Je m'excuse mille fois pour ce retard inconcevable. Ecrire une fic prend du temps et quand on trainaille, on finit par perdre le fil. Je me suis souvenue de combien je détestais lire des fics où la dernière partie manquait. Alors voilà le dernier chapitre. Merci pour votre soutien et votre patience. J'espère que ça ne vous décevra pas !


L'épisode du Sectumsempra obligea à Drago de rester trois jours à l'infirmerie. Il ne s'en plaignit pas, trop faible pour désapprouver quoique ce soit. A la fin du troisième jour, le Professeur Rogue entra dans l'infirmerie et se dirigea vers le lit du jeune préfet.

- Bonsoir Drago.

Celui leva les yeux du livre de théorie magique que ses parents lui avaient conseillé de lire, puis abaissa l'objet.

- Bonsoir Professeur.

- Comment te sens-tu ? Demanda le Professeur Rogue seulement par politesse.

- Mieux, répondit simplement Drago.

- Madame Pomfrey autorise ta sortie aujourd'hui. Elle a quelques potions à te remettre afin de continuer à faire cicatriser tes coupures. Tu as aussi pu te demander pourquoi tu n'as pas reçu de visite.

Drago hocha la tête, bien qu'il fut plutôt reconnaissant que personne ne l'ait vu dans un tel état.

- J'ai interdit les visites. Il serait mieux que cette petite mésaventure -Rogue avait toujours le don pour minimiser les choses- reste entre nous. Mr Potter aura des retenues jusqu'à la fin de l'année pour cet incident.

Drago acquiesça sans dire un mot. Il avait mille questions à propos de ce qui était arrivé, le sort qui l'avait touché et ses répercussions, mais il n'osa pas les poser. Rogue n'était pas le genre de personne avec qui il souhaitait avoir une conversation.
Le blond se leva donc de son lit, avec malgré tout des difficultés dues à ses plaies qui le lançaient. Il rassembla ensuite les quelques affaires qu'on lui avait fait parvenir en ignorant les pics de douleurs sur son torse. Il récupéra les potions que Madame Pomfrey lui ordonna de boire jusqu'à la fin de la semaine puis rejoignit Rogue qui l'attendait près de la porte. Lorsqu'ils arrivèrent à la salle commune verte, Drago entra seul tandis que le professeur retourna à ses appartements. Il était environ 19h45 et tous les élèves étaient dans la Grande Salle pour le dîner. Tous sauf un, ou plutôt une. Namaïla Ritchkov était assise sur l'un des fauteuils, son violon en main mais elle s'était arrêtée de jouer, sûrement en entendant la porte s'ouvrir.

C'était la première fois depuis des semaines voire des mois que les deux Serpentards se regardèrent dans les yeux sans s'éviter. Une émotion indescriptible les traversa, comme s'ils retrouvaient quelque chose de longuement perdu. Drago sentit son cerveau se remémorer leurs soirées passées ensemble, les bons moments qu'il avait tout fait pour oublier tout comme son visage follement magnifique... Il réalisa à quel point il avait pu s'attacher à Namaïla. Alors qu'il essayait de refouler ses émotions, sa voix cristalline retentit:

- Drago, qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Des frissons le parcoururent à l'entente de son prénom. Il ne pouvait pas décrocher son regard de celui de la jeune fille. Comme s'ils étaient faits pour rester l'un près de l'autre. Finalement, après une dizaine de secondes, il tourna sa tête à contrecœur mais cela eut enfin l'effet souhaité : briser l'emprise qu'elle avait sur lui. Son cœur se serra lorsqu'il parvint à dire ce que sa raison lui ordonnait :

- Ca ne te regarde pas.

