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UN JOURNAL TRES INTIME
Hermione resta plusieurs semaines à l'infirmerie. Lorsque les autres élèves revinrent de vacances, toutes sortes de rumeur coururent sur les raisons de sa disparition. Tout le monde pensait qu'elle avait été à son tour victime d'une agression. Les curieux se précipitaient à l'infirmerie en espérant apercevoir quelque chose, mais Madame Pomfrey avait entouré de rideaux le lit d'Hermione pour lui épargner la honte d'être vue avec un visage couvert de poils.
Megan, Ron et Potter venaient la voir tous les soirs. Lorsque les cours reprirent, ils lui apportèrent chaque jour les devoirs à faire.
- Moi, si j'avais des moustaches de chat, j'en profiterais pour arrêter de travailler pendant que je suis à l'infirmerie, dit Ron en déposant une pile de livres sur la table de chevet d'Hermione.
- Ne sois pas stupide, Ron, répliqua vivement Hermione, il faut bien que je reste au niveau.
Elle n'avait plus de poils sur la figure, à présent, et ses yeux reprenaient peu à peu leur habituelle couleur marron.
- Vous n'avez toujours rien de nouveau ? demanda-t-elle dans un murmure pour ne pas être entendue de Madame Pomfrey.
- Rien du tout, répondit Potter d'un air maussade.
- J'étais pourtant tellement sûr que c'était Malfoy, dit Ron pour la centième fois.
- Je vous l'avais bien dit, répéta Megan, inlassable.
- Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda Potter en montrant quelque chose de doré qui dépassait de sous l'oreiller d'Hermione.
- Oh, une simple carte pour me souhaiter un bon rétablissement, répondit précipitamment Hermione en essayant de la cacher.
Mais Ron fut plus rapide qu'elle. Il saisit la carte et la déplia d'un geste.
- A Miss Granger, lut-il à haute voix, meilleurs vœux de rétablissement de la part de votre professeur attentif, Gilderoy Lockhart, Ordre de Merlin, troisième classe. Membre honoraire de la Ligue de Défense contre les Forces du Mai, cinq fois lauréat du prix du sourire le plus charmeur, décerné par les lectrices de Sorcière-Hebdo.
Ron jeta à Hermione un regard dégoûté.
- Et tu dors avec ça sous ton oreiller ?
Mais Hermione fut sauvée par Madame Pomfrey qui lui apportait ses médicaments, lui évitant ainsi d'avoir à répondre.
Megan prit congé de ses amis pour se rendre à la bibliothèque. Puisqu'elle ne savait pas plus que les trois autres comment découvrir l'identité de l'héritier de Serpentard, elle avait décidé de faire des recherches sur ce que pourrait être le monstre de la chambre, celui qui avait attaqué un chat, un élève et un fantôme.
Il n'y avait pas de rayon « créatures maléfiques dans les murs de Poudlard » à la bibliothèque, et malgré qu'elle ait fréquenté de manière assidue cette partie de l'école, Megan ne savait pas réellement par où commencer. Elle erra entre les rayons en attrapant chaque livre qui serait susceptible de contenir une réponse puis s'assit à une table pour les consulter un par un.
- Tu prépares un devoir sur les pires créatures du monde magique ? demanda une voix au bout d'une heure de lecture infructueuse.
Megan leva les yeux de Créatures abominables des profondeurs et trouva Kevan se tenant devant elle. Elle frotta ses yeux fatigués par les petits caractères et secoua la tête.
- Non, je me renseigne, dit-elle seulement.
- Tu ne te demandes pas ce qui a pu attaquer les victimes ? demanda Kevan en s'asseyant à la table.
- Tout le monde se le demande, lui fit remarquer Megan.
- Et beaucoup pensent que Potter le contrôle.
Megan referma Créatures abominables des profondeurs sèchement.
- Et beaucoup se mettent le doigt dans l'œil jusqu'au coude ! asséna-t-elle. Potter ne ferait pas de mal à une mouche, il est évident qu'il faut maîtriser la magie noire pour lâcher le monstre de Serpentard sur Poudlard, et Potter ne sait même pas lancer un sortilège de confusion correctement ! Et puis dans « l'héritier de Serpentard » il y a « héritier de Serpentard », et vérifie la généalogie, les Potter et les descendants de Salazar ne se sont jamais croisés !
