Moi : *en train de dormir*
Ryuga : Euh, Wonder ?
Moi : Gnééééééé ? Suis fatiguée TT_TT
Ryuga : Bah pourquoi ? T'es en vacances non ?
Moi : J'suis rentrée à 4H du matin vendredi soir…ou plutôt samedi matin du coup… On était chez des amis avec ma mère. Je suis crevée X(
Kyoya : *tout blanc, enroulé dans une couette* Estime-toi heureuse de n'être QUE fatiguée !
Moi : Mais… ? Kyo, t'es malade ?
Kyoya : Ouiiiiiiiii ! J'ai la crève ! La faute à qui, HEIN ?! è_é
Ryuga : *essaie de faire comme s'il n'était pas là*
Moi : Ah bah bravo Ryu ! -_-
Ryuga : Mais je pensais pas qu'il tomberait malade…
Kyoya : Tu m'as arrosé avec de l'eau glacée, tu t'attendais à quoi sérieux ?!
Ryuga : J'suis désolé Kyo…
Kyoya : T'as intérêt ouais.
Moi : Bon, je vous préviens tout de suite pour le chapitre d'aujourd'hui, c'est clairement pas la déconnade ! Au programme, du drama !
Kyoya : Prévoyez les cookies et le chocolat chaud pour vous remonter le moral. En parlant de ça, tu veux pas aller m'en chercher Ryu ? Tu me dois un peu ça, non ?
Ryuga : …Bon, c'est vrai que c'est de ma faute si t'es malade. *va dans la cuisine*
Moi : Tu m'fais le disclaimer Kyo ?
Kyoya : MFB n'appartient pas à Wonderinn.
Moi : Merci Kyo ! Bon chapitre n_n
Réponse aux reviews :
Marius : Je suis très fière de l'idée du Village Yu ! C'est l'une de mes meilleures idées de ces derniers temps n_n
Ah ça, le grand méchant de la fin Pacifiste est surprenant ! Faut pas se spoiler, sinon c'est moins drôle !
P.S : Traffy est très sympa…quand on partage les mêmes passions que lui, style la dissection sur être humain ! Si tu retrouves Zoro, dis-lui que mes scalpels sont prêts et que je n'hésiterai pas à m'en servir s'il me manque de respect ! Non mais ho Marimo, tu m'as prise pour qui ?!
NekoGardenFox : C'est pas gentil pour Bao ça ! T'es pas cool Mélanie ! XD
Napstablook est trop mignon, il est hyper attachant ! Je l'adoooooooooore n_n
Perso, j'adore « Mégalovania », mais c'est pas mon OST préférée ! Je préfère « Battle Against A True Hero », « Death By Glamour » mais SURTOUT « Hopes And Dreams » qui est mon OST préférée du cœur *v*
Tu trouves que Dashan est un énervé ? AH ! T'as pas encore vu le chapitre suivant ! XD
Pour moi, Kyoya est effectivement comme Castiel ! Il a un cœur de pierre en apparence, mais si tu brises la carapace, il y a un petit cœur en guimauve n_n
P.S : Hum…Mélanie…j'écrivais déjà des trucs sur la dépression, le suicide, tout ce genre de trucs…quand j'avais 12 ans. Non mais vraiment, je ne suis pas un exemple à suivre ^_^'
Ce matin, en me levant, j'ai ressenti un étrange malaise. Vous savez, comme une espèce de…mauvais pressentiment. Actuellement, je suis assis dans le bus, la tête appuyée contre la vitre en train d'écouter de la musique. J'essaie de me détendre, mais je me sens mal. Je suis inquiet pour Kyoya, sans raison apparente. La manière dont il est parti hier… C'était si bizarre. Il avait l'air d'avoir peur de partir. Ça, et puis les inquiétudes de Nile, la conversation avec son frère au téléphone… Non, définitivement je ne peux pas m'empêcher d'être inquiet. Quelque chose ne va pas dans la vie de Kyoya, et j'ai l'intime conviction que ça vient de son père. Mais qu'est-ce que je peux faire ? Je n'ai aucune preuve pour confirmer mes inquiétudes et en plus je ne peux pas me fier à 100% à mon jugement à cause de ma schizophrénie. Si ça se trouve, je fais juste de la parano, et ce ne serait pas vraiment étonnant.
Le bus s'arrête et je descends avec un profond soupir. Je vais jamais réussir à tenir cette journée si je suis dans cet état-là…
-Déjà que t'es pas bien enclin à suivre des cours quand ça va bien ! Ricane Skull.
Oh toi, ta gueule. Franchement, c'est pas le moment ! Tu veux pas plutôt aller pourrir Sugar dans un coin ? Espèce de chieur.
