Hello tout le monde !
Ouah ! A chaque fois que je poste un chapitre sur cette fiction avec moins de deux mois entre chaque poste, je m'étonne ! Pour moi, c'est quasi un miracle xD
Enfin bref, voici un nouveau chapitre, qui sera, vous vous en rendrez compte, un peu différent des précédents. Je ne vous en dis pas plus mais le titre met déjà la puce à l'oreille ^^
Remerciements : Ludivine28, eliloulou, spunk9 (bienvenue pour la suite de la fiction, je suis contente qu'elle te plaise :) ), psychogirl25, aelita48, Anais88, sarahbt, Sam's Masen, alysoncullen, sexforlife, keshya, Edwardxbella, SAMYSTERE, helimoen, jerry03, nini33, vinie65, erika shoval (bienvenue sur l'histoire, j'espère que la suite te plaira également ! ), chewbacca77, SellyCullen, Mlo, aussidigility, anges0112, Em 81, mel, Liki0da, potine, Dex-DaZzLinG, Anill, kim, Liline57, Martine16, miiss88, Habswifes, sarinette60, SweetyMarie, mmccg, kikinette11, LuneBlanche, Lisa, licou-val, SurreyFr, sonie 13, RioTousse, TeamEdward, Kriistal, Claire91, Lily-Rose-Bella, miss sawyer11, pierard85, patricia, lili70, Atchoum16, edwardbellaamour, Allie29, Miss-quin'apasd'idedepseudo, oOobellaedwardcullenoOo, bella-lili-rosecullensister, PatiewSnow, patoun, Clairouille59, ptitcoeurfragile, Grazie, l'anonyme sans pseudo (merci pour cette longue review ^^ ), JujuuCullel (merci infiniment pour ces 6 reviews adorables et je suis désolée si je n'ai pas été assez rapide pour toi mais je pense que c'est le mieux que je puisse faire ! lol ), et enfin merci à ma Popolove !
On se retrouve en bas ;)
Bonne lecture !
...
Anthony
/!\ Point de Vue Edward /!\
« On se ressemble… Tu auras beau le nier, croire en ta vie parfaite, tu es un Masen… Un jour, tu t'en rendras compte et tu ne pourras pas dire que je ne t'ai pas prévenu… Mon fils… »
« Je veux que tu t'en ailles… Je ne veux pas Edward Masen chez moi… »
« Penses-y, Edward. Ta femme t'aime, tu as un garçon adorable. Ne gâche pas tout pour lui… Bella ne te le pardonnera pas. Esmée non plus, même si tu es son fils… »
« Fais encore le moindre mal à ma sœur et je te fais bouffer mon poing ! »
« Un abruti, voilà ce que tu es… Tu ne mérites pas Bella et j'espère qu'elle t'en fera baver comme tu l'as fait souffrir. »
« Je m'en fous pas mal que tu sois désolé ! Le mal est fait, tout simplement. »
« Ce que ça veut dire ? Ça veut dire que je demande le divorce, Edward. »
Je me redressais en sursaut dans mon lit, trempé de sueur, après avoir entendu et revu l'attitude froide de mon épouse, m'annonçant son désir de mettre fin à notre couple. À notre mariage. Notre vie.
Les voix de ma douce, de mon père, de mon beau-frère ou encore de ma demi-sœur tournaient encore et encore dans ma tête. Ils avaient tous raison. Je n'étais qu'un abruti, un salop qui faisait du mal à ceux qu'il aimait. Je faisais souffrir ma mère de part mon comportement. Ma famille me reprochait mon attitude. Et pire encore ! Je dissolvais ma propre famille en commettant des actes qui ne me ressemblaient en rien.
Boire, tromper… Tout ceci n'était pas moi.
J'aspirais seulement à être heureux avec ma femme et mon fils. Les êtres les plus importants pour moi. Et au lieu de ça ? Je les faisais souffrir.
Souffrir… Ce mot revenait sans cesse dans ma tête. Je n'avais plus qu'une utilité ces derniers temps : faire souffrir les gens.
Je soupirais, repoussant la couette au pied du lit et me dirigeais vers la salle de bain attenante. Mon reflet me dégoutait. L'expression « ne pas pouvoir se regarder dans une glace » avait pris tout son sens depuis le premier matin où j'avais découché. Depuis cette fois horrible où j'avais repris mes esprits alors que mon assistante se frottait contre moi, demandant de nouvelles caresses. Et pire encore… Ce matin où j'avais appris que ma belle et douce Bella savait tout de mon infidélité et qu'elle subissait ça en silence, se demandant même ce qui n'allait pas chez elle.
Je ne voulais plus penser à ça, aussi secouai-je la tête et, après avoir enlevé mon boxer, entrais sous la douche, souffrant du jet d'eau brûlant qui s'abattit sur ma peau.
Le seul problème, c'est que quand je ne pensais pas à ma femme ou mon fils, je l'entendais. Cette voix que j'avais mis tant de temps à ne plus connaître. Je le voyais. Ce visage que j'avais appris à oublier, à effacer. Il hantait mes journées et mes nuits et ce, bien que j'eus trouvé un soutien non-feint de mon beau-frère, Emmett, et mon « parrain » des Alcooliques Anonymes, Garrett.
Seul ce dernier était au courant de tout. Un soir, alors que je m'apprêtais à boire verre sur verre dans un bar miteux, j'avais eu la présence d'esprit de l'appeler avant de commettre l'impardonnable. Il était venu, m'avait ramené dans ma chambre d'hôtel et j'avais tout déballé. À défaut d'y arriver devant ma femme ou n'importe quel membre de ma famille. Carlisle aussi était vaguement au courant mais je n'étais pas rentré dans les détails. Il savait seulement la raison de mon état et de mes conneries.
Je voulais juste les préserver. Les garder à l'écart de lui.
Bella ne devait pas savoir. Lucas ne devait jamais être au courant. Quant à Esmée, la question n'était même pas abordable. Il était hors de question que je prenne le risque qu'elle sache un jour. Je ne pourrais pas me le pardonner.
Et maintenant ? À quoi tout ça avait servi ?
J'avais perdu mes seuls raisons de vivre et je me battais quotidiennement. Contre l'alcool. Contre Tanya. Et contre lui.
Je devais redevenir cet Edward qui faisait briller les yeux de son épouse. Ses fabuleux yeux marrons devaient retrouver leur amour, leur adoration, leur désir quand elle les posait sur moi. Je ne voulais plus voir cette tristesse, ce dégoût mélangé à cette rage. Je voulais qu'elle se jette à nouveau dans mes bras pour me déclarer combien je lui avais manqué, même si nous nous étions quitté seulement quelques heures. Je voulais à nouveau sentir ses caresses sur ma peau et pouvoir lui en prodiguer à mon tour. Je mourrais d'envie de l'avoir, blottie contre moi, devant un de ces films romantiques qui la ferait, à coup sûr, pleurer à la fin.
Et surtout…
Surtout, revoir ce sourire qui me manquait tant. Pas ce sourire forcé, ce sourire triste ou ce sourire sarcastique qu'elle me lançait depuis des mois maintenant. Non, je voulais ce sourire aimant et qui me disait à lui seul : « Tu es l'homme de ma vie et jamais je ne pourrais me séparer de toi ».
Réprimant un juron et empêchant mon poing de s'écraser contre la paroi de la douche, je coupais l'eau avant de sortir de la cabine et d'entourer ma taille d'une serviette.
Arrivée dans la chambre, je fixais mon attention sur mon portable. J'avais moins de deux jours pour sauver mon couple.
« Dans quarante-huit heures, on pourra définitivement dire si nous sommes encore, mari et femme. »
C'était ma dernière chance, j'en étais totalement conscient. Si je ne voulais pas les perdre, il allait falloir que je lui explique tout et si après mes piètres excuses, elle m'acceptait à nouveau dans sa vie. Dans leur vie, à elle et Lucas. Je pourrais m'estimer heureux.
