Titre : Kurisumasu !

Autrice : Sesshy-girl (aka Sesshy's wife)

Disclaimer : Que faut-il que je fasse pour que Masashi Kishimoto me cède les droit d'auteur de quelques uns de ses personnages ? Je crois que j'ai tout essayé : l'achat légal, les pots de vin, le chantage, le vaudou, l'hypnose, les messages subliminaux . . . Mais finalement, il n'y a qu'une méthode qui soit un tant soit peu possible : l'emprunt pour une durée indéterminée sans possibilité de recevoir une quelconque gratification monétaire pour ce que j'aurai fait (en même temps, qui voudrait payer pour me lire ? --') . . .

Résumé : POV Kotetsu.

Couple : Un couple commun, mais qui n'est pas si exploité que ça . . . n.n
- Sesshy-girl : "Chers lecteurs, chères lectrices, veuillez me pardonner ce temps inexcusablement long. Je ne peux pas vous promettre de ne pas recommencer, mais je peux en tout cas vous promettre de tout faire pour essayer de ne pas recommencer . . ."
- Kotetsu : "Arrête d'essayer d'embrouiller le monde."
- Sesshy-girl : "Gomen . . ."
- Kotetsu : "Au sujet du couple, c'est une bonne nouvelle pour moi ou pas ?"
- Sesshy-girl : "Je ne pense pas que tu aies de quoi te plaindre au niveau du couple en lui-même."
- Kotetsu : "Alors qu'est-ce qui cloche ?"
- Sesshy-girl : "Ça, tu ne le sauras que si tu vas lire ce qui va suivre. Bonne lecture !" n.n

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lissou -- Si j'ai réussi à te faire rêver de Noël en plein mois d'Août, je peux me sentir fière de moi, non ? XD
Et je suis heureuse de voir que tu prendrais ma défense contre Ukon. Merci beaucoup ! n.n
Tu adores le perso du pachy . . . euh de la fille ? Je n'aurai jamais pensé qu'elle puisse être appréciée par quelqu'un . . .

Miyu Satzuke -- Comme je l'ai expliqué, à l'origine Ukon devait rentrer dans une belle jeune fille. Et puis elle s'est transformée en . . . ça. Je pense que j'ai bien fait, puisque ça a eu le mérite de te plaire. n.n
Je ne pensais pas que blasphématoire pour avoir de tels effets sur ta personne . . . Je te promets de l'annoncer à l'avance si je l'emploie dans un autre chapitre ! XD
Des effets secondaires d'un abus de ma fic ? Non, j'avoue que je n'y ai jamais songé. Mais le devrais-je ?
Merci pour ta review.

MissOnyXx -- Oh ? Une nouvelle revieweuse ? Bienvenue à toi dans l'univers de ma fic. n.n
Pas touche à Gaara (ni à Neji), sinon je mords !
Pourquoi Sasori n'est pas sous sa forme humaine ? Tu le sauras en temps voulu.
Naruto se fait taper parce qu'il a une tête à claque et Sasuke n' apas le profil de celui que l'on frappe. Mais il va passer un sale quart d'heure . . . Nyark nyark nyark !
Shino ne parle pas parce que c'est le type même du personnage muet.
o.O Gaara passe pour un psychopathe ? Gomen Gaara, ce n'était pas mon intention . . . TT.TT
Kisame est frileux parce que . . . parce que . . . ben parce que je l'ai décidé ainsi ! XD
J'espère avoir répondu à toutes tes questions. Je te remercie d'avoir laissé une review. n.n

chonaku -- C'est bien de prendre des mesures pour la sauvegarde de la santé mentale de ton chien. Il vivra sans doute plus longtemps. n.n
Ukon est un perso que j'apprécie beaucoup, même s'il n'a pas vraiment un très grand rôle. En tout cas, j'aime énormément sa voix ! Très grave . . . hmmm . . . Essuie la bave au coin de ses lèvres.
Merci pour ta review en tout cas. Personnellement, j'ai trouvé le flash-back un peu bâclé après relecture, mais si il t'a plus, ça me convient.


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Chapitre 14 : Kotetsu, le vide de l'absence

Kotetsu avançait lentement, impitoyablement flagellé par les flocons de neige cinglants et les douloureuses rafales de vent. Morose, il n'en sentait pas vraiment les tourments. Il réfléchissait. Réfléchir ? Non, pas vraiment. Pas exactement. Il était plutôt ailleurs. Pas perdu dans ses pensées. Ailleurs. Mais tout de même perdu. En bref, il était dans un état d'esprit bien compliqué. Presque dans un état second, insensible à tout ce qui l'entourait, que ce soit vivant ou non.

La cause de son état ? Pas les menaces de la Godaïme, pas l'inimaginable froid polaire qui gelait tout ce qu'il frôlait de son souffle glacial, pas la perspective de trouver impérativement un cadeau pour une personne qu'il n'était plus, pour le moment, en état de se rappeler . . .

Non. C'était une chose à la fois complètement bénigne et immensément grave. Tout dépendait si l'on se plaçait du point de vue d'un simple civil ou d'un ninja. Et, malheureusement pour lui, Kotetsu Hagane était un shinobi. Un shinobi de Konoha.

Tout du moins, il l'était avant que cette révélation ne le frappe de plein fouet. Ce n'était pas le caractère « anormal » de la chose qui l'avait marqué, non. C'était plutôt d'avoir été mis devant le fait accompli sans y avoir été préparé, alors qu'il avait eu tout le temps pour ça sans pour autant s'en être aperçu.

Vous l'aurez compris, des sentiments complexes étreignaient, étouffaient, le pauvre ninja. Mais quelle était exactement la nature de son mal ? Et bien, un mot pouvait le décrire : le manque. Sans oublier l'horreur qu'occasionnait le fait de s'en rendre compte si abruptement.

