Amis du jour, bonjour ! Nous nous retrouvons aujourd'hui pour un nouveau chapitre, qui je l'espère vous plaira : il s'y passe bien des choses, et je crois que certaines d'entre vous vont être contentes (elles se reconnaîtront...). J'ai été un peu plus absente ces derniers temps car ma vie professionnelle m'a pas mal affectée en terme d'énergie et de moral. D'ailleurs je vous remercie pour vos gentilles attentions en MP, ça me fait toujours autant plaisir. J'ai pas mal de fictions à rattraper, mais je m'y mets tout de suite.

Un grand merci à vous qui suivez cette fiction, que vous laissiez un ptit mot ou pas : j'en profite pour remercier les guests, faute de n'avoir pu le faire plus tôt, Fan2toi (bienvenue par ici !), Ewylyn, MissEvansPotter et Guest.

Chapitre 14

Le dragon qui dort

— Vous vous êtes bien débrouillée, Miss Leighton.

Iris remercia le professeur Tiddle d'un sourire et se réinstalla à sa place, satisfaite. La classe venait de réviser et pratiquer quelques sortilèges de protection en vue des BUSEs et Iris s'en était bien sortie, parvenant à contrer tous les sortilèges de Lily hormis un, déconcentrée par Potter qui avait trouvé drôle de lancer un Risctusempra à Remus.

— Maintenant, nous allons parler un peu plus précisément du Patronus. Je constate dans les copies des élèves des niveaux supérieurs des confusions qui m'agacent au plus haut point. Or, quand la théorie est erronée, la pratique ne peut se faire sereinement... Et les élèves ont cette fâcheuse tendance à vouloir faire passer la calèche avant les Sombrals, déclara l'enseignant, amusé.

Motivée par son récent succès, Iris, plume en main, écouta studieusement le préambule du professeur Tiddle sur les Détraqueurs, qui n'avaient décidément pas l'air des créatures les plus charmantes du monde sorcier. Avec un frisson, Iris imagina les horreurs que son frère pourrait revivre s'il se trouvait un jour face à eux. Secouant la tête pour chasser ses idées noires, elle se concentra à nouveau sur la voix caverneuse de son enseignant.

— Face à des créatures aussi sombres que les Détraqueurs, un sortilège puissant est le bienvenu. Et c'est là qu'intervient le...

Le professeur s'interrompit. D'ordinaire, lorsque le professeur Tiddle s'interrompait, s'était pour piquer une de ses célèbres colères noires contre un élève qu'il jugeait inattentif. Instinctivement, Iris déglutit difficilement, se préparant à voir les murs trembler. Pourtant, il se contenta de soupirer en soupirant.

— Le... reprit Mr Tiddle en leur faisant signe de compléter sa phrase, plein d'enthousiasme.

— Patronus ? dirent quelques élèves dont Iris et Lily, un peu déstabilisés par le comportement de leur professeur.

— C'est une question ? Bon alors ! C'est mou tout cela, c'est mou... Réessayons... Le...

— Patronus ! dit l'ensemble de la classe en échangeant des regards intrigués.

— Voilà ! Le Patronus ! Quelqu'un peut-il me résumer rapidement ce qu'est un Patronus ? Oui, Mr Lupin ?

— C'est l'incarnation magique, sous forme animale, de pensées positives permettant de protéger celui qui le lance des Détraqueurs.

— Excellent ! Excellent, Mr Lupin ! Je n'aurais pas dit mieux ! Excellent ! Dix points pour Gryffondor ! Excellent !

Iris ne parvint pas à contrôler ses sourcils, qui se haussèrent vers le haut de son crâne face à l'excès d'enthousiasme un brin névrosé de leur professeur. Rapidement, elle observa ses camarades et constata qu'elle était loin d'être la seule à être mal à l'aise.

— Vous parlez de forme animale, Mr Lupin... Et c'est excellent, excellent. Mais il faut préciser, c'est toujours mieux de préciser... Vous ne précisez pas assez dans vos copies. Qu'est-ce que je disais... Ah oui, quelqu'un peut-il préciser ?

En réalité, Iris était convaincue que plusieurs de ses camarades étaient capables de préciser, dont Remus. Mais tous les élèves fixaient le professeur avec un air un peu effrayé, comme s'ils s'attendaient à ce que son sourire béat cache une volonté sournoise de les prendre en otage d'un moment à l'autre.

— Il prend une forme animale correspondant au caractère, à la personnalité du sorcier... finit par dire Lily.

— Oui ! Excellent, excellent ! Continuez !

— Et euh... Je crois que le Patronus d'un sorcier peut changer au cours de sa vie, selon ce qui lui arrive...

— Oui ! Magnifique ! Gryffondor, dix points ! Mais Gryffondor a mangé du lion au déjeuner, c'est cela ?

Après quelques secondes d'un fou rire nerveux qui finit par rendre mal à l'aise les quelques élèves qui n'avaient pas encore remarqué l'enthousiasme malsain de leur enseignant, le professeur Tiddle continua ses précisions, indiquant notamment aux élèves qu'un sortilège pas assez puissant ne donnerait pas un sortilège corporel, mais une simple brume argentée.

— Sérieusement, il est complètement bourré non ? chuchota Iris à Lily après un nouveau fou rire du sorcier.

Lily acquiesça du regard, toujours aussi mal à l'aise. Iris comprenait mieux les sautes d'humeur du professeur, maintenant. En revanche, elle n'était pas convaincue qu'il allait faire très long feu dans l'établissement, le professeur Dumbledore n'approuvant certainement pas que les cours de Défense soient donnés en état d'ébriété.

— Quelle heure est-il ? Non, c'est bon... Vous prenez des notes, n'est-ce pas ? Miss Leighton, vous prenez des notes ?

Un peu paniquée, Iris approuva vigoureusement de la tête. Le professeur Tiddle lui sourit et passa une main dans ses cheveux fous, cherchant visiblement où il en était.

— Alors, euh... Non, ça j'en ai parlé... Ah oui ! Suis-je bête, la formule ? Ah, sacré Salustius, un jour tu oublieras comment transplaner. Alors, la formule...

D'une voix forte, le professeur s'écria "Spero Patronum" et brandit sa baguette magique. Un filet argenté s'échappa de la baguette, prenant rapidement la forme d'un hibou qui s'envola à travers la pièce. Une fois l'animal évaporé, Iris se tourna à nouveau son professeur, qui fixait l'endroit où se trouvait le Patronus encore quelques secondes auparavant avec une surprise non dissimulée. Ou du moins, mal dissimulée.

