Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, hormis ceux sortis de mon imagination.

Merci encore pour toutes vos reviews !!!

Bonne lecture !!!

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Chapitre 13 : Je t'aime

Carlisle entra dans la chambre au moment où Edward sortait de la salle de bain. Il le vit chanceler. Quelques secondes plus tard, il tenait son fils dans ses bras qui reprenait peu à peu ses esprits. Il le porta jusqu'à son lit avant d'aller chercher sa trousse pour l'examiner tout en priant pour qu'il n'ait rien de grave.

Edward était étendu sur son lit, Carlisle ne put retenir un frisson quand il perçu le faible rythme de son cœur et sa respiration difficile. Il s'assit doucement sur le lit et passa une main sur le front de son fils, ce dernier ouvrit brièvement les yeux avant de les refermer comme si cela lui demandait trop d'efforts. De plus en plus inquiet, le médecin prit un petit plateau qu'il avait posé sur la table de nuit où se trouvait tout le nécessaire pour faire une prise de sang. Il fit un garrot au-dessus du coude d'Edward, puis, après avoir passé un coton imbibé d'alcool, il introduisit l'aiguille dans sa chair. Carlisle sentit soudain l'odeur du sang chatouiller son nez, le venin commença à se répandre dans sa bouche et il se maudit. Il ne pensait pas que le sang de son fils aurait toujours autant d'attrait pour lui. Il serra les poings tout en priant pour que le tube se remplisse au plus vite. Dès que ce fut fait, il ferma hermétiquement le flacon pour ne pas être tenté. Il défit le garrot et allait le ranger quand son regard se posa sur le minuscule point rouge qu'avait laissé l'aiguille. Une goutte de sang commençait à perler. Inconsciemment, le vampire passa sa langue sur ses lèvres, les humidifiant. Il pencha légèrement la tête se rapprochant ainsi du fuit défendu.

« -Tu devrais mettre un pansement, murmura Edward.

-Euh… Oui, balbutia Carlisle tout en s'exécutant. Je suis désolé.

-Tu n'as pas à l'être, assura son fils d'une voix blanche.

-Comment te sens-tu ?

Pour toute réponse, Edward s'enfonça sous sa couette et lui tourna le dos.

-Edward ? Appela doucement son père. Réponds-moi, s'il-te-plaît.

-Je n'ai pas envie d'en parler.

-Très bien, dit Carlisle qui ne souhaitait pas insister, mais j'aimerais que tu viennes déjeuner.

-Je n'ai pas faim.

-Il faut que tu manges quelque chose.

-J'ai sommeil.

-Edward, il faut que tu te nourrisses, même si ce n'est qu'une bouchée ou deux, je veux que tu manges.

-Pourquoi m'as-tu fait une prise de sang ?

-N'essaie pas de changer de sujet, gronda doucement Carlisle.

-Papa ?

-Je te trouve fatigué, avoua-t-il, je veux juste m'assurer que tu vas bien. As-tu mal quelque part ?

-Non, mais c'est vrai que j'ai très envie de dormir… Je pense que tu t'inquiètes un peu trop, avec tout ce qui s'est passé ces derniers temps, tu ne crois pas que ce soit normal que je sois épuisé ?

-Je ne sais pas… En tout cas, maintenant que j'ai répondu à tes questions, tu vas me faire le plaisir de descendre manger quelque chose, répliqua Carlisle, en plus nous avons une charmante invitée qui t'a préparé ton déjeuner.

Carlisle vit aussitôt le visage de son fils se fermer, ce dernier se renfonça sous sa couette.

-Je peux savoir ce que tu as contre Bella ?

Seul un grognement incompréhensible répondit à sa question.

-Allez, debout ! Edward ? Ecoute-moi ! A ton avis pourquoi est-elle en train de cuisiner ? Crois-tu qu'elle ferait cela si tu ne comptais pas un tant soit peu à ses yeux ?

Carlisle poussa un soupir exaspéré en percevant un nouveau grognement. D'un geste résolu, il repoussa la couette pour croiser le regard furibond de son fils.

-J'ai sommeil, tu peux pas me laisser dormir ?

-Tu te reposeras après avoir avalé quelque chose ou je te mets sous perfusion !

-Je ne suis pas suffisamment sous-alimenté pour que tu me colles une perf ! Répliqua Edward avant de reprendre la couette et de se rallonger. Et puis ce ne serait pas professionnel de ta part !