Il marcha ensuite le plus rapidement qu'il put en essayant d'ignorer cet affreux sentiment qui le transperçait, ainsi que les douleurs aigües provenant de tout son corps. Lorsqu'il atteint son lit, il s'assit lourdement dessus et prit sa tête dans ses mains. Pourquoi devait-elle toujours le troubler à ce point ? C'était insensé qu'il ressente des émotions aussi fortes à son égard après si longtemps. Il était fatigué de toujours lutter contre ses sentiments. Il ne savait même plus pourquoi il s'empêchait de lui parler correctement. Était-ce parce qu'elle l'avait trahi ? Elle s'était pourtant excusée tellement de fois. Et puis à sa place, il est très possible qu'il aurait fait la même chose. Ou bien était-ce à cause de sa mission ? Son efficacité à trouver des moyens pour l'accomplir ne s'était pas accrue depuis qu'il avait arrêté de la fréquenter. Il avait même doublement échoué car Harry Potter était au courant de quelque chose et sa tentative d'empoisonner Dumbledore avait royalement raté. La seule chose qu'il avait réussie à faire était réparer l'armoire à disparaître. Du moins, il approchait du but. Mais il aurait très bien pu le faire en étant avec Namaïla. Une vague d'inquiétude l'envahit en réalisant qu'il avait perdu la seule personne à laquelle il comptait, excepté sa famille. Elle était la seule à lui avoir fait goûté au bonheur, la seule qui le comprenait avec seulement un regard, la seule qui l'avait fait rire. Sa seule amie.
Il détestait devoir penser à elle au passé.

Le jour suivant, tout était redevenu normal. Drago était retourné en cours, il avait mangé en compagnie de ses camarades qui lui avaient posé des questions auxquelles il répondait vaguement et il avait même réussi à éviter de trop penser à Namaïla. Lorsqu'il eut terminé sa ronde, il se dirigea vers la Salle sur Demande aussi discrètement que d'habitude. Ce n'est qu'au moment où il réalisa qu'il avait parvenu à faire marcher l'armoire à disparaître que les choses prirent une tournure inquiétante. Il réalisa qu'introduire des mangemorts dans le château n'était qu'une moitié de sa mission. Il allait devoir affronter Dumbledore face à face pour le tuer.
Cette pensée l'effraya. Il savait qu'il n'avait pas le choix et que cela serait tellement plus simple s'il se contentait de faire ce qu'on lui ordonnait. Mais son cœur ratait un battement dès qu'il pensait à un jet de lumière verte qui frappait le directeur à la poitrine, laissant celui-ci sans vie mais sauvant celle de Drago. Il fallait de toutes façons qu'il réussisse. Il ne pouvait pas se permettre de douter ou ça lui serait fatal.

Chaque jour suivant se passa de la même façon. Drago finalisait son usage de l'armoire à disparaître tout en faisant abstraction de quelconque sentiment, envers Namaïla ou le directeur de Poudlard, qui pouvait pointer le bout de son nez. Après quelques jours cela devint comme une routine. Drago refoulait l'angoisse qui grandissait dans son corps et marchait les yeux dans le vide, comme un robot dans les couloirs. C'était le moyen le plus simple pour lui de réussir ce qu'on lui avait ordonné de faire. Il agissait comme une personne sans vie, sans sentiment, sans émotion. Cela troubla légèrement Blaise et Pansy qui ne cherchèrent cependant pas plus loin, habitués et presque lassés des humeurs changeantes de Drago.

Mais cela n'avait plus d'importance à présent. Car Drago était en dehors du château, suivant un petit nombre de Mangemorts incluant sa tante se réjouissant de ce qu'il était en train de se passer et le Professeur Rogue qui avait prononcé les deux mots interdits en dirigeant sa baguette vers Albus Dumbledore. Ils avaient atteint la forêt interdite et la seule chose qui ramenait Drago à la réalité était les picotements de ses anciennes plaies qui le tiraient quelque fois encore. Mais celles-ci étaient presque un bon souvenir comparé au sort que Voldemort allait sûrement lui réserver.

Toutes ses pensées n'étaient concentrées que sur cela. Il était effrayé de ce qu'il avait fait, de ce qu'il avait vu, de ce qu'il allait vivre. Faire entrer les mangemorts, qui avaient détruits une grande partie des salles dans lesquelles il avait passé tellement de temps pendant son enfance. Pointer sa baguette vers Dumbledore qui avait lu en lui jusqu'à son dernier souffle, comprenant qu'il ne pourrait jamais prononcer « Avada Kedavra ». Assister malgré lui à l'assassinat du plus grand sorcier de tous les temps. S'enfuir en compagnie des disciples du seigneur des ténèbres, se dirigeant vers sa propre mort qui l'attendait au bout du chemin. Oui, ç'avait été une nuit effroyable. Et si sa tante ne le tirait pas par le bras afin de le guider dans la bonne direction, il se serait sûrement arrêter de marcher pour s'évanouir.