J'en serais même le plus heureux des hommes, me dis-je à moi-même avant de prendre mon téléphone et composer un numéro.
...
- Bon, Edward ! Ça fait une demi-heure que tu es assis là et que tu dis rien. Tu ne m'as pas appelé juste pour le plaisir de me voir alors accouche ! Je n'ai pas que ça à faire, si tu l'avais oublié…
Levant mon nez de la tasse fumante de café, je regardais par la fenêtre, toujours déconnecté. Que faisait-elle à cette heure ?
Lucas irait-il à l'école, même avec la petite Clora fraîchement débarqué à la maison ?
Un sourire vint s'installer sur mon visage alors que je repensais à notre journée de la veille. Les petits nous avaient fait suer, ma mère et moi. Lucas, demandant toute mon attention. Clora, timide comme tout qui me regardait fixement avant de partir en courant lorsque je lui souriais. Léa qui, malgré son âge un peu plus avancé, faisait bêtises sur bêtises avec Esmée dans la cuisine. Quant au petit Tyler… Il avait beau être âgé seulement de neuf mois, il m'avait fait courir dans tout le jardin.
Lucas avait été pareil à son âge. Marcher à quatre pattes partout, attrapant tout ce qui lui passait sous la main, manger tout ce qu'il voyait trainer, rire aux éclats pour un rien. Cette journée m'avait remonté quelques années plus tôt et j'y avais pensé toute la soirée, en revenant à ma chambre d'hôtel sans avoir pu voir Bella à son retour.
Un soupir impatient mit fin à mes pensées et je me redressais lentement.
- Désolé, j'étais ailleurs…
- J'ai remarqué. Maintenant, tu pourrais me dire ce qu'on fout dans ce bar ? Je pensais que tu n'avais plus le droit de venir dans ce genre d'endroit avec ton programme.
- Nous sommes peut-être dans un bar mais je prends un café. Je n'ai pas replongé, je t'assure alors rassure-toi et calme-toi.
- J'espère bien que t'as pas replongé, Cullen, sinon…
- J'ai pas envie de reprendre ton poing en pleine tête, Emmett. Et puis, même si tu ne m'avais pas fait cette menace, ça ne changerait rien. Je t'ai dit que j'avais arrêté pour Bella et Lucas.
- Et tu veux toujours pas me dire pourquoi ou… A cause de qui, tu as commencé ?
Je secouais la tête, buvant lentement la boisson chaude que nous avait apporté le barman, il y avait quelques minutes.
Cela faisait plus de deux mois que je n'avais pas touché à une goutte d'alcool. Je devais bien avoué que, malgré ma détermination sans faille, malgré le fait que je le devais à mon fils et ma femme, j'avais été tenté plus d'une fois. Mais j'avais persévéré et j'y étais arrivé. En parti grâce à Garrett d'ailleurs, qui ne m'avait pas laissé tomber une seule seconde.
Soupirant, je préférais changer de discussion. Vers quelque chose qui m'intéressait beaucoup plus.
- Comment va Bella ?
- Tu l'as vu hier, non ?
- Oui mais elle m'a demandé de ne pas être là à son retour alors…
- Alors tu es parti comme un voleur.
- Elle ne voulait pas de moi, Em !
Emmett fit une grimace avant de boire, à son tour, une gorgé de sa bière. Il y a quelques semaines, ça m'aurait dérangé, titillé même, de le voir boire comme ça, naturellement, devant moi. Mais plus aujourd'hui.
Je n'avais jamais été particulièrement attiré par l'alcool. Bien sûr, adolescent, les bières et autres alcools forts s'enchainaient dans les fêtes de lycée ou de fac mais j'avais vu les effets que cela produisait sur certaines personnes. Je connaissais les conséquences de cette substances et j'étais arrivé à m'en tenir éloigner durant la plus grande partie de mon mariage et de ma vie. J'avais réussi à ne pas plonger… Mais un soir. Un unique soir. Tout avait basculé en une demi-seconde. Et pourquoi ?
Pour une connerie !
Avec le recul, j'avais honte d'avoir réagi comme je l'avais fait. C'était trop… Trop ridicule ? Bella ne me pardonnerait pas et, je pense que c'était pour ça que je retardais le moment de la révélation. J'avais peur de lui dire ce qu'il s'était passé et qu'elle me dise que ça ne suffisait pas à expliquer mon comportement. À le pardonner. Et je ne pouvais être que d'accord avec elle.
Nous avions une vie parfaite, tous les trois, entourés de notre famille.
- Il est pas un peu tôt pour boire de la bière, Em ?
- Pour toi, il serait trop tôt. Pas pour moi. C'est juste pour me demander des nouvelles de Bella que tu m'as fait venir ? J'ai un rendez-vous avec Rose dans à peine une heure et si j'y suis pas, je suis un homme mort.
- Vous allez où ?
- Au centre où ta mère et Bella vont de temps en temps. Enfin, où Bella allait vu que depuis qu'elle travaille, elle n'a plus trop le temps…
- Le centre d'où vient Clora ? Mais je pensais qu'il y avait eu un incendie.
- Ouais mais quelques gosses y sont toujours. Manque de placement, d'après Bella.
J'hochais la tête avant de regarder mon beau-frère en fronçant les sourcils.
- Attends, pourquoi vous allez dans ce centre ?
- Eh bien… On en a encore parlé à personne mais, vu que les traitements de Carlisle ne nous avance à rien… Avec Rose, on a pensé à adopter.
- C'est génial pour vous ! J'espère que… Enfin, que ça marchera… Aussi bien l'adoption qu'un nouveau traitement.
Emmett fit un signe de tête, me prouvant qu'il ne voulait pas plus continuer la conversation.
Mon meilleur ami avait toujours été comme ça. Avant sa rencontre avec Rosalie, il couchait avec pas mal de filles. Nous étions, à nous deux, les Don Juan du lycée de Forks. Nous parlions souvent de nos différentes et nombreuses conquêtes. Moi, peut-être un peu plus d'ailleurs. Et en parler à la mauvaise personne aussi…
Je secouais la tête, m'insultant pour la millième fois depuis plus de dix ans. J'avais parlé de mes aventures amoureuses à la fille qui m'aimait le plus au monde. Ce qu'on pouvait être crétin, parfois.
- Elle veut que je lui dise tout, ce soir.
- A propos de qu… Bah, je la comprends. Ça fait des mois qu'elle ne comprend rien à votre situation. Personnellement, je ne vois pas comment elle a tenu pour ne pas te forcer avant.
- Mais quand elle saura, elle me quittera Em… Et j'aurais pas la force de…
- T'as joué au con, t'assumes ! Heureusement que je ne suis pas Alice, sinon, tu ne serais plus de ce monde à l'heure qu'il est.
- Alice refuse de m'adresser la parole…
- Et pour cause ! Tu as trahi et trompé sa meilleure amie.
- Bella est ta sœur aussi et pourtant, tu me parles.
- Ouais mais je me suis défoulé avec le premier coup de poing que je t'ai foutu. Alice t'insulte mais elle ferait mieux de te foutre une bonne baffe. Elle verrait à quel point ça détend.
Un vague sourire s'installa sur mes lèvres, ainsi qu'une petite douleur sur la mâchoire, me rappelant à quel point Emmett s'était défoulé en un seul coup, quelques semaines plus tôt.
- Même si je sais que je le mérite, j'aimerais autant qu'on ne me prenne pas pour un Punching Ball…
Emmett rit légèrement avant de porter le goulot de sa bouteille à la bouche alors que je finissais mon café d'une traite.
- Donc, ce soir, tout sera réglé, hein ? Ma sœur ira mieux et tout redeviendra comme avant ?