— Le cours est terminé... Rangez vos affaires et sortez... PETTIGREW ! Je n'ai pas dit de vous mettre à parler de votre vie ! DEPECHEZ-VOUS, TOUS !

Iris et Lily ne se firent pas prier, et la jeune fille manqua de renverser son encrier en voulant ranger et fuir la classe le plus rapidement possible. Une fois en dehors de la salle, elles attendirent les autres sans dire un mot, se contentant de regards choqués.

— Mais il prend quoi lui ? dit Orthia en les rejoignant, une fois suffisamment éloignée de leur professeur.

— Je sais pas, mais c'est pas des Chocogrenouilles, répondit Karen en essayant de fermer son sac, qui était en train de vomir la moitié des affaires qu'elle avait fourrées dedans au hasard.

— Il avait pas l'air bien, quand même, à la fin... dit Iris, intriguée.

— Il débloque complètement, oui ! s'écria Orthia.

La crise de nerfs du professeur Tiddle tracassa réellement Iris, qui en oublia même d'aller rendre ses livres à la Bibliothèque. Une étourderie qui le lendemain, lui valut un long discours moralisateur de la part de Mrs Pince sur la nécessité de respecter les règles et les ouvrages qui étaient la propriété d'une école vieille d'un millénaire.

— Soyez chouette, c'est son anniversaire... tenta Sirius pour faire taire la bibliothécaire, et surtout, annuler sa pénalité de retard.

— Il n'y a aucune règle indiquant que l'on a le droit de rendre ses livres en retard pour son anniversaire, Mr Black, rétorqua Mrs Pince avec un reniflement dédaigneux.

— Et bien, ça devrait ! Pourquoi vous ne la créez pas ? Allez, Mrs Pince, nous savons tous les deux qu'une femme de pouvoir sommeille en vous...

La femme de pouvoir en question les envoya tous les deux sur les roses, avec la pénalité de retard d'Iris comme cadeau d'anniversaire.

— J'ai essayé... dit Sirius en refermant la porte derrière eux. N'empêche, ça aurait été classe comme cadeau d'anniversaire. J'aurais été ton héros, non ?

Iris éclata de rire et se laissa entraîner par le bras vers la salle commune. Dans le couloir, elle aperçut, à son grand désespoir, Garrick Davies et sa petite-amie se diriger droit vers eux. Iris avait réussi à l'éviter dans la matinée, lorsque Darius, le petit-ami de Lily, était venu très gentiment lui souhaiter un joyeux anniversaire. Après avoir remercié Darius, elle avait fait semblant de ne pas remarquer Garrick et avait prétexté être pressée, partant comme une voleuse.

— On passe par là ? dit Iris en montrant un autre chemin.

— Tu veux descendre un étage pour en remonter un ? répondit Sirius, moqueur. Quand tu dis que t'as pas le sens de l'orientation, t'exagère pas du tout en fait...

Iris allait répondre quand elle réalisa que de toute manière, Garrick et Laura étaient déjà bien proches et visiblement déterminés à venir lui parler étant donné les grands sourires qu'ils lui lançaient.

— Joyeux anniversaire Iris ! s'écria Laura en la serrant brièvement dans ses bras.

Iris, qui avait déjà assisté la veille au comportement étrange du professeur Tiddle, se demanda sérieusement si une potion ou un sort de confusion n'était pas en train d'attaquer les habitants de Poudlard. Dans la mesure où elle avait dû lui adresser la parole deux à trois dans sa vie, Iris trouvait l'attitude de Laura complètement excessive. L'espace d'un instant, Iris paniqua à l'idée que Garrick fasse la même chose, mais il se contenta de lui souhaiter très sobrement, son habituel sourire un peu trop gentil collé sur le visage.

— Alors, déjà gâtée par Sirius ? lui Laura avec un air complice qu'Iris continuait de trouver toujours aussi illégitime.

— Hein ? Euh... bafouilla Iris, qui, ne sachant absolument ce que Sirius avait prévu, ne voulait pas commettre de maladresses.

Sirius, même s'il appartenait à une famille très fortunée, était loin de rouler sur l'or : c'était le prix à payer pour ses rebellions constantes envers sa famille, qui ne lui donnait que le strict nécessaire pour remplacer éventuellement des affaires de cours endommagées. Depuis qu'elle avait réalisé cela, Iris avait tendance à laisser volontairement traîner des Chocogrenouilles en sa présence. La jeune fille n'était donc pas sûre que Sirius ait un cadeau réellement matériel à lui offrir. Cela ne la dérangeait pas, elle ne voulait cependant pas le mettre mal à l'aise à cause de l'hypocrisie de Laura.

— Oh, tu ne lui as pas encore offert son cadeau ? poursuivit Laura, apparemment peu gênée de continuer la conversation toute seule. C'est trop mignon, de vouloir rendre ça spécial !

Sirius, qui n'était pas du genre à se préoccuper d'épargner la sensibilité des gens, lança alors le regard le plus blasé qu'Iris avait jamais vu.

— Garrick m'a offert un très joli pendentif pour la Saint-Valentin, regarde. Il est mignon hein ? Discret, un peu comme lui d'ailleurs, dit Laura en riant.

— Euh oui... Il est joli... répondit Iris en observant le bijou en forme de cœur.

— Bon Sirius, tu retiens cette idée de cadeau supplémentaire hein !

Iris faillit éclater de rire en voyant la tête de Sirius, mais elle préféra empêcher le Gryffondor de répondre une sottise.

— Ton frère va mieux ? lui demanda Garrick.

La question agaça Iris, sans qu'elle sache exactement pourquoi. D'ailleurs, toutes les choses qu'elle appréciait auparavant chez le Serdaigle l'agaçaient prodigieusement désormais ce qui était, quand on y réfléchissait, vraiment illogique. Après tout, Garrick ne lui avait jamais rien promis, et elle n'avait pas passé assez de temps avec lui pour en tomber follement amoureuse. Non, elle avait juste eu le temps de se sentir humiliée et déçue. Ce dont beaucoup de gens se remettaient... Ce n'était donc pas la peine d'avoir l'envie systématique d'arracher les yeux à ce garçon à chaque fois qu'elle le voyait en compagnie de la fille qu'il lui avait préférée.

— Oui, il va mieux, répondit Iris, aimable.

