Chapitre 14 : Courriers Malvenus
Le déjeuner du samedi s'annonçait calme, mais fut interrompu par l'arrivée d'un hibou solitaire. Celui-ci déposa une épaisse enveloppe devant Sarah avant de repartir comme il était venu.
- Ah, enfin.
Sous le regard curieux de ses amis, Sarah ouvrir avidement l'enveloppe, avant d'émettre un sifflement admiratif.
- Eh bien, ils ont fignolé ! C'est encore plus réussi que je l'imaginais. C'est bon, je ne vais pas vous faire languir plus longtemps. Voyez plutôt le chef-d'œuvre !
Le parchemin ressemblait à s'y méprendre à une page de La Gazette du Sorcier. Trois photos immobiles, des portraits, surplombaient un gros titre :
UNE ATTAQUE DE MANGEMORTS FAIT TROIS VICTIMES
Ce matin à Eelsbury, les corps de trois sorciers ont été découverts, dont l'un atrocement mutilé. Des témoins moldus soutiennent avoir aperçu les criminels, et leur description correspond à l'accoutrement des mangemorts. Les victimes n'ont pas encore été identifiées et toute aide sera la bienvenue.
Le ministère n'a fait aucun commentaire.
- Tu ne vas quand même pas... commença Harry.
- Épingler ça dans toute l'école ? J'vais m'gêner ! Ma famille s'est donné assez de mal pour les faire... il fallait des photos où l'on puisse reconnaître leur visage, mais sans voir les habits.
Blaise semblait tout à fait d'accord avec elle.
- En surveillant bien, ces photos nous permettront de retrouver les fils de ces dégénérés !
- Et faire comprendre aux autres mangemorts que c'est une mauvaise idée de s'en prendre à ma famille quand j'ai LEURS enfants à portée !
- Une minute, s'insurgea Théo. Tu parles de représailles, là ?
- Non. Tentant, mais non. Si je ne savais pas me contrôler, représailles il y aurait, promptes et exemplaires. Heureusement pour eux, je pense qu'une bonne frayeur suffira.
- Ou les énervera davantage, fit remarquer Harry, lugubre.
- Bon, je sens que ça ne vous enchante pas, dit Sarah, vaincue. Mais si j'oublie cette histoire de vengeance, on peut au moins essayer de savoir de qui se méfier le plus, non ?
- Ce n'est pas un problème, bien sûr, dit Harry en souriant.
- Merci. Je placerai mes affiches cette nuit, mais il faudra que tu me prêtes Salazar. Je veux qu'il soit en bonne place pour voir les réactions de nos chers condisciples.
# #
L'après-midi se déroula dans une atmosphère de bonne humeur pour Harry et ses comparses. Même les devoirs rédigés dans la salle commune, dans l'ambiance feutrée des confortables sous-sols du château, paraissaient moins contraignants. Harry recopiait ses brouillons pour les questions de Flitwick, mais entre deux paragraphes, il préparait aussi une lettre pour Sirius. Il valait mieux tenir son parrain au courant, dans une certaine mesure, de ce qui se passait à l'école, car cela l'aiderait sans doute à rester tranquille et à ne pas commettre d'action aux conséquences pénibles ou irréversibles. Il fallut à Harry un bon moment et quelques conseils de Sarah et Théo pour parvenir à créer une missive assez cryptée pour qu'un éventuel détourneur de lettres soit totalement perdu, mais néanmoins compréhensible pour son destinataire.
Cher Sniffle,
La première semaine a été éprouvante et il était temps que le week-end arrive. Il y a déjà de la casse et le torchon commence à fumer entre certains d'entre nous et la dernière embarquée.
Notre nouveau professeur de défense, Dolorès Ombrage, est aussi aimable que ta mère et a des méthodes de travail assez particulières.
Notre grand copain est toujours absent et beaucoup d'entre nous espèrent le revoir très prochainement.
De ton côté, que se passe-t-il ?
A bientôt,
Harry
- Comme ça, je pense que ça devrait aller, décréta Sarah.
- A condition qu'il ne sache jamais que tu as corrigé ma lettre, ajouta malicieusement Harry.
Il cacheta la missive avant de se rendre à la volière, après avoir lancé à la cantonade qu'il partait à la bibliothèque. Chemin faisant, il croisa le Baron Sanglant, qui revenait d'une campagne contre Peeves, mais le spectre ne s'arrêta pas pour discuter car il avait d'autres fantômes à morigéner. Tout en marchant, Harry nota que le temps était revenu au bleu. Il croisa les doigts pour que cela durât, car les essais de Quidditch commenceraient d'ici quelques jours pour Serpentard... dès que les Gryffondor auraient fini les leurs.