-Très bien, capitula Carlisle en descendant du lit et en se dirigeant vers la porte, je vais demander à Bella de te monter un plateau.

Aussitôt, il vit une forme gigoter sous la couette, Edward sauta de son lit tout en maugréant. Il fit un pas avant de perdre l'équilibre, Carlisle le rattrapa et le tint contre lui jusqu'à ce que le jeune homme se sente de nouveau stable sur ses jambes.

-Tu ferais peut-être mieux de rester allongé, songea Carlisle qui le scrutait avec attention.

-Je me suis levé trop vite. »

Malgré l'explication de son fils, Carlisle passa un bras autour de sa taille pour l'emmener jusqu'à la cuisine où Bella finissait de mettre la table. Il fit asseoir le jeune homme sur une chaise avant de se tourner vers Bella pour savoir si elle avait besoin d'aide, mais cette dernière refusa. D'ailleurs, elle ne tarda pas à déposer une assiette bien garnie devant Edward avant de s'asseoir en face de lui. Carlisle les observa un instant, ils paraissaient tout deux mal à l'aise et semblaient peu disposés à toucher à leur assiette. Il allait leur faire remarquer que la nourriture refroidissait quand il entendit ses autres enfants arriver. Ces derniers entrèrent dans la cuisine, Emmett râlait déjà contre l'odeur de nourriture qui envahissait les lieux.

« -Je vais aller prendre l'air, annonça Carlisle, je veux que vous veillez sur Edward et Bella.

-Je suis assez grand pour m'occuper de moi, protesta ce dernier.

-Il a fait un malaise tout à l'heure, ne le laissez pas seul et vérifiez qu'il mange quelque chose, ajouta le médecin qui parlait trop vite pour les oreilles humaines.

-Hey ! S'énerva Edward. Tu n'as pas le droit de me tenir à l'écart ! Que leur as-tu dit ?

-Juste que Rosalie a le droit de te donner la becquée si tu ne manges pas correctement ! Menaça Carlisle.

-Tu veux que l'un d'entre nous t'accompagne ? Demanda Jasper qui ressentait l'inquiétude des ses frères et sœurs.

-Non, répondit-il d'un ton rassurant, j'ai juste besoin d'être un peu seul. Je reviens vite.

L'instant d'après Carlisle avait quitté la maison. Rosalie et Emmett disparurent rapidement dans leur chambre et Alice décréta que Bella était tout à fait apte à s'occuper d'Edward, elle entraîna donc Jasper dans une petite ballade non loin de la maison, malgré le regard suppliant que lui lançait son frère. Edward se tassa un peu plus sur sa chaise. Il fixait avec obstination son assiette, n'osant croiser le regard de Bella.

-Je peux te faire autre chose, proposa Bella, si tu n'aimes pas ?

-Non, non, s'empressa-t-il de répondre, c'est parfait.

Edward prit sa fourchette et la planta vigoureusement dans son assiette de lasagne avant de la porter à sa bouche. Aussitôt, il recracha ce qu'il venait d'avaler, sa main chercha son verre d'eau que Bella s'était dépêchée de remplir.

-Je suis désolée, s'excusa la jeune fille, j'aurais du te dire que c'était chaud.

-Non, c'est de ma faute, la tranquillisa Edward en reposant son verre vide.

Un silence gênant s'installa entre les deux jeunes gens alors que Bella reprenait sa place de l'autre côté de la table. Tous deux mangèrent en se jetant des coups d'œil plus ou moins discrets. Bella jouait nerveusement avec l'une de ses mèches de cheveux alors qu'Edward ne cessait de gigoter sur sa chaise.

-Je suis désolé, dit soudain Edward.

-Pourquoi ? Demanda Bella surprise.

-Je suis désolé pour ce que je t'ai dit hier soir, confia le jeune homme.

-Tu n'as pas à t'excuser, lâcha-t-elle, tu n'étais pas dans ton état normal et…

-Attends ! Je … je pensais réellement ce que je disais Bella. Tu ne devrais pas être là.

Edward baissa la tête ne supportant pas la soudaine pâleur de son visage alors que ses yeux s'emplissaient de tristesse.

-Pardonne-moi, murmura Bella en réfrénant un sanglot, je vais partir, jamais je n'aurais du t'imposer ma présence.

-Non, tu ne comprends pas… Tous les gens que j'aime meurent, ma famille est en danger… Je… Je ne suis qu'un simple humain… Je ne veux pas que tu sois la prochaine… Alors, reste avec Jacob, lui au moins est en mesure de te protéger et tiens-toi éloignée de nous, de moi, c'est plus prudent…

-Mais si je n'en ai pas envie ? Chuchota Bella.

