. Ce qu'il y a, c'est que d'abord, j'ai été prise par une fic (Pansy's song de delphinej). Puis j'ai été très occupée, entre le boulot, les sorties (désolée, je commence les vacances d'été!), sans compter qu'avec les chaleurs, je dors assez mal. Mais il y a aussi une autre raison qui va vous réjouir : ce chapitre est plus long que les précédents. Nettement plus long ! C'est le plus long jusqu'à présent, il est même plus long que mon premier chapitre, qui faisait dans les 9 200 mots... Celui-ci en fait plus de 10 300. J'en suis fière ahah Je vous annonce déjà que la suite risque d'arriver plus tard aussi, parce que cette semaine, j'ai pas mal de choses prévues (demain j'ai une bourse aux stages à l'unif, mardi une réunion d'équipe pour les moniteurs de l'été 2016 puis un babysitting, mercredi je retourne à l'unif,... j'oublie sûrement des trucs).

C'est promis, je ferai en sorte que le chapitre 15 soit publié endéans les 7 jours... mais pour ça, j'ai aussi besoin de vous. Bah oui, des lecteurs qui laissent des reviews, c'est encourageant... Et dans les moments "mous", quand je reçois une review, ça me remotive à bloc ! Merci ma Cha' pour tes retours toujours aussi drôles et pertinents. Et dédicace à Marion, alias BrownieJune, dans le deuxième paragraphe de ce chapitre ahahah

Je vous laisse avec ma réponse aux reviews anonymes, et je vous retrouve en bas de chapitre pour une annonce. :p

Devine qui c'est : Copiiiiiiiiine qui aime toujours autant ma fic ! :D Je sens que la tournure que prend ce chapitre va te plaire... ;)

Mrs Malefoy : Merci beaucoup d'avoir pris le temps de laisser une review, surtout si tu n'as pas l'habitude de lire une fic en cours ! Franchement, n'hésite pas à en laisser plus souvent, c'est très motivant pour les auteurs ! Héyaaaaa une compatriote belge ! Et d'où c'que tu viens donc ? :p Ahah je n'ai pas du tout pensé à Dries Mertens, mais j'ai clairement décidé d'insérer un auteur avec un nom à connotation néerlandophone. Contente que tu trouves mon histoire bien pensée ! Je ne voulais pas rentrer dans les clichés justement, je voulais faire une histoire originale. Si tu continues à me suivre, je crois que tu ne seras pas en reste non plus avec mon prochain Dramione (en fic longue) ahahah Oh ouiiii, Dramione is life ! :D

Lucia fila : Hé ben, t'en auras de la chance, lire mon chapitre 13 dans la journée, et la suite publiée le même jour ! ahah J'aime beaucoup tes reviews très complètes et très drôles, et oui tu es folle ahahah Mais j'aime beaucoup ça. Il y a une bonne partie de chapitre avec Pansy, j'espère que ça te plaira tout autant que dans le chapitre précédent !

ATTENTION DANS CE CHAPITRE : MENTION DE SEXUALITÉ DE PLUS EN PLUS PRÉSENTE... Un lecteur averti en vaut deux... C'est peut-être l'occasion de me signifier si ce genre de scène vous déplaît, j'aviserai en conséquence pour la suite.


Chapitre 14 : fêtes de fin d'année

Hermione soupira de soulagement lorsque le professeur annonça finalement la fin du cours d'Histologie de la médecine : des druides aux pratiques actuelles. Elle trouvait toujours la matière aussi intéressante et indispensable à son cursus académique, mais force était de constater que le cours était particulièrement épuisant.

Elle suivit Charlotte et Drago qui prenaient la direction de la cafétéria. Treize heures tapantes, et les estomacs gargouillaient, eux aussi libérés des quatre heures d'enfer. Quelques instants plus tard, les sorciers s'installaient autour du repas de midi. Se décidant pour un sandwich aux saveurs inconnues – une sorte de pain aux céréales complètes garni d'une viande non identifiée, de crudités et d'une sauce pas plus identifiable -, Hermione laissa courir son regard sur le blond assis en face d'elle. Drago Malefoy était son petit ami depuis deux mois maintenant. Ou plutôt, cela faisait deux mois qu'ils s'étaient embrassés pour la première fois. Ce n'était pas la même chose, mais depuis lors, leur comportement l'un envers l'autre n'avait pas cessé d'évoluer en ce sens.

Interceptant son regard, Drago lui sourit avec cet air suffisant de celui qui sait quel effet il produit. Il n'en fallait jamais plus à Hermione pour rougir. Et pour ça, même après deux mois à fréquenter quotidiennement Drago, il n'y avait pas de différence.

Aucun d'eux n'eut le temps d'ouvrir la bouche pour se chamailler gentiment – comme ils en avaient l'habitude -, qu'un grand-duc fit son apparition dans la cafétéria. Il abandonna une lettre juste devant Hermione, avant de se positionner dans une posture d'attente, à quelques pattes d'elle. La brune observa l'enveloppe sur laquelle était inscrit son nom, d'une écriture soignée qu'elle ne connaissait pas.

- Ça, c'est Pansy, lui dévoila Drago. Votre grande amitié commence officiellement.

Hermione releva les yeux vers Drago, qui affichait une expression goguenarde. Il se moquait d'elle, parce qu'il considérait Pansy comme la parfaite représentante sorcière du focifère : elle rend fou ceux qui l'écoutent trop longtemps. Il se moquait, mais il était bien content qu'Hermione s'entende bien avec ses amis…et qu'elle le soulage du bavardage intempestif de Pansy.

Elle termina rapidement son sandwich avant d'accorder toute son attention à la lettre qu'elle venait de recevoir. Elle l'ouvrit précautionneusement.

Hé Granger,

Je dois passer sur le Chemin de Traverse pour faire mes achats de Noël. Ça te dit de m'y accompagner demain et qu'on profite de l'occasion pour passer la journée ensemble ? Si ça te va, je te propose qu'on se retrouve vers dix heures devant Gringotts. Tu peux me renvoyer directement ta réponse avec Waardig.

Pansy.

Elle se souvenait que la dernière fois qu'elles s'étaient vues, Pansy lui avait demandé si elles pouvaient se revoir entre filles. Elle transmit le contenu de la lettre à Drago et à Charlotte.

- C'est une bonne idée, commenta cette dernière. Oh dis, je pourrai vous accompagner ? Il me faut une robe pour le bal.

Hermione acquiesça, se rappelant du même coup qu'il lui en faudrait une également. Le Comité de la faculté organisait un bal de Noël le vendredi dix-sept décembre, veille des vacances d'hiver. La faculté avait accepté qu'ils organisent la soirée dans les salles communes du bâtiment, à condition que tout le monde y mette du sien pour remettre les espaces dans un ordre impeccable avant chacun ne rentre chez soi pour les vacances. C'était d'ailleurs avec une grande surprise que Drago l'avait invitée pour qu'ils y aillent ensemble, en tant que cavaliers. Après coup, Hermione s'était dit que c'était aussi une occasion de se montrer dans un beau costume et que de toute façon, même s'ils étaient discrets, leur relation n'était plus un secret pour personne. Mais cela lui avait tout de même fait plaisir qu'il y pense.

- Oui, viens, comme ça tu pourras m'aider pour en choisir une aussi, approuva la brune.

Sortant une plume et de l'encre de son sac – non sans avoir déblayé la table, afin d'avoir de la place pour écrire -, elle reprit le parchemin avec le message de Pansy et écrivit à sa suite.

Pansy (on peut s'appeler par nos prénoms maintenant, non ?),

C'est d'accord pour demain. Je viendrai avec une amie, Charlotte. On a besoin de robes pour le bal du weekend prochain.

À très vite,

Hermione.

Elle relut sa lettre puis la plia avant de l'accrocher à la patte du hibou, qui s'envola sans demander son reste.

ODODODOD

Comme convenu, Hermione et Charlotte attendaient Pansy devant Gringotts, la banque des sorciers. Elles étaient déjà descendues dans leurs coffres respectifs (Charlotte ayant fait ouvrir un compte temporaire en Angleterre) afin de retirer un peu d'argent pour leurs emplettes à venir.

Hermione regarda sa montre moldue. Elle affichait dix heures et sept minutes. Pansy avait un peu de retard. Hermione soupira. Les Serpentard aimaient se faire désirer !

Quelques minutes plus tard, la sorcière arriva enfin, animée par une marche rapide.

- Désolée Hermy, dit-elle d'une voix essoufflée, j'ai été retardée à la fac.

Hermione encaissa le coup, surprise de passer aussi rapidement de Granger à un diminutif. Elle haussa les épaules, dans un geste signifiant que ce n'était pas si important.

- Tu dois passer par ton coffre ? lui demanda Hermione en désignant le bâtiment derrière elle.

Pansy secoua la tête.

- Non, normalement j'ai suffisamment de liquide sur moi, annonça-t-elle avant de se tourner vers Charlotte. Tu dois être l'amie d'Hermione ? Je suis Pansy.