— Tant mieux, je suis vraiment content pour toi, répondit Garrick avec un sourire réjoui.

Iris sentit le bras de Sirius se poser autour de ses épaules et elle se demanda si Lily n'avait pas raison, quand elle disait qu'il semblait d'un naturel plutôt jaloux.

— Bon, on va y aller nous... Encore joyeux anniversaire Iris ! dit Laura, toujours beaucoup trop amicale au goût de la jeune fille.

Le couple s'éloigna donc et Iris s'apprêtait à ce qu'ils reprennent leur chemin quand Sirius retira son bras et la fixa très sérieusement, comme s'il allait lui annoncer quelque chose de capital.

— Je vais briser tous tes rêves et tes espoirs... commença Sirius, théâtral.

— Tu ne m'offres pas un pendentif en forme de cœur, c'est ça ? répondit Iris, les mains sur sa poitrine comme si l'air allait lui manquer, se prenant au jeu.

Sirius éclata de rire et l'embrassa sur la joue en la reprenant par l'épaule. Ils reprirent la direction de la salle commune et Iris avait le sourire aux lèvres, appréciant un peu coupablement les regards envieux de certaines filles qu'ils croisaient.

— C'était à cause d'eux que tu voulais prendre un détour ? réalisa soudain Sirius alors qu'Iris lui parlait de l'affreuse robe rose à col lavallière que lui avait envoyée sa grand-mère pour son anniversaire.

Iris ne répondit pas, un peu embarrassée et ne voyant pas trop quoi répondre.

— Tu devrais pas... Des imbéciles pareils... Ils se gênent pas, eux.

— Ils n'ont pas de quoi être gênés, répondit Iris. Et euh, moi non plus d'ailleurs.

— Ah ouais ? Pourquoi tu les évites alors ?

— Je ne les évite pas.

— Bah voyons... Et moi, j'ai un hippogriffe comme animal de compagnie. C'est bon, on sait tous que t'as envie de jeter un Crache-Limaces à Davies à chaque fois que tu le vois !

— De quoi ?

— Le mec te fait du gringue pendant des semaines, il fait le joli-cœur et tout... Et à un des pires moments de ta vie, il va concrétiser avec une autre fille ?

Iris n'écouta pas vraiment la suite, concentrée sur ses propres pensées et un peu mortifiée. Elle n'avait pas du tout envie que Sirius lui rappelle sans scrupules que Garrick lui avait préféré une autre fille, bien plus jolie et plus intelligente qu'elle.

— Et puis quelle connasse, cette Branstone, dit Sirius alors qu'Iris l'écoutait à nouveau.

— Tu trouves ? dit Iris en retenant un sourire, heureuse de savoir qu'il n'appréciait pas celle qui l'avait déjà supplantée une fois.

— Oh Iris, regarde le formidable pendentif que le garçon qui m'a finalement préférée à toi vient de m'offrir... Et au fait, joyeux anniversaire ! répondit Sirius avec une voix excessivement haut perchée.

Entre la voix suraigüe et bien trop enthousiaste, le regard faussement complice et le sourire illuminé, l'imitation était excellente. Iris éclata de rire, passant sur le fait que Sirius lui rappelait une nouvelle fois son humiliation.

— De toute façon, j'ai jamais aimé cette fille... Elle se promène partout avec ses grands airs, à flirter avec des mecs pour qu'ils lui rendent service...

— Bah, si j'étais aussi jolie qu'elle, j'en profiterais aussi, plaisanta Iris.

Sirius s'arrêta tout net, son bras toujours autour de ses épaules. Surprise, elle se tourna vers lui et l'interrogea du regard. Le Gryffondor ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais se ravisa et l'entraîna à nouveau vers la salle commune.

— Bon allez, c'est pas tout ça, mais j'ai un cadeau-qui-n'est-pas-un-pendentif-discret-mais-mignon à t'offrir.

— C'est un pendentif-voyant-mais-moche alors ?

— T'es bête, dit Sirius en éclatant de rire.

Iris était assez curieuse de voir ce que lui avait offert Sirius. Timidement, elle suivit le Gryffondor jusque dans sa chambre, de laquelle il vira le reste des Maraudeurs. Les garçons partirent de la pièce avec un air moqueur qui leur valut quelques oreillers et vêtements sales jetés en leur direction.

— Je les aime bien hein, mais quelle bande de crétins, dit Sirius en fermant la porte.

— Euh, tu veux pas laisser la porte ouverte plutôt ?

Iris n'aimait pas du tout l'idée que ses camarades de maison constatent que la porte du dortoir était fermée alors qu'ils y étaient tous les deux seuls. Elle dut vraiment avoir l'air mal à l'aise, car Sirius rouvrit rapidement la porte en bredouillant des excuses.

— Installe-toi, dit-il en désignant son lit. Ou... Enfin... Bref, installe-toi.

Alors qu'il fouillait dans son coffre, Iris s'installa sur le bord du lit en décalant prudemment un tee-shirt sale. Sirius revint vers elle, une boîte dans les mains, avant de s'installer à côté d'elle.

— Joyeux anniversaire, dit-il d'un ton presque hésitant qu'elle ne lui connaissait pas en lui tendant la boîte.

Iris le remercia et ouvrit la boîte, dans laquelle elle trouva trois paquets numérotés. Elle regarda Sirius avec un air intrigué et entreprit d'ouvrir le premier paquet, le plus petit des trois. Elle sourit en découvrant une Chocogrenouille sur laquelle était inscrit le message "Remboursement de dettes n°1".

— Je te conseille de la planquer dans ton dortoir quand même. Je me maîtrise pas toujours, pour ce qui est des Chocogrenouilles.

Iris confirma en riant et ouvrit son deuxième cadeau, un pot de marmelade d'oranges avec une petite cuillère.

— Volé dans les cuisines au péril de ma vie... confia Sirius avec un air charmeur, mais comique.

— Un vrai Gryffondor... Merci, je vais pouvoir en manger dans mon lit, en lisant des magazines... apprécia Iris.

Le troisième cadeau était plus volumineux et semblait être un livre. Vraiment curieuse, elle se dépêcha de déchirer le papier cadeau et découvrit un album photo à la couverture rouge et aux pages comme du parchemin.

— T'avais dit que tu avais presque fini ton album photo de Poudlard, l'autre jour... Du coup je me suis dit que ça pourrait être bien, comme cadeau, dit Sirius.