Allez, arrêtons de tourner autour du pot et venons-en au fait ! Révélons enfin cette si horrible vérité qui avait laissé Kotetsu aussi désarmé qu'un nouveau né. Ce qui était passablement dangereux pour un shinobi, avouons-le . . .

Oui, nouvelle digression, pardonnez-moi. Alors, nous disions donc . . . Ah, oui ! Revenons à notre pauvre Kotetsu qui ne pu s'empêcher de renifler. Il paru un instant revenir à lui alors qu'un murmure inaudible, tout de suite violemment arraché à sa bouche par un vent furieux, s'échappait de ses lèvres légèrement entrouvertes.

"Izumo . . ."

Izumo Kamizuki, voilà l'unique responsable de l'état de Kotetsu. Enfin l'unique . . . Kotetsu aussi était responsable. Ils l'étaient tous les deux. Parce qu'ils ne s'étaient rendu compte de rien. Absolument rien ! Du moins lui en tout cas. Son esprit se fit un peu moins embrumé alors qu'il repensait à son coéquipier, son partenaire depuis de nombreuses années.

Ils avaient été dans la même équipe de Genin à l'académie, s'étaient tout de suite entendus et avaient très vite été de très bons amis. L'un taquin, quelques fois impulsif et s'énervant facilement contre la Godaïme, parfois un peu vantard ; l'autre plus calme, plus posé et doutant de temps en temps un peu de lui. L'un avec une coupe hérisson, l'autre avec une mèche lui tombant devant les yeux. L'un avec un bandage sur le nez, l'autre ayant cou et menton toujours masqués.

Si Kakashi avait toujours le bas du visage dissimulé, pour une raison que pas même Tsunade ne devait connaître, eux aussi avaient une bonne raison. Kotetsu parce que, tout petit, il avait eu un accident et s'était malencontreusement brisé le nez, provoquant de perpétuels reniflements qui en avaient déjà énervé plus d'un. (1) Son bandage servait à dissimuler la légère déformation de sa cloison nasale. (2)

Pour Izumo, les raisons étaient assez similaires tout en étant très différentes. Jeune, il avait subi de lourdes interventions chirurgicales pour le sauver alors qu'un chien avait confondu son cou avec un morceau de viande rouge. (2) Les cicatrices qui en avaient résultés n'étaient pas de toute beauté et le ninja, complexé, ne les avaient jamais montrées à qui que ce soit. Sauf à Kotetsu, son ami, son coéquipier, son partenaire.

Si Izumo acceptait sans broncher la légère imperfection de son nez, Kotetsu, lui ne frémissait pas d'horreur devant son cou mutilé. A chacun ses secrets. Mais un secret ne changeait pas forcément la personnalité de celui qui le portait. Enfin tout dépendait du secret. Mais pour les leurs, rien n'avait changé. Et rien ne changerait jamais.

Soudain légèrement plus sensible à l'air glacial qui s'engouffrait dans ses vêtements, Kotetsu frissonna légèrement, alors que ses neurones recommençaient lentement à s'activer.

"Baka."

Enfin peut-être n'était-ce pas à cause du froid, finalement. Un léger reniflement fut sa seule réponse.

"Baka baka baka baka . . ."

S'adressait-il à lui-même ou à son compagnon ? L'autrice elle-même ne saurait répondre à cette question. Mais, de même que les deux mots précédents, son murmure fut emporté par le souffle glacial du vent. Aussitôt suivi d'un nouveau reniflement.

Mais peut importait à qui il s'adressait. Parce que maintenant, il avait pris conscience de quelque chose d'important. De quelque chose qui allait changer sa vie.

Un petit rire amer s'échappa en vagues discontinues de ses lèvres crispées. Il avait toujours trouvé qu'Izumo était parfois trop sentimental. Qu'est-ce que le ninja penserait de lui en le voyant ainsi ? Quelle image pouvait-il bien offrir ?

Mais il devait bien l'admettre . . . il était perdu. Perdu et seul, parce qu'il ne l'avait jamais été auparavant. Izumo avait toujours été avec lui et il avait toujours été avec Izumo. Ils étaient ensemble à l'Académie. Lorsqu'ils avaient eu l'âge de partir de chez leurs parents, ils avaient loué ensemble un petit studio qui leur convenait toujours. Ils effectuaient leurs missions ensemble. Ils acceptaient le sale boulot que leur refilait la Godaïme ensemble. Ensemble . . . ensemble . . . Toujours ensemble . . .

Mais, pour la première fois, Kotetsu était seul. Et il se rendait compte combien il s'était habitué à toujours sentir près de lui la présence rassurante de son éternel compagnon. C'était toujours que lorsque l'on n'avait plus ce à quoi on tenait que l'on s'apercevait à quel point on y tenait. Le shinobi devait avouer que cette phrase était loin d'être fausse.

Parce qu'Izumo n'était plus près de lui, il s'était aperçu à quel point il faisait partie de sa vie, à quel point il s'y était naturellement habitué, et à quel point ses sentiments avaient évolué.

Parce qu'il venait brusquement de prendre conscience que ce qu'il croyait être une solide amitié, s'était finalement mue en un profond amour. Il ne pensait même pas qu'il ne devrait pas être « normal » qu'il éprouve des sentiments pour un homme, fusse-t-il son colocataire ou non. Non, c'était plutôt le choc de la révélation qui lui avait coupé le souffle.

Et le désespérait. Parce qu'il ne savait pas comment il pourrait vivre désormais. Jamais il ne pourrait le dire à Izumo, il aurait trop peur de perdre son ami. Jamais ce dernier ne pourrait éprouver les mêmes sentiments à son égard. Jamais. Alors comment pourrait-il, à l'avenir, le regarder en face ? Comment pourrait-il se regarder dans un miroir ?

"Qu'est-ce que je dois faire ?"

