Merci à tous ceux qui ont encore laissé des reviews. Cela me fait extrêmement plaisir! On m'a aussi demandé combien il restait de chapitres avant la fin et honnêtement, je ne peux pas répondre. Mais nous sommes vraiment proches de la fin. Alors je dirais peut-être encore deux? trois? Bonne lecture.

Troisième Age- août 3019 :

Minas Tirith :

Tauriel se regarda dans le grand miroir sur pied et soupira. Elle semblait faire face à une inconnue. Soudain, quelqu'un frappa à la porte.

-Entrez ! fit-elle avant de voir la tête d'Arwen émerger derrière le battant de bois.

-Besoin d'aide ? proposa la reine avec un grand sourire.

-Oui, je veux bien, répondit Tauriel en soupirant.

L'épouse d'Aragorn s'approcha d'elle. Elle était plus que satisfaite du choix qu'elle avait fait pour Tauriel : une magnifique robe d'un rouge profond avec de fines broderies d'or sur le corsage, entrelacs de feuilles et de fleurs. De longues manches fluides couvraient ses bras et une fine ceinture de cordelette dorée ornait sa taille. Le décolleté était délicat mais sensuel, sublimant de façon parfaite la pâleur subtile de la poitrine de la jeune femme elfe.

-Je vous remercie pour cette tenue Arwen, même si je ne peux pas dire que je suis des plus à l'aise dans cette robe, avoua Tauriel. Je n'ai pas l'habitude de me voir vêtue ainsi.

-Et je pense que beaucoup de monde va être très étonné également tout à l'heure en vous voyant !

Le visage de Tauriel se décomposa soudain. Arwen leva les mains devant elle en guise d'excuse.

-Non ! Je veux dire ! Vous êtes absolument éblouissante!

-Vous exagérez, soupira la femme elfe.

Arwen adressa à son amie un sourire complice.

-Je pense que vous vous sous-estimez mon amie. Je vous rappelle que vous êtes une femme avant d'être un soldat… Tenez, laissez-moi vous aider avec son coiffure. Asseyez-vous.

Tauriel s'exécuta et la fille d'Elrond passa la demi-heure qui suivit à tresser délicatement la chevelure de feu de la femme elfe.

-Il ne manque plus qu'une chose, décréta Arwen, une fois sa tâche achevée.

La reine se dirigea vers la petite boite posée sur le lit de Tauriel et l'ouvrit. Elle en tira une magnifique tiare elfique aux ciselures délicates. Elle ressemblait beaucoup à celle qu'elle-même portait mais celle de Tauriel était sertie d'une toute petite émeraude en forme de larme sur la partie frontale.

-Dame Galadriel n'aurait jamais dû m'offrir cela. C'est trop…

Arwen revint vers Tauriel et ajusta le bijou sur la tête de son amie. Puis elle recula de quelques pas pour apprécier le résultat. Elle ne put s'empêcher de sourire à nouveau.

-Je suis heureuse que ma grand-mère vous l'ait donné. Elle y tenait beaucoup. Et vous savez que ma grand-mère ne fait jamais rien sans raison.

Tauriel se regarda à nouveau dans le miroir.

-Il est magnifique. J'aurais aimé avoir l'occasion de la remercier avant qu'elle ne parte. La revoir une dernière fois…

-Moi aussi, soupira Arwen en serrant la main de son amie dans la sienne.

OooooO

Les fanions brodés de l'arbre blanc du Gondor flottaient doucement sous les tendres caresses de la brise du Sud. L'arbre orignal projetait son ombre protectrice sur la place. La frondaison verdoyante du symbole de la royauté de Minas Tirith allait abriter l'échange des vœux d'Eowyn et Eomer. Aragorn allait unir ses deux amis devant toute la population de la cité. La chaleur du soleil d'été réchauffait les corps et les cœurs. L'air embaumait du parfum des fleurs fraîches et partout dans la foule rassemblée sur la place, les visages étaient souriants et apaisés.

Le roi se tenait debout devant le grand chêne avec Faramir à ses côtés. Le fils de Denethor avait beaucoup de mal à masquer à la fois son impatience et sa joie. Tout le monde attendait la future mariée.

Soudain, les trompettes se mirent à sonner pour annoncer l'arrivée d'Eowyn. Elle sortit enfin du palais, au bras de son frère Eomer. Elle était magnifique dans sa robe de soie fluide couleur crème. Faramir en eut le souffle coupé. Ses cheveux étaient subtilement bouclés et ses mèches folles virevoltaient autour de son visage radieux. Une couronne de minuscules fleurs d'ivoire ceignait sa tête rivalisant de pureté avec le nacre de sa peau. Elle était telle que Faramir l'avait imaginée dans ses rêves les plus fous. La fière, farouche et splendide dame du Rohan prête à lui offrir son amour, son cœur, sa vie.

Eomer descendit les marches avec sa sœur pour rejoindre le centre de la place. La foule avait d'elle-même constituée une haie d'honneur pour admirer les héritiers de Théoden se diriger vers le roi du Gondor.

