Crazy : Les rebondissements et les surprises ne sont pas finies, crois moi ;) Vu que tu as hâte de lire la suite, je suis sure que ce chapitre devrait beaucoup te plaire ! ;) Si tu trouve que ce qu'a subit Odine est cruel, attends de voir la suite ! Concernant les représailles avec Viggo, disons que j'ai fait les deux. Je me suis servie de quelques événements de la série et de mon imagination. J'en dis pas plus, mais j'espère en tout cas que ce qui va se passer te plaira :3 Encore merci, bonne lecture et à la semaine prochaine ! Bisous ^^
Chapitre 14 - Sentence
Dés qu'Odine s'était transformée en sirène et qu'elle avait nagé quelques mètres, un tourbillon de bulles l'avait enveloppée et l'avait directement téléportée au palais. C'était plus simple de la faire venir de cette manière plutôt que d'attendre qu'elle vienne par ses propres moyens. Ça aurait pris des heures. Quand Odine ouvrit les yeux, elle était dans la salle du trône, face à la reine qui la regardait d'un air légèrement sévère, comme tout suzerain qui regarde quelqu'un ayant commis des crimes. Tristan était également là, à sa gauche, entre elle et la reine. Son regard était du même éclat que la reine et Odine fronça à son tour le regard avant de se tourner vers la reine.
- Odine. Tu es accusée d'avoir transgressé bon nombres de nos lois, d'avoir emmené un humain dans notre monde alors que je t'avais fait part de mon désaccord, d'avoir collaboré avec les bannis et d'avoir informé d'autres humains de notre existence, ainsi que l'existence de la magie. Nies-tu les faits ?
- Non. Dit-elle calmement en regardant la reine, droit dans les yeux
- Et qu'as-tu as dire pour ta défense ?
- Pas mal de choses. Premièrement, je trouve que vous avait été injuste ! J'avais l'intention de venir dés que j'ai reçue votre message. Mais vous auriez pu me laisser dire au revoir à mes amis et les prévenir de la situation ! C'est tout ce que je demandais ! A l'heure qu'il est, ils doivent tous être morts d'inquiétude ! Sans compter qu'un de mes amis est toujours inconscient et que j'aurais aimé partir dès qu'il aurait ouvert les yeux ! Je serais partie le cœur plus léger ! Reprocha t-elle, les poings serrés
- Vu les fautes que tu as commises, il était hors de questions que je t'accorde ces faveurs.
- Je sais que j'ai enfreint les lois de notre royaume. Et j'ai eu conscience de mes actes depuis le début. Mais je n'avais pas le choix ! Je devais sauver mes amis ! Pourquoi personne n'arrive à le comprendre ?! Vous êtes tous insensibles ou quoi ?!
- Odine ! Surveille tes paroles ! Gronda Tristan
- Je ne t'ai pas sonné, sale mouchard ! Pourquoi est-ce que tu lui as tout raconté ?! Ah oui, j'oubliais. Le sens du devoir. Hin... Bah aujourd'hui, j'ai la preuve qu'il n'y a que ça qui compte à tes yeux !
- Ce n'est… !
- Silence ! Odine. Je sais ce que ces humains représentent pour toi. Mais en tant que reine, je ne peux pas ignorer les lois que tu as enfreintes. Surtout que je t'avais dit non pour qu'un humain vienne dans notre monde, et que je t'avais dit que les histoires entre nos deux royaumes ne devaient pas interférer !
- Alors je devais faire quoi ? Laisser mes amis se faire tuer, laisser leurs dragons se faire vendre aux enchères et renvoyer Harold sur son île en lui conseillant de tout oublier ?
- Non. Mais il y avait d'autre solutions pour que tu puises mener à bien ta mission.
- Je sais ! Mais dans l'urgence, j'ai fait comme j'ai pu et nous avons réussi à sauver tous le monde et à repousser nos ennemis ! C'est le principal pour moi !
- Et ton peuple ? Et ton royaume ? Et nos lois ? Ça ne compte pas pour toi ?
- Si par là, vous faites allusion à l'idée que je vous succède aux cotés de Tristan…
- Tu es donc au courant ? S'étonna sincèrement la reine
- Oui. J'ai tout entendu le jour où vous en avez parlé ici même. Et je vous le dis sincèrement, je ne veux pas gouverner le royaume. Même si pendant un court instant, j'ai eu envie de le faire grâce au soutien et aux paroles de mes amis. Mais depuis que mon soi-disant petit ami m'a trahie au nom du devoir et de ses responsabilités de capitaine, cet espoir s'est définitivement envolé ! Bien joué, Capitaine. Siffla t-elle entre ses dents tout en lui adressant un regard noir
Tristan n'essaya même pas de se justifier. Il se contenta de rester à sa place et de faire face au regard d'Odine qui débordait de colère à son égard. Odine tremblait de colère, mais également d'angoisse. Il était temps pour elle de leur faire part de sa véritable identité.
- Et puis de toute façon… En dépit des crimes que je viens de commettre, même si à mes yeux ils sont moins graves que les crimes commis par Barbécaille… Si vous saviez qui je suis en réalité, vous ne m'auriez pas laissé monter sur le trône et vous auriez tous les deux finis par me rejeter. Dit-elle avec froideur
La reine et Tristan furent tous les deux assez étonnés. De quoi parlait-elle ? Ils échangèrent un regard alors qu'Odine regardait plus calmement la reine. Pour la première fois, elle ne la regardait pas comme la reine d'Atlantis, mais comme un membre de sa famille.
- Que veux-tu dire, Odine ? Qu'aurais-je dû remarquer ?
- Vraiment, Majesté ? Vous n'aviez jamais rien remarqué à mon sujet ? Pas même maintenant ?
- Mais de quoi parles-tu ? Arrête de faire planer autant de mystères et dis ce que tu as à dire ! S'impatienta t-elle
- Très bien.
Elle ferma les yeux et pris une grande inspiration.
- En réalité… Je suis la fille de Miria, votre sœur.
La reine et Tristan furent littéralement surpris par cette révélation ! Pendant que Tristan réalisait mentalement qui était Odine, Atlanna fixait la jeune sirène avec stupéfaction alors que cette dernière fixait patiemment sa tante. Atlanna n'arrivait pas à y croire ! Il y avait une éternité qu'elle n'avait pas entendu le nom de sa sœur aînée ! Tout simplement parce qu'après son départ pour suivre son grand amour, leur père avait interdit à quiconque de parler d'elle ou de prononcer son nom ! Y compris sa plus jeune fille ! Les tableaux et les statues représentant Miria on été conditionnés dans sa chambre, et ses appartements furent scellés et laissés à l'abandon.
- Tu es vraiment la fille de Miria ?
- Oui.
- Pourquoi tu ne me l'as jamais dit ?
- Parce que je l'ignorais jusqu'à ce que je découvre la vérité sur mes origines durant mon voyage.
- Qui nous dit que tu es vraiment la fille de la princesse Miria ? Demanda Tristan
Odine lui refit de nouveau face avec colère. Elle avait une soudaine envie de l'étrangler !
- Alors maintenant, tu ose me traiter de menteuse ?! Me traiter de criminelle ne te suffit pas ?! S'emporta Odine, indignée
- Odine !
- Je suis bel et bien la fille de Miria ! Et je peux le prouver ! Je… Elle avait 19 ans quand elle est partie avec mon père ! C'était un triton aux nageoires vertes et aux cheveux brun ! Et ma mère avait des nageoires couleur cerise, de longs et magnifiques cheveux noir et des yeux noisette ! Après avoir été bannis, ils sont partis vivre chez les bannis qui se trouvent dans les terres sauvages et je suis venue au monde des années plus tard ! Et quand mes parents sont morts le jour de mes douze ans… C'est parce que ma mère voulait me faire une surprise ! Elle voulait que je rencontre ma tante et mon grand père, que je découvre mes racines et que tout s'arrange entre vous !
Odine avait révélé beaucoup trop de vérités d'un coup et la reine ne se sentit pas très bien. Elle avait chaud et elle avait l'impression de manquer d'air. Son état inquiéta aussitôt le capitaine.
- Majesté ? Vous allez bien ? S'inquiéta Tristan
- Pas vraiment… Je… Tristan, emmenez Odine dans une des cellules du palais, le temps que je réfléchisse et que je prenne une décision.