-Hé ho, c'est pas très gentil ça ! Et juste, je te le rappelle : mon but c'est de te casser les couilles ! S'exclame-t-il avec une joie insupportable.
Je sens que je suis parti pour une journée de merde moi. J'esquive les gens avec mon visage des mauvais jours et monte jusqu'à ma salle. Le couloir est vide, comme toujours, à l'exception de deux mecs devant ma salle de classe. Évidemment, ce sont Chris et Dynamis, collés comme à leur habitude. Mais…où est Kyoya ? D'habitude, il est là à cette heure-ci, attendant avec eux. Et voilà, je suis encore plus inquiet maintenant ! Je m'approche de mes deux amis avec un regard un peu éteint et, comme à chaque fois que je ne vais pas très bien, Dynamis sent que quelque chose ne va pas. Il lève la tête vers moi et me lance un regard soucieux.
-Ryuga, qu'est-ce qu'il se passe ? Me demande-t-il avec inquiétude.
-Je…je suis inquiet pour Kyoya, soupire-je en laissant tomber mon sac par terre. Vous ne l'avez pas vu ce matin ?
-Non désolé, pas ce matin, me répond Chris. Mais pourquoi tu t'inquiètes comme ça ? Il s'est passé quelque chose hier ?
-Il était un peu…il était pas comme d'habitude avant de partir, dis-je. Et puis j'ai rencontré son meilleur ami, qui est aussi son ex…et lui aussi il se fait du souci pour lui.
-Pourtant, tout avait l'air d'aller bien quand tu m'as appelé, marmonne Chris, comme s'il parlait pour lui-même.
-Tu crois qu'il a des ennuis ? Me demande Dynamis avec angoisse.
-Je…je ne sais pas… Je pense que oui…mais je n'en sais rien… soupire-je en commençant à faire les cent pas devant la porte de la salle.
Chris et Dynamis me regardent avec beaucoup d'émotions entremêlées. Tellement que je n'arrive pas à les discerner. Et en plus je suis stressé, ça n'aide pas… La sonnerie retentit et les couloirs se remplissent d'élèves. Gingka arrive en courant, les joues toutes rouges et un grand sourire sur le visage, accompagné de Damian qui a exactement la même expression. Ils étaient sûrement respectivement avec Madoka et Jack. Mais…ils perdent vite leur sourire en voyant nos mines déconfites à tous les trois. Ils n'ont pas le temps de demander ce qui ne va pas, un rire sifflé se fait entendre derrière nous. Oh bah oui, ma journée n'était pas encore assez pourrie ! Il manquait plus que lui !
-Tiens, ça n'a pas l'air d'aller très fort de bon matin, ricane Reiji avec un sourire pervers se dessinant sous ses mèches qui l'empêchent de voir.
-La ferme, réponds-je avec la voix la plus froide que je n'ai jamais eue.
-Eh bien, eh bien, dit-il en se balançant avant de s'interrompre pour ricaner. Ton petit-copain n'est pas là, alors tu n'es pas de bonne humeur ? Tellement mignon. Tellement…pitoyable et pathétique.
Comme on dit, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Je me retourne et attrape cet enfoiré désarticulé par le cou pour le plaquer contre le mur. Loin de le calmer, ça le fait rire. Fou à lier celui-là, pire que moi.
-Serre ta main Ryuga, chuchote Skull d'une manière froide. Oh, pas assez pour l'étrangler, mais lui écraser la trachée ce sera déjà bien. Fais lui passer l'envie de rire.
Je suis tellement en colère que ma raison semble se faire la malle, et je suis le conseil de Skull. Je resserre ma prise sur le cou de Reiji, pas bien épais, et son rire devient plus sifflé. J'ai envie de serrer jusqu'à ce qu'il ne rit plus du tout. J'ai envie de le faire taire. C'est un gringalet, et son cou est si fin que si je le voulais vraiment, je pourrais lui tordre le cou avec un coup sec. Et franchement…qui s'en plaindrait ? Tout le monde a peur de lui, tout le monde le trouve dérangé, et il l'est. Alors…pourquoi je ne le tuerais pas ? Il le mérite.
-C'est ça Ryuga, c'est exactement ça, murmure Skull sur un ton de psychopathe. Tue-le. Qui le regrettera ? Tu ne fais rien de mal.
-N-non ! Ryuga, n-ne fais pas ça ! Proteste Sugar sur un ton paniqué. T-tu peux p-pas tuer quelqu'un ! M-même si c'est…lui. S'il t-te plait ! Ressaisis-toi !