-Tu devrais rester auprès de ton petit ami, trancha Edward.

-Mais…

-Je t'en prie Bella, c'est dur… Trop dur…

-De quoi parles-tu ?

-Je t'aime toujours, avoua doucement Edward, c'est difficile de te voir ici près de moi alors que tu ne m'as jamais paru si inaccessible. »

Bella se mordit la lèvre en entendant la confession du jeune homme, elle avait vu sa peine et cela lui brisait le cœur. Elle l'observa alors qu'il se levait pour déposer ses couverts dans l'évier. Sans réfléchir, elle se leva aussi et le rejoignit. Sa main se posa sur celle d'Edward qui était sur le plan de travail. Dès que leur peau se touchèrent, elle sentit son cœur revivre, s'emballer, un étrange frisson la parcouru. Elle leva la tête et croisa le regard émeraude d'Edward, il semblait surpris. Lentement, sa main glissa le long de son bras alors qu'elle se rapprochait de son corps. La main de Bella s'arrêta sur l'épaule du jeune homme, sa poitrine frôlait son torse musclé. La jeune fille, voyant qu'il ne réagissait toujours pas, prit son autre main pour la poser sur sa taille. Laissant une de ses mains sur son épaule, elle leva l'autre pour caresser doucement la joue d'Edward, ses doigts descendirent lentement jusqu'à sa bouche dont elle redessina les contours. Avec bonheur, elle vit le visage d'Edward se pencher vers elle. Leurs lèvres se frôlèrent. Désirant plus que ce simple contact, Bella se hissa sur la pointe des pieds pour ravir à nouveau les lèvres du jeune homme. Leur baiser fut doux, du moins au début, avant que la langue de Bella ne vienne caresser les lèvres d'Edward que ce dernier entrouvrit, permettant ainsi à leurs langues de se retrouver, se cajoler. Les bras du jeune homme se resserrèrent autour de sa taille, rapprochant leurs corps qui s'épousaient à merveille, leur arrachant à tous deux un gémissement. Quelques minutes plus tard, ils se séparèrent à bout de souffle. Bella ne pouvait détacher son regard des joues rosies du jeune homme, de son souffle chaud caressant son visage, jamais elle ne se lasserait de ce spectacle. Elle croisa son regard heureux mais toujours intrigué.

« -Je t'aime, confessa Bella.

-Mais…

-Lorsque tu m'as quitté, je n'avais plus envie de vivre, j'étais un véritable zombie, je dépérissais… Et puis un jour, mon père ma traîné avec lui à la Push. Jacob a pris soin de moi. Je savais que je ressentais quelque chose pour lui, pourtant, je n'arrivais pas à mettre un nom sur mes sentiments… Puis, tu es revenu avant de disparaître de manière tragique… C'était encore plus dur que lorsque tu étais parti, car là je savais que tu étais mort, je pensais t'avoir perdu pour toujours… Jacob était patient, gentil, je suis restée avec lui, je l'ai laissé m'aimer et j'étais sûre de l'aimer jusqu'au moment où je t'ai revu. Mon cœur s'emballe toujours quand tu es là, il se meurt lorsqu'il ressent ta peine ou que tu es éloigné… Jamais un simple baiser avec Jacob n'a autant éveillé mes sens.

-Bella, je…

-Il faut que je parle à Jacob, je dois être honnête avec lui. Une fois que ce sera fait, j'espère que tu voudras toujours de moi ?

-Oui, mais tu … tu es sûre de toi ?

-Edward, il suffit que tu passes à côté de moi pour que mon corps, mon cœur, mon âme réagissent à ta présence. Un jour tu m'as dit que j'étais ta drogue, mais tu as le même effet sur moi et jamais je ne pourrais me séparer de toi, il n'y a qu'avec toi que je me sens entière.

-Bella, ce n'était pas des paroles en l'air quand je te disais que le danger rôdait autour de ma famille, j'ai un mauvais pressentiment…

-Peu importe… Nous sommes tous en danger, je le suis autant en étant avec toi qu'avec Jacob à la Push ou à la maison avec Charlie. Personne ne peut réellement nous protéger des Desmorts. Alors, Edward, ne crois-tu pas que nous devrions justement profiter de ces instants vu que nul ne sait ce que demain nous réserve ?