Elle lui tendit une main que Charlotte serra maladroitement, apparemment mal à l'aise avec les attitudes serpentardes.

Les sorcières décidèrent de commencer par la recherche de robes pour le bal. Pansy leur vanta tellement les mérites des collections de Tissard et Brodette que les deux amies acceptèrent de la découvrir. En entrant dans la boutique, elles furent immédiatement accueillies par une sorcière plus âgée.

- Bonjour Mesdemoiselles, en quoi puis-je vous être utile ?

Pansy répondit sans détour.

- En rien, on va regarder nous-mêmes, déclara-t-elle.

Hermione fit les yeux ronds face à sa manière de parler, et vit la commerçante tiquer. Elle répondit néanmoins sur un ton faussement aimable.

- Je vous en prie, faites à votre aise, dit-elle avant de s'éclipser dans l'arrière-boutique.

Arborant toujours des yeux ronds, Hermione se tourna alors vers Pansy, qui haussa les épaules.

- Je n'aime pas avoir des vendeuses sur le dos quand je fais du shopping. En plus, elle n'a pas très bon goût, se justifia-t-elle sur un ton dédaigneux.

Hermione préféra ne rien ajouter et se dirigea vers les portants avec les tenues de soirée. Il y en avait tellement qu'elle ne savait où donner de la tête.

- Tu sais ce que Drago adorerait que tu portes ? la questionna Pansy qui arrivait derrière elle, un air malicieux sur le visage.

- Non ? s'intéressa Hermione.

Pansy éclata de rire avant de sortir une longue robe vert émeraude très ajustée.

- Avec cette couleur, tu lui donnes l'impression qu'il a le contrôle, puisque c'est sa couleur. Puis, continua-t-elle en dévoilant l'arrière du vêtement, avec une pièce qui découvre le dos de cette façon, tu le rendrais dingue. Il n'a déjà pas de patience en temps normal, mais là je ne suis pas sûre qu'il te laisserait le temps d'une danse avant de vouloir voir le reste.

Pansy riait toujours, alors qu'Hermione gardait les lèvres closes, mal à l'aise. Son intention n'était pas vraiment d'aguicher Drago…

- De toute façon, poursuivit Pansy qui n'avait pas remarqué le malaise d'Hermione, la couleur ne t'irait pas, elle te pâlirait.

Après deux heures d'essayages interrompus, si ce n'est par les rires des trois sorcières, elles sortirent de la boutique avec leurs trouvailles. Malgré les remarques aussi mordantes que des doxys de Pansy sur les différentes tenues, Hermione avait passé un excellent moment. Meilleur qu'elle aurait pu le penser, elle qui n'était pas de nature à passer des heures à chercher la tenue idéale. Mais elle ne pouvait qu'admettre le fait : elle avait bel et bien trouvé la tenue idéale. Une bleu nuit à manches mi-longues, parsemée de paillettes, qui lui arrivait juste au-dessus des genoux. Elle avait bien retenu l'information donnée par Pansy – qu'elle considérait comme un avertissement – et avait tout bonnement évité les robes qui lui découvraient le dos. Ne serait-ce qu'en partie. Avec la robe, Pansy l'avait convaincue d'acheter une paire d'escarpins noirs parce que « ça sert toujours ».

Quant à Charlotte, elle avait choisi une robe rouge foncé, avec de la dentelle en guise de manches. Hermione était persuadée qu'elle allait faire fureur auprès d'Andy, qui venait exclusivement dans l'idée de l'accompagner au bal, avant qu'ils ne rentrent ensemble en Belgique, le lendemain.

Et après tout ça, il fut largement temps pour les trois sorcières de s'arrêter pour manger. Bien évidemment, Pansy et sa noblesse obligeant, il aurait été inconvenant de se rendre au Chaudron baveur. La Serpentard les conduisit donc dans un petit restaurant…dans l'allée des embrumes. À la base, Hermione avait été réticente, mais Pansy lui avait assuré qu'il n'y avait rien à craindre quand on savait où se rendre. Et effectivement, elle leur avait déniché un petit bijou. Certes, Hermione n'y reviendrait pas d'elle-même, mais La fourchette des embrumes était tout ce qu'il y avait de plus correct pour un restaurant. En fait, il était même relativement charmant, il était simplement rempli de sorciers en quête de discrétion.

Elles s'installèrent à une petite table à l'abri des regards, et une présentation individuelle des menus fut tendue à chacune.

Entrées

Potage des Ténèbres (potage du jour)

Pattes de clabbert en sauce

Salade Merlin avec sa sauce embrumée

Plats

Noueux et son jardin saccagé sur lit de chrysanthèmes

Moke et ses accompagnements dissimulés

Re'em et ses primeurs rendues combatives

Desserts

Tarte aux pommes mordeuses

Fondant aux chocogrenouilles éviscérées

Glace surprise de Bertie Crochue

Boissons

Élixir viticole du Saigneur des Ténèbres

Pétillant à la prune dirigeable

Pinte mortifère

Infusion des partisans au repos

Hermione releva la tête des menus, une expression désappointée sur le visage. Charlotte semblait au contraire amusée, et Pansy avait déjà terminé sa lecture depuis longtemps, les attendant, les bras croisés. Hermione ne savait vraiment pas quoi prendre ; les intitulés ne lui inspiraient pas du tout confiance.

- Heu…Pansy ? se risqua-t-elle.

La sorcière lui accorda toute son attention.

- C'est quoi ça ? lui demanda Hermione en lui montrant la carte des menus.

La Serpentard éclata de rire.

- T'en fais pas, Hermy, tout est super bon. C'est volontairement macabre, mais je n'ai pas besoin de t'expliquer pourquoi, lui répondit-elle avec un clin d'œil.

À contrecœur, Hermione reposa les yeux sur la liste des mets proposés et signifia à Pansy qu'elle avait fait son choix. Charlotte ayant également fait son choix, Pansy héla un serveur qui prit leur commande avant de repartir dans les cuisines.

- Alors, comment ça se passe avec Drag' ? l'interrogea Pansy avec un air malicieux.

Ça y était, la Pansy intéressée par les histoires sentimentales pointait le bout de son nez. Hermione haussa les épaules, mais ne put s'empêcher de rougir, se trahissant.

- Oh oh oh, jeune sorcière, vous avez intérêt à tout me raconter ! s'exclama Pansy, qui s'émoustillait comme une baguette qui choisissait son sorcier pour la première fois.

Le serveur revint à ce moment-là pour leur apporter leurs pintes mortifères, mais Pansy ne la lâcha pas du regard, tenant à avoir une réponse de la part d'Hermione.

Sauf qu'Hermione ne pouvait pas formuler à haute voix ses pensées. La situation avait bien évolué avec Drago en quelques semaines. Ils se montraient toujours aussi réservés sur leur relation en public, mais une fois en privé, leurs corps ne se décollaient pas et ils ne cessaient de se taquiner. Ou plutôt, Drago ne cessait de la taquiner et de la presser contre lui, pendant qu'Hermione rougissait et se laissait faire – c'était plus fort qu'elle, le blond la rendait folle. Elle se sentait sur le point de capituler, mais elle avait bien trop peur. Elle n'avait pas envie d'aller trop vite, et Drago n'avait plus les mêmes appréhensions qu'elle depuis longtemps. Non, elle avait d'abord besoin d'en parler avec une amie, mais pas Pansy, qu'elle connaissait à peine finalement. Elle attendrait de retrouver Ginny, et ce n'était plus qu'une question de jours à présent.

Pansy la sortit de ses pensées en reprenant la parole.

- En fin de compte, je crois que tes expressions sont suffisamment explicites, rit-elle. Mais ça me donne envie d'en savoir encore plus. Je t'avais bien dit que c'était un bon amant !

Hermione hocha la tête en se pinçant les lèvres. Pansy n'y était pas vraiment, mais elle n'avait pas envie de lui dire qu'ils n'avaient toujours pas passé le cap… Non seulement parce qu'elle n'avait pas envie de s'expliquer, puisqu'il y avait peu de chances pour que Pansy comprenne qu'elle soit toujours vierge, mais en plus parce que la réputation de Drago avait déjà pris un sacré coup pour qu'elle en rajoute une désillusion supplémentaire.

Heureusement pour elle, Charlotte sembla remarquer son désarroi, puisqu'elle intervint dans la conversation.

- Ils sont adorables, mais surtout très discrets. Je pense qu'on devrait leur laisser cette magie pour eux, je n'aurais pas envie de perturber leur alchimie moi, en tout cas, affirma-t-elle.

Hermione la remercia d'un regard. Si Charlotte l'avait pas mal titillée sur leur relation avant qu'elle ne débute réellement, maintenant que le couple était bien lancé, Charlotte se contentait de sourires et d'œillades à la « alors les amoureux… ». Pansy continua à parler.

