Bêta : octo que je remercie infiniment (grealyl ne peut malheureusement plus assurer la correction de cette fiction, elle a d'autres priorité).
Note : Nous en sommes à un peu plus de la moitié de cette fiction. Merci à vous tous de me suivre, ça me fait rudement plaisir. Je tiens à remercier hermioni et Kisis pour leur review anonyme. Pour les autres, j'espère avoir répondu à tout le monde.
Chapitre 14
« Mère est de bon conseil finalement. Père me l'a souvent répété mais, jusque là, je n'y avais guère prêté attention parce qu'en général, ses conseils ne sont pas bons. Pas pour moi. Elle a tenté beaucoup de choses afin que Sarah et moi, nous entendions mieux mais soit je fais tout de travers, soit Sarah n'en fait qu'à sa tête. J'avoue que Madame Jersey m'a beaucoup aidé en me parlant de Sarah. C'est sa mère après tout, elle la connaît donc bien mieux que quiconque. C'est elle qui m'a conseillé d'aller parler avec ma femme et de mettre tout à plat. J'étais sceptique mais Mère a approuvé. Que risquais-je ? Rien. Et le résultat fut des plus positifs. »
Extrait du journal de Thaddeus Malefoy, élémental de feu.
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La tension de la pièce était à son comble. Drago voyait son mari regarder le couple et considéra cela comme une trahison. Il ne put retenir un sifflement et vit Harry se tourner vers lui. Il ne remarqua même pas qu'il s'embrasait peu à peu. À dire vrai, depuis qu'il avait reçu son héritage, le feu ne lui faisait plus mal. Maintenant, toucher une flamme revenait à plonger la main dans de l'eau tiède.
En revanche, il vit les yeux de son époux se révulser et son corps s'effondrer par terre et, sans perdre une seconde, il accourut et souleva délicatement Harry pour le porter à l'autre bout du salon et l'allongea doucement par terre. Il avait retrouvé sa forme normale.
- Drago ?
Le jeune homme se tourna vers l'importun – faisant inconsciemment barrière entre Harry et Farel – avec l'envie irrépressible de le tuer. Il avait juste envie de rester seul avec Harry, loin des autres et sans être dérangé. Mais Farel se contenta de rester à sa place, le plus proche possible de la porte des appartements, assez loin de Drago, le regard fixé sur l'élémental et gardant son épouse derrière lui.
La tension entre les deux élémentaires était palpable. Farel avait envie de sortir sa femme de là mais pour le moment, il lui restait encore une dernière chose à faire. Le devoir était plus important que tout le reste. Il devait protéger ce couple de lui-même.
- Je sais que tout ce que vous voulez, c'est rester seul. J'ai encore juste une chose à vous dire avant de partir et plus personne ne viendra vous déranger.
- Parlez ! aboya Drago, tremblant de tout son être et se contrôlant de moins en moins.
- Vous devez absolument repartir sur des bases saines avec votre mari. Ça ne sera pas facile. Loin de là. Mais vous devez crever l'abcès au plus vite, peu importe que ça soit dur à entendre pour vous.
- Il refusera de m'écouter.
- Laissez-le parler alors malgré tout ce que ça implique pour vous. Et surtout, dites-lui la vérité. Toute la vérité. Expliquez lui aussi ce que vous attendez de lui. Je ne dis pas que tout sera facile une fois le terrain aplani mais vous aurez au moins fait un pas. Il faut faire des concessions des deux côtés. Je pense avoir fait le tour. Je laisse une lettre d'Ignisa pour votre époux. Vous pouvez la lire.
- Envoyez-la !
Farel s'exécuta et la lettre retomba au milieu de la pièce. Personne ne fit un pas pour aller la chercher ou la rapprocher. Les distances étaient de mise. Les deux élémentaires devaient rester le plus loin possible l'un de l'autre tant que Drago serait prêt à s'embraser.
- Ignisa et moi allons partir, prévint Farel sans lâcher Drago du regard tandis que sa femme ouvrait la porte. Bonne journée Drago.
Le jeune homme hocha vaguement la tête, le regard rivé sur la porte et soupira de soulagement quand ils furent seuls lui et Harry. Aussitôt, l'héritier Malefoy se tourna vers son époux et le souleva pour le porter jusqu'au canapé encore en état, seule pièce du mobilier qui n'avait pas été cassé ou brûlé.
Harry était toujours inconscient mais Drago sentait qu'il n'allait pas tarder à se réveiller. Le Serpentard souleva doucement et avec la plus grande délicatesse la tête de Harry, s'assit et la reposa sur ses cuisses.
Comme s'ils étaient animés d'une vie propre, les doigts de Drago vinrent s'enfoncer délicatement dans le cuir chevelu de Harry et le jeune homme tenta de coiffer les épis rebelles sans y parvenir. Ce n'était pas la première fois qu'il essayait mais à chacune de ses tentatives, il restait stupéfait de voir ces mèches de jais revenir à leur place, c'est à dire dans tous les sens.
