Chapitre 13
Aout
- Oto-sama ?
La voix de Naruto résonna dans le couloir. Sasuke, qui avait avancé d'un pas, se retourna et, derrière lui, Itachi et Yahiko firent de même. Face à eux, trois hommes effectuaient le même mouvement. Deux, habillés en noir encadraient un homme d'une cinquantaine d'années, une canne à la main. Un enfant, à ses pieds, tirant sur le pantalon de costume du vieil homme attira l'attention des Uchiha et Yahiko, mais pas des autres qui fixaient Naruto.
- Danzo-sama, vous-
L'enfant s'arrêta quand l'homme, qu'il nommait Danzo, tapa sa canne au sol.
- Fû, Torune.
L'un des hommes attrapa la main du petit garçon et le fit lâcher prise sur le pantalon habillé. L'autre s'avança vers Naruto et tendit la main vers lui en s'inclinant légèrement.
- Naruto-sama, c'est un plaisir de vous savoir à nouveau parmi nous. Venez.
Pourtant, le blond ne bougea pas d'un millimètre. De là où il était, Sasuke comprit que son amant regardait l'enfant, il s'apprêtait à l'appeler quand l'homme prit la parole, s'adressant directement à « son fils » :
- Après sept ans d'absence, tu ne viens pas saluer ton père, Naruto ?
- Naruto-sama, j'insiste, venez, répéta Fû
- Je suis déçu, je pensais t'avoir mieux éduqué que ça, lança Danzo, menaçant.
Les mots firent réagir Naruto qui avança docilement vers l'homme et Sasuke voulut l'arrêter, mais Itachi lui interdit de bouger. Il dévia les yeux vers Yahiko et il put voir un combat intérieur dans les prunelles brunes.
En passant devant l'homme en noir, Naruto déposa sa main bronzée dans la paume tendue et se laissa guider jusqu'à son père adoptif. Arriver face à Danzo, le blond lâcha la paume puis posa son autre main sur celle du vieil homme reposant sur la canne. Comme un automatisme, ils virent Naruto se mettre légèrement sur la pointe des pieds et embrasser l'homme sur la joue.
- Bon retour, Oto-sama, salua-t-il en reprenant sa place, face à lui.
Le choix des mots indiqua que le cadet Uzumaki était plongé dans ses souvenirs. La seconde main, marquée par les années, vint caresser les cheveux dorés.
- Bon garçon.
Un frisson d'horreur parcourut la peau de chacune des personnes présentes dans le couloir.
- Tu me présentes tes amis ?
Lentement, Naruto tourna la tête vers les Uchiha et son grand-frère. Les yeux vides, il répondit :
- Ce ne sont pas mes amis.
- Alors, qui sont-ils ?
- Personne. Ils ne sont personne, affirma le blond en reportant son attention sur son père.
Son visage se fit happer avec force. La main, précédemment dans ses cheveux, écrasait à présent ses joues. Ses azurs fixaient les charbons de son enfance, une lueur destructrice qu'il connaissait et le terrifiait toujours autant.
- Tu devrais utiliser cette bouche pour autre chose que des mensonges, Naruto. Je n'aime pas que tu me mentes et tu sais à quel point je la préfère close ou…
Le père lâcha le visage strié et caressa les lèvres charnues du pouce. L'enfant, tenu en retrait par un des gardes, se dégagea de l'emprise et s'accrocha de nouveau à la jambe de Danzo.
- Danzo-sama, qui est-ce ? Demanda-t-il en regardant Naruto.
Le père et le fils baissèrent le visage vers lui et le blond s'abaissa lentement. Le jeune garçon eut un mouvement de recul et s'accrocha un peu plus à la jambe.
- Et toi, qui es-tu ? Se renseigna l'Uzumaki.
L'enfant sembla hésiter, il jeta un regard en hauteur, mais Danzo n'avait yeux pour le nouvel arrivant à ses genoux.
- Sai. Et toi ? Qu'est-ce que tu veux à Danzo-sama ?