-Je ne supporterais pas qu'il t'arrive quelque chose.

-Je sais et il ne m'arrivera rien. Nous allons nous en sortir, comme toujours, j'en suis certaine, promit Bella avant de déposer un rapide baiser sur ses lèvres. Il faut que j'aille voir Jacob, je reviens vite.

-Bella, je peux t'accompagner ? Demanda Edward. Je n'aime pas l'idée de te savoir seule là-bas.

-Il y aura toute une meute pour me protéger, lui rappela-t-elle.

-Les réactions des loups peuvent être imprévisibles, tu ne sais pas comment Jacob va réagir. Sous le coup de la colère, il peut se transformer et …

-J'ai confiance en lui et je te demande de me faire confiance. Tout va bien se passer. »

Main dans la main, ils gagnèrent la vieille camionnette de Bella et après un dernier baiser, elle partit. Edward ne pouvait détacher son regard de la route où le véhicule avait déjà disparu. Il ne pouvait apaiser ses craintes et se maudissait de ne pas pouvoir la protéger. Une main froide et réconfortante se posa sur son épaule. Il se tourna et vit le visage souriant du petit lutin.

« -Si cela peut te rassurer, j'ai vu Bella dormir à la maison ce soir, elle allait bien et vous étiez heureux.

-Tes visions ne sont pas fiables quand il s'agit des Quileutes.

-Jacob ne lui fera pas de mal, j'en suis certaine et puis mon petit doigt me dit que quelqu'un veille sur nous dans l'ombre.

-Tu as vu Ambre ?

-Je sais qu'elle n'est jamais loin.

-Au fait, tu as dit que tu nous avais vus avec Bella ?

-Oui.

-Alors, tu arrives à me voir ?

-Non, soupira Alice frustrée, mais comme j'arrive à voir Bella et que tu étais avec elle…

-C'est étrange.

-Que dirais-tu d'aller te reposer en attendant le retour de ta belle ?

-Non, j'ai envie… Je veux aller sur la tombe de maman.

-Oh, bien sûr. Je t'accompagne.

-Non, j'ai besoin d'être seul.

-Papa n'apprécierait pas que je te laisse seul.

-Je ne le suis pas, protesta Edward, la clairière est juste derrière la maison et il ne vous faut même pas dix secondes pour me rejoindre !

-Tu as l'air fatigué.

-S'il te plaît, Alice, j'ai besoin d'y aller.

-Tu sais, elle nous manque à nous aussi. Je ne sais pas comment on va s'en sortir sans elle, mais je me suis promise d'être forte et de la rendre fière de moi.

-Elle a toujours été fière de toi, Alice.

-C'est la seule mère que j'ai connu, je ne veux pas l'oublier.

-Tu ne l'oublieras pas, tu sais, elle est toujours là dans notre cœur, elle veille sur nous, j'en suis certain, assura Edward en prenant sa sœur dans ses bras.

-Tu as toujours su trouver les bons mots avec moi, merci petit frère. Allez vas-y, mais appelle s'il y a quoi que ce soit.

-C'est juré. »

Edward lui sourit avant de se diriger vers la clairière. Il s'approcha doucement de la tombe, l'endroit avait changé, la nature s'était embellie comme pour être digne de la personne qui reposait en ce lieu. Il s'assit près de la tombe. Doucement, il commença à lui parler. Il lui parlait de la peine qu'il ressentait de l'avoir perdu, il lui demandait pardon de ne pas avoir compris plus tôt ce que Vladimir avait décidé de faire. Il lui avoua regretter de ne plus être un vampire. S'il l'avait été, il aurait pu la protéger, il serait arrivé à temps, il était le plus rapide. Son regard embué tomba sur une magnifique rose blanche qui avait été délicatement posée sur le sommet de la tombe, il sut alors que son père était passé la voir avant de quitter la villa. Carlisle était fort, mais il devinait que son père cachait son chagrin.

Soudain, Edward se sentit coupable, comment pouvait-il être heureux avec Bella alors que toute sa famille pleurait la mort d'Esmé ? Comment pourrait-il profiter de son bonheur tout en sachant que son père avait perdu l'unique femme qu'il avait aimé ? Il s'en voulut d'être aussi égoïste. Alors qu'il ne retenait plus ses larmes, il sentit une douce chaleur l'envelopper, une odeur familière l'entoura. Lentement, il s'allongea dans l'herbe. Il entendait sa voix, même si elle lui paraissait lointaine, elle lui disait l'aimer et que tout irait bien, qu'il ne devait pas se sentir coupable. Edward voulut protester, parler, mais il avait peur de briser cet instant, peur qu'elle ne parte. Elle le rassura, elle serait toujours là pour lui, pour eux car ils étaient ses enfants, sa famille. Edward ferma les yeux, se laissant envahir par sa présence apaisante. Il s'endormit.

