Hello les amis, désolé pour le retard mais le site ne voulait pas que je vous livre la suite des aventures d'Hélie...

Ce chapitre est un peu plus long et il va se passer beaucoup de chose dans les épisodes à venir...

De plus, j'ai une petite question à vous poser: est-ce que si j'appelle un futur personnage Abstergo (nom de famille) ça vous pose problème ? Si on ne prend pas en compte Absergo Industrie du présent. Merci de me le dire en commentaire!

Bonne lecture!


Chapitre XIV

Les capes d'Hélie volèrent avec un bruit léger. Elle atterrit dans la cour avec l'agilité d'un chat. Sa capuche rabattue sur son visage, ses lames affûtées. Elle se retourna et fit un geste à Adel qui s'introduisit immédiatement dans l'enceinte de la maison, accompagné de Benjamin. Elle se redressa. Il était temps. La nuit était déjà très avancée, il était même plus tôt que tard. Dans quelques heures, le soleil se lèverait en même temps que les travailleurs de Paris. Hélie pénétra dans le rez-de-chaussée, aucuns gardes. Étrangement, cela la rendait plus nerveuse que soulagée. Et si les Templiers étaient au courant de leurs actions ? Non, mieux valait ne pas penser à cela. Hélie inspecta la pièce, ouvrant les portes, mais celles-ci ne menaient qu'à l'étage. Elle retourna le tapis, sans succès non plus. L'obscurité n'aidant pas, elle se pencha pour essayer de trouver une trappe. Elle étouffa un cri de victoire lorsque sa main trouva un anneau, elle se releva tout en tirant dessus. La trappe était très lourde car très grande, mais elle réussit tout de même à la soulever. Elle s'assit sur le rebord, souhaitant intérieurement bonne chance à ses Assassins, puis se laissa tomber dans le trou.

Hélie atterrit dans un endroit poussiéreux et encore plus sombre que le rez-de-chaussée. Elle avança à tâtons dans l'obscurité, essayant d'habituer ses yeux à la pénombre. Le couloir dans lequel elle marchait se faisait de plus en plus étroit et bas de plafond. Un homme comme Benjamin aurait dû se courber pour pouvoir avancer, mais la petite taille d'Hélie lui permettait de marcher sans difficultés. Puis, le tunnel devint plus pentu, toujours à tâtons, Hélie distingua une faible lueur dans le fond. Elle accéléra le pas.

Elle arriva dans une pièce éclairée par la seule lueur d'une lampe à l'huile, qui peinait à illuminer tout l'endroit. Le seul mobilier était une chaise et une table remplie de parchemin et de livre. Dans les murs étaient creusés des trous dans lesquels avaient été introduites des planches de bois pour construire des étagères. Hélie avait l'impression d'être entrée dans une bibliothèque abandonnée. La boite était là, elle en était sûre. Elle remarqua une carte dans un coin, où elle vit de loin des indications et des chemins dessinés sur le papier, ainsi que le symbole des Assassins et celui des Templiers. Elle s'approcha de la table, il fallait faire vite car le temps tournait toujours. Elle regarda les étagères, malheureusement, beaucoup de livre s'y entassaient, elle essaya donc de les écarter pour trouver une cachette, un trou plus profond dans le mur ou un livre creux...