Papouiller les cheveux de Harry pendant que celui-ci était dans les limbes de l'inconscience avait quelque chose de relaxant et permit à Drago de réfléchir calmement à ce qu'il allait dire à son conjoint.
L'élémental rejeta la tête en arrière. La conversation qui n'allait pas manquer de suivre au réveil de Harry, allait être ardue.
Dire la vérité, le blond n'était pas contre mais toute vérité n'est pas bonne à entendre, du moins à entendre tout de suite. Et par où devait-il commencer ? Par le début probablement.
Drago soupira. Le début remontait à la fin de la Deuxième Année, le jour de ses treize ans, Drago avait su que Harry était son compagnon à l'instant même où il l'avait vu dans les couloirs, entouré de son frère et de ses trois amis.
Jusqu'à ce jour, Drago n'avait jamais pu différencier les jumeaux, il n'avait pas cherché à le faire non plus. Mais, dès le moment où il avait croisé Harry au matin de son anniversaire, l'erreur n'était plus possible. Henry et Harry Potter étaient aussi différents l'un de l'autre que le jour et la nuit.
Drago avait toujours, depuis le début de sa scolarité, insulté Weasley, Londubat et Henry Potter. Il en avait fait de même avec Granger et Harry – qui s'appelait alors encore Orion Donewood – quand ils avaient rejoint la bande. Depuis la fin de la Deuxième Année, Drago avait oublié les autres pour se concentrer sur Harry qui ne sortait jamais sans ses amis. Les insultes avaient redoublé.
Durant les années suivantes, il n'y eu aucun changement, hormis le fait que Drago, malgré sa phase de déni, ne courait après personne. Il n'avait aucune préférence, ce qui était tout à fait normal pour un élémental car son choix pouvait se porter aussi bien sur une fille que sur un garçon et il se refusait à trahir son compagnon alors qu'il savait pertinemment depuis ses treize ans de qui il s'agissait.
Et puis, le jour de son dix-septième anniversaire, jour où il avait croisé Harry dans les couloirs, jamais il n'avait eu autant envie de le pousser contre un mur. Pas pour lui faire du mal, bien au contraire, mais il avait su et pu réprimer cette envie et avait continué à insulter celui qui allait bientôt devenir son mari. À partir de là, il n'avait pu s'empêcher de chercher la moindre information relative à Harry sur ses goûts, allant même jusqu'à l'épier. Phase d'attente comme l'avait dit Farel.
Attente de quoi ? Ça, Drago se le demandait encore.
Le jeune homme se leva en prenant garde à la tête de son époux toujours posée sur ses cuisses. Il avait besoin de prendre l'air mais ne pouvait abandonner Harry ici alors que le jeune homme allait peut-être avoir besoin de lui.
Drago se plongea dans la contemplation du parc, l'esprit tourné vers Harry et les semaines qui avaient suivi la réception de l'héritage élémental. Le blond se souvenait avec une netteté et une précision étonnante du moment où il avait annoncé à ses parents qui allait être son compagnon. Lorsqu'il avait annoncé le nom de Harry, sa mère avait ouvert la bouche et son père était resté impassible. Il lui avait juste demandé de quel jumeau il s'agissait. Lucius était parti en apprenant que son fils, son unique héritier allait épouser un homme, un Potter de surcroît mais surtout, le moins digne de la famille Malefoy. Narcissa s'était contentée de lui tapoter doucement le bras.
Son père avait passé une semaine à digérer la nouvelle et avait passé la plupart de ses journées dans son bureau. Et puis, il avait dit à son fils qu'il s'occuperait de tous les détails et que Drago allait devoir se renseigner sur les élémentaires de feu. Maintenant qu'il était majeur, les carnets des Malefoy lui étaient accessibles.
Un mois plus tard, ils se rendaient chez les Black.
Aujourd'hui, il était un homme marié à un autre homme qui le détestait et qui avait peur de lui. Harry l'avait dit lui-même.
Jusque là, Drago n'avait jamais regretté une seule de ses actions vis-à-vis de son mari. Il s'estimait être dans son bon droit et affirmait que Harry n'était pas blanc comme neige, qu'il était responsable des coups d'éclat et des colères de Drago. La preuve, si Harry n'avait pas désobéi sciemment en allant draguer ou se faire draguer, au choix ou encore en faisant en sorte de rester loin de son époux, jamais ce dernier n'aurait pris de telles mesures. Drago ne supportait pas qu'on touche ce qui était à lui et Harry lui appartenait entièrement. Personne n'avait le droit de le draguer ou encore de le toucher.