Je me sens tiré en arrière au moment où Sugar a fini de parler. Je me retourne et croise le regard violet de Chris, complètement choqué. Il me tient les bras comme s'il craignait que je n'essaie de lui résister, mais j'étais tellement perdu dans ma tête que je n'ai pas fait le moindre mouvement pour qu'il me lâche. Qu…qu'est-ce qu'il s'est passé ? Est-ce que…est-ce que je m'apprêtais vraiment à commettre un meurtre de sang-froid ? Je n'arrive pas à y croire… J'ai laissé le contrôle à Skull. Je l'ai laissé prendre le dessus sur…moi. Ça ne m'était jamais arrivé. Comment… ?
-T'es vraiment inssssssstable toi ! Me lance Reiji en massant son cou. J'essssssspère que t'aimes bien les médecins, parce que ta place est plutôt dans un hôpital psssssssychiatrique !
-T'es bien placé pour dire ça toi ! Lui répond Damian en le toisant.
-Je n'ai pas besoin de ton avis, petit traître, siffle Reiji avec froideur. Tu leur pourrissssssais la vie il n'y a pas ssssssssssi longtemps, et maintenant tu es ami avec eux. Tu me fais pitié.
-Je me fous de ce que tu penses de moi, dit Damian avec une haine palpable. Tu n'es qu'un monstre, une ordure de la pire espèce. J'hésite même à croire que tu es bien un humain. Tu es fou.
Le prof arrive à ce moment, coupant court à…ça. Tous les autres de la classe nous regardent, pour certains avec de la peur, pour d'autres avec de l'inquiétude, et pour d'autres encore une certaine satisfaction. Personne n'aime Reiji, alors ça ne dérange pas certains qu'il soit en mauvaise posture. Chris me tire à l'intérieur de la salle avec un regard inquiet et je le suis sans opposer la moindre résistance. Je suis encore trop choqué par mes propres actes. Qu'est-ce qui va pas chez moi ? Question rhétorique évidemment, je SAIS ce qui ne va pas chez moi ! Mais j'ai perdu le contrôle de moi-même…
-Vraiment, il est pas drôle Chris ! Râle Skull. Pourquoi il t'en a empêché ? Il le mérite, ce fils de pute !
-Skull, arrête ! T-tu veux que Ryuga t-termine en prison ou quoi ?! S'énerve Sugar, autant qu'il en est capable.
-Ouh là, mais c'est qu'il se rebelle l'autre ! Ricane Skull.
Je me laisse tomber sur ma chaise et met ma tête entre mes mains. J'ai envie de retourner me coucher dans mon lit et pleurer… J'en ai assez, je me sens pas bien. Rien ne va aujourd'hui ! Je veux juste être tranquille. Le prof commence son cours mais je n'écoute rien. Très étonnant, je sais. Je récupère discrètement mon téléphone dans ma poche et regarde l'écran pendant plusieurs secondes sans rien faire. Je me décide finalement à envoyer un message à Kyoya. Je dois savoir pourquoi il n'est pas là, je dois savoir s'il va bien. Je vais finir par m'en rendre malade…
« Mon cœur, ça va ? Pourquoi tu n'es pas là ? »
Je range mon téléphone et regarde mon cahier de cours ouvert. Je vais faire une crise cardiaque avant la fin de cette journée, j'en suis sûr. Une minute passe, puis deux, puis trois, et j'attends impatiemment de sentir mon téléphone vibrer dans ma poche. J'ai l'impression de mourir de l'intérieur… Enfin, au bout des cinq minutes les plus longues de toute ma vie, mon téléphone vibre doucement. Je le sors presque trop précipitamment, heureusement que le prof est de dos sinon je me serais grillé… Je regarde l'écran et…mon cœur se serre tellement fortement et brutalement que ça me fait un mal de chien.
« Hum…salut Ryuga. C'est pas Kyoya, c'est Kakeru, son petit frère. Enfin, je suis sûr que tu me connais donc ça sert à rien de te préciser ça… Mon frère…peut pas te répondre pour le moment. Hum…il faudrait que je te parle en fait… Je sais que tu as cours aujourd'hui, mais c'est important. Est-ce que tu peux me retrouver à la sortie de ton cours, devant le lycée ? Je suis pas…si loin. »
Kyoya…qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est pas normal que ce soit Kakeru qui ait son téléphone… Et en plus, le manoir de sa famille est un peu à l'écart de la ville. Alors…pourquoi Kakeru dit qu'il n'est pas loin ? Ils…ils ne sont pas chez eux ? Je ne sens vraiment pas cette histoire. Je me sens vraiment mal. Je dois parler à Kakeru. J'en ai rien à branler des cours, je m'en fous de sécher cette journée ! Kyoya est plus important que ça, bien plus important.