- A vos ordres. Suis-moi, Odine.
Odine fut littéralement outrée !
- Sérieusement ? Je… Je vous révèle ma véritable identité et la première chose que vous dites c'est de me faire conduire au cachot ?!
La reine détourna le regard et posa fébrilement sa main contre sa bouche. Elle ne se sentait vraiment pas très bien et les larmes commençaient à lui monter aux yeux. Tristan emmena Odine jusqu'aux cellules du palais, et cette dernière n'eut pas d'autre choix que d'obéir et de rester calme, même si elle était révoltée ! Tout le long du trajet, elle évita de regarder et d'adresser la parole au capitaine. Elle était tellement furieuse contre lui qu'elle n'osait imaginer ce qui pourrait se passer s'ils venaient à se parler ! Elle serait capable d'être blessante dans ses paroles et de lui faire du mal ! Arrivée dans les cellules situées au sous sol, Tristan en choisit une et invita Odine à y entrer dès qu'il eut ouvert la porte. Sans dire un mot et le regard sévère, Odine y entra et demeura immobile au centre de sa cellule pendant que Tristan ferma la grille.
- Tu n'y resteras pas longtemps, rassure-toi.
- …
La sirène se garda de lui faire face. Elle ne voulait plus le voir ! Et puis vu tout ce qu'il avait fait, qu'est ce que ça pouvait lui faire qu'elle reste longtemps ou non en prison ? Espérant quand même qu'elle se retourne, Tristan tenta de se justifier.
- Odine. Je sais que tu me déteste. Mais il faut que tu sache que je…
Odine se mit à siffler pour ne plus avoir à l'entendre. Elle n'en avait rien à faire de ces justifications, même si elles semblaient sincères ! Tout était de sa faute !
- Odine, écoute-moi ! Je…
Elle siffla alors plus fort. Son geste découragea Tristan qui s'en alla sans dire un mot. Une fois seule, Odine arrêta de siffler et essuya ses yeux, puis elle jeta un regard autour d'elle. La prison du palais était légèrement sombre et moins colorée que le reste du palais, et il y avait peu de lumière. Quand à sa propre cellule, elle était assez étroite, sombre et rocheuse. Surement pour que les prisonniers aient l'impression de manque d'air et d'espace, mais aussi pour les plonger davantage dans la tristesse et les regrets. Mais Odine ne regrettait rien. Depuis le début de cette aventure, elle savait quels étaient les risques. A travers les barreaux de la grille, elle pouvait voir que quelques rayons de lumière rose provenant de la surface éclairaient la prison. Selon elle, le soleil n'allait pas tarder à ce coucher. Ne sachant combien de temps elle resterait ici, elle décida d'aller s'allonger sur un rocher qui ressemblait légèrement à un banc. Elle esquissa alors un faible sourire.
- Humph… Quelle ironie. Pour la première fois où je loge dans ce qui devait être ma véritable maison… Je séjourne dans une cellule.
Elle soupira et pensa à ses amis. Ils devaient surement être inquiets. Et Dagur ? Était-il toujours inconscient ? Était-il réveillé ? Et si c'était le cas, est-ce qu'il allait bien ? À cause de Tristan et de la reine, Odine risquait de ne jamais le savoir. Même si ça semblait mal parti, elle espérait que la reine soit clémente et qu'elle tolère leurs liens de parenté. Après tout, Odine n'y était pour rien dans toute cette histoire. Elle regarda tristement la bague de sa mère et remarqua que ni Tristan ni la reine ne le lui avait confisqué. Ils n'avaient donc pas peur qu'elle se serve de sa magie pour s'échapper ? Faut croire que l'état de santé de la reine leurs aient fait oublier ce détail. Mais Odine n'avait pas l'intention de se servir de sa magie pour s'enfuir et retrouver ses amis. Elle aggraverait son cas et ça, il n'en était pas question.
oO*Oo
Quand Harold entra enfin au village, il fut accueilli par Mala, Throk et les dragonniers, qui étaient tous aussi inquiets les uns que les autres. Y compris Ingrid qui s'était jointe au groupe après les avoir vus courir vers l'entrée du village.
- Mala vient de nous dire qu'Odine était partie ! C'est vrai ? S'inquiéta Astrid.
- Oui. Je n'ai trouvé que ses affaires sur le sable. Répondit-il en regardant les affaires d'Odine.
- Mais pourquoi elle est partie ? Ca n'a pas de sens ! Demanda Krane
- C'est clair, d'autant plus que Dagur n'est toujours pas réveillé ! Ajouta Kogne
Pour info, les jumeaux avaient toujours dans leurs mains les armes qu'ils avaient durant leur entrainement. Ils étaient tellement étonnés et inquiets qu'ils avaient agité leurs armes pendant qu'ils parlaient, ce qui avait inquiété Rustik qui avait peur de se prendre une massue dans le pif vu qu'il était à coté d'eux.
- Disons que bien avant l'aube, on a reçu la visite de Tristan. Et il ne semblait pas très joyeux concernant Odine. Et je crois… Que la reine Atlanna a fini par être au courant.
- Et tu pense qu'Odine a été convoqué pour être jugée au palais ? Demanda Varek
- Oui. D'après ce que j'ai compris, Tristan a fait comprendre à Odine qu'elle était une criminelle.
- Quoi ?! Alors qu'elle a fait tout ça pour venir nous sauver ?! Mais c'est trop pas juste ! Y'a des gens qui sont jugés pour pire que ça ! S'emporta Kogne
- Parfaitement ! Sans elle, tu te serais fait attraper et on serait tous morts ! Rhaa, ça me révolte !
De rage, Krane balaya plusieurs fois l'air avec sa massue mais elle lui glissa des mains et vola droit sur Mala ! Elle n'allait pas tarder à la recevoir en pleine tête, et Throk n'aurait pas le temps de sauver sa reine ! Rustik eut donc le réflexe d'attraper sa propre hache et de taper dans l'arme de Krane en criant « Rustik ! » L'arme fût alors déviée et la reine fut sauvée. Elle fut d'ailleurs extrêmement touchée par ce geste de bravoure, qu'elle regarda Rustik avec un tendre sourire, la main était posée sur son cœur.
- Vous m'avez sauvée…
- Bah, de rien ! Intercepter cette arme était un jeu d'enfant ! Les Jorgensen sont les champion du lâcher d'armes, mais aussi pour les frapper en plein vol ! Fanfaronna t-il
Mala sourit de plus belle, ce qui valut quelques échanges de regards et quelques sourires entre les dragonniers. Après Throk et Kognedur, voila que c'était le tour de Rustik et Mala ! Cette aventure avait-elle permis à plusieurs personnes de trouver l'âme sœur ? Qui sait. Et puis c'est toujours mieux que des déclarations de guerre !
- Qu'est-ce qu'on fait du coup, Harold ? Demanda Astrid
- On n'a pas d'autre choix que d'attendre son retour, même si je ne sais pas quand elle reviendra. Mais il va falloir qu'on rentre sur Berk au plus vite. C'est pour ça que dés que Dagur sera réveillé et apte à voyager, on s'en va. A ce propos, Ingrid…
- Quoi ?
- Odine nous a demandé de veiller sur Dagur. Alors tant qu'elle ne sera pas revenue, je te déconseille de t'en prendre à lui. D'accord ?
Pas très emballée qu'on la sermonne de nouveau en public, même si c'était justifiable, Ingrid se contenta d'hocher la tête puis de détourner le regard.
- Bien. Sur ce, je vais aller déposer les affaires d'Odine dans sa hutte et voir comment va Dagur.
- Je te suis. Annonça Astrid
- Moi aussi. Ajouta Ingrid
Devant le regard interrogateur d'Harold et Astrid, Ingrid se justifia.
- Rassurez-vous, mes envies meurtrières sont passées. Odine m'a ouvert les yeux tout à l'heure et je m'en veux de lui avoir dit toute ces choses. Et je me sens encore plus dégoûté de ne pas lui avoir présentée mes excuses avant qu'elle s'en aille. Alors pour elle, je… Je vais essayer de faire un geste envers Dagur et voir comment il va. Mais ça ne veut pas pour autant dire que je vais tout lui pardonner, ok ?
