Titre : Bloody war

Rating : On va se contenter d'un K+ pour l'instant.

Pairing : Bien entendu, on poursuit le SB/OC. Il y aura un HP/OC normalement et aussi un SR/OC. ^^

Résumé : Mon passé me rattrapa violemment sous la forme d'une lettre. Une simple et anodine lettre. Tout ce qu'il y a de plus banale. Mais voilà, l'expéditeur de cette lettre n'avait rien d'ordinaire. Absolument rien. Car je n'avais pas eu de nouvelle de Remus Lupin depuis mon départ d'Angleterre, treize ans plus tôt.


Chapitre 14 : Chacun sa rentrée

Lorsque j'apparais devant les grilles du domaine, la première chose que je vois c'est le professeur McGonagall, baguette en main, occupée à déblayer les branches qui jonchent le chemin. Les arbres, secoués par les vents violents qui ont soufflés sur l'écosse durant la nuit, ont perdus quelques uns de leurs rameaux, rendant la route impraticable pour les calèches qui doivent amener les élèves à Poudlard en ce jour de rentrée scolaire.

Mon ancien professeur de métamorphose se tourne vers moi, quand elle entend le son de mon transplanage retentir dans son dos.

- Miss Dawn, s'exclame-t-elle en me voyant, justement nous vous attendions.

Je souris en remarquant que le professeur Dumbledore a bien fait passer le mot : tous les enseignants et membres du personnels qui connaissent mon histoire ont été priés de m'appeler par mon nom de jeune fille, ou à défaut, par mon prénom. Jamais par mon nom de mariage.

- Bonjour Minerva, réponds-je.

En retour à ma demande, j'ai moi-même été prié d'utiliser les prénoms de mes futurs collègues de travail, comme tous mes prédécesseurs. Je pensais que cela me semblerait très étrange d'appeler aussi familièrement mes anciens professeurs. Mais il n'en ait rien. Il me semble tout naturel d'appeler la directrice adjointe par son prénom.

- Ah, je vois que Albus vous a déjà fait son discours habituel sur la nécessité d'être à l'aise avec les membres du corps professorale, badine-t-elle en s'approchant.

- Et qu'il vous a fait part de ma requête, ajoute-je en dépassant les grilles du domaine et sentant curieusement sur moi les regards des sangliers de pierre postés à l'entrée.

Avec un sourire, nous nous serrons la main. Je remarque d'un seul coup d'œil que le temps n'a pas épargné la femme qui me fait face. Son visage est plus marquée que dans mon souvenir, ses yeux plus pâles. Son chignon, châtain à mon époque, est à présent d'un gris clair très élégant. Et toujours aussi parfait.

- Le directeur m'a demandé de vous dire à votre arrivée qu'il vous rejoindra à l'infirmerie à quatorze heures. D'ici là, occupez votre temps comme vous le souhaitez.

J'acquiesce d'un signe de tête et relâche sa main. Je la laisse retourner à son occupation et poursuis ma route vers le château. Je marche d'un pas pressé entre les rangées d'arbres qui m'entourent puis, lorsque je débarque dans le parc du domaine, je m'autorise une halte mélancolique. Je ferme les yeux un instant et respire l'air frais de ce début septembre. Mon esprit ravive alors le souvenir d'une autre rentrée, l'une des miennes, loin en arrière. Je crois avoir fait exactement la même chose en descendant de la calèche lors de mon premier jour de septième année. J'étais dans la même position, et je peux presque sentir sur mon épaule la main de Camille, et entendre son rire dans mon dos.

Je rouvre les yeux. Une chape de tristesse s'abat sur mon cœur, qui a tôt fait de disparaître aussi vite qu'elle est apparu, puis je reprends ma route. Dans le château, il n'y a pas âme qui vive, personne pour m'accueillir entre les murs de pierres froides. Heureusement, lorsque je suis venu signer mon contrat de travail la semaine précédente, Dumbledore en a profité pour me faire visiter mes appartements. Je sais donc exactement ou me rendre.