Il était en vie. Son père avait pu s'évader d'Azkaban. Il était chez lui, aux côtés de sa mère. Mais malgré cela Drago était loin d'être heureux. Voldemort avait établi ses quartiers au manoir, en guise de punition pour l'incapacité de Drago a remplir sa mission. Le manoir était désormais l'endroit le moins recommandable du pays et la famille Malefoy avait du mal à gérer la tension qui s'était installée dans leur propre maison. Un silence froid régnait la plupart du temps, même lorsque le seigneur des ténèbres et ses disciples étaient absents.
Lucius ne parlait pas à Drago. Il avait oublié comment agir avec son fils, ne sachant s'il devait le blâmer pour avoir échouer ou le plaindre d'avoir eu à racheter l'honneur des Malefoy par lui-même. Narcissa quant à elle était dépitée de tous ces évènements et malgré la joie que le retour de Lucius lui avait apportée, elle avait du mal à se faire à son silence et son apparence dévastée par l'emprisonnement. Mais le fait d'avoir Voldemort chez elle ne la dérangeait pas autant qu'on pourrait le croire car son fils avait eu la vie sauve, et c'était tout ce qui lui importait.

Narcissa et Drago étaient tous les deux assis dans le salon bleu, elle lisait et lui était perdu dans ses pensées. La mère baissa son livre pour poser ses yeux sur son fils et profitant que Lucius était dans son bureau, elle prit la parole. Sa voix était très basse mais c'était amplement suffisant pour briser le silence auquel tous les trois s'étaient habitués.

- Drago, j'ai quelque chose à te dire.

Celui-ci tourna brusquement la tête en direction de sa mère. Il lui lança un regard curieux pour l'inciter à continuer.

- Je sais que ce qu'il s'est passé a été dur. Et je pense que tout ce qui arrive est injuste. Mais ce n'est la faute de personne d'accord ? Je ne veux en aucun cas que tu te blâme pour ce qui est arrivé. Ou plutôt ce qui n'est pas arrivé.

A ces mots, Drago baissa inévitablement les yeux, se rappelant son échec.

- Ce n'est pas non plus la faute de ton père. Il faut que tu comprennes bien cela, car il est essentiel que notre famille reste unie dans ces temps difficiles.

Elle se leva ensuite gracieusement, posa son livre sur la table basse et s'avança vers Drago. Elle effleura l'arrière de sa tête tout en murmurant :

- Je suis fière de toi, mon fils.

Puis elle embrassa le haut de sa tête avant passer sa main dans ses cheveux d'une façon maternelle. Drago lui offrit un sourire discret mais reconnaissant et Narcissa quitta la pièce.

Quelques minutes plus tard, Drago entendit un cliquetis provenant de la fenêtre. Il aperçut un hibou sur le rebord de celle-ci, attendant patiemment qu'on lui ouvre. Drago s'exécuta donc et récupéra la lettre attachée à la patte de l'animal.

Lorsqu'il l'ouvrit, il reconnut de suite l'écriture ce qui lui provoqua un certain choc. La lettre venait de Namaïla.

Cher Drago.

Cette lettre doit sûrement être complètement inattendue pour toi. Je ne sais même pas si tu vas prendre le temps de la lire.
J'ai besoin de te voir. S'il te plaît, viens me retrouver sous le vieux peuplier proche de ton manoir.

Namaïla.

Son cœur rata plusieurs battements. Namaïla était devant chez lui ? Si oui, elle était complètement inconsciente ! Il fallait qu'il aille la retrouver avant qu'elle ne soit repérée par quelqu'un. Il marcha le plus vite possible jusqu'à la porte principale du Manoir. Là, il utilisa sa baguette pour ouvrir les portes en bois massif. Lorsqu'il fut dehors, le vent frais du soir lui chatouilla le cou puis il se mit à courir jusqu'à atteindre le portail. Les alentours du manoir avaient été ensorcelés pour empêcher quiconque de transplaner. Après quelques minutes, il ouvrit les barrières de fer forgé pour enfin sortir de la demeure. Il chercha des yeux la jeune fille et la trouva, appuyée contre le gigantesque peuplier qui faisait face à la haute haie entourant la demeure. Son regard montrait à quel point elle était agréablement surprise de voir que Drago avait accepté de la retrouver. Il s'avança rapidement vers elle, beaucoup moins enchantée qu'elle.