Il parvint enfin à la volière inondée de soleil où les hiboux et les chouettes se chauffaient douillettement dans les rayons de lumière en faisant bruisser leurs plumes. Quelques pelotes de réjection avaient été abandonnées sur la paille qui couvrait le sol, signes d'une chasse fructueuse. Tout ce petit monde digérait en somnolant paisiblement.
- Hedwige, appela Harry.
La chouette blanche ouvrit un œil, finit par voir son humain qui l'attendait, et déploya ses ailes en parachute pour descendre jusque sur le bras du garçon.
- Bonjour ma belle...
- Hoû ?
- J'ai une lettre pour toi.
- Skrêê ?
- C'est pour Sirius. Tu te souviens, à Londres.
- Krê !
- Parfait. Alors bon voyage, ma grande.
Harry lui attacha la lettre à la patte avant de la poser sur le rebord d'une des fenêtres. La chouette étira ses ailes avant de prendre son envol. Le garçon la regarda partir avec affection. Un mouvement attira son regard vers le bas et il aperçut avec horreur un de ces chevaux squelettiques qui tiraient les calèches entrain de rôder près de la maison de Hagrid. L'animal fit un tour du parc en volant, avant de redescendre et de disparaître dans la forêt. Harry se détourna rapidement de la fenêtre et quitta la volière en hâte. Sur le chemin du retour, il tomba sur Miss Teigne, qui le fixa un moment avant de filer dans un couloir, sans doute pour prévenir son maître. Harry n'avait aucune envie de le rencontrer, ni aujourd'hui ni à un autre moment, et il accéléra le pas. Ce ne fut pas suffisant, cependant, pour échapper au concierge. A entendre son souffle court, il avait dû cavaler depuis son bureau jusqu'à l'étage pour parvenir à coincer Harry avant que celui-ci n'ait pu regagner la sécurité de la salle commune.
- Tiens donc... fit Rusard en apercevant sa cible. Comme ça tombe bien... On m'a dit que vous vous apprêtiez à passer une grosse commande de bombabouses...
- Qui vous dit cette bêtise ?
Rusard se colora vivement de pourpre avant de déclarer :
- J'ai mes sources. Donnez-moi immédiatement ce que vous avez dans vos poches.
Harry retourna lesdites poches, qui étaient heureusement vides.
- Votre source n'est pas très douée, on dirait, commenta froidement Harry. D'autant que je reviens de la bibliothèque, pas de la volière. Et je n'ai jamais eu l'intention de commander quoi que ce soit. Vous n'avez vraiment pas de chance avec vos informateurs. Au revoir, monsieur.
Sous le regard furibond du concierge, Harry se dirigea sans se presser vers un escalier qui l'amènerait rapidement du côté de Serpentard. Une fois que le vieux grincheux fut hors de vue, le garçon accéléra l'allure et parvint dans ses quartiers en un temps record.
- C'est très bizarre... marmonna Sarah. Tu as pourtant dit assez fort que tu allais lire... On dirait que la grosse dondon a déjà recruté du monde pour tenir les autres à l'œil.
- Les bombabouses étaient vraiment un mauvais prétexte, ajouta Harry. Je n'en ai jamais utilisé et de toute façon, si j'en veux, je sais où me fournir sans commander à l'extérieur...
- Et ce n'est pas notre seul souci, commenta Théodore depuis le fond d'un fauteuil. J'ai pris le temps de lire le journal de ce matin, et je crois que nous allons avoir des cheveux blancs à nous faire.
- C'est-à-dire ?
- Comme tu le craignais, expliqua Nott à voix basse, ton cher parrain s'est fait griller en allant à la gare avec toi. Malefoy a dû le reconnaître. Et maintenant, la Gazette dit qu'il est à Londres et que le ministère a mis ses limiers sur sa piste.
- Et rien d'autre ?
- Si. Un employé du ministère qui s'appelle Sturgis Podmore a été jugé en envoyé à Azkaban pour six mois parce qu'il avait tenté de forcer une porte dans un secteur à risque.
Harry avala difficilement sa salive. Podmore avait manqué à l'appel le matin de la rentrée... A présent, Harry savait pourquoi... Mais pourquoi avait-il voulu entrer au département des mystères ?
- Harry ?
- C'est rien, Sarah. Juste... Des trucs qui se mettent en place.
- D'accord. Des histoires de la bande à Dumby ? ajouta-t-elle un ton plus bas.