En empruntant l'escalier qui me mènera au troisième étage, je repense à ma visite impromptue au château, après le dîner chez Molly et Arthur Weasley. Dumbledore s'était fait rassurant. Lui qui a une assez bonne connaissance de la façon de pensée de Voldemort, m'a certifié qu'un homme tel que lui, attaché à la prétendu pureté du sang des sorciers, ne s'abaissera jamais à se faire transformer en créature magique, toute aussi puissante et immortelle qu'elle puisse être. Jamais il ne s'abaissera à un tel acte, mais rien ne l'empêchera de forcer d'autres, des sorciers dont il juge le sang impur, à subir la transformation et à devenir des armes de guerre.

Je m'arrête devant le tableau d'un homme vêtu d'une chemise en flanelle blanche et d'un haut de chausse noir, occupé à trier des fioles de potions dans une salle sombre et poussiéreuse, entouré de livres épais et anciens. Je toussote pour attirer son attention, et lui donner le mot de passe qui me délivrera le passage jusqu'à ce qui sera mon « chez moi » pour les dix mois à venir, au minimum. Bien que je ne me sois engagée que pour une année de loyaux services, si je me plais à Poudlard et selon le déroulement de mon plan, je pourrais bien garder ce poste au delà de la durée initialement prévue.

L'homme du tableau, Glover Hipworth, un sorcier du dix-huitième siècle immortalisé sur toile pour avoir inventé la Pimentine, le remède contre le rhume et la grippe, se tourne vers moi après avoir reposé délicatement l'une de ses fioles, et hausse l'un de ses sourcils bruns et touffus.

- Sisymbre, dis-je avant que Hipworth n'ait eu le temps de me demander quoi que ce soit.

Son portrait s'ouvre vers moi, me permettant de pénétrer dans le salon bleu clair qui sert d'antichambre. Une porte sur ma droite donne sur la chambre, et celle à ma gauche, sur la salle de bain. En face de moi, deux grandes fenêtres en ogives, séparées par une bibliothèque vide, donne sur une partie du parc ainsi que sur le terrain de quidditch.

Comme il n'est pas encore midi, je prends mon temps pour m'installer. Je commence par ranger mes vêtements dans l'armoire et la commode en acajou de la chambre, puis termine par mes précieux livres, dans la bibliothèque. Une fois fait, il ne me reste plus qu'à apporter une touche personnelle à mes appartements. Je pose des photos ici et là, de mes enfants à tout âges, de Tony et de Lucinda, de connaissances restés en Italie et, bien sûr, de mes amis de Poudlard. Je les ai ressortis de leur cartons et rangés dans des cadres. En tombant sur l'une d'elles, où Camille pose en compagnie de Fred et de Bill, je me demande si j'aurais à nouveau l'occasion de croiser Arthur Weasley et de pouvoir lui demander ce qu'il est advenu de son frère cadet. Je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de l'interroger à ce sujet lors du dîner.

Je pose le dernier cadre sur ma table de chevet, la dernière photo que j'ai prise avec mes enfants, cet été. Je caresse les visages de Cameron et Zoé du bout des doigts et m'interroge sur ce qu'il font en ce moment. Puisqu'il est bientôt quatorze heures, j'imagine que le chariot de friandises est déjà passé. J'espère que Zoé aura pu contenir son frère et l'empêcher de se gaver. Il serait dommage qu'il ne profite pas du banquet de rentrée.

Trois coups précipités frappés à ma porte me tire de mes pensées. Je laisse là mes inquiétudes maternelles et autorise le portrait à s'ouvrir, laissant passer la silhouette de Tony. Il se faufile dans le salon et jette un œil autour de lui.

- Je vois que tu es en train de t'installer, fait-il en regardant les photos que j'ai disséminés un peu partout dans la pièce.

- En fait, j'ai terminé, réponds-je. Tu viens d'arriver ?

- A l'instant, confirme-t-il, avant de s'approcher des fenêtres pour jeter un œil à la vue.

Je n'arrive toujours pas à me faire à l'idée que Tony va enseigner à Poudlard. Pas vraiment, en fait, puisqu'il ne pratique pas la magie, mais il pourra assurer les cours théoriques, pour alléger le vrai professeur de Défense contre les forces du mal, un certain Eliott McDougal. L'homme a atteint l'âge vénérable de quatre-vingt dix ans cette année, et est atteint de la grinchette. Malheureusement, c'est le seul qui ait bien voulu assurer ce cours cette année. Le professeur Dumbledore nous a confié avoir de plus en plus de mal à dégoter un professeur tous les ans, et c'est pourquoi il a demandé à Tony d'assurer l'intérim, lorsque McDougal ne sera pas en état de se rendre dans sa salle de classe. J'ai été surprise de l'entendre faire une telle proposition à Tony, qui travaille déjà en tant qu'ambassadeur - à ma place, je l'avoue - pour les vampires et qui, en plus, n'est pas sorcier. J'ai rappelé cette dernière information au directeur, mais il s'en souvenait très bien. Il nous a alors appris qu'il souhaitait avoir une protection adéquate à Poudlard, au cas où des événements tels que ceux qui s'étaient déroulés durant ma dernière année d'étude viendraient à se reproduire.