- Non, Em… Même si Bella m'accepte à nouveau, rien ne sera plus jamais comme avant. Pas parce que je ne le veux pas mais parce que c'est impossible. Quand je lui raconterais ce qu'il s'est passé, elle me rira au nez et me hurlera que je suis le plus grand con que la Terre ait pu porter.
- Tu sais, elle le savait déjà quand elle t'a épousé. Ça ne l'a pas empêché de t'aimer.
- Je l'ai trompé. Je lui ai menti. Même si j'espère de tout mon cœur qu'elle me reprendra dans sa vie, je sais pas si je le veux vraiment…
- Attends, de quoi est-ce que tu parles ?
- Elle mérite sans doute mieux.
- Oui, ma sœur mérite mieux, Ed ! Je te le confirme ! Elle mérite un gars bien, qui ne la trompe pas avec sa secrétaire. Un gars qui est là pour elle et Lucas ! Elle mérite tout ça et surtout, elle mérite l'amour et le bonheur. Elle te déteste autant qu'elle t'aime, à l'heure qu'il est alors… Tu vas te la fermer, arrêter tes conneries, arrêter de te plaindre et lui expliquer tout ce qu'elle veut savoir. Tu as foutu la merde pour une connerie ? Très bien, maintenant t'assumes !
Mes yeux s'agrandirent à mesure qu'Emmett me parlait. Depuis la fois où il était arrivé à mon bureau, repoussant Tanya comme un kleenex usagé et me saluant avec son poing, il n'avait jamais été aussi en colère, aussi froid et prêt à exploser. Il me disait les choses calmement et me surveillait, pour être sûr que je ne fasse pas à nouveau des erreurs que je regretterais le reste de ma vie.
Étonnement, je préférais le Emmett que j'avais en face de moi. Il me boostait un peu plus que je ne l'étais déjà et disait les bons mots pour me faire réagir positivement.
- Je me suis montré cool, là où aucun frère ne l'aurait été. J'ai même vendu ta personne à Bella, lui disant que tu changeais et que tu l'aimais. Je me suis pas mal disputé avec elle, à cause de toi. Mais tout ça, c'est parce que je sais que sous tes actions de cons de ces derniers temps, tu es le mec qui lui faut ! Tu as toujours été là pour la protéger de tout. Elle a besoin de toi. Elle et Lucas ont besoin de toi alors, toute la journée, tu vas réfléchir à comment lui annoncer ce qu'il s'est passé, tu vas passer chez vous, lui dire, lui implorer son pardon parce que si tu le fais pas, Edward… Sache que je deviendrais un de ces frères prêt à tout pour venger l'honneur de sa petite-sœur. Compris ?
Un long silence s'installa alors que je le regardais dans les yeux. Pas besoin de parler. Il savait mes intentions.
...
Après un repas d'affaire long et agaçant au plus au point, Alex était avec moi, silencieux, dans l'ascenseur.
- Bon, eh bien, voilà une bonne chose de faite ! Tu viens fêter le contrat avec moi ?
Il se tourna vers moi, brusquement, choqué semble-t-il.
- Euh… Eh bien, tu ne devais pas…
- J'ai de l'eau minéral dans mon bureau. Je t'ai dit que j'avais arrêté de boire.
- Tu me l'avais déjà dit un jour et le lendemain, je t'ai trouvé en train de baver sur un contrat important, après t'être endormi dans ton bureau.
- C'était y'a des mois ! Alex, ça va, je suis de nouveau moi. J'ai eu un passage à vide mais… C'est bon, c'est revenu comme avant.
- Bella pense la même chose ?
Comme à chaque fois qu'un homme prononçait le nom de ma femme, je sentis la douce jalousie s'insinuait en moi. Alex était un homme bien. Tout à fait le genre d'homme qu'Emmett avait décrit, un peu plus tôt. Tout à fait le genre d'homme qui aurait convenu à Bella, tout comme je l'avais été.
Soudain, ce ne fut plus à Alex que je pensais mais à ce jeune homme avec lequel était Bella, la fois où nous nous étions rencontré au parc. Lorsque je l'avais vu rire avec lui, sa main dans la sienne, j'avais cru devenir fou. J'avais dû attendre les plus longues minutes de ma vie avant de pouvoir les rejoindre, sans laisser Lucas seul. J'avais joué les maris possessifs et jaloux et sur le moment, c'est ce qui m'avait paru être le mieux.
Avec le recul également. Je ne me voyais pas rester de marbre pendant que ma femme… La femme de ma vie et la mère de mon enfant ! Je ne pouvais pas la laisser, main dans la main avec un autre homme que moi.
Même quand j'avais su qu'il n'était qu'un collègue, qu'elle ne faisait que travailler avec lui… J'avais même été demandé à Lucas si l'homme venait souvent à la maison.
- Bella… J'ai pas envie d'en parler. Finalement, pour fêter le contrat, je pense que je vais aller m'abrutir à en signer un autre.
Je sortais rapidement de l'ascenseur, quand celui-ci s'ouvrit à mon étage.
Je devais rester seul et comme me l'avait conseillé Emmett, je devais trouver les bons mots à donner à Bella. Lui expliquer tout, mettre mes pensées en place. J'informai de ne pas me déranger avant de claquer la porte de mon bureau, de desserrer ma cravate et de me laisser tomber dans mon fauteuil.
...
- Non, vous ne pouvez pas entrer…
- C'est ce que nous allons voir et d'ailleurs, qui vous êtes ?
- Madame, je…
La porte s'ouvrit soudainement, me faisant sursauter dans mon siège.
Elle était là.
Bella se trouvait devant moi, plus jolie que jamais. Et aussi, énervée, choquée et tremblante. Elle lançait un regard assassin à mon nouvel assistant, que je renvoyais d'un signe de tête, lui montrant que tout allait bien.
- C'est qui lui ?
- C'est mon assistant, Liam. Qu'est-ce que tu fais ici ? Je pense que je devais venir à la maison ce soir, pour discuter, après que les enfants soient partis se coucher… Tu as appelé ou… ?
- T'as viré Tanya ?
Je fronçais les sourcils dans sa direction, tout en me levant et faisant quelques pas dans le bureau.
- Je te l'avais dit que je la renverrais.
- Je ne sais pas si je dois être contente ou non…
- Pardon ?
- J'avais préparé tout un discours à lui envoyer à la figure quand je serais enfin devant elle. J'y ai pensé toute la nuit, toute la matinée et pendant tout le chemin pour venir de chez ta mère à ici.
Je me contentais de la fixer, hochant lentement la tête. Elle portait un haut blanc sur une veste stricte noire ainsi un jean noir accompagné de talons hauts. Ses cheveux, qu'elle avait coupés, lui encadraient joliment le visage, balayant ses épaules droites. Elle était magnifique, comme à son habitude.
Et dire que j'avais failli perdre cette femme. Cette ravissante créature aimante et diablement sensuelle.
- Euh… Bella…
- C'est bien que tu l'ais viré mais j'avais prévu de lui dire que… Que c'était une… Bref ! Je suis pas là pour elle.
- Bien.
- Je suis venue pour te demander certaines choses et je pouvais pas attendre ce soir.
- D'accord. Je t'écoute. Tu veux t'asseoir ?
- Non, merci.
Elle se débarrassa rapidement de sa veste, la posant sur le dossier du canapé, dans un coin de la pièce. Commençant à faire les cent pas, les mains dans les poches arrière de son jean, elle me lançait quelques regards en coin, se demandant peut-être par où commencer. Sans pouvoir le retenir, un sourire s'installa sur mes lèvres alors qu'elle soupirait tout à coup et vint se poster devant moi.
- Tu me dois la vérité, Edward.
- Tu avais dit ce soir…
- Ce soir, maintenant… Quelle différence ? De toute façon, tu dois me le dire !
