Titre – Ghoster's
Auteur – FicAndRea
Public – Pour l'instant (et je pense que cela concernera toute la fanfiction), je vise le G, si cela venait à se modifier, je vous préviendrai en début de chapitre et j'éditerai ce message.
Spoilers – J'essayerai de respecter toutes les données fournies par les sept livres, mais il peut arriver à ce que j'en oublie ou en change. Bien sûr, cette histoire n'influencera pas l'histoire des bouquins, après… j'espère ne pas me planter.
Genre – Il n'y a pas de " genre " en particulier. Si ce n'est que cela se passe dans le temps des Maraudeurs mais après leur scolarité.
Disclaimer – C'est là où ça devient intéressant. Cette histoire est un crossover entre le livre Harry Potter et la série TV Ghost Whisperer. Néanmoins, il n'est pas nécessaire de connaître celle-ci pour comprendre l'histoire. La seule chose que j'utilise c'est le contexte et le personnage principal, Melinda Gordon. Pour cette fois, je ne possède rien, ne réclame rien, ne gagne rien… Tout appartient à l'auteur du livre et à ceux qui ont travaillé sur la série, moi, rien.
Résumé – Je n'en fais pas, il suffit de lire le prologue pour le connaître !
Note – En avant pour le chapitre 13 ! Je m'excuse de tout ce retard… Ca ne m'étonnerait pas de n'avoir plus aucun lecteur mais tant pis ! Je continue quand même. Malgré tout. Bonne lecture !
Chapitre 13
- « Taisez-vous un peu, professeur ! » râla Melinda, de plus en plus agacée.
- « Vous n'avez décidément aucun sens de l'humour, vous, » répliqua-t-il tout sourire. « Je dirais même que cela empire à chaque rencontre. Il faudrait vraiment faire quelque chose, vous savez ? Je ne sais pas moi, peut-être une cure de sourire et de rigolade. Ça vous ferait le plus grand bien. »
- « Une cure de sérieux et de silence ne serait pas non plus de trop de votre côté, Payne, » soupira-t-elle.
- « Vous plaisantez ? Je suis on ne peut plus sérieux comme gars. Remarque, c'est vrai que j'aime un peu faire d'ironie de temps en temps… »
- « De temps en temps ? Vous êtes modeste ! »
- « Oui, je sais. C'est une de mes nombreuses qualités… »
Mélinda leva les yeux au ciel et décida d'abandonner. Discuter avec lui menait parfois à rien. Souvent, devrait-elle plutôt dire. Le problème lorsque l'on découvre des morts et qu'on le signale aux autorités locales, celles-ci vous place toujours en tant que coupable présumé car, après tout, peu de gens connaissaient ce raccourci - « Pas vraiment un raccourci, vous savez ? On met souvent plus de temps que sur la voie normale, mais c'est tellement plus agréable d'y rouler… » commenta Payne. Et encore moins de gens l'utilisaient – « C'est vrai qu'on ne rencontre pas toujours des gens très net là-dessus. Tenez, la fois précédente, quelqu'un faisait du stop alors comme je suis naturellement bon… ». On se demandait pourquoi une femme seule, qui s'est arrêtée sur l'autre voie qui plus est, viendrait spécialement s'y rendre à pied. Un hasard que Melinda ne sut expliquer comme il le fallait. Elle ne pouvait décemment par leur dire que le Sinistros l'avait guidé jusque là… Non, ce n'était pas très correct, et peu vraisemblable pour des gens aussi terre à terre que des policiers. Là, elle attendait simplement qu'on les libérât, Payne et elle. Combien de temps leur faudrait-il encore pour comprendre qu'ils n'avaient rien à faire dans cette histoire ? Elle ne connaissait cet homme ni de nom, ni de vue ; jamais elle n'aurait pu le reconnaître de toute façon. Une bonne partie de son visage avait déjà été bien entamé et Melinda ne s'était pas attardée pour le regarder réellement.
- « La prochaine fois que vous irez trouver un mort, » intervint de nouveau Payne qui trouvait également le temps long, « s'il vous plait, ne le faites pas lorsque je reviens d'un repas de chez ma mère… Ils sont si copieux qu'il m'a bien fallu toute une partie de la nuit pour les terminer, et une autre pour les digérer, encore que… ce point-là… » - un grognement sonore et grincheux ressortit de son ventre – « n'est pas tout à fait réglé. »
Melinda refusa de l'écouter et tenta de se concentrer sur autre chose mais les paroles aussi insipides qu'inutiles du professeur lui parvenaient toujours à ses oreilles. En réalité, elle l'appréciait bien car il l'empêchait de trop sombrer dans ses pensées. Il amenait un peu de légèreté et d'équilibre dans sa vie bien que son manque de sérieux fût parfois plus qu'agaçant. Mais à vrai dire, il fallait avouer qu'il s'avérait également très utile. Il possédait de larges connaissances sur presque tout, mais surtout sur les superstitions, les phénomènes étranges. Distinguer les signes, apprendre leur signification, déchiffrer le sens, il savait faire. Le reste, elle devait l'accepter.