Une fois sa curiosité assouvie, Tony se détourne de la fenêtre.

- Je dois me rendre à l'infirmerie, lui annonce-je, en jetant un œil à ma montre bracelet qui indique deux heures moins cinq. Dumbledore doit m'y rejoindre.

- Tu n'es pas censé l'appeler Albus ? me rappelle mon ami alors qu'il me suit hors de mes appartements.

- Si, mais ce n'est pas encore une habitude. Surtout quand je ne m'adresse pas à lui. Et n'oublie pas de faire de même.

- Oh, ne t'inquiète donc pas pour moi, dit-il d'un ton espiègle, je n'aurais aucun mal avec ça.

Nous rejoignons l'infirmerie en discutant avec légèreté, mais Tony s'interrompt brusquement, alors que ma main est à deux centimètres de la poignée de la porte. Sa halte est si peu humaine, que je comprends aussitôt qu'il se passe quelque chose d'anormal.

- Tony ? l'interpelle-je, histoire de savoir ce qu'il se passe.

- Ce n'est rien, fait-il en se tournant vers moi, sourcils froncés. J'ai cru . . . mais, non, ce n'était sans doute que mon imagination.

Je ne comprends pas tout à fait, mais ne m'attarde pas sur le sujet. Tony a droit à son jardin secret, que je respecte, tout comme il respecte le mien - enfin, du moins il s'y efforce.

Je pousse la porte de l'infirmerie, sans y pénétrer. Je n'y avais pas remis les pieds depuis la fin de ma scolarité. Depuis cette fameuse nuit, où mon créateur m'avait attaqué pour la seconde fois et avait bien failli me tuer. Rien n'a changé ici. Ce sont toujours les mêmes lits en métal, les mêmes draps blancs, et les mêmes rideaux de cotons épais. Au fond de la pièce, la porte entrouverte donne sur le bureau de Mme Pomfresh - enfin, je veux dire, mon bureau. Même si je me suis faite à l'idée de reprendre le poste, je n'ai pas encore acquise cette pièce comme mienne. Il me faudra sans doute encore un peu de temps pour ça.

Je remonte l'allée qui sépare les deux rangées de lits présents sous les fenêtres à carreaux et pousse légèrement la porte du bureau. Là aussi, tout est comme dans mes souvenirs. Un imposant bureau en chêne, la chaise roulante et les vitrines emplies de potions et d'onguents. Je fais un pas en arrière et jette un œil sur la porte qui donne accès à la pièce attenante à mon tout nouveau bureau. C'est une chambre privée, sans doute prévue initialement au repos de l'infirmière, si des élèves passent la nuit à l'infirmerie. Mais je sais y avoir déjà dormi : les jours qui ont suivis ma transformation, on m'y avait enfermé par précaution.

Et c'était aussi là que Remus passait ses journées pendant les phases de pleine lune. Il se cachait des autres élèves, pour ne pas trahir son secret, ni les mensonges qu'il servait à ses camarades de Poudlard pour justifier ses absences répétées. Je me demande brièvement si, il y a deux ans, il y est retourné suite à ses métamorphoses, avant de me souvenir de la potion Tue-loup. Grâce à elle, il a sans doute pu rester tranquillement dans ses appartements, en attendant de reprendre forme humaine.

- Elle donne sur quoi la porte au fond du bureau ? demande Tony, qui m'a suivi.

Je suis son regard. La porte en bois claire sur la droite du bureau est fermée, et quand je m'approche et tente de l'ouvrir, je constate qu'elle est aussi verrouillée. Comme il ne semble pas y avoir de verrou, je sors ma baguette et la déverrouille d'un sort. Un cliquetis plus tard, je la pousse pour atterrir dans une pièce sans fenêtres.

