Vous ne croyez passi bien dire, Micy etLulu ! Héhéhé...

Merci beaucoup Marie Potter (ça fait toujours plaisir de découvrir un nouveau nom parmi les reviewers/euses !). Et merci aussi de ta patience :-)

Je me répète Audrey (à moins que tu ne préfères "HarryJames", maintenant ? Comme tu veux...), mais c'est vraiment très gentil, alors merci !

Merci à toutes et bonne lecture !

Mauvaise semaine

En allant déjeuner le lendemain matin il croisa Parvati dans la salle commune. Celle-ci fit comme si elle ne l'avait pas vu, et Harry descendit dans la Grande Salle en compagnie de Ron et Hermione. Il leur raconta ce qui s'était passé après qu'ils soient allés se coucher.

"Donc elle ne t'en veut pas", conclut Ron.

"Apparemment", acquiesça Harry.

Il se trompait lourdement. Il avala une gorgée de thé et faillit s'étouffer.

"Du… poivre !" réussit-il à articuler entre deux quintes de toux.

"C'est Parvati", dit Hermione à mi-voix. "Je l'ai vue agiter sa baguette dans ta direction juste avant que tu n'avales."

Mais Harry ne voulait pas faire de scène devant tout le monde et se rendit dignement en cours de soins aux créatures magiques. Hagrid attendait ses élèves près du lac, au bord duquel étaient plantés de petits drapeaux de couleur. Chaque drapeau symbolisait la présence, dans l'eau, d'un baquet occupé par un œuf transparent et un petit animal à torse de cheval et à queue de poisson.

"Ouf, on dirait que Hagrid a abandonné l'idée des Runespoors", souffla Hermione, l'air soulagé. "Pour aujourd'hui, au moins."

Quand tout le monde fut rassemblé autour de lui Hagrid lança joyeusement :

"Aujourd'hui nous allons étudier les hippocampes ! J'ai – hum, le professeur Dumbledore – a ensorcelé une petite partie du lac pour qu'il imite les caractéristiques de la mer Méditerranée, où ils vivent normalement. Alors, placez-vous tous devant un drapeau ; il y a un hippocampe par drapeau, je pense qu'il devrait y en avoir assez pour tout le monde."

Hagrid donna ensuite les consignes et Harry s'accroupit au bord du lac pour observer l'œuf de son animal. Il avait le nez à quelques centimètres de l'eau, quand il sentit un courant d'air dans son dos. La seconde d'après un voile glacé l'enveloppa de la tête aux pieds ; il venait de tomber dans le lac. Le niveau de l'eau lui arrivait à peine à la taille, mais comme il était tombé la tête la première il était trempé.

"Oh, pardon, Harry !" s'exclama Parvati avec une expression faussement désolée. "Je ne t'avais pas vu !"

Hagrid se précipita pour l'aider à sortir de l'eau.

"Ça va, Harry ? Parvati, tu aurais pu faire attention !" lança-t-il par-dessus son épaule.

Il y avait des gouttes d'eau sur les verres de ses lunettes mais Harry vit nettement Parvati sourire méchamment.

"Il vaudrait mieux que tu ailles à l'infirmerie", conseilla Hagrid.

"Non, ça va aller", le rassura Harry. "Je vais simplement remonter me changer."

Il lança un regard furieux à Parvati et, de mauvaise humeur, il rentra au château. À peine avait-il posé un pied dans le hall qu'il entendit une voix courroucée s'écrier :

"Ah non ! Ça suffit !"

Il se retourna et vit Rusard trottiner dans sa direction, Miss Teigne sur les talons.

"J'en ai assez de passer mon temps à tout nettoyer, dans cette école pour malappris !" fulminait-il.

Harry s'était retrouvé dans une situation semblable en deuxième année, mais cette fois, il avait beau regarder tout autour de lui, Nick Quasi-Sans-Tête n'était pas là pour lui sauver la mise.

"Mais… Monsieur Rusard, ce n'est que de l'eau, je suis tombé dans le…"

"Ça m'est égal ! Vous aurez une retenue !"