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Après avoir quitté ses enfants, Carlisle passa par le jardin où il coupa une magnifique rose blanche. Un sourire triste se dessina sur son visage, si Esmé avait été là, elle lui aurait fait regretté d'avoir osé couper une fleur de l'un de ses rosiers. Il inspira profondément pour chasser la tristesse qui menaçait de l'envahir, puis, il se mit en marche vers la clairière. Il fut surpris de voir à quel point l'endroit avait changé, il reconnut sans mal l'œuvre d'Ambre. Il s'approcha de la tombe et déposa la fleur.

Carlisle s'agenouilla, ses épaules voutées étaient secoués par des sanglots sans larmes. Pourquoi le destin s'acharnait-il sur sa famille ? Il avait d'abord cru perdre Edward et maintenant c'était Esmé qui disparaissait… Pourquoi ne pouvait-on pas les laisser vivre en paix ? Il repensa à la première fois où il l'avait aperçu. Elle était brisée, son corps était en miette à cause de sa chute de la falaise tout comme son cœur abîmé par la perte de son enfant. Il l'avait aimé au premier regard, elle était à la fois douce et forte. Il l'avait transformé. Bien que les débuts aient été difficiles, elle avait rayonné de bonheur lorsqu'Edward l'avait appelé maman. Ce jour-là, ce seul mot avait suffi à panser son cœur. Soudain, Carlisle se releva. Il devait faire quelque chose, il devait y avoir un moyen de la ramener parmi eux ! Une seule personne pourrait l'aider. Après lui avoir promis de revenir la voir, Carlisle s'élança dans la forêt.

Carlisle courrait depuis quelques minutes. D'après ses calculs, il était à égale distance entre le territoire Quileute et la villa. Il savait qu'il y avait une vieille maison en ruine dans le coin. Il la chercha un petit moment, puis, il finit par la retrouver. Il s'avança d'un pas incertain, elle paraissait toujours abandonnée et en aussi mauvais état. Il n'était plus qu'à un mètre de la porte d'entrée quand il sentit une drôle de décharge électrique parcourir son corps. Il s'arrêta un instant essayant de comprendre ce qui s'était passé, avant de relever la tête. Il ne put retenir un sourire de satisfaction, il avait trouvé ce qu'il cherchait. La maison qui se tenait face à lui n'était plus délabrée, c'était un charmant petit cottage. Il comprit donc qu'il avait pu traverser la barrière de protection qui maintenait les intrus loin de la maison leur laissant croire qu'elle était inhabitée. Il frappa à la porte, mais personne ne vint lui répondre.

Il entrouvrit cette dernière et fut étonné de voir qu'elle n'était pas verrouillée. Il se retrouva dans un petit vestibule qui laissait entrevoir une cuisine et un salon. Il referma la porte et avança d'un pas. Il appela Ambre, mais personne ne lui répondit, pourtant, il pouvait entendre la respiration de la jeune femme ainsi que les battements de son cœur. Carlisle fronça les sourcils quand il se rendit compte que ces derniers étaient faibles. Il se concentra et écouta les battements pour trouver la jeune femme. Il poussa la porte derrière laquelle il les percevait. Ambre était allongée dans un lit et semblait dormir à poing fermé. Il s'approcha doucement, un peu inquiet, avant de se rendre compte qu'elle allait bien. Il hésitait à la réveiller lorsque son regard tomba sur divers livres de sorcellerie. Après tout que risquait-il à faire des recherches par lui-même ? Sans bruit, il prit plusieurs ouvrages avant de gagner le salon.