- Oui ; et en voilà déjà un hors-course.
- Diable... Connaissant les habitués du ministère, comme ce bon Lucius, je me demande s'ils n'y seraient pas pour quelque chose...
- Quitte à passer pour paranoïaque, convint Harry, je crois que tu as raison.
- Ça fait toujours plaisir à entendre... même si je commence à en avoir un peu assez, en ce moment. On va s'aérer un peu ? Après tout, il ne nous reste que les arbustes de Chourave, nous pouvons nous accorder un peu de détente.
La proposition fut acceptée avec enthousiasme et toute l'équipe s'évada des quartiers souterrains de Serpentard pour profiter du ciel bleu. Sarah savait diriger un groupe de travail, mais elle avait aussi l'art de ménager des pauses aux instants stratégiques. Harry, sous le prétexte de prendre sa cape, rendit une petite visite à Salazar.
- Rien à signaler, déclara la statuette. Parkinson et quelques autres sont partis faire des misères aux Gryffs qui s'entraînent en ce moment, mais à part ça, rien d'intéressant. Ah ! Si... le furet albinos a prétendu que son père avait réussi à mettre hors-course un des amis de Dumbledore.
- Merci beaucoup, Salazar.
- A ton service !
- Alors comme ça, ce serait bien Lucius qui aurait envoyé Podmore en cabane... Passionnant, susurra Blaise en apprenant la nouvelle. Très judicieux, ce système d'écoute...
Les Serpentard évitèrent soigneusement le stade pendant leur promenade et se concentrèrent sur les bords du lac. Personne ne vint les y déranger et ils passèrent quelques heures de sérénité absolue... ponctuées par les idées loufoques de Blaise concernant les blagues à faire à Ombrage. Sarah potassait toujours des notes, corrigeait des lignes au crayon rouge et recopiait quelque chose en bleu, mais refusait de dire de quoi il s'agissait. Harry se méfiait un peu de ses surprises, mais il n'insista pas. Il n'avait pas assez d'argent sur lui pour faire changer sa collègue d'avis.
Lorsqu'ils rentrèrent au château, ils ne purent éviter les ricanements de Malefoy et Cie, visant les joueurs en rouge et leur promettant une défaite cinglante lors du prochain match. Ron Weasley était cramoisi, sa sœur, furieuse, et Angelina Johnson d'une humeur exécrable. Les sorciers en vert jugèrent préférable de faire un détour afin d'éviter une bagarre potentielle. Harry soupira en notant la présence de Ginny. Il savait qu'elle se débrouillait plutôt bien au quidditch, d'après les jumeaux, et la perspective de l'affronter sur le terrain ne l'enchantait pas plus que ça. D'un autre côté, si leurs "disputes" se limitaient aux matches, ce serait bien assez.
Avant de rentrer, Sarah s'éclipsa et fila vers les étages les plus élevés du château, son éternel calepin à la main. Elle ne revint qu'une heure plus tard, juste à temps pour dîner.
- Mais qu'est-ce que tu fabriques ? s'étonna Théodore tout en lui passant le pichet d'eau.
- Je complote, répondit la demoiselle le plus sérieusement du monde. Pas contre toi, ajouta-t-elle avec un grand sourire.
- J'espère bien !
# #
Le lendemain, le soleil brillait encore avec force derrière les fenêtres, mais Harry et ses collègues furent bien forcés de passer leur matinée sur le devoir de Chourave avant de penser à se distraire. Hélas, les distractions du jour ne furent pas à la hauteur de leurs espérances.
A peine le repas de midi achevé, Harry et Théodore furent abordés par une Ginny Weasley au bord de l'implosion.
- Un problème ? s'enquit prudemment Théodore.
- Venez donc voir la jolie lettre que m'a écrite mon andouille de frère, cracha la Gryffondor en brandissant un rouleau de parchemin déjà fort chiffonné.
Harry se saisit de la missive... très instructive.
Chère Ginny,
Je t'écris afin de te donner quelques conseils pour l'année à venir.
Tu es la dernière chance de la famille pour obtenir un nouveau titre de préfet, étant donné que Ronald a si pitoyablement échoué à endosser une vraie responsabilité.
D'après ce que j'ai appris, je suppose que tu vois encore souvent Harry Potter. Je dois t'avertir que rien ne peut plus menacer ton avenir que la fréquentation de ce garçon. Je me doute que tu seras surprise de lire ces mots, car Potter a toujours été le chouchou de Dumbledore, mais j'estime de mon devoir de te prévenir que Dumbledore ne restera peut-être plus très longtemps directeur de Poudlard et que son remplaçant jugera certainement de façon beaucoup plus juste le comportement de Potter. Prends donc la peine de lire la Gazette du Sorcier demain et tu auras une assez bonne idée de la direction dans laquelle le vent souffle !
