Titre : Magnétique

Auteur : Moi-même ! Lubilule-Malefoy (:D)

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas et sont la propriété de notre Grande Déesse : J.K. Rowling !

Résumé : UA / Harry, orphelin résidant à l'Institut Poudlard depuis toujours, à cause du sinistre et mystérieux Lord Voldemort, est transféré dans un nouvel orphelinat après la mort du directeur. Il rencontrera de curieux personnages et découvrira un tout autre univers...auquel il ne s'attendait pas. Mais qui est cet homme si beau qui semble être le Maître de cet endroit ? Envoûtant, attractif... Magnétique.

Pairing : Tom Marvolo Riddle x Harry Potter [Peut-être autres couples au fil du temps ]

Rated : M progressif

Note de l'auteure : Voilà mon tout premier UA sur le monde d'Harry Potter ! J'espère que vous l'aimerez !

J'ai commencé à l'écrire après avoir trouvé un très très vieil essai d'environ une demie-page sur mon ordi (qui datait de plus de deux ans, de mémoire). Et voilà ce que ça donne ! J'ai été très inspirée par ce genre d'ambiance, et j'espère que vous le serez autant que moi en lisant cette fiction ! Bonne lecture ^^


REVIEWS : Merci à LilyRosaly, Bichtouille, ScyllaJad, stormtrooper2, Liliume, Luma Coquillette, Reapersis, Guest(1), Guest(2), Paprika Star et Princesslytherin !


Bonjour / Bonsoir à toutes et à tous !

Me revoilà donc avec le chapitre 14 de Magnétique (écrit directement après le 13 wouhou, que d'efficacité). Mais comme j'aime bien alterner entre 1 chapitre de Magnétique / 1 chapitre de Moi et Moi Seul ! (dont le chapitre 43 a été posté jeudi matin !) quand je poste... bah, le voilà que maintenant x)

Ravie de voir que tout ce qui a été dit dans le chapitre précédent vous a plu, et que tout ce petit monde continue de vous intriguer ;) ! Dans ce chapitre, on revoit un personnage dont on me demande des nouvelles de temps à autre... Ainsi qu'un nouvel exemple du joli caractère de notre Malefoy adoré.

Je suis contente que vous aimiez Théodore, c'est un personnage que j'aime assez développer, et j'avais un peu peur qu'il soit trop "bizarre" à votre goût (dans le mauvais sens du terme). Pour le reste des personnages, j'espère que voir les jumeaux Weasley dans le "camp adverse" ne vous rebute pas trop non plus (on ne m'a fait que très peu de commentaire à propos de ça : DES AVIS, j'en veux !). En tout cas, merci beaucoup pour tout votre soutien concernant cette histoire, et d'autres choses aussi :) !

J'espère que vous continuerez d'apprécier cette fiction, en tout cas, c'est assez... reposant ? de l'écrire, me concernant. L'ambiance me plaît, tout en étant bizarre. Pour les personnes lisant également Moi et Moi Seul !, je pense que vous devez voir la différence x) en tout cas, pendant l'écriture, je la ressens !

Sur ce, j'espère avoir de nouveaux vos avis concernant ces ajouts à la situation déjà embrumée de Harry, on se voit bientôt pour la suite !

Merci beaucoup à tous !

Lubilule-Malefoy


14.

Querelle

Décidé à se changer rapidement les idées, Harry s'était installé à son bureau, avait sorti les lettres de ses amis, du papier et de l'encre. Quoi de mieux que répondre à ses amis restés à Poudlard pour se sortir du quotidien de l'Orphelinat Riddle ? Il rouvrit les enveloppes une par une, les relisant une nouvelle fois au passage, un sourire béat collé à son visage. Il commença par répondre à Hermione, lui demandant comment s'étaient passé ses vacances à Paris et si elle pouvait voir Ron aussi souvent qu'elle le voulait, puis commença à lui décrire sa nouvelle vie ici, en toute simplicité. Il ne voulait pas trop rentrer dans les détails pour le moment, de peur de se trahir quant à la présence inquiétante d'un membre important du Ministère. Il mentionna le Maître, certes, mais sous son vrai nom de famille. Il parla un peu de ses nouvelles fréquentations, en évitant soigneusement d'évoquer les jumeaux Weasley – car ce que savait Hermione, Ronald le savait forcément – racontant un peu leurs différents caractères. Il écrivit à peu près la même chose dans le premier paragraphe de sa lettre dédiée à Ron, mais changea un peu de sujet par la suite. Il lui demanda si Mr Weasley pouvait lui donner plus de détails concernant Mr Riddle. Il lui dit qu'il l'avait déjà rencontré par deux fois, et bien que brièvement, il comprit pourquoi son père le trouvait atypique, voire antipathique. Il lui raconta également que les autres résidents ici avaient un respect sans borne pour cet homme et ne discutaient jamais ses choix – car s'il les avait faits, c'était pour une bonne raison. Il se relut alors, espérant ne pas paraître trop alarmant dans ses propos, et glissa la lettre dans une enveloppe.