— C'est vraiment très bien... Merci, ça me plaît vraiment beaucoup. Tout me plaît beaucoup...

Sirius lui sourit et Iris ressentit l'envie de passer ses mains autour de sa nuque et de l'embrasser , un peu comme lors de la Saint-Valentin. Depuis quelques temps, Iris avait souvent envie d'embrasser Sirius, de passer sa main dans ses cheveux, et plein d'autres choses. Elle avait plein d'idées plus romantiques que d'habitude qui lui passaient en tête, mais encore trop de retenue et trop peu de courage pour le faire.

— Chouette. C'est qu'elle m'a fait douter de mes cadeaux tout à l'heure, l'autre idiote, confia-t-il.

Iris ne répondit pas, toujours en train de rêver à embrasser Sirius comme une héroïne de roman courageuse. Et alors qu'elle était en train de maudire son manque de courage et songeait sérieusement à s'autolançer un Imperium, Sirius se leva et lui proposa de descendre avec les autres.

— D'accord, acquiesça Iris en cherchant une nouvelle fois comment le Choixpeau avait pu décider de la mettre à Gryffondor.

Iris passa une très belle soirée d'anniversaire et eut même la surprise d'avoir une tarte au citron en guise de gâteau d'anniversaire, avec seize bougies à souffler. Une petite soirée entre le groupe de cinquième année avait été organisée dans la chambre des garçons, miraculeusement débarrassée du bazar qu'Iris avait pu observer plus tôt dans la journée. Peut-être était-ce parce qu'elle fêtait ses seize ans, mais le Whisky Pur Feu lui parut plus enivrant encore. A chaque fois qu'elle buvait une gorgée, le joli bracelet à breloques offert par Lily tintait à ses oreilles. Lily avait été la première à lui souhaiter son anniversaire à son réveil, sautant sur son matelas avec un petit paquet dans les mains. Installées toutes les deux dans son lit, Iris avait eu la belle surprise de découvrir un très joli bracelet à breloques qui lui avait fait envie quelques mois plus tôt à Pré-au-Lard. C'était drôle de voir comme ce qui plaisait à Iris ne tombait jamais dans l'oreille d'un sourd avec Lily. Mary, Orthia et Karen lui avaient de leur côté offert un gilet épais en mailles, et c'était réellement une bonne idée, puisque le sien perdait peluches, fils et boutons tant il était usé.

— Il paraît que tes grands parents t'ont offert une robe immonde ? lui demanda Peter, avec qui elle discutait depuis un moment.

— Je songe à dire qu'elle a pris feu par accident.

— Ah quand même... dit Peter en riant, l'air encore plus joyeux qu'à l'ordinaire, l'alcool faisant briller ses yeux.

— Comme tu dis. Mais ils pensaient bien faire et leur carte était gentille comme tout. Et puis, mes autres cadeaux sont parfaits.

En plus des attentions de ses amis, Iris avait également reçu une très belle paire de gants en cuir marron choisie par sa mère, accompagnée d'une note lui expliquant avec humour que c'était un moyen plus pratique pour se réchauffer les mains que de les fourrer constamment dans ses poches. Une édition ancienne d'Alice aux Pays des Merveilles, un livre qu'Iris affectionnait beaucoup se trouvait aussi dans le paquet, ce qui était de toute évidence une attention de son père, passionné de littérature. Elaine et Hector lui avaient offert une jolie veste de printemps moldue qu'Iris avait vue dans un magazine, et elle avait été très touchée de constater qu'Elaine avait, comme Lily, retenu ce coup de cœur.

Mais le cadeau qui l'avait le plus touchée était incontestablement celui de Lionel, qui ressemblait à ce qu'il avait l'habitude de lui offrir, à leur relation et tout simplement, ressemblait à son frère. Un 33 tours d'un live de Grateful Dead et surtout, une jolie carte évoquant un paysage de Suède lui promettant de reprendre leurs voyages dès qu'il serait rétabli. Iris avait été rassurée de constater que l'écriture de son frère devenait bien plus lisible et assurée, signe qu'il continuait de récupérer physiquement. La carte précisait aussi de ne surtout pas dire à leur mère qu'il lui avait offert ce vinyle de ce groupe qu'ils adoraient tous les deux, mais dont l'esthétique à tendance très squelettique horripilait la bienséance maternelle.

— On va être frais demain, en Soins aux Créatures Magiques, dit Peter.

— Bah, il est encore tôt...

— James, si tu cherches mes cartes, mes bonbons ou toute autre chose qui pourrait être menacées par Sirius et toi, tu peux arrêter de te fatiguer, c'est pas là-dedans, lança Peter aux garçons alors qu'ils fouinaient dans son coffre.

— C'est où ? demanda Potter avec un air angélique.

— Je compte pas te le dire, répondit Peter avant de se tourner à nouveau vers Iris.

— Elle est où ta cachette secrète ? demanda discrètement la jeune fille, curieuse.

— Oh, dans le coffre. Maintenant, ils vont chercher ailleurs. Ils imaginent jamais que j'ai un coup d'avance sur eux, dit Peter, amusé.

Iris se mit à rire et continua à discuter de tout et de rien avec Peter, jusqu'à ce que le garçon finisse par céder aux demandes incessantes des deux énergumènes pour obtenir son jeu de cartes, le seul encore entier dans la chambre. La jeune fille était contente, car tout le monde semblait s'amuser et c'était ainsi qu'elle aimait fêter son anniversaire. Mary et Remus semblaient toujours en froid, mais la blonde restait avec les filles et faisait bonne figure. Au bout d'un moment, ils décidèrent très raisonnablement de mettre fin à la petite fête, sachant pertinemment qu'ils avaient cours le lendemain matin. Sirius raccompagna Iris sur le pallier et Iris traîna un peu alors que les filles partaient vers leur dortoir.

— J'arrive dans deux minutes, indiqua Iris à leur attention.

L'alcool lui était légèrement monté à la tête, et elle avait passé une bonne partie de la soirée à se disputer intérieurement avec elle-même sur le fait qu'elle aurait dû embrasser Sirius tout à l'heure. Elle comptait bien remédier une bonne fois pour tout à cette timidité étrange, à cette pudeur, à cette peur de paraître ridicule alors qu'elle mourrait de plus en plus d'envie de profiter un peu plus de son adolescence. Sirius avait refermé la porte du dortoir des garçons et l'embrassa en lui souhaitant encore un joyeux anniversaire, un peu chancelant sous l'effet du whisky.