« Bien sûr que je peux. Je serai là. »
Je vais imploser je crois. J'ai envie de sortir tout de suite de la salle, mais il reste encore 45 minutes de cours… Je ne tiendrai jamais. Tout mon être est en train de me crier qu'il est arrivé quelque chose de grave à Kyoya et que je n'ai rien à faire ici. J'avais raison d'être inquiet, j'avais tellement raison ! Mon cœur va éclater dans ma poitrine.
Les 45 minutes me paraissent interminables, je ne fais que regarder par la fenêtre et fixer mon cahier. Quand enfin la cloche sonne, mes affaires sont déjà remballées depuis un moment et je suis le premier à sortir. En courant. Évidemment. Mes amis doivent se demander ce qui me prend, mais ils vont finir par faire le rapprochement avec ce que j'ai dit avant de rentrer en classe. Je dévale les escaliers du lycée en bousculant plein d'élèves et cours jusqu'à la sortie. Près de la sortie, assis sur un banc, il y a un garçon aux cheveux verts coiffés en V qui fait le marteau-piqueur avec sa jambe. Il a des piercings sur l'oreille droite…et des yeux aussi bleus que ceux de Kyoya. Kakeru ressemble vraiment comme deux gouttes d'eau à son grand frère…
Kakeru me remarque et me fait un petit signe de la main. Il a deux téléphones, l'un dans sa main droite et l'autre posé sur sa jambe. Son téléphone…et celui de Kyoya… Je le rejoins et m'assois près de lui. Ses yeux…je ne le voyais pas de loin, mais ils sont rougis et il a des cernes. Il a pleuré, et n'a sûrement pas beaucoup dormi. Est-ce qu'il a dit à mon frère que…ça n'allait pas ? Il n'est pas au collège, alors Ryuto doit être inquiet. Je préfère quand même qu'il ne voie pas son petit-ami dans cet état-là, ça lui briserait le cœur…
-Ce…j'aurais préféré qu'on se rencontre dans…d'autres circonstances Ryuga, souffle Kakeru en levant la tête vers moi.
-Moi aussi Kakeru, moi aussi… soupire-je.
-…Je sais que tu te demandes…pourquoi c'est moi qui aie le téléphone de mon frère. Et je sais que tu veux savoir pourquoi il n'est pas là. Mais…tu redoutes la réponse, pas vrai ?
-C'est exactement ça.
-Kyoya…il est…il est à l'hôpital. C'est pour ça que je t'ai dit que j'étais pas loin du lycée, l'hosto est pas si loin d'ici, moins que ma maison en tout cas…
Je ne sens plus mon cœur battre. J'ai l'impression que tout mon sang vient de quitter mon corps. J'ai froid, et j'ai des vertiges. Non…non c'est pas possible. Kyoya…à l'hôpital ? Non… Pourquoi ? Je m'inquiétais, j'imaginais le pire…mais je n'imaginais pas ça. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tout allait si bien hier, alors pourquoi il se passe ça ? Qu'est-ce que lui ou moi…on a fait pour mériter ça ?
-Je sais que c'est stupide comme question…mais ça va ? Me demande Kakeru en posant sa main sur mon épaule.
-J'ai eu des jours meilleurs, réponds-je en sentant mes yeux me piquer et ma voix vriller un peu. Qu'est-ce qu'il s'est passé Kakeru ?
-Chute dans les escaliers, soupire Kakeru. Chez nous, les escaliers sont immenses alors…la chute a été longue. Le médecin a dit…qu'il avait déjà de la chance de ne pas s'être brisé la nuque en tombant.
D'horribles frissons me secouent et j'ai soudain envie de vomir. Il aurait pu mourir… Je ne veux pas penser à ça ! Non. Le plus important, c'est qu'il ne l'est pas.
-Et…c'est grave ? Je ne veux pas remuer le couteau dans la plaie…mais j'ai besoin de savoir… souffle-je en retenant mes larmes comme je peux.