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Bella coupa le moteur de sa vieille camionnette devant la maison des Black. Elle descendit tout en inspirant profondément pour se donner du courage, elle allait blesser Jacob, elle le savait, tout ce qu'elle pouvait espérer c'est qu'un jour il lui pardonne. Elle ne souhaitait pas perdre son amitié et elle ferait tout pour que cela n'arrive pas. Elle frappa à la porte de la maison et Billy vint lui ouvrir. Après l'avoir salué et lui avoir demandé de ses nouvelles, elle le questionna pour savoir où était Jacob. Il lui apprit qu'il était en train de se promener sur la plage. Bella le remercia et partit rejoindre le jeune indien. Elle marcha un moment avant de finir par le trouver, il était assis sur un rocher, les yeux perdu dans l'océan dont les vagues se fracassaient non loin de lui. Bella l'appela, mais le bruit de l'océan semblait couvrir sa voix. Rassemblant tout son courage face aux gros rochers glissant, elle entreprit de rejoindre Jacob tout en prenant garde de ne pas tomber à l'eau ou de se fracasser contre l'une de ces impressionnantes pierres. Malgré toute son attention, son pied glissa, elle poussa un cri et alors qu'elle se voyait déjà atterrir cruellement sur une des parois acérées une main la retint par la taille. Elle se retourna et remercia Jacob d'un sourire.

« -Tu es suicidaire ou quoi ? Demanda Jacob énervé par son imprudence.

-Je t'ai appelé mais tu ne semblais pas m'entendre ! Répondit-elle sur le même ton.

-Allez, viens, allons sur la plage avant que tu ne fracasses définitivement le crâne !

Jacob la tint fermement contre lui rendant leur progression lente et fastidieuse. Bella poussa un soupir de soulagement lorsqu'elle sentit ses pieds fouler à nouveau le sable humide de la plage. Elle fit quelques pas, enfonçant ses mains dans les poches de son jean, elle avait cherché le meilleur moyen de lui parler, mais elle savait que quoi qu'elle dise, il allait souffrir.

-Il faut qu'on parle.

-Ca n'annonce jamais rien de bon, remarqua Jacob avant de laisser échapper un petit rire désabusé.

-Ecoute, je suis vraiment désolée. Je n'ai pas été correcte envers toi alors que tu as toujours été là pour moi et…

-Tu l'aimes toujours ? Coupa-t-il.

-Oui, avoua Bella dans un murmure, je suis désolée.

-Je le savais, je l'ai toujours su, soupira le jeune Quileute. Tout comme j'ai toujours su que ça ne pourrait jamais marcher nous deux.

-Que veux-tu dire ? S'étonna Bella.

-Je t'aime, je tiens à toi, mais mon père m'a toujours mis en garde qu'en restant avec toi, un jour, je te ferais plus souffrir que l'autre.

-Il s'appelle Edward, lui rappela la jeune fille d'un ton sec, je ne comprends pas pourquoi Billy t'a dit ça ?

-C'est facile à comprendre. Si tu étais la bonne, enfin, la femme de ma vie, l'imprégnation aurait eu lieu, mais ce n'est pas le cas. Billy ne disait rien devant toi, mais il craignait que dans un an, trois ou dix ans, après que nous ayons construits notre vie, eu une famille, je ne m'imprègne d'une femme. A ce moment-là, je t'aurais abandonné, je n'aurais pas pu faire autrement.

-Oh, lâcha Bella qui comprenait maintenant la situation.

-Alors, on peut dire que l'un comme l'autre, nous n'avons pas été très honnête ?

-Tu aurais quand même pu me le dire, râla Bella.

-Tu aurais pu le deviner, tu connais tout de nous ! Et puis, n'oublie pas que pour le moment, je suis toujours amoureux de toi et que tu viens de piétiner mon cœur à cause de l'autre !

-Edward ! … Pardon, je suis sincèrement désolée, crois-moi.

-Je le sais Bella, tout comme je sais que tu n'as jamais voulu me faire souffrir, ce n'est pas dans ta nature.

-Merci… On peut rester ami ? Je ne supporterais pas de ne plus te voir.

-L'autre risque de ne pas apprécier…

-Je suis sûre qu'Edward comprendra, assura Bella en insistant sur le prénom de son petit-ami.

-Oui, je suis d'accord, mais laisse-moi un peu de temps.

-Merci, Jacob, dit-elle avant de le serrer dans ses bras. Il se fait tard. Il faut que je passe à la maison, je veux voir Charlie avant d'aller à la…

-Je suis tolérant, mais si tu pouvais éviter de m'exposer tes plans avec l'autre, j'apprécierais, maugréa Jacob.

-Il s'appelle Ed… Oh et puis laisse tomber ! S'énerva Bella. A bientôt.