"Quoi ? Mais ce n'est pas juste !"

"Parce que vous croyez que c'est juste de nettoyer ce que d'autres ont sali ? Vous verrez bien, en retenue, ah ça oui, vous verrez bien !"

D'une humeur massacrante à présent, il se dirigea vers les escaliers quand il fit une nouvelle rencontre désagréable. Malefoy et sa troupe habituelle s'avançaient vers lui.

"Tu as pris un bain, Potter ?" s'exclama Pansy. "C'est bien, il faut se laver souvent quand on fréquente une Sang-de-Bourbe !"

Crabbe et Goyle s'esclaffèrent bruyamment, mais Malefoy resta étonnamment silencieux. Hary eut l'impression qu'il évitait son regard.

"Ferme-la, Pansy", grogna Harry en commençant à grimper les escaliers. "Tu ne pourrais pas changer un peu de disque ?"

"C'est quoi un disque ?" demanda Goyle.

"Oh tais-toi, Goyle", répliqua Pansy.

Harry se changea aussi vite qu'il le put et retourna au bord du lac pour assister à la dernière demi-heure de cours. Il raconta à Ron et Hermione sa mésaventure avec Rusard, et resta de mauvaise humeur jusqu'à la fin de la journée.

La fin de la semaine ne se déroula pas mieux. Quand Harry ne trouvait pas de sable dans ses chaussures, il découvrait d'énormes taches d'encre sur ses devoirs. Le vendredi quelqu'un sabota sa potion – Rogue jubilait – mais comme les Serpentard n'étaient pas là il savait qui soupçonner. Mais jamais il n'accusa Parvati. Il prit son mal en patience. Elle finirait par se lasser.


"Oh non !"

Drago souleva la tête de son oreiller juste assez longtemps pour grogner :

"On est samedi, Nott, alors pousser des cris de bête aux aurores, on évite ! Merci."

"Ces saletés d'elfes de maison n'ont pas fait leur boulot et je n'ai plus de chaussettes propres !"

"Prends-en dans ma malle et laisse-moi dormir."

"Merci, vieux."

Nott se pencha au pied du lit de Drago et se relevabrusquement, l'air suspicieux.

"Tu as des chaussettes avec mon nom marqué dessus ?"

"C'est Pansy… Quidditch…", dit Drago, trop fatigué pour articuler une réponse complète.

"Bon, ça ne m'a pas l'air net, tout ça, mais tu m'expliqueras plus tard. Je peux les prendre ?"

Drago émit un grognement sourd et Nott, satisfait, les enfila avant de quitter le dortoir.

Quand, une heure plus tard, Drago se leva à son tour, il n'avait plus lui non plus de chaussettes propres. Il maudit intérieurement Nott d'avoir pris ses chaussettes sans lui préciser que c'étaient les dernières, et fouilla dans la malle de Crabbe, où il en dénicha des relativement correctes – si l'on faisait abstraction du petit chat brodé dessus.

Il n'était pas de très bonne humeur et n'avait pas envie de parler ; il décida d'attendre un peu avant de se rendre dans la Grande Salle. Il se mit donc en route pour la bibliothèque afin de rendre Métamorphoser sans peine. Madame Pince n'allait pas en revenir : elle l'avait vu plus souvent depuis le début de l'année scolaire que durant les cinq années précédentes.

Alors qu'il sortait de la bibliothèque, prêt à affronter la foule de la Grande Salle, il aperçut Rusard au bout du couloir. Le concierge avait l'air particulièrement mauvais et Drago essaya de se faire tout petit – il suffisait d'un rien pour se retrouver en retenue. Malheureusement une fenêtre se brisa soudain alors qu'il venait de passer devant. Drago sursauta violemment, mais pas autant que Rusard qui accourut aussi vite qu'il le put, les bajoues frémissantes.

"Comment osez-vous ? Sous mon nez, en plus ! Pris en flagrant délit !"

Drago ramassa le caillou responsable et le brandit sous le nez du concierge.

