Attention ! Ce chapitre comporte des scènes à caractère sexuel explicite !

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Au manoir, la comtesse se rendit dans sa chambre et, avec l'aide d'une petite soubrette, une fille du village engagée pour l'occasion, changea de robe. André fit le service pour le souper, durant lequel elle ne fit aucune allusion à ce qui s'était passé. Le jeune homme en fut grandement soulagé. Comme si, elle était redevenue elle-même.

« C'était juste ses nerfs malades… » pensa-t-il.

Néanmoins, ce soir-là, il déserta sa chambre pour aller dormir dans l'écurie, avec les chevaux. Cela ne le dérangeait pas, au contraire. De plus, il ne laissait pas la comtesse toute seule au manoir puisque la soubrette avait une paillasse dans un réduit, à côté de la chambre de sa maîtresse. Il avait juste pris une couverture, pour se protéger de la fraîcheur nocturne. Il passa une très bonne nuit.

Le lendemain, la comtesse ne fit guère allusion au fait que le jeune homme n'avait pas dormi sous le même toit qu'elle. Juste une fois…

- André, appela-t-elle comme il lui apportait une tasse de chocolat.

- Oui madame la comtesse.

- Avez-vous dormi dans votre chambre cette nuit ?

- … Non….

- Ah, bien ! Il m'avait semblé entendre la porte d'entrée dans la nuit. Je n'avais donc pas rêvé…

- Que madame la comtesse me pardonne si je l'ai réveillée, s'excusa André.

- Ce n'est rien, et je me suis rendormie bien vite, le rassura-t-elle. André…

- Oui ?

- Je préfèrerais savoir où vous allez… S'il m'arrivait un problème, je pourrais envoyer la petite vous chercher.

- Oh ! Je suis dans l'écurie.

- Merci. Je suis soulagée. Vous aimez décidément la présence de ces animaux pour leur préférer un bon lit, le taquina-t-elle en souriant. Si vous êtes mieux ainsi, je ne trouve rien à y redire.

- Merci madame la comtesse. C'est vrai qu'il m'arrive de passer la nuit dans les écuries, à Jarjayes comme ici, se sentit-il le besoin d'expliquer.

Les journées se déroulèrent tranquillement, entre des promenades, les travaux d'aiguille de la comtesse, les besognes d'André, les repas durant lesquels il faisait le service. Oui, tout était revenu à la normale !... Et le jeune homme baissa sa garde.

Encore une nuit en Normandie, et ils rentraient chez eux, à Versailles ! Comme il avait hâte de revoir Oscar ! Il avait l'impression de l'avoir quittée depuis des lustres… Et comme souvent lorsqu'il pensait à Oscar en pleine nuit, il sentait un curieux bien-être l'envahir et mille sensations l'étourdir.

La première fois que ça lui était arrivé, il était un jeune adolescent… et cela s'était terminé par une éjaculation nocturne. Pour sa plus grande honte, car il croyait avoir fait quelque chose de mal. Par la suite, en parlant avec Paul, le vieux palefrenier, il avait compris que ce n'était pas honteux, mais normal. Il devenait un homme, capable de désir… et de plaisir. Il avait appris…

Cette nuit-là, la comtesse était montée se coucher tôt, avec la soubrette. Il avait fallu peu de temps pour que la gamine ne plonge dans un sommeil profond. La femme en avait profité pour s'éclipser à l'insu de tous. Elle s'était cachée dans un coin de la grange, attendant l'arrivée d'André.

Vers minuit, enfin, il était venu se coucher. Elle l'avait regardé étaler la couverture, enlever ses vêtements… Une chaleur torride avait enflammé les reins de la voyeuse, lorsqu'elle avait compris que le jeune homme dormait nu… Puis il s'était enroulé dans la couverture, un sourire aux lèvres. Demain, ils rentraient !

Elle avait attendu encore puis s'était approchée à pas de loup. Elle avait pris soin de bien le fatiguer durant la journée, lui demandant d'effectuer de gros travaux dans la maison, aider le gardien à réparer le portail, en profiter pour faire toutes les petites réparations nécessaires… Bref, il dormait du sommeil du juste, comme la soubrette ( qu'elle avait « inondée » de tisanes calmantes ! ).

Tout doucement, elle avait glissé une main sous la couverture, le gratifiant d'une caresse si légère qu'elle ne pouvait le réveiller, mais qui embrasait ses sens à elle. Avec surprise, elle constata que le sexe d'André n'était pas… au repos.

« Je suppose que vous êtes tout à la joie de retrouver Oscar très bientôt…Mais c'est moi qui vais en profiter ! » pensa-t-elle avec violence.

Elle retira prestement sa cape et sa chemise de nuit, s'arc-bouta près du corps endormi et caressa la verge, qui répondit aussitôt à ce traitement inespéré. Tout à son rêve érotique, André ne se rendit compte de rien. Il lui arrivait de se masturber… Soudain, malgré le sommeil, malgré le plaisir, il tiqua… Il n'était pas en train de se masturber !

Comprenant à l'expression à la fois jouissive et contrariée du jeune homme qu'il allait se réveiller, la comtesse le chevaucha rapidement et provoqua la pénétration. Au moment même où il ouvrait les yeux… Elle reçut de plein fouet l'incompréhension rancunière des deux émeraudes. Il lui en voulait… Il lui en voulait du plaisir qu'elle lui prodiguait par ses mouvements du bassin. Il sentait ses entrailles s'embraser, jusqu'à surpasser toute autre sensation. Il se refusa à l'encourager par des caresses, des gémissements… Cependant, il ne pouvait empêcher son souffle de se précipiter, son regard de trahir son plaisir grandissant… Dieu que ce traitement était bon ! Il ne voulait pas que cela s'arrête…

Surexcitée par une semaine de désirs bridés, la comtesse continuait à le chevaucher avec passion, tout en se caressant une poitrine bien ronde et encore ferme. Elle ne se privait pas de gémir, puis de crier avec l'accroissement de son propre plaisir. Elle ne pensait pas que cela serait aussi bon !

