Chapitre 12:
Au dehors le vent giflait les branches des arbres, ridicules pantins démantibulés qui se balançaient au gré des rafales. Il y en avait un tout particulièrement, jouxtant la demeure des Gilbert, et dont le long bras rigide aux doigts acérés recroquevillés sur eux-même frappait la surface plane et glacée d'une fenêtre à l'étage. Il traversait l'air dans de brusques bourrasques répétés et frappait, frappait encore. Et le martèlement du bois sur la vitre sonnait comme un coup frappé à une porte. Boum. Boum. Boum. De l'autre côté, le bruit, étouffé et continu, était le seul qui vienne rompre le calme dans lequel baignait la chambre. Celle-ci, plongée dans une obscurité silencieuse, semblait dormir. Un rayon de lumière laiteuse traversait la fenêtre et venait frapper le grand lit qui trônait au milieu de la pièce. Là, une grosseur s'élevait des draps. Une forme d'où s'échappait une respiration régulière. Elena, les yeux grands ouverts, contemplait le plafond d'un air mélancolique sans parvenir à trouver le sommeil.
Boum. Boum. Boum. Machinalement, elle porta sa main à son bras, pétrissant d'un air absent la chair meurtrit. Ses longs doigts caressèrent les lacérations profondes causées par la colère de Damon. Et quelle colère... elle voyait encore comme si elle y était la haine indicible dans ses yeux, une rancœur tenace suintant chaque mots sortit de sa bouche... pourquoi tant d'amertume ? Elle se mordit la lèvre, en proie à une grande confusion. La situation lui échappait complètement... pourquoi devait-elle subir un tel courroux alors qu'elle-même avait tant de mal à ne pas laisser éclater sa rancune ? Après tout, c'était lui qui avait choisit de la laisser... mais peut-être le regrettait-il, murmura une petite voix dans son fort intérieur. Une vague d'espoir l'envahit aussitôt par bouffée, et elle s'empressa de l'étouffer au plus profond de son cœur. Il n'était pas bon de se laisser aller à de vains espoirs, qui plus est qui étaient sans doute provoqués par son désir de... elle laissa sa pensée en suspend, n'osant pas aller plus loin dans ses élucubrations. Il était plus sage de se mettre à penser à une solution pour libérer Stefan de prison, puisque de toute évidence Caroline était aussi proche de retrouver la trace de Klaus qu'elle-même d'avoir une discussion censée et cohérente avec Damon... Soudain, et alors qu'elle s'efforçait à concentrer son esprit sur le fâcheux sujet qu'était l'incarcération de stefan, la fenêtre s'ouvrit dans un grand éclat, et les volets s'écrasèrent lourdement contre le mur. Une brise glaciale, s'insinuant sournoisement par le trou béant, déferla sur Elena qui avait presque bondit de son lit dans un glapissement de surprise. Elle traversa la chambre à pas feutrés jusqu'à la fenêtre grande ouverte, examinant d'un regard méfiant la nuit profonde enveloppant la rue juste en dessous. Mais il n'y avait rien. Rien d'autre que la tumulte du vent secouant les rideaux, et les ombres mouvantes que projetaient les branches d'arbre spectrales au dehors.
Soupirant de soulagement, elle referma d'un geste sec la fenêtre et se retourna pour regagner son lit. C'est alors qu'elle manqua s'étrangler. Là, recroquevillé dans un coin de la chambre, quelqu'un l'observait. Son premier réflexe fut de pousser un cri de terreur mais elle avait à peine ouvert la bouche que déjà l'homme s'était précipité sur elle et avait plaqué sa main contre ses lèvres, étouffant son appel au secours. Il y eut un moment de flottement étrange durant lequel elle leva ses yeux vers lui, contemplant avec une fascination pétrifiée les iris pastels braqués sur elle, la sommant de rester silencieuse.
- C'est moi, murmura-t-il. Je ne voulais pas te faire peur.