Kevan haussa les sourcils, surpris par cette réaction.
- Ne le prends pas comme une insulte personnelle, dit-il d'un ton apaisant. Je ne fais que répéter ce que j'entends. J'ai entendu d'autres accusations : Draco Malfoy, le professeur Snape, Dumbledore ou encore toi.
Cette fois ce fut à Megan de hausser les sourcils, surprise.
- Dumbledore ? hoqueta-t-elle. C'est ridicule !
- C'est cette accusation que tu trouves la plus ridicule ? s'enquit Kevan.
- Je ne suis pas non plus descendante du fondateur, lui expliqua sombrement Megan.
Cette réalité lui déplaisait. Si elle avait été de cette grande famille, elle aurait été celle qui pouvait contrôler le monstre de Serpentard, et elle aurait pu attaquer ceux qu'elle ne voulait plus voir à Poudlard. Potter aurait été sa première victime.
- Snape non plus, d'ailleurs. Personne n'a jamais pris la peine d'ouvrir un registre de généalogie ? Comme Les Vingt-neuf sacrés ?
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
Megan poussa un soupir. Cet ouvrage anonyme était une référence pour les Malfoy, et elle était persuadée que toutes les grandes familles de sorciers en connaissaient l'existence. Mais après tout, les Garrow n'en faisaient pas partie.
- C'est un registre qui date du début des années trente, qui répertorie les vingt-neuf familles qui sont d'authentiques Sang-Pur.
- Qui aurait pu écrire un truc pareil ? hoqueta Kevan.
- C'est anonyme. Mais on entend souvent que ce serait Teignous Nott qui l'aurait écrit. C'était pour permettre à ces familles de conserver la pureté de leur sang.
- C'est aberrant !
- En soi c'est relativement ridicule puisque de nos jours toutes les familles ont connu des croisements avec des Moldus, sinon elles auraient fini par disparaître. Et se croiser trop entre grandes familles engendre des tares.
- Tu connais ces vingt-neuf familles ?
- Evidemment. Et ni Potter ni Snape n'en font partie. A l'école, il y a Hannah Abbot, Millicent Bulstrode, Marcus Flint, Daphne Greengrass, Neville Longbottom, Ernie Macmillan, Draco Malfoy, Theodore Nott, Pansy Parkinson, tous les Weasley et moi.
Kevan hocha lentement la tête. Il ne se doutait pas de l'existence de ce registre, encore moins qu'il fréquentait les descendants de ces grands noms du monde magique au quotidien.
- Et Serpentard ? s'étonna-t-il. Il en fait partie ?
- Les Gaunt font partie des Vingt-neuf, ils descendent de Serpentard, expliqua-t-elle.
- Alors il y a un Gaunt, à Poudlard ?
- Pas que je sache. Je ne pense pas que ce soit un élève. Ni un professeur. On verra bien. Il est tard, je vais rentrer.
Elle n'avait pas envie de discuter plus longtemps. Elle prit congé de Kevan, alla emprunter Créatures abominables des profondeurs pour pouvoir continuer sa lecture dans son dortoir et retourna à la salle commune de Gryffondor.
Lorsqu'elle arriva dans la pièce chauffée par le feu qui crépitait dans la cheminée, elle trouva Ron et Potter penchés au-dessus d'un petit livre à la couverture noire et miteuse.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle en venant s'asseoir près d'eux.
- Un journal, répondit Ron. On l'a trouvé dans les toilettes de Mimi Geignarde, quelqu'un avait voulu s'en débarrasser là-bas. Elle ne sait pas qui.
- C'est le journal de T.M Riddle, précisa Potter. D'après Ron, il a été récompensé pour services rendus à l'école il y a cinquante ans. Mais il n'y a rien du tout à l'intérieur.
Intriguée, Megan voulut le feuilleter, mais à peine eut-elle posé les mains sur les pages qu'elle sentit un froid l'envahir et la voix glacée qui hantait ses cauchemars lui vrilla les tympans.
- Vous devriez vous en débarrasser ou le donner à Dumbledore, dit-elle aussitôt en en retirant la main.