Deux bras s'abattirent sur ses poignets, les tirants derrière son dos. Hélie étouffa un cri de surprise. Elle se débattit violemment, tentant de faire reculer son mystérieux adversaire. Elle mit ses pieds contre le mur et poussa de toutes ses forces pour le faire reculer. L'homme resserra son emprise et Hélie gémit de douleur. Il avait de la force, beaucoup de force, il la tira vers l'arrière avant de lui donner un coup dans le genou pour la faire flancher. Elle se débattit encore, tentant de maintenir son équilibre, sans succès. Le visage dans la poussière, Hélie haleta. Elle se détendit pour faire croire à son ennemi qu'elle était arrivée au bout de ses forces. Il avait mis son genou sur son dos pour la maintenir au sol et avait libéré ses mains, pourquoi faire, elle n'en savait rien. Elle posa son front sur le sol tout en calmant sa respiration. Son cœur battait la chamade, si fort qu'il aurait pu faire trembler le sol. Était-il le seul Templier du repère ? Ses Assassins étaient-ils en danger ? La panique grandit en elle quand elle imagina ses initiés en proie à une horde de Templiers fous furieux. L'homme n'avait plus les mains sur son dos, c'était le moment. Avec un cri de rage elle se releva de toutes ses forces, déstabilisant son adversaire. Lorsqu'il voulut la rattraper, ils heurtèrent tout deux le mur, faisant tomber la seule source de lumière de la pièce. La flamme vacilla mais resta allumée. Hélie se débattait comme une diablesse, mais l'homme la maintint, lui attrapant une nouvelle fois les poignets. Hélie comprit qu'il la maintenait habilement, si bien que même si elle avait fait jaillir sa lame secrète, elle n'aurait pas pu le blesser.

-Ça suffit maintenant ! vociféra-t-il.

Hélie sentit une corde se resserrer autour de ses mains. Il la tenait. Prise de panique et de colère, elle tenta vainement de lui assigner des coups, sans succès. Sa lame était également prise au piège. Les mains dans le dos, elle avait peu de chance de pouvoir l'utiliser. Il la tira comme un vulgaire bête, la traînant à moitié par terre alors qu'elle tentait de garder l'équilibre. Il la poussa contre la chaise, finissant de la ligoter. Elle déclara forfait. Baissant la tête, essayant de cacher son identité. C'était le mieux qu'elle puisse faire.

Elle n'avait plus aucun plan maintenant, son esprit brouillé et affaiblit ne lui permettait plus de réfléchir. Les dix minutes étaient passées...

L'homme, caché dans la pénombre de la pièce, lui tournait le dos. Il ramassa la lampe avant de la suspendre à son clou.

-Ah vous… murmura-t-il. J'étais persuadé que cela arriverait un jour. Pourquoi cela m'étonne ?

Après quelques secondes, Hélie releva la tête. Avait-il… Avait-il parlé en anglais ? Il fit le tour de la pièce. Comme pour trouver les objets qui avaient été dérangés durant la bagarre afin de les remettre en ordre. Puis il la fixa, avant de prendre la lampe et de l'amener sur la table derrière Hélie. Elle détourna la tête. Il la fixa avant de lui tirer sa capuche. Elle ne le regarda même pas.

-Si jeune… Et pourtant… tu vas mourir, Assassin. dit-il en se détournant d'elle.

-Je n'ai pas besoin de ta pitié.

Il se retourna, étonné d'entendre cette jeune femme parler anglais. Hélie se décida à décoller son regard du mur et à faire face au Templier. Il était très imposant. Habillé d'un long manteau noir et rouge, il avait des cheveux noirs où le temps avait blanchit quelques mèches, tirés en une queue de cheval.

-Tu n'auras pas ma pitié, dit-il calmement, tu n'obtiendras rien de moi, chien d'Assassin, hormis une mort que je t'accorderai rapide.

-Tu n'as aucune idée de ce que tu fais… murmura-t-elle sans ciller.

-Au contraire. dit-il en élevant la voix. Tu as choisi le mauvais camp jeune fille. Les Assassins conduiront ce monde à sa perte. Vos erreurs doivent sans cesse être réparées. Vous n'êtes que des enfants, ignorants et écervelés. Dis-moi, du haut de tes longues années d'expériences, qu'as-tu vu ? Moi, j'ai vu des villes entières s'effondrer, des innocents mourir dans la souffrance et la peur, des gens prêts à tuer ces innocents sans la moindre pitié. Tout cela pour quoi ? Pour devancer les Templiers, pour avoir la simple satisfaction de se dire : « J'ai découvert un objet fascinant ». J'ai tué ses gens-là. Tous, sans exceptions. Quel que soit le mal que cela a produit…

Hélie le regarda.