Naruto observa l'enfant le défier. Cette façon de s'accrocher à l'homme, de le regarder, de lui apporter autant d'attention, de sentiments, il avait l'impression de se revoir dix ans auparavant.
- Moi… Je suis son fils.
La phrase avait été dite d'une traite et, quoique l'évidence soit sous leurs yeux, les Uchiha et Yahiko eurent la confirmation du lien de parenté, entre le vieil homme et Naruto, de sa propre bouche.
- C'est moi le fils de Danzo-sama, cracha l'enfant à la figure du blond.
Naruto se releva brusquement.
- Torune, amenez cet enfant dans une chambre.
Le dénommé Torune ne bougea pas et reporta son attention sur son maître pour savoir ce qu'il devait vraiment faire, mais Naruto l'obligea à lui faire face.
- Vous discutez mes ordres ?
- Je ... Hésita le garde.
- Hors de ma vue. Maintenant ! Cria Naruto.
Tout le monde sursauta excepter Danzo qui afficha un rictus victorieux. Torune s'inclina pour se faire pardonner et disparut de la vue de tous après avoir récupéré le gamin.
- Vous m'avez remplacé, reprocha Naruto.
- Pas encore. Si tu veux bien m'excuser, je vais le retrouver, signala le vieil homme.
Danzo fit un pas puis deux, la canne tapant contre le sol dans un tintement régulier. Il s'arrêta une seconde et dirigea son regard vers les accompagnants de son premier fils.
- Yahiko-san, un plaisir de vous voir en personne. De même que rencontrer, les fils Uchiha.
L'aîné Uzumaki ainsi qu'Itachi et Sasuke furent déconcertés. Comment cet homme les connaissait ? Naruto sembla aussi surpris qu'eux, mais au lieu de rester impassible, il accrocha le bras de son père adoptif, l'empêchant de s'enfuir.
- Alors, vous préférez cet enfant, à moi ?
- Lui, m'attend bien sagement dans une chambre.
Danzo n'eut pas le temps de se délivrer de l'emprise du blond que ce dernier passa lentement ses bras autour de son cou.
- Mais est-ce qu'il saura vous satisfaire ?
Naruto ne le laissa pas répondre et enfouit son visage dans le cou ridé.
- Moi, je sais comment le faire, souffla-t-il contre la peau qu'il fit frissonner. Et je suis doué, vous le savez.
- Tu es bien confiant.
La réponse froide de l'homme obligea le cadet Uzumaki à se décoller. Danzo leva une main jusqu'au cou bronzé qu'il attrapa sans presser. Naruto ravala sa salive et la main descendit, lentement, écartant les pans du kimono, dévoilant un torse délicieux, mais plus du tout enfantin. Cependant, le vieil homme le regardait toujours de la même façon. Il caressa la clochette du bout des doigts et continua sa descente.
Arrivé au ventre, la ceinture du yukata empêcha d'aller plus loin, mais il aperçut quand même une partie du second tatouage.
- Tu as laissé un autre te marquer et ça ne me plaît pas. Tu as fais parler de toi, Naruto. Tu as laissé d'autres te toucher alors-
- Jamais comme vous.
- Ah oui ?
Danzo décala la tête et fusilla Sasuke des yeux comme s'il savait ce qu'il représentait pour Naruto et ce dernier, une main sur la joue, l'obligea à ne regarder que lui.
- Je vous le promets. Personne n'a pris votre place. Je suis à vous, seulement à vous. Laissez-moi vous le prouver.
Un rictus satisfait apparut sur les lèvres de l'homme.
- Comment ?
Naruto se pencha jusqu'à ses lèvres, mais dévia et atterrit à son oreille.
- Cet enfant a encore tout à apprendre, je le vois, alors, ne préférez-vous pas, pour cette nuit, que je sois, ce que vous avez toujours désiré que je devienne. Refaite-moi votre. Revendiquez ce qui vous appartient. Marquez-moi, salissez-moi. Traitez-moi comme avant, comme ce que je niais, aimé.