"Dégager de mon chemin, ducon !", entendit-il une voix agressive lui répondre.

Et, avant que Kotetsu aie eu le temps d'enregistrer l'information, il fut brutalement poussé dans le dos et tomba la tête la première dans un énorme tas de neige qui semblait n'attendre que lui. Le temps qu'il réalise ce qui se passait et qu'il se relève, l'homme, c'était une voix d'homme, de ça il était sûr, s'était volatilisé.

"Non mais ça va pas !", cria-t-il en levant un poing rageur.

Mais les hurlement du vent, et son reniflement courroucé furent les seules réponses qu'il obtint. Néanmoins, il faut reconnaître que ce petit incident eut son effet : Kotetsu était maintenant bien réveillé, et de retour dans le monde des vivants. De la neige partout dans les cheveux, la bouche, le nez et les vêtements . . . Mais le résultat était là.

Le froid rentrant par tous les pores de sa peau fit violemment frissonner le jeune homme qui se secoua ensuite vigoureusement, les idées un peu plus claires. Il devait arrêter de s'apitoyer sur son sort. Bon il avait bien le droit de flancher de temps en temps, mais . . . Non non non ! Il n'avait pas le droit ! Il devait pouvoir faire front à tout. Comme un ninja ! Parce que, normalement, il était entendu qu'un shinobi ne devait faire montre, et ne devait avoir, aucune émotion. Telle était la nature de la loi n°25 du Code des Ninja.

Cependant Kotetsu connaissait très bien le Code et ses règles. Et il savait que ce qu'il venait de penser était erroné. La règle n°25 stipulait que les ninja ne devaient jamais montrer leurs émotions devant qui que ce soit. Pas qu'ils ne devaient pas en avoir.

Mais il se raccrochait à cette 'conviction' pour ne pas flancher. Pour ne plus flancher. Parce qu'il était un ninja avant tout et qu'un ninja ne se laissait pas diriger par ses émotions mais qu'il obéissait au devoir qui était le sien en accomplissant la mission qui lui avait été confié. Et à rien d'autre ! Comme le stipulait la règle n°25.

Izumo était toujours Izumo et le serait toujours. Si ses sentiments n'avaient pas évolués comme les siens, il serait toujours temps pour lui de lui ouvrir lentement les yeux, tout en douceur, sans trop le brusquer, pour ne pas qu'il s'éloigne pour ne plus jamais revenir.

Tentant de déloger toute la neige qui avait envahi ses vêtements, les mains de Kotetsu finirent, après leur long travail, par venir se blottir au fond de ses poches, y recherchant un peu de chaleur. C'est alors qu'ils rencontrèrent un petit morceau de papier chiffonné qui avait, par miracle, échappé à l'humidité.

Le jeune homme frotta longuement ses doigts gourds contre les parois de ses poches pour les réchauffer puis il se saisit du papier pour ensuite le porter à ses yeux. Il poussa un grognement sous le coup de la douleur de la morsure du vent, puis un autre, lorsqu'il identifia une nouvelle fois le nom griffonné.

Ibiki Morino . . . Le chef de la section tortures et interrogatoires des services secrets de Konoha. Pourquoi lui ? Pourquoi était-il tombé sur lui ? Que pouvait-on offrir à un homme qui pensait que la torture et les interrogatoires étaient les seules choses qui existaient ? Les seules choses passionnantes du moins . . .

Il n'était pas mal à l'aise en présence de l'homme couvert de cicatrices, comme d'autres pouvaient l'être. Il éprouvait même une sorte d'admiration pour ce shinobi qui avait résisté à d'horribles séances de tortures sans révéler ne serait-ce qu'un début de commencement d'information. Et puis il n'avait peur de rien, passant pour un roc insensible et un sadique accompli.

Mais c'était uniquement pour cacher son véritable lui, Kotetsu en était sûr. Sinon comment expliquer son visage souriant à la fin de la première épreuve de l'examen Chûnin, lorsqu'il avait annoncé aux Genin qu'ils avaient réussi ? Mais bon, réfléchir là-dessus ne l'aiderai en rien à trouver un cadeau à lui offrir.

Kotetsu retint avec peine un éternuement, qui aurait sans doute été sonore, en se pinçant vivement le nez. Même ancienne, sa blessure avait laissé des séquelles. Son reniflement en faisait partie. L'autre fait notable était que les gros éternuements lui étaient très douloureux. Le médecin n'avait jamais su lui dire pourquoi. Il pensait simplement que le ninja avait développé une hypersensibilité du nez, mais au toucher, pas à l'odorat.

Songeant avec une légère inquiétude qu'il avait intérêt à rapidement trouver un cadeau avant de tomber malade pour souffrir inutilement lors de crises d'éternuement, Kotetsu rangea le papier dans sa poche et regarda avec attention jusqu'où ses pas l'avaient porté.

Il s'aperçu que la ruelle était sombre car peu éclairée et que les boutiques n'arboraient pas d'enseignes clignotantes comme dans le centre des rues marchandes. Il ne fallut pas longtemps au ninja pour comprendre qu'il se trouvait dans la partie noire de Konoha, celle où Ibiki était l'un des seuls à venir patrouiller de temps en temps. On racontait qu'il y avait parfois d'étranges disparitions et que des choses louches s'y déroulaient.

Kotetsu songea avec dépit qu'il aurait préféré se retrouver n'importe où sauf ici, mais admit à regret que c'était sans doute là qu'il pourrait trouver quelque chose d'adapté à Ibiki. Même si lui trouver quelque chose de différent de tout ce que renfermait son petit monde n'aurait pas été un mal . . . (3)

S'approchant avec méfiance de la boutique la plus proche, le jeune homme frissonna violemment avant de reculer avec promptitude. Un magasin vaudou ! Il y avait un magasin vaudou à Konoha ! Il devrait impérativement en informer la Godaïme dans les plus brefs délais ! Une boutique de ce genre n'avait rien à faire dans un paisible petit village comme Konoha.