- Je peux comprendre, concéda-t-elle, l'air malgré tout déçue. Drago a choisi la bonne sorcière en tout cas. Lui qui n'aime pas s'étendre sur sa vie privée, elle est bien gardée avec toi, Hermy.

Elles dévièrent alors la conversation sur le fameux Cassius Warrington. Si Hermione n'avait pas envie de parler de sa relation avec Drago à Pansy, cette dernière avait pourtant beaucoup à raconter sur ses propres relations amoureuses. La Serpentard n'hésita donc pas une seule seconde à répondre à la sollicitation d'Hermione.

- Non, au grand jamais, non ! Je ne lui parlerai plus ! s'exclama Pansy. Et si lui ose revenir vers moi, je lui passerai l'envie de recommencer… J'ai toujours voulu expérimenter le maléfice de la Verge coincée dans la fermeture éclair…

Ensuite, elle continua, sans qu'une réaction de la part d'Hermione ou de Charlotte lui soit nécessaire.

- J'ai l'impression que les gars sont tous nuls pour les relations amoureuses, soupira-t-elle. De tous ceux que j'ai eus comme petits amis, il n'y en avait aucun pour relever le niveau des autres. Ils se fichent pas mal de nos sentiments…

Hermione échangea un regard avec Charlotte, comprenant ainsi qu'elles étaient sur la même longueur d'onde : les mettre tous dans le même chaudron, c'était peut-être un peu exagéré… Mais si Pansy était triste ou en avait marre, tout simplement, sa réaction était compréhensible.

- Mais non, enchaîna alors Hermione. Ils ne s'en fichent pas tous. C'est parce que tu n'as pas eu de chance jusqu'à présent, mais les sorciers bien existent. Peut-être aussi que sans le vouloir, tu es toujours attirée par le même genre de gars et que tu ne te rends pas compte des autres qui t'entourent, alors qu'ils pourraient mieux te convenir ?

Les deux yeux brun foncé de Pansy vinrent s'accrocher à Hermione, la transcendant quelques secondes durant lesquelles Hermione resta figée. Avait-elle été trop loin, comme elle l'avait déjà fait avec Drago ? Elle n'était jamais certaine avec les Serpentard… Finalement, le regard de Pansy vira sur sa droite, fixant le sol dans une contemplation pensive. Hermione se détendit.

- Mmmh, intéressant, lui accorda-t-elle. C'est vrai que j'ai tendance à m'enticher de tombeurs, alors je ne devrais pas m'étonner de ce qui m'arrive… Mais d'un autre côté, Drago a bien fini par succomber à ton charme, alors pourquoi ça ne m'arriverait pas non plus ?

Hermione haussa les épaules. Oui, en effet, c'était possible, mais ce n'était pas en les collectionnant qu'elle finirait forcément par dévier la trajectoire du balai de l'un d'eux… Et pour ce qui en était de Drago, elle ne le connaissait pas suffisamment pour déduire qu'il avait changé avec elle. Il était possible qu'il ait changé de lui-même, ou qu'il ait été très discret sur ses relations plus sérieuses, elle n'en savait rien.

- J'aimerais bien trouver un gars attentif à mes ressentis…, déclara Pansy avec découragement.

Hermione sourit immédiatement, pensant à une personne en particulier.

- Oh ! Je crois bien que si tu étais toi-même plus attentive, tu aurais remarqué qu'il y en a déjà un dans ton entourage…, sous-entendit-elle.

Pansy la regarda avec étonnement, avant de froncer les sourcils.

- Qui donc ? lui demanda-t-elle.

- Theodore Nott, lui répondit Hermione, se rappelant les gestes et l'attention du sorcier à l'égard de Pansy.

La sorcière écarquilla les yeux à cette annonce.

- Th…Theo ? Mais…je l'ai toujours vu comme un ami… Enfin, j'ai toujours cru que lui me considérait comme une petite sœur… Tu crois vraiment ? douta-t-elle.

Hermione haussa une nouvelle fois les épaules.

- Je ne peux avoir aucune certitude en ne vous ayant vus ensemble qu'une seule fois. Mais en tout cas, il fait attention à toi, lui, éclaircit-elle.

Pansy hocha plusieurs fois la tête, une expression songeuse plaquée sur le visage.

- Oui c'est vrai qu'il fait particulièrement attention à moi, confirma-t-elle.

Le serveur arriva finalement avec les entrées commandées, coupant court à la conversation.

ODODODOD

L'après-midi sur le Chemin de Traverse en compagnie de Pansy c'était tout aussi bien déroulée que la matinée. Après les robes pour Hermione et Charlotte, les trois sorcières avaient parcouru les magasins à la recherche de cadeaux de Noël pour Pansy, ce que Charlotte et Hermione avaient déjà fait, étant plus prévoyantes. Hermione n'avait quand même pas pu résister à la tentation de faire un passage express par Fleury & Bott, d'où elle avait ramené un nouvel ouvrage sur les sortilèges de détection des traumatismes cérébraux, même s'il s'agissait d'une matière qu'elle n'aborderait pas avant l'année suivante.

Quelques jours plus tard – et plus précisément six jours plus tard -, c'était justement ce livre qu'elle était occupée à découvrir – ou plutôt à dévorer – quand quelqu'un vint frapper à sa porte.

- Oui ?

Charlotte apparut alors dans l'encadrement de la porte, précédée par un sorcier barbu aux cheveux noirs, qu'Hermione n'avait jamais vu auparavant. Avant que Charlotte ne le lui présente, Hermione avait instinctivement compris qu'il s'agissait de son petit ami.

- Hermione, je te présente Andy. Andy, Hermione, les présenta-t-elle.

Hermione se redressa de son lit sur lequel elle était allongée, veillant à conserver la page à laquelle était arrivée, et vint à la rencontre du dénommé Andy…qui l'accueillit d'une bise, au grand étonnement d'Hermione, qui se figea.

Elle entendit alors Charlotte s'exprimer en français à Andy, comprenant vaguement l'idée de coutumes anglaises, avant de s'adresser à elle.

- Excuse-moi, je n'avais pas pensé qu'il serait utile de lui préciser que les Anglais n'ont pas pour habitude de se faire la bise, expliqua-t-elle.

- Ce n'est rien, répondit Hermione en haussant les épaules, remise de sa surprise. Qu'est-ce vous allez faire aujourd'hui ?

- Sûrement discuter, profiter des quelques heures avant le bal, puis on se préparera pour y aller, je suppose. Et toi ?

Hermione lui désigna du menton le livre qu'elle était occupée à lire.

- Continuer ma lecture. Puis la même chose que vous, me préparer.

- Tu ne vois pas Drago ? se demanda Charlotte.

Hermione secoua la tête.

- Non, il tient à agir dans les règles de l'art pour le bal : ce ne sera pas une soirée pour s'amuser avec ses amis, mais une soirée où il m'accompagnera du début à la fin, en parfait cavalier, expliqua-t-elle avec un léger sourire rêveur. Du coup, il profite de l'après-midi pour rester avec Andrew, Matthew, Joshua et Edward, puisqu'il ne les verra pas non plus pendant les vacances.

Hermione vit Charlotte lancer un regard appuyé en direction d'Andy, comme pour lui signifier « tu entends ça ? », mais elle n'en identifia pas la raison. Finalement, Charlotte reprit la parole.

- On va retourner à nos occupations et te laisser lire, dit-elle. Je voulais juste te présenter Andy à son arrivée. À plus tard !

Les deux sorciers ressortirent de la chambre, et Hermione se repositionna dans son lit, sur le ventre, pour continuer Les sortilèges de détection des traumatismes cérébraux : un guide pratique pas à pas pour les débutants.

ODODODOD

Hermione avait eu beaucoup de difficulté à s'extraire de sa lecture pour commencer à se préparer en vue du bal. Mais elle avait dû se convaincre qu'elle ne parviendrait jamais à démêler sa chevelure si elle ne s'y prenait pas suffisamment tôt.

Péniblement, elle sortit de son lit, se rendant seulement compte qu'elle avait ses membres endoloris. Elle était parfois tellement concentrée – bon d'accord, quasiment toujours – sur ce qu'elle lisait, qu'elle en oubliait que sa position était inconfortable. Elle allait commencer par une douche bien chaude, cela ne pouvait pas lui faire du tort.

Quelques minutes plus tard, elle s'enveloppait dans une serviette de bain, et s'appliquait un sortilège de séchage sur les cheveux. Il était temps de passer aux choses sérieuses. Pendant près d'une heure, Hermione alterna entre brosse lissante et sortilèges divers pour arriver finalement à un résultat qu'elle jugea acceptable. Sa chevelure ne serait jamais totalement lisse, elle le savait, mais ce n'était de toute façon pas le résultat escompté : elle termina par un sortilège que Pansy lui avait appris le weekend précédent, sculptant ainsi de somptueuses boucles. L'effet était ainsi plus naturel, mais plus travaillé qu'à l'accoutumée.