Harry commença ensuite à rédiger sa réponse en une lettre commune à Dean et Seamus, leur disant qu'ils lui manquaient beaucoup et que l'ambiance de son nouveau « chez lui » n'avait rien à voir avec Poudlard, autant à cause de la structure architecturale de l'établissement que du mode de fonctionnement des cours – qui allaient bientôt commencer – que du caractère des autres résidents. Il leur parla du fait que les autres élèves n'étaient pas en majorité des orphelins et avaient accès aux cours un peu comme Marietta et les autres, mettant sous silence la sorte d'organisation entourant le Maître des lieux. Lorsqu'il répondit à Neville, Harry s'efforça de paraître le plus enjoué possible. Il sentait que son ami était déprimé et extrêmement touché par son départ. Ainsi, Harry l'était aussi. Neville et lui ne s'étaient jamais quitté pendant près de quinze ans. Ne pas l'avoir près de lui au quotidien lui faisait bizarre, surtout lorsqu'on voyait le fossé caractériel le séparant de ses nouvelles fréquentations. Il essaya de lui remonter le moral, lui disant de ne pas faire attention à Snape et que s'ils se serraient tous les coudes, ils parviendraient à retrouver un état moral stable, malgré l'absence de ceux qu'ils aimaient. Il lui dit de prendre bien soin de Luna, et se décida alors à répondre à celle-ci. Il mit plus de temps à réfléchir à ce qu'il allait lui écrire, la lettre initiale de la jeune fille comprenant des messages dans sa propre langue pleine de vocabulaire magique. Il lui dit qu'il gardait précieusement son collier avec le bouchon de Bièraubeurre et essaya de lui répondre sans faire de fautes d'orthographe concernant toutes ces choses imaginaires.

Vint ensuite sa lettre à l'intention de Lee. Il ne savait pas par où commencer. Il inspira profondément et lui parla d'abord de ses fréquentations à l'Orphelinat, de Draco, le fils du directeur et de sa bande d'amis, tous un peu antipathique mais attachants à leur manière, même s'ils n'avaient rien à voir avec Dean, Seamus et les autres. Il parla du fait qu'il avait rencontré le Maître des lieux, et eut beaucoup de mal à formuler sa pensée, se demandant s'il devait parler ou non de son ressenti à Lee. Il choisit ses mots avec précaution, lui disant qu'il l'avait mis mal à l'aise pour il ne savait qu'elle raison et qu'à chaque fois qu'il l'avait croisé, il se rendait toujours à un rendez-vous, malgré l'heure tardive. Il évoqua également dans sa lettre la réaction des autres ici, lorsqu'on avait parlé de l'attaque de la demeure de Kingsley Shacklebot dans les journaux. Une absence de curiosité ou de panique totale, ainsi qu'un manque d'intérêt marquant. Il lui dit qu'il n'avait pas vu d'autres Mangemorts depuis la dernière fois et lui demanda de ne pas s'inquiéter à ce sujet que si jamais quelque chose se passait, il serait le premier au courant. Une boule se coinça dans sa gorge alors qu'il rédigeait ses dernières pensées à l'un de ses plus proches amis. Il ne parvint pas à mettre sur le papier tout ce qu'il ressentait, le manque, le fait qu'il l'adorait tant, ses sentiments contradictoires concernant le lieux où il se trouvait à présent, loin d'eux. Tout était fouillis et par trois fois, il faillit froissé sa lettre afin de la recommencer. Mais il se dit que le premier jet était toujours le plus sincère, et malgré son aspect brouillon, il la laissa comme telle.

« Toi aussi tu me manques Lee. Tellement. J'aimerais que tu sois ici avec moi, les choses seraient infiniment plus faciles.

J'espère te revoir bientôt.

Harry. ».

Il plia sa lettre, toujours insatisfait mais ne sachant pas comment mettre des mots sur ses émotions, et la mit dans une enveloppe. Il soupira, se passa nerveusement la main sur le visage et attrapa une nouvelle feuille de papier. Son stylo resta en équilibre au-dessus pendant un long moment, jusqu'à ce que qu'Harry se décide à écrire.

Bonjour Professeur,

Cela fait maintenant plus de deux semaines que je suis parti de Poudlard et je commence à m'habituer au rythme de vie ici. J'ai rencontré de nouvelles personnes, avec qui j'ai un peu sympathisé. Mais tout est tellement différent. La chaleur qui règne en permanence à Poudlard n'existe pas ici. Les personnalités sont complètement opposées à celles auxquelles j'étais habitué, les modes de pensée également, sans parler de la décoration. Tout est si sombre.

Neville et les autres m'ont déjà envoyé des nouvelles du quotidien à l'Orphelinat depuis que le Professeur Snape est à la tête de l'établissement. Ils me disent tous que l'ambiance y a changé, que certains se sentent si mal d'avoir perdu des proches qu'ils ne sortent de leur chambre que pour les repas. Mais ils m'ont également tous dit une chose. Que grâce à vous, leur vie était moins pénible. Après la mort du Professeur Dumbledore, rien n'a plus été pareil, mais le fait de vous savoir aussi triste que nous tous, d'aider ceux qui sont restés à se sentir un peu mieux dans cette nouvelle ambiance... ça les apaise beaucoup. Je vous remercie infiniment professeur, et j'espère ne pas dépasser les limites en vous disant que vous me manquez énormément, vous que je connais depuis mon enfance.

J'espère avoir le plaisir de recroiser votre route un jour, et que vous vous remettrez vous aussi de la perte de celui qui a été un si bon directeur pour nous tous.

Avec toute ma gratitude, et mes amitiés sincères,

Harry Potter

La gorge nouée et les mains tremblantes, Harry referma l'enveloppe et écrivit le nom du Professeur McGonagall dessus. Il fit une pause, respira un coup et écrit ensuite une autre lettre à l'intention de Hagrid, le gardien de l'Orphelinat, et le sachant très sensible, tenta de ne pas en faire des caisses et essaya du mieux qu'il put de lui remonter le moral. Il empila toutes les enveloppes les unes au-dessus des autres et entendit au même moment quelques coups frappés à sa porte. Il se leva alors de son bureau, les lettres en main et alla ouvrir. Ce qu'il découvrit sur le seuil le surpris tant qu'il écarquilla ses yeux comme rarement auparavant. Il y avait un Draco, passablement énervé, les bras croisés sur son torse, qui se tenait à côté d'un George Weasley, qui lui lançait un regard torve. À la seconde où la porte s'était ouverte, les deux garçons s'étaient mis à lui parler en même temps.