- Oui et je vais tout te dire, je te le promets mais là…
- Depuis quand il est en ville ?
Je stoppais ma progression vers mon bureau. Mon corps se raidit de lui-même et je me retournais lentement vers ma femme, la regardant sans vraiment la voir.
- Qu'est-ce que tu as dit ?
- Tu as très bien entendu Edward mais s'il faut que je te le répète alors je le ferais. Depuis quand est-il en ville ?
- Comment tu…
- Il est venu à ma rencontre.
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je réprimais un juron et m'avançais vers ma femme, prenant son visage en coupe et la regardant dans les yeux. Je devais m'assurer qu'elle allait bien. Ses paumes, tremblantes, recouvrèrent bientôt mes mains pour les retirer et se reculer.
- Il t'a dit quoi ? Il ne t'a rien fait, au moins ?
- Alors il n'a pas menti en me disant que tu savais qu'il était ici.
- Non, je le savais… Que t'a-t-il dit d'autre ?
- Pendant tout ce temps, tu savais qu'il était ici et tu ne m'en as rien dit ? Depuis quand es-tu au courant de son arrivée en ville ? Tu l'as vu ou tu as juste appris qu'il était ici ?
- Bella…
- Réponds ! Je suis à bout de patience. J'ai pas dormi la nuit dernière !
- Quand l'as-tu vu ?
- Hier soir… Je suis partie avant les filles du centre commercial, je n'en pouvais plus. Il m'attendait sur le parking.
Il m'avait pourtant dit que jamais il ne s'approcherait de la famille.
J'eus un bref sourire : après tout, comment avais-je pu le croire ? Il faisait ce qu'il voulait et ce n'était certainement pas parce que je lui avais demandé quelque chose, qu'il m'écouterait.
Je me raidis un peu plus en pensant à Esmée.
- Tu en as parlé à ma mère ?
- Tu me prends pour qui ? Je savais que si j'en parlais avec Esmée, elle ne le supporterait pas et même si je sais qu'elle s'en est remise, la simple mention de… lui… Elle ne devait pas savoir et j'étais persuadé qu'il me mentait, hier soir, quand il m'a dit qu'il t'avait vu. Je pensais que tu me l'aurais dit ou… Mais il m'a parlé de Tanya alors, j'ai pensé…
- Que t'a-t-il dit sur Tanya ?
- Rien… Il a juste balancé un truc comme quoi tu savais bien choisir les femmes et je suis partie.
Son regard s'était brouillé de larmes et je ne pouvais pas la laisser comme ça. Mon cœur se resserra quand elle étouffa un sanglot avant que je la prenne dans mes bras, risquant une rebuffade. Je soupirais de soulagement quand elle ne se débattit pas et s'accrocha même fortement à ma chemise. Sa respiration était haletante et je voyais bien qu'elle essayait de continuer la conversation, sans toute fois y parvenir.
L'enserrant un peu plus fortement, je lui murmurais de se calmer, que tout allait rentrer dans l'ordre à partir de maintenant. Que j'étais là pour elle, pour la protéger.
C'était si bon de l'avoir contre moi, comme ça. De la retrouver de cette manière. Je ne voulais plus la quitter. Je ne pouvais pas m'éloigner d'elle, c'était au dessus de mes forces.
- Qu'est-ce que tu as fait ?
- Je… Je l'ai… Menacé ?
- Menacé ?
Je la séparais brusquement de moi, les yeux exorbités. Elle l'avait menacé ? Était-elle devenu folle ou bien ?
- Je ne savais pas que tu l'avais revu ! Je lui ai dit que s'il s'approchait de ta mère, il le regretterait. Quand j'ai parlé de toi, il s'est énervé, me disant que tu étais son fils et qu'il pouvait te voir comme bon lui semblait !
- Et après, tu es partie ?
- Non, il a parlé de Lucas et…
- Il n'approchera pas Lucas, je te le promets. J'ai fais énormément d'erreurs, j'en suis conscient mais je te jure que notre fils n'aura jamais à faire à lui.
- Je ne l'aurais pas accepté… Il m'a toujours fait froid dans le dos…
Je la rapprochais à nouveau de moi alors qu'un frisson la prenait.
Je savais que, depuis ce fameux après-midi, alors que nous étions à peine des adolescents, Bella avait une peur bleue de lui… C'était d'ailleurs en parti pour cette raison que je n'avais pas voulu lui parler de sa présence en ville. Elle ne l'aurait pas supporté et ce serait fait du mauvais sang à longueur de temps…
Mais avais-je choisi la bonne tactique ? Si je lui en avais parlé, nous n'en serions certainement pas là, elle et moi.
- Pourquoi tu ne m'as rien dit Edward ?
- Parce que comme tu viens de le dire, il t'a toujours fait peur et je ne voulais pas que tu t'inquiètes…
Son calme revenu, Bella se libéra de mon étreinte. Un grand froid m'envahit alors qu'elle se dirigeait vers la baie vitrée, derrière mon bureau, laissant le plus d'espace possible entre elle et moi, la table de bois et le fauteuil servant de rempart.
- Est-ce que… C'est à cause de lui ?
- Bella, tu es fatiguée, tu devrais…
- Non ! Edward, je veux pas attendre ce soir. Je sais que je t'ai laissé quarante-huit heures mais là, je suis vraiment à bout ! J'en peux plus. Depuis que je l'ai vu hier soir, ça ne va pas et j'ai besoin que tu me rassures en me disant que ce n'est pas de sa faute si tout ça est arrivé. J'ai besoin que tu me dises que tu l'as vu une seule fois, que tu croyais qu'il était parti et qu'un autre évènement est venu tout foutre en l'air entre nous. J'ai…
- Je ne peux pas…
Elle se retourna vers moi, les larmes étaient revenu sur son beau visage et elle secouait la tête.
- Tu ne peux pas… Tu ne peux pas me dire ce qu'il s'est passé ou…
- Je ne peux pas te dire que ce n'est pas à cause de lui.
Bella lâcha un gémissement dans son inspiration tremblante. Mon cœur était broyé, il se brisait de la voir ainsi. Sa tristesse, sa fatigue… Elle n'allait pas tarder à craquer complètement à cette allure.
- Tu te souviens, un peu après l'anniversaire de Lucas… On avait décidé de s'organiser, toutes les semaines, un repas en amoureux. Ça avait bien marché… D'ailleurs, pourquoi ça n'aurait pas marché ? On était heureux… Mais une ou deux semaines après ça, je t'ai appelé et je t'ai dit que j'aurais du retard à cause de la comptabilité de la société. Tu te souviens ?
- Oui… Je t'avais dit que c'était pas grave mais que tu avais intérêt à te rattraper en rentrant.
- Et je ne suis pas rentré… Il y avait bien eu un problème de comptabilité, nous étions resté très tard avec Alex. À ce moment-là, il avait une compagne et je lui ai dit de rentrer, que j'allais faire de même et qu'on reprendrait le tout le lendemain matin.
Je me souvenais de cette soirée avec exactitude. Je revoyais Alex me remercier avant de partir, d'un pas rapide vers l'ascenseur. Je me rappelais d'avoir rangé à la va-vite mes dossiers pour arriver plus vite à la maison, rejoindre ma charmante épouse et me faire pardonner comme il le fallait. Et surtout, je me souvins de son expression quand il m'avait vu arrivé en bas de la société.
- J'allais rentrer… Mais à peine sortit de l'immeuble, je l'ai vu. Il était… Pour ne pas changer, ivre. Assieds-toi Bella…
Cette fois, elle s'exécuta, prenant ma place dans le grand fauteuil en cuir. Elle était très pâle et j'eus peur pendant un moment qu'elle ne supporte pas tout ça, qu'elle s'évanouisse. Je lui servis un verre d'eau avant de faire à mon tour, les cent pas en long et en large du bureau.