-Je comprends Ryuga, et je t'assure que tu ne remues pas le couteau dans la plaie, me rassure Kakeru avec un petit sourire bienveillant. C'est…c'est assez sérieux, mais ça aurait pu être largement pire. Il a plusieurs côtes fêlées et un léger trauma crânien, ça c'est pas trop grave…mais il doit rester à l'hôpital une ou deux semaines, suivant s'il se rétablit vite ou non. Sa…sa rate a failli exploser…
-Euh…sa quoi ? Désolé, je dois te paraître idiot mais je…je n'ai pas une bonne mémoire. Et puis les cours d'anatomie, ça remonte…
-Je sais, c'est à cause de ta schizophrénie. Kyoya me l'a dit, il ne me cache rien. Je crois…que je suis la seule personne à qui il accorde sa confiance aveugle. Enfin, il y a toi maintenant, et c'est très bien comme ça. Euh…pardon, j'ai digressé ! La rate, c'est un organe situé en-dessous des côtes, du côté gauche. C'est pas un organe vital mais beaucoup de sang y circule et si elle explose…c'est l'hémorragie interne…
Je n'tiens plus. C'est trop dur, j'ai les nerfs qui craquent. J'ai fait tout ce que j'ai pu, mais je ne peux plus retenir mes larmes. Je me mets à pleurer, ça faisait longtemps tiens… Pleurer en silence…c'est la pire manière de pleurer. C'est celle qui montre qu'on a vraiment mal. J'en peux plus…
-Est-ce que…je pourrai aller le voir ? Demande-je en empêchant ma voix de trembler.
-Oui, il dort depuis hier mais il est pas dans le coma, il est conscient, me répond Kakeru en jouant avec le téléphone de Kyoya dans ses mains.
-Hier ? Répète-je. C'est hier qu'il est tombé ?
-O-oui, c'était hier mais il…il est pas tombé…
-Attends…quoi ? Je ne te suis plus là… Tu me dis que c'est à cause d'une chute dans les escaliers qu'il est à l'hôpital, mais tu me dis qu'il n'est pas tombé…
Kakeru me regarde et ses yeux deviennent humides. Il regarde le téléphone de son frère et se met à pleurer. Moi qui pensais avoir eu ma dose de tristesse et de souffrance pour la journée… Ça n'a pas l'air de vouloir se finir. Je tends la main pour lui frotter l'épaule et le réconforter et il pose sa main sur la mienne.
-C'est…c'est pour ça que je voulais te voir Ryuga, me dit Kakeru en s'essuyant les yeux. Kyoya ne voulait pas que je t'en parle, mais j'en ai marre de garder un secret aussi lourd que ça. Et puis tu as le droit de savoir ! Tu dois le savoir. Il est pas tombé…on l'a poussé…
-P-poussé ? Mais qui aurait pu le pousser ? Demande-je, les yeux écarquillés par le choc. Vous étiez chez v…
Les mots se coincent dans ma gorge. Les éléments viennent de se rassembler. Non…ça ne peut pas… Ce n'est quand même pas… ? Non…
-T'as deviné, pas vrai ? Soupire Kakeru avec une voix brisée. C'est notre…notre père qui l'a poussé dans les escaliers. Et oui, c'est aussi lui qui lui a déboité le poignet. Toutes ses blessures…c'est toujours notre père…
Je me sens tourner la tête, je crois que si j'étais plus fragile je tomberais dans les pommes. C'est pour ça qu'il en parlait tout le temps… Il…je crois qu'il voulait me dire la vérité…mais qu'il n'en a jamais trouvé le courage. Il n'y arrivait pas… Et la chanson de lundi… Il n'arrivait pas à le dire directement, alors il essayait de le faire comprendre autrement. Mais je n'ai pas compris… Je n'ai pas su comprendre… Je me hais. Je n'ai pas été foutu de remarquer que mon petit-ami se faisait maltraiter par son père. Je me sens mal…
-Je t'en prie Ryuga, ne te sens pas coupable ! Me supplie Kakeru en s'accrochant à mon bras. Il a toujours tout fait pour le cacher. Il ne voulait pas que ça se sache et il…il voulait régler ça tout seul ! Je lui ai toujours dit que c'était stupide mais…je ne sais pas, il voulait s'en sortir tout seul. Dans tout ce qu'il faisait… Il est comme ça…
-J'ai surpris…votre conversation au téléphone hier, avoue-je. Tu avais l'air tellement inquiet…
-Notre père…est pas quelqu'un de très ouvert, marmonne Kakeru. Ce qui est très compliqué à gérer vu que Kyoya et moi, on est gays tous les deux… Quand mon frère sortait avec Nile, ça l'énervait de devoir se cacher. Et puis…Père a commencé à les trouver trop proches l'un de l'autre, il disait que Nile déconcentrait trop Kyoya et que son travail scolaire en souffrait. Il lui a donné un ultimatum : soit ils se voyaient beaucoup moins, soit il enfermait Kyoya à la maison pour être sûr qu'ils ne se voient plus…
-Oh…c'est pour ça qu'il a décidé de mettre fin à leur relation… souffle-je.