- « Sérieusement, Mélinda, vous n'avez jamais tenté de les éviter ? » redemanda Payne pour la vingtième fois.
- « J'aimerais vous y voir, » râla-t-elle. « On ne peut pas les éviter. Quoi que je fasse, ils reviennent toujours. Les ignorer ne sert à rien non plus… »
- « Mouais… »
Silence. Payne regardait autour de lui comme un enfant, amusé. Mélinda ne doutait pas que dans son esprit des remarques aussi stupides les unes que les autres se succédaient, bien qu'elle ne doutait pas non plus du sérieux de cet homme. C'était juste le personnage qui l'exacerbait.
- « À vrai dire, j'avais l'intention de vous appeler récemment, » reprit-elle. « J'ai eu la visite de… quelqu'un dont je vous ai déjà parlé trois ans plus tôt. »
- « Ah… Et cette personne s'appelle… ? »
- « Romano. »
- « Romano ! Ah, lui !... » Il eut un blanc avant de se retourner vers elle, effaré. « ROMANO ?! » s'écria-t-il. Son visage avait viré au blanc.
- « Chut ! Un peu de tenue, Payne ! » l'intimida-t-elle du regard.
Elle sourit en guise d'excuse vers le policier qui passait par là.
- « Mais je croyais que c'en était terminé avec lui ? » se mit à chuchoter Payne. « Enfin, je veux dire, après avoir secouru Angela… » Il s'interrompit, hésitant.
- « Moi aussi… Mais le revoilà. Enfin, je crois que c'est lui. Je n'ai eu que son prénom mais vu le phénomène… je pense que c'est plus que probable que ce soit bien lui. »
- « Un phénomène ? Quel phénomène ? »
Melinda lui raconta ce qui s'était passé à la boutique avec Meredith.
- « Melinda ! »
La voix de Meredith hurlait à travers la boutique mais Mélinda se trouvait seule et impuissante.
- « Meredith ! » l'appela-t-elle à son tour, tentant de l'encourager. « Je suis là ! Même si tu ne me vois pas, je suis présente ! Ne t'en fais pas, tu peux t'en sortir ! Ne laisses pas ce Romano prendre le contrôle de toi, tu dois résister, quoi qu'il te fasse, quoi qu'il te dise ! »
Et elle avait entendu la voix de la jeune fille crier de terreur avant que celle-ci ne réapparaisse sur le sol, inerte.
Là Romano lui avait de nouveau parlé sans se manifester physiquement. Il lui répétait la même menace.
« Vous nous appartenez. Romano. »
Et puis plus rien. Meredith rouvrit les yeux en même temps que l'aura néfaste disparut.
- « Tu vas bien ? » lui demanda Mélinda, inquiète.
- « Je veux rentrer, » répliqua Meredith sans la regarder.
- « J'ai essayé de lui parler, de l'inciter à me dire ce qui s'était passé, mais rien. » soupira Mélinda.
- « Vous savez, à son âge, vivre quelque chose d'aussi intense, ça doit pas être facile. Moi-même, je me rappelle que quand ma grand-mère s'est lancée du toit de… Bon, d'accord, je m'arrête. Mais, tout ce que je veux dire, c'est qu'elle a sûrement besoin de temps. Qui sait ? Peut-être qu'elle finira par vous parler d'elle-même ? Les ados n'aiment pas qu'on leur court après en leur demandant de s'exprimer. Même si, au fond, ils ne veulent que ça : s'exprimer. »
Melinda acquiesça, songeuse. Malgré tout, elle s'inquiétait quand même. L'attitude de Meredith avait tellement changé qu'elle hésitait parfois à manger seule, ce qu'elle ne faisait pas, bien sûr. Cependant, Meredith semblait tellement agressive, en colère, distante… La jeune femme ignorait ce qu'elle pouvait faire. Et elle se sentait coupable. Tellement !