- Dépêche-toi de descendre, Potter, les autres t'attendent pour manger, dit la voix de Draco.

- Avec Fred, Cédric et les autres on se demandait si tu voulais passer un bon moment, pour changer, et te joindre à nous, dit celle de George.

Ils échangèrent un regard plein de défi, et Harry les regarda l'un et l'autre pendant un moment, abasourdi par la situation. Il n'aurait pas pu imaginer se retrouver dans ce genre de situation, le fils du directeur et les frères Weasley préférant se tenir à une distance de sécurité d'une vingtaine de mètres le reste du temps. Et pourtant, ils se retrouvaient là, devant sa chambre, au même moment. Puis les yeux des deux garçons se plantèrent sur lui dans l'attente d'une réponse. Si la peur avait dicté ses décisions, il aurait répondu oui à Draco sans hésiter. Ca lui faisait mal de se l'avouer, mais il lui fichait la trouille quand il avait ce regard-là. Il déglutit péniblement, pris de court, ne sachant pas quoi répondre.

- Euh...

- Harry et moi avions prévu de manger ensemble.

Les trois garçons tournèrent la tête en direction de la personne qui venait de parler. Théodore se tenait à quelques mètres de là et s'avançait vers leur groupe d'un pas tranquille. Derrière lui, Blaise le suivait de près. Il colla son épaule contre le mur, juste à côté de Harry. Un bruit de satisfaction s'échappa de la gorge de Draco et il eut un sourire mesquin à l'intention du rouquin, qui lui renvoya un regard plein de rage.

- Voilà qui règle la question, ajouta Draco sans se départir de son sourire.

- Quelle question ? Demanda Blaise.

- Avec qui Harry va manger, dit le blond.

Blaise leva les yeux au ciel, visiblement excédé par le caractère enfantin de la « dispute » entre les adolescents. Puis ses yeux noisettes regardèrent Harry un instant, et le jeune homme su que la question n'était pas forcément réglée lorsqu'il prit la parole. Se mettant entre Théodore et George, Blaise croisa ses bras contre son torse en regardant le frère Weasley.

- Si vous tenez à manger avec Harry, vous n'avez qu'à vous joindre à nous, dit-il alors.

Harry aurait éclater de rire en entendant Draco s'étouffer avec sa salive si la tension régnant dans le couloir n'était pas terriblement dense. Harry n'était décidément pas au bout de ses surprises pour la journée et regardait Zabini, mi-impressionné, mi-inquiet. Savait-il vraiment ce qu'il faisait ? Draco le regardait d'une telle façon qu'Harry avait l'impression qu'il allait l'étriper sur place, ou pire, le tuer très lentement et très douloureusement. Théodore souriait si légèrement qu'Harry ne l'aurait pas remarqué s'il ne le connaissait pas, et George n'avait plus l'air de savoir où se mettre. Le rouquin ouvrait et fermait la bouche à répétition, sans qu'aucun son n'en sorte. Le silence commençait à s'allonger lorsqu'on se décida à les sortir de l'embarras.

- Hey, George ! Alors, tu as réussi à voir Harry ?

Une voix identique à celle de George résonna dans le couloir, et Fred s'avança joyeusement vers leur groupe, son sourire se fanant de plus en plus au fur et à mesure qu'il mettait des visages sur les silhouettes qu'il apercevait.

- Ah, dit Fred. Donc tu manges avec la bande d'affreux ce midi ? Tant pis ! Allez viens George, les autres nous attendent déjà au Réfectoire. À plus tard Harry !

Il tira alors son frère par le bras en faisant un geste à Harry. George quant à lui, n'avait toujours pas dit un mot et s'éloignait avec son jumeau en silence, comme s'il était toujours sonné par la proposition de Blaise. Au bout d'une bonne minute ou deux, Draco finit par retrouver l'usage de la parole – pour leur plus grand malheur.

- Mais t'es complètement malade?!

Blaise se tourna vers son ami, l'air insensible à ses paroles.

- Je ne vois pas en quoi, répondit-il calmement.

- Il est absolument hors de question, tu m'entends ! Hors. De. Question, que je mange avec ces... ces...rats de bas étage ! Cracha Draco, hors de lui.

- Je ne vois pas à quel moment, en entendant ma proposition, tu t'es senti obligé de rester, reprit Blaise en regardant son ami dans les yeux.

Ce qui laissa Draco sans voix pour la première fois depuis qu'Harry le connaissait. Il contracta sa mâchoire, visiblement contrarié – qui ne l'aurait pas été à sa place ? – mais n'ajouta rien, ne cessant pas de fixer son ami, d'un regard absolument indéchiffrable. C'était donc là le super-pouvoir de Blaise Zabini : être capable de rendre muet Draco Malefoy.

- Il faudrait y aller, dit Blaise en se détournant. Pansy doit nous attendre toute seule en bas.

- Ah, oui, allons-y, répondit Harry en essayant de briser l'atmosphère inconfortable.