Satisfaite, Hermione hocha la tête face à son reflet dans le miroir et continua sa mise en beauté par un maquillage léger. Elle n'aimait pas beaucoup se maquiller, mais quand une occasion plus festive se présentait, elle en faisait un peu l'effort. Et cette fois-ci, elle avait décidé d'y mettre les formes : elle s'était procuré un fard à paupières de couleur métallique auquel elle ajouta quelques paillettes pour l'accorder à sa robe, puis elle avait galbé ses cils avec la brosse d'un mascara, pour terminer avec un gloss léger. Encore une fois satisfaite, elle retourna dans sa chambre pour enfiler l'élément central de sa mise en beauté : sa robe. Moins réjouissant, elle chaussa aussi ses escarpins. Elle n'était pas certaine de pouvoir tenir toute sa soirée avec, mais dans le pire des cas, elle était déjà sur place, elle pourrait toujours remonter les échanger contre des ballerines.

Bon, elle était enfin prête. Combien de temps lui restait-il avait l'arrivée de Drago ? Son réveil affichait vingt-deux heures trente-cinq. Bien sûr, il était déjà en retard. Un Serpentard se faisait toujours attendre, et Drago n'y faisait pas exception. Jamais.

Glissant sa baguette dans une poche qu'elle avait dissimulée dans l'une de ses manches – on n'était jamais trop prudent -, elle sortit de sa chambre. Au moins, elle le verrait arriver de cette façon. Ce qu'il fit, moins de cinq minutes plus tard, dans un élégant costume noir.

- J'étais attendu ? lui demanda-t-il avec un sourire espiègle en arrivant à sa hauteur.

Hermione leva les yeux au ciel.

- Non pas du tout, je me demandais quand mon amant viendrait me voir, mais tu as rappliqué avant, ironisa-t-elle.

Il se rapprocha d'elle, accrochant son regard perçant dans ses pupilles. Hypnotisée par la couleur de ses yeux, elle ne s'aperçut que trop tard qu'il l'acculait contre le mur. Il plaça ses mains contre celui-ci, de chaque côté de la tête d'Hermione, s'appuyant pour plonger davantage dans ses pupilles.

- Alors comme ça, tu vois quelqu'un d'autre à mon insu ? Comme c'est fâcheux, il va falloir que je marque mon territoire…, se marra-t-il.

Il se pencha sur son cou, y déposant délicatement ses lèvres…avant d'aspirer sa peau. Se mordant les lèvres de délice, Hermione ne réalisa que trop tard ce qu'il avait voulu signifier par « marquer son territoire ». Avec horreur, elle le repoussa.

- Drago ! se plaignit-elle.

Elle toucha sa peau à l'endroit où il avait exercé son suçon, mais évidemment, elle ne pouvait rien sentir d'autre que la salive qu'il avait laissée au passage. Face à elle, Drago était hilare.

- Tu as laissé une trace ? s'inquiéta-t-elle.

- Oh, je crois que la faculté ne pourra pas douter que tu appartiens à quelqu'un…, laissa-t-il entendre.

Hermione le frappa du plat de sa main. Drago rit. Merlin, qu'il était beau quand il riait, ses yeux brillant comme mille étoiles… Mais ce n'était pas comme s'il n'était pas beau le reste du temps. C'était juste une autre forme de beauté chez lui…

- Dans dix minutes, on ne verra plus rien, promit-il alors qu'il avait cessé de rire.

Mais Hermione faisait la moue. Quand même, il exagérait ! Être beau ne lui conférait pas tous les droits !

- Arrête de râler, lui souffla-t-il à l'oreille, la faisant frissonner.

À ce moment-là, la porte de la chambre voisine s'ouvrit et Drago se recula d'un mouvement vif. Que tout le monde sache qu'ils étaient ensemble était bien suffisant, ce n'était pas la peine qu'on les voie en plus de ça… Même s'il ne s'agissait en fait que de Charlotte et Andy.

Charlotte présenta Drago et Andy, qui se serrèrent la main, puis dévisagea les deux amoureux.

- Oh ! Vous êtes accordés, nota-t-elle.

Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'Hermione remarqua les détails de couleur bleu nuit dans la tenue de Drago : son nœud ainsi que son mouchoir de poche. Hermione le contempla avec émerveillement, jusqu'à ce qu'un doute s'insinue en elle.

- Tu le savais que je porterais une robe de cette couleur, pas vrai ? se méfia-t-elle.

Drago ricana, confirmant son doute.

- Comment ? voulut-elle savoir.

- Tu dors toujours très profondément la nuit…, expliqua-t-il.

- Tu as fouillé dans mes affaires ?! s'exclama-t-elle.

Sans lui répondre et mettant un terme à la conversation avant même qu'elle n'ait débuté, il lui tendit son coude pour qu'ils descendent sur les lieux de la fête. Lui lançant un regard noir, Hermione attrapa son bras.

Ils rejoignirent alors le rez-de-chaussée, à quatre, où la fête battait déjà son plein. Pour l'événement, les meubles avaient été déplacés pour libérer un grand espace dédié à la piste de danse, sur laquelle dansaient des spots lumineux. Contre un mur se dressait une table avec quelques amuses-bouches et autre nourriture à grignoter, et dans un autre coin, des elfes s'affairaient derrière un bar pour servir de l'alcool aux sorciers assoiffés. Hermione reconnut Gweini parmi eux.

ODODODOD

Quelques heures plus tard - et quelques verres plus tard -, Hermione se trouvait sur la piste de danse avec Drago. Elle se laissait entraîner par ses mouvements, puisqu'il semblait sûr de lui et de ses gestes. Et puis, la chanson en cours se termina et une mélodie plus douce et plus lente se fit entendre. Drago l'attrapa par la taille, la rapprochant de lui. Elle glissa ses bras dans la nuque du blond, avant de poser sa tête sur son épaule.

- Vous êtes particulièrement en beauté ce soir miss Granger, lui chuchota-t-il, provoquant un frisson chez la brune.

Ils tournoyèrent en silence, enfermés dans une bulle. Hermione était envoûtée par son habituelle odeur de pomme, et par la chaleur que provoquaient ses mains sur sa taille. Elle se laissait porter par le rythme et la mélodie de la musique, les paroles l'emportant dans un monde parallèle avec Drago. Just one more night and the devil got my soul, I need your love babe don't leave me… (1)

Lorsque la chanson prit fin, Hermione eut l'impression de sortir d'un rêve, dont Drago en était le créateur. Il lui sourit, avec une expression entre l'amusement et la tendresse.

- Tu as soif ? lui demanda-t-il alors.

Hermione acquiesça et il l'entraîna en direction du bar, où elle repéra Charlotte et Andy accoudés. Elle réalisa à cet instant qu'elle ne les avait pas vus une seule fois danser, mais il était possible que cela soit dû à la présence de Drago ; elle avait tendance à oublier le monde qui les entourait.

- Vous ne dansez pas ? les interrogea-t-elle en arrivant à leur niveau.

Charlotte secoua la tête.

- Non, monsieur ne danse pas, expliqua-t-elle d'une voix d'où perçait la déception.

- Oh ! lui répondit Hermione, chagrinée pour son amie. On ira danser un peu ensemble après si tu veux ?

Charlotte acquiesça, ravie par sa proposition. Drago arriva à ce moment-là, lui tendant une coupe de breuvage du médicomage – ce qui était un peu obligatoire pour une soirée de futurs médicomages.

- À qui est-ce que tu proposes de danser ? lui demanda-t-il sur un ton suspicieux.

Hermione attrapa la coupe, se tournant par la même occasion vers Drago pour lui répondre.

- À Cha'. Elle n'en a pas encore eu l'occasion.

D'un mouvement de tête, il lui manifesta son approbation. Hermione se garda bien de lui signifier qu'elle n'avait pas besoin de son accord pour danser avec quelqu'un. Elle n'avait de toute façon pas vraiment l'intention de danser avec un autre sorcier que lui.

Hermione s'approcha de Charlotte.

- Ça ne se passe pas bien ta soirée ? s'inquiéta-t-elle à voix basse.

- Si, si, lui répondit Charlotte sur le même ton, mais dont le visage exprimait le contraire. C'est juste que même pour un événement qui ne se produira plus jamais, puisque je suis en échange pour un an, il ne peut pas faire l'effort de m'emmener sur la piste de danse. Ne serait-ce que pour une chanson !

Hermione afficha une mine désolée pour son amie.

- Tu sais quoi ? Viens, on y va, s'enthousiasma-t-elle en emportant son amie avec elle.

Elles s'arrêtèrent sur la piste de danse, effectuant une étrange chorégraphie complètement ridicule, qui les faisait sans doute remarquer par les autres danseurs, mais elles s'en fichaient. Hermione voulait juste changer les idées de son amie, et cela fonctionnait : au fur et à mesure, un sourire se dessina sur le visage de Charlotte. Et puis, la chanson se modifia une nouvelle fois, et les deux sorcières crièrent de joie, comme une bonne partie de la salle (surtout les filles) : c'était Dance with the vampires, une chanson très appréciée. L'assemblée reprit en cœur les paroles.