- Pas de soucis. Allez viens. L'invita Astrid avec un sourire
Harold lui adressa également un sourire. Il était content qu'Ingrid fasse un effort et regrette l'incident de tout à l'heure. Le trio se dirigea donc vers la hutte d'Odine puis vers le centre de guérison, tandis que le reste du groupe retourna à ses occupations. Ils avaient tous le cœur lourd en pensant à Odine et ils espéraient de tout cœur qu'elle revienne au plus vite. Et bien que Throk et Mala partagent leur peine, ça n'empêcha pas Mala de suivre Rustik du regard avec un petit sourire. Mais le jeune viking senti le regard attendrissant de la reine et ça lui donna aussitôt des sueurs froides ! Tellement, qu'il s'éloigna au pas de course, ce qui amusa Mala avant qu'elle ne retourne elle aussi à ses royales occupations.
oO*Oo
La reine Atlanna s'était isolée dans ses appartements pour prendre ses remèdes et atténuer ses émotions. Elle s'asseya ensuite sur son lit, le temps que ses remèdes fassent effets. Mais elle avait beau attendre et attendre, son état ne s'améliora pas. Elle ne cessait de penser à ce qu'Odine lui avait révélé plutôt qu'aux crimes qu'elle avait commis, et elle pensait en particulier à sa sœur Miria. Ce nom semblait surgir d'outre tombe ! Elle n'avait plus vu sa sœur ni prononcer son nom depuis ses 16 ans ! Et de ce fait, la colère qu'elle avait ressentie pour elle à l'époque fut ravivée ! A cause de Miria et de ces choix, Atlanna a du gouverner alors qu'elle n'était pas destinée à le faire, ni même prête, et elle a dû épouser un homme qu'elle connaissait à peine, même s'il était très gentil. Elle avait rêvé d'une autre vie tout en restant la princesse d'Atlantis mais ses rêves se sont malheureusement envolés le jour où Miria a été bannie. Elle s'était mise à détester sa sœur, ce qui était triste puisqu'elles étaient très proches étant petites. Et même sous ses airs bienveillants et ses sourires, sa colère envers sa sœur était toujours présente. De plus, le fait qu'elle ait appris qu'Odine était la fille de Miria et ce que sa sœur comptait faire le jour où elle est morte n'atténua pas sa colère. Elle savait qu'Odine n'y était pour rien dans cette histoire, mais c'était plus fort qu'elle. Maintenant qu'elle savait qui Odine était en réalité, elle avait l'impression de revoir Miria à travers elle. Atlanna n'en revenait pas de ne pas avoir fait le lien entres elles plus tôt !
Atlanna soupira tristement. Elle aimait Odine et s'était beaucoup attachée à elle, en dépit du fait qu'elle ait tué Stella. En repensant à sa fille, elle se demanda si Stella n'avait pas été au courant de la véritable identité d'Odine pour avoir été aussi méchante avec elle durant toutes ces années ? Ou peut-être qu'elle ne l'était pas et que Stella ne pouvait tout simplement pas supporter Odine. Atlanna ne le saura malheureusement jamais. Ni elle, ni personne. Du coup, elle ne savait pas quoi faire concernant Odine. Comme la jeune sirène n'y était pour rien, elle avait envie de l'accepter parmi elle au sein du palais. Mais d'un autre coté, elle avait enfreint des lois et désobéi à sa reine afin de sauver ses amis. Et la reine devait appliquer la loi et la jugée pour trahison. Et comme si ce n'était pas suffisant, Odine était naturellement une bannie de part sa naissance au sein du village des bannis. Sa place est donc là-bas. Mais la vie d'Odine était ici. Et puis elle est la petite amie de Tristan. Et elle a également rendue service au royaume grâce à ses trésors, mais aussi au monde des sirènes en empêchant Stella d'élargir sa folie meurtrière et destructrice.
Atlanna se sentait perdue dans ses émotions. Elle ne savait plus quoi penser ni quelle décision prendre ! Il n'y avait qu'une chose qui puisse l'aider et il lui faudrait une sacrée dose de courage pour le faire : entrer dans la chambre de Miria et revoir un portrait d'elle. Ce qu'elle fit sur le champ. Elle nagea calmement à travers les couloirs du palais jusqu'à ce qu'elle arrive aux anciens appartements de Miria. Atlanna se pinça les lèvres en regardant l'entrée scellée par un puissant rocher que seul le trident royal avait le pouvoir de défaire. Atlanna inspira profondément et utilisa son trident pour faire disparaître le rocher. Elle regardant ensuite à l'intérieur et remarqua qu'il faisait vraiment sombre. Elle fit alors apparaître une boule de lumière au bout de son trident puis avança lentement dans la pièce. Elle illumina ensuite le lustre au plafond et vit avec une grimace à quel point cet endroit avait été laissé à l'abandon. Il y avait de la poussière qui flottait partout autour d'elle, tout était sale, rongé par le temps, recouvert de petits coquillages et de mauvaises herbes. Tous les objets du palais illustrant Miria avait été déposé ici et rien ne fut épargné par le temps. Atlanna pris soigneusement un portrait de sa sœur et passa sa main sur le dessin. En la revoyant, elle ne put s'empêcher d'esquisser un petit sourire triste. Elle avait oublié a quel point sa sœur aînée était belle. La gentillesse et la douceur se lisait dans son regard et son sourire. Pour la première fois de sa vie, Atlanna ne ressentit pas de colère envers elle. Elle était triste d'apprendre que Miria était morte et que son rêve concernant Odine ne ce soit pas réalisé. Les larmes lui montèrent alors aux yeux et la reine sut quelle décision prendre.
- Je vais accepter ta fille parmi nous, Miria. Ça n'aurait sans doute pas été possible du temps où père était encore en vie, ni le jour où tu es revenue au royaume, mais comme toute cette histoire remonte à longtemps et qu'Odine n'est pas concernait par nos vieilles querelles… Je veux faire ce geste. En souvenir du bon vieux temps.
- Tu es sérieuse, mère ?
Atlanna eut un hoquet de surprise et fut encore plus surprise en voyant que Stella était assise sur le lit sale, poussiéreux et fichu de Miria ! Tandis que la reine fixait sa fille avec stupéfaction, Stella regardait sa mère avec une mine furieuse. Mais ce qui était tout aussi surprenant, c'est que Stella avait l'apparence d'autrefois, avant qu'elle ne goûte à la magie noire. Elle avait ses belles nageoires rouges, ses cheveux blond coiffés en une longue queue et sa mèche qui lui couvrait l'œil gauche, et tous ces bijoux, sauf le collier de Rena.
- Ste… Stella ?! Mais comment… ?!
- Je ne suis qu'une manifestation de ton esprit, mère. Mais si je me manifeste, c'est parce que tu t'apprête à faire est vraiment intolérable ! Comment veux-tu que je repose en paix en sachant que tu va accepter cette meurtrière et cette menteuse au sein de notre demeure et de notre famille ?
- Parce que tu reposais en paix ? Malgré tout ce que tu… ?
- Ça semble difficile à croire, mais oui. Parce que de tous, tu es la seule qui veut garder un bon souvenir de moi. Sinon, je n'aurais pas l'apparence de celle que j'étais avant.
- Oh Stella, je…
- Mais là n'est pas le plus important, mère. Je sais que j'ai commis des erreurs et que je t'ai fait beaucoup de peine. Et je m'en excuse sincèrement. Mais si j'ai fait tout ça, c'est uniquement parce que cette fille m'a poussé à le faire ! Souviens-toi de l'époque ou elle n'était pas entrée dans nos vies. Je n'étais pas comme ça ! Bon, un peu avec les autres, mais pas à ce point !
- Mais qu'à fait Odine pour que tu sois ainsi avec elle ? Elle est pourtant douce et gentille !
- Je n'en sais rien, mère. C'était plus fort que moi. Mais au nom de ma mémoire et de ce que j'étais avant, ne l'accepte pas parmi nous ! Je veux qu'elle soit punie comme elle le mérite ! Elle m'a tout pris je te rappelle ! Toi, Tristan…
- Stella, écoute. Je…
- Si tu décide quand même de l'accepter au sien du palais, sache que je ne reposerais jamais en paix, que je t'en voudrais pour toujours et que je reviendrais te hanter en permanence ! C'est ça que tu veux ?