- « Vous ne devriez pas, ce n'est pas de votre faute… » tenta de la consoler Paine, plus sérieux que de coutume. « C'est Romano qui est responsable de tout ça… »
- « Je ne sais pas, elle me regarde si durement… »
- « Allons, allons ! » s'exclama Paine. « Ca ne vous ressemble pas ! Ne vous laissez pas démonter par cela, ça va passer, je vous l'assure. »
Peu de temps après, un policier leur déclara qu'ils pouvaient rentrer chez eux. Soulagés, Melinda et Paine quittèrent le commissariat d'un pas vif. Paine finit par ramener Melinda jusqu'à sa voiture où Sini l'attendait patiemment sur le siège passager. Ils n'avaient pas prononcé un mot durant le voyage mais à l'heure se quitter, Paine lui assura qu'il se remettrait à faire de plus amples recherches sur Romano. « On ne sait jamais, j'ai peut-être oublié quelque chose. » Melinda le remercia, réconfortée de sa gentillesse. Et ils se séparèrent.
La jeune femme retourna à Londres, se gara non loin du Chaudron Baveur et s'y rendit. En entrant dans le pub familier, elle eut un sourire nostalgique. Et dire que des années plus tôt, c'était là qu'elle vivait ! Et dire également qu'elle servait de serveuse à Tom pour payer son « loyer » qui était tellement faible qu'il lui restait toujours assez d'argent pour ses achats personnels. Elle salua chaleureusement le barman qui lui sourit à la manière d'un père.
- « Peux-tu me servir un petit-déjeuner ? » demanda Melinda en s'asseyant.
- « A cette heure-ci ? » la questionna-t-il en retour. « Bon, bon, d'accord, je t'amène ça. Mais tu ferais mieux d'aller à ta boutique, je te l'apporterai là-bas ! Lily s'inquiète pour toi, elle est venue par deux fois me demander si je ne t'avais pas vu ! »
- « C'est gentil de sa part… » soupira Melinda. « Bon, d'accord. Je vais travailler. Et n'oublie pas… »
- « Les sucres, je sais ! » la coupa Tom, en rigolant. « N'oublie pas que je t'ai élevée pendant trois ans… »
- « Elevée… Tu exagères, Tom. J'avais déjà dix-sept ans ! »
- « Et alors ? » répliqua-t-il en haussant les épaules. « A cet âge-là tu ne savais pas grand-chose de la vie ! »
Elle rit avec lui puis finit par traverser la salle, tapoter sur les briques et traverser la grande Rue de Traverse. Arrivée à la boutique elle inspira un bon coup et entra.
- « Bonjour et bienvenue… Mel ! » s'exclama soudainement Lily un large sourire sur le visage, visiblement rassurée de la voir. « J'étais inquiète ! »
- « Je suis navrée, » s'excusa-t-elle. « Il m'est arrivé quelque chose de bizarre… Tu as reçu le mot que je t'ai envoyé ? »
Lily acquiesça et demanda immédiatement ce qu'il en advenait mais Melinda, voyant qu'il y avait des clients dans la pièce, déclara qu'elles auront le temps d'en parler, plus tard, autour d'un café.
- « Tu ne perds pas ton temps ! » rigola Lily avant de répondre à la question d'une cliente.
- « Jamais avec les affaires, » répondit Melinda en souriant.
Quelques minutes après, Hobs, qui était un tout jeune serveur engagé par Tom, apporta le petit-déjeuner promit par le barman. Hobs venait d'une famille moldue mais avait très vite découvert ses talents de sorcier. Après de brèves études par correspondance – ses parents avaient tenu à ce qu'il suive des études « normales » - il avait fini par trouver un boulot de serveur, au grand dam de ses parents. A présent, il vivait avec sa copine en dehors de Londres.
- « C'est chouette c'qu'tu proposes ici ! » s'exclama-t-il. « Je pense que j't'enverrai Jenny. J'suis sûre qu'elle aimera. »
- « N'hésite surtout pas, » l'encouragea Melinda. « En parlant d'elle, pour quand est le petit ? La grossesse se passe bien ? »
- « Oh ça ouais ! » s'écria-t-il tout excité comme si on venait de lui annoncer que son bébé était un petit garçon. « Elle doit d'ailleurs passer chez le Gynecomage aujourd'hui. On va enfin savoir de quel sexe il sera ! J'espère que ce sera un garçon… J'lui apprendrai à jouer au football ! »
Melinda sourit affectueusement, enchantée pour lui. Lily qui entendit la conversation s'y joignit.
L'après-midi fila donc de manière agréable et paisible. Il y avait trop de clients pour que les deux femmes puissent s'échanger leurs expériences étranges… mais quand enfin l'heure de fermer arriva, elles se pressèrent de tout ranger.
