Chapitre 14: Investigation

Nero était retourné au café pour parler avec la femme. Elle l'avait conduit au lieu des évènements, sa maison, maison dans laquelle elle ne vivait plus d'ailleurs, ayant abandonné tout ses biens à cause des souvenirs qu'ils lui apportaient, la maison allait bientôt être vidée et mise en vente. Elle lui avait avoué vivre chez sa soeur avec ses deux enfants en bas âge pour le moment, mais ne lui avait pas donné l'adresse de cette dernière. Nero était monté à la chambre où le drame s'était produit, avec dans l'espoir de trouver des indices menant à Dante. Il parcourait des yeux la pièce par endroits teintée de sang séché. C'était bien du sang de démon, mais il n'y avait rien qui puisse confirmer au jeune homme que Dante avait mit les pieds ici deux nuit plus tôt.

Il s'accroupit pour toucher le sang séché, qui sous ses doigts devint poussière, il ne fut par surprit. Les traces de pas ensanglantés laissés sur le tapis étaient de pieds nus, donc ceux de la femme et vu leur taille, cela confirmait la trouvaille. L'odeur de Dante avait eu le temps de se dissiper si jamais c'était bien lui qui était venu, sur ce côté aucune chance, malheureusement. Aucune autre trace de pas. Celui qui avait fait ça était expérimenté, il n'y avait aucun doute là-dessus. Dante aurait très bien pu faire ça dans le but de trouver cet élu dont la femme avait parlé. Si seulement il avait su de qui il s'agissait, ça l'aurait vraiment aidé à confirmer que c'était bien Dante le coupable... Mais tuer un démon n'était pas un crime en soit, c'était leur job de toute façon, de les trouver et de les supprimer. Chose qu'il dû expliquer à la femme d'ailleurs, pour qu'elle comprenne que son mari n'était pas humain, mais qu'il se servait d'elle pour dissimuler son existence. Cela l'avait aidé à faire son deuil plus tôt que prévu, une bonne chose de faite, même si cette dernière était démoli de savoir qu'elle avait vécu dans le mensonge depuis tout ce temps. Elle allait s'en remettre, ce n'était pas le premier humain à se faire jouer de la sorte. Il lui confirma que ses enfants étaient bien humains, considérant la sorte de démon qu'était son mari d'après la description fournie, et qu'elle n'avait pas à craindre qu'ils soient tués un jour ou l'autre.

Malheureusement, impossible d'accuser Dante pour le moment. Nero se demandait pourquoi l'homme s'évertuait à lui cacher tout ça. Il n'y avait rien que Nero ne puisse comprendre, aussi difficile la vérité pouvait être, mais bon... C'était Dante, il devait avoir ses raisons. Il revint à l'agence bredouille, déçu et déterminé à faire parler Dante, qu'est-ce qu'il y avait de si terrible qu'il ne pouvait même pas en parler au jeune homme ? Le jeune homme même que l'homme convoitait tant d'ailleurs, tout ça n'avait absolument aucun sens dans la tête de Nero. Si Dante voulait absolument lui cacher ça, c'est que Nero risquait d'être choqué, mais il en avait vu d'autre depuis le temps, il serait capable de passer par-dessus n'importe quoi, croyait-il.

« Bon sérieux, pourquoi tu ne veux pas m'en parler ? Qu'est-ce qu'il y a de si terrible qu'il ne faut pas que j'apprenne ? Dante, s'il te plait... » Dit Nero en se débarrassant de sa longue veste bleue pour la jeter sur le sofa, sous le regard de l'homme à son bureau qui laissa immédiatement tomber sa lecture en soupirant plus fort. « Rien, gamin. Y'a rien que je te cache, compris ? » Nero serra les dents, agacé. « Si tu m'le dis... » Hésita le jeune homme. « J'me laisse faire. » Dante sourit. « Si j'avais un secret, j'te l'dirais immédiatement à genoux sans hésiter avec c'que tu m'dis là, mais j'ai rien à dire. » Rigola-t-il en replongeant ses yeux dans sa lecture. Dante ne comprenait pas pourquoi Nero s'obstinait avec tout ça, puis lui faire une offre qu'il ne pouvait même pas accepter était cruelle, ce pourquoi il avait rigolé en entendant ça. « Fait chier... » Soupira Nero en reprenant son vêtement. « Tu t'rends compte que j'allais l'faire, j'espère ? Allez j'vais prendre l'air jusqu'au magasin, j'ai soif. » Fit-il en passant la porte à nouveau.