Il ne faudrait vraiment pas que tu sois mises dans le même sac que Potter. Comme tu le sais, il a été convoqué en audience disciplinaire devant le Magenmagot et ne s'en est sorti que grâce à des finasseries juridiques et quelques complices bien placés. Mais la majorité des gens auxquels j'ai parlé restent convaincus de sa culpabilité.
N'aie surtout pas peur de rompre les liens, bien que je sache que ce garçon peut se montrer violent, et n'hésite pas à prendre conseil auprès de Dolorès Ombrage, une femme tout à fait charmante qui sera sûrement très heureuse de te venir en aide.
Voilà qui m'amène à une autre suggestion : ne manifeste pas trop de dévotions à Dumbledore, mais sois plutôt fidèle à l'école et au ministère. J'ai été peiné d'apprendre que le professeur Ombrage ne rencontrait aucune coopération de la part de ses collègues pour mettre en œuvre les changements dont Poudlard a tant besoin. Sa tâche sera bientôt facilitée, mais je ne t'en dis pas plus, tu verras lundi !
Je peux tout de même t'assurer qu'un élève soucieux d'aider le professeur Ombrage cette année pourrait très facilement se retrouver préfet en chef d'ici deux ans.
Je suis navré de ne pas t'avoir vue davantage cet été. Critiquer nos parents me chagrine, mais je ne peux continuer à vivre sous leur toit tant qu'ils fréquentent la clique qui gravite autour de Dumbledore. Par exemple, un certain Sturgis Podmore, grand ami de Dumbledore, vient d'être envoyé à Azkaban pour tentative de cambriolage au ministère. Voici hélas le genre de délinquants qu'ils côtoient. Ne laisse pas les liens familiaux te dissimuler la nature erronée des croyances de nos parents. Ils se rendront compte un jour de leur erreur, et je serai tout à fait disposé à accepter leurs excuses à ce moment. Réfléchis bien à tout cela, Ginny.
Ton frère,
Percy
Harry esquissa un faible sourire en rendant la lettre, qui s'effaça très vite face à l'expression meurtrière de Ginny.
- Je vais faire des confetti avec ce courrier, et ensuite le lui renvoyer, annonça-t-elle, féroce.
- Avec une beuglante ? demanda Théodore.
- Non. Ce sera encore mieux sans.
Elle récupéra la lettre d'un geste sec et partit à grandes enjambées vers la volière.
- J'ai peur de lire la Gazette de demain, marmonna Théodore.
- Et moi donc... Tiens ? Qu'est-ce qu'il me veut, celui-là ?
Un hibou inconnu tournait autour de la tête de Harry. Il vint se percher sur le bras du garçon et tendit la patte, présentant un bout de parchemin roulé.
- C'est quoi ?
- Si... Sniffle. Nous courriers se sont croisés.
Le mot était fort court :
Je veux des nouvelles. Ce soir, dix heures, en classe de runes.
Il y avait effectivement une cheminée dans cette salle. Harry établit rapidement un plan d'action, en essayant de ne plus penser à l'affreux courrier de Percy. Ils avaient passé des vacances ensemble, Harry avait sauvé la vie de sa sœur, mais cela n'empêchait pas Percy de le considérer comme un fou potentiellement dangereux. Harry rumina ces tristes pensées jusqu'à l'heure du rendez-vous avec Sirius.
A dix heures moins le quart, Harry, qui avait passé du temps dans la salle commune pour faire illusion, vérifia que personne ne l'observait et endossa la cape d'invisibilité pour partir à l'aventure dans les couloirs. Il atteignit la salle deux minutes avant l'heure prévue et se dépêcha de ranimer les braises dans la cheminée. A vingt-deux heures sonnantes, la tête de Sirius apparut au milieu des flammes.
- Bonsoir ! lança gaiement Sirius dans un petit nuage de cendres.
- Salut. Tu prends des risques, dis donc, fit remarquer Harry.
- Oh, arrête ça ! Molly m'en rebat les oreilles tous les jours, se plaignit son parrain.
- Je t'avais envoyé une lettre hier... C'est dommage, il y aura des redites.
- Pas grave. Bon, dépêchons-nous. Quoi de neuf ?
- A part que j'ai mal à la tête depuis des jours... mais je suppose que c'est normal, maintenant.