— Et... Je voulais te dire tout à l'heure... Ce que tu disais sur Branstone. Comme quoi elle était jolie, tu sais ?

— Oui ? dit Iris sans comprendre où allait Sirius.

— C'est un peu n'importe quoi, ce que tu dis, quand tu vous compares... Tu vois, c'est que c'est pas mon truc, de sortir avec des cageots.

Iris sourit, trouvant que c'était le compliment le plus mal tourné qu'elle ait jamais entendu, mais également une des choses les plus gentilles qu'elle avait entendue dans la journée. C'était Sirius, en somme. Et un Sirius qui lui disait qu'il la trouvait jolie. Et encore une fois, ce Sirius là lui donnait terriblement envie de l'embrasser.

— Ce que tu veux dire... C'est que je suis pas un cageot ? dit Iris en s'approchant, le sourire toujours aux lèvres.

— C'est exactement ça, dit Sirius, toujours aussi éméché, appuyé contre la porte.

Alors, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, Iris passa ses mains derrière la nuque du Gryffondor et l'embrassa, sans peur de paraître trop entreprenante, sans penser à rien, et sans la menace de Rusard surgissant au détour d'un couloir.

XXXX

Peu de choses parvenaient à fâcher Iris contre ses amies. Néanmoins, une question épineuse demeurait depuis la première année de leur cohabitation : le partage de la salle de bains. Or, depuis quelques temps, chacune, pour des raisons différentes, passait de plus en plus de temps dans la salle de bains, ce qui créait de sérieux problèmes d'organisation.

— Orthia, sors de là, je veux prendre ma douche ! s'énerva Mary devant la porte.

Mary en particulier n'était pas à prendre avec des pincettes sur le sujet. Elle passait souvent plus de temps dans cette pièce où elle pouvait se retrouver seule, et en ressortait souvent les yeux rougis. La jeune écossaise n'allait pas très bien mais refusait toujours de se confier à elles. Et aujourd'hui avait lieu le conseil de discipline de Mulciber. Autant dire que la sorcière paraissait aussi tendue qu'un Crabe de feu sur le point d'attaquer.

— C'est bon, c'est bon, je rangeais juste mes affaires, dit Orthia en sortant.

La brune était encore plus coquette qu'avant, faisant tout pour continuer de plaire à Arthur, dont elle paraissait de plus en plus mordue. En conséquence, elle passait encore plus de temps dans la salle de bains qu'avant. Mais Iris se gardait bien de la critiquer, dans la mesure où elle avait elle même rallongé son temps dans la salle de bains.

— J'espère que Mulciber va être pendu par les pouces au beau milieu de la Grande Salle, parce que franchement, ça devient lourd, râla Orthia en refaisant son lit.

— J'ai peur que ce ne soit pas trop l'orientation du verdict. Les filles... Peu importe comment se comporte Mary, il faut toutes qu'on soit là pour elle tout à l'heure, dit Lily, l'air très inquiète.

— Bien sûr qu'on sera là... répondit Karen.

Trois heures plus tard, Mary s'était enfermée dans un silence total. Mulciber avait été autorisé à retourner à Poudlard et à passer ses ASPIcs à la fin de l'année, sans qu'aucune autre conséquence que l'interdiction d'approcher de Mary et de se balader dans les couloirs hormis entre ses cours ne lui soit imposée. Iris trouvait cette punition bien légère pour un élève qui en avait attaqué une autre avec un sort de magie noire. Elle était en colère, elle était inquiète et elle était triste. Elle imaginait donc volontiers combien Mary devait se sentir mal. Alors, comme avec son frère, elle avait respecté son silence, se contentant de lui proposer des Patacitrouilles en Histoire de la Magie et de serrer brièvement sa main lorsqu'elle avait eu l'air de craquer en entendant des gens parler du verdict. Iris prenait depuis le début l'agression de Mary très à cœur, choquée qu'on puisse sciemment attaquer les autres, et en l'occurrence, torturer une camarade dans Poudlard. Parfois, dans le regard de Mary, elle retrouvait un peu de son frère, et cela l'effrayait autant que cela la révoltait. Il en fallait donc peu pour la faire sortir de ses gonds sur la question et cela, les esprits pervers de Bellatrix et Bellona l'avaient bien compris.

Il n'avait fallu qu'une remarque de Bellatrix en sortant du cours de Botanique, dans le parc, pour qu'Iris bondisse devant Mary pour la défendre. Remus n'était pas là, les garçons devant rester quelques minutes dans la serre pour nettoyer des dégâts qu'ils avaient causés.

— Je prenais juste de ses nouvelles, dit Bellatrix de sa voix excessivement enfantine.

— Tu lui adresses même pas la parole, prévint Iris, sa baguette devant elle.

— Mais c'est qu'on prend de plus en plus de risques, ricana Bellona. Ma foi, si elle veut se battre, Bellatrix...

— C'est vrai qu'on a des choses à régler toutes les trois, répondit Bellatrix.

— On a pas du tout envie de se battre, rétorqua Lily, sa baguette à la main elle aussi.

— C'est dommage parce que jusqu'à présent, ça vous réussit pas trop, le pacifisme... Vous perdez à chaque fois, dit Bellona d'une voix triomphante.

— Et vous gagnez quoi ? cracha presque Iris. Une réputation de dégénérés prêts à faire enfermer ?

— En tout cas, Mary y a laissé des plumes. Et ton frère aussi, de ce que je sais.

Iris était devenue féroce en ce qui concernait son frère, qu'elle avait vu tellement diminué et déprimé. Elle ne supportait pas que des personnes comme Bellona parlent de lui, surtout pour s'en moquer.

— Il paraît qu'il ne sait plus parler, ni manger, ni marcher ? Et bah, ils l'ont pas raté... A sa place, je préfèrerais être mort que dans un état pareil, poursuivit Bellona.

— Tu la fermes, réagit tout de suite Iris en s'approchant. Tu parles pas de lui, tu penses pas à lui.

— Tu veux toujours pas te battre, même pour défendre ton frère ? dit Bellatrix en s'approchant de Bellona. Et bah, vous avez pas un grand sens de la famille chez les traîtres à leur sang...

— Iris les écoute pas... dit Lily en s'approchant d'elle.

— Peut-être qu'elle aussi, elle pense qu'il aurait mieux valu qu'ils le tuent, dit Bellona à Bellatrix avec un sourire mauvais.