- Comme tu as pu le voir, il n'a pas changé… Et ce que je ressens quand il est en face de moi n'a pas changé non plus. Il a beau avoir vieilli, il a toujours ce truc en lui qui fait flippé. J'ai beau avoir la trentaine, je…
- Je comprends tout à fait… Quand je l'ai revu, hier soir, j'ai eu l'impression d'être retourné quinze ans en arrière, sur le terrain de basket. Il est moins effrayant mais…
- Enfin bref… Il était là… Un cigare à la main, un sourire écœurant sur le visage… J'étais surpris. Ça faisait des années que je n'avais pas pensé à lui, ne serait-ce qu'une seconde. J'avais tiré un trait définitif sur lui. J'ai voulu passer mon chemin, faire comme s'il n'était pas là mais il était venu là pour cracher son venin, faire du mal… Ce qu'il arrive à faire de mieux, d'ailleurs.
« Eh bien, on ne dit pas bonjour à son père, Edward ? »
- Il m'a interpelé et j'ai vraiment eu envie de partir. Je suis d'ailleurs arrivé jusqu'à la voiture. Mais… Quand il a vu que je ne lui parlerais pas, que je ne le regarderais même pas, il a commencé à parler de toi et de la famille.
- Tu aurais dû partir !
- Il a dit que ça faisait longtemps qu'il n'avait pas vu Esmée et qu'il lui rendrait bien une petite visite. Il en était hors de question, tu le sais tout comme moi ! Il n'avait pas le droit de revenir et de foutre le bordel dans la tête de ma mère !
- Je sais, Edward mais…
- J'ai accepté de lui parler à la seule condition que jamais il ne s'approche de toi, d'Esmée ou de n'importe qui de la famille.
« Quel sacrifice tu fais là, pour ta famille ! J'en serais presque touché… Tu as pris du mélo de ta mère, à ce que je vois ! »
- Il m'a invité à le suivre dans un bar. J'avais trouvé qu'il avait assez bu mais j'ai rien dit et je l'ai suivi. Je voulais t'appeler mais je n'avais plus de batterie sur mon portable.
- Et pendant ce temps-là, je t'attendais à la maison, ne me doutant pas une seule seconde ce qu'il se passait.
- Et tu ne devais jamais le savoir. Ça ne devait avoir aucune répercussion.
- Mais… ?
- Il a dit que j'étais comme lui. Qu'au départ, tout allait bien. Que j'étais heureux de la famille que j'avais fondé et puis, qu'au fur et à mesure, ça allait me passer. Nous allions entrer dans une routine, que la seule chose qui pourra me faire du bien, c'est l'alcool. Qu'en vieillissant, j'aurais besoin de me prouver que je pouvais encore séduire les femmes. J'ai tout rejeté en bloc. Je savais que ça ne pouvait pas être moi. Je t'aimais trop pour ça, pour risquer de gâcher le lien qu'il y avait entre nous. Je ne pouvais pas te perdre et perdre Lucas, c'était impensable.
« Les gênes, mon fils, ça ne peut pas se changer… Ce Docteur a eu beau te donner son nom, tu n'en restes pas moins un Masen ! Incapable de garder sa femme sans la battre et aller voir ailleurs si le jardin est plus vert… »
- Je lui ai dit qu'il n'était pas mon père et il a éclaté de rire. Que les gênes ne dictaient pas la nature de quelqu'un et que je ne serais jamais comme lui.
- Alors qu'est-ce qui a changé ? Pourquoi au final, tu es devenu comme lui ?
Bella restait plutôt calme durant mon discours. Ses yeux s'emplissaient de larmes quelques fois mais elle les chassait rapidement, buvant une gorgée d'eau ou soufflant plus profondément. Je me haïssais pour ce que je lui faisais subir et encore, le pire n'était pas arrivé, selon moi.
- Je suis revenu à la société. Je n'avais plus envie de l'avoir devant moi et je n'avais pas envie que tu me vois, troublé comme je l'étais. Tu te serais posé mille questions, tu aurais angoissée parce que je n'aurais pas voulu te parler de ma rencontre avec lui… J'avais besoin de prendre un peu de temps avant de rentrer. Et puis, arrivée ici, je sais pas ce qu'il m'a pris… Je sais pas du tout. J'ai ouvert le bar et j'ai sorti ce scotch hors d'âge que j'avais acheté pour les grande occasion. J'ai commencé à en boire un verre, puis deux. Je voulais me prouver à moi-même que je n'étais pas comme lui. Que je pouvais boire mais garder le contrôle. M'arrêter quand j'en avais envie et ça a marché. Bon, je me suis endormi, ivre mort sur mon bureau mais le lendemain, j'ai réussi à ne prendre qu'un verre, à venir te retrouver, toi et Lucas… Tout était normal…
Je pris à mon tour un verre d'eau. Je me répugnais pour la suite de l'histoire.
- Une semaine après, il y a eu le pot de départ pour Irina. Tu étais venue, tu te souviens ?
- Oui… Vaguement, tu es devenu bizarre tout à coup et tu m'as ordonné de rentrer à la maison. Que tu ne serais pas long.
- Je l'avais vu dans la salle. Je ne voulais pas que tu le vois, que tu le reconnaisses alors je t'ai demandé de partir. Je suis monté dans mon bureau, boire un autre verre… Puis encore un et encore un, jusqu'à ce que je me dises que c'était le dernier. Je suis sorti de l'immeuble et je l'ai vu en train de faire du charme à Tanya. Même si je n'avais pas d'atomes crochus particuliers avec elle, je n'avais pas envie qu'elle se fasse avoir par lui alors je suis allé les voir et je lui ai demandé de partir, comme je l'avais fait pour toi, un peu plus tôt.
« Tu as déjà trouvé ton nouveau jardin, à ce que je peux comprendre… Au fait, ta femme était splendide ! Qui aurait cru que cette petite avait du potentiel. »
- Je me suis disputé avec lui et je lui ai ordonné de partir de la ville, de sortir de ma vie. Il m'a ri encore une fois au nez et il m'a dit qu'un père devait toujours veillé sur son fils. Quand je suis revenu à la maison, tu dormais déjà et j'en étais heureux parce que tu ne semblais pas m'en vouloir de mon attitude. Tant que tu ne savais rien, tout allait bien pour moi.
- Puis…
- Il revenu me rendre visite, pas mal de fois. Tanya se laissait charmer par des bouquets de fleur et elle le laissait aller et venir dans mon bureau. Je lui ai dit de refuser tout accès mais elle a voulu jouer elle-même les moralisatrices en me disant que c'était mon père et tout le blabla du fille crédule. Un soir, alors que tout le monde était parti, il a réussi à monter à mon bureau, une bouteille d'alcool en cadeau pour moi.
« Nous allons voir si tu peux résister à l'appel… J'ai essayé mainte fois Edward, mais jamais je n'y suis arrivé. »
- Je n'ai pas voulu me « joindre à la fête ». Je ne supportais sa présence que parce qu'il me promettait de ne pas impliquer la famille là-dedans. Je pensais pouvoir le gérer seul. J'aurais mieux fait d'appeler Carlisle ou bien Emmett. Je suis sûr qu'il aurait été très heureux de lui faire rencontrer son coup droit. Mais je voulais me débrouiller tout seul. Je me pensais assez fort. Lui, il était comme ça parce que personne ne l'aimait vraiment. Moi, j'étais aimé, entouré. J'avais tout pour être heureux. Je l'étais. Les soirs ont suivis…
- Attends… Tu veux dire que ça a commencé bien avant… Je pensais que…
- J'ai résisté le plus possible sauf qu'un soir, j'ai eu de nouveau cet accès de folie où j'ai vidé une bouteille, puis une deuxième. Cette fois-là, je n'ai pas pu m'arrêter. Je savais que je le devais, je me le disais à chaque gorgée mais… Ce n'était plus moi. Avec le recul, je me souviens de pleins de choses. J'avais repensé à toutes les fois où je l'avais entendu battre Esmée, ce jour-là, où il était venu me chercher sur le terrain, où Emmett m'avait défendu. Je me suis souvenu à quel point tu avais eu peur de lui et comment tu t'étais accroché à moi après son départ.