Hé !

C'est l'heure de danser

Les vampires sont de sortie

Ce n'est pas le moment de flipper

Mais vas-y, lâche-toi ma belle, vas-y

Danse jusqu'au bout de la nuit

Hé !

Tu es complètement cinglée comme sorcière

Tu réchauffes nos cœurs glacés comme la mort

Tu es complètement cinglée comme sorcière

Tu réchauffes nos cœurs glacés comme la mort

Hé !

Viens te joindre à nous

Je te promets qu'on ne touchera pas

À ton joli petit cou

À condition que tu ne nous tentes pas

Hé !

C'est l'heure de danser

Les vampires sont de sortie

Viens avec nous, on va s'éclater

Danse jusqu'au bout de la nuit

Hé !

Tu es complètement cinglée comme sorcière

Tu réchauffes nos cœurs glacés comme la mort

Tu es complètement cinglée comme sorcière

Tu réchauffes nos cœurs glacés comme la mort

Hé !

Viens te joindre à nous

Mais je ne peux pas te promettre

Qu'on ne touchera pas à ton p'tit cou

Mais je ne peux pas te promettre

Qu'on ne touchera pas à ton p'tit cou

Cinglée la sorcière

Cinglée la sorcière

Cinglée la sorcière

Qui danse avec les vampires

Qui danse avec les vampires

Qui danse avec les vampires… (2)

La fin de la musique alla de pair avec quelques cris de déception : la chanson était décidément trop courte. Les deux amies retournèrent auprès des garçons, qui étaient en train de discuter au bar. Avant qu'elles n'arrivent jusqu'à eux, Charlotte la remercia pour le moment entre filles.

- Il n'y a pas de quoi. Pour toutes les fois où tu étais là quand je n'étais pas bien, tu le méritais, précisa Hermione.

Charlotte lui répondit d'un sourire. Elle semblait s'être amusée le temps de quelques chansons.

À la surprise d'Hermione, Drago la happa juste sous la poitrine et l'attira à lui, avant de l'embrasser sur la tempe. Il pouvait être tellement adorable quand il voulait…mais en public, c'était une première. Probablement que l'alcool jouait un rôle là-dedans. Elle profita de son état pour s'appuyer contre lui.

ODODODOD

Le bal de Noël de la faculté ne prit fin qu'aux environs de sept heures du matin. Hermione avait partagé son temps entre Drago, le bar et Charlotte, et ainsi de suite. Elle était épuisée, elle avait mal aux pieds, mais elle s'était bien amusée. Et pour une fois, elle ne se trouvait pas dans un état d'ébriété avancé.

Drago la raccompagna jusqu'à l'intérieur de sa chambre, refermant la porte derrière lui. Ils s'arrêtèrent, se faisant face. Hermione le dévorait du regard. Malgré une longue nuit à danser, il était toujours d'une beauté époustouflante. Ses beaux yeux bleus – quand était-ce la dernière fois où elle les avait vus d'un gris triste ? Elle n'était pas capable de s'en souvenir – la transperçaient du regard et semblaient lire en elle son désir informulé : embrasse-moi.

Avant qu'elle ne comprenne consciemment ce qui se produisait, ses lèvres furent collées à celles de Drago. Il l'embrassa avec une puissance qu'elle ne lui connaissait pas, lui provoquant une plainte silencieuse. En deux en trois mouvements, elle se retrouva sur son bureau, soulevée par Drago qui se pressait contre elle. Ses mains parcoururent le buste d'Hermione, glissant jusqu'à ses hanches. Un long frémissement remonta le long de l'échine d'Hermione, tandis que leur baiser continuait, leurs lèvres se séparant l'espace de quelques secondes, le temps qu'ils puissent reprendre leurs souffles.

Intensifiant leur baiser, Drago fit remonter le bas de sa robe dans une caresse qui fit tressaillir Hermione. Le désir pointait dans son bas ventre, s'amplifiant de plus en plus. Elle avait chaud, son cœur cognait fort dans sa poitrine, et une part d'elle-même avait envie qu'il continue son geste, qu'il lui retire sa robe… Mais elle savait ce que cela signifierait alors. Et soudain, elle fut prise d'un vertige, réalisant ce qui lui arrivait et ce qu'il était sur le point de se produire. Non, non, non, elle n'était pas encore prête pour ça…

Doucement, mais fermement, elle repoussa Drago qui la regarda sans comprendre, les yeux fous. Hermione se mordit la lèvre, se sentant coupable. Son désir était palpable et plus que visible dans ses pupilles, mais elle ne pouvait pas, pas encore…et pas comme ça.

- Je suis désolée…, expliqua-t-elle, penaude.

L'information sembla parvenir jusqu'au cerveau de Drago, et non sans un soupir, il appuya son front contre celui d'Hermione. Il resta un long moment ainsi, les yeux fermés.

- Ça va ? chuchota-t-elle après ce qui lui sembla une éternité.

Drago ricana.

- Juste un peu frustré, si tu vois ce que je veux dire, exprima-t-il en rouvrant les yeux.

Le désir dans ses pupilles paraissait s'être un peu calmé, ce qui n'empêchait pas Hermione de se sentir coupable.

- On devrait peut-être dormir séparément cette nuit…, suggéra Hermione.

Détachant son front du sien, Drago secoua la tête.

- Ce ne sera pas nécessaire, ce n'est pas la première fois que je m'endormirai dans cet état, lui dévoila-t-il.

- Mmmh ! répondit Hermione. Je suis désolée…pour toutes ces fois…et pour maintenant aussi…

Drago recula, lui permettant de redescendre du bureau et de remettre sa robe en place.

- Ce n'est pas de ta faute si j'ai cru que tu voulais cette fois, la dédouana-t-il.

Hermione se sentit d'autant plus coupable qu'une partie d'elle en avait envie. Mais elle ne le sentait pas, elle ne comprenait pas comment elle pourrait faire, mais c'était comme si elle avait besoin d'un intermédiaire. Comme pour se rassurer que ça n'allait pas aller trop vite, ou qu'elle pouvait changer d'avis au dernier moment…

- On en reparlera l'année prochaine, j'imagine, déclara-t-il avec un sourire amusé.

- L'année prochaine ? demanda-t-elle avant de saisir le sens de ses paroles. Oh ! Drago, tu es bête.

Elle le frappa pour la forme. Ils n'allaient effectivement se revoir que l'année prochaine, puisqu'ils allaient passer les réveillons séparément. Comment, par Merlin, cela pouvait lui paraître aussi long deux semaines ? Alors qu'ils ne se supportaient pas, il y avait de ça quelques mois.

- À quoi est-ce que tu penses ? lui demanda-t-il en approchant sa main pour lui caresser la joue du bout des doigts.

Fermant les yeux, Hermione s'appuya contre sa paume. La douceur de son toucher…

- Je pense au fait que tu vas me manquer pendant les vacances…, chuchota-t-elle.

Il l'attira à elle, la serrant contre son torse.

- On a encore quelques heures pour profiter l'un de l'autre, lui indiqua-t-il.

ODODODOD

En début d'après-midi, le même jour, Hermione transplana directement sur le perron du 12, Square Grimmaurd. Elle avait passé la matinée blottie dans les bras de Drago, et elle avait la sensation que ça se voyait sur son visage, et qu'elle avait son odeur partout sur elle. Ce qui était impossible, puisqu'elle avait pris sa douche avant de partir.

Son sac à dos sur l'épaule, contenant de quoi tenir une semaine – puisque dès le vingt-cinq décembre, elle retournait chez ses parents -, elle frappa à la porte d'entrée.

Elle patienta un moment, sans doute le temps que quelqu'un traverse la grande maison, puis la porte s'ouvrit sur une grande sorcière à la chevelure rousse. Deux secondes plus tard, Ginny lui avait littéralement sauté dessus, excitée comme une ciseburine. Néanmoins, elle attendit d'avoir refermé la porte derrière elles pour laisser éclater sa joie de la retrouver.

- Hermioooooone ! s'écria-t-elle alors. Tu m'avais manqué !

Elle attrapa Hermione par la main et la tira jusque dans la cuisine.

- Viens, Harry est là, lui dit-elle.

Lorsqu'elle entra dans la pièce, elle vit Harry attablé, occupé à lire La Gazette du sorcier. Il leva la tête de son journal, avant de se lever pour la prendre dans ses bras.

- Tu as l'air épuisée, remarqua-t-il.

Se détachant de lui, Hermione hocha la tête.

- Il y avait un bal à la fac hier, je n'ai pas beaucoup dormi, expliqua-t-elle.

Elle voyait bien qu'Harry était curieux d'en savoir plus, parce que bal signifiait partenaire de danse. Mais il n'eut pas le temps de lui poser des questions que Ginny emmenait déjà Hermione dans les étages.