Iris comprit à cet instant ce que voulait dire agir sans réfléchir : elle ne réfléchit littéralement pas au sort qu'elle lança à Bellona, comme si son bras avait complètement agi indépendamment de son cerveau alors qu'elle brandissait sa baguette. Le sort poussa sa cousine en arrière, qui retomba sur le sol, mais pas assez brutalement pour qu'elle se blesse. Le sourire qu'échangèrent les deux Serpentardes ne laissaient aucun doute sur le fait qu'elles n'attendaient que l'attaque d'Iris.

Diffindo !

Iris ne réagit pas assez vite au sort de Bellatrix, qui était une très bonne sorcière. Une douleur vive la transperça dans la joue, dans laquelle une belle entaille venait d'apparaître.

— Mais t'es complètement folle ! hurla Lily en essayant de désarmer Bellatrix.

Malheureusement, le parc était plutôt désert, le temps était maussade et froid. Iris vit du coin de l'oeil Mary s'enfuir à toutes jambes, et Karen lui courir après. Orthia elle, sa baguette à la main, semblait vouloir les aider sans trop savoir comment s'y prendre. Les sorts que lançait Bellatrix n'était pas de ceux que les élèves se lançaient habituellement, qui avaient peu de répercussions physiques. Lily prit à son tour une entaille dans le bras, et elle faillit en lâcher sa baguette.

— Des lions chez Gryffondor ! Des agneaux, plutôt ! Allez viens Bellona, on s'en va... dit Bellatrix en ricanant.

Mais Iris et Bellona continuaient de se battre, chacune tentant de désarmer ou d'immobiliser l'autre. Si Iris ne s'en sortait pas trop mal, elle ne vit pas venir le coup en traître de Bellatrix et se retrouva projetée au sol. Malheureusement, elle tomba mal et ressentit aussitôt une forte douleur dans le coude, qui irradia vers sa main. La douleur lui voila les yeux quelques instants, mais elle entendit clairement des voix masculines se rajouter aux précédentes. Les garçons les avaient rejointes, Sirius et Bellatrix s'en donnant à coeur joie l'un contre l'autre. L'affrontement ne dura cependant guère plus longtemps, Orthia ayant eu la présence d'esprit de courir chercher le professeur Chourave.

— Je récupère la baguette de chacun d'entre vous, immédiatement ! Mais vous êtes complètement fous ! Une violence pareille ! Dans l'école ! Vos baguettes, tout de suite !

En regardant son bras, Iris prit quelques instants pour réfléchir, ayant l'impression que quelque chose n'était pas comme d'habitude, mais n'ayant pas l'esprit très clair.

— Miss Leighton, nous allons tout de suite vous emmener à l'infirmerie. Je préfère que Mrs Pomfresh s'occupe de votre bras, je ne suis pas une experte, lui dit le professeur Chourave. Vous pouvez marcher ?

— Il est pas dans le bon sens, mon bras, réalisa Iris.

— C'est bien ça le problème, Leighton, dit Sirius en l'aidant à se relever.

— T'as pas trop mal ? T'es toute blanche, s'inquiéta Lily.

— Un peu... Mais je sais pas, je sens plus trop mon bras en fait, c'est tout engourdi.

Le chemin jusqu'au château se fit dans un silence total, imposé par le professeur Chourave qui avait réagi dès que les provocations avaient recommencé. Iris vit cependant ses amis et les Serpentardes s'échanger des regards qui ne nécessitaient pas de mots. Ils furent accueillis par le professeur Slughorn, qui avait opté pour le regard le plus sévère qu'il était capable de faire.

— Miss Leighton, Mr Rusard va finir de vous accompagner jusqu'à l'infirmerie. Les élèves de Gryffondor, direction la salle de Métamorphose, immédiatement. Mrs McGonagall vous y fera attendre la fin de son cours en attendant de s'occuper de votre cas. Mes élèves, suivez-moi, et sans un mot.

Iris rassura ses amis dans un regard et suivit le concierge jusqu'à l'infirmerie en maudissant les deux hystériques qui servaient de cousines à Sirius et elle. Mrs Pomfresh ne cessa de râler sur l'imprudence des élèves et la violence constante qui régnait dans l'école en la soignant.

— Bien, c'est réparé. Mais vous allez garder votre bras en écharpe un peu, afin de laisser votre bras se remettre. Vous avez mal quand vous bougez vos doigts ?

— Je ne les sens plus.

— C'est normal, ça arrive. La sensation va revenir. Vous êtes droitière ou gauchère ?

— Droitière.

— C'est déjà ça, cela ne vous empêchera pas de prendre vos cours, dit Mrs Pomfresh en plaçant l'écharpe à son bras gauche.

L'infirmière soigna ensuite rapidement sa joue, avant de lui proposer de s'allonger un peu. Iris demanda l'autorisation de rejoindre ses camarades, elle avait envie de les défendre face à Mrs McGonagall, d'expliquer ce qui s'était passé.

— Vous allez attendre que je remplisse votre formulaire, d'abord. Vous le donnerez à votre directrice de maison.

Iris attendit quelques minutes et repartir avec un papier détaillant ses blessures. En arrivant devant la salle de cours, dont la porte était restée ouverte, Iris regretta un peu son choix de ne pas rester à l'infirmerie.

— Et il n'y a que Miss Cartledge qui a eu la présence d'esprit d'aller chercher un adulte ! grondait Mrs McGonagall.

— On se défendait, Professeur ! protesta Lily. Et Bellatrix est bien plus rapide et douée que nous, nous n'aurions jamais pu aller chercher quelqu'un sans être immobilisées ! Orthia a seulement pu profiter de son inattention !

Iris toqua pour se signaler, restant dans l'entrebâillement de la porte. La directrice de la maison la détailla rapidement du regard, s'attardant sur son bras en écharpe avant de lui faire signe d'approcher.

— Mrs Pomfresh m'a dit de vous donner ça, dit Iris en lui tendant le papier.

— Avec les autres, dit sévèrement l'enseignante en prenant la papier. Mais vous pouvez vous assoir, je ne voudrais pas que vous fassiez un malaise.

— Non ça ira, merci Professeur, répondit Iris en allant à côté de Lily, devant le bureau du professeur.

Ils étaient tous en lignes, dominés par l'estrade du professeur. Mary et Karen n'étaient pas là, et Iris s'inquiéta de savoir où elles étaient. Lily lui chuchota qu'elle ne savait pas, avant de se taire sous le regard sévère de leur directrice de maison.