"Je n'ai rien fait, c'est un caillou !"

"Oui, c'est vous qui l'avez lancé, je vous ai vu !"

"Quoi ? Mais vous voyez bien que les bouts de verre sont là, par terre, je n'ai pas pu casser cette fenêtre de l'intérieur ! C'est impossible !"

Rusard plissa ses petits yeux.

"Vous me prenez pour un imbécile ? C'est une école de magie, tout est possible ici !"

Comprenant qu'il ne servait à rien de discuter, Drago sortit sa baguette. Rusard recula, horrifié.

"Vous… Vous n'oseriez pas… ?"

"Reparo", fit Drago.

Les bouts de verre s'envolèrent et la fenêtre se reforma.

"Ça vous va ?" demanda-t-il d'un ton agressif.

"Vous n'échapperez pas à la retenue !"

"Mais la fenêtre est réparée !"

"C'est pour le principe", répliqua Rusard avec un sourire mauvais. "Si vous croyez qu'on peut tout casser sous prétexte qu'on sait donner un ou deux coups de baguette… De plus l'usage de la magie est interdit dans les couloirs."

Drago était si furieux qu'il en oublia d'évoquer son père pour échapper à la punition. Il n'avait plus faim et retourna directement se coucher en espérant vaguement qu'il se réveillerait pour découvrir qu'il avait rêvé.


Quand Harry longea la table de Gryffondor pour aller déjeuner Lavande Brown renifla bruyamment pour lui exprimer son mépris. Harry s'assit à côté de Ron en essayant d'ignorer Lavande, mais celle-ci n'arrêta son manège que quand Hermione, exaspérée, lui demanda si elle avait besoin d'un mouchoir.

"Tu sais quand tu es en retenue ?" demanda Ron en avalant une bouchée de tourte aux rognons.

"Tu as le chic pour me faire penser à des choses gaies, toi", répliqua Harry avec une grimace. "Non, je n'ai pas eu de nouvelles. Rusard a peut-être oublié."

Mais à ce moment le professeur McGonagall arriva et se pencha vers lui :

"Mr Rusard vous attend dans son bureau quand vous aurez fini de manger. Je ne sais pas ce que vous avez fait, et je ne veux pas le savoir, mais que ceci n'interfère pas avec les entraînements de Quidditch."

"On dirait que tu as parlé trop vite", remarqua Hermione avec un sourire compatissant.

"On dirait, oui."

Harry essaya de retarder le plus possible son entrevue avec le concierge, mais quand il ne resta plus que lui, Ron et Hermione à table, il comprit qu'il était temps d'y aller.

"Je vous rejoindrai à la salle commune", dit-il à ses amis en les quittant.

Harry espérait que la punition ne serait pas trop sévère ; après tout, il n'avait rien fait. Il arriva au bureau de Rusard mais eut beau frapper, il n'obtint pas de réponse. Il décida de rester attendre cinq minutes devant la porte, pour ne pas qu'on puisse lui reprocher sa mauvaise volonté. Pansy Parkinson et Milicent Bulstrode passèrent devant lui sans même le remarquer. Elles discutaient avec animation. Soudain Pansy demanda à Milicent :

"Au fait, tu sais où est Drago ? Je ne l'ai pas vu depuis hier soir."

Milicent secoua la tête et Pansy sortit un parchemin de sa poche. Elle y jeta un coup d'oeil et sourit.

À ce moment Rusard arriva d'un pas pressé.

"Vous voilà, Potter. Entrez", aboya-t-il.

Harry pénétra dans le bureau sombre et s'assit.

"Voyons voir...", commença Rusard en consultant ce qui était apparemment une liste de punitions possibles. "Oui, oui, très bien. Vous allez astiquer l'argenterie de la salle des trophées. Lundi soir à huit heures précises."

Harry se leva et Rusard ajouta avec un rictus :

"Bon week-end."


