Chapitre 14 : 9ème jour, L'adieu à Poudlard.

Je referme, derrière moi, la porte des cuisines et m'approche de mon habituelle table à l'écart. Quelques secondes plus tard, Winky me rejoint avec un immense plateau qu'elle maintient sur sa tête.

La nouvelle mode, ça doit tuer les neurones… Pansy doit être très à la mode.

- Bonjour Winky, dis-je.

- Bonjour Miss, répond l' elfe en déposant le plateau.

- Tu petit-déjeunes avec moi ? proposais-je.

Evidement elle va refuser.

- Je dois continuer à travailler, dit Winky.

Ben voilà…déploie tout ton art Malorie.

- Le travail d'un elfe, c'est que ses maîtres soient heureux ? demandais-je.

- Oui.

- Les élèves sont un peu les maîtres des elfes de Poudlard ?

- En quelque sorte.

- Et bien je ne veux pas manger seule, cela me rendrait triste, dis-je.

Winky se fige devant moi.

- Il faudrait donc que je mange avec vous pour que vous soyez moins malheureuse, conclut Winky.

T'as tout compris.

- Merveilleuse idée, dis-je. Ça me rendrait plus heureuse.

Winky sourit devant ma combine. Elle s'assoit face à moi.

J'attaque mon bol de céréales.

- Vous allez me manquer Miss, dit Winky accablée. Je vais être toute seule maintenant.

- Ginny viendra te voir, dis-je. Et puis, il y a Dobby.

C'est vrai, Dobby est d'un tel réconfort… rien qu'à voir son accoutrement, je suis de meilleure humeur.

- Ça ne sera plus pareil Poudlard l'année prochaine, persiste Winky.

- C'est peut-être l'occasion pour toi de prendre un nouveau départ, d'oublier définitivement Mr Croupton.

Les oreilles de Winky se baissent à l'évocation de Croupton.

Quitte à balancer des conneries, autant aller jusqu'au bout.

- Et puis, continuais-je, je crois que tu pourrais en profiter pour t'unir à un autre elfe de maison.

Les yeux de Winky s'agrandissent sous l'effet de la surprise.

- Je pense que Dobby ne serait pas contre, dis-je.

Winky regarde les elfes affairés, Dobby est suspendu à une porte de placard. Il adresse un petit signe amical dans notre direction.

Un gentil petit elfe, avec un style qui ferait pâlir Chanel et Dior, comment Winky fait pour ne pas craquer sur lui ? on se demande.

- Dobby n'est pas un bon elfe de maison, dit Winky. Il est payé et il dit des méchancetés sur ses anciens maîtres.

Et si il n'y avait que ça à lui reprocher.

- Qu'est-ce qu'il dit sur les Malefoy ? demandais-je curieuse.

- Il dit que les Malefoy sont des diaboliques qui pratiquent la magie noire, explique Winky.

- Et sur Drago Malefoy ?

Question complètement anodine, naturellement.

- Il a dit qu'il était capricieux, dit Winky. Qu'il était ambitieux et prêt à tout pour obtenir ce qu'il veut…

Bref, un Serpentard.

J'achève la dernière bouchée de mon repas.

- Je dois y aller, dis-je à Winky en me levant. J'ai été contente de te rencontrer pendant mes années à Poudlard, et je suis sûre qu'on se reverra.

Je trouverai bien un moyen… comme venir en cachette à Poudlard durant les prochains mois… pour voir Winky, naturellement, uniquement Winky.

Winky se confond en murmures, tout en rougissant. Ses yeux sont légèrement humides. J'ai un drôle de petit pincement au niveau de la poitrine.

- Et tu sais, ce n'est pas parce qu'il n'est pas un elfe de maison parfait, que Dobby n'est pas un elfe parfait pour toi, dis-je.

Après ça, je ne sais plus quoi faire.

Je fais un pas vers la sortie.

Et puis zut.