Au bord de l'éjaculation, André ne put se retenir. Il saisit les hanches de son amazone pour s'enfoncer en elle le plus profondément possible. Il entendit un cri, un cri de jouissance ultime, pendant qu'il se vidait en elle. Son seul mérite était d'être resté silencieux… jusqu'au bout. Les yeux clos, il avait laissé ses mains retomber mollement le long de son corps.

La comtesse s'était penchée au-dessus de lui. Il avait senti son souffle sur sa bouche, ses lèvres frôler les siennes. Puis elle l'avait libéré. La soie de ses cheveux avait caressé le corps abandonné, soulignant chaque muscle, guettant les derniers tressaillements d'une verge exsangue… Comment avait-elle pu ?

Une rage froide envahit André aussi sûrement que le plaisir l'avait embrasé. Comment avait-elle osé ? Elle ne lui avait même pas donné du plaisir, elle l'avait pris ! Elle avait foulé au pied le respect qu'il lui vouait pour s'adonner à la luxure…O combien il lui en voulait ! Comment avait-elle pu tomber si bas ! Il la regarda durement, à la frontière du mépris.

- Allons André, murmura-t-elle d'une voix qu'elle voulait sensuelle mais qui le dégoûta. Ne me dîtes surtout pas que cela ne vous a pas plu…

- Comme une saillie doit plaire à un étalon ! rétorqua-t-il durement.

Elle le regarda, surprise. Elle ne s'attendait pas à cette réaction. Il avait joui en elle ! Et… elle ne voulait pas le perdre. Enragée, elle planta son regard dans le sien.

- Mais vous êtes là pour me servir André, l'humilia-t-elle, et vous me servirez encore. Parce que cela m'a beaucoup plu… Beaucoup !... Et vous recommencerez ! Parce que je le désire !

Elle criait presque maintenant, le visage baigné de larmes.

- Et si je refuse ? demanda-t-il.

- Oh ! répondit-elle, sentant sa rage redoubler. J'ai remarqué un petit grain de beauté, près de votre nombril… Comment pourrais-je l'avoir remarqué sans des relations très… intimes, n'est-ce pas ? Le genre de relations qui ne plairaient sans doute pas à mon époux, s'il devait l'apprendre… Ni à Oscar ! asséna-t-elle durement.

Il crispa ses mâchoires. Comment osait-elle ! Sa rage et son ressentiment ne connurent pas de borne. Pourtant, il arriva à se contrôler. Oui, il se contrôlerait ! Elle voulait l'asservir ? Elle le désirait à ce point ? Alors, il retournerait ce désir contre elle… Il avait appris trop de choses sur les femmes et le pouvoir à la Cour, pour ne pas s'en servir. Sans compter les confidences de Paul sur ses aventures de jeunesse. Car il en avait eu, des aventures ! André avait forgé son expérience à ces lames affûtées, et la comtesse en ferait les frais.

Aussi dignement qu'elle le put, elle se drapa dans sa cape pour retourner au manoir. Elle se devait de se réveiller dans sa chambre, non dans la paille aux côtés de son serviteur. Lui, ce n'était que pour le plaisir, voulait-elle se persuader, hautaine. Alors qu'elle lui tournait le dos et s'apprêtait à se lever, il fondit sur elle comme un fauve. Elle poussa un cri, qui tenait plus de la peur que du plaisir, et tenta de se libérer. Mais il pesait sur elle de tout son poids, un sourire diabolique aux lèvres. Il attendit qu'elle s'épuise, la respiration tremblante, les yeux agrandis par l'angoisse.

Alors il la retourna. Elle reçut le choc de ses deux prunelles, brillantes et dures comme des escarboucles. Puis son visage s'abaissa. Lui tenant toujours les poignets, la sentant frissonner, il descendit jusqu'à l'antre de sa féminité. Dont il se reput… Cela, c'était le vieux Paul qui lui avait expliqué, comme un secret, que les femmes aimaient ce plaisir-là ! Il avait raison. La comtesse le lui prouva en écartant les jambes, en criant de nouveau… Ce plaisir qui se passait de la virilité de l'homme ! Ce plaisir qui lui permettait à lui, André, de prendre le pouvoir sur les sens de sa maîtresse, sans s'aliéner pour autant. Et c'était justement ce qu'il voulait : prendre le pouvoir sans en payer le prix !

Il la sentit se cambrer, puis retomber, pantelante, vaincue, faible. Il remonta jusqu'à son visage, et lui dit enfin les mots qu'il brûlait de prononcer.

- Vous êtes une putain, madame la comtesse !

Comment avait-elle osé le briser de la sorte ! Comment avait-elle osé profiter de son innocence et de son respect ! Pourquoi fallait-il que cette femme, qu'il considérait au-dessus de tout soupçon et de toute souillure, se conduire comme une de ces traînées de la Cour ? Quoi qu'en dise Oscar, il préférait à ce titre la du Barry, qui ne cachait pas ce qu'elle était sous une enveloppe de douceur et d'honnêteté… Ce ne fut pas le plaisir mais la douleur qui le fit gémir. Ne pas penser à Oscar maintenant ! Pas avec les jambes de sa mère autour de son corps ! Il se recula, écoeuré. Elle se releva et s'enfuit dans le manoir. Elle s'écroula sur son lit, son corps parsemé de spasmes. Fallait-il qu'elle ait envie de lui !...