Kotetsu commença alors à parcourir la rue de droite à gauche, allant d'horreur en surprise. Il comprenait maintenant pourquoi ce quartier avait une réputation louche. Non plus que louche : dangereuse !

Il avait vu pas moins de trois autres magasins vaudou, une boutique de la Santéria avec une tête de chèvre fraîchement coupée, six boutiques vendant divers instruments de torture dont il ne connaissait pas l'usage des trois-quart . . . pour n'énoncer que les plus importantes.

Finalement, il arriva au bout de la rue où il voyait doucement briller la lumière tentatrice du reste de la ville. Une ville normale . . . Avec un soupir de soulagement, il décida de tout de même jeter un coup d'œil au dernier magasin, histoire de tout pouvoir décrire avec exactitude dans son futur rapport. Oui, il ne voulait omettre aucun détail.

"Nani ?"

Kotetsu s'approcha de la vitrine en plissant les yeux, une main en visière pour mieux percevoir ce qu'il ne voyait pas. Parce qu'il ne voyait rien. Des bougies brillaient doucement, entourées de longs morceaux de tissus noirs. Mais il n'y avait rien d'autre. Absolument rien. Et la boutique ne pouvait pas être fermée ni abandonnée, sinon les bougies n'auraient encore pas été allumées.

Alors pourquoi de telles cachotteries ? Qu'est-ce que le propriétaire pouvait bien avoir à dissimuler de la sorte ? Jusqu'à quel point s'était-il enfoncé dans l'illégalité ?

Le jeune homme dansa d'un pied sur l'autre, mal à l'aise. Devait-il faire primer sa mission première qui était de dénicher un cadeau à offrir à Ibiki Moreno ou d'écouter son instinct de ninja qui lui disait d'entrer pour le bien du village ? En définitive, il devait suffisamment lui rester de temps pour jeter un petit coup d'œil, penser à ce qu'il allait noter dans son rapport, puis trouver un cadeau pour le chef de la section tortures et interrogatoires.

Rassemblant son courage, le shinobi posa lentement la main sur la poignée, hésita une fraction de seconde, puis ouvrit la porte à la volée. La clochette résonna longuement dans le calme ambiant de la pièce. Pièce qui était plongé dans l'obscurité et seulement éclairée par quelques bougies dont la lueur semblait donner l'impression que les murs se mouvaient, comme s'il se rapprochaient pour venir l'écraser.

Kotetsu fit un pas en avant et la porte se referma avec un claquement sec. Il pouvait entrevoir des articles disposés sur des présentoirs et dans des rayons, comme pour un magasin normal. Sauf qu'il ne voyait pas ce qu'étaient les articles en question. Sauf que les magasins normaux n'étaient pas plongés dans l'obscurité et n'étaient pas éclairés uniquement pas des bougies aux lueurs mortuaires. Sauf que des magasins normaux ne lui donnaient pas l'impression d'être observé comme une souris peut l'être par un chat affamé.

Un sifflement suivit d'un bref claquement sec fit sursauter le ninja. Plissant les yeux, il vit l'un des murs bouger et retint un hoquet de stupeur. Non, c'est impossible ! Et, effectivement, il avait raison. Il s'aperçut en fait que c'était un des pans d'une tenture aussi noire que la nuit qui venait de se soulever, laissant apparaître une ombre mi-humaine mi-fantomatique.

"Qui ose pénétrer dans l'antre de Aijin-sama ?" (4)

La voix avait été ferme, et cependant savamment étudiée pour paraître à la fois nonchalante, autoritaire mais aussi sensuelle.

"Aijin-sama ?"

Seul un murmure interrogatif put franchir les lèvres du jeune homme. Il ne quitta pas des yeux la silhouette qui s'approchait lentement, lui évoquant plus une grâce féline qu'humaine.

Un nouveau sifflement suivit d'un claquement sec fit sursauter Kotetsu alors qu'il eut juste le temps d'apercevoir quelque chose se mouvoir à ses pieds pour aussitôt repartir.

"Qui êtes-vous ?" ne put-il s'empêcher de demander alors que chaque muscle de son corps se tendait sous la méfiance.

"Jeune homme, lui répondit la même voix avec un accent d'autorité qui lui fit comprendre que c'était une personne qui était habituée à être obéie, ici c'est moi qui pose les questions."

Lorsqu'elle arriva au centre de la pièce, Kotetsu ne pu qu'émettre un faible reniflement et avaler péniblement sa salive. La lumière des bougies éclairait la femme la plus magnifique qu'il lui ait jamais été donné de voir. La plus dénudée aussi.

Elle portait de longues cuissardes en cuir noir et un costume fait de la même matière qui cachait tout juste ce qui avait besoin d'être dissimulé. Il partait de son pubis, laissait son ventre à découvert alors qu'une fine bande remontait sur chacune de ses hanches pour rejoindre et mettre en valeur son opulente poitrine qu'il était difficile de rater alors qu'elle n'était qu'à moitié couverte.

Ses longs cheveux de la couleur de la nuit étaient légèrement ondulés et tombaient en cascade sur une peau laiteuse, couleur de lune. Ses yeux en amandes étaient en accord avec le reste de leur propriétaire et étaient aussi noirs qu'un gouffre sans fond. Sa petite bouche au pli strict, mais néanmoins séducteur, était peinte de la couleur du néant. Dans sa main droite, elle tenait un long fouet, probablement l'origine du bruit. Ses ongles laqués de ténèbres étaient longs de plusieurs centimètres, comme des griffes de félin.

Kotetsu se sentit alors véritablement comme une petite souris acculée dans un coin par un chat plus qu'affamé. Ou plutôt une chatte . . . Et cette façon qu'elle avait de le scruter dans son intégralité, comme pour le mettre à nu . . . Cette idée embarrassa le jeune homme qui sentit le rouge lui monter aux joues.