- Je vais t'aider à installer tes affaires, je crois qu'on a beaucoup de choses à se raconter, argua-t-elle.

Les deux sorcières prirent place dans la chambre qu'elles partageaient autrefois, étant adolescentes et membres de l'Ordre du Phénix. Il ne fallut pas plus de cinq minutes à Hermione pour ranger ses affaires, n'ayant pas pris beaucoup plus que des vêtements et quelques livres. Elle regarda autour d'elle : rien n'avait changé depuis la dernière fois qu'elle avait mis les pieds ici.

- Comment ça se passe la cohabitation avec Harry ? lui demanda Hermione.

Un grand sourire illumina le visage de Ginny.

- Super bien ! On se voit plus souvent comme ça. Parce que comme on est toujours en déplacement pour le boulot, moi pour l'équipe, lui pour son enquête, c'était compliqué quand je vivais encore au Terrier. Donc maintenant, si on n'a pas le temps de se marcher sur les pieds, on se voit quand même plus qu'avant, et c'est bien, développa-t-elle.

- Vivre au Terrier ne te manque pas trop ? sourit Hermione.

Ginny rit.

- Oh non ! Je n'ai plus maman sur le dos comme ça. On était toujours obligés de faire chambre à part avec Harry, quand il venait à la maison ! Ici, on fait ce qu'on veut. Par contre, ce qui me manque, ce sont les grands espaces. Je ne peux plus voler à ma guise ici, mais du coup ça fait bien plaisir à maman quand je viens le dimanche midi pour manger, et j'en profite pour jouer un peu avec Ron.

- Elle doit commencer à se sentir bien seule, Molly…, commenta Hermione.

Ginny hocha la tête.

- Oui ! Il n'y a plus que Ron qui vive là-bas. Et papa évidemment. Mais la fille de Bill et Fleur est enfin née, alors elle est aux anges. Elle qui a eu autant de mal à en avoir une, elle est comblée avec sa petite fille, expliqua-t-elle.

- Et avec l'équipe, tout se passe toujours bien ?

- Plutôt, oui ! On a essuyé notre première défaite début du mois, mais on avait l'avantage avant que l'attrapeur des Appleby Arrows n'attrape le vif d'or. Donc notre jeu n'est pas vraiment en cause, se défendit-elle. Mais assez parlé de moi. Alors, avec Malefoy ? C'est avec lui qui tu es allée au bal, pas vrai ?

À présent, la jeune sorcière sautillait presque sur son matelas, impatiente d'en savoir plus sur l'avancée du couple improbable. Hermione ne put s'empêcher de rougir, simplement à la pensée du beau blond et des envies qui lui chatouillaient le ventre quand elle était avec lui, et tout particulièrement ce matin…

- Oui, oui, c'était bien avec lui, répondit-elle.

- Mais encore ? C'est sérieux, alors ?

- Ça devient sérieux, oui, exposa Hermione.

Un grand sourire illumina le visage de la rousse.

- Sérieux, sérieux, du genre intime ? s'excita davantage Ginny.

Hermione hocha la tête, plus rougissante que jamais. N'y tenant plus, Ginny sauta hors de son lit pour s'asseoir à côté d'Hermione.

- Il faut que tu me racontes tout ! s'écria-t-elle.

- Mmmh, en fait, il n'y a pas grand-chose à raconter… Je n'ose pas…, avoua Hermione.

L'excitation de Ginny retomba un peu, même si ses pupilles exprimaient toujours beaucoup de curiosité.

- Tu n'oses pas quoi ? Prendre les devants ? voulut-elle savoir.

- Hum ! Non, pour ça Drago n'a pas besoin de mes sollicitations…, indiqua Hermione.

- Alors qu'est-ce qui te retient ? lui demanda-t-elle.

Hermione se mordit la lèvre inférieure. C'était la question à mille Gallions. Qu'est-ce qui la retenait vraiment, dans le fond ?

- J'ai peur, soupira Hermione. J'en ai envie, mais j'aimerais bien… Je ne sais pas, y aller par étapes…

- Dis-le-lui, lui conseilla la rousse.

- Gin' ! s'exclama Hermione.

Parler à Drago de ses craintes ? Plutôt mourir que de se montrer aussi vulnérable…

- Bah quoi ? Tu envisagerais vraiment de devenir intime avec un gars à qui tu ne pourrais pas demander d'y aller en douceur ? lui fit remarquer Ginny.

Et la poursuiveuse envoya le Souaffle en plein dans le cerceau central… Hermione soupira.

- Non, tu as raison… Mais est-ce que c'est seulement possible d'y aller par étapes dans ce genre de situations ? s'interrogea Hermione.

- Mais oui, bien sûr. Tu ne crois quand même pas que la sexualité, ça se résume à « je te prends, je rentre, je sors » ?

- Hum…

La conversation commençait à mettre mal à l'aise Hermione, mais elle sentait que si elle ne pouvait pas en parler avec sa meilleure amie, elle n'arriverait pas non plus à le faire avec Drago…

Hermione prit une grande inspiration et se décida finalement à lui poser la question.

- Mais alors, comment ?

ODODODOD

Hermione et Ginny avaient passé toute l'après-midi à éplucher divers magazines qui avaient aidé la rousse pour sa première fois, puisque sa meilleure amie n'avait pas pu l'y aider à ce moment-là. Des numéros de Sorcière Hebdo, mais également de Sorcière actuelle, Psychomagie et De la sorcière à la charmeuse étaient éparpillés sur le lit que les deux jeunes femmes occupaient quand Harry fit son apparition dans l'encadrement de la porte.

- Hé les filles, le repas est prêt, les interpella-t-il.

Les deux sorcières cessèrent immédiatement leur conversation pour se tourner vers Harry.

- O.K., on arrive, fit Ginny.

Elles se levèrent toutes les deux, sous les yeux curieux d'Harry.

- Vous aviez l'air en grande conversation, nota-t-il.

Ginny s'approcha de lui, l'embrassant furtivement du bout des lèvres.

- Des trucs de filles, répondit-elle simplement, au grand soulagement d'Hermione.

Harry semblait vouloir en savoir davantage, mais il n'insista pas, et ils descendirent tous les trois dans la cuisine. Hermione s'installa autour de la table, où trônait une grande marmite de soupe qui, au vu de l'odeur, devait être aux champignons.

- C'est toi qui l'as préparée, Harry ? s'enquit Hermione.

- Mmmh, en partie, répondit ce dernier en commençant à remplir les bols. Kreattur m'a aidé.

Hermione acquiesça, réceptionnant le bol fumant. Kreattur était beaucoup plus sympathique avec Harry, et même envers elle-même, depuis qu'Harry lui avait donné le faux Horcruxe en souvenir de son ancien maître. Il avait cessé de chuchoter des commentaires dédaigneux sur leur passage, et traitait Harry avec autant de respect qu'Harry en avait lui-même à son égard. Elle savait qu'Harry le traitait bien, sans grande amitié, mais sans animosité, et ce qu'il demandait à l'elfe, il était capable de l'accomplir seul à d'autres moments.

- Où est-il d'ailleurs ? s'intéressa Hermione.

- Dans son espace personnel, dit-il simplement.

Au grand désarroi d'Hermione, l'elfe avait en effet refusé de s'installer dans un endroit de la maison un peu plus spacieux, mais elle ne pouvait pas l'y obliger…

Pendant tout le repas – la soupe fut suivie d'une viande de porc à la bière brune -, les amis discutèrent de tout et de rien, se rappelant les souvenirs d'antan. Au grand soulagement d'Hermione, aucun d'entre eux ne parla de Ron, le sujet étant toujours sensible. Ginny savait qu'Hermione fréquentait quelqu'un d'autre, et Harry n'avait pas oublié qu'elle était passée à autre chose.

Finalement, après un cake à l'ananas, Hermione et Ginny se retrouvèrent à nouveau seules dans la chambre, allongées sur le dos, complètement repues.

- On aura encore pris cinq kilos après les fêtes, se plaignit Ginny.

Hermione rit, le mouvement exerçant une pression sur son estomac déjà douloureux. Elle grimaça d'inconfort.

- Parle pour toi, moi je risque de me goinfrer autant que Ron pour faire passer mon irritation, s'il me fait encore une crise de jalousie ! s'exclama Hermione.

Cette fois, ce fut Ginny qui rit, avant de laisser échapper une plainte avec son estomac trop rempli. Les deux sorcières soupirèrent en cœur ; elles prenaient plaisir à se retrouver.

- Quand est-ce que tu leur diras d'ailleurs ? se risqua Ginny.

Un silence gênant tomba sur la pièce, pendant lequel Hermione ressentit un grand vide. Elle ne savait pas. Elle n'avait pas de réponse à cette question. Elle craignait la réaction de ses amis, elle ne voulait pas les perdre, même si au nom de leur amitié, il faudrait bien qu'elle leur fasse part de sa relation avec Drago. Un jour…

- Je ne sais pas Gin'… Ce n'est pas comme si c'était n'importe quel gars…, exprima Hermione.