- Non, bien sur que non ! Mais Odine fait partie de notre famille ! Je ne peux quand même pas la… !
Stella fronça le regard et croisa les bras.
- Très bien. Tu as fait ton choix. J'espère juste que tu ne le regretteras pas, chère mère.
Stella disparut. Soudainement, le petit lustre en cristal à moitié fichu tomba du plafond et la lumière qui en émanait s'éteignit. Atlanna recula pour éviter de le recevoir sur la tête puis elle réactiva la lumière de son trident.
- Stella, reviens ! Je… !
La pièce se mit à trembler et quelques petits objets dans la pièce se dirigèrent droit sur la reine ! Mais grâce au trident, Atlanna se protégea en créant un champ de force tout autour d'elle.
- Stella, arrête !
- Punis-la ! Fait lui payer ses nombreux crimes ! Qu'elle paie pour tout ce qu'elle a fait !
- Mais c'est ma nièce ! Ta cousine !
- Je m'en fiche ! Punis-la, mère ! Si tu as encore un peu d'amour à mon égard, fais-le !
Stella continua de balancer toutes sortes d'objets sur sa mère, même si y'avais toujours le champ de force activé. Mais vu l'état de santé de la reine, l'utilisation de la magie et sa concentration s'en retrouvèrent affectés et le champ de force commença à perdre de la puissance, si bien qu'un objet heurta la reine en plein visage. Il ne s'agissait que d'une vieille poupée miteuse, mais ça avait suffit à lui faire mal, à la mettre à genoux sur le sol poussiéreux et à lui faire monter les larmes aux yeux.
- Je ne veux pas te faire de mal, mère ! Je veux continuer d'exister sereinement dans ton esprit ! Alors punis cette sale peste et j'arrêterai ! Dit-elle en continuant d'envoyer des objets sur sa mère
- Stella…. !
- PUNIS-LA ! PUNIS-LA ! PUNIS-LA !
Stella continua de lui jeter des objets et de lui hurler cet ordre d'une voix hystérique, jusqu'à ce que la reine finisse par céder. Et c'est ce qu'elle fit, sous l'effet du chagrin et de la douleur.
- D'accord, je… Je vais le faire...
A ce moment là, tout s'arrêta et la reine put reprendre son souffle. Stella réapparu alors à genoux devant elle.
- Merci, mère. Mais avant, va prendre un peu de repos. Cette garce peut très bien séjourner encore un peu en prison.
- D'accord…
- Mais en ce qui la concerne, voila ce que j'aimerais que tu fasses en attendant que sa sentence ne soit prononcée …
Avec un sale petit sourire, Stella annonça à sa mère tout ce qu'Odine devra subir, mais également Tristan. Au fur et à mesure que sa fille énumérait ses exigences, sa mère senti son cœur se serrer. Ce que Stella souhaitait pour Odine était vraiment injuste ! Mais l'idée que sa fille ne puisse pas reposer en paix et qu'elle vienne la hanter en permanence serra davantage son cœur. Malgré les atrocités qu'elle avait commises, elle restait avant tout sa fille unique. Et quand on sait tout ce que la reine a enduré pour l'avoir, il est normal qu'elle accepte les requêtes qu'elle lui exposait.
- Est-ce que ça te rendra heureuse… ? Osa t-elle demander
- Je ne me sentirais vraiment heureuse que lorsque cette peste recevra sa sentence. Mais d'ici là, rien que le fait de savoir qu'elle va souffrir me réconforte beaucoup.
- Dans ce cas… J'appliquerais tes demandes dès maintenant.
- Merci, mère. Je vais te laisser te reposer. A plus tard.
Stella lui adressa un grand sourire avant de lui caresser la joue et de disparaître. Abattue, Atlanna ferma les yeux et éclata un court sanglot. Mais quand elle rouvrit les yeux, elle fut surprise de voir que le remue ménage causé par Stella avait disparut, comme si rien ne s'était passé ! La reine fut extrêmement troublée. Est-ce que c'était réel ou pas ? Est-ce que son état de santé la rendait-elle folle à ce point ? En sentant les douleurs dans son corps, elle sut que tout ça était bien réel. Ce qui l'effraya et la rendit encore plus malheureuse. Elle se leva afin de quitter cette pièce, mais avant de partir, elle adressa un dernier regard au portrait de sa sœur.
- Désolée, Miria...
Puis elle quitta tristement la pièce et recondamna l'entrée grâce à son trident. Par chance, personne n'avait vu et entendu quoi que ce soit.
oO*Oo
Quand Harold, Ingrid et Astrid entrèrent dans le centre de guérison, quelle ne fut pas leur surprise de voir Dagur assis dans son lit, alors qu'un des guérisseurs s'assurait que tout allait bien.
- Dagur ! S'exclama Harold
Dagur et le guérisseur tournèrent leurs regards vers Harold et bien entendu, Dagur fut heureux de le voir !
- Mon frère ! Tu va bien ! Et… Salut les filles.
- Salut Dagur. Lui répondit Astrid avec un sourire sincère
- S'lut. Répondit simplement Ingrid, qui était en retrait.
Dagur lui adressa un faible sourire, mais il n'insista pas. Il était déjà bien content de voir qu'Ingrid soit venue le voir. Ils auront tout le temps de discuter plus tard. Du moins il l'espérait. Quand à Ingrid, elle se contenta de ne rien dire et de regarder Dagur d'un air neutre, les bras croisés. Elle avait promis à Harold de bien se tenir en sa compagnie et elle tiendrait sa promesse. Aussi bien envers Harold qu'envers Odine.
- Comment tu te sens ? Lui demanda Harold
- Engourdi et somnolent. Quand à ma blessure… Bah elle ne me fait pas trop souffrir. Mais je suis surpris d'être toujours en vie ! Je me souviens d'avoir été touché dans le dos, puis d'avoir chuté, puis plus rien. Le trou noir.
- C'est grâce à Odine si t'es toujours en vie. Elle n'a pas hésité à plonger pour te sauver.
- Odine ? Oh bah ça… C'est vraiment… Mais où est-elle d'ailleurs ? Demanda t-il d'un air curieux
Le regard du trio s'assombrit aussitôt. Il était temps pour eux de lui annoncer la nouvelle et Harold avait le sentiment que ça n'allait pas être joyeux. Sérieusement, il n'aurait pas pu se réveiller plus tôt, quand Odine était à son chevet ? Ça aurait rendu les choses beaucoup plus faciles, mais d'un autre coté, ça l'aurait été moins vu le lien qu'il y avait entre ces deux-là. Leur attitude étonna Dagur qui haussa un sourcil alors qu'il les regardait à tour de rôle.
- Vous en faites des têtes ! Elle va bien, j'espère ?
- Dagur… Faut qu'on te dise un truc concernant Odine. Annonça Harold d'une voix grave
- Tu me fais peur là… Qu'est-ce qu'elle a ? Où est-elle ?
Dagur se mit alors à imaginer le pire.
- Oh mon Thor… Ne me dites pas que… ?! Demanda t-il avec crainte
- Elle est en vie, Dagur. Rassure-toi. Mais elle a du repartir chez elle. Répondit tristement Astrid.
- Hein ? Mais pourquoi ?
- Bah en fait…
- Je vais vous laisser un instant. Mais évitez de brusquer son état de santé. Je vous rappelle qu'il vient tout juste de se réveiller. Conseilla le guérisseur
- Entendu.
Dagur attendit que le vieux guérisseur soit parti pour interroger les dragonniers.
- Bon alors ? Vous me dites ce qui se passe ou quoi ? Pourquoi Odine est partie ?
- Je n'en suis pas sur, mais je pense que les siens l'ont convoqué afin qu'elle soit jugée pour ce qu'elle a fait.
- Ce qu'elle a fait ? Mais qu'est ce qu'elle a fait de mal pour mériter d'être convoquée et jugée ? S'étonna Dagur
- Elle a enfreint les lois de son royaume pour nous permettre de sauver nos amis. Et comme nous avons croisé Tristan ce matin et qu'il ne semblait pas très ravi de ce qu'on s'apprêtait à faire, il a dut en informer leur reine.
