Et voici le deuxième chapitre pour ce soir. N'hésitez pas à me donner votre avis.

Bonne lecture et vive les reviews!


Chapitre 14 : On partageait tout.

Le soleil brillait et les premières chaleurs se faisaient sentir en cette fin de mois de mai. Un groupe de personnes étaient rassemblées, une trentaine d'individus se trouvaient sur cette allée de graviers.

Une voiture arriva, et se gara à quelques mètres de là. Tony, Gibbs et Hélène en sortirent. Ils parcoururent l'assemblée du regard avant de trouver l'homme qu'ils étaient venus chercher, sur la droite.

- On y va doucement. Vous n'intervenez pas. Je l'interpelle, et vous n'agissez qu'en cas de problème. Mme Blaquana est là, elle ne doit s'apercevoir de rien. J'ai été suffisamment clair? Demanda Gibbs à l'attention de ses agents.

Ils répondirent positivement, et les trois agents s'approchèrent.

Tony et Hélène s'arrêtèrent alors que Jethro fit encore quelques pas en direction de la foule. Il tapota légèrement l'épaule de la personne qu'ils venaient chercher. Celui-ci se retourna mécontent d'être dérangé lors de l'enterrement de son ami, mais se calma lorsque Gibbs lui montra sa plaque d'agent fédéral.

- Veuillez me suivre Mr Roskard. Je n'ai pas envie de faire un scandale maintenant, déclara Gibbs.

- C'est vraiment le moment à choisir? Demanda-t-il toutefois.

Gibbs n'ajouta rien, se contentant de le regarder avec ce regard qui ne laissait pas d'autre choix que de faire ce qu'il dit.

Didier Roskard obéit à contre-coeur, et par précaution Hélène et Tony se placèrent autour de lui, afin de pouvoir l'empêcher de fuir, au cas où une telle envie lui viendrait. Marie Blaquana se retourna, ayant remarqué le dérangement qui accompagnait la présence des agents, et observa Roskard se faire emmener. Un sentiment de soulagement s'empara d'elle. Marie prit la main de sa sœur et lui sourit, elles allaient bientôt pouvoir vivre librement. Elle faisait confiance au NCIS.

Didier Roskard avait été placé dans une des salles d'interrogatoire depuis déjà plus d'une heure, et Gibbs n'avait toujours pas fait son entrée. Tony et Hélène étaient postés derrière la vitre sans teint, débattant au sujet de leur coupable.

- Et si on s'était trompé de collègue? Interrogea la dernière recrue.

- Tu doutes Hélène? C'est le seul collègue de Blaquana qui ait été son ami au point de venir si régulièrement chez lui, et Marie nous a clairement donné son nom.

- Oui, c'est vrai. Mais je ne sais pas. Cette affaire ne me réussit pas. Même si il me paraît étrange, et effrayant, à première vue je n'ai pas le sentiment d'avoir un violeur en face de moi, derrière cette vitre, dit-elle en levant la main en sa direction.

Tony l'interrogea du regard.

- Les deux sœurs ont pu prendre peur, ou vouloir se venger d'autre chose, et ainsi nous donner un faux nom, utiliser ce stratagème pour lui faire payer autre chose, poursuivit Hélène. Il est stressé, il transpire, il s'agite sur sa chaise. Un vrai criminel parviendrait à cacher son trouble. Si je ne le connaissais pas, et que je le croisais par hasard dans la rue, je ne penserais pas avoir croisé un criminel.

- Et bien peut-être qu'il n'est pas un vrai criminel, seulement un homme qui aime prendre du bon temps avec des minettes.

- C'est horrible la façon dont tu dis ça Tony, dit-elle en lançant un regard outré à son collègue.

- Ne t'inquiète pas Lénou, le patron va l'avoir, et il va tout avouer.

- Oui. Et puis quand on le connaît un peu il n'a quand même pas l'air très net, derrière tout ce stress.

Tony acquiesça silencieusement d'un signe de tête. Gibbs entra dans la pièce au même instant et vint se placer derrière ses deux agents, un café à la main.

- Agent Craps, qu'attendez-vous? Notre suspect ne va tout de même pas tout nous déballer sur un plateau d'argent!

Hélène lança un coup d'œil à son patron, regarda Tony, hésita une seconde, puis attrapa le dossier que Gibbs lui tendait avant de sortir à contre-coeur de la pièce exiguë. Elle fit quelques pas dans le couloir, puis s'arrêta un instant pour prendre une grande inspiration. Elle expira ensuite en profondeur, prenant le temps de se calmer, et de se préparer à ce qui allait suivre. Elle aurait vraiment préféré que son patron se charge de cet interrogatoire. Elle savait qu'il la mettait à l'épreuve, en quelque sorte, en lui confiant cette tâche. Il avait senti qu'elle n'était pas très à l'aise, le contraire l'aurait étonné de la part de Gibbs, et il la poussait donc dans ses retranchements afin de voir de quoi elle était capable. Ce n'était pas le moment de flancher pensa-t-elle.