Sans succès. Le jeune homme, ses lettres à la main, verrouilla sa porte et suivit les autres dans le couloir. Enfin, il suivit Théodore et le fils Zabini. Pour la première fois, ce n'était pas lui qui suivait Draco, mais Draco qui le suivait. Et rien qu'avec ce genre de comportement, Harry sut que le fils du directeur avait été blessé, voire profondément vexé par les propos qu'avait tenu son ami. Après tout, ils lui avaient dit qu'ils se connaissaient depuis des années, depuis leur enfance, et d'après ce qu'il avait appris depuis qu'il était ici, Draco et les trois autres étaient si liés que personne n'arrivait vraiment à les atteindre tant leur groupe était restreint. De plus, le fils Malefoy n'était pas le genre de personne qui aimait perdre, et l'affront de son meilleur ami était sans aucun doute une sorte de défaite pour lui. Il devait être un peu sonné. Et Harry ne risqua pas un regard en arrière, de peur de se prendre son amertume en pleine figure. Mais le bruit de ses pas étouffé par la moquette lui indiquait qu'il le suivait tout de même.

Les quatre garçons dévalèrent les escaliers, dans un silence étrange, où personne ne semblait être assez à l'aise pour dire que quoi ce soit – bien qu'Harry soit le seul à montrer un signe de détresse. Il déposa ses lettres dans la boîte prévue à cet effet accroché au mur, derrière la porte d'entrée, et suivit les autres dans le Réfectoire. Après un rapide coup d'œil, il vit que Pansy se trouvait effectivement seule à leur table habituel et leur lança un regard agacé lorsqu'ils s'assirent avec elle. En entendant des rires un peu plus loin, Harry vit la tablée des frères Weasley, Cédric, Dubois et d'autres garçons. Il aperçut la chevelure blonde de Daphné Greengrass, qui était assise avec eux et se dit que finalement, l'arrivée de Fred était très bien tombée.

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Draco et Blaise n'avait pas échangé un seul mot le jour suivant, les mettant un peu tous dans l'embarras. Zabini continuait toujours de leur parler de son ton calme et mesuré, mais Draco semblait avoir gardé un pic à brochette en travers de la gorge depuis la dernière fois, et ne décrochait pas une seule parole. Pansy avait été informée de la situation – assez maladroitement – par Harry après leur repas suivant la « dispute », et elle avait été au moins aussi choquée que Draco par la proposition de Blaise, et le jeune Potter se douta qu'elle n'avait pas cacher le fond de sa pensée au principal intéressé, mais n'en tint pas plus rigueur à son ami. Elle avait du se dire que Draco faisait assez la tête pour deux. Lorsqu'ils se retrouvaient ensemble, elle s'occupa donc de monopoliser la conversation, sollicitant l'avis de Blaise encore plus souvent qu'à l'accoutumée, et tenta à plusieurs reprises de faire la même chose avec Draco, sans grand succès, le jeune homme blond lui répondant par des onomatopées agacées.

Harry avait attendu avec impatience la venue du mercredi, se souvenant soudainement de l'existence de leur séance de foot hebdomadaire, et se dit qu'elle aiderait sans doute à réduire la tension entre les deux amis – ou par malchance, raviverait la flamme de la compétitivité chez eux. Cependant, rien n'alla en s'arrangea et la séance de défoulement tant attendue par les garçons n'arriva jamais. Harry avait rarement était témoin d'une telle tempête. Le vent soufflait extrêmement fort, la pluie tombait drue, les arbres ployaient presque sous les rafales, et le jardin s'était retrouvé à moitié inondé. La chaleur lourde et constante qui s'était installée ces derniers jours avait laissé la place à une journée morose et à une météo désastreuse. Au plus grand désarroi de Harry et Pansy, qui avaient discuté un peu plus tôt, et qui avaient eu la même idée. Après le repas du midi, où même la fille Parkinson semblait être à court d'idées, Harry retourna dans sa chambre, faisant le chemin avec Théodore et Draco, tandis que Blaise et Pansy s'étaient rendus dans la Salle Commune. Draco s'enferma dans sa chambre sans un mot pour les autres, agaçant encore un peu plus Harry. Théodore semblait être le seul que cette situation ne dérangeait pas plus que ça.

- Est-ce que ce genre de choses arrive souvent ? Demanda Harry alors qu'ils atteignaient la chambre du fils Nott.

- Pas vraiment, répondit-il. C'était plus fréquent quand nous étions plus jeunes, mais ils ont trouvé une sorte d'équilibre depuis.

Théodore ouvrit sa porte et se retourna une dernière fois vers Harry.

-Je ne m'en ferais pas trop à ta place, dit-il. Draco a parfois un peu de mal à comprendre que le monde ne tourne pas autour de lui et que tout ne peut pas toujours aller dans son sens. Il s'en remettra.

La porte se referma sur le sourire de Théodore et l'air perdu de Harry. Il était étonné que Théodore tienne ce genre de propos à l'encontre de Draco, lui qui semblait si proche de lui. Mais sans doute était-ce parce qu'ils étaient si proches qu'il pouvait se permettre ce genre de commentaire ? Harry se frotta l'arrière de la tête et entra à son tour dans sa chambre. Le vent à l'extérieur fit trembler la vitre de sa fenêtre et il se demanda un instant si elle allait tenir le coup. La tempête continuait de gronder. Mais tant qu'il n'était pas en dessous, ça ne dérangeait pas Harry le moins du monde, au contraire. Il aimait entendre les éléments se déchaîner autour de lui, tout en étant parfaitement à l'abri. Son regard tomba sur son bureau, où le petit livre contenant les notes de Théodore était posé. Harry était toujours un peu gêné que le fils Nott le lui ai prêté, même si en soi, ce n'était pas vraiment quelque chose de personnel à proprement parler. Il le prit dans sa main, et l'ouvrit en faisant attention à ne pas être trop brusque. Théodore avait une écriture délicate, très soignée. Quelques schémas étaient tracés sur le papier, des flèches indiquant telle et telle fonction, telle et telle signification. Harry fut étonné que tout soit si clair. Il prit les deux livres que le professeur Lupin lui avait donné et décida de se rendre à la Bibliothèque. Il se sentait soudain un peu à l'étroit.