En entendant la voix grave de Damon, Elena sentit un soulagement s'emparer de tout son être et son corps raidit se détendit instantanément contre lui.
- Ne cris pas, poursuivit-il d'une voix plus basse encore, comme s'il craignait de l'effrayer, tu vas réveiller Alaric...
Elle hocha docilement la tête de haut en bas mais il n'ôta pas sa main pour autant. Au contraire, il la garda plaquée contre sa bouche plus que de raison, profitant de sa proximité nouvelle avec Elena... il pouvait sentir au creux de sa main la pulsation de sa vie, délicieux compte à rebours qui régulait sa propre anxiété... Son autre main, pressée contre l'échine de la jeune fille, contourna le bas de son dos et il s'écarta alors d'elle, presque à regret, détachant sa main qu'il laissa retomber le long de son corps.
Elena, le cœur battant à tout rompt, le regarda s'éloigner d'elle sans rien dire. Ses yeux le suivirent jusqu'à l'autre bout de la pièce où il retourna, se collant dans le même coin où elle l'avait vu apparaître. Maintenant qu'elle pouvait l'observer librement, elle comprenait pourquoi elle ne l'avait pas tout de suite reconnu... car si il était vrai que l'endroit où il se tenait baignait dans la pénombre, et qu'il était donc d'autant plus difficile pour elle de le voir correctement, c'était plus sa morphologie et sa façon de se tenir qui l'avaient induit en erreur. Fronçant les sourcils, elle toisa l'ombre mouvante de Damon qui s'affalait contre le mur. Il semblait fatigué, si fatigué... son dos était courbé comme sous le poids d'un immense fardeau et ses traits tirés lui donnait l'air d'un homme au sorti d'une longue et éreintante maladie. Il resta longtemps ainsi, les yeux fermés, la mâchoire serrée, sans qu'Elena puisse s'expliquer la raison de sa venue.
Sa perplexité fit bientôt place à une franche et saine colère qui monta de ses entrailles. Ne lui avait-elle pas demandé de la laisser tranquille après qu'il ait manqué de lui arracher le bras ? Et voilà qu'il s'invitait lui-même dans sa chambre et restait muré dans son stupide silence. Combien de fois ne lui avait-il pas fait ce coup-là... mais les choses avaient changés, pensa-t-elle avec amertume, et s'il croyait pouvoir recommencer les bonnes vieilles habitudes, il avait tord.
- Tu n'as toujours pas apprit à frapper, à ce que je vois, dit-elle d'un ton glacial
A sa grande surprise, elle vit un sourire étirer ses lèvres. Il ouvrit les yeux et elle déglutit. Soudain, il semblait avoir reprit de sa superbe. Qui plus est – et cela lui fit instantanément perdre tous ses moyens – ses iris flamboyantes étaient plantées sur elle et une lueur narquoise brillait dans celles-ci.
- Tu sais à quel point j'aime soigner mes entrées, lâcha-t-il du bout des lèvres
Elle se renfrogna et croisa les bras contre sa poitrine.
- Très bien, si c'est un de tes nouveaux jeux, autant te dire que ce sera sans moi.
- Ça n'a rien d'un jeu, rétorqua-t-il. Au contraire, c'est très sérieux.
- Sérieux ? Répéta-t-elle, haussant ses sourcils tellement hauts qu'ils rejoignaient son cuir chevelu. Il t'arrive d'être sérieux ?
Il y eut un silence et il se redressa lentement, la toisant de toute sa hauteur.
- Quand ça en vaut la peine, oui, répondit-il à mi-voix
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Elena sentit son rythme cardiaque s'accélérer ostensiblement sous son regard brûlant. Ne pouvant pas le soutenir davantage, elle cilla et fit semblant d'être soudain très intéressée par les lattes du plancher. Elle l'entendit s'agiter, dans le coin de sa chambre, et comprit avec effroi qu'il était en train de s'avancer vers elle.