Dante secoua la tête en souriant, il aurait pu avoir Nero comme ça, mais de toute façon il voulait les choses autrement. Si Nero se forçait, y'avait rien de marrant ni d'agréable, alors l'homme allait investir un peu plus de temps. Il ferma sa lecture, posa ses pieds sur le sol et se leva pour attraper son long manteau de cuir rouge avant de sortir à son tour.

Il faisait déjà noir, Nero n'avait pas vu le temps passer quand il était à la maison de la femme et était revenu un peu plus tard. Il se frappa d'ailleurs le nez à une porte verrouillée une fois au magasin, impossible d'acheter de la bière... Il allait devoir marcher jusqu'à celui qui était ouvert vingt-quatre heures, sans possibilité d'acheter de l'alcool... Peut-être que Dante y avait pensé après tout et qu'il y en avait dans le frigo, Nero aurait dû regarder avant de sortir. Comme il était déjà à mi-chemin vers l'autre magasin, il décida de continuer tout de même, il pourrait très bien y trouver quelque chose à grignoter de toute façon parce que Dante avait l'habitude de vider le garde-manger quand il était seul. Alors tant qu'à rentrer avec rien du tout, autant passer par-là et ramener des trucs. Il se perdit dans ses pensées, se demandant comment allait Kyrie. Elle devait bien s'en sortir vu qu'elle ne l'avait plus recontacté, c'était bel et bien terminé entre eux, même si Nero ne ressentait plus vraiment de tristesse face à tout cela, il y pensait quand-même.

Il avait une vie parfaite, pourquoi avait-il fallu qu'il suive Dante ? Pour maintenant être pourchassé par ce même homme pour des raisons visiblement sentimentales, franchement Nero s'en serait bien passé, mais il était trop tard maintenant. Il ne regrettait rien par contre, même si des fois il serait bien retourné dans son ancienne vie morne juste pour éviter les subtilités de Dante, malgré tout il s'y était fait. Même que parfois il se trouvait en train de penser à Dante, et s'il lui donnait une chance ? Ridicule. Complètement ridicule. Mais il ne s'empêchait plus de se faire des images, ce n'étaient que des images après tout, rien de plus. Valait mieux cela que les noms horribles qu'on lui attribuait à Fortuna de toute façon, le bizarre, le monstre, le démoniaque... Bah, non, il avait bien sa claque de ces conneries et préférait de loin sa vie ici, avec Dante, c'était pas discutable. « Nero... » Fit une voix fort connue dans l'ombre d'une ruelle où Nero s'était aventuré par mégarde, trop perdu dans ses pensées. « Tu m'suis maintenant ? » Fit-il, presque amusé par la situation. Ouais c'était bien Dante au fond là-bas, qui voulait jouer apparemment... Nero soupira. « Bon allez c'est pas l'moment. » Ajouta-t-il en avançant vers l'homme. « J'aime bien jouer, moi. » Fit l'homme qui ne bougeait pas de son emplacement. « D'ailleurs on va jouer un jeu bien amusant, toi et moi... »

Le jeune homme roula les yeux au ciel en soupirant encore plus fort, il n'avait aucune envie de jouer alors que l'homme qu'il tentait d'accuser était celui avec lequel il vivait. « Arrête tes conneries. » Dit Nero en arrivant tout près. « Dante ? » Fit Nero, remarquant que l'homme avait un regard plutôt différent. C'était comme s'il était en transe, trop sérieux, trop assombri, trop bizarre. « Qu'est-ce qui n'va pas ? » Demanda le gamin en s'arrêtant devant lui. « Tout va bien, maintenant que je t'ai trouvé. » Nero fronça les sourcils. « Bon c'est pas drôle, t'as toutes ta tête ? Parce qu'on dirait pas... » Le questionna le gamin. « Pourquoi m'appelles-tu Dante ? »

