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Misfortune :
Le jeune homme courait depuis un bon moment maintenant. Yûko l'ayant prévenu qu'il aurait plus de travail le soir-là, il avait hâtivement plié bagage à la fin des cours et était, pour une fois depuis au moins… longtemps, rentré seul. Il s'en mordait les doigts.
Cela faisait longtemps – tout aussi longtemps que ses trajets solitaires – que ceci ne lui était pas arrivé. Et ça ne lui avait pas vraiment manqué.
Ç'avait commencé par une sorte de frémissement dans l'air. Une légère tension persistante. Puis une sorte d'aura pesante et pessimiste. Qui sentait un peu l'œuf au souffre. Il s'était senti barbouillé, un peu nauséeux. Désormais habitué à ne plus ressentir ce genre de sensation, il en avait conclus qu'il avait mal digéré son bentô du midi, préparé de la veille.
Puis il avait eu un petit déclic. Mauvaise aura + mal-être + sale odeur = démon !! ( imaginer ici un panneau clignotant )
Et il avait commencé à courir. Vite. Et en criant ( « Pourquoi lui ? », « Pourquoi maintenant ? », « Pourquoi après tout ce temps ? » et surtout « Bordel mais pourquoi moi ?! » Ne passait-il pas assez de temps avec cette tête de navet obtuse ? – Pas mal de pourquoi, donc. )
Il courait donc depuis un bon moment, et aurait continué ainsi si une masse plutôt conséquente ne s'était pas abattue sur son dos d'un seul coup. Ecrasé sous la pression, il trébucha et s'étala au sol de toute sa longueur. Sans cesser de houspiller et d'agiter bras & jambes, histoire de croire qu'il y pouvait quelque chose. Malheureusement pour lui, la boutique de Yuko était encore loin ( le kekkaï aussi, donc )
Ne perdant pourtant pas espoir – il avait vécu bien pire avant de rencontrer Yûko, bien qu'il ait vécu aussi bien pire depuis qu'il l'avait rencontrée… herm – il s'agita autant qu'il put, mobilisant tous les muscles dont il avait conscience. Il roula, gesticula, tira sur ses bras, poussa sur ses jambes, se tortillant sur le côté, ondula de tout son long, et d'autres choses encore, la plupart extrêmement ridicules – surtout si, comme la plupart des gens à part lui et… lui, on ne voyait pas la masse gluante de l'esprit mais uniquement le lycéen qui gesticulait comme un fou au beau milieu de la rue – ( m'enfin, c'était pas comme s'il n'avait pas l'habitude de l'être, n'est-ce pas ? ). En vain, bien évidemment.
Puis soudain, tout disparut.
Ce fut si subit qu'il ne s'en rendit pas compte, et ça le surprit tellement qu'il s'arrêta en plein élan ( un superbe levé des bras et jambe droits, parfaitement synchronisé ! ) et cligna des yeux.
« Huh ?
Ramenant tous ses membres vers lui, il se redressa sur les coudes, creusant son dos en une position relaxante. Il ne sentait plus rien – plus d'odeur d'œuf, de tension pesante ou de nausée barbouillante.
Et une main se présentait devant lui.
Ses yeux remontèrent de la main tendue jusqu'à l'épaule qui y était rattachée, puis la tête.
Il soupira. C'était vraiment pas de bol…
« Besoin d'aide, peut-être ? Imbécile…
Dômeki...
what else ?
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Lyly[u]