Quand il avait vu Harry enlacer ce crétin de Londubat, le sang de Drago n'avait fait qu'un tour. Quand Harry avait pris la main de cet abruti de Potter, Drago avait manqué bondir sur le binoclard pour qu'il lâche son mari – oubliant au passage qu'ils étaient frères. Quand le professeur Rogue, maintenant Black, avait frôlé Harry, Drago avait cru qu'il allait faire une attaque et massacrer le Maître des Potions.
Drago ne supportait plus de voir Harry sourire et rire avec d'autres que lui. De le voir se confier et parler avec ceux qui se disaient être ses amis et non avec lui. De préférer s'asseoir à la table des Rouge-et-or plutôt qu'avec son propre mari.
Le blond voulait garder ce joyau qu'était Harry uniquement pour lui. Alors il avait fait ce qu'il avait cru être le meilleur pour préserver son couple. Il l'avait enfermé dans leurs appartements. Mais Harry avait voulu fuir. Et ça, pour Drago, c'était intolérable. Son mari ne pouvait pas le fuir, pas alors qu'il avait tout fait pour le garder près de lui. Résultat, le brun avait peur de lui et le considérait presque comme un monstre. Ce constat avait fait peur au jeune Malefoy.
Mais si tout était à refaire, Drago l'aurait refait sans aucune hésitation. Sauf peut-être une chose qu'il ne se pardonnerait jamais.
Le jeune homme frissonna à ce souvenir qui ne datait que de la veille au soir. C'était l'unique chose qu'il voulait effacer de sa mémoire mais sans y parvenir.
Un grognement interrompit ses pensées. Le temps de se retourner et Drago put voit Harry se redresser et regarder autour de lui, l'air hagard et le visage horriblement blême avant de se rallonger.
Drago quitta son observatoire pour aller chercher une tablette de chocolat en sachant parfaitement que Harry n'aimait pas ça. Mais il était prouvé que le chocolat était le meilleur des remontants après un évanouissement. Moins de deux minutes plus tard, Harry avait entre les mains des chocogrenouilles que son mari avait trouvées à la place de la tablette qui qui semblait avoir disparu.
Lentement et sans un mot, le brun entama la première chocogrenouille. Son visage retrouva peu à peu des couleurs. Il ne broncha pas quand son mari répara d'un coup de baguette le fauteuil le plus proche et s'y installa, se contentant de fixer un morceau du tapis tout en grignotant la friandise, bouchée microscopique par bouchée microscopique. Drago attendit patiemment que Harry termine la première. Le brun reposa les autres sur le restant de table basse, lentement, comme s'il économisait ses gestes.
- Il faut qu'on parle, lâcha Drago d'une voix polaire.
Le jeune homme vit son mari se raidir mais pas une fois, il ne vit les yeux verts se tourner vers lui.
- De préférence maintenant.
- Je ne crois pas en avoir envie, murmura Harry si bas que Drago crut avoir mal entendu.
- Je ne te demande pas ton avis !
Au même moment, les paroles de Farel lui revinrent en mémoire. Ignisa avait écrit une lettre à l'intention de Harry, lettre qui se trouvait présentement par terre, échouée sur le tapis noirci. Drago serra les dents et attira la lettre jusqu'à lui pour la tendre ensuite à Harry.
- C'est pour toi. Lis-la et nous parlerons ensuite. Cette discussion doit avoir lieu, que tu le veuilles ou non.
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Harry ouvrit l'enveloppe non scellée et en tira une feuille de parchemin pliée en quatre. Il regarda la signature en premier afin de déterminer qui pouvait lui faire parvenir, par l'intermédiaire de Drago, une lettre. La signature ne lui apprit rien, il ne parvenait à déchiffrer qu'un semblant de « n » mais n'était pas certain.
Cette lettre ne lui était pas adressée personnellement, il n'y avait pas son nom mais il la lut tout de même.
Dès les premières lignes, il sut qui en était l'auteur. C'était Ignisa. Elle avait dû écrire cette lettre avant de venir à Poudlard à en juger par le début.
« Compagnon de Drago Malefoy,
Ton nom est encore un mystère. Il a dû être annoncé mais mon mari et moi ne vivons pas en Angleterre. Nous ne sommes donc pas au courant de ton identité. Toujours est-il que d'ici quelques heures, nous allons nous rencontrer. Si tu lis cette lettre, c'est que cette rencontre a déjà eu lieu mais que toutes les questions que tu dois te poser n'ont pas trouvé de réponses.
Autant donc commencer par le début. Ou recommencer si tu as déjà eu cette conversation. Je suis comme toi, je suis la compagne d'un élémental de feu depuis vingt-trois ans maintenant. Je suis donc tout à fait au fait de t'aider car, si un Malefoy a fait appel à nous, c'est qu'un membre de sa famille a besoin d'aide. Nous avons su que Drago Malefoy était un élémental de feu lui aussi, ce qui explique la demande de son père.