- Lumos, murmure-je.

La lumière qui s'échappe de l'extrémité de ma baguette me permet enfin de comprendre a quoi sert cette dernière salle. Notamment grâce à la présence du chaudron en cuivre au centre de la pièce.

- C'est une salle de préparation, dis-je alors en me tournant vers mon ami qui regarde les étagères l'entourant d'un œil intéressé. Pour que je puisse préparer mes propres potions et baumes de soins.

Il faudra pour ça que je me replonge dans mes livres car il y a bien longtemps que je n'ai plus confectionné aucune potion. A l'hôpital sorcier où je travaillais précédemment, d'autres s'occupaient de cette tâche ; je me contentais de diagnostiquer, de prescrire les soins adéquats et, dans de rares cas, d'administrer moi-même le traitement.

- Ça va te changer de ce que tu as l'habitude de faire, dit Tony, qui sait parfaitement en quoi consistait mon travail en Italie.

Sans répondre, je quitte la pièce, mon ami sur mes talons et referme la porte derrière moi, sans la verrouiller. Puis, nous repassons dans l'infirmerie, où se trouve un vieux monsieur tout ridé, aux cheveux blancs et s'appuyant sur une canne en bois noir.

- Ah, vous devez être l'infirmière, fait-il depuis l'autre bout de la pièce, d'une voix si faible que j'ai du mal à l'entendre. Miss Dawn, c'est exact ?

Je m'approche de quelques pas pour le rejoindre. Il semble sur le point de s'effondrer à tout moment. Je prie silencieusement Merlin pour que cet homme ne soit pas le nouveau professeur de Défense contre les forces du mal.

- Vous pouvez m'appeler Amandine, dis-je en lui prenant le bras pour le conduire jusqu'au lit le plus proche. A qui ai-je l'honneur ?

- Eliott McDougal répond-t-il, confirmant mes craintes.

- Enchantée de vous rencontrer, dis-je, en pensant soudainement que le pire des professeurs que pouvaient avoir les élèves cette année dans cette matière, n'était peut-être pas Tony. Que puis-je faire pour vous ?

Le vieil homme s'assied délicatement sur le lit duquel je l'ai approché, avant de me tendre un papier.

- Le guérisseur qui me suit à St Mangouste m'a conseillé de vous faire part du traitement que je suis d'ordinaire, pour faciliter votre travail.

J'attrape le parchemin qui me tend d'une main tremblante et le déplie. Y est listé une série de potions, toute en rapport soit avec son âge avancée, soit sa maladie. Mentalement, et au souvenir de ce qu'il reste dans les vitrines qui m'entourent, je sens que je vais devoir aller faire un tour à Pré-au-Lard ou sur le Chemin de Traverse dès demain.

- Je vois, dis-je en repliant le parchemin et en le rangeant dans ma poche. Vous prenez le traitement ordinaire, donc rien de très compliqué à préparer. Avez-vous besoin de quoi que ce soit dans l'immédiat ?

- Oh non, me rassura-t-il en se remettant sur pied. Je reviendrais vous voir la semaine prochaine, alors cela vous laisse le temps de prendre vos marques.

Sur ces mots, il me souhaite une bonne journée et quitte l'infirmerie. Je rejoins le bureau où Tony a eu la délicatesse d'attendre en constatant la présence d'un patient, et pose le parchemin du professeur McDougal sur mon poste de travail.

- Alors c'est de lui dont je suis l'assistant, énonce Tony d'un ton dubitatif.

- Il faut croire, rétorque-je en posant une fesse sur le bureau.

- Eh bien, ça promet, ricane-t-il ensuite, avant de se lever du siège dans lequel il était assis. Bon, pas que je m'ennuie, mais il me faut t'abandonner pour défaire mes bagages. Je te vois au dîner.

Il prend la direction de la porte mais à deux pas d'elle, se fige. Et d'une manière tout, sauf humaine. Je le fixe, sourcils haussés, surprise par son geste. Mais avant que je n'ai pu lui demander quoi que ce soit, il bouge de nouveau et part s'enfermer dans la salle de préparation.

- Qu'est-ce que . . . Tony ?

Je descends du bureau dans l'attention de le rejoindre et de lui demander des explications, mais une voix m'interpelle dans l'infirmerie et je dois donc remettre ce projet à plus tard.