— Cette attitude est inacceptable, reprit froidement Mrs McGonagall. La violence dont vous avez fait preuve... Une bagarre ! Miss Leighton avec un bras à l'envers, brisé ! Mais enfin !

— C'est Bellatrix qui lui a cassé le bras en la projetant sur plusieurs mètres, pas nous, protesta Potter.

— Et puis, Professeur, elles, elles lançaient des Diffindo ! se défendit Lily en montrant son bras. Je veux bien reconnaître que nous nous sommes tous battus, mais je suis désolée, aucun Gryffondor n'a montré un tel degré de violence ! Elles n'ont pas du tout l'air d'avoir peur des conséquences, c'est ça le pire ! Nous n'avons pas cherché à les blesser comme elles l'ont fait ! Vous pouvez analyser les baguettes !

— Vous ferez soigner cela en sortant, Miss Evans. En attendant, votre attitude va faire perdre 70 points à Gryffondor.

— QUOI ? s'écrièrent plusieurs de ses camarades.

— Quant au reste de votre punition, je souhaite m'entretenir à ce sujet avec le professeur Slughorn et le directeur, afin d'éclaircir certaines choses. Vous pouvez disposer. Et que je n'entende pas parler de vous pour le reste de la journée.

Mrs McGonagall n'entendit pas parler d'eux pour le reste de la journée, cette dernière se déroulant de la manière la plus morne et la plus maussade possible. Heureusement, leurs camarades de maison ne leur tinrent pas rigueur pour les points perdus. Mais en apprenant que Mary, après avoir fui le parc, s'était réfugiée dans leur salle de bains pour y faire une véritable crise de nerfs, Iris se sentit encore plus abattue encore.

— J'ai fini par aller chercher Mrs Pomfresh, peu après que tu sois partie de l'infirmerie, expliqua Karen, assise à côté d'Iris sur son lit.

— Et ça allait mieux ?

— Pff... Je sais pas, soit elle dit rien, soit elle pleure en disant trop de trucs pour qu'on comprenne. J'ai entendu Mrs Pomfresh lui dire qu'elle était encore traumatisée par ce qui lui était arrivé, et qu'elle avait besoin de repos.

— Du coup, elle reste à l'infirmerie ?

— Oui... Et j'ai entendu l'infirmière lui dire que ça lui ferait du bien de rentrer chez elle quelques jours, pour se reposer.

— Je pensais pas qu'elle serait si mal, confia Iris.

— Je sais pas si elle nous dit tout, tu sais, dit Karen avec sagesse. Elle garde trop de choses pour elle, elle craque.

Iris acquiesça et s'appuya un peu plus contre son oreiller, inquiète. Entre l'état de Mary, l'état de son frère, la folie des deux siamoises diaboliques et l'attente des conséquences de la bagarre générale qu'elle avait créée, elle trouvait qu'elle commençait à avoir un peu trop de raisons pour se faire du souci.

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Finalement, la mère d'Iris avait été relativement calme concernant l'incident qui avait eu lieu avec Bellona et Bellatrix. Dans sa lettre, elle laissait entendre que Mrs McGonagall avait relativement défendu son cas et la jeune fille, lorsqu'elle y réfléchissait, ne savait pas si elle devait en être contente : cela voulait tout de même dire que sa directrice de maison était consciente du degré de violence et de cruauté chez les deux Serpentardes, sans que rien ne soit mis en place pour y remédier. Sirius, de son côté, avait bien moins de chance. S'il n'avait pas reçu de Beuglante (ses parents se refusaient à un tel spectacle), ils avaient reçu une lettre assassine qui l'avait fait se décomposer en la lisant, Iris l'avait remarqué malgré ses efforts pour le cacher.

— Je pense que Serpentard va gagner.

— Déconne pas, Leighton ! On est pour Poufsouffle, ça va pas chez toi ? gronda Potter, assis derrière elle dans les gradins.

— J'ai pas dit que je voulais qu'ils gagnent... J'ai un mauvais pressentiment, c'est tout.

Potter haussa les épaules et la traita de oiseau de mauvais augure avant de se remettre à discuter avec Sirius. Lily, qui se trouvait à côté d'elle, lui proposa des amandes grillées avec un air absent, les yeux posés sur le gradin des Serdaigle.

— Tu pouvais aller voir le match avec Darius tu sais, lui dit gentiment Iris.

— Oh non... Je préfère rester avec toi.

— T'es pas vraiment avec moi, là, la taquina-t-elle.

— Excuse-moi... Dis, tu trouves que Darius passe beaucoup de temps avec Lydie Goldstein toi ?

Iris haussa un sourcil et réfléchit sérieusement à la question, avant de se rendre compte qu'elle n'avait absolument aucune idée de qui était cette Lydie Goldstein.

— Mais si, une brune avec un carré, qui porte toujours des boucles d'oreilles bleues turquoise... insista Lily.

— Oui, c'est bon, je vois qui c'est. Mais pour répondre à ta question, non. Pourquoi tu me demandes ça ?

— J'ai entendu Potter le dire à Remus hier dans la salle commune, lui dit discrètement Lily.

Iris leva les yeux au ciel, soupçonnant fortement James Potter de chercher à faire douter Lily de son petit-ami. Depuis qu'il avait rompu avec Victoria, il continuait à jouer le bon copain avec Lily, évitant de la harceler comme il le faisait avant. Il fallait croire qu'il était devenu plus subtil qu'avant. Ce qui était sûr, c'est qu'il était aussi devenu plus sournois.

— Je te déconseille d'écouter quoique ce soit de ce que dit Potter sur le sujet, Lily, déclara Iris alors que le match commençait.

Comme Iris l'avait pressenti, les Serpentards gagnèrent après un très beau match de la part des deux équipes. Les élèves ne s'étaient pas ennuyés dans les gradins, il fallait bien l'avouer. Tous quittèrent le terrain de Quidditch dans une certaine bonne humeur, hormis les Poufsouffles bien sûr, un joli soleil de fin de mois de mars ayant fait son apparition. Lily avait rejoint Darius, et Iris était restée avec les garçons.

— La semaine prochaine, on va à Pré-au-Lard ensemble ? C'est la dernière sortie avant les vacances de Pâques... lui proposa Sirius, qui marchait à côté d'elle. On pourra boire une Bièraubeurre ensemble sans avoir Victoria Truman qui nous raconte ses vacances passées et à venir.