Un élémental de feu est à l'image du feu : possessif, excessif, jaloux, violent et passionné. Il a sans cesse besoin d'être rassuré par son compagnon dès que d'autres personnes les entourent. Sa jalousie lui fera croire n'importe quoi. Peu importe que tu l'aimes ou non, tu devras lui faire comprendre, en cas de crise de jalousie, que les autres ne sont rien pour toi, que seul lui est important et qu'il est hors de question pour toi d'aller voir ailleurs. Il est également important de faire ce qu'il te dit, mais n'hésite pas à lui demander des explications ou à tenter de discuter avec lui. Je me doute que pour l'instant, vous devez à peine vous adresser la parole et que vos relations doivent être tendues mais, après notre départ, si vous ne l'avez pas fait avant, vous devez absolument discuter et crever l'abcès qui ronge votre couple. Je sais que ce que je dis n'est pas facile mais c'est important, auquel cas, ton époux risquera fort de vous détruire tous les deux.
Une dernière chose : toutes les choses qu'il a pu te dire pour te rabaisser sont fausses. Il tient à toi beaucoup plus que tu ne le penses. Je sais exactement ce que tu peux ressentir et ce qu'il donne l'impression d'être vis-à-vis de toi parce que je l'ai vécu avant toi. Sache que tu n'es pas tout seul à avoir vécu cela mais que tout peut s'améliorer. La magie de Drago t'a choisi, ce n'est pas pour rien. Beaucoup disent que tu es donc la personne parfaite pour lui, les élémentaires préfèrent dire que tu es son complément car la perfection n'est pas de ce monde.
Je ne dis pas que tout va s'arranger entre vous. Vous êtes différents l'un de l'autre. Vos envies ne sont pas les mêmes mais en comprenant l'autre et en discutant souvent, vous parviendrez à vivre en assez bonne harmonie.
Voilà, j'espère avoir pu t'éclairer et répondre à certaines de tes questions. Si ce n'est pas le cas, parle-en avec Drago, il est le mieux placé pour te répondre. Surtout n'hésite pas. »
La lettre se terminait par une signature. Ignisa avait partiellement répondu à certaines questions mais elle en avait amené d'autres.
Harry resta perplexe face à la lettre. Il n'avait aucune envie de parler avec Drago. Il redoutait ce moment.
Lentement, il reposa la lettre sur la table basse, près des chocogrenouilles et retourna dans sa contemplation silencieuse du tapis.
- Je pense, fit Drago, que retarder l'échéance n'est pas une bonne idée alors...
- J'ai besoin de prendre l'air, l'interrompit Harry en se levant.
Drago le laissa fuir, le mot n'était pas trop fort. Et Harry courut jusqu'au portrait qui gardait la salle commune des Gryffondor. Il haleta le mot de passe et entra pour tomber nez à nez avec Ginny.
- Harry ? s'exclama-t-elle, surprise de le voir en ces lieux.
Son éclat de voix involontaire avait attiré l'attention de la plupart de la salle commune et Harry put voir ses amis et Henry se lever pour s'approcher. Ron fut le premier à arriver sur le jeune homme et le serra contre lui. Neville lui arracha Harry et vérifia rapidement que tout allait bien – et Harry crut revoir son oncle Severus faire la même chose la veille de son union avec Drago – puis Henry qui l'emmena vers la cheminée.
- Si tu es là c'est que ça va mieux avec... Mal... Drago, non ? demanda Ron.
Bien évidemment Ron était au courant, de même que Neville, Hermione et Ginny. Henry avait dû les mettre au courant, lui-même prévenu par Severus.
- Eh bien...
- Harry, déclara lentement Henry d'une voix fraîche, ne me dis pas que tu n'as toujours pas parlé avec Drago.
Malgré lui, Harry déglutit. Il venait de quitter un fou, ce n'était pas pour en trouver un second, surtout que c'était son propre frère.
- Eh bien...
- Oui ou non ?
- Henry, intervint Ginny. Laisse-le profiter de ses amis. Jusque là, nous ne l'avons que rarement vu.
Henry fusilla sa petite-amie du regard mais Ginny ne semblait pas intimidée pour deux mornilles. Elle s'installa à côté de son futur beau-frère et se mit à lui faire la conversation. Sous les yeux du jeune Potter, son jumeau reprenait lentement vie. Et malgré la situation qu'il n'appréciait pas, Henry ne pouvait s'empêcher d'être heureux. Ginny avait raison, ils avaient peu vu Harry ces dernière semaines. Autant profiter de lui le plus possible.
Pourtant, grâce à Hermione, la conversation dériva vers Drago, au grand déplaisir de Harry. Mais Henry remercia mentalement sa meilleure amie et lui adressa un signe de tête.
- On ne peut pas parler d'autre chose ? gémit Harry qui sentait que le sujet n'allait pas lui plaire.