-Shay…

Il se retourna, la toisant avec méfiance.

-Cela est douloureux, n'est-ce pas… murmura-t-elle. D'en arriver à de telles extrémités pour finalement faire entendre raison… Je sais Shay. Du haut de mes longues années d'expériences, je sais.

Il y eu un silence. Hélie vit dans la pénombre le regard de Shay s'illuminer puis s'assombrir.

-Alors c'est toi… murmura-t-il finalement.

Elle hocha la tête, non sans chagrin.

-Nous le savions… soupira-t-il. Alors quoi que je puisse te dire, je suppose que ton avis ne changera pas.

Elle hocha la tête.

-Toi et moi sommes pareils. dit-elle. Nous essayons de faire admettre la vérité à des ignorants qui n'ont pas conscience du danger des temples. La tâche est laborieuse, tu le sais mieux que moi. Simplement, j'essaye de résonner les gens là où tu as choisi de les éliminer. Je ne t'en veux pas pour la mort de Hope, Liam et les autres. Et je sais que malgré la difficulté, tu sauras faire en sorte que les Templiers ne fassent aucun faux pas.

Il ne dit rien. Puis s'approcha d'elle et trancha les liens qui la maintenaient prisonnière. Elle se leva, toujours prudente. Ses mains lui faisaient toujours mal. Il la toisait toujours, mais avec un regard calme et compatissent.

-Shay, personne ne doit savoir. murmura-t-elle.

-Personne ne saura, du moins, pas de moi.

Elle recula peu à peu vers la sortie. Mais Shay l'arrêta.

-Pourquoi les Assassins ?

Elle le regarda. Oui, pourquoi ?

-Parce que tu es déjà là pour prévenir les Templiers. dit-elle presque naturellement.

Ils se regardèrent un moment. Hélie admira cet homme. Les traits de son visage brossaient le portrait d'une vie longue et tourmentée, mais néanmoins chanceuse. Une âme en peine qui avait finalement trouvé la rédemption. Peut-être aurait-elle le même visage dans plusieurs années…

Shay se détourna alors et s'approcha d'une étagère. Il s'agenouilla et prit la boite cachée derrière une énorme encyclopédie.

-Tu es quelqu'un de raisonné et juste. Cette boite sera plus en sécurité entre tes mains.

Elle tendit les mains et prit la en hochant la tête.

-Je ne laisserai jamais les Assassins la manipuler, j'en fais le serment…

Il hocha la tête. Y avait-il dans son regard une certaine pitié ? L'obscurité ne permettait pas de le savoir. Hélie repartit dans le sombre couloir sans se retourner. Laissant l'illustre homme dans sa bibliothèque enfuie.

-Bonne chance dans ta vie, Hélie…

Perturbée, la jeune femme n'osa répondre et continua sa route sur ses anciens pas.


Une fois sortie, Hélie respira une grande bouffé d'air frai. Il faisait toujours nuit. Ses Assassins, sous ses ordres, étaient partis depuis longtemps. Elle cacha la boite tant bien que mal à l'intérieur de son manteau. Elle essaya de se ressourcer les idées en marchant un peu. Elle avait une impression étrange, comme si elle avait vu un fantôme.

Elle avait rencontré Shay. Et il lui avait épargné la vie. L'homme qui avait tué tous ses mentors alors qu'elle n'avait pas dix ans. Elle n'avait jamais souhaité se venger et aujourd'hui, elle savait que si elle venait à croiser de nouveau le Templier, elle ne dégainerait pas son épée. Les idées plus claires, elle grimpa sur les toits afin de rejoindre plus rapidement ses co-équipiers qui devaient s'inquiéter.


-Vous l'avez laissé seule !

-Sous ses ordres !

-Mais vous ne comprenez donc pas ! L'élue est aux mains des Templiers désormais !