- Qu'est ce que tu fais ? Souffla-t-elle, en proie à un affolement qui agitait ses sens
- Je veux que tu réponde à une question.
- Une question..., murmura-t-elle
Elle se risqua à lever les yeux vers lui et sentit son cœur déborder de sa poitrine. Il était là, plus près que jamais, et il la fixait avec une telle intensité qu'elle crut qu'il allait de nouveau lui faire mal. Mais les traits de son visage n'avaient rien de bestial... ils étaient tendus cependant, comme sous l'effet d'une profonde avidité qu'elle ne saisissait pas. Pour tenter de reprendre une contenance, elle s'éloigna de lui jusqu'à la fenêtre et lui tourna résolument le dos.
- Beaucoup de questions, parvint-elle à dire en inspirant profondément. Mais si peu de réponses...
Elle entendit une latte du parquet craquer juste derrière elle et son estomac se contracta douloureusement. Ses doigts agrippèrent les rideaux de velours qui pendaient tristement le long de la fenêtre, dans une tentative désespérée de se raccrocher à quelque chose, n'importe quoi. Elle n'avait pas besoin de se retourner. Elle savait qu'il était juste derrière elle. Elle pouvait sentir son souffle chaud sur ses épaules à demi-couvertes.
- Qu'est ce que tu fais là, Damon? Dit-elle d'une voix tremblante. Je t'avais dit de ne pas revenir.
Il ne répondit pas, mais elle sentit sa respiration s'intensifier. L'angoisse la submergeait, lui faisait tourner la tête. Elle aurait voulu qu'il dise quelque chose, n'importe quoi, pour la faire sortir de sa torpeur mais aucun mot ne vint rompre le silence étouffant de la pièce. Elle ouvrit la bouche pour lui dire de partir à nouveau mais elle sentit sa main frôler sa hanche et tout son corps fut envahi d'une bouffée de chaleur qui étouffa ses mots à travers ses lèvres.
La main remonta le long de son dos frémissant, et glissa sur son épaule. Elle ferma les yeux à s'en fendre les paupières. Chaque frôlement était une lame de rasoir sur sa peau à vif. Chaque seconde qu'il passait à la toucher était une torture de tous les instants... Elle devait le dire, elle devait le faire tant qu'elle en avait encore la force.
- Va-t-en, je t'en prie..
Mais ces quelques mots, qu'elle avait voulu égaux et sobres, étaient teintées d'un désespoir afflictif et sonnaient comme une supplication dans sa bouche. Elle sentit le souffle chaud se rapprocher, se faire caresse dans son cou frissonnant. Ses mèches de cheveux d'un noir de jais lui chatouillaient la nuque. Elle essaya de contrôler sa respiration pour ne pas qu'il remarque dans quel état il la mettait mais c'était trop tard. Le souffle haletant, elle le sentit coller son corps contre son dos, se faire pressant, l'enserrer dans un étau de fer presque douloureux. Ses mains lâchèrent brusquement le rideau de velours et vinrent se plaquer contre celle de Damon pour le faire cesser ses caresses.
- Arrête, parvint-elle à murmurer d'une voix faible et paniquée. Ne fais pas ça.