- Oh non, tu as esquivé le sujet trop longtemps, répliqua Henry.
- Tu n'es pas censé me soutenir ? grogna son frère.
- Harry, la seule chose que je veux, c'est que tu sois heureux. Alors tu te sors les doigts d'où je pense et tu vas le voir pour que vous ayez cette foutue conversation ! C'est clair ? !
Voir Henry s'énerver face à lui, interloqua Harry plus qu'il ne saurait le dire. Mais ce qui l'étonna le plus, c'était le fait que Henry le pousse à aller voir Drago.
- Écoute, reprit Henry plus calmement, je sais que tu ne comprends rien, je t'assure que je ne comprends pas plus le comportement de Drago mais tu ne peux pas le fuir éternellement parce que tu refuses cette conversation. Je sais que ton mariage avec Drago n'était pas celui que tu attendais, que ta relation avec lui était loin de l'idée que tu te faisais d'un couple et je comprends tout à fait qu'il puisse te faire peur. Mais, si tu ne lui parles pas, personne ne pourra le faire. Personne ne peut prendre ta place. Certains le voudraient mais tu es celui que la magie de Drago a choisi. Par Merlin, ce que ça fait gnangnan.
Sa dernière remarque fit sourire Harry. Mais le discours de son frère fit réfléchir le jeune homme. Jusque là, tout le monde lui avait conseillé d'aller parler avec Drago mais Harry n'avait rien fait. Henry lui avait répété encore et encore d'aller voir son mari mais il n'avait pas écouté. Pourtant le discours n'avait pas changé mais, Henry espérait que cette fois serait différente et que son jumeau allait se bouger un peu.
Harry ne voulait pas y aller, il appréhendait cette conversation mais il sentait que cette fois, il ne pouvait plus reculer. Henry venait de lui asséner ce qu'il redoutait d'entendre : personne ne pouvait parler à Drago à sa place et pourtant, c'était ce dont Harry rêvait. Mais c'était fini ça, l'intervention de la famille. Drago n'était pas une petite frappe à qui on allait donner un avertissement, c'était son mari. C'était donc à lui de régler ça.
- D'accord, fit-il d'une voix tremblante. Juste... Encore quelques minutes. Je partirai quand vous irez manger.
Personne n'osa lui dire qu'ils n'allaient pas tarder à y aller, la Grande Salle devait être ouverte. Finalement, Ron eut raison de l'attente et donna le signal du départ avant d'être vertement repris par Hermione qui lui reprocha son manque de tact.
- Quand c'est moi, je manque de tact mais quand c'est Neville, Harry, Henry, Ginny ou même Luna, ce n'est pas grave ! J'en ai marre Hermione que tu me reprennes à chaque fois ! À croire que pour toi, je ne suis qu'un idiot qui ne pense qu'à se remplir la panse !
- Mais...
À l'évidence, Ron et Hermione n'avaient pas arrangé ce problème et, malgré leur présence ici, tous les deux, ils semblaient être en froid. Le jeune Weasley se leva sans un regard pour la brune, salua rapidement Harry et sortit, le pas raide. Neville ne tarda pas à le suivre. Un regard de Ginny convainquit les jumeaux de déguerpir également, ce qu'ils s'empressèrent de faire.
- Ça ne s'est toujours pas arrangé entre Ron et Hermione ? s'enquit Harry. Je pensais que Hermione avait compris.
- Ron est un crétin et Hermione pense tout savoir. Je pense que ça résume assez bien la situation.
- Quelle situation ? Tu viens d'insulter deux de tes amis.
- Cette histoire dure depuis septembre, Harry. Ils se tournent autour depuis des années mais Ron est persuadé que Hermione ne le verra jamais autrement que comme un crétin, ce qui fait de lui un crétin justement parce qu'il n'ouvre pas les yeux et refuse d'en parler avec la principale concernée. Un peu comme toi en fait.
- Hey ! s'indigna Harry en frappant violemment le bras de son frère.
- Il faut dire ce qui est, Harry. Nous sommes fin octobre, Halloween est dans moins quinze jours et tu n'as toujours pas parlé avec Drago.
- J'ai mes raisons.
- Bref. Pour en revenir à Ron et Hermione, Mademoiselle Granger pense tout savoir mais ce n'est pas le cas. Elle ne voit pas qu'elle fait du mal à Ron en lui parlant de la sorte. Elle se dit capable de comprendre les gens mais est incapable de comprendre Ron.
- Et, au lieu de traiter les gens de crétins, pourquoi tu ne leur parles pas ? demanda Harry, de plus en plus concerné par cette histoire.
Il se faisait la sensation d'une midinette en quête de potins à se mettre sous la dent en attendant l'amour de sa vie.