"Ce sera Hari. Hari-kun, ça sonne bien." (5)

"Nani ?"

Hari ? Pourquoi lui parlait-elle d'aiguilles ?

"J'ai déjà dit pas de question ! Ici, je suis celle qui règne en maître et j'entends à ce que chaque personne qui entre dans mon antre les respecte. Me suis-je bien faîte comprendre ?"

Le jeune homme hocha faiblement la tête en guise d'acquiescement. Aussitôt il entendit le sifflement caractéristique du fouet et n'eut que le temps de sauter de côté alors qu'il serrait les dents sous la douleur de la morsure que lui infligea le frôlement de la lanière de cuir. Une légère rigole de sang coula sur la peau tendre de sa joue.

"Aijin-sama n'apprécie guère le manque de politesse. Lorsque je pose une question, j'entends que tu me répondes comme il se doit, Hari-kun. Alors ?"

"Ha . . . haï, Aijin-sama." s'entendit-il répondre.

"Bien, je vois que tu n'es pas totalement irrécupérable, Hari-kun sembla-t-elle se moquer. Je vais donc t'enseigner les bases de ce que tu devras savoir. Premièrement, ici la loi c'est moi. Personne n'a le droit de contester mes décisions ni de me contredire. Personne ne pose de questions. Tout le monde me doit obéissance. Deuxièmement, tu dois oublier ton nom. Ici tu n'auras que celui que moi, Aijin-sama, te donnerai. Tu t'appelleras donc Harinezumi, en rapport avec ta coiffure. Hari-kun pour faire plus court. (5) Troisièmement, quiconque touche à mon fouet se verra puni très sévèrement. Et quatrièmement . . . tu le découvriras bien assez tôt."

Tout en parlant, elle s'était rapprochée de sa démarche souple et féline et lui tournait lentement autour. Kotetsu remarqua vaguement une sorte de marque miroitante sur sa cuisse droite mais il n'y prêta pas vraiment attention. Puis, lorsqu'elle eut prononcé ses derniers mots, le ninja avait sentit quelque chose de chaud et d'humide sur sa joue, remontant le minuscule filet de sang puis s'attardant là où la lanière du fouet l'avait mordu. Il se dégagea avec un hoquet lorsqu'il comprit qu'elle était tout simplement en train de le lécher. Une partie de son cerveau pensa qu'elle pourrait bien s'entendre avec Anko.

Aijin passa sa langue sur ses lèvres couleur de nuit d'un air gourmand et provocateur avant de lui adresser un petit sourire à la fois moqueur et appréciatif.

"Je vois que tu ne sembles pas très expérimenté dans ce domaine, Hari-kun, énonça-elle en s'avançant lentement vers lui. Mais ne t'inquiète pas, Aijin-sama va très bien s'occuper de toi . . ."

"Je ne . . ."

"Tss tss tss, Hari-kun. Personne ne répond à Aijin-sama."

Non mais comment osait-elle ? Bien sûr qu'il avait déjà eu des petites amies ! Même si ça ne durait jamais très longtemps. En fait, à chaque fois, alors qu'il pensait que cela pourrait fonctionner entre eux, la passion qu'il avait d'abord ressentie retombait très vite. Alors il quittait la fille pour ne pas la faire souffrir.

Maintenant il comprenait pourquoi . . . Il était gay, tout simplement. Ça y était, il venait enfin de penser ouvertement ce mot, et sa sonorité ne l'avait pas choqué autant qu'il s'y était attendu . . .

"Attendez, je suis . . ." commença-t-il.

"Amoureux ?"

"Hé ?"

"Homosexuel ?"

"Hé ?"

"Marié ?"

"Non, je . . ."

"Je crois que je vois . . ."

Qu'elle voyait quoi ? Et comment avait-elle fait pour deviner alors qu'elle ne le connaissait même pas ? Avait-il dit ou fait quelque chose qui aurait pu laisser penser que . . . Non ! D'autres au village étaient-ils déjà au courant ? Dans ce cas ils l'auraient été avant même que lui ne le soit . . . Non non, impossible ! Kami-sama faites que je me trompe !

"Oui, c'est toujours la réplique classique de l'homme moyen qui cherche une manière d'échapper à mes griffes, susurra-t-elle à son oreille alors qu'elle passait l'un de ses longs ongles le long de sa gorge. Les hommes sont vraiment peu imaginatifs. C'est leur façon indirecte de dire que je les impressionne, qu'ils ont peur et qu'ils voudraient partir avec leur honneur sauf. Mais c'est bien mal connaître Aijin-sama et son antre. Il est facile d'y pénétrer, mais bien moins d'en sortir, Hari-kun. Surtout avec ce genre de méthode."

Kotetsu de dégagea une nouvelle fois alors que la jeune femme, il lui donnait entre 25 et 28 ans, lui mordillait doucement le lobe de l'oreille. Il retint de justesse un soupir de soulagement alors qu'il pouvait désormais calmer les battements désordonnés de son cœur. Elle ne savait pas. Elle ne savait pas ! C'était juste une déduction facile faite de ses précédentes expériences.

Mais le jeune homme se reprit bien vite. Il n'était pas encore tiré d'affaire et devait arriver à sortir d'ici et ce, en un seul morceau. Oui, mais comment ? Peut-être qu'en tentant de la détromper . . .

"Aijin-sama, commença-t-il, je ne suis pas venu ici pour . . . ce que vous sembler croire que je suis venu. Je cherchais simplement un cadeau de dernière minute à offrir à un ami alors que je passais devant votre an . . . votre boutique. La devanture m'ayant intrigué, je me suis permis d'entrer . . ."

"Tu cherchais un cadeau pour un ami . . . Dans cette rue ?"