- Justement, Harmony. L'amour, ça te tombe dessus sans que tu t'y attendes. Tu n'y peux rien, lui dit Ginny dans l'intention de la rassurer.

Hermione soupira.

- Mais c'est Drago… On a toujours été en rivalité avec lui, pendant toute notre scolarité, déplora Hermione.

- Oui, mais on était des adolescents à ce moment-là. Les choses changent, les relations aussi. Et je pense qu'Harry a pris du recul depuis la fin de la guerre. Puis je te rappelle que la mère de Malefoy lui a sauvé la vie.

Un ange passa, durant lequel Hermione réfléchissait. Certes, Harry avait mûri. Mais de là à accepter que sa meilleure amie côtoie un ancien Mangemort ? Elle, elle savait qu'il n'avait pas eu le choix. Mais est-ce qu'Harry pouvait pardonner à Drago d'avoir été partisan du sorcier qui lui avait retiré tous les êtres chers à son existence ?

- Peut-être… Mais je ne pourrais pas vraiment le savoir sans le lui dire, je suppose, regretta Hermione.

- Sans doute pas, non, confirma Ginny.

- Et pour Ron ? Ça craint quand même, non ? présagea Hermione.

- Ah ça…, commenta la rousse. Ron a un sale caractère. Il va mal réagir. Mais tout dire une bonne fois pour toutes, c'est encore le mieux. Après, on n'en parlera plus.

Hermione soupira une fois de plus. Elle n'avait vraiment pas envie d'avoir cette discussion avec son ex-petit ami. Il faudra qu'elle lui dise explicitement qu'il ne devait plus espérer. Et qu'elle voyait quelqu'un d'autre. Et que ce quelqu'un d'autre était Drago Malefoy. Ah ! Ça, Ron et ses principes de loyauté extrêmes allaient avoir du mal à accepter la situation…

Hermione craignait cette réaction plus que tout. Parce que la famille Weasley, c'était comme une famille. Une famille en lien avec le monde magique.

ODODODOD

- Hermione ?

Harry venait de faire irruption dans la cuisine, où Hermione était occupée à boire une tisane. Il devait être environ trois heures du matin, et elle ne parvenait pas à trouver le sommeil.

Le sorcier vint s'asseoir à côté d'elle, à la fois surpris et inquiet de la trouver ainsi au milieu de la nuit.

Hermione le regarda, observant les traits du visage de celui qu'elle considérait comme le frère qu'elle n'avait jamais eu. Qu'elle n'aurait même jamais espéré avoir, en solitaire qu'elle avait été durant toute son enfance. Si le monde magique avait offert une maison et une famille à son meilleur ami, il avait également beaucoup apporté à Hermione. Harry était même plus qu'un frère pour elle ; c'était son âme sœur. Pas une âme sœur dans un sens passionnel du terme, comme on avait communément l'habitude de le croire, même si l'idée était proche. Hermione suivrait Harry partout, comme elle l'avait toujours fait, jusqu'à risquer sa vie, jusqu'à sacrifier ses états d'âme parfois. Parce qu'elle l'aimait et qu'elle ferait n'importe quoi pour lui. Elle imaginait qu'Harry ressentait un sentiment identique à son égard, et c'était pour cette raison qu'elle lui devait la vérité. Au fond d'elle, elle savait qu'elle ne se trompait pas et qu'Harry accepterait ses choix, quels qu'ils soient. Mais elle avait peur, tellement peur de le perdre, combien même elle savait cela irrationnel.

- Mmmh ? répondit-elle finalement.

Elle répondait avec un décalage bien trop important par rapport à l'interpellation initiale de son meilleur ami, elle le savait. Mais Harry la connaissait, il ne s'en formalisait jamais.

- Quelque chose te préoccupe ? se soucia-t-il.

Silencieuse, Hermione acquiesça, les yeux rivés sur le liquide contenu dans sa tasse. Harry attrapa sa main et la pressa entre ses doigts, pour lui montrer qu'il était présent pour elle.

En prenant une grande inspiration, Hermione se lança, la peur la tiraillant.

- Je vois quelqu'un, Harry. Depuis un moment, déjà, dévoila-t-elle.

Harry caressa le dos de sa main du pouce, dans une tentative d'apaisement. Cela fonctionna, modérément, mais suffisamment pour lui donner du courage.

- J'ai très peur de ta réaction…, avoua-t-elle.

Relâchant la pression sur sa main, il lui attrapa le menton pour la regarder dans les yeux. Il ne semblait pas particulièrement étonné, mais plutôt concerné par l'état dans lequel se trouvait Hermione, à l'idée de lui faire cette révélation.

- Tu sais bien que je te soutiendrai toujours, Hermione. Alors, pourquoi cette crainte ? l'exhorta-t-il à continuer.

Hermione se mordit l'intérieur des joues. C'était le moment fatidique.

- Parce que tu le connais. Enfin, on ne le connaissait pas tellement que ça au final… Mais tu ne l'as jamais beaucoup apprécié, et j'ai peur que ça nous sépare si tu sais de qui il s'agit, expliqua-t-elle.

- Qui est-ce ? lui demanda-t-il.

Accrochant ses yeux dans ceux, verts, de son meilleur ami, Hermione libéra enfin sa conscience.

- Drago. Drago Malefoy…

Harry ne réagit pas vraiment à cette annonce. Elle voyait la surprise dans ses prunelles. Mais alors qu'elle avait à nouveau baissé la tête en direction de sa tasse, craignant de tout perdre, il s'était simplement rapproché d'elle, sans prononcer un seul mot. Puis il la serra contre lui, et lui chuchota trois mots. Trois mots qui signifièrent tellement pour Hermione et qui la soulagèrent d'un poids immense.

- Je t'aime, Hermione.

ODODODOD

Hermione venait de passer de chouettes journées en compagnie d'Harry et de Ginny. Enfin, surtout avec Ginny, qui avait eu la possibilité de prendre congé pour les fêtes, alors qu'Harry devait quand même passer au Ministère pour prester quelques heures par-ci, par-là, et faire avancer l'affaire Yaxley. Après tout, les « méchants » ne s'arrêtaient pas de vivre pendant les réjouissances de fin d'années, et toute piste était bonne à prendre, quelle que fût la période de l'année.

Son dernier jour chez le couple Potter-Weasley était arrivé, et cette journée n'était pas des moindres : c'était le réveillon de Noël. Un immense sapin était dressé dans un coin du salon, illuminé de guirlandes et autres boules colorées. Et bien sûr, au sommet se tenait une étoile. Quelques cadeaux se trouvaient déjà à son pied, ceux qu'Hermione, Ginny et Harry avaient déposés. Les autres invités ne tarderaient pas à arriver.

Les festivités se dérouleraient en petit comité, le grand rassemblement familial des Weasley se déroulant le lendemain au Terrier, lorsqu'Hermione retournerait chez ses parents. Aujourd'hui donc, seuls Molly, Arthur, Ron, George et les parents d'Hermione seraient présents. C'était d'ailleurs la présence des Granger qui avaient décidé les sorciers pour le lieu : il était plus facile pour les parents d'Hermione de se déplacer à travers Londres que jusqu'au comté de Devon. Ensuite, elle retournerait en voiture avec eux.

C'était déjà la deuxième année consécutive que le réveillon de Noël s'organisait au 12, Square Grimmaurd. L'idée de réunir les deux familles était née de Molly, puisque Ron et Hermione sortaient encore ensemble à ce moment-là. Et même si le dernier Noël s'était soldé par une rupture du couple, Molly avait souhaité réitérer l'expérience. Au grand bonheur d'Arthur, vu sa passion pour le monde moldu. Au grand embarras d'Hermione, qui connaissait la raison cachée de cette volonté : pour Molly, Hermione et Ron se marieraient et lui donneraient des petits-enfants. Rien qu'à cette pensée, Hermione grimaça. Non, même si elle adorait Molly et qu'elle aurait adoré l'avoir comme belle-mère, Ron n'était pas le partenaire de vie dont elle rêvait. Et il fallait que ces espoirs vains cessent.

Ce fut aux environs de dix-huit que les Weasley arrivèrent, suivis de peu par les Granger. Hermione fut chaleureusement enlacée par Molly, saluée d'une pression à l'épaule par Arthur, reçut une œillade par George, puis fut maladroitement embrassée sur la joue par Ron, avant d'être serrée par ses deux parents en même temps, à qui elle avait beaucoup manqué depuis le mois de septembre, malgré les nombreuses lettres qu'ils avaient échangées.

Le début de la soirée se passa divinement bien. Hermione discutait, riait. Même George semblait s'amuser, à son grand plaisir. Le deuxième réveillon de Noël sans Fred était visiblement moins douloureux que le premier. Au moment de servir le dessert, Hermione se proposa immédiatement pour débarrasser la table de la vaisselle sale, et Ron l'aida sans aucune hésitation. Les deux sorciers se retrouvèrent donc seuls dans la cuisine.