Interroger des gens lui apparaissait souvent comme un jeu, mais étrangement cette fois-ci elle ne se sentait pas prête, pas suffisamment armée pour faire face à cet homme, même si il n'avait pas l'allure d'un tueur en série. Au fond d'elle elle avait peur de ce qui se cachait derrière son attitude apparente de stress. Son instinct lui criait que même si elle ne voulait pas le croire, il était coupable. Qu'il était capable du pire, et qu'il l'avait démontré avec ces deux sœurs. ça l'effrayait.

Après ces courtes secondes de pause, elle se décida à avancer jusqu'à la porte de la salle d'interrogatoire et à poser sa main sur la poignée de la porte. Dans la pièce adjacente Tony commençait à trouver le temps long, et Gibbs attendait son agent en buvant son café. Au bout de quelques instants Hélène ouvrit finalement la porte d'un geste décidé, et alla s'asseoir face au suspect. Elle posa le dossier que Gibbs lui avait donné sur la table, et débuta son interrogatoire.

- Mr Roskard. Didier Roskard, c'est bien ça? Commença-t-elle d'une voix claire et assurée, en apparence seulement.

- Oui, c'est ça.

- Vous allez bien Mr Roskard?

L'homme, qui avait déjà atteint un certain âge, fut surpris et décontenancé par cette dernière question.

- Euh, oui, très bien, répondit-il d'un ton hésitant.

- Vraiment! Personnellement, si je venais de me faire interpeller par des agents fédéraux alors que j'enterrais un collègue, et surtout un ami de longue date, je ne pense pas que j'irais si bien.

Mr Roskard ne répondit pas.

- A quel point connaissiez-vous Philip Blaquana? Reprit Hélène.

- Comme vous l'avez dit, on se connaissait depuis des années, nous nous sommes rencontrés durant nos études, et c'est ensemble que nous nous sommes engagés chez les Marins.

- Vous vous voyiez donc régulièrement?

- Oui, assez.

Tony et Jethro observaient la façon dont elle menait son interrogatoire. Elle n'avait pas encore touché au dossier posé devant elle.

- Il devait être un bon ami, vous avez dû faire les quatre cent coups ensemble, n'est-ce pas? Demanda Hélène, faussement admirative. J'aurai aimé avoir un ami comme cela, rajouta-t-elle afin de se montrer encore plus crédible.

Petit à petit, l'homme face à elle reprenait confiance, la jeune femme semblant tisser des liens avec lui. Elle tentait de le rassurer, pour ensuite pouvoir mieux le briser.

- C'est vrai qu'on passait tout notre temps ensemble, on partageait tout.

Hélène sourit, elle avait là une très belle occasion de lui faire perdre pied sans prendre la peine de s'aventurer plus loin dans cet interrogatoire, pensa-t-elle.

- Tout? Vous ne menez pourtant pas la même vie. Mr Blaquana s'était construit une famille, il s'est marié et a eu deux filles. Vous, vous êtes toujours célibataire, il me semble, questionna-t-elle en ouvrant le dossier qui lui faisait face, faisant mine d'y chercher la réponse à cette question, alors qu'en vérité elle connaissait parfaitement ce détail.

- En effet. Mes parents ne m'ont jamais appris ce qu'était une famille, et je ne suis pas parvenu à fonder la mienne. Mais la famille de Philip était ma famille. Je sortais avec lui et sa femme, je gardais leurs filles en cas de besoin. Je leur rendais de nombreux services. Philip et moi étions comme frère, détailla Mr Roskard.

Hélène sourit suite à ce que venait de dire Didier Roskard. Elle tentait de se montrer la plus compatissante possible, bien que cet homme ne lui inspirait que l'opposé total.

Gibbs regardait attentivement cet homme. Il leur livrait des informations sans s'en apercevoir, et Hélène n'en montrait rien, elle jouait la parfaite comédie. Sans prendre le problème à bras le corps, préférant y aller de manière rusée et détournée, Hélène était en train de régler le problème. Son agent n'était jamais à cours de ressources.

- Vous étiez donc un peu comme le tonton adoré de Claire et Marie, poursuivit Hélène.

- C'est ça vous avez compris, répondit le marin à la retraite, n'apercevant qu'à peine le piège qui se dessinait devant lui.

- J'ai eu un oncle que j'ai adoré, commença Hélène. J'étais sa petite nièce chérie, et il me le rendait bien.

Hélène regarda son suspect dans les yeux avant de poursuivre.

- Ça fait beaucoup de souvenirs tout ça… Des bons… Vous voulez un verre d'eau Mr Roskard? Moi j'en aurais bien besoin!