- Quoi ?! Oh le sale petit… ! Grogna Dagur en serrant les poings
- Ce n'est qu'une supposition Dagur. Calme-toi.
- Non, moi je pense que tu dis vrai. Vu comment il la regardait, ça ne peut être que de sa faute !
Ingrid fut assez surprise des réactions de Dagur vis-à-vis d'Odine et de Tristan. Elle avait eu plusieurs fois la preuve que Dagur s'inquiétait sincèrement du sort de quelqu'un, et elle commençait sérieusement à croire Odine quand elle disait que son frère avait changé. Mais elle n'arrivait toujours pas à vouloir faire un pas vers lui, lui parler ou le rassurer à propos d'Odine.
- Mais on ne peut pas la laisser prendre le risque de se faire exécuter alors qu'elle n'a fait qu'aider ceux auxquels elle tient ! Il faut que tu aille la rejoindre et plaider sa cause, Harold !
- J'aurais bien aimé, seulement…
- Seulement quoi ? Tu va rester là à rien faire ?
- Dis pas de bêtises ! Je n'ai tout simplement pas le bracelet qui me permet d'être un triton ! C'est Odine qui la reprit puisque je n'en avais plus besoin.
Dagur ragea sur place et cogna son poing sur son matelas, mais son geste intensifia la douleur qu'il ressentait déjà dans son dos, au niveau de sa blessure. Il serra les dents et grogna de douleur.
- Calme-toi, Dagur ! T'es blessé, je te rappelle !
- Tss, c'est rien qu'une égratignure… Et j'ai déjà subi pire que ça… Et puis comment veux tu que je reste calme alors qu'il y a une chance sur deux qu'elle ne revienne jamais ?!
- Elle va revenir, Dagur. Odine l'a dit à Mala avant qu'elle ne s'en aille. Le rassura Astrid
- Alors il faut juste qu'on reste ici en attendant son retour, c'est ça ?
- Ici ou sur Berk. Mon père et tous les villageois attendent notre retour puisque je leur ai dit dans mon dernier message qu'on allait bientôt revenir. Mais on ne partira que lorsque tu seras rétabli et capable de supporter plusieurs heures de vol.
- …Comme tu veux.
- Bien. On va te laisser te reposer. A plus tard.
Le trio se dirigea vers la sortie, mais Dagur interpella Harold car un détail important venait de lui sauter aux yeux.
- Une minute, Harold… Ce que t'a dis tout à l'heure… Ça sous-entend que tu veux que je vous accompagne sur Berk ?
- T'est un dragonnier et l'un des nôtres, alors je ne vois pas pourquoi on devrait te laisser ici. Répondit Harold avec sincérité
- C'est vrai ?
- Puisqu'il te le dit ! Assura Astrid. Et puis si Odine nous rejoins sur Berk, je pense qu'elle sera contente de te revoir là-bas et de savoir qu'on t'accorde une seconde chance.
Dagur ne savais quoi dire ! Il était vraiment ému et touché que les dragonniers acceptent de lui donne une seconde chance ! Il faisait partie du groupe et il pouvait retourner sur Berk sans risquer de se faire trucider pour trahison ! Avant de partir, Harold en profita pour lui donner des nouvelles d'Ombretueur, qui était toujours avec Varek et Bouledogre. Dagur se sentit rassuré mais il avait hâte de revoir son dragon, de se dégourdir les jambes et de prendre un peu l'air. Il ne supportait pas trop l'odeur qui régnait dans la pièce. Une fois que le trio fut parti, le guérisseur retourna s'occuper de Dagur. Quand à Harold, il s'adressa à Ingrid qui était toujours aussi silencieuse.
- Merci d'avoir tenu ta promesse, Ingrid.
- Mmh. De rien.
- Mais je trouve que tu aurais quand même pu lui dire un mot gentil ou un truc de petite sœur, histoire de...
- N'abuse pas, Harold. Ce que j'ai fait, c'est déjà pas mal. Et puis si je dois lui adresser la parole, vaut mieux que ça vienne naturellement. Me forcer à le faire ne résoudra rien. Rétorqua t-elle, l'air sévère
- Tu as raison. Bon. En attendant le retour d'Odine ou qu'on sache quoi pour Dagur, je propose qu'on retourne à nos occupations.
Les filles hochèrent la tête, puis Ingrid partie de son coté rejoindre Sonovent, laissant le jeune couple entre eux.
- Bon bah… Vu que les autres sont occupés, ça te dirait d'aller faire un vol en amoureux autour de l'île ?
- J'adorerais, Harold. Mais je crois qu'il vaut mieux qu'on ait une discussion à propos de ce qu'on va faire une fois sur Berk. La rive étant détruite et inhabitable, je pense que personne n'aura envie de retourner là-bas pour tout reconstruire et reprendre le cours de nos vies.
- Donc on dit définitivement adieu à la rive des dragons ? Dit-il avec peine
- Ça vaut mieux. On a passé de bons moments tous ensemble et on a beaucoup appris. Et je n'oublierais jamais notre vie là-bas. Mais je crois qu'il est temps pour nous de rentrer sur Berk.
- Tu as raison. Dans ce cas, allons discuter de nos futurs projets. Dit-il en lui prenant la main
- D'accord. Dit-elle avec un sourire
Main dans la main, ils se dirigèrent vers la plage, accompagnés de leurs dragons. Une fois isolés, ils s'asseyaient sur le sable et discutèrent pendant que leurs dragons jouaient ensemble un peu plus loin. Bien qu'il aurait été ravi de voler en amoureux avec sa petite amie, il était tout aussi content de discuter avec elle, et d'avoir la chance et le bonheur de pouvoir de nouveau le faire. Harold se rendit compte que peut importe ce qu'il ferait avec Astrid, il serait avant tout heureux d'être avec elle. Et vu les sourires et la joie dans le regard azur de la jolie guerrière, Harold devina qu'elle devait être tout aussi heureuse que lui.
oO*Oo
De son coté, Dagur n'écoutait que d'une oreille les conseils du guérisseur. Il était content de savoir qu'il allait vite s'en sortir et qu'il pourrait partir demain s'il ne faisait pas trop d'efforts d'ici là, mais il ne cessait de penser à Odine. Il était dégoûté qu'elle soit partie avant qu'il se réveille, et pourtant, il aurait voulut se réveiller plus tôt ! Car dans son sommeil, il avait réussi à sentir la présence de son amie, le contact de sa main sur la sienne, ses paroles et même la petite chanson qu'elle avait fredonnée. Mais Thor sais pourquoi, il était incapable de se réveiller et d'ouvrir les yeux ! Y avait-il une bonne raison à ça ? Il n'en savait rien. Peut-être que les dieux le savaient et Dagur espérait sincèrement en connaitre la raison. Sur ce, il hocha la tête d'un air entendu dès que le guérisseur termina de lui prodiguer des conseils, puis il prit le bol que ce dernier lui donna. Le bol contenait une tisane qui lui permettrait de guérir rapidement, mais pour Dagur, elle avait un gout si horrible qu'il recracha tout dans le bol !
- Pouah ! Mais elle est infect votre potion ! Y'a quoi dedans ? De la pisse de yak ?!
- Très drôle. Mais si vous souhaitez être sur pieds pour le retour de votre amie, buvez-la.
Dagur devait admettre que le vieux n'avait pas tort. Il retient alors sa respiration et la but d'une traite, mais il ne put s'empêcher de grimacer en reposant le vol vide, tel un enfant qui grimace après avoir bu de la soupe. Le guérisseur lui apporta ensuite de quoi manger. Dagur englouti avec appétit son repas, mais également pour faire disparaître le gout de la tisane de sa bouche. Quand il eut terminé de manger, le guérisseur embarqua son plateau repas puis laissa Dagur se reposer.
- Une minute, grand père ! Je voudrais sortir prendre l'air. C'est possible ou pas ?
- Si vous portez votre bras en écharpe et que vous marchez avec l'aide d'un bâton, oui. Mais pas trop longtemps.
- Un bâton ? Vous êtes sérieux ?
- Quand il s'agit de mes patients, toujours. Mais si vous avez peur d'être ridicule devant tous le monde, vous pouvez rester ici et boire encore un peu de tisane…
- Nan, nan, nan, c'est bon, papy. Allez, file moi un bâton.