Mais son propre corps menait une lutte douloureuse contre sa raison. La respiration saccadée, sa poitrine se soulevant et s'abaissant avec une lenteur affolante, puis de plus en plus rapidement à mesure qu'elle se cambrait contre lui... Sa voix disait non mais son corps en ébullition criait, hurlait à travers sa chair un « oui » perçant qui lui torpillait le cœur. Ses doigts griffèrent profondément ceux de Damon qui les entremêla au siens, et poursuivit ses caresses avec plus d'empressement encore, pétrissant le moindre centimètre carré de sa peau. Sa main gauche suivit la ligne de son cou et glissa entre ses seins, sous son haut en flanelle, traçant des cercles autour de ceux-ci du bout des ongles, raclant son épiderme à vif... Elena se mordit la lèvre. Elle augmenta la pression de ses doigts sur ceux de Damon pour l'empêcher d'aller plus loin mais son souffle saccadé qu'elle peinait à contrôler eut raison du vampire qui, fou de désir, empoigna son sein à pleine main qui durcit sous son emprise. Et alors que sa caresse abrupt arrachait à Elena un gémissement étouffé, sa main droite plongeait jusqu'à l'intérieur de sa cuisse. La poitrine gonflée d'Elena se souleva, convulsionnée par un halètement désordonné s'échappant de ses lèvres qui continuaient de murmurer dans une semi-conscience : « non, non, non... ». Ces mots, murmurés dans un soupir de contentement, ne firent qu'enflammer l'ivresse de Damon qui écrasa sa bouche contre son oreille et lui susurra d'une voix chaude et suave :
- Je change de question... j'ai toujours droit à ma réponse ?
Le trouble d'Elena s'accrût, et elle babilla quelque chose d'incompréhensible tandis que la main droite du vampire poursuivait sa folle course entre ses cuisses puis remontait savamment jusqu'à son ventre secoué de soubresauts incontrôlables.
- Alors dis-moi, chuchota-t-il à son oreille, dis-moi...
Alors qu'il répétait ces mots, sa bouche glissa le long de son cou dans une longue traînée langoureuse puis il embrassa son épaule et ôta d'un doigté habile la bretelle en flanelle qui chut le long du bras d'Elena. Il passa alors doucement sa main sur son épaule désormais nue et Elena se laissa aller contre lui pour ne pas tomber, tant ses jambes étaient devenues engourdies. Il caressa son épaule nue d'un dernier baiser puis saisit la mâchoire d'Elena dans un geste pressant mais doux, et fit pivoter son visage vers lui. Alors elle lut les lignes de son visage... ses traits divins suintant d'une passion douloureuse, ses yeux azurs presque transparents lui tordant le cœur... il la sonda de son regard impénétrable et lâcha du bout des lèvres :
- dis moi... qu'est ce que tu veux, Elena ?
Elle retint sa respiration, la tête basculée en arrière, et murmura :
- Je veux... je veux...
Il hocha la tête lentement, le souffle court, les yeux brillants d'un éclat particulièrement vorace et insatiable... Sa main saisit la bretelle jonchant le flanc d'Elena et il la tira d'un geste lent, défaisant le haut en flanelle de la jeune fille qui tomba à ses pieds, vaincu. Elle ne fit pas un geste pour tenter de se rhabiller et resta ainsi, à demie nue devant lui, frémissante d'un désir inassouvi qui lui mordait la chair. Elle s'efforça de toutes ses forces de se contrôler, de penser au mal qu'il représentait, mais le bien qu'il lui infligeait en cet instant supplantait toute la douleur qu'il avait pu lui causer en l'abandonnant. Il frôla ses lèvres des siennes, étouffant ses soupirs haletants de plus en plus aigus, de plus en plus forts... puis brusquement s'écarta d'elle et recula de quelques pas. Alors son regard vrilla son cou jusqu'à l'harmonieuse rondeur de sa poitrine laissée pour compte et remonta jusqu'au visage de la jeune fille muée en une expression de profonde frustration. Sans savoir ce qu'elle faisait réellement, elle ondula du bassin et fit tomber à ses chevilles le short en lin qu'elle portait. Désormais nue devant lui, elle envoya valser le dernier vêtement d'un coup de pied agile et s'avança vers le vampire qui la contemplait, ses yeux bleus agrandis de stupeur, la bouche légèrement entrouverte sur laquelle elle écrasa brusquement ses lèvres en saisissant sa nuque pour le presser contre son corps fiévreux.
- C'est toi que je veux, c'est toi, haleta-t-elle en enfouissant ses mains dans ses cheveux d'un noir de jais, C'est toi...maintenant... en moi...