— Oui d'accord, accepta Iris avec bonne humeur. Je ferais des belles photos de la bande pour mon album, tiens.

Sirius s'amusait à lui ébouriffer les cheveux sous ses protestations quand le regard d'Iris fut attirée par Garrick et Laura, sur le côté du chemin qu'ils empruntaient, qui étaient en train de se dévorer la bouche mutuellement. Garrick avait ses mains sur la taille de Laura, adossé contre un arbre.

— Peut-être qu'il va mourir d'asphyxie, pensa Iris tout haut, déclenchant les rires de Sirius.

Les autres étaient quelques mètres plus loin, et heureusement, n'avaient pas entendu cette expression de la rancune profonde qu'elle semblait cultiver à l'égard du Serdaigle. Soudain, en voyant le couple ainsi entrelacé, une idée germa dans la tête d'Iris. Une seconde d'hésitation et un sourire espiègle plus tard, elle agita discrètement sa baguette.

— Colloshoo, murmura-t-elle.

— Tu fais quoi là ? lui demanda Sirius avec un sourire intrigué.

— Je les aide à ne plus se séparer.

Pour ne rien rater du spectacle, Iris et Sirius restèrent un moment devant la porte d'entrée du château, attendant pendant une bonne vingtaine de minutes pour voir Darrick et Laura revenir en chaussettes vers le château. Iris se demanda combien de temps ils avaient mis avant de réaliser que leurs chaussures étaient collées au sol.

— Vilaine fille, va, lui dit Sirius alors qu'ils rejoignaient la salle commune.

Iris lui lança un regard mystérieux et se mit à rire, amusée. La jeune fille ne savait pas vraiment ce qui lui arrivait ces derniers temps, mais elle se sentait de plus en plus sûre d'elle. Du moins, bien plus qu'avant. Peut-être était-ce le fait d'avoir eu seize ans, ou le fait d'avoir cru perdre son frère... Mais en tout cas, elle avait l'impression de voir les choses un peu autrement, avec plus d'assurance. Mais c'était pour le mieux.

— Dis... lui demanda soudain Sirius, juste avant d'entrer dans la salle commune, hésitant.

— Ouais ? dit Iris en enlevant son écharpe, qui l'étouffait un peu.

— Davies, il te plaît plus hein ? Je veux dire... C'est un gros crétin. Mais euh, tu regrettes pas de...

— Bah non, répondit Iris, étonnée.

Sirius sourit et l'entraîna dans la salle commune, n'insistant pas sur le sujet.

— Sirius ! Toi, moi, un bras de fer, maintenant ! Tu relèves le défi ? l'accueillit Potter, qui était avachi sur le canapé.

— Je perds jamais une occasion de t'humilier !

Personne n'humilia personne, puisque les garçons ne réussirent qu'à faire tomber la table basse à force de s'affronter comme des forcenés et surtout, en dehors de toutes les règles du bras de fer traditionnel. Une fois Lily revenue, Iris écrivit avec elle une lettre pour souhaiter un bon rétablissement à Mary, qui était repartie chez elle pour quelques temps.

— Tu crois qu'on devrait lui envoyer nos notes du cours, pour qu'elle puisse travailler de chez elle ? lui demanda Lily, sa plume à la main.

— Oui... Si elle préfère ne rien en faire, elle en fera rien, mais au moins, elle les aura. J'espère qu'elle va vite aller mieux quand même... D'ailleurs, ils sont encore ensemble avec Remus ?

— Remus pense que oui, mais il n'en est pas bien sûr. Elle a refusé de le voir, quand elle était à l'infirmerie.

— Pourquoi ? Il ne lui a rien fait ?

— J'en sais rien, ça les regarde, déclara Lily un peu trop vite au goût d'Iris.

— Toi, tu sais un truc.

— Mais non...

— Lily...

La rousse soupira et hésita longuement.

— Mary ne sait toujours pas ce que Remus a, lui dit Lily presque à voix basse, alors qu'elles étaient seules dans la chambre.

— Et c'est pour ça qu'elle lui parle presque plus ?

— C'était quelque chose qui l'agaçait déjà avant que Mulciber l'agresse. Je crois que maintenant, elle lui en veut encore plus de ne pas lui faire confiance.

— D'un autre côté, s'il ne lui en parle pas, c'est vraiment que ça doit être quelque chose de grave, dit Iris en piochant dans un sachet de Patacitrouilles.

Lily acquiesça tout en écrivant soigneusement l'adresse de Mary sur une enveloppe. Iris elle, de son côté, restait songeuse. Qu'est-ce qui pouvait bien ronger Remus à ce point ? Et pourquoi en avait-il honte ? Pendant un moment, Iris avait songé que c'était une situation familiale très compliquée, mais les parents de Remus venaient toujours le chercher à la gare ensemble et semblaient heureux de le retrouver. Et considérant le temps qu'il passait à l'infirmerie, le pauvre garçon était sans doute atteint d'une horrible maladie.

— C'est dommage, parce que Remus est vraiment un chic garçon, dit Iris en prenant une deuxième Patacitrouille. Il devrait faire un peu plus confiance aux autres... On le connaît bien maintenant, on le repousserait pas, même s'il avait une sale maladie. Je veux dire, c'est pas comme si c'était en réalité un vampire prêt à venir sucer notre sang pendant notre sommeil.


Bon, jet de tomates ou jet de fleurs ?

J'essaie de faire évoluer la relation entre Sirius et Iris tout en maintenant sa particularité qui vous plaisait en grande majorité jusqu'à maintenant. J'espère y arriver, mais c'est pas toujours évident de ne pas tomber dans l'une ou l'autre extrémité !

Iris continue sa douce rébellion, elle s'affirme comme je l'avais promis à plusieurs d'entre vous au début de cette fiction. J'espère que vous prenez plaisir à la voir évoluer, en tout cas moi ça me satisfait de la voir prendre confiance... C'est elle, le dragon qui dort ;) A croire que parfois, c'est bénéfique de le chatouiller un peu le dragon...

A votre avis, Tiddle a-t-il des problèmes d'alcool comme le pense Iris ? Et pourquoi cette crise de colère à la fin du cours ?

Dans le prochain chapitre, Iris aura des problèmes vestimentaires existentiels, à vous de deviner pourquoi ! Si vous avez le temps, l'envie, laissez-moi un ptit mot ! Gardez la pêche !