Je fais volte face, me penche vers Winky et la serre brièvement dans mes bras. Je me détourne à nouveau et file à grands pas vers la porte. J'ai à peine de temps de voir l'expression stupéfaite de l'elfe.

Non, non… ne surtout pas… se retenir… trop tard !

Des larmes coulent lentement sur mes joues.

Bon sang, c'est juste une elfe de maison…

J'ai jamais autant chialé de ma vie, je me transforme en pissouse depuis quelques jours.

En montant les escaliers, j'efface les traces de mes larmes.

La salle commune est pleine d'élèves qui attendent avec leurs valises. Traditionnellement les élèves de Serpentard s'attendent pour descendre tous ensemble jusqu'aux carrosses.

Une technique pour paraître plus impressionnant, auprès des autres élèves.

J'ouvre la porte de mon dortoir vide, et suis violemment percutée par un vieux plumeau blanc tout fripé. Le vieux plumeau blanc se trouve être, en réalité, Mademoiselle Pimprenelle.

- Toujours un mâle ? demandais-je en signe de bonjour.

La chouette hulule, je la coince sous mon bras et la place dans sa cage.

Nan, j'allais pas l'oublier à la volière, je serais allée la récupérer… hum...

Sa blessure est complètement cicatrisée, à présent. Je contemple mes valises amassées au pied de mon lit.

Qui veut des courbatures !? qui veut des courbatures !?

J'attrape la plus petite valise et la colle sur mon dos en la maintenant à l'aide d'une poignée, je passe la longue lanière de mon sac de cours autour de mon cou, coince ma grosse malle sous mon bras gauche, et l'anse de la cage de Mademoiselle Pimprenelle dans ma main droite qui tient déjà la valise que j'ai sur le dos.

Parée de mes valises, je descends péniblement dans la salle commune, par les couloirs étroits et contorsionnés du château.

Je dois avoir une de ces allures, j'ai l'ombre d'un sumo.

Dans la salle commune, je repose mes valises pour quelques secondes.

Je devrais peut-être descendre dès maintenant, ou après eux. Ce serait plus prudent.

- Malorie !

Le léger brouhaha des élèves se calme automatiquement.

Mon Drago.

Drago s'approche de moi en fendant les élèves et les valises, il est le seul à ne pas avoir de bagage.

- Je t'accompagne, dit-il. Tu n'as pas oublié, Amour ?

Hé… hé

Il faudrait que je me calme, il m'a déjà fait le coup de m'appeler comme ça, je devrais être blasée maintenant. Surtout que là, il dit ça pour prouver aux autres qu'on est ensemble.

- Je vais t'aider à porter, tes valises, Amour.

… hé…hé…

Y'a pas moyen. Je ne m'habitue pas.

Autour de nous, les élèves nous regardent comme si on était des moldus perdus à Poudlard.

Drago se penche vers moi.

- Théodore balance ses théories sur notre couple à tout le monde, explique-t-il à voix basse. Fais comme si c'était l'amour fou entre nous.

Hein ? Drago, faut que je t'explique une chose.

- T'es complètement pété, murmurais-je. Déjà qu'on va être obligé de s'embrasser devant eux…

Et ça me dérange énormément de t'embrasser, tu n'as pas idée…

Drago me regarde avec un sourire, puis il me dépose un petit bisou au bout des lèvres.

Un sanglot éclate dans la salle.

Pansy.

Je regarde Pansy, elle pleure à chaudes larmes, à côté d'elle, Millicent la réconforte. Subitement, Millicent se redresse, elle me regarde discrètement.

- Pas de larmes, dit-elle sans faire sortir aucun son de sa bouche.

Millicent se penche à nouveau vers Pansy.

- Je rêve ou Millicent vient de te dire, que Pansy fait semblant de pleurer, murmure Drago.

- Tu rêve pas, dis-je moi même étonnée.

- Pansy, dit Drago à haute voix. Tu as été mon amie pendant tellement longtemps, entre nous ça aurait été malsain.