Elle n'eut pas le temps de se sentir mortifiée par les mots qui venaient de s'échapper de sa bouche car déjà il l'avait basculé sur le lit dans un grognement rauque et s'appliquait à couvrir de baisers chaque parcelle de son corps, à commencer par sa poitrine... le corps d'Elena s'arqua, et elle enfouit ses mains dans les cheveux d'un noir de jais du vampire.
- Qu'est ce que je suis en train de f..., murmura-t-elle d'une voix lascive, soudain coupée par un gémissement nouveau qui monta de ses entrailles avec une telle puissance qu'elle planta ses ongles dans la nuque de Damon
Ce dernier leva les yeux vers elle, une lueur folle dansant dans son regard anthracite, et il remonta jusqu'à sa bouche, lui soufflant :
- dis le-moi encore... dis-moi ce que tu veux...
Sa main palpait ses cuisses ouvertes, offertes... elle répéta ce qu'elle voulait et il murmura d'un air empressé, couvrant de baisers langoureux ses lèvres, son front, ses joues, son cou, ses épaules, descendant le long de son bras... il s'arrêta soudain net face à la blessure qu'il lui avait causé, de longues et profondes lacérations autour de son poignet et son visage s'assombrit. Il pressa doucement sa bouche contre les marques en murmurant avec une tendresse infinie, le cœur au bord des lèvres :
- Pardonne-moi, pardonne-moi, j'ai été stupide, pardonne-moi...
Il remonta jusqu'à elle pour l'embrasser à pleine bouche, continuant de chuchoter d'un air enflammé en encerclant son visage de ses deux mains :
- Pardonne-moi, tu m'avais rendu fou... j'imaginais des choses avec stefan, des choses que de toutes façons j'avais déjà en tête mais qui se sont amplifiés en vous voyant tous les deux...
Elena se raidit instantanément. Stefan. Mon dieu, qu'est ce qu'elle était en train de faire... elle pris soudain conscience de son corps nu, et de Damon allongé au dessus d'elle qui l'observait d'un air anxieux, témoin de son changement brusque d'attitude. Elle s'écarta brutalement de lui et agrippa le drap dont elle se couvrit le corps avec précipitation.
- Qu'est ce que j'ai fait, murmura-t-elle avec angoisse, qu'est ce que j'ai fait, mon dieu...
Elle bondit du lit, enroulant le drap autour de son corps et recula contre le mur, pétrifiée. Damon se releva précautionneusement sans la lâcher du regard et il leva ses deux paumes en l'air comme pour l'apaiser.
- C'est ma faute, dit-il. J'aurais du te dire dès le départ que...
- Ne m'approche pas, dit-elle d'une voix stridente, tu ne crois pas que tu en as assez fait !
Prostrée contre le mur, elle serra le drap autour d'elle, le corps secoué de véritables convulsions qui la rendaient malade. Comment avait-elle pu tomber aussi bas... comment avait-elle pu faire ça à Stefan, qui l'avait littéralement porté à bout de bras... comment avait-elle pu faire ça avec quelqu'un qui lui avait fait tant de mal... Damon se composa une expression tellement douloureuse qu'elle détourna le regard, des larmes baffant ses joues... comme elle se méprisait...
- Elena, Elena, dit-il en s'approchant lentement d'elle. Écoute-moi...
Elle hocha la tête de gauche à droite, essayant d'ignorer le poids qui lui obstruait le cœur. Comme il était douloureux d'avoir du s'arracher aux bras de Damon, et comme il était éreintant de devoir le fuir alors qu'elle n'avait qu'une envie... se jeter sur lui à corps perdu.
- Non, dit-elle en ravalant un sanglot, non, va-t-en je t'en supplie...
- Ecoute-moi, dit-il d'une voix ferme qui contrastait avec ses mains tremblantes levés face à lui. Tout ça est un monceau de mensonges, tu dois comprendre...