- J'y pense souvent pour ma part… Surtout ces derniers temps… Je repense à tout ce qu'on a vécu, ado ou adulte.
- Moi aussi Bella. Depuis que tu m'as demandé de quitter la maison, je ne pense plus qu'au passé. À réparer mes erreurs mais… Je me suis longtemps demandé si je devais le faire.
Bella me regarda, ses yeux à nouveau larmoyants. Elle secouait la tête rapidement et légèrement de droite à gauche, refusant mes paroles.
Mon cœur se déchirait toujours et je serrais les dents pour me retenir.
- Pourquoi tu as hésité ? Tu ne… Tu devais le faire ! Tu dois le faire ! Pour Lucas et pour moi ! Ta famille !
- Comment tu peux penser me pardonner un jour ! Comment tu peux imaginer me refaire rentrer dans ta vie, Bella ? Après tout ce que je t'ai fait !
- Je te l'ai dit. Malheureusement, je suis amoureuse de toi et…
- L'amour peut-il tout excuser ?
- Je me suis poser exactement la même question, juste avant de te virer de la maison.
- Et la réponse ?
- Je ne sais pas… Mais je peux essayer.
- J'ai couché avec Tanya.
Je l'aimais trop. Elle et Lucas étaient ma vie. J'étais prêt à tout pour les récupérer, être à nouveau dans leur vie mais plus j'y réfléchissais, plus je me disais que je n'avais pas le droit. Je ne pouvais pas lui imposer ma présence. Pas plus à elle qu'à Lucas ou encore le reste de la famille. Je leur avais fait trop de mal.
Je ne pouvais plus lui infliger ma présence, je le savais à présent. La voir en face de moi, en larme, prête à me pardonner malgré tout le mal, toute la peine que je lui infligeais… C'était au dessus de mes forces. Elle méritait cet homme dont Emmett m'avait parlé quelques heures plus tôt. Et même si ça allait me tuer de la savoir avec un autre homme… La voir heureuse dans les bras d'un autre que moi… Elle le méritait entièrement.
Je n'avais pas le droit de me montrer aussi égoïste et réclamer qu'elle me reprenne dans leur vie.
- Arrête, Edward.
- Tu le sais que j'ai couché avec elle… Et plus d'une fois.
Cette fois, Bella se leva et s'approcha de moi, le regard noir de haine.
Je méritais cette haine ! Étrangement, j'en avais même besoin. Je ne pouvais plus voir autre chose que de la haine en elle. Elle ne pouvait pas m'aimer. Elle ne pouvait plus… C'était impossible.
- Tais-toi.
- Tu ne vas pas me dire que ça ne te fait rien… J'ai pris et donné du plais…
Je fus arrêté en plein milieu de ma phrase par une gifle monumentale. Trop sous le choc de cette agression, je regardais étonnée Bella qui me faisait face, calmement. Avais-je rêvé cette gifle ? Il semblait qu'elle n'ait pas bougé.
- Je t'ai dit de te taire. Et maintenant, au lieu de faire ce que tu comptes faire… Au lieu de dire des absurdités, tu vas me dire réellement ce qu'il s'est passé avec Tanya.
- Je te l'ai dit mais…
- La vérité ! N'oublie pas une chose, Edward. Hier, tu m'as dit que j'avais énormément de qualité mais que j'avais un défaut, celui de ne pas savoir mentir. Et moi, un jour, je t'ai dit que je voyais toujours quand tu mentais. Que tes yeux me disaient tout. Alors maintenant, je veux la vérité, Edward.
Je poussais un soupir… Qu'est-ce que j'avais fait pour la mériter ?
- Un jour, j'ai décalé tous mes rendez-vous. J'avais besoin de rester seul et de boire. Il était revenu la veille et s'était plu à boire en compagnie de son fils. J'ai recommencé, seul, toute la journée du lendemain. Je ne me souviens pas des détails, de comment s'est arrivé mais… Quand j'ai repris mes esprits, tard dans la soirée, Tanya était là. Contre moi… Bella, je…
- Continue. Les détails que tu ignores m'aident à ne pas flancher.
- Je ne veux plus te faire de mal… Ne me force pas à te raconter tout ça.
- Je suis certainement une masochiste mais je veux connaitre toute la vérité. Je ne veux rien ignorer. Je veux pouvoir te… pardonner tout… Je veux tout savoir pour pouvoir vraiment avancer.
- Ok…
Je lui pris la main et nous amenais dans le canapé. Je réprimais un sourire de joie quand elle se tourna vers moi, sa main toujours dans la mienne, attendant que je continue. Ma gorge était serré. Je ne voulais pas lui raconter cette histoire avec Tanya.
- Quand j'ai repris mes esprits, donc, elle était là, avec moi. Nous étions… Nous venions de… Et elle voulait recommencer. Je n'ai pas voulu et je l'ai dégagé de mon bureau, lui disant même de prendre ses affaires parce que ça ne devait plus jamais se produire et que je ne voulais plus avoir à faire avec elle. Je t'avais trahi, trompé… Je me dégoutais. Je sais que c'est facile à dire après tout ça mais… Je n'arrivais pas à croire que tout ce qu'il m'avait dit était en train d'arriver. L'alcool me faisait me conduire comme un salaud. Jamais je n'avais désiré Tanya auparavant et je ne l'ai jamais désiré mais… Cette fois-là… Je n'étais plus moi et je ne sais pas ce qu'il s'est passé…
- Et on ne le saura jamais. Je veux tout savoir mais pas les détails… Il me reste quand même un peu de dignité au fond de moi. Bien caché mais toujours là.
« Eh bien ! Qui jurait de ne pas être comme son père ? »
- Il est entré dans le bureau au moment où Tanya finissait de s'habiller. Il m'a dit qu'il était fier de moi, qu'un Masen agissait comme ça et que j'avais bien fait d'aller voir ailleurs.
« Ton épouse, aussi charmante peut-elle être, ne te donnera jamais tout ce qu'un Masen réclame. Nous sommes comme ça… Les belles femmes ne peuvent passer devant nous sans que nous ne les regardions… Et bien plus… »
- Dès qu'il a parlé de toi, qu'il a prononcé ton prénom, je suis rentré dans une rage folle. Je l'ai frappé.
- Oh mon Dieu !
- Je n'étais pas sous l'emprise de l'alcool. Je l'ai assommé au bout du troisième coup… J'ai su m'arrêter. J'ai su garder le contrôle. Mais je savais pas quoi faire ensuite. Il saignait du nez et un cocard commençait à apparaitre sur son œil.
- Tu t'es battu avec lui ?
- Non, je me suis battu… Il est tombé à terre rapidement. Il est vieux mais robuste. Il a repris ses esprits seulement quelques minutes plus tard. Il a aussitôt bu un coup dans la bouteille qu'il y avait sur mon bureau… « Pour se remettre », comme il me l'a lancé en me frappant l'épaule. Je lui ai dit de dégager et que cette fois, je voulais plus jamais le revoir. Mais il a ri et il m'a dit qu'il avait eu ce qu'il voulait. Un moyen de pression. Tanya, l'alcool et le fait que je l'ai battu était un plus. Il pouvait porter plainte pour agression.
Mes doigts se serrèrent autour de ceux de ma femme tandis que les images et sa voix retentissait en moi, comme un écho. Jamais il ne me laisserait tranquille. Jamais…
- Et Tanya ?