- Pourquoi ? S'étonna Ron.
- Il y a quelque chose de mauvais avec ce livre.
Ron et Potter échangèrent un regard surpris, mais Potter ne semblait pas vouloir se séparer de ce journal.
Au début du mois de février, Hermione, débarrassée de sa fourrure, de ses moustaches et de sa queue de chat, quitta enfin l'infirmerie. Megan n'avait pas beaucoup avancé dans ses recherches sur le monstre de Serpentard et se réjouissait de pouvoir demander son aide à sa meilleure amie. Jusqu'à présent, elle n'avait qu'une certitude : le monstre de Serpentard était un serpent. En effet, si seuls Potter et elle parvenaient à entendre la voix glacée qui précédait les attaques, c'était que cette voix devait s'exprimer en Fourchelang. Cette évidence s'était imposée à elle peu de temps avant le retour de Hermione. Jusqu'à alors concentrée sur ce que disait la voix meurtrière, elle n'avait pas prêté attention à la langue dans laquelle elle s'exprimait. De plus, aucune créature ne paraissait plus cohérente : le serpent était le symbole de la maison Serpentard et Salazar lui-même était surnommé Langue-de-Serpent. Mais malgré de nombreuses recherches, elle n'avait pas encore trouvé de serpent qui soit capable de pétrifier un animal, un vivant ou un mort.
Le soir du retour de Hermione, Megan devait aller retrouver Dumbledore pour une nouvelle leçon particulière. Depuis le début de l'année, elle avait appris à contrôler un peu mieux ses émotions, à user du sortilège d'attraction, maîtrisait le Charme du Bouclier et d'autres sorts tels que le sortilège du Repoustout, le Sortilège d'Amortissement (Dumbledore voulait que Megan soit en mesure de ralentir une éventuelle chute de Potter lors d'un match de Quidditch), le Sortilège d'Explosion ou encore le Sortilège de Terrassement. A chaque fois que Megan quittait le bureau du directeur à la fin d'une leçon, elle laissait la pièce dans un désordre innommable.
Ce soir-là, Megan apprit avec le directeur comment soigner par la magie une blessure mineure ainsi qu'un autre charme permettant de créer magiquement une attelle. La jeune fille ne maîtrisait pas bien la magie de guérison, aussi elle ne maîtrisait pas encore ces deux charmes lorsque le directeur mit fin à la leçon.
- Dis-moi, Meganna, dit posément Dumbledore en retournant s'asseoir derrière son bureau. Qu'est-ce que tu penses des agressions qui ont eu lieu à l'école ?
- La Chambre des Secrets n'est pas qu'une légende, affirma la jeune fille sans hésiter.
Dumbledore hocha lentement la tête.
- Tout le monde ignore où se trouve l'entrée, lui rappela le directeur. Pourtant quelqu'un l'a découvert, c'est évident. Il y aurait donc quelqu'un à l'école capable d'y pénétrer et d'user de la créature qu'elle renferme.
Megan hocha la tête, silencieuse. Elle ne voyait pas bien où le vieil homme voulait en venir.
- Si tu savais quoi que ce soit sur ce mystère, tu m'en parlerais, n'est-ce pas ?
- Comment voulez-vous que je sache quelque chose ? s'étonna Megan, méfiante. Vous ne croyez pas que Potter ait l'héritier, si ?
- Non, je suis certain que Mr Potter n'y est pour rien.
- Alors on en est au même point, décréta Megan. De toute façon, l'héritier ne peut pas être un élève, il n'y a pas de descendant de Salazar Serpentard dans les murs de Poudlard.
De toute évidence, quelqu'un était entré à Poudlard au nez aquilin et à la barbe argentée d'Albus Dumbledore, « le plus grand sorcier de tous les temps ».
- Vous devriez chercher ailleurs, conclut Megan.
Le directeur hocha lentement la tête, détaillant la jeune fille de son regard pénétrant. Celle-ci, mal à l'aise, quitta le bureau sans un mot et prit le chemin de la salle commune.
Lorsqu'elle entra dans la pièce, il n'y avait plus que peu d'élèves. Assis à une table, Ron, Hermione et Potter étaient penchés sur le journal de TM Riddle.