Un bras puissant passa autour des hanches musclées et emprisonna le corps bronzé. Il n'en fallut pas plus à Yahiko pour réagir et achever son combat intérieur qui durait depuis bien trop longtemps. Il hurla le prénom de son cadet, mais Itachi le rattrapa à la volée, le bloquant contre lui pour l'empêcher d'aller récupérer son frère. Avant même d'être lancée, la menace était bien trop grande à son goût et l'aîné Uchiha préféra laisser son instinct parler. Laisser Naruto faire ce qu'il voulait.
- Fû, raccompagnes ses messieurs jusqu'à leur chambre.
- Bien Naruto-sama, se plia le garde en se plaçant devant les Uchiha et Yahiko. Est-ce que vous m'autorisez à utiliser la force si nécessaire ? Demanda-t-il.
- Oui, répondit Naruto sans aucune hésitation et un regard sans failles pour eux. Mais il n'y aura pas besoin. Ils vont gentiment rester à leur place et prendre le premier taxi quand la route sera dégagée.
- Je m'en assurerai personnellement Naruto-sama.
- Bien.
Sur ces mots, Danzo garda Naruto contre lui et ils disparurent dans un couloir adjacent, les laissant face à l'homme de main qui écarta sa veste de costume. Un pistolet apparut et le regard meurtrier face à eux, leur indiqua que tout ceci n'était pas une blague. Cet homme ne les laisserait pas récupérer Naruto.
XxX
Assis sur le tatami de la chambre qu'ils avaient réservée quelques minutes plus tôt, Itachi, Sasuke et Yahiko regardèrent les derniers plats être mis en place par la femme de chambre. Avant qu'elle disparaisse, Fû demanda à être prévenu quand la route serait dégagée et se plaça devant la porte coulissante.
- Manger, ordonna-t-il.
L'aîné Uchiha obligea son amant et son cadet à grignoter parce qu'il savait que ça serait la seule chose qu'il obtiendrait d'eux. Il ne les forçait pas par peur, mais pour reprendre des forces. Cette rencontre les avait épuisés mentalement. Voir Naruto agir de la sorte, comme s'ils ne représentaient rien à leurs yeux, comme si être avec cet homme était normal, leur avait fait un choc.
De toute cette histoire, Itachi ne savait pas trop qu'en penser. Certes, il avait des doutes sur cette relation passée et entendre la créatrice de yukata avouer les attouchements que son beau-frère avait subis ne l'avait pas estomaqué, mais quelque chose clochait et il n'arrivait pas à mettre la main dessus. De plus, Danzo les connaissait, pourquoi ? Est-ce qu'il avait fait retrouver Naruto ? Certainement. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas l'avoir récupéré avant ?
« je me dois de vous mettre en garde contre cet homme. Le lien qui existe entre lui et Naruto est destructeur et malsain. Il cherchera à le ramener à lui et si pour ça, il doit vous détruire, il n'hésiterait pas une seule seconde. »
Les paroles de Kakashi lui revinrent subitement à l'esprit et l'inquiétèrent. Il chercha des yeux son téléphone, mais
- N'y pensez même pas.
Itachi reporta son attention sur l'homme qui les retenait prisonniers.
- J'espère que vous n'aviez pas tout investi dans l'entreprise familiale parce que ce soir, vous avez tout perdu.
Le brun ne répondit rien et mit sa main sur la cuisse de son homme qu'il sentait se tendre un peu plus à chaque seconde. Il savait que Yahiko était en colère, mais contre qui et pourquoi exactement, ça, il était incapable de le dire.
Sur les nerfs, le roux sentit une main apaisante sur son corps, il ne le regardait pas, fixant toujours intensément ce Fû, mais savait qu'Itachi tentait de le tempérer. Yahiko était perdu, la situation lui échappait complètement
« Ce n'est pas aussi horrible que ça en a l'air. »
Comment son frère pouvait dire une telle chose ? Cet homme l'avait violé, pendant trois ans et il en redemandait ce soir. Pourquoi ?
