Ok, alors j'ai absolument pas le temps de faire un message, je n'ai pas accès à Internet pendant les cinq jours qui suivent !


Le parc est noyé dans le brouillard, ce matin, à tel point qu'on ne voit que le lac et la cime des arbres. Le sol, lui, est caché dans un tapis blanc dont s'échappe parfois des volutes. C'en est presque irréel.

J'ai toujours détesté le brouillard. Ne pas voir où je vais, ne pas savoir qui est là, ça m'a toujours horrifié. J'imagine que c'est logique, en un sens. Si j'ai peur de ce qui pourrait se cacher dans le noir, encore maintenant, il est normal que je n'aime pas le brouillard.

Mais je ne peux pas le nier : vu du haut de la tour d'astronomie vide, éclairé par le soleil levant et enveloppé dans la brume, le parc est magnifique.

C'est dommage que tu ne sois pas là pour voir ça, Abby.

Je me souviens que lors de notre cinquième année, tu m'avais réveillé un matin, surexcitée. C'était pendant les vacances, le début des vacances je ne dormais pas tellement en ce temps-là mais déjà plus que je ne le fais aujourd'hui… Enfin. Tu m'avais dit de m'habiller en vitesse et de te suivre il était tôt, le soleil était à peine levé et je m'étais demandée comment, au juste, faisant les autres pour dormir encore, vu le bruit que tu faisais… Mais bon, je m'étais exécutée, curieuse de voir ce qui pouvais t'intéresser à ce point-là. Tu étais partie en courant dans les couloirs vides et froids, sans penser un seul instants à ce qui pourrait se passer si Ombrage nous - te - surprenait à cette heure-ci, surtout en ma compagnie. Tu t'étais précipité vers une salle vide, au hasard, et tu m'avais désigné la fenêtre, les yeux brillants. Il neigeait le sol était blanc et les flocons tourbillonnants se voyaient à peine sur le ciel quasiment immaculé, d'un gris extrêmement clair. Le paysage était magnifique. Quand on avait pu sortir dans le parc sans mourir de froid, plus tard, on s'était allongées, seules, sous un arbre et on avait passé trois heures à discuter de tout ce qui nous passait par la tête, sans voir le temps s'écouler. Quand on était rentrées, j'étais frigorifiée, j'avais récupéré une retenue d'Ombrage, mais je n'avais jamais été aussi heureuse.

Tu vois, c'est sans doute ce qui me manque le plus, Abby. Nos moments.

Tu vois, c'est le souvenir sur lequel je m'appuyais pour créer mon Patronus.

Je ne sais pas si je peux encore l'invoquer, maintenant. J'imagine que non.

J'imagine que non…

De toute façon, j'ai eu beau m'entraîner, je n'ai jamais réussi qu'à produire un misérable bout de fumée… La faute au manque de motivation, j'imagine. Entre Détraqueurs et Mangemorts, lesquels sont les plus dangereux ? Je ne saurais dire.

Sans doute les Mangemorts.

Les Détraqueurs sont des créatures maléfiques de nature. Ils n'ont comme seul but que de dévorer des âmes que de répandre tristesse partout où il passe. Ils sont impossibles à changer il est impossible de s'y attacher. Il est serait fou de les prendre en pitié étrange d'éprouver des remords à les blesser. Ils sont dédaignés, détestés par tous les sorciers, inévitablement.

Mais les Mangemorts ?

Les Mangemorts, avant d'être des meurtriers, des êtres sanguinaires, avides, égoïstes, cruels, sont des humains. Ils ont une famille, des amis, qui peut-être tiennent à eux. Qui seront dévastés s'ils disparaissent, qui s'inquiètent pour eux. Forcément, Abby, que je ne veux pas les blesser, voire les tuer…

Ce n'est pas dit que cette inquiétude soit réciproque, cela dit.

Tu sais, Abby ? Honnêtement, je crains que si la guerre se prolonge un an ou deux ans de plus, je –nous- devrons affronter d'anciens camarades, si ce n'est amis.

Je veux dire, si la guerre se prolonge, la prochaine génération de combattants, ce sera nous. C'est déjà nous, en un sens. Seulement, entre les murs de Poudlard, ça garde une dimension de guerre d'enfants. Même si ce n'est en plus une depuis longtemps…

Mais dehors ? Dehors, Abby ? Dehors, ce n'est plus un jeu.

Enfin, ça n'a jamais été un jeu…

Jamais.

C'est une guerre, après tout.


A la prochaine !

Amazaria