Non mais c'est quoi ce délire ? Il est complètement taré leur père ! Il maltraite son fils aîné et il menace de le séquestrer ?! Mais enfermez-le ! Comment Kyoya a pu supporter de vivre comme ça ?
-Depuis que vous sortez ensemble, mon frère a recommencé à…ressentir cet énervement à l'idée de devoir se cacher tout le temps, soupire Kakeru. Et hier…il a atteint ses limites. Il a décidé de dire à Père pour vous-deux. Et au final, il a déballé tout ce qu'il avait sur le cœur, je l'ai entendu. Il a dit qu'il ne voulait pas reprendre l'entreprise, qu'il en avait marre de vivre comme ça… Je suis sorti de ma chambre, j'ai entendu notre père lui hurlait qu'il n'était qu'un fils ingrat et je…je l'ai vu mettre un coup de pied à m-mon frère… Il est parti en arrière dans les escaliers…et arrivé tout en bas, il bougeait plus…
Okay, son père est définitivement un taré de la pire espèce. D'où tu essaies de tuer ton fils comme ça ?! Et qu'on vienne pas me dire qu'il ne voulait pas le tuer. Si tu jettes quelqu'un dans les escaliers, c'est que t'as l'intention de tuer cette personne.
Je comprends mieux ce que voulait dire Kyoya…quand il disait hier à Kakeru qu'il faisait ça pour moi. Pour qu'on ait pas à se cacher… Mais il a failli mourir pour ça. Qu'est-ce qu'il t'es passé par la tête Kyoya ? J'ai tellement d'émotions qui se bousculent en moi. Tout ce que je veux, c'est voir Kyoya. Je veux le voir. Je dois le voir ! Je dois le serrer dans mes bras. J'ai beaucoup trop peur pour lui…
-Kakeru…on peut aller voir ton frère ? Genre, maintenant ? Demande-je.
-Maintenant ? Bah oui mais…tes cours… hésite Kakeru.
-On s'en fout de mes cours, mon petit-ami est à l'hôpital. J'ai des priorités dans la vie !
-Ryuga…c'est la première fois qu'on se voit, mais je comprends déjà parfaitement pourquoi mon frère a craqué pour toi. Et je comprends mieux aussi pourquoi Ryuto est comme il est.
Kakeru me sourit et je lui rends son sourire. Il regarde l'heure sur son téléphone et m'emmène à l'arrêt de bus situé derrière le lycée. D'ici, on peut prendre le bus qui s'arrête près de l'hôpital.
Environ vingt minutes plus tard, Kakeru et moi descendons du bus. L'hôpital est comme tous les hôpitaux que j'ai vu dans ma vie : grand, blanc et oppressant. Kakeru me guide dans les couloirs jusqu'à la chambre de Kyoya. Il pousse doucement la porte et directement, j'ai envie de me boucher le nez à cause des odeurs de désinfectant et de médicaments et tout ce genre d'odeurs présentes dans un hôpital. Kakeru passe devant moi et me fait signe d'entrer. Mon cœur se met à me faire mal quand je vois mon petit-ami étendu ainsi sur un lit d'hôpital, branché à des machines et les yeux clos. Kakeru se laisse tomber sur la chaise à côté et essuie ses yeux qui recommencent à devenir humides.
-Il est comme ça depuis hier, gémit-il tristement. J'ai beau savoir qu'il n'est pas dans le coma…j'en ai tellement l'impression. Il ne s'est pas réveillé depuis que le médecin m'a autorisé à le voir…
Comme Kakeru est assis sur la chaise près du lit de Kyoya, moi je m'installe au bord du lit. C'est vrai que Kyoya…a l'air dans le coma. Je n'ai pas l'impression qu'il puisse se réveiller alors que c'est le cas. Je prends la main de mon petit-ami, celle sur laquelle il n'y a pas le…le truc sur son doigt qui est relié à l'électrocardiogramme. Ouais, je m'y connais pas trop en matériel médical… Sa main est froide, tellement froide. Je sais qu'il a tout le temps les mains froides, mais là elles le sont encore plus. Je serre sa main dans les miennes et…je n'arrive pas à me retenir de pleurer. C'est vraiment pas une bonne journée…
-Je suis désolé Kyoya, murmure-je. Je suis désolé de ne pas avoir compris. Je te promets que je ne laisserai plus jamais quelqu'un te faire du mal mon cœur, je te le promets.
Et à ce moment-là, je sens la main de Kyoya remuer doucement dans les miennes. Je relève mon regard doré un peu rougi par les larmes vers le visage de mon petit-ami. Ses paupières remuent légèrement. Il va se réveiller ! Kakeru se lève comme un ressort de son siège et regarde son frère avec des grands yeux. Kyoya finit par ouvrir les yeux, ses si beaux yeux bleus. Il balade son regard sur le plafond puis tourne la tête vers nous. Kakeru lui saute alors au cou, mais en faisant attention quand même.