- Es-tu complètement folle ? Tu ne devrais pas être là !

- Je sais Drago. Mais je ne pouvais pas continuer comme cela.

- Continuer quoi ? Interrogea Drago sèchement.

Soudain, ses yeux s'écarquillèrent alors qu'il aperçut sa tante au loin, se dirigeant vers le manoir. Elle ne les avait pas remarqué grâce à la faible luminosité.

- Il ne faut pas qu'elle te voit !

Il réfléchit quelques secondes à comment cacher Namaïla. Ils auraient pu simplement courir jusqu'à la forêt avoisinante mais Namaïla avait un son handicap. Il murmura alors : « accio balai ». Son balai de compétition les atteint en moins de deux. Il prit place dessus et ordonna à la jeune fille de faire de même. Drago décolla immédiatement et lorsqu'ils atteignirent un niveau où sa tante n'avait aucune chance de les voir, il se détendit. C'est alors qu'il prit conscience des bras de la jeune fille autour de sa taille, de son parfum qui lui avait tant manqué, attisant ses sens, et évidemment de leur proximité terriblement agréable. Il sentit cependant que Namaïla était plutôt crispée et tourna la tête vers elle.

- Ca va ? Demanda-t-il soucieux.

- Eh bien... Pas vraiment non. C'est un peu trop haut.

Ils étaient à presque vingt mètres du sol et apparemment pour Namaïla qui n'était pas habituée, cela faisait trop. Drago dirigea alors le balai vers la forêt qu'il survola jusqu'à trouver une clairière où il allait jouer quand il était petit, avant que son père ne le lui interdise. Ils se posèrent doucement et Namaïla se détendit significativement. Drago posa son balai à terre pour se retourna et faire face à la jeune fille.

- Je suis désolée de te causer des problèmes, déclara-t-elle embarrassée.

- On a évité le pire... Mais pourquoi as-tu venue ? C'est vraiment dangereux !

- Je sais, excuse-moi. Je ne pouvais juste pas rester toute seule chez moi. Il fallait que je te vois pour savoir si tu allais bien. Après le soir où Dumbledore est décédé, je ne t'ai plus revu.

Drago ne savait pas s'il voulait tout expliquer à Namaïla et ne répondit rien, trop occupé à réfléchir.

- Drago, je crois qu'il faut que je reprenne du début... Tout d'abord, je voudrais m'excuser une fois de plus pour ce qui est arrivé. J'ai été complètement égoïste et aveuglée par la colère parce que je trouvais cela tellement injuste qu'on m'ait enlevé mes parents. J'espère que tu pourras un jour me pardonner de t'avoir trahi...

- J'aimerais savoir quelque chose. Pourquoi est-ce que Voldemort en voulait à tes parents ?

- On m'a expliqué que c'était parce qu'ils connaissaient un fabriquant de baguettes qui s'appelle Gregorovitch. Voldemort voulait des information sur lui et je me souviens que mes parents n'ont rien voulu divulguer à ton père et au deuxième mangemort...

Drago resta silencieux tout en se rappelant une bribe de conversation que Voldemort avait eu une fois avec son père, où il avait prononcé ce même nom. Le jeune homme regarda ensuite le visage de Namaïla plus en détail. Elle semblait fatiguée mais sa beauté était toujours aussi hypnotisante. Le cœur du jeune homme s'accéléra lorsqu'il réalisa a quel point il était heureux qu'elle ait pris autant de risque rien que pour lui.

- Mia, je te pardonne.