« Apparemment, je n'ai jamais été à la hauteur de ce qu'il attendait de moi. »
Est-ce que c'est ce qu'il voulait maintenant ? Lui montrer qu'il était à la hauteur ? Est-ce que c'était pour ça qu'il s'était prostitué ? Pour apprendre ? Yahiko était en colère. Contre ce Danzo, contre ce Fût, contre Orochimaru, contre Kakashi et contre Iruka pour l'avoir laissé à cet homme. Contre son petit frère de ne pas avoir fait ce qu'il fallait pour mettre son agresseur derrière les barreaux. Contre Sasuke de ne pas avoir réussi à le faire parler et contre Itachi de l'avoir arrêté tout à l'heure. Il était en colère contre le monde entier, mais plus que tout, il était en colère contre lui-même.
Il n'avait pas réussi à retrouver Naruto à temps et avait fait rentrer Itachi et Sasuke de force dans leur vie. Il n'avait tout simplement pas réussi à tenir sa promesse envers leurs parents : protéger Naruto. C'était de sa faute. Tout était de sa faute.
Sasuke regarda la tristesse remplacer la colère sur le visage de Yahiko et son frère les soutenir silencieusement. Il se demanda un instant ce que lui dégageait aux yeux des autres. Il baissa la tête, fixant sans vraiment les voir, les aliments devant lui. Cette altercation lui avait ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Dire qu'apprendre le passé de Naruto l'avait choqué serait un mensonge. Depuis le mois de mai et les comportements extrêmes que son amant adoptait sur le sexe ou autres sujets, il s'en doutait. Seulement, s'en douter ne voulait pas dire être sûr et avoir la confirmation d'une telle chose l'avait chamboulé.
La culpabilité revint à grands pas en sachant qu'il avait agi comme cet homme, il l'avait forcé, même inconsciemment, à faire des choses qu'il ne voulait pas. Le doute s'initia quand même. Était-ce vraiment une chose qu'il réfutait complètement ? À en juger par le comportement qu'il avait adopté en voyant son père adoptif, il hésita. Est-ce qu'il allait vraiment laisser cet homme le toucher ? Est-ce qu'il allait vraiment mettre un terme définitif à leurs relations ? Tant de questions et personne pour y répondre. Il releva le visage en entendant le garde parler au téléphone, Sai, l'enfant, fut abordé puis il raccrocha. Ce prénom lui apporta un peu d'espoir. Il connaissait l'affection de Naruto pour les orphelins et cet enfant en était assurément un. Sachant que son amant transmettait la plupart de son argent à l'orphelinat pour éviter que des enfants soient adoptés par des hommes comme Danzo, il espérait au fond de lui que Naruto avait agi aussi salement pour protéger Sai d'une vie comme la sienne. Il devait s'accrocher à cet espoir parce que sinon il allait devenir fou. Le Naruto dans le couloir devait absolument être un leurre sinon toute son histoire avec le blond était un mensonge, Naruto serait un mensonge.
XxX
Le mois d'août commença quand les aiguilles de l'horloge mural indiquèrent minuit et Yahiko explosa :
- Vous n'avez pas honte ?
- Honte ? Répéta Fût.
- Oui honte ! Honte d'avoir laissé une telle chose se produire et laisser ce gosse se faire adopter.
L'homme émit un petit rire.
- Danzo-sama n'a pas touché le gamin et ne le touchera pas.
- Et qu'est-ce que vous en savez ? Il l'a déjà fait.
- Naruto-sama est revenu.
- Parce que vous croyez qu'il va rester avec vous ? Demanda Itachi.
- Évidemment, sourit le garde du corps. Vous l'avez vu, Naruto-sama est revenu auprès du maître de son plein gré.
Yahiko allait rétorquer, mais Fû enchaîne :
- Vous pensez vraiment que Danzo-sama aurait pris le risque de le laisser partir s'il n'était pas sûr que Naruto-sama reviendrait ?
- Comment ça ?