Il verrouilla la porte et descendit les marches jusqu'au deuxième étage. Il rencontra pas mal de monde sur son chemin, sans doute à cause du temps désastreux, et discuta un instant avec Astoria Greengrass, qui avait remarqué – sans doute grâce à ses observations régulières – que Draco semblait un peu déprimé. Harry sourit à la jeune fille, qui était brune autant que sa sœur était blonde, et lui dit de ne pas s'inquiéter, et qu'il boudait juste un peu, sans entrer dans les détails. Draco n'aimerait sûrement pas qu'on parle de sa vie privée à quelqu'un qui ne faisait pas partie de sa petite bande rapprochée. Astoria se contenta de rire, trouvant les dires de Harry assez drôles, et après lui avoir fait un signe de la main, s'en alla rejoindre ses amies. Harry la trouvait vraiment mignonne, et assez adorable quant au fait qu'elle ait un petit coup de coeur pour le fils Malefoy, et espéra intérieurement que Draco ne lui ferait pas de peine. Il ne savait pas pourquoi, mais quelque chose lui disait que malgré ses manières graciles et son jolie visage, Astoria n'intéressait pas Draco plus que cela. Il essaya de penser à autre chose, ne souhaitant pas se faire de fausses idées sur les préférences du jeune homme blond, et ouvrit la porte de la Bibliothèque.

Il salua Mrs Pince, installée à son habitude derrière le comptoir, qui lui répondit d'un signe de tête, son chignon serré et son air pincé toujours en place. Il se dirigea vers le fond de la Bibliothèque, comme il l'avait fait toutes les autres fois où il était venu, dans l'intention d'aller s'asseoir à sa place habituelle. Mais lorsqu'il aperçut la fenêtre à côté de laquelle il s'asseyait, il vit que quelqu'un était déjà présent, assis et concentré sur plusieurs pages disposées en vrac sur la table. Il reconnu les cheveux parsemés de mèches blanches, les habits ternes et vieillis.

- Professeur Lupin ?

L'homme releva la tête, apparemment surpris d'être dérangé ainsi dans son travail.

- Ah, Mr Potter, dit-il.

Il lui fit ce sourire bienveillant, qui rappelait tant – trop – le professeur Dumbledore à Harry, mais il essaya tout de même de le lui rendre. Lupin regarda ce qu'Harry tenait entre ses mains.

- Je vois que vous êtes venu travailler votre français, lui dit-il en souriant.

- Oh, oui, répondit-il un peu gêné.

Lupin fronça les sourcils, voyant la maladresse dont faisait preuve Harry, jeta un regard à ses notes, puis de nouveau au jeune homme qui se tenait droit comme un piquet à quelques pas de lui. Il écarquilla les paupières et commença à ordonner ses affaires.

- Vous vous asseyez ici habituellement ? Lui demanda-t-il. Désolé, c'est également l'endroit où je m'installe, dit Lupin en riant doucement. C'est un peu à l'écart, j'apprécie cela.

- Et, il y a la fenêtre, dit Harry en montrant la vitre d'un geste maladroit.

Lupin lui sourit en l'invitant à s'asseoir en face de lui, l'espace présent sur la table à présent suffisant pour qu'il puisse y déposer ses affaires.

- Je vous en prie, dit-il. Je n'en ai plus pour longtemps.

Harry le remercia d'un sourire et s'installa alors en face de lui, trouvant le fait de se retrouver ici avec un professeur qu'il n'avait pas encore eu en cours un peu étrange, en sachant surtout qu'il y avait encore des tas de places de libre un peu partout. Il étala les livres sur la table, prenant quelques feuilles et un stylo, qui étaient comme toujours, en libre service.

- Et oui, il y a la fenêtre, ajouta Lupin. Je dois avouer que l'aspect sombre de cet endroit me mine un peu le moral parfois, ajouta-t-il.

- Je vous comprends, répondit Harry en souriant poliment.

Harry commença alors a étudier en silence, tentant d'intégrer tout ce qui était écrit dans les livres que Lupin lui avait fournis. Tout était étonnement facile à comprendre pour le moment. Les premières phrases servant d'exemple étaient très simples et permettaient d'expliquer quelques règles élémentaires de la langue, ainsi que la place des mots dans celles-ci. Cependant, après une vingtaine de minutes, Harry tomba sur quelque chose qu'il n'arrivait pas à saisir. Ca lui avait semblé pourtant simple sur le moment, mais il avait beau relire la même chose encore et encore, il n'arrivait pas à en saisir le sens précis. Il tendit alors la main vers le petit carnet de Théodore et l'ouvrit sur la première page. Il commença à lire ses notes, qui étaient toutes très lisibles et très claires dans leur sens, répétant à peu de choses près les instructions que le manuel de Lupin avait souligné, puis il arriva au point qu'il avait trouvé difficile. Il écarquilla les yeux. Théodore avait une manière tellement... fluide de présenter les choses, que tout lui sembla instantanément plus évident. Il recopia le passage sur ses propres notes et referma le carnet. Il releva les yeux un instant et vit le regard perplexe du professeur Lupin sur le carnet. Voyant qu'il l'observait, il prit la parole.