Le vieux esquissa un sourire amusé derrière sa courte barbe, puis il alla chercher l'armure de Dagur, ainsi qu'un bâton et de quoi mettre son bras en écharpe. Il aida Dagur à remettre son armure tout en lui prodiguant encore des conseils. Dagur l'écoutait, mais d'un air blasé. Il avait vraiment hâte de sortir ! Une fois habillé et prêt à sortir, Dagur quitta le centre de guérison et savoura le fait de respirer de l'air frais ! Il se mit à la recherche de Varek mais avança tranquillement à travers le village. Parce que c'est bien beau de se vanter de ne pas avoir mal, mais sa plaie lui faisait quand même mal, et il ne devait pas oublier qu'il était éveillé depuis moins d'une heure. Il trouva Varek et les deux Gronks sur le porche de sa hutte. Les dragons partageaient un bon gros tas de poisson et Varek était occupé de lire, ce qui n'étonna pas le Parenvrille. Il ne comprenait pas comment on pouvait aimer à ce point la lecture ! Mais bon. Chacun ses passions. Varek fut surpris mais heureux de voir Dagur sur pieds, tout comme Ombretueur qui courut câliner son dragonnier. Dagur caressa affectueusement la tête de son dragon, donna de ses nouvelles à Varek puis retourna à sa ballade en compagnie de son dragon. Ils marchèrent tranquillement vers la plage, se trouvèrent un coin tranquille et firent une pause en s'asseyant sur le sable. Dagur savoura la brise marine sur son visage ainsi que l'odeur iodée. Pendant que son dragon resta couché à ses cotés, Dagur continua de lui caresser la tête tout en fixant l'océan. Il n'espérait pas voir Odine surgir de l'eau dans les minutes qui suivent, mais il avait quand même le droit de rêver. Il espérait sincèrement qu'elle revienne. Il n'imaginait plus sa vie sans elle. Elle lui avait tant donné en si peu de temps… Dagur s'étonna lui-même ! Jamais il n'aurait cru penser ça d'un autre être humain ! Une autre preuve montrant qu'il avait vraiment changé. Dagur resta sur la plage un bon moment, le regard perdu vers l'horizon, ainsi que dans ses pensées.
oO*Oo
C'était enfin le soir. Le soleil se couchait petit à petit et le ciel devenait progressivement sombre. Depuis son emprisonnement, Odine n'avait reçu aucune visite. Pas même de Tristan ou de la reine, ce qui la surprenait et l'attristait. N'avaient-ils donc rien à faire d'elle ? Ce qu'elle leur avait dit était insignifiant à leurs yeux ? Et pourquoi ne lui avait-ont pas encore donné à manger ? Ça faisait des heures qu'elle n'avait rien mangé et qu'elle attendait patiemment que quelqu'un se manifeste pour une raison ou une autre ! Mais y'avais même pas un garde dans la prison ! Et comme par hasard, elle était la seule détenue ! Et pour couronner le tout, elle avait essayé d'appeler quelqu'un mais personne ne lui répondit ou alla la voir. Cette situation l'inquiéta en plus de la rendre dingue ! Ça aurait pu être l'occasion pour elle de s'enfuir avec sa magie, mais elle fit de son mieux pour résister et espérer que quelqu'un vienne enfin la voir. Non parce que là, elle avait l'impression qu'ils allaient la laisser croupir ici jusqu'à son dernier souffle !
oO*Oo
Après son séjour dans la chambre de Miria, la reine avait fait convoquer Tristan pour lui dire qu'elle avait besoin de se reposer, et que la sentence d'Odine devrait attendre. Le capitaine accepta quand même sa décision, mais le reste l'étonna beaucoup ! La reine avait sérieusement ordonné qu'Odine ne reçoive aucune visite et qu'elle ne reçoive rien à manger. Et que si elle appelle pour qu'on vienne la voir, personne ne devra y aller. Pas même lui. Ces consignes ressemblaient beaucoup à celles qu'un tyran pourrait donner, mais vu que la reine était souffrante et certainement perturbée par toutes ces émotions, Tristan préféra ne pas trop lui en tenir rigueur. Il laissa donc la reine se reposer et alla donner ses ordres aux gardes, même si ça ne l'enchantait guère. Odine avait commis des fautes, ok, mais était-ce nécessaire de lui faire subir tout ça ? Sur ce, il s'en alla à la caserne car Barbécaille avait encore fait des siennes.
oO*Oo
Sur l'île des défenseurs des ailes, Dagur était toujours assis sur le sable aux cotés de son dragon. Même qu'il était tard, légèrement souffrant et qu'il avait faim et soif, il n'arrivait pas à vouloir partir car il espérait de tout son cœur qu'Odine revienne. Elle aurait déjà du revenir depuis longtemps. Sans qu'il ne s'en rende compte, Ingrid l'observait de loin, avec Sonovent. Elle constata vraiment à quel point Odine devait compter pour lui. Sur les encouragements de sa dragonne, elle trouva enfin le courage d'aller lui parler. Ombretueur fut le premier à remarquer leur arrivée, puis Dagur se tourna vers elles et adressa un faible sourire à sa sœur.
- Salut, Ingrid.
- Tu compte rester ici encore longtemps ? Je te signale que le guérisseur s'inquiète de ton absence et qu'il nous a envoyé te chercher.
Pour un premier échange, elle lui reprochait déjà quelque chose ! Cela dit, elle avait beau avoir réfléchit à ce qu'elle allait lui dire, elle n'avait rien trouvé d'autre que ça.
- Je sais et j'en suis désolé. Mais je n'arrive pas à vouloir partir d'ici. Avoua t-il en tournant son regard vers l'océan.
- Tu sais, Odine va revenir. C'est donc pas utile de t'enraciner dans le sable en attendant son retour.
- Je sais. Mais je préfère être la plutôt qu'ailleurs. Et puis au moins, l'odeur de la mer est mille fois plus agréable que l'odeur d'encens et de plantes médicinales. Dit-il sans quitter l'océan des yeux
Ingrid esquissa malgré tout en petit sourire en coin. Là dessus, Dagur n'avait pas tord. A son tour, elle reporta son regard vers l'océan et admira les reflets du soleil sur l'eau.
- Odine doit vraiment beaucoup compter pour toi, n'est ce pas ?
- En effet… De toute ma vie, c'est la seule personne qui m'a offert son amitié, sans me juger ou me reprocher qui j'étais alors qu'elle était déjà au courant. Elle me comprend car elle a vécu les mêmes choses que moi. Et puis je m'entends bien avec elle, en plus d'aimer sa compagnie.
La manière dont il avait dit ça mit à Ingrid la puce à l'oreille, ce qui fait qu'elle regarda son frère d'un air curieux, ce qui le surprit.
- Quoi ?
- Rien. Enfin… C'est juste qu'à t'entendre, on dirait que tu es amoureux d'elle.
- Je ne suis pas amoureux d'elle, Ingrid. C'est juste une amie précieuse et j'ai simplement hâte qu'elle revienne. C'est tout. Et puis elle a quelqu'un, je te rappelle.
- Je sais, mais vu tes paroles et ton attitude à son égard, c'est normal qu'on pense ça de toi.
- On ? S'étonna-t-il
- Enfin pour l'instant, y'a que moi, mais…
- Bah vous vous faites des idées. Je ne suis pas amoureux d'elle.
- Ok. Sur ce, fait comme tu veux mais tu devrais rentrer te reposer et manger un morceau. Et puis si Odine revient, les habitants de cette île nous préviendront. Sans compter qu'elle préférerait te savoir au chaud et à l'abri plutôt que planté sur le sable comme un rocher.
- Dis donc ? C'est moi ou tu t'inquiète pour moi ?
- Pas du tout. J'énonce juste des hypothèses. Et puis tu fais ce que tu veux, je ne suis pas ta mère. Salut.
La brune fit demi-tour vers le village avec son dragon. Dagur la regarda s'éloigner avec un sourire. Il savait qu'Ingrid mentait et qu'elle se servait d'Odine pour lui donner des conseils qu'elle donnerait elle même en temps normal. Bien qu'Ingrid ai dit des bêtises au sujet de ses sentiments pour Odine, Dagur était content d'avoir eu une vraie discussion avec sa sœur. Peut-être que tout s'arrangera entre eux, finalement ?