-GRAND FRÈRE ! S'écrie-t-il en pleurant. J'ai eu tellement peur ! Tu te sens bien ?
Kyoya se redresse et serre son frère contre lui. Il voudrait y mettre toutes ses forces, je le vois bien, mais ses côtes fêlées l'en empêchent.
-P'tit frère… Je suis tellement désolé de t'avoir fait peur, s'excuse Kyoya. Je me sens…plus léger. Tout va mieux aller maintenant Kakeru. J'ai tout balancé au médecin à propos de Père. Il a appelé les services sociaux.
-Quoi ? Mais…tu dors depuis hier… Comment ? Demande Kakeru.
-Je me suis réveillé juste en arrivant dans le bloc opératoire, avant l'anesthésie générale.
-Faut que j'aille prévenir maman ! Elle est…complètement effondrée depuis hier. Je reviens !
Kakeru part comme une flèche dans le couloir, nous laissant Kyoya et moi tous les deux. On se regarde tous les deux pendant quelques secondes avant que mon petit-ami commence à sangloter.
-Pardon Ryuga, je suis désolé… s'excuse-t-il une nouvelle fois. Je sais que je t'ai fait peur, je suis…sûr que tu m'en veux de t'avoir caché une chose pareille mais…
Je ne le laisse pas terminer et je le serre dans mes bras. J'ai eu trop peur, tellement peur de le perdre, mais il est là. Je le tiens, et je ne le laisserai plus jamais risquer sa vie comme ça. Je tiens trop à lui.
-Ne dis pas de connerie mon cœur, je ne t'en veux pas du tout, lui dis-je. J'ai juste eu peur, tellement peur. Et quand ton frère m'a raconté tout ce que faisait ton père… Je m'en suis voulu de ne pas avoir compris plus tôt ce que tu subissais.
-J'ai…j'ai hésité à te le dire tellement de fois, mais je n'y arrivais pas… soupire mon petit-ami. Je voulais régler ça tout seul…et j'avais pas envie que tu t'inquiètes. Mais je suis soulagé que ce soit fini… Ça me crevait le cœur de te mentir, de te dire que je me battais en dehors des cours pour cacher le fait que mon père était violent. J'ai eu la sensation de te trahir…
-On s'en fout, maintenant c'est fini. Je laisserai plus jamais quelqu'un te faire du mal. Encore moins quelqu'un qui est censé t'aimer.
-Ryuga…je t'aime. Je t'aime tellement…
-Moi aussi je t'aime Kyoya.
Je prends le visage de Kyoya dans mes mains et l'embrasse tendrement. Mon cœur reprend enfin un rythme normal, au lieu de battre comme bon lui semble ! J'ai passé un sale début de journée, un peu de douceur ça ne fait pas de mal. Kyoya brise le baiser au bout d'un moment et se serre dans mes bras. On reste comme ça pendant plusieurs minutes, simplement heureux d'être à nouveau réunis et sûrs de ne plus être séparés. Kyoya m'explique comment son père avait réussi à lui déboiter le poignet, et surtout pourquoi. En réalité, Kyoya avait menti à son père pour pouvoir venir chez moi et faire mon DM de maths...et autre chose, du genre se servir de moi comme oreiller et m'envoyer des messages subliminaux pas très subliminaux. C'est pour ça qu'il lui avait demandé de rentrer plus tôt que prévu, il s'était rendu compte qu'il avait menti. Et pour le punir, il lui a attrapé le poignet et lui a cogné à plusieurs reprises contre le plan de travail de la cuisine, ce qui explique le nombre ahurissant de bleus qu'il avait. Une question me brûle la langue, mais je ne sais pas si c'est une bonne idée de la poser… Non, il faut que je la pose. J'ai besoin de savoir, et je ne veux plus qu'il y ait de secrets entre Kyoya et moi, surtout au niveau de sa famille.
-Kyoya…et ta mère dans cette histoire ? Demande-je en lui caressant les cheveux. Elle…n'a jamais…rien remarqué ?
-C'est compliqué… soupire Kyoya, sa tête contre mon torse. En fait…ma mère est dépressive. Et la dépression, c'est un peu comme la schizophrénie…
-Il y a des jours avec, et des jours sans, c'est ça ?