« Ok... » Nero était certain cette fois, Dante était animé par quelque chose d'autre. Lui et l'homme avait déjà rencontré ce type de possession auparavant et la seule façon de faire sortir un démon possessif du corps de quelqu'un, de préférence non humain et merci, Dante n'était pas qu'humain, c'était par la force brute. « Désolé. » Fit Nero avant de pointer son bras droit face à l'homme et d'envoyer un élan dévastateur vers ce dernier. « Quoi ? » Fit-il alors que l'homme ne fit que tendre la main pour arrêter la puissance. « Dante ! Putain d'merde ! » Fut la dernière chose qu'il pu dire avant que la noirceur n'envahisse ses yeux et qu'il perde toute notion de conscience.

Il ouvrit une première fois les yeux et les referma, le temps d'analyser s'il allait bien, mais il n'avait mal nul part. Il ré-ouvrit les yeux encore, clignant à quelque reprise pour se débarrasser du flou de sa vision, mais il faisait sombre, c'était toujours la nuit. Il ne reconnaissait rien, trop noir, mais il était bel et bien sur le sol. Quand il se releva, Dante était parti, mais Nero était toujours au même endroit où il avait perdu conscience. Il couru à l'agence le plus vite qu'il pu.

« Dante ! » Hurla Nero en ouvrant les portes dans un fracas remarquable, tellement fort que les portes se refermèrent d'elle-même une fois qu'il fut entré. La scène qu'il trouva en entrant le choqua. « Dante ? » Appela-t-il en faisant des pas lents et prudents vers le sofa. « Il semblerait que Dante a eu un léger malaise, qu'en penses-tu ? » Fit la voix de Dante. « J'comprends pas.. Qu'est-ce qu... » Se coupa Nero en s'arrêtant devant l'homme. « C'est toi l'élu. Grâce à ton bras, tu pourrais devenir l'être le plus puissant de tout les temps, mais je suis là pour t'aider à contrôler cette puissance afin que tu ne détruises pas le monde. »

Nero ne comprenait rien à ce charabia, pourquoi tout changeait d'un coup ? Là ouais, il aurait vraiment préféré le Dante qui le draguait tout le temps au lieu de... De ça. « Mais qui êtes-vous par tout les saints... » Dit Nero en regardant Dante allongé sur le sofa. « Je me nomme Vergil, comme tu peux le voir, je suis le frère de Dante, son jumeau pour être correcte. » Le jeune homme resta de marbre, fixant tour à tour Dante et l'homme disant se nommer Vergil. Il était vrai qu'ils étaient l'exacte copie l'un de l'autre. « Pourquoi est-il inconscient ? » Osa Nero. « Disons simplement qu'il a été un peu trop enthousiaste de me revoir et que j'ai dû... Le calmer. » Dit l'homme sur un ton calme avec un parlé parfaitement prononcé. « il a un frère ? Attendez ! » Dit-il en sortant son épée pour pointer l'homme. « Qui me dit que vous n'êtes pas un démon malicieux hein ? » Demanda Nero en le menaçant de sa lame. L'homme rit calmement en fermant les yeux quelques secondes. « Je l'aurais déjà tué, si c'était le cas, jeune homme. » Répondit-il en croisant ses bras sur sa poitrine, aucun signe de peur dans les yeux. « Maintenant, si tu veux bien te calmer, j'aimerais te raconter une longue, très longue histoire. Cela te permettra de comprendre ce qui se passe. » Dit-il avant de retirer ses gants blancs. « Au fait... Y aurait-il une possibilité d'obtenir un thé vert, dans cette... Maison ? » Demanda-t-il sérieusement en levant un sourcil.

