(Nathaniel)
Avec le temps, j'avais fini par oublier la douceur du rire d'Alyah. Et voilà que depuis trois mois, c'était ce chant délicat, presque celui d'un enfant, que nous entendions tous les jours résonner dans la villa des Cullen.
Elle était heureuse, d'un bonheur que ne connaissent que ceux qui s'aiment. On ne voyait plus jamais s'afficher sur son visage d'ange cette mélancolie que je lui connaissais et que je lui associais.
Edward l'avait transformé. Et j'avais beau en être terriblement jaloux, de n'avoir jamais pu être celui qui la rendait aussi heureuse, je ne pouvais m'empêcher de sourire de la voir ainsi.
(James)
Je ne l'aurais pas vu de mes propres yeux, je ne l'aurais pas cru. Alyah, enjouée comme une enfant, amoureuse comme Narcisse de son reflet, couvrant son Edward de baisers, ne lui lâchant la main que pour mieux la retrouver. Tous les romans du monde n'auraient pu décrire l'amour que les unissait. De ses folles passions qui font rêver toutes les jeunes filles, de celles avec lesquelles les plus grands romanciers nous font rêver.
(Alice)
Je ne pourrais plus jamais l'appeler «Mon Edward » mais c'est la plus belle nouvelle qui soit. Ils étaient si beaux à voir ensemble. Si faits l'un pour l'autre qu'ils nous auraient presque rendus jaloux si nous n'étions pas si heureux pour eux. Je n'attendais que leur mariage pour pouvoir participer à leur bonheur.
(Edward)
Qu'on ne me dise plus jamais que le bonheur n'existe pas, que c'est ce après quoi les mortels courent pour donner un sens à leur vie. Moi je l'ai trouvé, sans vraiment le chercher. Elle est arrivée dans ma vie presque par inadvertance, sans que je ne comprenne vraiment ce qui m'arrivait. Et voilà, j'aime. La plus belle des femmes. Chaque matin, le soleil vient s'écraser sur sa peau que j'ai le droit de couvrir de baisers. Je me douche et je reviens, elle est toujours là. Le plus souvent, elle m'attend, assise sur le lit. Ne portant rien d'autre sur son corps nu qu'une de mes chemises. Il suffit qu'elle soit là, le corps appuyé contre le mien, pour que je sois heureux. Et soyons honnêtes, il n'y a rien de plus beau que de faire l'amour avec elle.
Nous nous retrouvons toujours à la cafétéria ou nous rions de tout et de rien, de notre bonheur tout simplement. Le genre de tableau à faire vomir ceux qui se prétendent insensibles à l'amour.
Elle a posé sa tête sur mon épaule, je sens son souffle dans mon cou. Ses lèvres qui doucement viennent jusqu'à mon oreille pour y déposer un baiser et ce qui n'est plus vraiment une confidence :
-« Je t'aime. »
Je viens écraser mes lèvres contre les siennes. Une caresse ne serait pas plus douce que ses baisers.
-« Vous pourriez vous tenir. »
James nous regarde en souriant. Je relève la tête et voit les lycéens qui nous entourent nous regarder avec plus d'intensité que d'habitude.
-« Ils sont jaloux, fit Alyah en riant. »
Alice lui sourit à son tour :
-« Restes à savoir de qui ? »
Mais elle se fichait de le savoir et vint se blottir contre moi.
James attrapa un bout de pain qu'il s'occupa à émietter méthodiquement :
-« Je parierais plus sur Alyah, il y'a plus de filles dans cette école. »
Alyah se redressa et pointa un doigt sur lui :
-« Mais ce n'est pas une raison pour aller les consoler ! »
-« Quel homme serais-je pour laisser tant de filles désespérées ? »
-« Je pense qu'elle préfère leur désespoir à la mort. »
James fit mine d'être offensé :
-« Mais je suis un amant attentionné. »
-« Je n'en doute pas une seule seconde, certaines de tes maîtresses étaient vivantes le lendemain pour me le raconter. Mais ne fais pas de bêtises ! »
-« De toute façon, elles sont trop jeunes pour moi, je préfère les femmes plus mûres ! Et puis, je suis végétarien depuis toujours, pourquoi changer maintenant ? »
-« Menteur ! Tu as fait plus d'un écart à ton régime ! »
-« Il y'a des besoins qu'un homme doit combler et qui ne sont pas la faim ou la soif… Mais je crois que toi et Edward voyez très bien de quoi je veux parler… »
Elle ne put s'empêcher de rougir et plongea dans mon torse. Rien n'était plus agréable que son contact, la façon qu'elle avait de se serrer contre moi. Je frissonnais chaque fois qu'en l'embrassant, je sentais sa main se poser sur ma joue ou ma nuque. Ses doigts légers, effleuraient ma peau avec une douceur infinie. James souriait, ravi de mettre sa sœur mal à l'aise.
(Alyah)
J'aurais ri si l'on m'avait dit qu'un jour, je serais de nouveau amoureuse. Je me préservais de cela par peur de ce qu'il adviendrait de mon amant … Mais je n'arrivais plus à avoir des pensées noires au côté d'Edward, je n'arrivais pas à penser à ce qui pourrait nous arriver.