"Je me suis retrouvé là par hasard, se défendit-il devant son ton moqueur. J'étais plongé dans mes pensées et je ne me suis aperçu de l'endroit où je me trouvais qu'une fois que je m'y trouvais . . ."

"Et je devrais te croire, Hari-kun ?" demanda-t-elle avec un petit sourire qui laissait bien comprendre qu'elle ne le croyais pas du tout.

"Je ne dis que la vérité, Aijin-sama."

Ou presque. Mais il n'allait tout de même pas lui dire qu'il était entré parce qu'il pensait que ce qu'elle vendait était illégal. Non, il n'était pas en position de force pour le moment. Puis, un point lui sembla avoir besoin d'être éludé.

"Au fait Aijin-sama, que vendez-vous exactement dans votre boutique ?"

Il avait dû dire quelque chose de surprenant, car il aperçut Aijin hausser un sourcil à la lumière tremblotante d'une bougie, puis sourire. Oh, ce fut un instant très fugace, mais Kotetsu était certain que ce haussement de sourcil aurait valu à des yeux écarquillés pour toute autre personne que la femme féline.

"Ce que je vends ?"

Le shinobi dénota un nuance amusée dans sa voix.

"Mais je t'en prie, continua-t-elle, je serais ravie de te faire faire le tour de mon antre. Mais juste la partie boutique. Du moins pour l'instant . . ."

"A . . . arigatô gozaimasu . . ."

Aijin passa son bras sous le sien et le guida à travers la boutique, commentant ce qui avait besoin de l'être, ce dont elle était le plus fière, ce qui se vendait le mieux, le moins . . . Un instant, Kotetsu eu presque l'impression d'être dans un magasin normal, avec une vendeuse normale.

Mais seulement un instant. Parce que la nature même des articles, l'ambiance de la boutique, et la tenue vestimentaire de la propriétaire n'étaient pas conformes à ce qu'il avait l'habitude de voir. Et une nouvelle fois pour le jeune homme la sensation déplaisante qu'il aurait tout donné pour être ailleurs.

Si Aijin avait commencé par lui montrer des articles de la vie de tous les jours, il n'en était pas de même pour le reste. Soit environ les trois-quart. Il aurait dû comprendre, rien qu'au look de la jeune femme et à l'ambiance de la boutique, dans quel genre d'endroit il se trouvait. Et, si il s'averrait que rien de ce qu'elle vendait n'était illégal, Kotetsu ne pouvait s'empêcher de rougir ou de pâlir tour à tour lorsqu'elle lui montrait un nouvel article, lui apprenait sa fonction, puis ajoutait avec un petit sourire en coin qu'il fallait l'essayer au moins une fois dans sa vie.

Alors, pour tenter de masquer sa gêne, même si cela ne servait plus à rien au stade où il en était, il se mit à parler de lui. De sa vie de ninja, de ses missions (rien de confidentiel, bien entendu), de ses passe-temps (lorsqu'il en avait de libre), des inimaginables corvées que lui refilait la Godaïme, celle qu'il devait effectuer en ce moment . . .

Puis, tout naturellement, et avec les questions précises mais semblant dénuées d'intérêt de Aijin, il en vint à parler d'Izumo, du fait qu'ils avaient toujours été ensemble, du fait que c'était une personne très importante pour lui, la plus importante et que . . .

Soudain, il se tu, conscient d'en avoir trop dit. Jetant un petit regard en coin à la jeune femme toute de cuir vêtue, il tenta d'analyser sa physionomie pour comprendre si elle avait décelé quelque chose qu'elle n'aurait pas dû. Mais son visage était aussi indéchiffrable qu'avant, telle une gravure de marbre blanc ombragée de ténèbres, juste avec son petit sourire si particulier.

"Excusez-moi de vous ennuyer avec mes histoires, Aijin-sama. Mais et vous ? Parlez-moi un peu de vous . . ."

"Te parler de moi ?"

"J'ai dit quelque chose qui . . . ?" commença Kotetsu en notant la différence dans l'intonation de son interlocutrice.

"Tu sais que tu as déjà posé trois questions et que je devrais te punir pour ça, Hari-kun ?" lui répondit-elle en croisant les bras sous sa poitrine.

"Sumimasen, je ne voulais pas . . ."

"Mais vu que c'est la première fois que quelqu'un entrant dans mon antre me demande de lui parler de moi, je pourrais peut-être faire une petite entorse au règlement."

A la grande surprise du jeune homme, le regard de glace de Aijin se fit plus doux, presque . . . tendre. A cet instant, Kotetsu se dit qu'elle était vraiment d'une beauté sans égale et qu'elle semblait presque aussi fragile qu'une poupée de porcelaine. Il eut beaucoup de mal à se retenir de la serrer dans ses bras.

Mais sa gêne disparut bien vite alors que la jeune femme commençait le récit de sa vie. A sa grande surprise, il apprit qu'elle avait été ninja et avait été élevée au rang d'Anbu où elle avait été désignée comme étant la 'Mort féline'. Mais suite à une mission d'espionnage particulièrement risquée, elle avait été gravement blessée à la cuisse droite, coupant court à sa prometteuse carrière de ninja.

Kotetsu frissonna longuement lorsqu'elle s'approcha de lui et lui signifia d'un geste de regarder sa cuisse de plus près. Le jeune homme se souvint alors de la marque presque translucide qu'il avait remarqué un peu avant. Partant du haut de la cuisse, elle descendait en grosses déchirures mêlées à de fines zébrures jusqu'à son genou. A cet endroit, la cicatrice était plus banche encore que sa peau claire ne l'était déjà, la rendant presque lactescente, semblant réfléchir la faible lumière qui l'atteignait.