Nero était incrédule, mais baissa tout de même sa lame en regardant l'homme. Vrai, il aurait déjà tué Dante s'il était si vil que ça. Mais pourquoi l'avoir fait marcher dans la ruelle alors ? Ses yeux présentèrent un questionnement visible que l'homme remarqua immédiatement. « Je venais te prendre, mais quand tu as dit le nom de mon frère, j'ai senti le besoin de le retrouver immédiatement. J'ignorais qu'il te protégeais. » Dit-il pour combler la curiosité du gamin. « Il ne me protège pas ! Je travaille avec lui ! » Fut-il offensé. Si Dante le protégeait de quoi que c'était, Nero l'aurait su, non ? « Réveillez Dante d'abord, on verra ensuite pour le thé ! » Lui ordonna-t-il presque en le fixant.

L'homme – Vergil – ne fit que toucher son frère du bout des doigts pour que ce dernier ne reprenne conscience et immédiatement, il lui sauta littéralement dessus. « Oh toi ! Qu'est-ce que tu fais ici ! » Dit-il en l'emprisonnant sous lui, les mains sur le cou de Vergil. L'homme, toujours calme, prit les poignets de Dante et lui éloigna les mains afin de se redresser. « Allons, allons. Je ne suis pas ici pour me battre, Dante. C'est aussi un immense plaisir pour moi de te revoir. » Dit-il, une pointe d'humour dans sa voix austère. « J'ai pas compris... » Fit Dante, d'un coup très calme. « La dernière fois que je t'ai vu... Tu... »

« Je mourais, oui. As-tu seulement vérifié, trouvé mon corps pour confirmer cette mort ? On ne dirait pas, cher frère. » Conclut-il en lui souriant. « J'voulais pas que tu tombes, mais pourquoi tu ne m'as pas laissé te rattraper ? » Nero assistait à toute la scène impuissant, quand l'homme lui lança un regard insistant pour lui rappeler qu'il avait demandé quelque chose à boire. Le gamin n'en revenait pas de l'effronterie de l'homme, mais se dirigea en cuisine, histoire de voir ce qu'il pouvait trouver, apparemment les deux hommes semblaient okay maintenant. Bière, bière et heu... Du thé... Avaient-ils seulement du thé dans cette foutue baraque ?

« J'avais perdu toutes mes forces, tu m'aurais tué de tes mains si je t'avais laissé me rattraper. J'avais une chance de survivre en tombant. » Expliqua l'homme. « Et tes plans... Toujours les mêmes ? » Demanda Dante, inquiet. « Non. » Dit Vergil sans plus.

Il n'avait pas trouvé de thé vert, mais du thé noir. Nero ramena tout ça au sofa et posa le tout sur la table basse. Nero fut remercié par Vergil d'un faible sourire et d'un signe de tête tandis que Dante attrapa sa bière immédiatement. « J'veux pas couper votre conversation d'retrouvailles mais... J'suis l'élu de qui, au juste ? » Demanda Nero en prenant place sur le coin du bureau de travail de Dante. « Où as-tu trouvé ce magnifique spécimen, Dante ? » Demanda Vergil. « Hey ! J'suis pas un specimen okay ! » S'offusqua Nero. Vergil eut un sourire calme avant de regarder Dante.

« Longue histoire... Qu'est-ce que tu lui veux exactement ? » Vergil leva la main pour le faire taire. « La question serait plutôt, mon cher frère, qui est-il, n'est-ce pas ? » Nero leva un sourcils, c'était vrai, il ne savait pas d'où il venait ni pourquoi il était là. « Et vous l'savez, vous ? » Fit le gamin en le défiant de répondre. « Bien sûr que oui, je connais la réponse. » Répondit la réplique de Dante avant de boire le thé offert. « Ben alors ? » Vergil trouvait que le jeune homme manquait de classe et de manières, tout comme son bien aimé frère, mais ce n'était qu'un détail. Il connaissait leur forces et leur capacités extrêmes, c'en fut assez pour l'amener à répondre partiellement. « Tu n'as pas de parents, je peux te l'assurer. Maintenant, ce qu'ils t'ont fait est déplorable, mais tu dois apprendre à vivre avec dorénavant. » Nero leva son bras démoniaque et l'homme fit oui de la tête. « Qui m'a fait ça ? Et pourquoi j'aurais pas d'parents hein ? »