- Je ne crois pas avoir déjà vu ce livre, dit-il en souriant. Il vous appartient ?

- Oh, non, il est à Théodore Nott, répondit Harry.

Les sourcils du professeur Lupin se haussèrent en signe de surprise. Alors comme ça, le comportement de Théodore était étrange même aux yeux des professeurs ? Harry se demanda alors pour la première fois comment se passeraient les cours aux côtés de Théodore, Draco et les autres.

- L'un de ses... amis vous l'a prêté ? Demanda-t-il alors prudemment.

Ce fut au tour de Harry de froncer les sourcils.

- Non, c'est Théodore lui-même qui m'a demandé si j'en avais besoin, répondit-il.

- Vraiment ?

La question sembla lui avoir échappé, et il lui fit un petit sourire contrit en guise d'excuse. Harry lui rendit son sourire et hocha la tête.

- Désolé, étant son professeur, je ne devrais pas avoir ce genre de réaction, mais, j'avoue que ce geste de sa part est assez inattendu. En général, il évite les contacts avec les autres hormis...

- Blaise, Pansy et Draco, finit Harry. Je suis au courant, dit-il en souriant.

- Vous connaissez Miss Parkinson, Mr Malefoy et Mr Zabini aussi ? Demanda Lupin, l'air surpris.

- Oui, je les... fréquente depuis que je suis arrivé. Draco est celui qui m'a expliqué le fonctionnement de l'établissement.

- Vraiment ?! Lâcha Lupin, encore plus surpris.

Il eut un rire sincère, apparemment amusé par ses propres réactions, et Harry lui sourit. Effectivement, maintenant qu'il les connaissait bien, il trouvait également ce genre de comportement un peu... inhabituel ?

- Excusez ma réaction, encore une fois, dit Lupin en souriant toujours. C'est juste que je n'ai rarement – si jamais – vu Mr Malefoy être serviable avec qui que ce soit.

Le professeur Lupin baissa les yeux, l'air un peu coupable de parler en ces termes du fils du directeur. Harry eut un sourire. Il pouvait voir que Lupin était quelqu'un de sincère, et de ce fait, il lui fit instantanément plus confiance. L'ambiance étrange qui régnait ici ne semblait pas vraiment l'atteindre, contrairement aux autres personnes à qui il avait adressé la parole.

- J'ai simplement dû le croiser au bon moment, dit Harry afin d'alléger l'ambiance.

Lupin releva les yeux et lui sourit en retour. Une compréhension mutuelle s'était créée et Harry se sentit soulagé.

- Puis-je... ? Dit Lupin en tendant la main vers le carnet de Théodore.

Harry lui tendit le petit carnet et Lupin commença à le feuilleter. Il resta ainsi à en lire le contenu pendant quelques minutes, son expression changeant au fur et à mesure. Lorsqu'il fit glisser le livre en direction de Harry, il avait l'air agréablement surpris.

- Eh bien... bien qu'il soit évident que Mr Nott aime les langues et soit très studieux, je ne pensais pas qu'il l'était à ce point-là. Tout a été consciencieusement décortiqué, et de manière très exacte. Je suis assez impressionné, dit Lupin.

Harry lui sourit alors, ne sachant pas trop quoi répondre à cela, puis finit tout de même par lui répondre.

- Même si ça ne fait pas longtemps que je suis arrivé, c'est toujours le portrait qu'on m'a fait de Théodore, monsieur. Très studieux.

- Oui, c'est effectivement le cas, rit doucement le professeur Lupin. Mais, je souhaiterai vous demander, si ce n'est pas trop indiscret... comment dire...

Harry regarda le visage à l'air fatigué de son futur professeur. Il ne lui semblait pas très âgé. Il ne devait même pas avoir quarante ans. Et pourtant, ses traits étaient affaissés par endroit, ses cheveux étaient parsemés de mèches grisonnantes et ses habits un peu vieillot lui donnaient l'allure de quelqu'un de dix ou quinze ans de plus. Mais comme l'avait dit Théodore, il lui semblait également de nature posée. Il attendit distraitement qu'il continue de parler, perdu dans ses observations.

- Mr Nott est quelqu'un que j'apprécie malgré son caractère un peu particulier mais... continua-t-il avec hésitation.

- Qu'entendez-vous par caractère particulier ? Le coupa Harry. Enfin, je vois ce que vous voulez dire dans une certaine mesure, comme je suis souvent avec lui et les autres, s'empressa-t-il d'ajouter, mais je ne... vois pas comment il pourrait manifester ses... manières euh inhabituelles ? Lors des cours...

Finalement, Harry avait été tout aussi maladroit que Lupin dans ses explications, ce qui fit sourire le plus âgé. Il échangea un sourire entendu avec Harry puis retenta de reprendre sa phrase, tout aussi maladroitement.

- Je pense que vous le verrez bien assez tôt, dit d'abord Lupin. Mais, pour une raison que j'ignore, ne le voyant que rarement en dehors du temps de classe, il met les autres, sauf exception, assez mal à l'aise. Au départ, j'étais un peu surpris, puis... je pense que son attitude générale déstabilise les gens. Il n'a pas trop conscience de...

- L'espace personnel ?

Lupin eut un rire aimable et hocha doucement la tête. Harry fût étonné de voir que Lupin avait fait l'expérience, lui aussi, d'un Théodore se tenant un peu trop proche de lui. Il n'aurait pas pensé que le fils Nott puisse ainsi se comporter avec des personnes plus âgées. Apparemment, il avait encore beaucoup de choses à apprendre concernant cet étrange individu.