- On ne fait que ça. Neville l'a fait avec Ron. Je l'ai fait aussi. Gin', Luna et même Hannah en ont parlé avec Hermione mais les deux refusent de se parler. On a beau leur dire que l'autre est amoureux de lui, ou d'elle, c'est comme si on pissait dans un violon, ça fait le même bruit. Y'en a marre à la fin. Le plus drôle dans l'histoire, c'est que tout le monde sait qu'ils sont faits pour être ensemble. Hannah et Neville ont même fait des paris.
- Non ! s'exclama Harry, choqué.
Il ne s'était pas attendu à ça de la part de Hannah.
- Si. Et Samantha, Lavande, Sandy et Parvati se sont lancées à tour de rôle dans la séduction de Ron. Je crois qu'aucune ne cherche plus à sortir avec Ron depuis que Lavande l'a fait et a failli finir en nourriture pour calmar. Mais ça n'empêche pas Sam, Parvati et Sandy de draguer ouvertement Ron.
- C'est du n'importe quoi ton histoire.
- Je t'assure !
- Hermione est intelligente, elle se doute bien que les filles ne sont pas attirées par Ron, que c'est juste un jeu. Et Ron, il est au courant du jeu ?
- Oui.
Ils arrivèrent finalement aux abords de la Grande Salle et se séparèrent sans un mot. Chacun savait pertinemment qu'un mot de l'autre, et Harry ne ferait pas ce qu'il devait. Le jeune homme rejoignit ses appartements en traînant des pieds et en imaginant un moyen d'entamer la conversation. Son cœur pulsait et des sueurs froides coulaient le long de sa colonne vertébrale. La paume de ses mains était moite et plus il s'approchait, plus il sentait son courage l'abandonner.
Comme la dernière fois où il avait dû affronter Drago à cause d'une sortie en douce, il s'arrêta au beau milieu d'un couloir pour s'exhorter au calme et tenter de remettre ses idées en place.
D'accord, Harry avait ses raisons pour se mettre dans un tel état mais, cette fois, Drago n'avait pas cherché à réduire encore un peu la liste de ses droits, il voulait juste lui parler. Le jeune homme vida son esprit entièrement et se détendit significativement grâce à l'Occlumancie. À chaque utilisation, Harry remerciait chaleureusement Severus de lui avoir appris.
Son oncle avait fait cela dans le but premier de diminuer les cauchemars de Harry. Severus leur avait ensuite, à Henry et Harry, expliqué à quoi servait réellement l'Occlumancie. Ils devaient avoir douze ou treize ans quand ils avaient commencé à apprendre. Mais ils ne maîtrisaient cet art que depuis la fin de leur Cinquième Année et à la suite d'un entraînement harassant pendant les vacances. Ils étaient loin d'être aussi bons que Severus puisse l'être mais ils se défendaient assez bien.
Au bout de dix minutes, Harry reprit son chemin et ne s'arrêta qu'une fois parvenu jusqu'à la statue d'un gobelin en armure qui gardait leurs appartements. Il prononça le mot de passe et entra. Il mit plusieurs secondes avant de comprendre ce qu'il voyait.
Le spectacle aurait pu être drôle mais Harry n'avait pas la moindre envie de rire. Il resta statufié par la scène qui se jouait sous ses yeux. Ça aurait pu paraître cliché et grotesque mais pourtant, même dans la vie réelle, ce genre de chose pouvait arriver.
Daphné Greengrass, Serpentard de Septième Année, embrassait à pleine bouche Drago qui semblait se laisser faire. Aucun des deux n'avait remarqué l'arrivée de Harry.
Le jeune homme n'éprouvait aucune once de jalousie, juste de la colère. Drago lui avait formellement interdit de traîner avec des hommes ou des filles afin de l'empêcher de draguer ou d'être dragué et là, le brun prenait son mari en flagrant délit de bécotage intense. En plus de la colère qui irradiait ses veines, Harry se sentit trahi. Combien de fois son mari avait-il ramené des femmes ou des hommes ici pendant que le brun avait le dos tourné ? Il préférait ne pas y penser.
- Quand vous aurez fini de vous lécher les amygdales, vous viendrez me prévenir.
Et il sortit, ni plus ni moins.
Harry était énervé, quoique fou de rage aurait davantage convenu à son état actuel, mais ça ne l'empêchait pas de penser clairement. Il avait fait une promesse à Lucius juste avant son départ pour Poudlard. Jusque là, il n'avait pas eu l'occasion ni vraiment le droit de l'honorer mais maintenant, il allait tout faire pour rompre cette union.
Il était tout proche de la bibliothèque quand il sentit que quelqu'un l'attrapait par le bras et le poussait contre un mur. Sans surprise, il leva les yeux et tomba nez à nez avec Drago. Il n'y avait que son mari pour lui faire une telle chose. Mais le blond avait semblé contenir sa rage et mesuré sa force.
- On devait discuter ! s'emporta Drago. Tu allais faire quoi à la bibliothèque ? !