- Vous croyez qu'il aurait pu partir comme ça, sans que monsieur Shimura le sache ? Vous vivez dans quel monde ? Danzo-sama l'a autorisé à partir et Naruto-sama le savait. Et parce qu'il le savait, il était conscient qu'un jour, il devrait revenir à sa place.
- Sa place ?
- Reprendre sa place aux côtés de Danzo-sama, sa vie lui appartient.
- Vous délirez, insulta Yahiko.
- Vous verrez bien. Naruto-sama est resté pendant trois ans avec lui et ce soir, il est revenu sans hésitation alors, peu importe ce que vous pensez, je sais ce que je dis.
Fû baisse la tête et croisa les bras sur sa poitrine.
- C'est difficile à croire, mais il l'aime…
L'aîné Uzumaki n'eut pas le temps de demander s'il parlait du père adoptif ou de Naruto, que la porte derrière Fû coulissa brutalement et qu'il se fit plaquer à terre. Des hommes en uniforme rentrèrent en force, arme à la main. Tout le monde se fit pointer, mais seul Fû se fit mandater. Kakashi apparut parmi les policiers et s'adressa à eux sans perdre de temps :
- Tout le monde va bien ?
Ils hochèrent la tête dans un mouvement synchrone et un autre policier, arrivant dans la pièce, attira l'attention sur lui.
- Le petit est en sécurité, l'homme est menotté. On attend vos ordres.
- Amener l'enfant à l'orphelinat de Konoha et confier le à monsieur Umino. Les autres gagnent un aller simple en prison. Gemma, Hayate, toi et toi, vous me suivez. On rentre et on protège Naruto. Carte blanche pour maîtriser Shimura. Go !
Tout alla très vite. Après avoir enchaîné les mots, le groupe partit en trombe, laissant les Uchiha et Yahiko sur place. Les autres policiers relevèrent Fû et le firent sortir. Un agent leur demanda de les accompagner, mais ils refusèrent et suivirent le groupe pour retrouver Naruto.
En franchissement le seuil de la pièce, il découvrit Danzo en peignoir sur Naruto en train de l'étrangler. Le blond, les yeux fermés, agrippait les poignets, cherchant à faire lâcher prise son agresseur. Il était également en peignoir, mais ce dernier n'était plus attaché, laissant voir tout son corps. Kakashi, arme en main, la pointait sur la tempe du vieil homme.
- Je ne le répéterai pas une troisième fois, lâche le sinon je t'explose la cervelle et crois-moi, cette fois, Naruto ne m'en empêchera pas.
Il fit signe à ses collègues et ces derniers attrapèrent Danzo. Naruto toussa fortement et tenta de reprendre son souffle. Yahiko voulut s'approcher, mais un agent s'interposa, leur interdisant de bouger ou de parler au risque de faire un faux pas pour l'enquête.
- Danzo Shimura, vous êtes en état d'arrestation pour attouchement sur mineur, viol et maltraitance sur la personne de Naruto Namikaze-Uzumaki, votre fils qui était âgé de 13 ans au moment de faits.
L'homme se mit à rire.
- Vous n'avez aucune preuve.
Naruto se releva, faisant bien attention à se recouvrir de son peignoir, il se pencha au-dessus de son kimono soigneusement plié près de lui et plongea sa main sous les couches pour en ressortir son portable. Il n'en fallut pas plus à Danzo pour comprendre qu'il avait été enregistré. Une colère sans nom l'envahit et il se jeta sur Naruto.
- Crétins, attachez-le ! Hurla Kakashi.
Les policiers le chopèrent aussi vite qu'ils l'avaient laissé s'échapper, le plaquant au sol et le menottèrent, mais dans la manœuvre, le portable de Naruto s'écrasa au sol et Danzo lui arracha le peignoir. Le vêtement emporta avec lui le dernier secret de Naruto. Il dévoila un dos lacéré. Le temps avait cicatrisé la peau, mais de grandes cicatrices chéloïdiennes * rosées marquaient son dos. Tout le monde put entrevoir un début de tatouage, en effet le contour, d'un renard à neuf queues, emprisonnait chaque cicatrice sûrement dans le but de les cacher lors du remplissage.