"Mais, astiquer les trophées, c'est ce que j'avais dû faire quand toi tu étais en retenue avec Lockhart !" s'exclama Ron. "Vu tout ce que ce rat m'a fait frotter et refrotter, je pensais qu'ils resteraient propres au moins dix ans !"

"Tu parles, je parie qu'ils sont propres", répondit Harry. "Mais il fallait bien me punir d'être tombé dans le lac, pas vrai ?"

Il eut un demi-sourire. Il avait décidé de faire contre mauvaise fortune bon coeur ; sa corvée aurait pu être dix fois pire.

"Tu te rappelles quand tu as dû nettoyer tous les bassins de l'infirmerie ?" lança-t-il à Ron sous le regard réprobateur d'Hermione qui ne semblait pas trouver matière à rire dans le fait d'être en retenue.

"Et quand Rogue a fait éviscérer tout un chaudron de crapauds à Neville ?"

Ils passèrent une bonne partie de l'après-midi à évoquer l'imagination fertile des professeurs en matière de punitions, ne s'arrêtant que pour faire une partie d'échecs que Ron remporta haut la main.


Quand Drago se réveilla à nouveau, la matinée lui revint en mémoire et il grimaça à l'idée d'avoir écopé d'une retenue. Il avait faim mais il ne restait rien des provisions que sa mère lui avait données la veille de la rentrée. Il fouilla le reste du dortoir, mais les autres n'avaient apparemment plus rien non plus. Avec un soupir il se résolut à aller voir à la cuisine si ces incapables d'elfes pourraient lui donner quelque chose à se mettre sous la dent. Si Dobby était là il obtiendrait tout ce qu'il voulait ; il n'était plus son maître mais cet imbécile avait toujours peur de lui. En arrivant dans la salle commune il entendit des cris.

"Ah te voilà ! Il faut que tu dises à ta copine de se calmer !" gronda Nott en l'apercevant.

Pansy, à côté de lui, était toute rouge.

"Elle m'a sauté dessus, j'aurais pu me casser une jambe ! Et j'ai failli mourir étouffé sous son poids !"

"N'exagère pas, Pansy n'est pas grosse", répondit mollement Drago. "Qu'est-ce qui s'est passé ?"

"J'étais dehors en train de prendre l'air quand elle est arrivée par derrière et m'a sauté dessus !"

"Tu avais une capuche !" l'accusa Pansy.

"Oui, il pleuvait !"

"Je ne t'ai pas reconnu !"

Elle se tourna vers Drago.

"Je croyais que c'était toi !"

"Mais pourquoi croyais-tu que c'était moi ?" s'étonna-t-il. "Tu vois quelqu'un de doset tut'imagines que c'est forcément moi ?"

Du coin de l'oeil, Drago vit Sarah émettre unsourire moqueur.

"Je pensais que c'était toi car je croyais que tu étais dehors", se défendit Pansy.

"Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui te faisait croire ça ?"

Pansy hésita un bref instant.

"Mon sixième sens", dit-elle d'une petite voix.

"Eh bien tu devrais le faire réviser", lâcha Drago en se dirigeant vers le mur coulissant.

Pansy devint encore plus rouge et partit se réfugier dans son dortoir. Drago se tourna vers Nott.

"Pas la peine de faire un tel foin pour si peu", lui lança-t-il.

Il lui parlait avec beaucoup moins de respect depuis que Sarah l'avait repoussé pour lui.

"Si peu ?" rugit Nott. "J'ai cru que ma colonne vertébrale allait lâcher ! Tu l'as déjà portée sur ton dos, cette fille?"

Drago ne répondit pas et sortit dans le couloir. Toute cette histoire était-elle un prétexte suffisant pour quitter Pansy ? A ce moment son estomac se rappela bruyamment à son bon souvenir et il décida qu'il y réfléchirait plus tard. Le plus urgent était de trouver de quoi patienter jusqu'au dîner sans tomber d'inanition. Le professeur Rogue l'interpella dans le hall d'entrée.

"Vous tombez bien, Rusard veut vous voir dans son bureau."

Drago poussa un profond soupir. On ne lui ficherait donc jamais la paix ?