- … J'aimerais bien savoir quel genre de service Riddle a rendu à Poudlard pour recevoir une récompense, disait Potter.
- C'était peut-être un élève exceptionnel, suggéra Ron, ou alors il a sauvé un professeur d'un poulpe géant. Ou alors, c'est peut-être lui qui a assassiné Mimi Geignarde. C'était un grand service à rendre à la communauté. Qu'est-ce qu'il y a ? ajouta-t-il en regardant alternativement Hermione et Potter aux visages songeurs.
- La Chambre des Secrets a été ouverte pour la première fois il y a cinquante ans, dit Megan en s'approchant d'eux.
Ses trois camarades sursautèrent, ils ne l'avaient pas entendue arriver.
- C'est Malfoy qui nous l'a révélé, acquiesça Potter.
- Oui..., dit Ron sans comprendre.
- Or, ce journal intime date d'il y a cinquante ans, ajouta Hermione d'une voix surexcitée.
- Et alors ?
- Réveille-toi un peu, Ron ! s'impatienta Hermione. On sait que celui qui a ouvert la Chambre des Secrets la première fois a été renvoyé de l'école il y a cinquante ans. On sait aussi que T. M. Riddle a reçu une récompense pour services rendus à Poudlard il y a cinquante ans. Et si Riddle avait obtenu cette récompense pour avoir démasqué l'héritier de Serpentard ? Son journal intime permettrait sans doute de tout savoir: l'emplacement de la Chambre, comment l'ouvrir et quel genre de créature y est enfermé. L'auteur des agressions actuelles n'aurait pas du tout intérêt à ce qu'un tel journal traîne n'importe où.
- Magnifique raisonnement, dit Ron. Il a juste un petit défaut: c'est qu'il n'y a rien d'écrit dans ce journal.
Hermione sortit alors sa baguette magique de son sac.
- C'est peut-être de l'encre invisible, murmura-t-elle.
Elle tapota trois fois le livre noir avec sa baguette en prononçant la formule: Aparecium! Rien ne se produisit. Hermione ne fut pas découragée pour autant. Elle fouilla dans son sac et en retira une espèce de grosse gomme rouge vif.
- C'est un Révélateur, expliqua-t-elle. Je l'ai acheté dans un magasin de Le Chemin de Traverse.
Elle frotta vigoureusement la date du premier janvier, mais cette fois encore, rien ne se produisit. Megan restait toujours en retrait, fixant le livre comme si elle avait peur qu'il les attaque soudain. Elle avait le sentiment qu'il y avait dans ce livre quelque chose de puissant, en lien avec la magie noire, et elle soupçonnait même qu'il ait un quelconque lien avec Voldemort. Mais elle ne pouvait faire part à ses amis de cette impression, sans quoi elle devrait leur parler du passé Mangemort de ses parents et de ses cauchemars que le Seigneur des Ténèbres hantait.
- Je te le dis, on ne trouvera jamais rien là-dedans, commenta Ron. Riddle a dû recevoir en cadeau de Noël un carnet pour écrire son journal intime et il n'a pas eu envie de s'en servir, voilà tout.
Potter ne jeta cependant pas le journal de Riddle, et Megan le voyait en tourner les pages d'un air distrait, comme s'il lisait machinalement une histoire. Décidé à en apprendre plus à son sujet, il décida tôt le lendemain de se rendre dans la salle des trophées pour examiner l'écusson qui avait été offert à Riddle en guise de récompense, une idée que Hermione trouva excellente tandis que Ron, beaucoup moins convaincu, répéta à plusieurs reprises qu'il avait assez vu la salle des trophées pour le reste de sa vie, bien qu'il suivit finalement les deux autres. Megan, elle, refusa de les accompagner : elle ne voulait plus entendre parler de ce journal.
Le soleil recommençait à briller timidement sur Poudlard. Dans le château, l'humeur était moins morose. Il n'y avait pas eu de nouvelle agression depuis celle dont Justin et Nick Quasi-Sans-Tête avaient été victimes et le professeur Sprout annonça d'un ton réjoui que les racines de Mandragores devenaient grincheuses et renfermées, ce qui signifiait qu'elles avaient grandi.