- « Ce fut une bonne journée ! » s'exclama Melinda ravie que les affaires marchent. « J'ai l'impression qu'ils se sont donnés le mot… »
- « La force du bouche à oreille… » acquiesça Lily.
- « C'est fabuleux ! »
Malgré le plaisant échange, leur conversation bifurqua vite sur ce qui les intéressait le plus. Toutes deux s'installèrent confortablement autour du comptoir. Lily avait eu la bonne idée d'acheter deux chaises hautes pour les cas où elles désireraient faire une pause entre deux clients. Lily fut la première à parler. N'ayant pas réglé l'histoire du jongleur fou qui hantait leur arrière boutique, celui-ci continuait à faire des siennes. Lily savait à présent qu'il chipait également des petits objets car elle les retrouvait toujours placer à un endroit différent de celui où elle les reposait sans cesse.
- « Je ne sais pas quoi faire ! » soupira-t-elle. « J'ai beau tenté de lui parler… comme tu le fais. Mais rien n'y fait, il continue son manège ! Si ça continue comme ça, je vais devenir complètement dingos. »
Melinda rit de bon cœur. « Parfois, les esprits ne sentent pas encore le besoin de communiquer. Et ils resteront là tant qu'ils ne sentiront pas leur heure venir. Dehors, je croise certains esprits « permanents ». Ils sont sereins, c'est l'important. Mais tôt ou tard, celui-là finira par me parler. Il veut qu'on fasse attention à lui, c'est un signe. »
- « Dommage que ce soit à notre dépend ! » s'exclama Lily. « Mais ça t'arrive souvent ? »
- « Tout le temps, mais à force, on s'y familiarise. »
- « Je ne sais pas si j'y arriverai… »
- « On s'habitue à tout, tu verras. »
N'empêche, semblait penser Lily, il n'était pas évident de vivre auprès des fantômes. Rien que le jongleur la faisait sortir de ses gongs… et l'inquiétait. L'idée que tout autour d'elle des esprits rodaient, invisibles, intouchables, incontrôlables… Melinda lui avait expliqué que certains esprits pouvaient être maléfiques, et c'était bien ce qui l'effrayait le plus et lui donnaient de quoi cauchemarder.
- « A ton tour, » reprit-elle finalement, balayant ses pensées d'un mouvement de tête. « Raconte-moi plutôt ce qui t'es arrivée. »
Melinda lui détailla toute la scène.
- « Le Sinistros existe vraiment ! » s'exclama Lily. « Je croyais qu'il ne s'agissait que de superstition… »
Melinda secoua la tête négativement. « Il existe. C'est juste que les sorciers inventent des tas de choses à son sujet qui ne sont pas vrais. Comme le fait que si un homme le voit, cela signifie qu'il va mourir. Sinistros est attirée par la mort alors forcément, il rodera autour des gens ayant une maladie ou un cœur fragile… Il peut également pressentir la mort dû à un accident… c'est vrai. Mais il ne l'annonce pas car seuls certains Ghosters peuvent le voir, tu comprends ? »
Lily acquiesça de la tête, songeuse.
- « Quand tu dis qu'il sent la mort, tu veux parler de la Mort avec un grand M ? c'est un être « physique » ? » demanda-t-elle timidement. L'idée que la Mort elle-même existait et suivait ses prochaines victimes à leur insu lui glaçait le sang.
- « Ca, je te le dirai plus tard… » répondit Melinda, évasive. « …quand je l'aurais vue ! Je ne peux pas te dire si elle existe, je n'ai pas de preuve qui le confirme ou l'infirme. J'aime à croire que oui. »
- « Moi ça me terrifie. » Lily eut un frisson. « La Mort ! Tu te rends compte ? »
- « De toute façon, on mourra tous un jour, et on la rencontrera quoi qu'on fasse, » déclara la brune en haussant les épaules. « Qu'elle soit physique ou juste factuelle ne change rien, tu ne crois pas ? Parce que ce n'est sûrement pas la Mort qui vient à nous mais plutôt nous qui allons vers la Mort. Par vieillesse, par imprudence, par accident, par meurtre… qu'importe. »
L'indifférence de la jeune brune fit frissonner la rousse. Elle observa son amie d'une manière différence et réalisa à quel point les esprits devaient avoir influencé sa vie. Penserait-elle autrement si elle n'avait pas été constamment entourée de morts ? Sans doute. Un élan de compassion envers Melinda la saisit aussitôt suivit par de l'admiration. Sa patronne n'avait pas une vie facile pourtant elle faisait tout pour la vivre au mieux.
- « Que va-t-il se passer pour le cadavre ? » demanda-t-elle, changeant subitement de sujet.