Elle tourna lentement la tête vers lui, interdite, et il poursuivit d'une voix fébrile :
- tu dois comprendre que jamais, jamais même pour tout l'or du monde, je ne t'aurais laissé ici... jamais, je ne t'aurais abandonné.
Un lourd silence s'installa entre eux, rompu par la respiration désordonnée d'Elena. Elle contempla longuement le visage aux traits tendus de Damon et ses yeux s'agrandirent de stupeur...
- … mais tu m'as dit...
- Rebekah t'a dit, rectifia-t-il. Pas moi.
Il s'avança d'un pas, prenant la main d'Elena dans la sienne.
- Rebekah t'a dit, répéta-t-il d'une voix douce. Et Rebekah t'a mentit...
Il inspira profondément et lâcha du bout des lèvres alors qu'Elena blêmissait :
- Je t'ai attendu jusqu'à la dernière minute à l'aéroport.
Elle secoua la tête de gauche à droite d'un air obstiné, les sourcils froncés, les yeux révulsés mais Damon affirma sa prise sur sa main et poursuivit :
- C'est la vérité. Et je sais que tu aimerais terriblement continuer à croire que je suis cet homme si méprisable... mais ce n'est pas le cas.
Il porta sa main à ses lèvres et la baisa sous le regard médusé d'Elena.
- Je t'aime, lui souffla-t-il. Je n'ai jamais cessé de t'aimer, même quand je pensais t'avoir perdu à jamais.
Elle leva une main tremblante vers son visage aux traits parfaits qui n'exprimaient rien d'autre qu'une profonde et incommensurable tendresse, le frôlant du bout des doigts.
Maintenant qu'il se tenait face à elle, maintenant qu'il pouvait la toucher, sentir la douceur de son épiderme sous ses doigts, il se demandait comment il avait fait pour réussir à survivre sans elle. La simple pensée de ces heures vides et creuses où elle n'était pas à ses côtés lui donnait le tournis. Il était comme tombé d'une falaise, avait plongé dans les vagues d'une mer déchaînée, écrasé par les monstrueux rouleaux compresseurs qui l'avaient meurtrit, balayés comme une poupée de chiffon. Il avait perdu pied, et combien de fois tenté de remonter à la surface, sans parvenir à y arriver. Il avait tendu sa main vers le mince faisceau de lumière qui se reflétait juste au dessus de ce mur de glace sous lequel il était prisonnier... toujours plus mince... toujours plus pâle... il s'était vu échouer. L'eau avait emplit sa poitrine, compressé ses poumons. Il avait sombré.
- Damon..., entendit-il
Il la vit, ses grand yeux noisettes levés vers lui, la lèvre inférieure tremblante. Il lui caressa la joue comme si elle était la chose la plus précieuse sur cette terre et un rire étouffé fit frémir ses lèvres.
- La seule et unique chose qui m'ait fait rester en vie, c'est que je savais... je savais que je te reverrais, d'une manière ou d'une autre, dit-il à mi-voix
Elena sentit son cœur se serrer. Il était Luisant d'espoir, ses yeux brillant d'une flamme qu'elle ne connaissait que trop bien.
- Je ne peux pas abandonner maintenant, poursuivit-il dans un souffle, en sachant que tu aurais pu être à moi.
Il serra un peu plus ses bras autour d'elle comme pour ne pas qu'elle s'échappe.
- J'aurais pu..., murmura-t-elle entre ses larmes
- Tu peux l'être à nouveau, dit-il d'une voix si basse qu'elle dut tendre l'oreille pour parvenir à l'entendre
Elle ferma les yeux à s'en fendre les paupières. Il lui sembla que tous ses membres s'affaissaient d'un même mouvement lorsqu'elle déclara d'une voix faible:
- J'ai couché avec Stefan... nous nous sommes remis ensemble.