- Quand elles n'auront plus d'acné, on pourra les rempoter, dit-elle un jour à Filch. Après, nous les couperons, nous les ferons macérer et Mrs Norris retrouvera très vite la santé.
Les rumeurs au sujet de Potter continuaient à persister. Ernie Macmillan, un élève de Poufsouffle, appartenant aux « Vingt-neuf sacrés » était convaincu de la culpabilité du garçon et qu'il s'était trahi le soir du club de duel. Peeves n'arrangeait rien: il avait pris l'habitude de surgir dans les couloirs en chantonnant: « Voilà Potter la vipère... » et il exécutait quelques figures de danse pour compléter le spectacle.
Gilderoy Lockhart était persuadé que c'était lui qui avait fait cesser les agressions. Il l'avait dit au professeur McGonagall pendant que les élèves attendaient en rang, devant la classe où devait avoir lieu le cours de métamorphose.
- Je pense qu'il ne se passera plus rien, Minerva, avait-il affirmé en se tapotant le bout du nez d'un air entendu. Cette fois, la Chambre des Secrets a été fermée pour un bon bout de temps. Le coupable a dû comprendre que je ne mettrais pas longtemps à le démasquer. Il valait mieux pour lui qu'il s'arrête tout de suite avant que je ne m'en mêle sérieusement. Ce qu'il faudrait maintenant, c'est trouver quelque chose qui remonte le moral des élèves. Qui leur fasse oublier les mauvais souvenirs du dernier trimestre ! Je n'en dis pas plus pour l'instant, mais j'ai ma petite idée...
Il s'était à nouveau tapoté le bout du nez avant de s'éloigner à grands pas.
Ce fut au petit déjeuner du quatorze février qu'on découvrit l'idée de Lockhart pour remonter le moral des élèves. En arrivant aux portes de la Grande Salle, Megan sentit son estomac se retourner. Les murs étaient recouverts de grosses fleurs rosé vif et des confetti en forme de cœur tombaient du plafond bleu pâle. Megan vint s'asseoir à la table de Gryffondor où elle échangea des regards écœurés avec Ron tandis que Hermione pouffait de rire.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Potter en venant s'asseoir près d'eux.
Trop consterné pour parler, Ron montra du doigt la table des professeurs. Lockhart, vêtu d'une robe aussi rosée que les fleurs, fit un signe de la main pour demander le silence. Les autres professeurs assis à ses côtés gardaient un visage de marbre.
- Joyeuse Saint-Valentin ! s'écria Lockhart. Je voudrais commencer par remercier les quarante- six personnes qui m'ont envoyé une carte à cette occasion. Comme vous le voyez, j'ai pris la liberté de vous faire cette petite surprise, mais ce n'est pas fini !
Lockhart tapa dans ses mains et une douzaine de nains à l'air grincheux entrèrent alors dans la Grande Salle. Ils étaient affublés d'ailes dorées et tenaient chacun une petite harpe entre les mains. Megan déglutit.
- Voici les cupidons porteurs de messages, annonça Lockhart d'un ton réjoui. C'est eux qui seront chargés tout au long de cette journée de vous transmettre les messages de la Saint-Valentin !
- Hermione, dis-moi que tu ne fais pas partie des quarante-six imbéciles qui lui ont envoyé une carte, dit Ron, lorsqu'ils quittèrent le Grande Salle pour se rendre à leur premier cours.
Hermione sembla soudain très absorbée par le contenu de son sac et oublia de répondre. Tout au long de la journée, les nains sillonnèrent les couloirs et entrèrent dans les classes pour délivrer leurs messages, au grand agacement des professeurs. Deux nains tentèrent de livrer leurs messages à Megan, mais les malheureuses créatures n'eurent pas le temps de commencer à parler qu'elle leur avait jeté un sort. Ron passa un long moment à énoncer les différentes personnes susceptibles de lui avoir envoyé ces deux nains, mais il mit fin à ses élucubrations lorsque Megan lui jeta un de ses habituels regards noirs.
Vers la fin de l'après-midi, alors que les Gryffondor changeaient de salle pour aller au cours de Sortilèges, l'un des nains – le plus sinistre des douze—courut après Potter. Megan, un sourire narquois aux lèvres, observa la scène en ricanant.