Dumbledore m'attend, debout au centre de la grande pièce. A mon arrivée, il me tend un sourire affable.

- Excusez mon retard, Amandine, mais j'ai été retenu au Ministère.

Je me fiche de ses excuses comme de ma première couche-culotte. Ce qui est important, c'est la personne qui l'accompagne, l'air sombre. Et je comprends pourquoi Tony a couru s'enfermer dans la salle de préparation en sentant la présence de Severus Rogue, son Calice qui l'a repoussé il y a dix-sept ans.

O0o0O

Lorsque les élèves descendent du train, le soleil a entamé sa course vers l'horizon depuis plusieurs heures. Le ciel est nimbé d'une douce lueur rose orangée, à peine troublée par quelques nuages cotonneux, et l'air est encore chaud.

Harry dépose sa malle avec les autres valises attendant sur le quai, que la personne chargée de les rapatrier jusqu'au château, fasse son travail. Puis, il suit Ron et Hermione pour se mettre à la recherche d'un carrosse libre. Mais, arrivé au niveau des attelages, Harry cligne des yeux, surpris.

- C'est quoi ça ? s'exclame-t-il, attendant sans doute que Hermione, l'intellectuelle du groupe, lui fournisse une réponse.

- C'est quoi quoi ? demande en retour Ron.

- Ça ! Renchérit Harry en désignant l'avant de la carriole dans laquelle ses amis s'apprêtent à monter. Ce qui tire le carrosse. Je ne les avais jamais vu avant.

Hermione et Ron, intrigués, se penchent pour regarder ce que leur ami leur désigne.

- Harry, rien ne tire le carrosse, comme d'habitude, dit Hermione en lui lançant un regard inquiet.

Harry ouvrir la bouche pour insister sur le fait que, si, il y a bel et bien une espèce de cheval ailé absolument hideux qui est attelé au carrosse dans lequel ils s'apprêtent à monter. Mais il est interrompu par une voix traînante et narquoise.

- Eh bien, Potter, ça ne va pas mieux dans ta tête de dégénéré on dirait. Voilà que tu te mets à avoir des hallucinations.

Harry, sachant pertinemment à qui appartient la voix, se tourne légèrement vers les trois jeunes hommes qui se sont arrêtés à quelques pas de lui et le narguent de sourires mauvais.

- Est-ce un autre symptôme de ta folie, à ajouter à tes mensonges ? reprend Malefoy. Qu'est-ce que tu vas nous voir ensuite, hein ? Tu-Sais-Qui en personne qui nous attendra dans la Grande Salle ?

Crabbe et Goyle, qui l'entourent, s'esclaffent bruyamment. Malefoy, lui se contente d'un sourire en coin, et ses yeux brillent d'excitation. Sans doute s'attend-t-il à une réplique de Harry, histoire de pouvoir lui rapporter des ennuis une fois au château.

Mais Harry ne s'intéresse plus à lui, ni à ce qu'il dit. Il vient d'apercevoir Zoé et Cameron, juste dans le dos des trois Serpentard, et le jeune garçon, les sourcils froncés et les poings serrés, couvre Malefoy d'un regard furieux. Puis, sans prévenir, le voilà qui fonce sur les trois adolescents et qu'il file un coup de pied derrière le genou de Malefoy, en s'exclamant :

- Non mais t'es qui pour parler à Harry de cette façon, espèce de fausse blonde !

Malefoy laisse échapper un cri de douleur et se retourne vers Cameron. Ce dernier, nullement impressionné, se contente de lui lancer un regard empli de dédain avant de rejoindre Harry. Puis, sa sœur, non sans couvrir son frère d'un regard impressionné, les rejoint à son tour.

- On peut monter avec vous ? demande-t-elle à Harry.

Il acquiesce d'un signe de tête, un sourire ravi étalé sur les lèvres, et leur fait signe de le suivre. Ils rejoignent Ron et Hermione devant la calèche, avant de monter à bord. Cameron, qui entre en dernier dans le carrosse, est arrêté par Malefoy qui le retient par le bras. Harry se lève aussitôt pour protéger le jeune garçon, mais Malefoy se contente d'annoncer :

- Tu paieras pour ça, sale mioche.

Puis, il relâche Cameron et s'éloigne de la calèche.