Sans qu'il sache pourquoi, cette cicatrice l'attirait plus qu'elle ne le repoussait. Comme la douce fluorescence d'une flamme attire le délicat papillon. Ce ne fut que lorsque ses doigts effleurèrent la surface légèrement irrégulière, mais néanmoins plus chaude qu'il ne l'aurait jamais cru, de la peau de Aijin que Kotetsu se rendit compte de se qu'il était en train de faire. Il retira alors précipitamment sa main, prenant conscience du danger alors que les ailes du papillon auraient déjà commencé à brûler sous la morsure des flammes.

Ne sachant même pas comment il s'était retrouvé à genoux, le jeune homme se redressa vivement et émit une petite toux gênée, faisant son maximum pour ne pas croiser le regard de la femme lui faisant face. Il ne voulait pas y lire ce qu'il pensait immanquablement y trouver . . .

"Eh bien eh bien . . . Je vois que tu sais parfois prendre des initiatives, Hari-kun. Mais je ne pense pas que tu sois prêt à en assumer entièrement les conséquences. Un ninja se doit de faire preuve de discernement et de ne pas agir sur un coup de tête ou sous le coup de ses émotions. Tu devrais pourtant bien le savoir . . ."

Nul besoin pour Kotetsu de la regarder pour imaginer le sourire qui devait être inscrit en ce moment même sur le visage de son interlocutrice. Non, le ton de sa voix mêlé d'ironie et de sérieux le lui faisait déjà bien comprendre. L'heure était venu pour lui de penser à un repli stratégique de toute urgence.

"J'ai été ravi de faire votre connaissance, Aijin-sama, vraiment, commença-t-il sans toutefois oser la regarder. Seulement le temps qui m'a été imparti sera bientôt écoulé, et je n'ai toujours pas rempli la mission qui était la mienne. Je vous prie alors de m'excuser pour le dérangement que j'ai pu occasionner et vous souhaite de bonnes fêtes. Sur ce . . ."

"Où crois-tu allez comme ça, Hari-kun ? lui demanda Aijin alors qu'il se dirigeait à reculons en direction de la porte. Je t'avais prévenu que sortir de cet endroit ne serait pas aussi facile que d'y entrer. Il n'y a que trois façons pour toi d'y parvenir."

"Qui sont ?" demanda le ninja tout en regardant la porte comme si il pouvait la forcer à s'ouvrir à distance.

"La première est d'aller visiter mon antre, continua Aijin comme si il n'avait pas ouvert la bouche. La seconde est de me vaincre dans un combat. Et la troisième . . . la troisième . . ."

"La troisième ?" demanda Kotetsu avec appréhension alors que son regard se faisait presque implorant envers l'innocente porte qui restait pourtant hermétiquement close.

"La troisième est . . . C'est la solution que j'aime le moins pour tout te dire, mais aussi celle qui laisse mon antre dans l'état le plus impeccable . . . Cette troisième solution est . . . d'acheter au moins un article dans ma boutique."

Les yeux de Kotetsu s'écarquillèrent de stupeur et laissèrent la pauvre porte qui ne demandait qu'à faire paisiblement son boulot pour se poser sur Aijin avec une incompréhension non dissimulée. Acheter au moins un article dans sa boutique ? A l'entendre, il avait cru que ce serait quelque chose qu'il serait incapable de réaliser, comme les deux premières propositions.

Bien sûr, il n'avait qu'une vague idée de ce qu'il devait se passer derrière les tentures d'où la femme vêtue de cuir était sortie, mais il n'était pas né de la dernière pluie non plus. Jamais il ne serait capable d'y pénétrer de son plein gré.

De la même façon qu'il se savait incapable de se battre contre elle. Parce qu'elle était une femme. Parce qu'elle avait un handicap physique, même si elle ne semblait pas en souffrir. Parce qu'il n'avait aucune raison véritable pour mener ce combat. Et aussi pour une raison qu'il lui plaisait moins d'évoquer : Aijin avait fait parti de l'Anbu. Et les Anbu étaient des ninjas bien plus puissants que lui, pauvre Chûnin, même lorsqu'ils avaient été blessés. Mais il n'avait pas peur non. Il savait juste reconnaître ses limites. Même s'il lui coûtait de l'admettre, surtout alors que c'était une femme qui lui faisait face. En même temps, ce n'était pas comme si il l'admettrait à voix haute . . .

C'est pourquoi la simplicité de cette troisième solution l'avait complètement surpris. Il s'était tellement attendu à quelque chose de pire, bien qu'il n'avait pu imaginer quoi exactement. Seulement acheter quelque chose, hein ?

"As-tu pris une décision, Hari-kun ? Tu devrais savoir que je n'apprécie guère que l'on me fasse patienter . . ."

"Haï, Aijin-sama. J'ai choisi de vous acheter quelque chose."

"Je m'en était doutée dès la seconde où je t'ai vu, Hari-kun, répondit-elle avec un léger sourire. J'étais sûre que tu choisirais cette solution, même si j'espérais me tromper. Mais soit, tu as fait ton premier choix, il ne te reste donc plus qu'à faire le second : que vas-tu m'acheter ?"

Après un léger soupir de soulagement, les yeux de Kotetsu firent rapidement le tour de la boutique pour tenter de faire un premier tri sélectif. La plupart des articles entreposés furent rapidement mis de côté. S'il ne voulait pas passer pour un espèce de pervers ou de détraqué, il devrait trouver quelque chose de plus commun, de plus sobre, de plus courant, de moins tendancieux et de moins ambigu. Ça ne serait pas facile, mais il y parviendrait.

Alors, il se mit rapidement à refaire le tour de la boutique tandis que Aijin allait calmement se placer derrière son comptoir, attendant que son client ait arrêté son choix pour pouvoir l'encaisser puis le libérer.