- À ton avis ? cracha Harry. Tu ne devines pas ?
Harry n'avait pas peur en cet instant, le regard glacial de Drago ne l'effrayait plus. La seule chose dont il avait envie, c'était de gifler son époux de toutes ses forces et de s'éloigner de lui au plus vite.
- Non, mais je sens que tu vas me le dire.
- Rompre l'union. Tu ne me veux pas comme compagnon et ton père est de ton avis. Quant à moi, je...
Harry ne put finir sa phrase, Drago le poussa de nouveau contre le mur.
- Il est hors de question que tu cherches à rompre cette union, lui murmura-t-il à l'oreille. Parce que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour t'en empêcher. Mollis Corpus.
Le Gryffondor aurait voulu rétorquer mais ses lèvres ne bougèrent pas, pourtant les mots tournaient en boucle dans son esprit. Il se sentit soulevé du sol sans pouvoir rien faire, comme une poupée de chiffon. Son esprit était alerte mais son corps ne lui obéissait plus.
Mollis Corpus. Un sort qu'ils avaient vu en Cinquième Année pour les BUSEs. Le corps ressemblait à une vulgaire poupée de chiffon mais l'esprit demeurait clair. Remus l'avait évoqué et avait juste parlé de ses effets mais Harry n'avait pas retenu grand-chose à part les effets. Il venait juste de s'en souvenir. Apparemment, Drago n'avait pas oublié le cours.
Il maudit Drago mentalement pour le trimbaler dans ses bras comme un prince porterait sa princesse dans les contes de fée. Heureusement pour eux et surtout pour lui, il n'y avait personne dans les couloirs. Tous les élèves devaient être en train de manger.
Ils arrivèrent sans croiser âme qui vive, fantômes compris, jusqu'à leurs appartements. Drago prononça le mot de passe et entra, son fardeau dans les bras. Cette image du mari portant son épouse pour la première fois dans leur nouvelle maison s'inscrivit dans l'esprit de Harry et s'il n'avait pas reçu ce sortilège, il aurait probablement explosé de rire à ce cliché. Décidément, c'était la journée.
Drago le posa avec une certaine douceur sur le canapé et Harry nota une certaine habitude du geste. Ce n'était pas la première fois que le blond le portait. Ce dernier n'avait pas paru épuisé par le trajet, somme toute assez long, surtout avec un homme dans les bras qui, malgré son poids léger, devait être lourd à porter.
Ça devait être un effet du sort Mollis Corpus. Harry se souvint vaguement de Remus expliquant que le sort lancé sur un humain ou un animal avait le même effet qu'un Petrificus Totalus – même si le corps restait plus malléable – et un sortilège d'allègement, couplés tous les deux.
Le jeune homme vit Drago pointer sa baguette sur lui et marmonner le contre-sort. Harry sentit enfin son corps lui répondre et il s'installa plus confortablement contre le dossier du fauteuil dans lequel il était assis.
- Je pense, commença Drago, que je te dois des explications quant à cette horreur que tu as vu en entrant tout à l'heure.
Harry grogna. Il aurait voulu extérioriser sa colère sur la gueule d'ange qu'était son compagnon avant d'entendre ses explications, mais si celui-ci ne lui laissait même pas le plaisir de le frapper avant de parler ou de lui hurler dessus, ça n'était pas drôle.
- Il n'a jamais été question de te tromper avec qui que ce soit ! Mets-toi bien ça en tête !
- C'est bizarre mais je n'en crois pas un mot.
Ce n'était pas exactement comme ça qu'il s'imaginait la discussion mais, c'était mieux que rien, c'était même mieux que ce qu'il avait en tête.
- Développe !
- En début d'année, cette fille de Serpentard, au banquet de répartition, elle te draguait ouvertement et tu n'as rien dit, tu n'as rien fait pour la repousser et je te vois aujourd'hui embrasser à pleine bouche cette... fille ! Si ça, ce n'est pas tromper quelqu'un, je me demande ce que c'est.
- Pour tromper quelqu'un, il faut que ça soit consentant des deux côtés. Cette fille qui me draguait soi-disant, a juste un tic, elle n'arrête pas de cligner rapidement des yeux quand elle parle. Et si tu ne me crois pas, regarde-la la prochaine fois. Et pour Greengrass... je voudrais ôter cette image de ma tête.
Sur le coup, Harry ne sut quoi dire. Drago avait l'air sincère mais le brun avait appris à se méfier des Serpentard, ils pouvaient se révéler être d'excellents acteurs.
- Soit, je te laisse le bénéfice du doute. Pour le reste...
- Quel reste ?
- Tout le reste ! s'emporta Harry en bondissant du fauteuil. Tous les mots que tu m'as envoyés en pleine figure ! Toutes les fois où tu m'as humilié ! Celles où tu m'as blessé ! Tu as une excuse ?