- Si tu crois que c'est fini, tu te trompes, cracha Danzo, face contre terre.
Kakashi ordonna de l'amener, mais Naruto s'y opposa en récupérant le kimono de Shion, qu'il se remit sur le dos.
- Je veux entendre ce qu'il a à dire.
- Naruto, je ne pense pas que-
- Parle, le coupa le blond pour s'adresser à Danzo.
- Ça ne se passera pas comme ça. Un coup de fil et toute cette histoire finira comme y a 10 ans, dans l'oubli.
- Pas cette fois, affirma-t-il. J'ai tes aveux. Toutes les preuves sont contre toi.
- Mon argent les effacera. Vous croyez vraiment réussir à m'enfermer ? Tout le monde me connaît, personne ne prendra ce risque. Tout ça ne sert à rien.
- Tu te trompes, contredit Naruto.
- Et quand bien même. Qu'est-ce qu'il se passera après ? Tu penses que les cacher suffira ? Demanda Danzo en parlant des cicatrices. Peu importe ce que tu fais, où tu es et avec qui tu es, rien ne m'effacera. Tu es à moi, Naruto.
- Plus maintenant, j'en ai fini avec vous.
Le blond s'approcha de son père adoptif que les agents avaient redressé. Ce dernier abordait un sourire que l'Uzumaki voulait voir disparaître.
- À genoux, ordonna le fils et le père ricana.
- Tu as entendu ? À genoux, lança Kakashi à Danzo en le forçant à s'agenouiller d'un coup de pied dans l'articulation.
Le vieil homme tomba, son visage en direction du sol. Naruto lui demanda de le regarder, mais il n'obéit pas. Brusquement, il lui attrapa les cheveux à l'arrière du crâne et l'obligea à lui faire face.
- Tu as besoin des autres pour faire le sale boulot, tu n'es décidément pas à la hauteur de mon nom, se marra-t-il, mais Naruto continua de le regarder de haut alors il cracha : tu aimes, n'est-ce pas ? Me voir comme ça, dans la même position que tu avais tous les soirs ? Et maintenant, qu'est-ce que tu vas faire ? Hein Naruto ! Me forcer comme je le faisais ? Tu en as envie, je peux le voir.
- Oui, ne démentit pas le blond. Mais comme vous venez de le dire, j'ai besoin des autres alors je vais les laisser faire.
Danzo haussa un sourcil et Naruto s'expliqua :
- Comment croyez-vous qu'un pédophile est traité en prison ?
- Je n'irais pas et tu le sais.
- Ce que je sais… C'est que je dois vous remercier. Grâce à vous, j'ai appris que si on a de l'argent alors le monde nous appartient, de même que le sexe peut vous museler. Vous me disiez souvent que les gens seraient prêts à payer cher pour mon cul et bien, j'ai appris qu'ils étaient prêts à payer une fortune pour essayer. Vous comprenez enfin ? Demanda le fils à son père, qui commençait à faire le lien. Il y a quelques mois, j'ai tout arrêté, je voulais une autre vie, laisser ça derrière moi, avancer. J'étais même prêt à vous pardonner, mais cet enfant, Sai, je ne peux pas vous laisser lui faire la même chose qu'à moi, alors, sachez que chaque homme que j'ai baisé, avocat, juge, homme d'affaires et j'en passe, me soutiendront s'ils ne veulent pas que leur femme, enfant, famille ou travail, sachent leur secret. Quant à l'argent que je me suis fait grâce à ce cul que vous aimez tant, j'achèterais tous les autres. Vous m'avez fait surveiller ? Moi aussi. Je suis riche, bien plus que vous et avoir besoin des autres n'est pas une tare, bien au contraire. J'ai mis du temps à le comprendre, mais finalement je me suis entouré de beaucoup de monde, certains plus honnêtes que d'autres, mais tous prêts à me suivre.