- Elle est revenue le lendemain, toute clinquante. Quand je lui ai dit qu'elle était viré et qu'elle pouvait dès à présent chercher un nouveau boulot, elle a menacé d'aller voir le comité d'entreprise et de dire que j'avais abusé d'elle. Que je l'avais forcé ou je ne sais quoi… Quand je lui ai demandé pourquoi elle faisait ça, pourquoi elle voulait mentir…
« Anthony a raison… Vous n'êtes rien, Monsieur Cullen. En revanche, vous me plaisez beaucoup et depuis des années, vous faîtes comme si je n'existais pas. Ça ne peut plus durer. À mon tour de m'amuser. Et si vous faîtes bien ce que je demande, votre épouse ne saura peut-être rien de vos infidélités… »
- Alors j'ai dû la garder. Je me fichais de perdre ma réputation, de me faire renvoyer… Mais je ne voulais pas que tu le saches. Si tu avais su pour Tanya, tu m'aurais quitté. Tu aurais voulu savoir ce qu'il m'arrivait… Je ne voulais pas t'en parler. J'avais honte et j'ai toujours honte de mon comportement.
- Je t'ai déjà dit que si tu m'avais raconté toute la vérité…
- Mais je ne voulais pas te parler d'Anthony !
Le dégoût envahit ma bouche lorsque je prononçais son prénom. Autant que quand je me disais que c'était à cause de lui que je perdais tout alors qu'il m'avait donné la vie.
- Tu as préféré vivre tout ça, tout seul… M'écarter de ta vie… De tes problèmes… Juste parce que tu ne voulais pas me parler de lui ?
Elle s'exprimait soudain avec une voix suraiguë. Se levant, elle lâcha ma main et se mit à arpenter la pièce rapidement, marmonnant des mots, des phrases incompréhensibles.
- Bella…
- Tu as failli ruiner notre couple pour ça ?
- Je ne pouvais pas…
- Non ! Je t'interdis de me dire que tu ne pouvais pas m'en parler. Tu l'as dit, tu ne voulais pas ! Tu as préféré vivre tout ça seul ! Tu as décidé tout ça ! Tu as décidé de mettre une croix sur notre couple, sur notre famille et pourquoi ? Pour nous protéger ?
- Vous ne deviez pas savoir qu'il était là.
- Tu as préféré coucher avec une autre femme, boire comme un trou…
- Je n'ai pas préféré ça ! Tu dis ça comme si j'avais souhaité et aimé tout ça.
- Parce que là, je me le demande ! Tu as couché un nombre incalculable de fois avec ta secrétaire ! Et ne me dis pas que c'était une horreur, je ne te croirais pas ! Tanya est…
- Tais-toi, Bella !
- Non, je ne me tairais pas ! Tu dis être la victime de tout ça, que tu ne voulais pas que ça se passe mais d'un autre côté, tu n'as pas essayer de tout arrêter ! Tu aurais pu… Non, tu aurais du venir m'en parler. D'accord, j'ai toujours eu une sainte horreur d'Anthony… Dès que, malencontreusement, on prononçait son nom ou qu'un évènement nous faisait pensé à lui, j'en avais des frissons. Je ne pouvais m'empêcher de le voir débouler sur ce foutu terrain ! Mais j'aurais surmonté tout ça pour toi, Edward ! Tu le sais !
Je me levais et agrippais ses épaules pour qu'elle se calme. Elle me regardait, un regard où se mélangeait multitude d'émotions, une respiration saccadée.
- Calme-toi…
- Je ne veux pas me calmer !
- Tu as entièrement raison. J'aurais dû t'en parler mais je refuse que tu dises que j'ai préféré couché avec Tanya…
- Mais c'est la vérité. Ce sont les faits, Edward.
- Tu me dis que tu aurais bien réagi. Que tu aurais été tolérante mais ça, tu le dis avec le recul…
Ses pupilles se troublèrent à nouveau de larmes et je renforçais ma prise sur ses épaules, la regardant avec peine.
- Eh bien non… Tu sais quoi ? Tu as eu beau me tromper, disparaître… Ne plus être toi… Je suis tombée amoureuse d'Edward Cullen. Tu portais peut-être encore le nom de Masen mais tu étais un Cullen. Tu n'as jamais été comme ton père et c'est ça que j'aimais en toi. Quand tu es apparu, à mon anniversaire, tu n'avais pas de nom. Tu étais juste Edward et je suis tombée amoureuse de toi à la seconde où mes yeux se sont posés sur toi. Le Edward qui m'a trompé… Je te crois quand tu me dis que tu n'as pas aimé ça. Même si j'en doute, vu la plastique de Tanya… Non, tais-toi, laisse-moi finir. Un jour, tu m'as dit que jamais tu ne désirais une femme plus que moi. Quand j'ai appris que tu me trompais, je me suis dit qu'il y avait un soucis avec moi…
Elle reprit sa respiration, me jetant un regard noir quand elle vit que j'allais intervenir.
Je n'arrivais pas à supporter ce qu'elle était en train de me dire… Où voulait-elle en venir ?
- Je me suis posé des questions. Puis, je me suis dit ensuite que tu allais m'en parler. Que tu allais me dire que tu avais fait la plus grosse connerie de ta vie, que tu m'aimais et que tu voulais oublier tout ça. J'aurais accepté. Parce que je t'aime. Et que celui qui a couché avec Tanya ou n'importe qui, ce n'était pas MON Edward. Mais tu l'as refait… Encore et encore… Et j'ai subi ça en silence, attendant encore et toujours que tu viennes me parler. Que tu me dises quelque chose. Même si ça avait été que tu désirais aller voir ailleurs parce que tu ne me désirais plus autant qu'avant. Je ne dis pas que j'aurais bien réagi, que je t'aurais dit d'aller coucher avec toutes les femmes possible pendant que je t'attendais à la maison… Nous nous serions certainement séparés.
- Bella…
- Aujourd'hui, tu me dis que tu as été forcé à faire tout ça. Je m'étais dit que dès que je saurais la vérité, je te pardonnerais. Je pensais te dire que je tirais un trait sur tout ça et qu'on pouvait revenir comme avant…
Des larmes s'échappèrent de ses yeux et je m'empressais de les effacer de mes pouces. Je ne pouvais pas rester une seconde de plus immobile. Aussi, plongeai-je mon visage dans son cou, lui murmurant à quel point j'étais désolé de tout le désastre que j'avais produit entre nous. Lui disant à quel point j'avais été faible et que je la comprenais quand elle me disait ne pas pouvoir me pardonner car je ne me pardonnais pas à moi-même non plus. Qu'elle devait à tout prix s'éloigner de moi. Que pour son bien, elle devait partir loin de moi. Qu'elle devait arrêter d'aimer ce Edward… N'importe quel Edward.
Je me rendis compte que les larmes avaient débordé sur mon visage quand Bella passa une de ses mains dans mes cheveux alors que l'autre caressait ma joue pendant qu'elle me demandait d'arrêter de pleurer car elle ne supportait pas ça.
- Tu dois…
- Chut… Pour l'instant, tu dois te calmer et arrêter de parler sans t'arrêter.
- Je te dois le divorce… Tu auras ce que tu voulais, Bella. Je ne m'y opposerais plus. J'ai compris que tu ne devais pas subir tout ça. Que je n'avais pas le droit d'exiger que tu me pardonne. Ce que j'ai fait n'est…
- Edward, tais-toi, pour l'amour du Ciel !
- Bella, je…
- Tu as dit que j'aurais ce que je voulais et pour l'instant, je veux que tu te taises, d'accord ?
J'hochais la tête, me disant que je devais la lâcher, lui rendre sa liberté. Que je devais détacher mes bras d'autour de sa taille fine, retirer mon visage de la chaleur de son cou… Mais je ne pouvais pas.