-A bientôt ! Répéta Jacob en ne retenant plus son fou rire devant la colère de la jeune fille. »

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Carlisle reposa le livre en retenant un soupir de frustration. C'était le troisième qu'il lisait à vitesse vampirique et il n'avait toujours rien trouvé. Il tendit la main pour prendre un nouvel ouvrage, mais il se rendit compte à cet instant qu'il avait lu tous ceux qu'il avait emporté hors de la chambre d'Ambre. Il prit les ouvrages bien décidé à les remettre à leur place avant d'en emprunter de nouveau. Il entrouvrit le plus silencieusement possible la porte et se dirigea vers la petite bibliothèque. Il tendait la main pour attraper d'autres livres lorsque son attention fut attirée par la respiration d'Ambre qui paraissait difficile. Il s'approcha doucement. Son cœur battait faiblement, il frémit en se rendant compte qu'elle était presque aussi pâle que lui, il eut une désagréable impression de déjà vu. Il attrapa un coin de la couette et frotta ses mains contre pour leur donner un peu de chaleur, puis, il posa une main sur le front de la jeune femme. Elle n'avait pas de fièvre. Alors qu'il retirait sa main, ses yeux croisèrent des pupilles bleues qui l'observaient d'un air intrigué. Il esquissa un sourire empli d'excuses alors qu'Ambre s'asseyait dans son lit tout en le dévisageant d'un air mécontent et nullement gênée par le fait d'être vêtue d'une simple nuisette noire.

« -Désolé, murmura Carlisle.

-Désolé ? C'est tout ce que tu as à dire ?! Je peux savoir ce que tu fiches dans ma chambre ? Et puis, que fais-tu chez moi ?!

-J'avais besoin de te parler, mais comme tu dormais, se justifia Carlisle, j'ai…

-Tu as fait un peu de lecture ! Comprit la jeune femme en suivant son regard et en voyant des ouvrages de sorcellerie mal rangés.

-Je suis désolé, répéta le médecin.

-J'ai compris, pas la peine de radoter ! Ecoute, Carlisle, je te l'ai déjà dit et je sais que c'est douloureux, mais il n'y a aucun moyen de ramener Esmé.

-Mais Edward…

-Pour Edward, j'ignore ce qui s'est réellement passé… Tu sais la magie peut parfois être obscure et indomptable. Je pense, mais je n'en suis pas sûre, que ce qui a ramené Edward est son sacrifice. La magie de Felicia était destructrice mais elle a éclaté sur le sol Quileute où elle a éveillé une magie qui dormait là depuis des siècles, je pense que cette magie était l'opposé de celle de Felicia, quelque chose de pur et de bienveillant. Lorsqu'Edward s'est sacrifié pour protéger les indiens, cette magie s'est activée d'une manière ou d'une autre, sauvant Edward.

-Ephraïm Black a parlé d'une famille de sorciers qui a sauvé son peuple de Felicia quelques années avant que je ne le rencontre.

-Oui, ça peut tout expliquer, réfléchit tout haut Ambre, cette magie était là pour protéger les Quileutes, Edward les a protégé, il était normal qu'elle l'aide à son tour.

-Depuis quand la magie pense ? S'étonna Carlisle.

-Je me suis mal exprimée, cette magie était abandonnée depuis des années, elle dépérissait sans le sorcier qui l'avait instauré, aussi, quand elle a reconnu la magie de Felicia, qu'elle avait déjà affronté, suivi par la mort d'Edward, je pense qu'elle a agit. Elle a du se connecter en quelque sorte avec Edward et le protéger, le guérir ce qui équivalait à le ramener à la vie. Bien entendu, il ne s'agit que d'une théorie. Tout ceci n'est qu'un ensemble de coïncidences qui ont abouti à un dénouement heureux.

-Des coïncidences ?

-Oui, cette magie aurait pu disparaître ou ne pas être assez puissante, elle aurait pu ne pas percevoir Edward… Il y avait moins d'un pourcent de chance que cela marche…

-Donc pour Esmé…

-Je suis vraiment navrée, mais personne ne peut ramener les morts à la vie, assura Ambre.

-Je suis stupide.

-Non, tu ne l'es pas. Tu l'aimes et c'est normal que tu veuilles l'avoir près de toi, mais, Carlisle, il va falloir que tu acceptes sa mort sinon tu ne pourras jamais faire son deuil.

-Et si je n'en ai pas envie ? A quoi bon vivre sans elle ?

-Elle n'aimerait pas t'entendre parler ainsi ! Et puis, l'avenir est peuplé de belles surprises, n'as-tu pas envie de connaître tes petits-enfants ?

-Mes petits-enfants ? Répéta Carlisle perdu.