- Espèce de-
- Alors, Oto-sama, suis-je enfin à la hauteur de vos espérances ? Est-ce que je mérite votre nom ?
Tout en prononçant ses derniers mots, Naruto s'était rapproché à quelques centimètres de son visage. La colère déformait le vieil homme et la satisfaction apparut sur le visage strié. Le blond le relâcha et Kakashi en profita pour ordonner de l'amener avec les autres. Avant de sortir de la pièce, sous les yeux de Yahiko et des Uchiha, il résista à la prise des agents et lança :
- Félicitations, tu es bien mon fils.
- Sortez-le ! Cria Kakashi.
Le policier se retourna vers Naruto et s'approcha prudemment, l'orphelin d'Iruka avait les yeux dans le vide, la phrase de Danzo semblait faire écho dans sa tête.
- Je ne suis pas comme lui, murmura-t-il plus pour se convaincre lui que les autres.
- Non, tu ne l'es pas, confirma Kakashi.
Ses yeux vides se posèrent sur le policier.
- C'est fini ?
- Oui, c'est fini.
Il n'en fallut pas plus pour que Naruto lâche prise, comme au ralenti, ses yeux se voilèrent puis se fermèrent et il bascula en avant. La voix de Yahiko résonna et Kakashi se précipita pour réceptionner le corps sans vie qui menaçait de s'écraser au sol. La panique s'installa, le policier essaya de le réveiller, vite suivi de Yahiko, mais rien, Naruto restait inconscient et immobile.
- Un médecin, vite ! Hurlèrent-ils.
Près de la porte, Itachi prit la main de son cadet et la serra avec force, autour d'eux l'agitation devenait floue, tout était flou…
XxX
Naruto se réveilla en sursaut, une main agrippant le drap devant lui. Il transpirait et tremblait de tout son corps. Il balaya la chambre des yeux, sa chambre et non celle de Sasuke. Il était seul, dans le noir et cette constatation lui provoqua un haut-le-cœur. Il se précipita dans sa salle de bains et vomit tout ce qu'il avait dans l'estomac. Il entendit quelqu'un entrer dans la chambre et essaya tant bien que mal de la regagner, espérant le retrouver… Il s'arrêta à la chambarder, une main dessus pour se tenir debout et regarda l'homme devant lui. Les larmes qu'il retenait depuis son réveil lui voilèrent les yeux et ses jambes cédèrent. Il s'écroula sur ses genoux et laissa l'eau envahir son visage. L'homme se précipita à terre et le prit dans ses bras :
- Ça va aller, je suis là, petit frère, je ne t'abandonnerais pas.
Les pleurs de Naruto redoublèrent, criant de désespoir. Oui Yahiko était là, mais pas Sasuke.
Petite note de l'auteur :
Et voilà, la fin de cette histoire que j'aime particulièrement. Je sais qu'il y a pas mal de zone d'ombre encore ou que vous la trouverez incomplète et je vais vous faire une proposition dans l'épilogue qui pourrait remédier ça. Je sais aussi qu'elle n'est pas parfaite et je suis la première dégoûtée mais j'espère qu'elle vous a quand même plut.
Je sens que certain(e)s vont me hair pour cette fin mais attendez l'épilogue, peut-être que …
Fû et Torune : souffifre de Danzo dans le manga
Sai : je me dis que s'il était rester enfant et n'avait pas perdu son grand frère il serait plus comme ça, plus expressif évidement
Pour les sentiments d'Itachi, Yahiko et Sasuke, j'espère que vous trouverez ça cohérent, je ne l'avais pas fait dans le précédent chapitre parce que je trouvais que leurs interrogations intérieures et réactions seraient mieux dans ce chapitre
* Cicatrice chéloidienne : je voulais laisse voir sur internet attention ne regarder pas les images affreuses juste celle où la peau est recouverte d'une fine couche rosé en relief (NDC : Wikipédia suffit largement)
Merci à Sonnyus pour la correction ^^
Bisous bisous