Parce que notre relation à nous, est l'exemple même de la relation saine dont tout le monde rêve.

- Bon, on y va ? demande Blaise agacé à l'assemblée.

- Amour, je vais porter ta malle, dit Drago.

Il ramasse ma lourde malle et cherche comment la tenir dans ses bras sans se casser le dos.

Prêt ?…partez !

- Merci, mon cœur, répondis-je, tu peux aussi prendre ma chouette ?

Drago fait brutalement tomber la malle sur le sol, il se redresse vivement et me regarde droit dans les yeux.

Je l'ai appelé mon cœur ! …Je sais tout le monde l'a vu, c'est pas la peine de le répéter, mais quand même… Je l'ai appelé mon cœur !

- Bien sûr, dit-il avec un sourire surpris.

- C'est pas ce que tu voulais, murmurais-je en lui donnant la cage de Mademoiselle Pimprenelle.

- Si… ça surprend, dit-il en souriant toujours.

- Je préfèrais quand ils se tapaient dessus, dit une deuxième année avec un air hautain. Là, je crois que je vais gerber.

Charmante jeune fille… elle me rappelle quelqu'un… mais dire qui ?

Mademoiselle Pimprenelle se met à hurler lorsque Drago prend sa cage.

- Mademoiselle Pimprenelle, dis-je d'une voix douce. Sois gentille avec Drago, tu iras le voir souvent durant les prochains mois.

La chouette crie encore plus fort en ouvrant furieusement ses ailes.

- La pauvre, murmurais-je. Je crois qu'à sa place j'aurais la même réaction.

Ben ouais, je sauterai
s sur place et je hurlerais … de bonheur.

- C'est drôle, mais ce n'est pas l'impression que j'ai eu dans mon dortoir tout à l'heure, dit Drago avec un sourire.

Tiens, toi aussi ?

- Un écart, dis-je négligente.

- Malorie, Amour, dit Drago. Tu finiras pas me rendre dingue…

De moi ? Te rendre dingue de moi ? C'est vrai, j'y arrive ?

- …Je vais finir par me pendre, continue Drago.

Ah non…

La plupart des élèves ont passé la porte, les septièmes années, sortent à leur tour, groupés.

- Tu vas me rappeler « mon coeur » ? demande Drago à voix basse.

Ça te plait ?

- Mon cœur, dis-je d'une voix insouciante.

- Dit comme ça… dit Drago morne.

Mais je peux pas faire autrement, cela te ferait plaisir… et je dois pas… mon cœur…

--------------------------------

Blaise maintient la porte du carrosse ouvert pour que tous les élèves montent. Drago me fait signe de passer la première.

Galant mon Drago.

- Je comprends pourquoi tu m'as repoussé le soir de la fête, me dit Blaise. Mais tu aurais pu me le dire.

- Désolée, répondis-je sincèrement.

Je monte dans le carrosse et Drago me rejoint et s'assoit à côté de moi. Il passe sa main sur les épaules en signe de propriétaire.

Heureusement qu'on doit jouer la comédie devant les autres, sinon je serais obligée d'enlever son bras.

Je regarde autour de nous, tous les Serpentards de septièmes années sont réunis. Tous parlent à voix basse.

Habituellement, ils hurlent dans le carrosse, on se demande de quoi il peuvent tous parler.

Pansy me lance un regard noir.

- De quoi parlait Blaise ? demande Drago à voix basse.

- Rien, murmurais-je.

- Il voulait ressortir avec toi ? demande Drago.

- Oui, dis-je.

Drago se retourne méchamment vers Blaise.

Crise de jalousie ? Crise de jalousie ! Faites péter le champagne, y'a une chance qu'il se soit attaché à moi !!!!

- Ça n'à aucune importance, dis-je à voix basse.

Mais pourquoi je le rassure moi ? S'il est jaloux, il faut lui laisser le temps de se faire des idées.

- De toute façon, tu vas bien attendre qu'on ne soit plus ensemble avant de sortir avec un autre mec ? demande Drago.