« Ils ont été tués dès ta naissance, personne ne sait qui ils étaient alors je te prie de te concentrer sur le reste de l'histoire. » Fit Vergil avant de boire encore de son thé. « Quand ils t'ont prit, ils ont immédiatement commencé à t'injecter des matières démoniaques via seringue, mais cela n'allait pas dans le sens qu'ils voulaient... » Dante le coupa. « Qui, ils ? »

« L'ordre, bien sûr. » Répondit Vergil. « Ces enfoirés de Fortuna ? » Ajouta Nero. « À force de tester plusieurs matières, il s'est formé une force en toi... Et la dernière chose qu'ils t'ont injecté était leur dernière preuve de l'existence de notre dorénavant prisonnier des enfers père, Sparda. » Dante cligna des yeux, oubliant immédiatement toute tentative de toucher le jeune homme. « Ils lui ont foutu son sang dans le corps ? » Demanda Dante, surprit. « Oui, exactement. »

« Ça fait d'lui notre frère ? » Vergil rit, un rire franc et dénudé d'austérité. « Non, Dante, non. Il n'a que les pouvoirs dont nous disposons, pas le sang en tant que tel. » Finit-il par dire en se calmant immédiatement. Intérieurement Dante fut soulagé et cela se vit, ce qui fit rigoler Nero un tout petit peu, il avait adoré l'expression dégoûtée de Dante pendant un instant. « Dis-moi Dante, as-tu eu quelconque échange avec Nero ? » Dante fronça les sourcils. « De quoi tu parles ? »

Nero regardait avec intérêt. « Intime. » Précisa Vergil. Dante et Nero recrachèrent leur bière instantanément au même moment. « Vergil ! » Fut offensé Dante, mais incapable de dire quoi que ce soit d'autre. « Pourtant ce serait presque normal, crois-moi. » Le jeune homme plissa les yeux et les lèvres en signe d'incompréhension. Ce qui s'était passé entre eux devait rester secret ou alors Nero allait mourir de honte devant les deux hommes. « Il semblerait que je doive expliquer pourquoi je pose une telle question, je vois. » Fit-il, totalement calme face aux deux autres complètement sous la panique intérieur. « Il est... » Commença Vergil en regardant Nero. « Irrésistible. » Ajouta-t-il sans la moindre émotion sur son visage, faisant rougir Nero sur le coup. « Et tout cela, c'est bien la faute du sang de Sparda. » Renchérit Vergil, mais apparemment, les explications n'étaient pas assez claires pour les deux autres qui ne savaient plus du tout où regarder. « Il n'était pas un démon, quand il est né. Il l'est devenu. Ne sois pas gêné d'en être attiré Dante, c'est tout à fait normal et tu n'as pas à en avoir honte, bien qu'il ne soit pas femelle. » Dit Vergil en terminant son thé. « Il a combien d'années, ce thé ? Parce qu'il était immonde. »

« Je.. Ben... On boit pas de thé ici... » Répondit Dante, sans mots. Nero n'osait plus rien dire, alors c'était donc ça, toute les tentatives de Dante à son égard ? Voyons ! « Et heum... Qu'est-ce qui arriverait si... » Mais Dante n'osa pas dire le reste. « Oh, cher frère, il n'arriverait rien. C'était de la curiosité malsaine de ma part, tout simplement. » Rit-il. Dante secoua la tête en roulant les yeux au ciel. « Quel âge as-tu, Nero ? » S'informa Vergil. « Dix-neuf ans... » Dit-il, incertain. « C'est ce qu'on a bien voulu te faire croire mon pauvre garçon. » Répondit l'homme en faisant une pause. « Tu as 25 ans. Ce n'est pas la peine de m'obstiner, je le sais. » L'avertit Vergil. Pour une raison inconnu de Vergil, Dante soupira de soulagement, mais son frère n'était pas dupe et le fixa. « Mieux ? Ils sont plus matures et actifs à cet âge, c'est ce qu'on dit. » Affirma Vergil sous le regard d'incompréhension de Dante. « Intimement. » Précisa encore Vergil, déclenchant une quinte de toux sortie de nul part de la part de Nero. « Je ne suis pas ici pour faire son éducation intime, mais pour éveiller en lui la force qu'il ignore encore posséder, c'est tout. Le reste vous appartient entièrement et ce ne sont pas mes affaires. »