- C'est toi, Harry Potter ? cria-t-il en donnant des coups de coude pour écarter les autres élèves.
Potter essaya de s'esquiver, mais le nain parvint à le rattraper.
- J'ai un message musical à transmettre à Harry Potter en personne, dit le nain en brandissant sa harpe d'un air menaçant.
- Non, pas ici ! protesta Potter qui tentait de s'échapper.
- Reste tranquille ! grogna le nain.
Il attrapa le sac que Potter portait à l'épaule et tira dessus pour le ramener en arrière.
- Laissez-moi tranquille ! lança Potter en essayant de se dégager.
Avec un bruit de déchirure, le sac s'ouvrit en deux, déversant sur le sol livres, parchemins, plumes et baguette magique. Pour couronner le tout, une bouteille d'encre se brisa dans sa chute et répandit son contenu sur tout le reste. Potter s'efforça de tout ramasser avant que le nain ne se mette à chanter.
- Qu'est-ce qui se passe, ici ? lança alors la voix de Draco.
Megan regarda dans une autre direction tandis que Potter, avec des gestes fébriles, fourrait ses affaires dans son sac déchiré, essayant désespérément de s'enfuir avant que Draco n'entende le message qui lui était destiné.
- Qu'est-ce que c'est que ce chahut ? s'écria la voix familière de Percy qui arrivait à son tour sur les lieux.
Paniqué, Potter tenta de prendre ses jambes à son cou, mais le nain le saisit par les genoux et le plaqua au sol.
- Et maintenant, tu te tiens tranquille, dit le nain en s'asseyant sur les chevilles de Potter. Voilà ton message chanté :
Ses yeux sont verts comme un crapaud frais du matin
Ses cheveux noirs comme un corbeau, il est divin
C'est mon héros et c'est mon roi
Je voudrais tant qu'il soit à moi
Celui qui a combattu et vaincu
Le Seigneur des Ténèbres à mains nues.
Megan éclata de rire avec les autres élèves présents dans le couloir tandis que Percy faisait de son mieux pour disperser la foule des élèves, dont certains pleuraient de rire. Soudain, Draco se pencha et ramassa quelque chose. Il montra sa trouvaille à Crabbe et Goyle et Megan se rendit compte alors qu'il s'agissait du journal de Riddle.
- Rends-moi ça, dit Potter sans s'énerver.
- Je me demande ce que Potter a écrit là-dedans, dit Draco qui n'avait pas remarqué la date inscrite sur le carnet.
Un grand silence tomba. Ginny, terrifiée, regardait alternativement Potter et le petit livre noir. Quant à Megan, elle se demandait comment allait se terminer ce face à face.
- Rends-lui ça, Malfoy, dit Percy d'un ton sévère.
- Pas avant d'avoir regardé ce qu'il y a dedans, répliqua Draco.
- En tant que préfet... commença Percy.
Mais Potter avait perdu patience.
- Expelliarmus! s'exclama-t-il en sortant sa baguette magique.
Le journal s'envola aussitôt des mains de Draco et Ron le rattrapa avec un grand sourire.
- Harry ! s'écria Percy. Il est interdit de pratiquer la magie dans les couloirs. Je vais être obligé de faire un rapport !
Mais Potter semblait bien trop content d'avoir marqué un point contre Draco pour se soucier des conséquences. Quant à Draco, il avait l'air furieux, et lorsque Ginny passa devant lui pour entrer en classe, il lui lança d'un ton méprisant :
- Je crois que Potter n'a pas beaucoup apprécié ton message de la Saint-Valentin !
Ginny se cacha le visage dans les mains et se précipita dans la salle de classe. Avec un grognement, Ron sortit à son tour sa baguette, mais Potter arrêta son geste: inutile de passer encore une heure à vomir des limaces.
Fred et George passèrent la soirée à chanter à Potter « Ses yeux sont verts comme un crapaud frais du matin », et Megan s'en trouva presqu'aussi agacée que Potter. Ginny avait de toute évidence des problèmes de goût. Par ailleurs, la jeune sœur de Ron dégageait toujours une impression aussi désagréable que le journal de T.M Riddle, pourtant Megan ne voyait pas comment Ginny pouvait avoir un lien avec Voldemort.