Legolas était placé au premier rang. A ses côtés, se tenaient dame Eruvande et ses compagnons de route. La femme elfe était absolument éblouissante. Elle possédait la beauté mystérieuse des Eldars. Tous les mortels autour d'elle ne pouvaient que s'extasier devant sa grâce et ses traits frôlant la perfection. Sa robe couleur d'azur soulignait sa silhouette parfaite et sublimait le bleu de ses yeux d'une façon extraordinaire. Legolas était vêtu d'une élégante tunique vert d'eau satinée. D'ailleurs, voir ce splendide couple d'elfes dans la lumière de cette magnifique journée d'aout avait tiré moults soupirs attendris de la part des dames de Minas Tirith.

La foule était nombreuse sur la place et tous se pressaient pour apercevoir la mariée. Arwen suivait derrière Eowyn et Eomer. Elle se glissa auprès de son époux quand le roi du Rohan et sa sœur arrivèrent enfin au pied de l'arbre.

Legolas sentait la chaleur du bras d'Eruvande contre le sien. Pourtant ce doux contact ne parvint pas à effacer le froncement de sourcils qu'il arborait depuis plusieurs minutes.

Mais où était-donc Tauriel ?

Il tenta de scruter l'assemblée mais l'elfe sylvestre demeurait introuvable.

Eomer confia sa sœur à Faramir et cette dernière eut du mal à cacher son émotion quand elle posa sa main sur celle de son futur époux. Les deux jeunes gens pivotèrent pour faire face à leur souverain et la cérémonie commença.

-Nous sommes tous réunis en cette merveilleuse journée pour assister à l'union de deux personnes chères à mon cœur, commença Aragorn.

Legolas ne voyait Tauriel nulle part et commençait à s'inquiéter. Etait-elle partie ? Il tourna la tête vers Eruvande qui lui adressa un sourire radieux. Il ne put faire autrement que lui rendre la pareille mais il se hâta de reporter son attention sur les futurs époux qui échangeaient à présent leurs vœux.

-Moi, Eowyn, fille de Theodwyn et Eomund du Rohan, te jure amour, fidélité et loyauté jusqu'à ce que la mort nous sépare.

-Et moi, Faramir, fils de Denethor et de Finduilas du Gondor, te jure amour, fidélité et loyauté jusqu'à ce que la mort nous sépare.

Un murmure parcourut l'assemblée tandis qu'Aragorn enroulait un fin ruban d'argent autour des mains jointes de ses deux amis.

-Vous êtes à présent unis devant les dieux et les hommes, déclara-t-il.

Les cris de joie et les applaudissements éclatèrent alors tout autour d'eux. Faramir posa sa main sur la joue de sa femme et l'embrassa tendrement sur les lèvres. Eowyn rougit légèrement mais, toute à son bonheur et contre toute attente, elle s'agrippa au cou de Faramir et se colla à lui pour approfondir leur baiser. Cette fois, ce fut au tour du fils de Denethor de rougir alors que, forcé de s'écarter enfin de son épouse pour reprendre son souffle, il vit Aragorn et Arwen échanger un petit rire complice.

-A présent, que la fête commence ! s'écria Aragorn avant d'offrir son bras à Arwen. Les mariés suivirent derrière le couple royal qui se dirigea vers le palais. Les tables avaient été dressées à l'intérieur et jusque dans la cour pour les festivités. Aragorn et Arwen étaient assis à la droite de Faramir tandis qu'Eomer et Legolas étaient à la gauche d'Eowyn. Le reste des convives continuaient d'entrer dans le palais pour rejoindre leur siège. Legolas scrutait chaque visage qui passait le seuil. Dame Eruvande s'était retrouvée de l'autre côté, près de dame Arwen. L'elfe n'avait pas l'air vraiment ravie d'être si éloignée du prince de Mirkwood. Les rires et les chants commençaient à emplir la salle. Le vin coulait à présent à flot. Les cœurs étaient légers, célébrant dignement le bonheur des nouveaux époux.

Face aux mariés, les tables avaient été placées perpendiculairement pour accueillir le maximum de monde. Soudain, le brouhaha et les éclats de voix laissèrent place à un étrange silence ponctué de murmures et chuchotements. Tous les visages de la table principale se tournèrent vers l'entrée de la salle quand Tauriel fit son apparition sur le perron. Aragorn écarquilla les yeux. Eomer qui s'apprêtait à porter son verre à sa bouche, se figea instantanément. Arwen et Eowyn échangèrent un regard satisfait. Legolas sentit son cœur prêt à exploser dans sa poitrine.