- Ingrid ?
- Quoi ? Dit-elle en tournant à peine son visage vers lui.
- Merci. Dit-il avec un sourire reconnaissant
Ingrid fit semblant de l'ignorer puis continua d'avancer. Une fois assez loin de lui, elle soupira de soulagement en se disant que cette discussion et ce premier pas vers lui n'étaient pas aussi difficiles qu'elle ne l'aurait cru ! Ça aurait même pu être pire ! Dagur resta encore un peu sur le sable et repensa malgré tout à ce qu'Ingrid lui avait dit. Lui ? Amoureux d'Odine ? N'importe quoi. Ou peut être que si ? Mais comment pouvait-il le savoir lui-même, puisqu'il n'était jamais tombé amoureux de toute sa vie ! Il n'y connaissait rien à l'amour. Durant toute sa vie, il n'y avait que la guerre, la chasse aux dragons et la vengeance qui comptait pour lui. Et puis s'il savait ce que c'était que l'amour, même l'amour fraternelle, il n'aurait pas envoyé Ingrid au large quand elle était petite. Mais depuis son séjour sur son île, tout lui semblait différent. Et sa rencontre avec Odine n'avait fait qu'accentuer les choses. Alors peut être qu'au final… Il l'aimait ?
Trouvant tout ça trop compliqué et ridicule, Dagur décida finalement d'arrêter de penser à tout ça. Il aimait Odine en tant qu'amie, et pas autrement. Ça, il en était sûr et certain. Il décida également de suivre les conseils d'Ingrid et de rentrer au village. Il se leva en s'aidant de son bâton, essuya le sable sur la jupe de son armure puis il rentra tranquillement au village avec Ombretueur.
oO*Oo
Dans la tanière secrète de Barbécaille, Corail s'était sagement conduite, même si elle n'avait pas eu le choix vu qu'elle était menottée au mur de la pièce qui lui servait de chambre. Elle était juste épuisée et elle avait horriblement mal à son poignet menotté, en plus d'être courbaturée de la tête aux nageoires. Elle était à moitié en train de somnoler quand Barbécaille entra dans la pièce.
- Bonsoir Corail.
- … B'soir.
- A ce qu'on m'a dit, tu as été sage aujourd'hui. Je pense que je peux tenir ma promesse et te libérer. Kust ?
Kust entra dans la pièce avec un copieux plateau repas qu'il déposa sur le lit de Corail, avant d'aller la détacher avec le plus de douceur possible. Corail le remercia d'un faible merci tout en se massant le poignet.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Ton repas, ma puce. Je me suis dit que pour ce soir, tu aurais envie de manger sur ton lit et dans ta chambre, plutôt que de nager jusqu'à la grande salle et de t'asseoir sur une chaise trop rigide. N'ais-je pas raison ?
- Si. Merci pour cette… Attention.
- De rien. Et je t'ai apporté un autre petit cadeau.
Il claqua des doigts et un autre de ses hommes entra dans la pièce avec une grande plante dans un vase. Le pauvre avait du mal à voir où il allait à cause de la taille de la plante et de la taille des feuilles qui lui chatouillait le nez. Mais quand il déposa enfin la plante dans la pièce, il soupira de soulagement puis se gratta grossièrement le nez.
- Voila déjà de quoi embellir un peu la pièce. Je t'apporterais d'autres présents si tu continue d'être sage. Compris ?
- Compris. Merci, père.
- De rien, Corail. A demain pour le petit déjeuner.
Elle hocha la tête et regarda le trio quitter la pièce. Une fois seule, elle se rua sur son lit et commença à manger son repas qui était tout simplement délicieux ! La pauvre mourrait de faim. Mais elle était surtout contente de l'initiative de son père en ce qui concerne son repas. Elle n'aurait pas à subir sa présence, sans compter un long et pénible repas en sa compagnie ! Ça aurait traîné en longueur et elle n'aurait jamais le temps de confectionner son poison. Mais là, elle allait pouvoir s'y mettre dès qu'elle aura fini de manger. Le poison ne serait pas prêt pour demain matin, mais Corail savait qu'avant la fin de la semaine, les soucis de tous seront enfin terminés.
oO*Oo
Trois jours passèrent depuis le départ d'Odine. Les dragonniers n'ayant toujours aucune nouvelles à l'aube, et Dagur étant en très grande partie rétabli, ils avaient décidés de partir sur Berk. Une fois que tout le monde fut prêt à partir, Harold s'adressa à Mala.
- Nous te tiendrons au courant en ce qui concerne Odine, Mala.
- Nous ferons de même si elle revient sur notre île. Et nous prierons les ancêtres pour qu'elle revienne vite auprès de vous.
- Merci, Mala. Et merci pour ton hospitalité.
- C'est nous qui vous remercions, Harold Haddock. Vous nous avez sauvés et pour ça, ne nous vous remercierons jamais assez. Vous serez toujours les bienvenus sur notre île, chers alliés. Bon retour chez vous. Dit-elle en souriant à chacun d'eux.
Les dragonniers lui rendirent son sourire, y compris Rustik, mais il se remit à flipper quand la reine le regarda de nouveau avec tendresse. Elle n'était pas triste qu'il s'en aille car elle savait qu'ils se reverraient très bientôt. Quand à Kognedur et Throk, c'étaient différent. Au cours des trois jours, Kranedur avait fini par craquer devant les niaiseries de sa sœur et de Throk, et avait pris la décision de révéler au guerrier la stricte vérité afin que cette mascarade prenne fin, que Throk finisse par rester sur son île, et que Krane et Kogne puissent reprendre leur vie de jumeaux qui vivent en parfaite harmonie familiale ! Mais ce que Krane avait espéré à la fin de cette discussion n'arriva pas. C'était en faite tout le contraire ! Throk avait tout à fait compris le message du jeune Thorston en plus d'être du même avis que lui sur le fait qu'on ne doit pas tomber amoureux de quelqu'un à cause d'une ridicule dette de vie. Mais à force de fréquenter Kognedur, ce qu'il avait autrefois appelé une dette d'honneur était devenue une dette d'ardeur. Krane fut alors scié de constater que Throk et sa sœur avaient finis par tomber amoureux ! Et en plus d'être scié et de devoir encore supporter leurs niaiseries, Krane ne se sentait pas du tout libéré du poids de la vérité. C'était même pire ! Mais le fait qu'à cause de leur départ, Throk avait du tristement annoncer à Kognedur qu'il devait rester pour protéger sa reine, leur île et le grand protecteur, et que Kognedur avait du l'accepter avec une petite mine déconfite, le fit discrètement sourire et jubiler. Mais il afficha un air neutre quand Kognedur grimpa sur la selle de son dragon avec l'aide de Throk. Le groupe décolla juste après, sous les au-revoir des défenseurs des ailes.
oO*Oo
Le soir du troisième jour, Odine gisait sur le sol de sa cellule, recroquevillée sur elle-même, faible, blafarde et désespérée. Au milieu du second jour, elle avait abandonné l'idée de continuer à appeler quelqu'un car elle n'avait plus assez de force pour le faire. Elle avait même abandonné l'idée de sortir d'ici. Elle allait mourir ici, seule et le cœur encore plus en peine qu'il ne l'était déjà. Elle aurait pu se libérer de sa prison grâce à sa magie mais elle était fermement décidée à ne pas l'utiliser. Sauf que là, la tentation devenait de plus en plus forte. Elle finit donc par céder à cette envie. Toujours à terre, elle tourna son regard vers la porte et leva son bras tremblant afin de détruire le verrou de la porte avec de la glace. Mais elle était tellement faible qu'elle ne parvint pas à la maintenir son bras en l'air plus de dix secondes. Elle essaya de nouveau en rassemblant toute ses forces et sa volonté, mais contre toute attente, elle entendit du bruit au niveau de l'entrée de la prison. Elle vit alors deux gardes qui entrèrent dans sa cellule, puis après avoir vérifié qu'elle était toujours en vie, ils la soulevèrent et l'aidèrent à se rendre jusqu'à la salle du trône. Odine se demanda pourquoi ce n'est pas Tristan qui est allé la chercher. Serait-ce à cause du fait qu'elle n'ait pas voulu l'écouter ? Ce serait totalement absurde de sa part !