Il me rendait plus heureuse qu'aucun homme avant lui, Taos excepté. Et pourtant, depuis la mort de mon époux, j'avais connu bien d'autres hommes, beaucoup trop sûrement. Chacun soigne ses blessures comme il peut.
Tachant de ne jamais les laisser avoir mon cœur, je les utilisais pour me prouver ma féminité, mon pouvoir sur eux mais surtout pour me prouver que j'étais toujours vivante, toujours capable de ressentir des sentiments.
Avec Edward, tout était différent. Il n'avait pas besoin de m'embrasser pour que je sente mon corps tout entier réagir à sa présence, son odeur, sa voix, son rire, son regard…Mais j'adorais le contact de sa peau, son habitude d'arriver derrière moi quand je travaillais, d'embrasser mon cou. J'adorais passer ma nuit à ses côtés et ne pas le lâcher de la journée.
J'avais besoin de lui comme j'avais eu besoin de Taos il y'a des siècles : comme une addiction. Je ne pouvais m'empêcher la comparaison entre les deux et pourtant, ils étaient bien différents.
Avant même sa transformation en vampire, Taos était de ses hommes qui attirait les femmes par sa beauté mais surtout sa prestance, sa confiance en lui.
Mais quand Aro m'avait ramené de l'Égypte ou je vivais alors jusqu'à Volterra, les choses avaient changé pour lui. Encore effrayée de ce qui m'arrivait, n'accordant des paroles qu'à mon créateur, je ne voulais pas qu'il m'approche, le repoussant avec violence lorsqu'il essayait. Il m'avait apprivoisé en douceur, et sans bien m'en rendre compte, j'étais tombé amoureuse de lui. Il lui avait fallu du temps, beaucoup de patience, d'attention et d'amour. Je l'aurais rencontré dans des circonstances différentes, je lui aurais succombé comme toutes les autres femmes, je ne me prétendais pas plus forte qu'une autre pour lui résister. Mais il avait vu en moi ce qu'aucun homme après lui n'avait pu voir : ma fragilité, ma transition d'une vie humaine de misère à cette vie qu'il m'avait offert où j'étais presque une reine.
(Edward)
Alyah aimait plus que tout chasser la nuit, même si rien ne nous y obligeait était donné que le coin était désert. Mais elle était si belle sous les reflets de la lune et je ne pouvais rien lui refuser. James nous accompagnait souvent, il le fit une fois de plus ce soir-là.
J'étais seul avec lui, devenu avec le temps presque comme un frère pour moi, elle s'était éloignée de quelques centaines de mètres. Après avoir fini de manger, il se releva et se tourna vers moi :
-« Alice attend votre mariage avec beaucoup d'impatience. Moi aussi d'ailleurs.»
Sa franchise me surprit car je n'avais rien vu venir dans son esprit. Je me relevais à mon tour et le regardait :
-« Déjà ? »
-« Tu n'y as pas pensé ? Il semble pourtant évident que vous vous aimez. »
-« Je l'aime, c'est évident. Et je veux qu'elle soit ma femme, à mes côtés pour toujours mais… Je n'avais pas pensé que cela viendrait si tôt. »
-« L'engagement te fait peur ? » me dit-il avec un sourire.
-« Pas du tout, surtout pas avec elle. Je n'y avais juste pas encore pensé. »
-« En même temps, rien ne l'oblige… »
-« Si…J'aimerais qu'elle porte mon nom, qu'elle fasse officiellement partie de la famille. »
-« De quoi vous parlez ? »
Alyah était encore à plusieurs mètres de nous mais elle arrivait en courant et fut en une ou deux secondes à nos côtés.
-« De votre mariage.»
Elle nous regarda les yeux soudain écarquillés par la peur, son regard passant de James à moi avant qu'elle ne lâche avec une voix sèche et sans appel un « Non ! » sonore.
Puis elle s'enfuit dans la forêt, en direction de la maison. Après une seconde d'hésitation ou je regardais son frère, aussi surpris que moi, nous la suivîmes.
J'avais l'impression de courir vite mais quand nous arrivâmes, elle était déjà assise sur le canapé, la tête enfouie dans les bras de Cabi.
Il leva la tête vers moi lorsque je m'assied en face d'eux, sans oser la toucher. Tous étaient rassemblés dans le salon et observait cette scène de l'enfant meurtrie dans les bras de son père. Mais je ne comprenais pas mon erreur, j'avais toujours cru que le mariage était ce que toute femme attendait. Ce qu'une femme comme Alyah était en droit d'attendre. Après plusieurs minutes, elle releva enfin la tête mais son sourire avait disparu et elle semblait encore plus triste que pendant les premiers jours de son séjour à Forks. En croisant mon regard, je la sentis tout entière se détendre mais avec toujours un poids de tristesse sur les épaules :
-« Edward… »
Puis elle tourna la tête vers Carlisle et Esmé qui s'approchait, vers mes frères et sœurs :
-« Je dois vous parler de Taos. »