VLAN, prends ça Malorie !

- Je vais attendre la fin de ton procès, dis-je, t'inquiète pas.

Drago paraît un peu rassuré.

Tu ne pouvais pas me laisser cet espoir ?

- T'as intérêt à faire la même chose de ton côté, dis-je. Si jamais tu salis mon nom en me faisant cocu.

Ne pas salir mon nom, est bien évidement ma priorité en ce moment.

Drago sourit légèrement.

- Rassure toi, dit-il.

Pansy continue de me foudroyer du regard.

Eh, on a compris que t'étais une actrice.

Pansy prononce une insulte silencieuse à mon intention.

S… ? tu te fous de moi ? Pansy ?

- Mon cœur, dis-je à haute voix. Dès demain tu m'envoies une lettre, pour me raconter ta vie solitaire à Poudlard.

Drago me regarde étonné.

- Si tu veux, dit-il en dissimulant rapidement sa surprise.

Je me blottis contre Drago.

Pansy merci de me donner une excuse.

- Je t'ai dis que tu vas me rendre dingue ? me murmure Drago alors que je l'entoure de mes bras.

- Au bout de sept ans, j'y serai finalement arrivée le dernier jour, dis-je.

Drago éclate de rire. Les autres élèves le regardent, stupéfaits.

- T'as craqué ton slip ? demande Théodore.

- Non, répond Drago. C'est ma merveilleuse petite amie qui me dit des gentillesses pour me faire rire.

C'est moi, la merveilleuse petite amie.

- Oublie pas de m'écrire, dit Drago. À chacune de tes escales.

- Oui, dis-je. Peut-être plus souvent d'ailleurs.

- Tu vas tellement me manquer, dit Drago en me serrant dans ses bras.

Pourquoi ? Pourquoi ? faut-il qu'il dise ça maintenant ? et devant tout le monde.

- Toi aussi, tu vas me manquer, dis-je d'une voix douce.

Soudain le carrosse s'arrête. Dehors j'aperçois le Poudlard express qui attend de partir.

Je vais me faire assassiner dans ce train, ça va être le crime de l'Orient Express. Et Drago qui ne va même pas être là pour me défendre. Et Hercule Poirot ne sera pas là pour élucider mon meurtre.

Les élèves descendent du carrosse, je me dirige avec mes valises vers le train, mais Drago m'arrête.

- Viens, dit-il. Il faut que je te parle à l'écart.

Pour me dire quoi ? tu vas me faire ta déclaration ?

Drago m'entraîne dans un espace vide, en face du train. Je sens les battements de mon cœur qui s'accélèrent violemment.

- Voilà, dit-il. Ici tout le monde nous voit, et personne ne nous entend.

Quoi… ? non…

- Et qu'est-ce que tu as à me dire ? demandais-je sèchement.

- Rien, répond Drago. Mais un couple a forcément des choses à se dire dans ce genre de situation.

- Je prends une tête déprimée alors, dis-je furieusement. Et je pourrais me mettre à pleurer, accablée par notre séparation…

- Prends pas les choses comme ça, dit Drago calmement.

- Je prends les choses comme je veux, dis-je. Tu sais bien que j'en ai marre de jouer cette comédie, même si ce sont les dernières minutes…

- Dans le carrosse, j'avais plutôt l'impression que cela ne te dérangeait pas tant que ça, dit Drago avec hargne. Tu t'es blottie contre moi.

- Pour embêter Pansy qui m'a insultée, répondis-je.

Le pire c'est que c'est vrai.

Drago me regarde fixement.

- Ça y est, dit-il au bout d'un moment. Pratiquement tous les élèves sont dans le train, tu es la dernière. Et tous nous regardent.

CONNARD !

Je vérifie discrètement ses dires, effectivement, dans pratiquement tous les compartiments, des visages sont collés aux vitres.

Beaucoup doivent espér
er le même numéro que lorsque la statue de Dumbledore est tombée.