- Non mais c'est qui ce timbré ? s'exclame Zoé en forçant son frère à s'installer près d'elle pour examiner son bras.

- Drago Malefoy, répond Hermione, c'est un élève de notre année, à Serpentard. Il vaut mieux l'éviter, ce n'est pas un modèle d'amabilité.

- Merci, on avait remarqué, rétorque Cameron en jetant un œil sur son bras qui a légèrement rougi. Et pourquoi il parlait comme ça à Harry ?

- Harry et Malefoy ne peuvent pas se voir en peinture depuis que nous sommes entrés à Poudlard, répond Ron, alors que Harry s'apprêtait à le faire lui-même. Et vous vous rendrez compte assez vite que la majorité des élèves de la maison Serpentard sont du même acabit.

Hermione, outrée, entreprend alors de prendre la défense des Serpentard, en prétextant qu'ils ne sont pas tous comme Malefoy, et que certains d'entre eux sont des personnes dignes de confiance qui méritent qu'on leur laisse le bénéfice du doute. Mais Harry, du même avis que Ron, le laisse se débrouiller avec leur amie pour exposer son point de vue, préférant s'inquiéter de l'état de Cameron, assis entre lui et Zoé. La zone de son bras, agrippé par Malefoy, vire lentement au bleu.

- Ça ne te fais pas trop mal ? demande Harry.

- Non, ça va, répond Cameron en esquissant une grimace de douleur quand sa sœur rabaisse la manche de son pull. J'irais voir maman dès demain matin, et il n'y aura plus rien.

- Et tu vas lui dire quoi à maman ? rétorque Zoé, qui semble être passée à la colère maintenant qu'elle est rassurée pour son petit frère. Que tu t'es battu avec un garçon dès ton premier jour d'école ? Elle va être contente, tiens !

- Il ne s'est pas vraiment battu, intervient Harry. Et puis, Malefoy le méritait. Mais on peut toujours mentir à ta mère, en disant qu'il s'est cogné.

Zoé hausse les sourcils et regarde Harry, un brin dédaigneuse.

- Ma mère est guérisseuse depuis plus de dix ans. Tu crois peut-être qu'elle ne saura pas reconnaître l'origine de la blessure de Cameron ?

- Dans ce cas, je n'irais pas la voir ! réfute le jeune garçon en croisant les bras. Ce n'est qu'un bleu, ça passera tout seul.

Zoé ne répond pas mais roule des yeux, avant de se tourner vers la fenêtre et d'ignorer les autres. Harry se penche alors vers l'oreille de Cameron la plus proche de lui et murmure :

- Merci d'avoir pris ma défense, c'était sympa, mais si je n'en avais pas besoin.

- De rien, répond le garçon sur le même ton. Mais comment il ose te parler comme ça, cet abruti ? Tu es quand même le héros du monde sorcier ! Il te devrait un peu plus de respect que ça.

Harry prend conscience que, puisqu'ils n'ont pas grandi en Angleterre, Zoé et Cameron ignorent tout des différences qui séparent les sorciers, des idées de certains sur les sang-pur. Leur mère leur en aura peut-être parlé, lorsqu'elle leur aura appris l'existence de Voldemort, mais ils n'en ont jamais été témoins. Et, puisqu'ils ont étés visiblement élevés parmi les vampires, ce genre de dissidence ne doit pas être leur habitude.

Harry repense alors à la promesse de vengeance de Malefoy, et se promet de garder un œil sur Cameron, autant qu'il le pourra. Le garçon de treize ans n'est sans doute pas armé pour se protéger d'une vipère tel que le jeune Serpentard.

Plusieurs minutes plus tard, que Harry et Cameron ont passés à discuter avec Hermione et Ron et à spéculer sur à quoi ressembleront les cours de Défense contre les forces du mal avec un vampire en tant que professeur, les carrosses s'arrêtent devant les marches qui mènent au château. Tous les quatre, plus Zoé qui continue de bouder, descendent de la calèche et pénètrent dans le château, entourés d'autres élèves. Mais avant de pénétrer dans la Grande Salle, Zoé et Cameron sont arrêtés par le professeur McGonagall.

- Vous êtes les enfants de Miss Dawn ? leur demande-t-elle. Je suis Minerva McGonagall, la directrice adjointe.

Les deux adolescents la saluent, puis la vieille femme tourne son regard vers les trois autres.