Elle était magnifique. Elle s'était arrêtée à l'entrée de la salle, baignée dans une flaque de soleil. La lumière de l'astre du jour accrochée à ses mèches cuivrées semblait vouloir enflammer toute sa chevelure. Legolas détailla son visage fin, sa gorge délicate, l'ourlet de ses lèvres comme s'il voulait graver à jamais cette vision enchanteresse dans sa mémoire…

Pourtant, Tauriel avait l'air perdue et mal à l'aise. Elle n'avait aucune idée de ce qu'elle pouvait dégager à cet instant précis, féerique dans cette lumière incandescente. Eomer, lui aussi, avait du mal à redescendre sur Terre. Il porta finalement son gobelet à ses lèvres et le vida entièrement. Tauriel se décida enfin à rejoindre sa place, face à la table principale, sous les regards admiratifs. Puis les discussions et les éclats de rire reprirent de plus belle.

Au bout de quelques minutes, la jeune femme osa enfin tourner la tête. Legolas la dévisageait d'un air émerveillé. Les prunelles d'azur transpercèrent les siennes. Elle sentit un frisson la parcourir de la tête aux pieds sans pour autant parvenir à se soustraire au regard magnétique de son prince. Plus personne n'existait autour d'eux. Ils demeurèrent ainsi, s'observant l'un l'autre sans bouger pendant ce qui leur sembla une éternité, quand la voix d'Aragorn brisa le charme.

-Je lève mon verre à la santé des nouveaux mariés, déclara-t-il, tandis que tous les convives l'imitèrent au milieu des hourras.

OooooO

-Me feriez-vous le plaisir de venir danser avec moi?

Eruvande se tenait soudain debout près de lui. Appuyé contre une des colonnes de la salle, Legolas observait les couples évoluer avec grâce au son des flûtes et des violons. La musique des hommes était définitivement beaucoup plus rythmée et entrainante que les mélodies elfiques.

-La danse n'est pas vraiment mon fort… répondit-il en souriant.

La femme elfe allait insister quand Aragorn se planta soudain devant eux.

-Madame, me feriez-vous l'honneur ? proposa-t-il en tendant sa main vers l'Eldar.

Eruvande accepta son invitation avec un sourire poli et tous deux rejoignirent le flot des danseurs. Legolas soupira. Au milieu des couples tourbillonnant en cadence, Eomer et Tauriel étaient en train de rire aux éclats. Le roi du Rohan avait sa main posée sur la taille de la jeune femme pour la faire tournoyer avec légèreté. L'elfe sylvestre semblait s'amuser en compagnie du Rohirrim. Arwen avait choisi Faramir pour cavalier, tandis qu'Eowyn dansait avec un des cousins de son mari. Le prince de Mirkwood se mit à penser à son ami Gimli. Le nain aurait sans aucun doute beaucoup apprécié les festivités. Legolas se prit à regretter l'absence de son ami alors que son regard s'attardait sur Tauriel et son sourire ensorceleur. Mais tout d'un coup il lui sembla que l'air lui manquait. Il tourna les talons et sortit de la salle du trône. La fraîcheur du soir lui fit du bien. Il inspira profondément et se dirigea vers un des escaliers latéraux. Le balcon sur lequel il arriva était un peu en retrait. De là où il était, il avait une vue imprenable sur la fête et surtout, il se retrouvait enfin seul. Le parfum des fleurs flottait encore dans l'air. Le ciel bleu avait laissé place à un manteau d'encre parsemé d'étoiles. Les flambeaux avaient été allumés et les gens continuaient à trinquer et à festoyer sur la place au son de la musique qui filtrait à travers les arcades du palais. Legolas s'appuya contre la rambarde de pierre. Au sud, s'étendait le territoire d'Ithilien. Ses forêts, étaient, parait-il d'une grande beauté. Il n'avait jamais franchi les frontières australes du Gondor. Peut-être pourrait-il aller explorer un peu la région. Durant son séjour à Mirkwood, Belwen et Aerandir avaient également exprimé leur désir de quitter la forêt noire. Et ils n'étaient pas les seuls. Peut-être pourraient-ils ensemble faire le voyage jusqu'en Ithilien ? Legolas fixa l'horizon et le ruban d'argent de la rivière sillonnant les plaines du Pelennor. Au loin, les ruines d'Osgiliath se découpaient sous le clair de lune. Faramir et Eowyn iraient surement s'installer là-bas. Ils avaient prévu de reconstruire la cité et de débarrasser le Gondor des dernières tribus d'orques qui erraient sur le territoire.

Le prince de Mirkwood fut tiré de sa contemplation par des bruits de pas gravissant lentement l'escalier derrière lui. Inutile de tourner la tête. Il savait exactement à qui ils appartenaient. Il connaissait cette démarche par cœur.

-Monseigneur… Je… Je voudrais vous parler.

Legolas ferma les yeux et tenta de se composer un visage impassible. Il pivota lentement et se retrouva face à face avec Tauriel. Elle était là, debout devant lui, nimbée de lumière sélène, et ses yeux de crystal vert le fixaient avec intensité. Le cœur du prince manqua un battement. En cet instant précis, elle était sans conteste la plus belle chose qu'il ait jamais vue sur cette Terre.