Au moment où Hermione voulut retourner dans la salle à manger, elle faillit percuter Ron, qui s'était dressé juste devant elle. Mal à l'aise, Hermione ne sut comment se comporter.

- Oh…heu…merci pour…heu…ton aide, bafoua-t-elle.

Ron se rapprochant d'elle, Hermione se figea dans une posture raide. Il avait son regard rivé sur son cou. Hermione baissa les yeux, mais ne vit rien de particulier. Mais qu'est-ce qui lui prenait ?!

- Tu ne le portes pas, déclara-t-il simplement.

Son ton n'était pas celui du reproche, il semblait juste…attristé ? Lassé ? Fatigué ?

- De quoi est-ce que tu parles ? lui demanda Hermione.

- Le collier, clarifia-il.

- Oh…

Hermione se serait bien volontiers frappé le front. Le collier qu'il lui avait offert pour son anniversaire, bien sûr. Sans le savoir, le roux lui avait donné une occasion de s'exprimer.

- Il est moche ? s'inquiéta-t-il.

Hermione secoua la tête. Oh ! Ron, par Merlin…

- Non Ron, ce n'est pas ça. Il faut que je te dise…, commença-t-elle.

Il l'observa sans un mot, attendant pour la suite.

- Je ne le porte pas, parce qu'il signifie pour toi quelque chose que je ne partage pas. Ou en tout cas, que je ne partage plus depuis longtemps, expliqua-t-elle.

- Je vois, dit-il simplement. Alors, ce n'était pas un mauvais passage, c'est vraiment terminé ?

Se pressant les lèvres l'une contre l'autre, Hermione hocha la tête.

- Oui, je le pensais vraiment et je le pense toujours. Je suis juste navrée d'avoir été aussi dure avec toi, sans même te donner une bonne raison à ce moment-là, culpabilisa-t-elle.

Ron eut l'air triste, mais il se montra compréhensif. Il haussa les épaules.

- C'est du passé maintenant, lui assura-t-il.

Hermione acquiesça la tête, avec un sourire compatissant.

- Oui, c'est du passé, confirma-t-elle.

Puis, d'un sourire un peu forcé, mais encourageant, il lui ouvrit les bras.

- D'accord. Ça ira. Amis ? offrit-il.

Hermione lui présenta son plus beau sourire, avant d'accepter sa proposition. Harry arriva à ce moment-là dans la pièce, dos à Ron, et sourit à Hermione. Elle était soulagée, même si elle ne lui avait pas encore tout avoué. Tout n'était pas perdu. Harry déposa le reste de la vaisselle sale qu'il avait apporté, mettant un terme à l'étreinte, puisque Ron se rendit compte d'une autre présence. Tous trois repartirent dans la salle à manger avec le dessert et de nouveaux couverts et assiettes propres.

- Ah ! Les voilà, s'exclama Molly en les voyant arriver. Hermione, ma chérie, nous étions justement en train de parler de toi.

Étant occupée à distribuer les assiettes entre les différents sorciers présents, Hermione s'immobilisa.

- Arthur et moi pensions que tu pourrais passer la journée de demain au Terrier, avec Ron, suggéra-t-elle. Pour que vous puissiez passer un peu de temps tous les deux. Vous êtes tellement beaux ensemble.

Hermione écarquilla les yeux, et ses pupilles appelèrent Ginny à l'aide. En fin de compte, c'est Ron qui prit sa défense.

- Maman, c'est bon, laisse-la tranquille.

- Mais Ronnie…, commença sa mère.

- Non, maman. Hermione sera toujours la bienvenue au Terrier, on est d'accord. Mais elle et moi, c'est terminé depuis un an maintenant, d'accord ? trancha-t-il.

Molly Weasley ouvrit la bouche sous l'effet de l'étonnement, avant de la refermer.

- Bien, bien. Oui, évidemment, Hermione sera toujours la bienvenue à la maison, capitula-t-elle.

Ils terminèrent la soirée dans le jardin, dans une bataille de boules de neige les opposant les uns aux autres, le groupe étant un nombre impair. Hermione, Ginny, Ron, Harry et George revinrent à l'intérieur, trempés par la neige, frigorifiés par le froid, mais transis par la joie d'avoir passé un bon moment ensemble.

ODODODOD

Dans la nuit du vingt-cinq décembre, Hermione se retrouva une fois de plus à partager la même chambre que Ginny. Ils avaient décidé de se rassembler en l'honneur du bon vieux temps : les garçons dans une chambre, les filles dans une autre, et les parents partageant un lit conjugal. Hermione observait le plafond, ne parvenant pas à trouver le sommeil.

- Gin', tu dors ? la héla-t-elle.

- Hum, non, pas encore. Ça ne va pas ? se soucia la rousse.

Même si son amie ne pouvait pas la voir, Hermione haussa les épaules.

- La journée a été riche en émotions. Et Drago me manque, admit-elle.

- Tu veux qu'on dorme dans le même lit cette nuit ? lui proposa Ginny.

Hermione ayant accepté son offre, Ginny se faufila à côté d'elle, glissant au passage sa main dans la sienne. D'une pression, Hermione la remercia de sa présence.

Dormir avec sa meilleure amie n'était en rien semblable avec le fait de dormir aux côtés de Drago, mais au moins elle ne dormait pas seule. Au moins, ses amis la soutenaient. Hermione pouvait s'endormir un peu plus sereinement.

Le lendemain matin, dégustant un full English breakfast, les deux meilleures amies attendirent avec Molly que le reste du rassemblement ne se lève pour pouvoir déballer les cadeaux tous ensemble. Ils arrivèrent au compte goutte, l'impatience poignant davantage au fil des minutes.

Finalement, ils se précipitèrent tous comme un seul sorcier, empressés comme de véritables enfants qui croiraient encore au père Noël. Hermione reçut un pull Weasley de la part de Molly, un livre sur l'épanouissement personnel dans un couple (merci Ginny !), une plume qui changeait de couleur en fonction de l'humeur venant de Ron, un essai sur les personnalités hybrides et les témoignages de chapeauflous par Harry, un échantillon de Psychélicius par George, et enfin un livre sur les traumatismes cérébraux causés par la guerre de la part de ses parents. Hermione était ravie de ses cadeaux, et elle fut d'autant plus heureuse de constater que ses propres achats plaisaient également.

ODODODOD

La semaine chez ses parents s'écoula de manière très particulière. D'un côté, Hermione prenait plaisir à retrouver son noyau familial restreint, profitant de chocolats chauds, assise devant l'âtre, avec un bon livre ou à discuter de tout et de rien avec ses parents, ou encore s'immergeant dans une partie de Trivial pursuit avec eux. Hermione passa cette semaine comme une parenthèse, comme un long dimanche en pyjama, pantoufles et pull chaud. Elle était heureuse de retrouver son confort, qui lui rappelait tant son enfance. Et d'un autre côté, Drago lui manquait. Énormément. Elle avait hâte de le retrouver, de le dévorer des yeux, de le serrer contre elle, de l'embrasser, de dormir avec lui… Elle avait aussi une boule d'excitation au creux de son ventre, parce qu'elle commençait à s'impatienter de lui parler, de lui faire part de ses doutes, même si elle savait que la tension allait se faire de plus en plus importante, et qu'elle ne ferait plus du tout la fière au moment clef.

Le passage à l'an 2000 fut également étrange. Une nouvelle année en perspective, mais également une nouvelle décennie, un nouveau siècle et un nouveau millénaire. Peut-être le millénaire de tous les changements, même si l'évolution était déjà bien entamée depuis quelques mois.


(1) Scorpions – Believe in love.

(2) Paroles inspirées de Buckcherry – Crazy bitch.

Je ne vais pas vous embêter très longtemps ici, puisqu'il est presque minuit et que demain je dois me lever tôt. XD

Mais deux informations :
- à la base, je n'avais pas prévu qu'Hermione avouerait à Harry sa relation avec Drago... cette révélation devait arriver beaucoup plus tard. Mais en écrivant ce chapitre, il m'a semblé comme une évidence que c'était le moment. J'imaginais mal qu'elle puisse encore garder le secret bien longtemps et je me voyais mal faire une semi-révélation, genre "j'ai un copain, mais je ne te dirai pas quiiiiiiiii".
- ma bêta/relectrice en chef étant pas mal occupée ce weekend, et comme je suis fiévreuse de mon imagination débordante (ahahah), j'ai commencé à écrire l'un de mes projets futurs. Je vous annonce donc que j'ai entamé l'écriture d'un OS Dramione en version lemon. J'écrirai d'abord mon chapitre 15, qui est plus important, mais attendez-vous à le voir apparaître sur ce site dans les semaines à venir. :p

Des bisous, à bientôt en reviews ! :D