Son visage s'illumina à ces paroles. Une sourire de soulagement étira ses lèvres, effaçant tous signes de fatigue en les remplaçant par une joie sincère. Dans un élan d'affection, elle l'enlaça avec reconnaissance. Le haut de sa tête touchait seulement le menton du jeune homme qui plaça ses bras autour de la brune, humant son parfum sucré et appréciant leur proximité.

- Merci Drago, murmura-t-elle contre son torse.

Celui-ci la prit par les épaules et plongea son regard dans le sien :

- Tu m'as manquée Mia.

Elle sourit de nouveau et avoua :

- Tu m'as manqué aussi... Drago, je crois que j'ai tout compris. Je crois que je sais pourquoi tu agissais de la sorte, tout l'année.

Le blond la regarda, interrogateur. Mais Namaïla ne dit rien. Elle fit un simple geste qui voulait plein de sens en avançant sa main vers l'avant bras gauche de Drago. Elle l'attrapa doucement et l'effleura avec son pouce. Seule le tissu de sa chemise noire isolait la marque des ténèbres du doigt de la jeune fille. Drago fut pris d'une soudaine panique à l'idée que Namaïla sache qu'il était Mangemort. Il prit sa tête dans ses mains pendant un instant puis tourna la tête brusquement.

- Mia, je n'ai rien fait ! Je ne l'ai pas tué, je...

Sa voix était de plus en plus forte, il semblait désemparé qu'elle ait à présent une mauvaise image de lui.

- Je n'avais pas le choix tu comprends. Il allait me tuer sinon !

Pour la première fois, les yeux de Drago s'embuèrent à mesure qu'il parlait. Son discours était désordonné mais Namaïla saisit l'essentiel. Elle prit le visage du jeune homme dans ses mains, le forçant à cesser de bouger.

- Drago, calme-toi. Ne t'inquiète pas, c'est du passé maintenant.

Mais Drago ne s'arrêta pas. Tous les souvenirs des dernières semaines lui revinrent à l'esprit et il avait besoin de tout raconter à Namaïla, d'enfin se confier et libérer ce qui pesait sur son cœur. Il parla sans croiser le regard de la jeune fille, trop perdu dans ses propres pensées pour remarquer le monde autour de lui. Il était en train de craquer.

- Je devais tuer Dumbledore, c'était ma mission. Mais je ne savais pas comment. J'ai essayé avec le collier que Katie Bell a touché. Mais ç'a échoué. Et puis la bouteille empoisonnée que Weasley a bue. C'était moi aussi, elle était censée parvenir à Dumbledore ! Je n'ai rien fait correctement à part réparer l'armoire à disparaître dans la salle sur demande. Alors je me demandais si Voldemort allait me punir et me tuer. Et tuer ma mère et mon père aussi, à cause de moi. Je devais me concentrer sur ma mission mais je n'y arrivais pas. Je ne pensais qu'à toi, alors quand on s'est disputés ç'a été plus facile. Mais au fur et à mesure, je me sentais seul. C'était tellement dur Mia...

Ses yeux humides rencontrèrent enfin ceux de la russe. Il essuya ses joues d'un revers de main puis ajouta d'un ton désespéré :

- Je ne l'ai pas tué. Je n'ai pas pu...

En un regard, Namaïla fit comprendre à Drago qu'elle le croyait et qu'elle ne lui en voulait pas. Le cœur du blond battait à cent à l'heure, son cerveau croulait sous les différentes émotions qui l'assaillaient toutes en même temps mais ce bazar disparu en un instant, lorsque les lèvres de Namaïla se posèrent sur celle de Drago. Automatiquement, il la serra contre lui en posant une main au creux de son dos et une autre à l'arrière de son cou. Le temps s'était complètement arrêté, eux-seuls comptaient à présent. Alors qu'ils approfondissaient le baiser, Drago comprit quelque chose de crucial. Il détacha ses lèvres de celles de Namaïla l'espace de quelques secondes, juste assez pour murmurer :

- Je t'aime Mia.

Et comme pour lui prouver, il l'embrassa pendant un long moment. Leur baiser était intense, aucun des deux ne voulait s'éloigner de l'autre de peur de se perdre de vue une nouvelle fois. Ce n'était pas qu'un baiser, c'était la suite logique des choses.

- Ïa tebia lyublyu, murmura la jeune Russe doucement.