« Donc t'es ici pour un moment ? Et j'imagine que j'ai pas mon mot à dire ? Sauf que... Vergil, si c'est encore un de tes plans pour le pouvoir... » L'avertit Dante en le fixant intensément. « Laisse. Laisse. Je vais faire ce que j'ai à faire pour des raisons qui ne regardent que moi. Si tu désires que je loge ailleurs en attendant, je respecterai ton choix. »

« Et moi ? J'ai rien à dire ? J'suis pas un animal qu'on peut dresser comme on veut ! » Hurla Nero en se levant, pas du tout d'accord avec ce que Vergil venait de dire. « N'aimerais-tu pas être plus puissant ? Si tu savais tout ce que tu n'exploites pas encore, tu serais bien plus qu'étonné. Ta puissance dépasse l'entendement, Nero... Dépasse la compréhension. » Le séduit Vergil avec ses belles paroles. « Vraiment ? » Fut-il intéressé soudainement. Vergil lui fit oui de la tête en lui faisant un clin d'œil. « Demain nous commencerons ton entrainement. » Nero lança un regard vers Dante, cherchant un certain accord des yeux, parce qu'il ne connaissait pas Vergil du tout.

Dante soupira et termina sa bière avant de regarder son frère. « Tu peux rester ici. Nero va gentiment te prêter sa chambre. » Dit-il. « Et moi ? » Fit Nero. « Retour au matelas sur le sol. Tu voudrais pas décevoir notre invité, non ? En plus avec ce que tu vas apprendre, à ta place j'serais content... » Nero soupira, déçu, mais fit oui de la tête.

Dante lança un regard vers Vergil, voulant lui dire qu'il l'avait à l'oeil. Au moindre faux mouvement, son frère retournait dans la liste des ennemis. Nero monta en maugréant pour déplacer quelques unes de ses affaires dans la chambre de Dante... Seul problème, le matelas aussi devait être prêté à Vergil... « Oh que non ! Si tu crois m'avoir comme ça, j'dors sur le sol quand-même ! » Se dit-il pour lui même en se faisant un lit avec des couvertures épaisses sur le sol à côté du lit de Dante.

Pendant ce temps en bas, Vergil était occupé de convaincre son frère qu'il n'allait pas utiliser Nero comme arme. « J'ai eu ma leçon pour ce qui est de dominer un monde ou l'autre... » Dit Vergil. « Oh j'imagine, mais avec toi on sait jamais, tête dure. » Rigola Dante, toujours sous l'effet de l'étrange d'avoir son propre frère à ses côtés. « Alors, dis-moi tout. L'as-tu approché ? Le gamin. » Demanda Vergil en souriant en coin. « Laisse. » Soupira Dante, c'était vraiment pas une question à poser. « Allons, tu ne serait pas le premier à qui s'est arrivé dans l'histoire. » Tenta-il de le convaincre. « Pas spécialement, Vergil. Rien de très intime... Et puis il est entêté. Il est en peine d'amour. »

« Kyrie. Je sais tout cela, mon cher frère adoré. Saches que la jeune femme a été tuée. » Dit-il froidement. « Merde... Si l'gamin apprend ça... Par qui ? » Commenta Dante en se levant pour commencer à lui faire visiter. « Ce n'est pas important, mais quand il sera au courant, sa puissance atteindra son maximum, Dante. »

« Y faut pas qu'il le sache ! Putain ça va le démolir à jamais, tu sais qu'il l'aime encore ? Merde ! » Dante était choqué par la nouvelle, mais ne pouvait rien faire d'autre que de garder le silence et tenter de convaincre Vergil de ne pas lui dire. « Oh non, tu verras, il deviendra si puissant, oh si puissant ! Au fait, Dante... Achètes du thé, c'est urgent. Tu ne voudrais pas m'empoisonner, n'est-ce pas ? » Rit-il avant de le suivre pour la visite.