Puis, alors qu'il passait devant un rayon, Kotetsu s'arrêta brusquement, comme figé sur place. Mais biens sûr ! Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Il l'avait trouvé son cadeau ! C'était à la fois commun, mais toujours utile. Discret mais pouvait être installé presque partout. On pouvait les utiliser comme juste les garder en décoration. Les destiner à leur usage habituel ou bien . . . Oui, Morino Ibiki saurait leur trouver un nouvel usage qui lui plairait sûrement plus . . .

Le jeune homme se saisit alors de deux paquets, hésita devant un troisième, et puis se dit qu'il ne perdait rien à chercher un peu de banalité là où le chef de la section tortures et interrogatoires ne verrait sûrement que de l'originalité. Quoi que Kotetsu était persuadé qu'il ne lui apprendrait rien sur la façon dont il pourrait se servir de son cadeau . . .

Se dirigeant vers la caisse le ninja ne pu empêcher son rythme cardiaque de légèrement augmenter devant la perspective qu'il allait bientôt pouvoir retrouver la liberté.

"J'ai failli attendre, Hari-kun . . ."

"Les cadeaux ne peuvent se choisir à la hâte, Aijin-sama. Mais je pense que celui-ci pourra servir à la personne à laquelle il est destiné."

Kotetsu ne paru pas se rendre compte du sourire qui se formait sur les lèvres de la jeune femme alors qu'il cherchait à sortir l'argent d'une de ses poches.

"Serait-ce pour cet Izumo dont tu m'as tant vanté les qualités, Hari-kun ? demanda-t-elle tout en commençant à emballer les paquets. Tu penses que les lui offrir lui donnera peut-être des idées ? Lui déclenchera peut-être une révélation à ton propos ? C'est vrai que vous pourrez vous en servir, mais je ne t'aurai jamais pensé adepte de cette pratique, Hari-kun. Et je ne me trompe que très très rarement sur les gens, crois-moi. Je pense qu'une déclaration en bonne et due forme serait la meilleure des choses que tu aurais à faire."

"Je . . . je . . . non !"

Kami-sama ! Comment pouvait-elle imaginer que . . . qu'il avait acheté ça pour s'en servir de cette façon avec Izumo ? Il n'y avait même pas pensé lorsqu'il avait arrêté son choix dessus . . . Pourquoi , mais pourquoi cette femme arrivait-elle à le mettre dans des états pareils ? Pourquoi n'arrivait-il pas à rester calme et impassible, comme elle ?

Alors il fit quelque chose que, en bon ninja, il aurait espéré ne jamais devoir faire. Il déposa brutalement l'argent sur le comptoir, se saisit vivement des paquets, joignit les mains et disparut dans un nuage de fumée après un bref . . .

"Merci pour tout, Aijin-sama. Adieu !"

Aijin resta un instant silencieuse, contemplant le comptoir puis la porte. Après quelques secondes, un léger sourire vint réchauffer son visage impassible alors qu'elle rejetait lentement une longue mèche brune par-dessus son épaule.

"Adieu ? Je ne crois pas que cela soit aussi simple que ça, Hari-kun . . ."

Déjà loin, Kotetsu ne pu empêcher un long frisson de lui parcourir l'échine et un mauvais pressentiment de l'envahir.

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Cadeau de Kotetsu pour Ibiki : quelque chose de commun, simple, présent dans la plupart des maisons mais dont l'usage peut grandement varier selon les personnes ?


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(1) L'autrice la première. La première fois qu'elle l'a entendu, juste avant que ne débute l'examen Chûnin, elle a eu envie de l'étrangler . . . n.n'

(2) L'autrice ne connaît pas les véritables raison qui les poussent à avoir ce look. Peut-être Masashi Kishimoto avait-il une bonne raison, peut-être avait-il simplement envie de les relooker de cette façon. Mais personnellement l'autrice préfère croire à quelques vêtements dissimulant un quelconque secret, une quelconque cicatrice, un morceau de leur passé. Et puis sans hypothèses, nous n'avancerons à rien. Il faut imaginer pour trouver des réponses ! n.n

(3) Mais il l'est bien plus que tu ne le crois, mon grand . . . XD

(4) Aijin signifie Maîtresse.

(5) Hari signifie aiguille et Harinezumi signifie hérisson (nezumi signifiant rat, souris). 'Hari' (du moins ici) est donc le diminutif de 'Harinezumi'.

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- Sesshy-girl : "Eh bien, pour un début sans inspiration, je trouve que je m'en tire plutôt à bon compte ! C'est même le plus long chapitre de cette fic pour le moment !" n.n

- Kotetsu : "Et t'en es fière ? T'as vu pour quoi tu me fais passer ?"

- Sesshy-girl : "Où est le problème ? Tu n'es ni un pervers, ni un attardé, ni un sadique . . . De quoi peux-tu bien te plaindre ?"

- Kotetsu : "Déjà tu me fais passer pour un gay, puis pour un crétin incapable de reconnaître ses sentiments et ensuite pour une poule mouillée !"

- Sesshy-girl : "Mais tu ES gay ! Et puis disons que ton comportement un peu en retrait n'est que le reflet, le contrecoup, du charisme qui émane de Aijin. Je dois avouer que j'aime beaucoup son personnage et qu'il ne serait pas impossible qu'elle fasse plus qu'une simple apparition . . ."

- Kotetsu : "Non, tu n'oserais pas . . ."

- Sesshy-girl : "Oh que si . . ."

- Kotetsu : "Je proteste !"

- Sesshy-girl : "Alors demandons l'avis des lecteurs ! Dites-moi si vous seriez pour une réapparition de Aijin (ou pour un/e autre vendeur/euse) ou non.

- Kotetsu : Tenant une grande pancarte où est noté : "Non ! Dites-lui NON !"

-Sesshy-girl : Faisant comme si de rien n'était. "Et donc n'oubliez pas de laisser une review laissant votre impression générale ! Allez, au prochain chapitre ! " n.n