- Miss Granger, Mr Potter et Mr Weasley, vous pouvez aller vous installer à votre table.

Ainsi congédiés, les trois amis laissent Zoé et Cameron derrière eux, non sans leur adresser un sourire pour les encourager, puis pénètrent dans la Grande Salle déjà pleine et bruyante. Ils s'installent en bout de table, à côté de Seamus et Dean.

- Vous pensez qu'ils vont être répartis quand ? demande Harry. Avant ou après les premières années ?

- Après, dit Hermione, pour ne pas déroger à la tradition.

- Mais, si c'est le cas, ils vont attirer l'attention de tout le monde quand ils seront au milieu des nouveaux, rétorque Ron. Ils font bien au moins une tête de plus qu'eux.

- Harry pose la question, je ne fais que donner mon avis, fait Hermione en haussant des épaules. Après, si tu penses le savoir mieux que moi, qui ait lu L'histoire de Poudlard, c'est comme tu veux.

Harry sourit, se moquant de Ron que leur amie a su moucher avec brio, puis se tourne vers la table. Curieusement, ni Tony, ni Amandine n'y sont présents, au contraire de tout le reste du corps enseignant, et d'un vieil homme au teint maladif. Harry s'interroge sur la présence de cet homme, avant de craindre une annonce comme celle de l'année précédente, lors du Tournois des trois sorciers. Est-ce encore un représentant du Ministère ?

Il est interrompu dans ses pensées, lorsque les premières années s'avancent pour être répartis dans leurs maisons. Le professeur McGonagall, comme tous les ans, monte sur l'estrade et se pose à côté du tabouret sur lequel est posé le choixpeau magique, et commence l'appel pour la répartition.

- Tu avais raison, dit Harry en se penchant vers Hermione, Ils seront répartis en dernier. Mais où est-ce qu'ils sont ? Je ne les vois pas.

- Ils attendent dans la pièce à côté, celle ou tu t'es retrouvé l'année dernière après l'annonce des champions, lui apprend-t-elle alors, avant d'applaudir la nouvelle Gryffondor.

Harry se redresse ensuite et reporte son attention sur la répartition. Une fois cette dernière terminée par l'envoie d'un garçon à Serdaigle, le professeur Dumbledore se lève de son siège et requiert le silence.

- Bienvenue pour cette nouvelle rentrée, dit-il de sa voix forte et claire. Avant de vous faire mon discours habituel de début d'année, et de vous présenter les nouveaux visages du corps professorale, je souhaite vous faire savoir que cette année, exceptionnellement, nous accueillons deux nouveaux élèves, transférés de l'école de magie, Il Gemello, en Italie. Minerva, c'est à vous.

Le professeur McGonagall remercie le directeur d'un mouvement de tête, alors que des murmures parcourent les quatre longues tables. Les élèves se taisent ensuite, lorsque la porte derrière la table des professeurs s'ouvre, pour laisser place à Cameron et Zoé, suivis de leur mère. Cette dernière, après leur avoir murmuré quelques mots à l'oreille, s'en va rejoindre le reste des professeurs à leur table et s'assied entre le professeur Chourave et le professeur Flitwick.

Zoé et Cameron, quant à eux, s'arrêtent devant le professeur McGonagall, qui invite en premier le jeune garçon à se glisser sous le choixpeau. Il ne faut que quelques seconde à l'objet pour décider que Cameron irait à . . .

- Serdaigle !

Des applaudissements polis retentissent à la table des bleu et bronze. Puis, c'est au tour de Zoé de s'asseoir sur le tabouret et de se coiffer du choixpeau. Mais il lui faut moins d'une seconde pour faire son choix et il clame alors :

- Gryffondor !

Harry se joint au reste de sa maison pour accueillir la nouvelle venue, et cette dernière se glisse en face de lui à la table pendant que McGonagall range le choixpeau.

- Ouf, s'exclame Zoé avec un regard ravie, maman doit être contente de voir qu'au moins Cameron se retrouve à Serdaigle.

- C'était sa maison ? devine Hermione au moment où Dumbledore se relève pour faire son discours.

- Oui, et elle avait un peu peur, vu nos caractères, qu'on soient plutôt tous les deux à Gryffondor comme notre père, conclut Zoé, avant de se taire pour écouter le directeur.