- En tout cas, je suis content de savoir que Mr Nott réussisse à avoir de nouvelles fréquentations, ajouta Lupin. Ce n'était pas le genre de situation auquel je m'attendais, mais c'est une bonne surprise.

Le professeur de lettres regarda alors sa montre et haussa légèrement les sourcils. La seconde suivante, il rassemblait ses papiers.

- Veuillez m'excuser pour le dérangement Mr Potter, dit-il, je vous laisse la place.

Puis, alors qu'il se levait, une pensée, une question, traversa l'esprit de Harry et il se demanda si c'était une bonne idée d'en faire part à son futur professeur. Voyant que Harry ne lui répondait pas, Lupin arrêta ses gestes et le regarda, un peu perplexe. Harry pinça les lèvres.

- Vous... souhaitez me demander quelque chose Mr Potter ? Demanda doucement Lupin.

- Excusez-moi monsieur, mais je me demandais juste si vous travailliez pour le Maître en dehors de l'établissement.

Il y eut un silence pesant qui s'étira. Harry ressentit un creux à l'estomac, se disant qu'il aurait sans doute mieux fait de se taire, et que sa curiosité était un peu trop virulente, à avoir voulu obtenir des réponses auprès d'un homme comme Remus Lupin, qu'il n'avait vu que très peu de fois. Le regard bienveillant s'était voilé et il regretta encore plus ses paroles. Le silence se prolongea encore, et Lupin ne quittait pas Harry du regard, semblant réfléchir à sa réponse. Puis, se sentant de plus en plus mal à l'aise, Harry se racla la gorge et baissa les yeux.

- Désolé professeur, ça ne me regarde pas, je n'aurais pas dû...

- Oui, dit la voix de Lupin.

Harry baissa davantage la tête, extrêmement mal à l'aise, et désagréablement surpris par le ton beaucoup plus froid que l'autre homme avait employé.

- Il m'arrive de travailler pour le Maître en dehors de ces murs, mais je préfère éviter.

Le jeune homme releva le menton, ne s'attendant pas à ce que Lupin décide de lui donner une réponse malgré son malaise. Les yeux noisettes de l'homme brillaient d'une lueur étrange. Etait-il en colère contre lui ? Harry ne savait plus où se mettre. Certes, il avait eu une réponse, mais il aurait préféré ne pas se mettre son professeur à dos avant même le début des cours.

- Ne vous montez pas la tête Mr Potter, dit la voix de Lupin qui avait retrouvé son habituelle douceur.

L'homme lui sourit et Harry lui rendit un sourire timide.

- C'est une... partie de mon emploi dont je n'aime pas parler, dit-il. Je préfère ne mentionner que mes compétences dans l'enseignement. Sur ce...

Le professeur Lupin lui fit un dernier sourire avant de s'éloigner entre les différents rayonnages. Ce ne fut que lorsqu'il fut hors de vue qu'Harry put respirer plus librement. Il savait qu'il avait fait un faux pas et il s'en voulait un peu. Ca n'avait pas du tout été dans ses intentions de contrarier Mr Lupin, et il sentait qu'il était sans doute aller trop loin, alors qu'ils n'étaient pas du tout, ni intimes, ni proches de quelque manière que ce soit – même si l'impression de déjà vu ne voulait pas quitter l'esprit de Harry. Il soupira, se retrouvant maintenant seul dans son coin de Bibliothèque. Il tourna la tête en direction de la fenêtre. Le temps à l'extérieur était toujours aussi catastrophique, les nuages d'un noir d'encre, et la pluie torrentielle assombrissant encore plus l'ensemble. Elle battait à un rythme infernal sur les carreaux, et Harry avait tant été distrait par sa conversation avec Lupin qu'il ne l'avait même pas remarqué jusque là. Il se pencha de nouveau sur ses livres, écoutant d'une oreille distraite le bruit du vent au dehors. Il essaya de mettre le petit incident avec Lupin de côté, décidant d'y penser plus tard, lorsqu'il serait seul dans sa chambre. Il était là pour être le moins en retard possible, pas pour rester en retrait des autres dans cette matière.

Le temps passa alors, Harry passant d'un livre à un autre, vérifiant s'il avait bien compris en feuillant le carnet de Théodore, et prenait des notes sur à peu près tout ce qu'il lisait. Il ne supportait pas être en retard par rapport aux autres. Il ne pourrait pas être parfait, il le savait. Après tout, il ne pouvait pas rattraper deux ans de français minimum en deux semaines. Mais il ne voulait pas se sentir totalement largué, surtout sous le regard gris de Draco Malefoy. D'ailleurs, Harry espéra que Théodore avait raison et que Draco irait bientôt « mieux ». L'ambiance était bizarre depuis que lui et Blaise s'étaient querellé. Il soupira, essayant de se concentrer du mieux qu'il le pouvait, le ciel s'assombrissant encore plus qu'il ne l'était. Au bout d'une heure ou deux – du moins c'était l'impression qu'il avait – Harry regarda autour de lui, à moitié étonné de l'absence d'étudiants étant donné le temps abominable qui régnait à l'extérieur, et chercha une horloge des yeux. La pénombre extérieure ne lui permettait pas d'avoir un quelconque indice sur l'heure, et il ne voulait pas être – encore – en retard au dîner. N'ayant rien sous les yeux, il se leva alors, trouvant bizarre de ne pas retrouver l'horloge de la dernière fois. Il s'enfonça un peu plus loin dans la bibliothèque, essayant de voir si une autre ne se trouvait pas un peu plus loin. Puis, il entendit des voix. Et elles lui étaient étrangement familières. Il ralentit l'allure, tentant de savoir d'où elles venaient. Il entendait qu'il se rapprochait mais ne parvenait pas tout à fait à comprendre leur provenance. Il tourna alors une fois, puis deux, allant plus loin entre les rayonnages. Il arriva dans une section étrange, nommée – Religions, Mythes & Légendes, Sciences occultes – plissa le front face à la quantité de livres impressionnante, et se tint contre les étagères, les deux personnes qu'il entendait se tenant de l'autre côté. Tout à coup, tout fut bien plus clair et Harry fut à la fois inquiet et soulagé.