Je voulais la sentir une dernière fois, une toute dernière fois contre moi. Me faire l'illusion que dans une dernière étreinte, elle était à moi.
Je ne sais pas combien de temps exactement nous restâmes dans cette position, au milieu du bureau mais ce moment fut interrompu par un coup discret à la porte, avant que mon nouvel assistant n'entre dans la pièce. Bella se sépara lentement de moi et essuya rapidement les marques de larmes séchés. Je fis de même, tournant le dos à la porte et me raclant la gorge avant de demander ce qu'il se passait.
- Monsieur Volturi est sur la 2. Il dit que c'est très urgent…
- Euh… Dites-lui que je le rappelle le plus tôt possible.
- Mais…
- S'il vous plait. Dites-lui que je suis en rendez-vous et que je m'apprête à partir et que par conséquent, il devra attendre.
- Euh… Bien, Monsieur. Vous avez besoin de quelque chose ?
- Dès que vous aurez raccroché d'avec Volturi, vous pourrez partir. Je n'aurais plus besoin de vous pour aujourd'hui.
- Entendu, Monsieur.
Liam s'en alla en silence et je me tournais vers Bella qui avait enfilé sa veste, prête à partir semble-t-il. Le moment d'intimité que nous venions d'avoir était passé et il avait été le dernier…
- Je t'enverrais les papiers du divorce signés, demain. On se chargera de l'annoncer à Lucas avant de le dire au reste de la famille et…
- Je ne veux pas divorcer.
- … tu auras tout ce que… Quoi ?
Je relevais ma tête de mon bureau où j'avais commencé à ranger n'importe quoi pour ne pas la regarder. Je ne voulais pas qu'elle me voit et je ne voulais pas la voir. C'était au dessus de mes forces de la regarder après tout ça. Mais, avais-je bien entendu ou mon inconscient me jouait-il des tours ? Me faisait-il entendre ce que je voulais entendre ? Cette chose cachée au plus profond de moi… Elle devait me quitter… Pour son bien et celui de Lucas mais au fond de moi, étais-je vraiment prêt à la laisser partir et vivre la vie heureuse qu'elle méritait ?
- Tu as bien entendu. Je ne veux plus de divorce.
- Mais…
- Lucas a besoin de toi et il est tellement mal depuis que nous avons abordé cette histoire de divorce que je n'en peux plus de le voir comme ça.
- On trouvera une solution. Je ne veux pas que tu restes marié à moi, uniquement pour notre fils. Il s'y habituera… De nos jours, les parents divorcés sont de plus en plus fréquents.
- Tu n'as pas écouté ce que je t'ai dit, hein ?
- Si Bella, mais je ne…
- Malgré tout le mal et la peine que j'ai pu ressentir depuis des mois, jamais ça ne sera plus fort que l'amour que je te porte. Oui, j'ai pensé te quitter définitivement mais je n'ai jamais dit que je tirais un trait sur mon amour pour toi. C'est impossible. Mais si tu me promets que plus jamais il n'y aura de mensonge, que Tanya…
- Je l'ai viré et elle ne reviendra plus jamais ici.
- Je pensais qu'elle devait te rendre la vie impossible si tu faisais ça.
- Je lui ai versé une large compensation.
- Pour services rendus…
Elle eut un rire sarcastique avant de secouer la tête et soupirer, me regardant avec une moue désolée.
- C'est sorti tout seul…
- Je le mérite.
- Donc, plus de Tanya, plus de mensonges et on affrontera Anthony ensemble, désormais. Tu me diras les choses directement. Si tu le revois, tu m'appelles immédiatement. Je vais devenir ton pire cauchemar, Edward. Je vérifierais tout ce que tu fais. Je serais peut-être des fois parano, donc, faudra que tu me rassures… Je pense pas redevenir la femme que j'étais. Je te fais confiance mais ce n'est plus la confiance aveugle d'avant. Je vais avoir besoin de temps.
- Tu m'accordes une seconde chance…
- Non. Ta seconde chance, tu l'as bousillé la dernière fois quand je t'ai vu embrassé Tanya.
- En parlant de ça, je…
- Non ! Je ne veux plus en parler. J'ai déjà assez entendu parler d'elle et, comme je te le dis, j'ai mes limites. Bref… Je t'attends à la maison, ce soir.
- Tu…
- Tu dormiras sur le canapé, en attendant. Clora a la chambre d'amis. Je lui trouverais un petit lit pour la mettre avec Lucas, le temps qu'elle est à la maison. Je te laisse revenir mais je suis pas encore prête à t'accueillir dans mon lit, tu peux comprendre, je pense…
- Oui, je comprends mais ce que… Tu es certaine de ne pas faire ça uniquement pour le bien de Lucas ? Ni pour le bien de la famille ?
Bella inspira profondément avant de s'avancer vers moi. Ancrant son regard dans le mien, elle déposa sa main délicatement sur ma joue. Son contact tendre me fit fermer les yeux. C'était tellement bon de l'avoir ainsi avec moi…
Sans que je ne m'y attende, ses lèvres se pressèrent brièvement contre les miennes avant de se poser sur ma joue. J'ouvris les yeux et la regardais avec tout l'amour que je pouvais lui transmettre.
- Je t'attends à la maison. J'ai pas la tête à faire à manger alors rapporte des pizzas pour les petits et nous. Tu dois être à la maison à 19h tapantes.
- J'y serais, je te le promets.
- Si Anthony vient…
- … je l'ignorais et je viendrais retrouver ma famille.
Elle hocha la tête, un faible sourire illuminant soudain son visage. J'aurais voulu l'embrasser, lui dire que je l'aimais mais déjà, elle se dirigeait vers la sortie. Je l'entendis murmurer alors qu'elle sortait : « C'est ce que tu aurais vraiment dû faire depuis le début… »
Encore sous le choc de tout ce qu'il venait de se produire, je me laissais tomber dans mon fauteuil.
J'avais voulu lui rendre sa liberté mais elle n'en avait pas voulu. Elle m'aimait malgré tout. Elle me voulait à ses côtés, à leur côté.
Prenant le cadre de mon bureau, je regardais le cliché, souriant de bonheur. Carlisle s'était improvisé photographe d'un jour. Pour son anniversaire, les femmes lui avaient choisi un appareil photo de professionnel, bien qu'il n'avait jamais émis le souhait d'en avoir un. Pour les souvenirs de la famille, avait lancé ma mère avant de me prendre par le bras, demandant à son époux de prendre une photo de nous. Mon père, comme je le considérais depuis la seconde où Esmée me l'avait présenté, s'était amusé à prendre tout le monde en photo. Elles n'étaient pas toutes cadrées, comme celle que j'avais mis sous verre et que je tenais à présent dans ma main.
Bella, sublime dans un short blanc et un débardeur rouge, était assise en tailleur, devant un immense château de sable. Lucas était de l'autre côté, assis également, en train de démolir son œuvre. Je me trouvais derrière Bella, mon torse collé à son dos, le menton appuyé sur son épaule. Carlisle nous avait appelé et pris la photo par surprise. Un bout de mes cheveux n'était pas dans le cadre et un des bras de mon fils semblait mangé… Carlisle avait bien fait de devenir médecin et non photographe, pensai-je en souriant et en reportant plus sérieusement mon regard sur le cliché.
Il y aurait d'autres photos comme celle-là.
Je m'en faisais la promesse solennelle.
...
Eh voilà !
Bon, je dois vous avouer que je meurs de trouille pour ce chapitre. Même si c'est ce que j'ai en tête depuis le début de la fiction, j'ai toujours peur que ça ne plaise pas ou alors que ce soit trop simple et tout le blabla... N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez ! Les remarques (et non insultes) constructives sont appréciés et aide à avancer ^^
Je ne vous garde pas plus longtemps et j'espère que vous passez de bonne vacances ! :)
A bientôt, Edwardienne100