- Si vous me le proposez, je ne dis pas non, finit-il par répondre.

Tony sourit. Le coup du verre d'eau. Même si l'affaire était bien menée, Hélène n'était pas très originale cette fois-ci. Il l'avait déjà vu faire beaucoup mieux, être bien plus impressionnante.

Quelques instants plus tard, Mr Roskard but sa dernière gorgée d'eau, et reposa le verre sur la table. Hélène le prit délicatement entre ses doigts.

- Je peux mettre mes empreintes sans problème sur ce verre. Les miennes n'ont pas été retrouvées sur une scène de crime, et je n'ai pas été dénoncée à une quelconque agence fédérale de ce pays, déclara-t-elle en regardant leur suspect.

Roskard fronça les sourcils, il n'était plus certain de tout comprendre.

- Oh pardon, j'ai oublié de vous dire, c'est vrai! Décidemment, je ferai une pitoyable amie.

Hélène sourit, et regarda une fois de plus l'homme face à elle.

- Marie Blaquana, appuyée de sa sœur Claire, a porté plainte contre vous en début de semaine. Ça vous étonne? Demanda Hélène. Vous devez savoir pourquoi à mon avis. Comme vous l'avez si bien dit, Philip et vous partagiez tout, même ses filles.

- Je ne vois pas de quoi vous parlez, tenta de répondre Roskard.

Hélène reposa le verre sur la table, et posa ses yeux dans ceux de Didier Roskard.

- C'est très simple. Notre scientifique va relever vos empreintes sur ce verre, et si, ce qui ne fait aucun doute selon moi, elles correspondent à celles que nous avons trouvées sur la tête de lit de Claire Blaquana, ça ne nous fera jamais qu'une preuve de plus, parmi de nombreuses autres, du crime pour lequel vous êtes là aujourd'hui.

- Je n'ai jamais violé Claire! S'emporta Roskard face à la démonstration que venait de faire l'agent fédéral.

- Violé? Pourquoi parlez-vous de viol Didier?

Hélène se retourna face à la vitre sans teint, et interrogea ses collègues, qu'elle ne voyait pas.

- J'ai parlé de viol? Vous vous dénoncez tout seul Didier, continua-t-elle après s'être retournée vers lui.

- Pourquoi suis-je là, si ce n'est pas pour ça?

- Attendez? Je suis perdue là! Moi je vous parle de trafique de drogue, Mr Roskard. S'indigna faussement Hélène. Je ne comprends plus rien de ce que vous me dites.

- Je n'ai jamais fait aucun trafic de drogue ni de quoi que se soit. Répliqua Roskard. Le NCIS se trompe. Jamais je n'aurai fait une chose pareille!

- Mais si vous n'avez jamais vendu de drogue à la fille adolescente de votre défunt collègue, que font vos empreintes dans la chambre de sa fille? Ne me dites pas que… Vous ne venez pas de parler de viol? Dit Hélène.

C'est seulement à cet instant que Didier Roskard se sentit pleinement pris au piège par les agents du NCIS, et entrevit l'ampleur de la mascarade dans laquelle il se trouvait depuis plusieurs minutes.

- Vous vous étés bien foutu de ma gueule, s'emporta-t-il.

-En effet Mr Roskard. J'adore pratiquer ce genre de mensonges autorisés par la loi, commenta la jeune femme.

Hélène se leva brutalement et se pencha au-dessus de la table pour approcher son visage de celui de Roskard. Elle lui parla alors doucement, et clairement.

- Je ne vous poserai qu'une seule fois la question, alors tachez d'y répondre distinctement, ça vous évitera certainement quelques années supplémentaires derrière les barreaux. Avez-vous violé Claire Blaquana, Mr Roskard?

Didier Roskard la regarda quelques instants. Hélène l'entendait respirer fortement. Cet homme le répugnait de plus en plus, et elle avait hâte que cet interrogatoire se termine. Même si à prime abord l'attitude de cet homme lui avait fait penser qu'il n'avait rien du coupable qu'ils recherchaient, elle n'avait à présent plus aucun doute sur le fait qu'il ait violé ces jeunes filles.

- Oui, lâcha enfin leur suspect, devenu coupable.

Hélène attrapa le dossier qui traînait sur la table, le referma, et le saisit. Elle s'éloigna de lui et sortit de la pièce, fière d'avoir une fois de plus réussi à tirer les vers du nez d'un salopard, alors qu'au départ elle ne s'en sentait pas capable. Le dossier sous le bras, elle prit directement la direction de l'ascenseur, ayant besoin de se reprendre avant de faire face à ses collègues. Elle prit à peine le temps de préciser à cet homme qu'il était en état d'arrestation. Elle savait qu'ils s'en chargeraient.