- Et en plus, tu vas me faire rater mon train, dis-je.

Je fais volte face.

Drago m'attrape le poignet et me tire vers lui jusqu'à ce qu'on soit collés l'un à l'autre.

Mon cœur… ne me fait pas souffrir.

- T'es chiante avec ton mauvais caractère, dit-il. Et puis ce n'est pas grave si tu loupes ton train.

- Tu veux que je reste coincée à Poudlard avec toi ?

Dis oui !

- Au moins, il n'y aurait pas le risque d'être surpris dans le dortoir, dit Drago en souriant.

- Tu m'excuses, dis-je indifférente. J'ai un train à prendre.

- Attends, dit-il. On doit s'embrasser et suffisamment longtemps pour que tout le monde nous voit.

- Merveilleux, dis-je cynique.

Drago me serre dans ses bras et m'embrasse.

Retiens tes larmes.

-------------------------

Quelques courtes minutes plus tard, Drago stoppe notre baiser mais il ne me relâche pas encore. Je ne pleure pas, mais mes yeux sont légèrement humides. Drago me maintient contre lui, subitement, il me caresse la joue.

Arrête le tir Malorie, barre toi !

- C'est dommage que tu sois si agressive, dit-il en me regardant dans les yeux.

- Pourquoi tu dis ça ?

Drrraaagggooooooo !!!!

- Je ne sais pas, dit Drago. Tu serais moins agressive, peut-être…

Je vais exploser.

- Peut-être que quoi Malefoy ? demandais-je violemment.

- Tu recommences, dit-il calmement.

- Tu sais quoi, c'est toi qui vas me rendre dingue, annonçais-je.

Je suis déjà en train de me déconnect
er de partout.

- Mais qu'est-ce que tu racontes ? demande Drago étonné. Qu'est-ce que j'ai fait ?

- Rien, dis-je agacée. T'es juste trop con.

Qu'est-ce que je viens de dire ? Il pourrait comprendre. Peut-être que j'ai envie qu'il comprenne ?…non !

Je l'éloigne, mais Drago m'arrête.

- Attends, dit-il surprit, il faut que tu m'expliques.

- Y'a rien à expliquer, dis-je sèchement. À un de ces quatre, Malefoy.

Je prends mes valises, Drago prend ma malle et la cage. Sans dire un mot on approche du train.

Le train siffle annonçant le départ.

Drago m'aide à faire monter toutes mes valises. Une fois que je suis montée et mes valises aussi, Drago resté sur le quai, me demande.

- Alors, tu m'expliques ?

- Non, dis-je. Tu me files la migraine.

Un deuxième sifflet retenti, et le train commence à bouger. Drago marche à côté du train, en face de moi, pendant quelques secondes.

Soudain, il attrape la poignée de la porte et monte dans le train.

Tu viens ?

Drago m'agrippe, il m'embrasse et me relâche aussi sec.

- J'aurais préféré un au revoir plus doux, dit-il. Et je ne mentais pas quand je te disais, que tu allais me manquer.

Il fait volte face et saute du train en marche, me laissant comme une idiote au milieu de mes valises.

- Toi aussi tu vas me manquer, dis-je dans le vide.

J'entends des pas arrivant dans ma direction. Je me retourne. Théodore, Pansy, Vincent et Gregory arrivent avec un air mauvais.

- Malorie ! appelle une voix derrière moi.

Je fais volte face, Hermione et Ginny arrivent dans ma direction.

- Tu viens dans notre compartiment ? propose Hermione.

Je suis pas encore morte.

- Oui, dis-je soulagée.

Hermione et Ginny m'aident à porter mes valises. Derrière moi, les Serpentardssemblent horriblement déçus.

Hermione mène la marche, lorsqu'on est suffisamment éloignées, Ginny me glisse.

- On n'allait pas les laisser t'étriper, dit-elle.

- Merci, dis-je timidement.

Hermione ouvre une porte. Le compartiment est déjà à moitié plein de Mini Phénix.