- Oui, sans doute... admit Sirius.
- Sinon... Ombrage est tout simplement atroce. Je ne pensais pas que nous descendrions aussi bas.
- La vie est pleine de surprises, hein ? Je vois très bien le tableau ; Remus m'a assez parlé de cette vilaine bonne femme.
- Il a eu des ennuis avec elle ?
- Je pense bien ! Elle a fait voter des lois contre les loups-garous qui empêchent Remus de retrouver un travail !
- Ça a réussi à passer ? Ils veulent vraiment que tous les loups-garous passent chez Voldemort, ou quoi ? Qu'est-ce qu'elle a contre les loups-garous ?
- Elle doit en avoir peur, comme beaucoup, expliqua Sirius. Elle déteste aussi toute forme d'hybride. L'année dernière, elle a fait campagne pour le recensement et le marquage des êtres de l'eau. Tu imagines ça ? Perdre son temps avec des bêtises pareilles alors que cette saleté de Kreattur peut courir à travers toute la maison ?
- Les elfes de maison n'ont jamais représenté de danger pour leurs maîtres, répondit Harry. En tout cas, pas pour les maîtres qui les avaient bien traités, compléta-t-il en espérant que Sirius saisirait le message.
Mais son parrain fit mine de ne pas avoir compris.
- Et comment se passent les cours d'Ombrage ? Elle vous apprend comment tuer des hybrides ?
- Pas du tout. Elle refuse que nous fassions de la magie pendant les leçons. Il faut juste lire son manuel. Blaise Zabini et Ron Weasley se sont pris des colles dès le premier jour pour lui avoir dit ce qu'ils en pensaient. Et ses punitions sont vraiment redoutables.
- Pauvres Weasley... Déjà qu'Arthur est en butte à toutes les vexations possibles à son travail...
Harry renonça à lui demander pourquoi il ne plaignait pas aussi les Zabini, dont le père était trop gravement mutilé pour avoir un emploi...
- Ce n'est pas étonnant qu'il ne se passe rien pendant vos cours. D'après les informations que nous récoltons au ministère, Fudge ne veut pas qu'on vous entraîne au combat.
- Hein ? Mais c'est ridicule ! Il croit que nous allons nous engager dans l'armée, ou quoi ?
- Précisément. Il pense que Dumbledore essaye de former sa propre force armée pour s'emparer du ministère.
- Avec des gamins en guise de soldats ? Comme c'est crédible... ironisa Harry. Je n'avais pas encore entendue ce niveau de stupidité... Remarque, c'est vrai que certains d'entre nous pourraient être tentés d'utiliser des sortilèges contre le ministre lui-même, en ce moment...
- Je veux bien le croire, s'amusa Sirius. Plus sérieusement, Fudge devient un peu plus paranoïaque chaque jour qui passe. Il finira par faire arrêter Dumbledore.
- Je dirais que c'est possible. Ginny a reçu un courrier de Percy qui annonce de grands changements, que tout le monde connaîtra demain. C'est en rapport avec Poudlard.
- Je ne suis pas au courant. Je n'ai vu aucun membre de l'Ordre ces deux derniers jours... commenta Sirius avec amertume.
- Tu n'as rien entendu à propos de Hagrid ? Il n'est toujours pas rentré à l'école.
- Non ? Curieux... Enfin, Madame Maxime est avec lui et rien n'indique qu'ils aillent mal. A ta place, je ne me ferais pas trop de souci pour eux. Ils sont plus que débrouillards. Dis-moi, reprit-il après un moment, quand est la prochaine sortie à Pré-au-Lard ?
- Oublie ça, coupa sèchement Harry. Les Malefoy t'ont repéré sur le quai de la gare le jour de la rentrée. Tu as lu l'article de la Gazette te concernant ? C'est du pur Malefoy, ça. Lucius sait que tu es à Londres. Alors ne viens pas ici. C'est beaucoup trop risqué. Il suffit que Drago te voie et tu vas de nouveau avoir les détraqueurs aux trousses !
- Tu n'es vraiment pas drôle, grommela Sirius. James savait prendre des risques quand il fallait. Je vais finir par croire que Servilus a déteint sur toi...
- Qui ça ? s'étrangla Harry.
- Rogue, lâcha Sirius, exaspéré. Bon, je vais y aller...
- Bonne idée ! cracha Harry en éteignant le feu d'un grand geste de sa baguette.
Le trajet de retour fut ponctué d'un grand nombre de * **#, de $~* et autres µ* *~**...