- Je doute que la vérité te plaise, avoua Drago avec un petite sourire sarcastique qui irrita Harry encore un peu plus.
- C'est à moi d'en juger.
- Soit, fit Drago, imitant son mari quelques secondes plus tôt. Tu l'auras voulu. C'était soit ça, soit je te prenais contre un mur.
Choqué. C'était exactement ce qu'était Harry en cet instant. Tout ce qu'il arrivait à faire, c'était ouvrir et fermer bêtement la bouche, comme un poisson. Son visage était d'un beau rouge, il aurait pu concurrencer une tomate bien mûre.
- C'est une blague ? arriva-t-il enfin à dire d'une voix blanche.
- Ai-je l'air de plaisanter ?
En regardant son interlocuteur, Harry put confirmer que ce dernier était tout ce qu'il y avait de plus sérieux.
- Tout ce que je t'ai dit n'était que mensonges ! Je suis stupéfait que tu aies pu gober ça, ça me dépasse !
- Tu... Je ne suis pas sûr de bien comprendre.
- Ça a toujours été toi, toujours ! Depuis que j'ai treize ans je sais au fond de moi que c'est avec toi que je finirai ma vie ! Est-ce que j'en ai été malheureux ? Oui ! Est-ce que ça a changé ? Oui, ça a changé ! C'est vrai que lorsqu'on était gamins, je t'insultais mais c'était uniquement parce que je refusais que ça soit toi même si j'ignorais ce qu'il se passait ! Alors je t'en ai voulu. Longtemps. Je redoutais le jour où je recevrai mon héritage car il ne ferait que confirmer ce que je savais déjà au fond de moi. Mais...
Drago s'interrompit un instant pour remettre en ordre ses pensées avant de rependre :
- Le jour de mon anniversaire, quand je t'ai vu...
Il s'interrompit de nouveau et laissa passer un rire nerveux. Harry le fixa, assez curieux, appréhendant malgré tout la suite de l'histoire.
- Quand je t'ai vu, reprit Drago, le regard fixé droit devant lui et une légère rougeur aux joues, je... je t'ai entendu rire avec tes amis. Avant, ça avait le don de m'énerver mais ce jour-là, c'était le plus beau son qu'il m'ait été donné d'entendre. Par Merlin, dit comme ça, c'est stupide et affreusement fleur bleue, j'ai l'air d'une Poufsouffle pré-pubère, se morigéna Drago en marmonnant.
Harry se retint de rire. C'est vrai que la déclaration de Drago était atrocement clichée et semblait sortie tout droit des romans à l'eau de rose que Hermione, Ginny et Hannah s'échangeaient.
- Tu n'as pas idée à quel point j'ai dû me retenir de ne pas te sauter dessus dans ce couloir.
De nouveau, Harry sentit son visage le brûler. Lui sauter dessus ? Le jeune homme avait en tête une image parfaitement indécente mais il doutait fortement que Drago ait voulu dire ça. Cela dit, s'il avait voulu dire autre chose, comme le frapper, il l'aurait fait ou il l'aurait clairement exprimé.
- Depuis ce jour, à chaque fois que je te vois, que je t'entends parler ou rire, j'ai envie de t'enfermer à double tour pour que tu ne sois qu'à moi. Tu n'as pas idée de tout ce que j'ai envie de te faire à chaque fois que tu ouvres la bouche ou que tu apparais.
Le regard lubrique et empli de luxure que Drago lança à son époux suffit à ce dernier pour comprendre ce que le blond avait en tête. La respiration de Harry se bloqua et il était certain que son visage était assez chaud pour y faire cuire un œuf.
Il se souvenait parfaitement des explications de Farel et jamais l'élémental de feu n'avait abordé ce sujet. Il avait parlé de « phase d'attente » qui n'était pas bien différente de la « phase de déni » et d'une attention accrue mais, jamais il n'avait parlé de cette possible attirance pour la voix ou pour le physique de la personne qui se trouvait être la compagne ou le compagnon de l'élémental. Harry avait beau se repasser la discussion dans la tête, ce point n'avait pas été abordé.
Farel aurait-il omis ce détail ?
C'était plus que sûr, et Harry se dit qu'il aurait bien aimé être au courant de ce genre de choses.
- Respire, tu es tout rouge ! claqua Drago.
Harry se rendit compte qu'il avait cessé de respirer et que ses poumons commençaient à le brûler doucement. Mais ses rougeurs traîtresses n'étaient pas dues à ça. Il relâcha tout mais n'arrivait toujours pas à croire ce que Drago venait de lui avouer.
Une phrase lui revint soudain en mémoire : « Toutes les choses qu'il a pu te dire pour te rabaisser, sont fausses. Il tient à toi beaucoup plus que tu ne le penses. »
À suivre
Alors, ce début d'explication vous a-t-il convaincu?