Réflexion faite, je préfère les Serpentards.

En plus de Ginny et Hermione, il y a Ron, Potter, Loufoca et Neville Londubat, et la chouette de Potter qui hurle en même temps que la mienne lorsqu'elles se voient toutes les deux.

Ginny place la cage de Mademoiselle Pimprenelle à côté de la cage à Potter, aussitôt les cries des volatiles cessent, pour laisser place à une sorte de roucoulement amoureux.

Effrayant.

Hermione tente de soulever ma malle pour la mettre dans le filet.

- Attends, dit Ron, je vais t'aider Hermione.

Ron se lève et place la malle dans les filets.

Héhé.

Une fois la malle placée, Ron et Hermione échangent un regard, mi-complice, mi-gêné.

Adorable… ou pathétique, j'arrive pas à me décider.

J'ouvre ma plus petite valise et en sort la cape d'invisibilité de Potter. Je la tends à son propriétaire.

Potter la récupère et l'inspecte minutieusement.

Flûte, zut ! j'ai oublié de la brûler.

- Merci de me l'avoir prêtée, dis-je.

Il répond d'un léger sourire forcé, en regardant Hermione et Ginny.

Je suis pas sûre qu'il est eu le choix.

Une fois que toutes mes valises sont rangées, je m'installe sur une banquette, face à Neville Londubat, visiblement terrifié.

La méchante Serpentarde va te manger, fais attention.

- Charmant spectacle, me dit Ginny. J'ai presque trouvé Malefoy romantique et adorable en vous voyant par la fenêtre.

Potter se retourne brusquement vers sa petite amie.

Je me mords la lèvre pour ne pas éclater de rire. À côté de moi, Hermione a la même réaction.

- Heureusement que les apparences sont là, dis-je. Ce n'était pas très romantique en réalité.

Ron et Ginny ont le même sourire de compréhension.

Elles me gonflent ces apparences.

- Il faudra que tu me racontes, me glisse Hermione.

- Toi aussi, répondis-je.

- Pas la peine, dit Hermione à voix basse. On est toujours au même point.

Au moins, ils n'ont pas fait marche arrière…

Je regarde Ron avec un sourire, il s'empresse de détourner la tête.

- Harry, dit Ron. Tu viens à la maison cet été ?

- On verra, dit Potter. Pour le moment, je vais rester chez Sniffle, je ne veux pas le laisser seul, il est encore déboussolé, avec tout ce qui lui est arrivé…

- Sniffle ? dis-je. C'est quoi un chien ?

Ron, Hermione, Ginny et Potter échangent un regard complice.

- Si on veut, répond Hermione.

- Si on veut, répètais-je. Et ne pose pas de question…

Hermione m'adresse un sourire gêné.

Qu'est-ce que je fous chez les Mini Phénix, moi ?…
ah oui, j'évite le crime du Poudlard Express.

- Bataille explosive ? propose Ginny.

----------------------------

Trois heures plus tard, on achève la troisième partie de bataille explosive. J'ai trouvé moyen de me faire passer pour folle auprès de Londubat, et j'ai fait exploser les sourcils de Potter.

Ma meilleure action de la journée.

Loufoca, elle, semble s'être enfin rendue compte de ma présence dans son compartiment.

Finalement Mademoiselle Pimprenelle et son petit ami, ont été relâchés dans le compartiment après de nombreuses sollicitations à coup de cris stridents. Les deux chouettes roucoulent dans le filet à bagages et personne n'ose les regarder. Potter semble dégoûté par cette situation.

Merveilleuse situation, donc.

- Ron, dit Hermione, on doit faire une inspection.

- Encore ! S'exclame Potter. C'est la troisième

Héhé, crétin de Potter, y'a que toi qui voit pas les regards que tout le monde échange, lorsque les tourtereaux partent faire de pseudo inspections

Ron et Hermione sortent en évitant soigneusement mes regards moqueurs et ceux de Ginny.

- Tu viens à la maison pendant les vacances ? demande Potter à Ginny.