-Tu crois que Bella et Edward ne font que se regarder dans le blanc des yeux ? Se moqua la sorcière.

-Ils n'ont jamais…

-Peut-être, mais ils sont humains, tous les deux… Il y a aussi tes autres enfants, eux aussi, qui vont te réserver de belles surprises. Il y aussi les humains, tu comptes beaucoup pour eux, tu en as sauvé tellement… Je t'assure que si quelqu'un osait te critiquer sur la place de Forks, il se ferait lyncher dans la minute qui suit ! Tu as encore beaucoup à apporter au monde et bien des vies à sauver Docteur Carlisle Cullen. Alors, ne nous abandonne pas.

-Merci.

-Y'a pas de quoi !

-Ambre, tu crois que nous avons une chance ? Sais-tu si nous allons survivre ?

-L'avenir est trop flou pour que je puisse te répondre, mais je suis certaine qu'il y a encore de l'espoir, je veux y croire.

-Alors, j'y croirai aussi.

Ils sourirent. Le silence s'installa entre eux. Carlisle écouta à nouveau le rythme cardiaque de la jeune femme et fut soulagé quand il s'aperçut qu'il était plus vigoureux que tout à l'heure. Ses yeux croisèrent alors le regard embarrassé d'Ambre, ses joues étaient rouges et elle avait remonté sa couette sur sa poitrine, Carlisle comprit alors sa gêne, il s'était concentré sur son cœur et n'avait pas fait attention où ses yeux se posaient…

-Je suis désolé, s'excusa-t-il, je ne regardais pas… Enfin, je veux dire j'étais concentré sur… Tu es malade ?

-Hein ?! Fut tout ce que put répondre Ambre complètement perdue.

-J'écoutais ton cœur, j'étais inquiet tout à l'heure, tes battements étaient vraiment lents et tu étais pâle.

-Ce n'est rien. Tu sais, j'étais vraiment épuisée, j'ai dépensé pas mal d'énergie, et malgré ce que semblent penser tes copains sorciers, je ne suis pas toute puissante. Mon corps se met tout seul au ralentit pour me permettre de récupérer plus rapidement.

-D'accord. Au fait, tu dors alors que la porte de ta maison est grande ouverte ?

-Des sorts protègent la maison, seules quelques personnes sont autorisées à entrer et tu en fais partie, sinon, tu n'aurais pas pu la trouver, expliqua Ambre. Maintenant, si tu le permets, j'aimerais bien m'habiller.

-Oui, bien sûr, acquiesça Carlisle en se levant rapidement.

-Tu n'as qu'à m'attendre au salon. »

Carlisle sortit de la chambre. Ambre poussa un soupir lorsqu'elle fut certaine qu'il était dans le salon. Elle se leva et se dépêcha de filer sous la douche. Alors que l'eau ruisselait le long de son corps, elle repensa à sa conversation avec Carlisle, elle n'aurait pas du être aussi franche avec lui. Pourtant, il y avait peu de chance qu'il face le rapprochement, il n'était pas assez familiarisé avec la magie. Elle se sécha rapidement et s'habilla avant de rejoindre le vampire. Elle le trouva en train de feuilleter un vieux roman qu'il posa à son arrivée. Elle allait parler lorsqu'une violente douleur traversa son corps, sa vue fut troublée par une vision des plus inquiétante. Carlisle se précipita à ses côtés et la prit dans ses bras. Elle laissa échapper un nom, elle put lire la peur dans les yeux du vampire.

« -Edward !"

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Edward se sentait en sécurité et apaisé dans les bras d'Esmé, sa mère était toujours auprès de lui, il pouvait sentir sa main caresser doucement ses cheveux, sa voix murmurait des paroles rassurantes à son oreille. Soudain, quelque chose changea, ce n'était plus sa mère qui était auprès de lui, mais une femme qu'il ne connaissait pas. Il pouvait sentir la peur s'insinuer en lui. Edward voulut se réveiller pour fuir ce rêve qui tournait au cauchemar, mais il ne pouvait pas. La femme se rapprochait de lui, son corps fut soudain couvert de sang. Il voulut crier, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Puis, tout à coup, tout devint blanc. Au même instant, une douleur insupportable traversa son corps, il avait l'impression d'être en feu ! Edward porta ses mains devant ses yeux et hurla lorsqu'il vit des flammes les lécher et engloutir peu à peu tout son corps…

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Bonne soirée et à mercredi ou jeudi !