- « Je ne sais pas… Peut-être que la police trouvera des indices mais vu l'état du corps… j'ai des doutes. A moins qu'il ne s'agisse d'un sorcier et dans ce cas, les Aurors seront convoqués. »
- « Non, je crois qu'il existe une autre section au Ministère qui s'occupe de ça, » réfléchit Lily. « Je ne pense pas que les Aurors s'occupent de ce genre d'affaire… »
- « Pourtant Maugrey Fol'Oeil s'est déjà occupé d'enquêter sur des morts retrouvés… »
Melinda lui raconta sa rencontre avec l'Auror. Elle avait vu la victime avant qu'il ne soit tué mais le pire était que son esprit lui avait demandé de l'aider à dénoncer le coupable qui menaçait de s'en prendre à sa famille. Ca avait une histoire très compliquée et à l'époque, Melinda n'avait pas l'expérience qu'elle possédait à présent. Beaucoup d'erreurs l'obligèrent à avouer à Maugrey Fol'Oeil son secret… Et à son bureau en plus ! avec tous les risques d'être entendu. Heureusement, par souci de « sécurité » le sorcier avait insonorisé la pièce. Bien sûr, il ne l'avait pas cru. Et Melinda fut obligée de lui fournir des preuves au dépend d'un de ses collègues, un certain Colin Fish. Sa mère ne cessait d'harceler Melinda dès qu'elle entrait dans le bureau des Aurors pour qu'elle dise à son fils de lui pardonner d'avoir couché avec un de ses amis. Bien évidemment, Maugrey avait tenu à vérifier – malgré ses réticences. Il était revenu blanc, incrédule.
- « Si tu avais vu son visage ! » dit Melinda en éclatant de rire. « Jamais tu ne croirais pouvoir voir ça un jour de lui… »
- « C'est sûr, Maugrey Fol'Oeil, dépité ! Il y en a deux qui rêveraient de voir ça ! » rit Lily de bon cœur, amusée elle aussi de l'histoire. « Mais ce pauvre Mr Fish… Quelle histoire ! »
Elles rirent ensemble un bon coup. Puis, retrouvant un peu de son sérieux, Lily concéda que James lui disait effectivement qu'ils s'occupaient de plus en plus de petites affaires sans « grande » importance plutôt que de s'activer à rechercher les Mangemorts et contrer Voldemort, ou plutôt Tu-Sais-Qui.
- « Les garçons sont déçus, » expliqua-t-elle. « Ils auraient aimé pouvoir être plus actifs. »
Melinda hocha la tête sans rien rajouter. Lily avait remarqué que la jeune femme restait toujours évasive et prudente lorsqu'il s'agissait des Mangemorts ou de Tu-Sais-Qui. Elle n'avait jamais osé lui demander pourquoi, sentant qu'il s'agissait d'un sujet tabou. Cette fois-là non plus, elle n'insista pas.
Et il y avait bien un autre sujet qu'elle aimerait aborder sans trouver le moyen pour ne pas se fâcher avec sa patronne.
Les deux jeunes femmes continuèrent de discuter jusqu'à ce que la porte de la boutique s'ouvre, faisant retentir le carillon que Melinda avait accroché pour annoncer l'arrivée de clients. Instinctivement Lily commença à annoncer que la boutique était fermée alors que Melinda se retourner vers…
- « James ! Mais que fais-tu là ? » s'étonna Lily.
- « Je ne te voyais pas rentrer alors je me suis dit que tu étais sûrement en train de papoter, » plaisanta-t-il. « Visiblement j'avais raison. Tu vas bien Melinda ? » l'interrogea-t-il.
- « Oui, parfaitement, » répondit-elle en lui souriant. « Et toi ? »
Soudain le visage de James s'illumina. Le sourire aux lèvres, le regard fier, il tremblait de joie.
- « Que se passe-t-il ?! » demanda Lily impatiente de savoir.
- « On a capturé le frère de Sirius ! Tu te rends compte !? »
- « Quoi !? » s'écria Lily époustouflée. « Tu… Tu en es sûr ? »
- « Oh ça, oui ! C'est même Sirius qui l'a eu, lui-même ! »
- « Par Merlin ! »
Lily se joignit aux exclamations de joie de son fiancé sans se douter que derrière elle, Melinda perdait de plus en plus ses couleurs. Estomaquée, elle n'arrivait pas à réaliser ce que James avait dit. Elle resta là à les regarder sauter de joie, sans voix, la tête qui tournait. Et soudain, son cœur cessa de battre au même moment qu'elle comprit.
Regulus Aucturus Black avait été pris.
Et elle n'était pas prête de le revoir.