Dans la salle du trône, la reine Atlanna était assise sur son trône, avec un léger air sévère collé au village. Elle semblait aller mieux mais le fait de voir Odine en piteux état ne la fit même pas réagir, ni quand les gardes laissèrent Odine s'effondrer à genoux sur le sol. Son attitude était certainement due à cause de Stella et de ses mises en gardes. Tristan n'était pas là, ce qui étonna Odine. Ses obligations militaires l'empêchait-il d'assister au jugement de sa petite amie ? N'en avait-il rien à faire au final ? Ne voulant pas perdre le reste de son énergie en s'énervant contre lui, Odine leva son regard vers la reine puisque cette dernière lui adressait la parole.
- Odine. Je te crois quand tu dis être la fille de Miria. Mais ce qu'était ta mère, ainsi que ce que tu es de par l'exil de tes parents, ainsi que les crimes que tu as commis ne me permettent pas de t'accueillir dans notre famille, ni de te laisser vivre dans notre royaume. Je te condamne donc à vivre en exil dès aujourd'hui et ce jusqu'à la fin de tes jours, sous peine d'être exécutée si tu ose revenir au royaume pour une quelconque raison.
Annoncer ça lui brisa le cœur, mais elle n'avait pas le choix. Surtout que Stella s'était de nouveau manifestée à travers son esprit ! La défunte princesse ne se tenait pas aux cotés de sa mère, mais aux cotés d'Odine. Elle regardait sa rivale avec un sale sourire satisfait et se délectait de la voir aussi affligée ! Et bien entendu, personne à part la reine ne voyait Stella. Tout le monde aurait comprit que c'était elle qui avait souhaité cette sentence, et non la reine ! Odine était encore plus abasourdie qu'il y a trois jours ! Ils l'ont gardé en prison et traitée de la sorte pendant tout ce temps, rien que pour lui dire au final qu'elle était condamnée à l'exil ?! Elle éclata soudainement d'un rire nerveux.
- Hin… Mais qu'est ce que je croyais… ? Que durant ces trois jours, ma tante allait venir vers moi pour essayer de discerner une ressemblance avec ma mère, et qu'après avoir jugé que je disais la vérité, qu'elle allait me serrer dans ses bras ? Quelle idiote… Il est clair que vous n'en avez rien à faire et que vous êtes prêts à tout pour ne pas laisser une bannie et une criminelle monter sur le trône, même si techniquement, je suis l'héritière légitime…
Ses mots touchèrent la reine, mais elle se devait de se montrer impassible. Stella était ravie de voir Odine dans cet état. La colère d'Odine finit par refaire surface, si bien qu'elle trouva la force de s'adresser sévèrement à la reine et de lui faire comprendre à quel point elle l'avait déçue !
- Bah vous savez quoi ? Je m'en fiche ! Allez-y ! Bannissez-moi comme ma mère l'a été par les siens ! Ça m'est égal ! Mais je suis sure d'une chose. Je serais nettement plus heureuse en étant avec les bannis qu'auprès de vous ! Eux au moins, ils m'aiment et ils se soucient de moi ! Tout comme ils se sont souciés de mes amis !
- Tu es sure de vouloir être avec eux plutôt qu'avec tes amis de la surface ? Rétorqua la reine
Odine eut alors un hoquet de surprise, mais la reine ignora sa réaction et poursuivit ses explications.
- Pour tous les services que tu as rendus au royaume, je t'accorde le droit de choisir l'exil qui te conviendra. Soit tu décide de demeurer une sirène et de vivre auprès des bannis, puisque selon le capitaine, une partie de ta famille vis là-bas. Mais si tu choisi de vivre avec eux, tu ne pourras plus jamais accéder à la surface. Une barrière magique t'empêchera de la franchir et tu ne pourras plus communiquer avec tes amis si tu arrive à les voir. Soit tu décide de demeurer auprès d'eux, en tant que simple humaine. Mais le monde marin te sera définitivement fermé. Tu ne pourras plus revenir chez toi, ni partir en exploration, ni collecter tes trésors, ni revoir tes proches, ni Tristan, ni jouir du bonheur d'être une sirène.
Stella avait attentivement écouté sa mère, et au lieu de péter un câble parce qu'Odine n'allait pas mourir, elle se mit à sourire tellement elle était ravie ! A ses yeux, c'était une excellente idée ! Et voir Odine confrontée à un tel dilemme la comblait de joie ! Odine n'en revenait tout simplement pas ! Elle allait donc devoir faire un choix ? Mais la pauvre savait que si elle choisissait l'une des deux suggestions, elle serait malheureuse de perdre l'autre partie de sa vie…
- Alors ? Que choisis-tu ?
- Je… Je choisis de demeurer sur terre, auprès des dragonniers.
Même si elle se sentait en grande partie abattue par son choix, elle savait que c'était le meilleur choix à faire. Les dragonniers lui avaient beaucoup apporté et ils étaient devenus sa famille. Il était hors de question pour elle de vivre loin d'eux, sans possibilité de les contacter ! De plus, elle savait qu'ils attendaient son retour, alors elle ne pouvait pas les abandonner et leur faire perdre espoir. Et puis elle avait hâte de revoir Dagur pour s'assurer qu'il aille bien. Parce que durant son emprisonnement, elle n'avait pas cessé de penser à lui et de prier pour qu'il se réveille sans trop de séquelles. La reine hocha la tête et se leva de son trône afin de prononcer la conclusion de la sentence.
- Entendu. Tu vivras donc le restant de tes jours auprès des humains. Mais avant de t'envoyer sur terre, je vais reprendre le bracelet et confisquer ta bague magique. Il est vrai que j'avais oublié ce détail.
- Quoi ?! Non, pas ça ! Ce… Cette bague appartenait à ma mère ! C'est tout ce qui me reste d'elle ! Ne me l'enlevez pas ! La supplia t-elle
- Alors je vais me contenter d'annihiler la magie qu'elle contient. Au final, elle ne sera plus qu'une simple bague.
Reconnaissante, Odine baissa le regard et hocha faiblement la tête. Elle laissa la reine lui ôter son bracelet et annihiler les pouvoirs de la bague avec son trident. Stella admirait tout ça avec un grand sourire et les mains jointes dans le dos. Était-elle vraiment heureuse ? Ou était-ce l'image que la reine voudrait avoir de sa fille si elle assistait au jugement de son vivant ? Elle ne savait plus quoi en penser. Odine regarda tristement sa bague qui avait perdue tout son éclat. Mais au moins, elle avait toujours la bague de sa mère. Une chance que la reine lui ait permit de la garder ! Cependant, elle espérait autre chose de sa part.
- Puisque c'est la dernière fois que je vous voie, puis-je vous demander une ultime faveur… ? Demanda t-elle tristement
- Laquelle ?
- Promettez-moi de laisser les bannis en paix. C'est de ma faute s'ils ont agis ainsi et s'ils sont partis de chez eux. Ils… Ils voulaient juste m'aider !
Pas si surprise de voir que cette ultime faveur concernait les bannis et non Tristan, la reine acquiesça en hochant la tête.
- Je t'accorde cette autre faveur. Je leur ferais même parvenir un message te concernant, mais je les préviendrais également du danger qui les guettes s'ils osent venir réclamer vengeance.
- … Merci, Majesté.
- Bien. Il est temps pour toi de partir. Adieu, Odine.
Odine baissa la tête et ferma tristement les yeux, tandis que la reine pointait son trident sur sa nièce. Odine fut de nouveau entourée d'un tourbillon de bulles magiques, et quelques secondes plus tard, le tourbillon disparut, laissant un vide à l'endroit où Odine se trouvait. Elle était partie. Atlanna se montra légèrement affectée par le bannissement d'Odine, puis elle ordonna aux gardes de la laisser seule. Ils lui obéirent sur le champ, laissant la reine seule dans la salle du trône. Mais elle ne l'était pas. Une fois seule, Atlanna tourna son regard vers sa fille qui la regardait avec un grand sourire satisfait, avant de la remercier et de disparaître.