Même Potter va avoir droit à une vie sexu…amoureuse pendant les vacances. Alors que moi, j'en aurai pas, j'ai même pas de vacances. Le monde est injuste, il a fait quoi lui, hein ? bon il a détruit le maître des ténèbres, mit fin à une terrible guerre, rétablit l'ordre dans la communauté sorcière, bref sauvé le monde… et alors, moi j'ai… j'ai… réussi quelque chose que Saint Potter n'a jamais réussi, j'ai mis Ron et Hermione en couple… Na ! Et ouais pas la peine d'être le survivant pour créer des exploits… Je délire il faut que je me calme… Ce sont ces satanées émotions fortes…Drago…Drago…

- Tu devrais demander la permission à Sniffle avant, dit Ginny.

Le retour du clebs. Je m'en fous je vais harceler Ron à la première occasion pour lui faire cracher le morceau de qui est ce chien. Je deviens folle, ça doit être à cause de ce truc qui martèle dans ma tête, qui martèle ce prénom… Drago… Drago…Drago…et si je déclenchais le signal d'alarme du train ? je pique le balai de Potter et je retourne à Poudlard ! Tant pis pour mes études, je serai comme le veut grand-mère, une gentille femme au foyer, mariée à un Malefoy, pour être digne de mon nom, un homme dont je serais éperdument amoureuse et qui éperdument….me détestera.

Drago… Drago…Drago… j'aurais dû lui dire que je l'aimais, qu'est-ce que ça peut bien foutre s'il se fout de moi ? J'aurais essayé…

- Je lui ai déjà demandé, répond Potter. Il est d'accord, en même temps il est un peu perturbé en ce moment.

- Autrement dit, tu as profité de son inconscience pour lui demander si ta petite amie pouvait venir chez lui ? demandais-je.

- Il était parfaitement conscient, se défend Potter, il était à St Mangouste, un peu fatigué et par moment il m'appelait James, mais il était conscient.

Quoi répondre ?

- James ? C'est ton père je crois ? Il te prenait pour ton père et….

Oula…oula…oula… bon sang…je suis en train de comprendre…

- Sirius Black est vivant, dis-je à haute voix.

Tout le monde se retourne vers moi.

- Comment tu le sais ? s'étonne Potter.

- Tu me prends pour qui ? dis-je. Black était ton parrain, et il a été emprisonné à tord. Il parait qu'il est mort, mais il n'a pas eu d'enterrement, ton père et Black étaient des supers potes à ce qu'il parait à Poudlard. Pour le coup du chien, là je ne vois pas le rapport mais il doit sûrement y en avoir un quelque part…

- Comment tu sais tout ça ? demande Potter surpris.

- Je suis une Moon, triple andouille rien ne se passe dans le monde sorcier sans que ma famille soit au courant, expliquais-je. C'est ma mère qui m'a expliqué ça, après la prétendue mort de Sirius Black.

Etrange conversation d'ailleurs maintenant que j'y repense.

Potter paraît ahuri.

Enfin encore plus que d'habitude.

- Tu ne diras rien ? demande-t-il méfiant.

- Nan, dis-je. Panique pas Potter.

Il paraît septique

- T'inquiète pas, dit Ginny. On peut faire confiance à Malorie.

- C'est une Serpentarde, dit Potter en oubliant que je suis juste à côté de lui. Et elle sort avec Malefoy.

Ça revient… Drago… Drago…Drago… j'aurais dû lui dire… peut-être qu'il sera à Londres, sur le quai, il en avait vaguement parlé…

----------------------
A suivre…
Le dernier chapitre est quasiment écrit, encore quelques petits détails de scénario, je le publierai le vendredi 22 décembre 2006, entre 15h et 21h. Ça me donne le temps de finir la fic, voire de commencer à écrire mon blabla d'auteur qui sera publié juste après le dernier chapitre. Le dernier chapitre finira en apothéose, (du moins j'espère).
-------------------