-Oui, et ma mère a plus souvent des jours sans que des jours avec. Alors j'ai toujours tout fait pour qu'elle ne sache pas ce que mon père me faisait. Mais…je suis persuadé qu'elle s'en était rendu compte… C'est une mère, les mères savent toujours tout. Mais j'ai peur pour elle… Elle est fragile émotionnellement. Je ne sais même pas…si elle pourra s'occuper de mon frère et moi vu que Père va aller purger une belle peine de prison.
-Qu'est-ce que tu veux dire mon cœur ?
-Elle va sûrement passer pas une mauvaise période. Et dans ses mauvaises périodes…elle est pas vraiment en état de s'occuper de nous. Et puis en plus, avec les services sociaux, ça va être long tout ce bordel…
-Si tu as besoin, moi je suis là.
-Même si on vient squatter chez toi pendant un petit moment mon frère et moi ?
-Bien sûr mon cœur. J'ai une chambre d'ami, faut bien qu'elle serve à quelque chose ! Et toi, tu as ta place toute désignée dans mon lit.
Kyoya rigole et se serre encore plus contre moi. Je me sens beaucoup mieux, mais alors à un point ! J'ai envie de rester comme ça avec lui toute la journée, mais les bruits de pas de course s'approchant de la porte m'indiquent que ça va pas durer aussi longtemps que je le voudrais… La porte s'ouvre assez violemment et une femme en tailleur entre avec un visage paniqué. Ses longs cheveux noirs sont ramenés d'une manière très élégante sur son épaule gauche et elle a les mêmes yeux bleus que Kyoya et son frère. C'est donc elle leur mère. C'est une très belle femme en tout cas. Elle me regarde avec surprise mais bienveillance.
-Désolée d'être arrivée comme ça, mais…je suis une mère inquiète, dit-elle en s'adressant à la fois à Kyoya et moi.
-Je sais maman, mais je vais mieux, lui répond mon petit-ami avec un sourire sincère mais un peu fatigué.
-Et qui est le charmant jeune homme à côté de toi, mon ange ? Demande la mère de Kyoya avec un grand sourire. Je ne crois pas avoir eu le plaisir de le rencontrer.
Kyoya lève les yeux au ciel mais rougit légèrement. Je suis soulagé, sa mère a l'air d'être dans un bon jour.
-C'est…c'est mon petit-ami maman, finit par lui répondre Kyoya. Il s'appelle Ryuga, il est dans mon lycée.
-Ah ça, je m'en doute bien ! S'exclame-t-elle avec attendrissement. Je ne voudrais pas me montrer trop indiscrète Ryuga…mais tu n'as pas cours à cette heure-ci ?
-Si, mais j'ai des priorités et un petit-ami à l'hôpital ça passe avant les cours, dis-je en serrant la main de Kyoya dans la mienne.
La mère de Kyoya me regarde une nouvelle fois avec surprise, puis sourit. Ses yeux deviennent un peu humides et elle vient vers moi. Elle me serre dans ses bras et me remercie d'être là pour son grand garçon. Woh…comment une femme aussi adorable et aimante a pu finir avec un homme comme le père de Kyoya ? Je ne sais pas, mais de toute façon ce n'est pas important. Ce qui importe, c'est que mon petit-ami soit sain et sauf. Je resterai auprès de lui jusqu'à ce qu'il aille mieux. Je l'aime tellement, je ne pourrai pas vivre sans lui…
Moi : Fin du chapitre n_n
Ryuga : Est-ce qu'un jour tu arrêteras de faire du mal physiquement à Kyo ?
Moi : Je sais pas, mais je pense pas ^^
Kyoya : *avec un chocolat chaud et des cookies* Chienne de vie. Putain, que j'ai froid…
Moi : Dans quel état tu nous l'as mis Ryu ! -_-'
Ryuga : Bon bah ça va ! Remue pas le couteau dans la plaie…
Kyoya : Froid, froid, froid, tellement froid…
Moi : Ah au fait, vous aurez le droit à un OS pour Noël ! Je le poste mardi n_n
Ryuga : Le contraire m'aurait étonné…
Kyoya : Ryuuuuuuuu, j'ai froid !
Ryuga : JE SAIS, TU LE RÉPÈTES EN BOUCLE DEPUIS HIER SOIR ! J'AI COMPRIS, MERDE !
Kyoya et moi : O_O
Ryuga : …
Moi : Ryu…tu veux pas un chocolat chaud toi aussi ? Je sens que t'en as besoin là…
Ryuga : Je suis pas contre…
Moi : Bon bah, laissez des reviews et à mardi pour l'OS de Noël ! Moi je vais faire des chocolats chauds ! Salut ^^
Ryuga : *se laisse tomber dans le canapé* Salut.
Kyoya : *se blottit contre Ryuga* Froid putain, froid…
Ryuga : *rougit un peu*