-... ne fais plus ça.

La voix appartenait à Draco. Harry reconnut son timbre, mais son intonation était bien différente de celle dont il était habitué. Il était... du moins il avait l'air, plus fragile, plus calme. Moins impétueux et directif.

- Je n'aime pas quand on se dispute, ajouta-t-il.

- Moi non plus Draco.

La voix un peu rauque de Blaise retentit alors, son ton doux et caressant. Il y eut une pause, assez longue, pendant laquelle Harry fut gêné d'écouter les deux amis dans ce genre de situation, un peu délicate. Mais il décida de rester pour une raison inconnue – hormis la curiosité.

- Mais il faut que tu comprennes que tout ne peut pas toujours se passer comme tu le souhaites, dit Blaise.

Le silence lui répondit et Harry vit un peu plus loin, un espace laissé entre deux livres. Il s'avança alors sur la pointe des pieds et regarda discrètement entre les-dits livres. Il voyait Blaise et Draco, debout, l'un en face de l'autre, Blaise regardant Draco, qui lui avait la tête baissée et les sourcils froncés.

- Mais il s'agit de Weasley... grogna Draco.

Ses poings s'étaient serrés, mais hormis cela, il n'avait pas changé de position. Blaise eut un petit soupir et posa ses deux mains sur les épaules de son ami.

- Tu sais, ce n'est pas parce que je parle avec lui qu'il passe avant toi, si c'est ça qui te fait peur.

Draco releva la tête en une fraction de secondes, ses yeux gris transperçant son ami. Il avait l'air à la fois blessé et furieux. Puis il dit quelque chose qu'Harry n'aurait pas pu imaginer.

- Mais si un jour ça arrivait ? Dit Draco, un peu trop fort.

Les sourcils haussés, Harry attendait la réponse de Blaise impatiemment. Il ne s'était pas attendu à ce genre de réaction-là chez Draco. Harry savait qu'il tenait à ses amis proches, mais réagir de cette manière ? C'était vraiment possessif et égoïste. Mais Blaise ne s'énerva pas, et se rapprocha encore d'un pas de lui. Il fit ensuite glisser ses mains dans le dos de Draco, jusqu'à ce qu'elles se posent sur ses hanches dans un geste ferme.

- Draco, je t'en prie, dit-il avec un sourire.

Au départ, Harry pensa qu'il allait se moquer gentiment de lui, comme à son habitude, mais malgré son sourire, qui était rassurant, ses yeux restaient sur lui, sérieux.

- On se connaît depuis toujours, continua-t-il. Tu es si cher à mes yeux Draco. On est si proches toi et moi, je ne laisserai tomber ça pour rien au monde.

Les pouces de Blaise traçaient de petits cercles sur les os des hanches de Draco, et Harry ne sut dire si c'était uniquement machinal ou si c'était dans l'objectif de calmer le fils Malefoy plus vite. Draco quant à lui, se mordait la lèvre inférieur, hésitant et son regard faisait des aller-retours entre le visage de Blaise et le sol. Puis, au bout de quelques secondes, il se fixa sur Blaise.

- Tu me le jures ?

Harry trouva alors qu'il avait l'air d'un enfant qui avait le besoin irrépressible d'être rassuré. Et pourtant, lorsqu'il dit ces mots, son ton avait été si sérieux qu'Harry en avait eu des frissons le long de la colonne vertébrale. Blaise ne dit rien pendant un moment, ne lâchant pas Draco des yeux, puis aussi sérieusement, sans un sourire, il lui répondit.

- Je te le jure, dit-il doucement.

Les épaules de Draco s'affaissèrent, et Harry en fut surpris. Il n'avait pas remarqué qu'il avait été aussi tendu. Puis après un dernière regard, le jeune homme blond passa ses bras autour de la nuque de son ami, le serrant fort contre lui. Le fils Zabini, l'encercla également, caressant doucement son dos. Harry pinça les lèvres et se décida à partir. Il en avait déjà trop vu, il ne voulait pas risquer de faire une gaffe et se faire remarquer. Quelque chose lui disait que Draco n'apprécierait pas qu'il soit au courant de leur discussion. Il partit à reculons, ne faisant aucun bruit, et retourna à sa table pour récupérer ses affaires. Finalement, Théodore n'était pas la seule personne tactile dans leur groupe. Harry avait dû se faire de fausses idées quand il avait vu Draco avec Théodore dans la Salle Commune. Même s'ils avaient été extrêmement proches, ça ne voulait certainement rien dire compte tenue de l'étreinte que Draco et Blaise venaient d'échanger, ainsi que de leurs paroles. Harry passa la porte de la Bibliothèque, toujours perdu dans ses pensées. Et peut-être avait-il bien fait de partir à cet instant précis, alors que Draco avait sa tête nichée dans le cou de Blaise, déposant tendrement des baisers dans son creux. Harry n'aurait sans doute pas pu intégrer correctement toutes ces informations.

À suivre...


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