-Cessez de l'appeler ainsi !

Les voix fusaient comme jamais lorsqu'Hélie pénétra dans le quartier général. Les Assassins se hurlaient dessus et bien qu'elle ne comprenne pas, la jeune femme se hâta de monter les marches afin d'apaiser les esprits.

-Oh, calmez-vous, je suis là.

Les cris cessèrent, ils se retournèrent tous vers elle. La colère laissa place au soulagement. Malgré cela, Mirabeau, qui était très pâle, s'approcha d'elle, suivit de Bellec.

-Inutile de me faire une leçon de morale. les devança Hélie. J'ai demandé aux Assassins de partir sans moi. Tel était mon ordre et ils ont obéi. Je vous félicite pour cela d'ailleurs.

Elle regarda ses Assassins qui la remercièrent du regard. Mirabeau soupira, comprenant que la fougueuse jeune fille serait comme cela pour toujours. Jamais il ne lui ferait entendre raison.

-Tu as la boite ? demanda Maxime en s'approchant d'elle.

-Oui. dit-elle en touchant l'endroit où elle le cachait.

Bellec s'avança un peu plus :

-Pouvons-nous la voir ?

-Non.

Un lourd silence suivit la réponse d'Hélie. Certains Assassins qu'elle ne connaissait pas cessèrent leur activité devant ce refus. L'incompréhension se lisait sur le visage de tous ses frères. Elle les regarda calmement.

-Cette boite est un fragment d'Eden. Et comme vous le savez, il est de mon devoir de vous mettre en garde contre ces objets. C'est pourquoi je ne vous laisserai ni l'étudier, ni la toucher, ni même la voir. Je ne lui accorderai moi-même aucune attention. Le Templier qui l'avait en sa procession savait quel tort elle pouvait faire. Cette boite doit être cachée, non exploitée. Je ne reviendrais pas sur ma décision, mais j'accepterai néanmoins vos questions.

Elle les écouta, mais aucun n'osa parler. Hélie salua les deux maîtres, puis appela ses Assassins à la suivre. Ils s'exécutèrent sans broncher et sortirent du conseil.


-Tu ne vas même pas ouvrir cette boite ? se risqua Benjamin alors qu'ils se trouvaient dehors.

-Ai-je envie de découvrir les secrets qu'elle renferme ? Oui. Parviendrais-je à les élucider ? Non. Cette boite sert entre autre à trouver les piliers de la Terre. Des temples refermant des artefacts très puissants, qui peuvent changer la face de notre monde… La boite renferme probablement d'autres secrets. C'est une perte de temps sur laquelle je ne veux pas m'attarder.

-Tu es plus instruite que nous sur tout ce qui concerne les précurseurs. Tu y trouverais certainement certaines réponses que tu attends.

-Il y a certaines réponses que nous ne souhaitons pas découvrir… dit-elle amèrement.

Elle s'arrêta de marcher, faisant face à ses Assassins. Elle leur sourit, essayant de les égayer un peu.

-La mission fut un succès. Réjouissez-vous. Quoique Bellec puisse vous dire, vous avez du talent, beaucoup de talent. Un jour, vous irez seul en mission. Je crois beaucoup en vous, mais je ne peux vous en apprendre plus. Amusez-vous et surtout, reposez-vous.

Elle s'apprêta à repartir mais Maxime l'interpella.

-Tu peux toujours nous apprendre des choses Hélie !

Elle se retourna, étonnée. Les trois autres Assassins regardaient leur compagnon avec confusion. Bravant son immortelle timidité, Maxime s'approcha d'elle :

-Je peux comprendre que parler des temples et des précurseurs peut t'être dur, mais… Mais nous, nous t'écoutons. Que ferons-nous si nous découvrons un jour un de ces temples ? Tu ne peux peut-être pas tous les raisonner, mais moi, et, je l'espère, mes frères, serons attentif à tes avertissements.

Le silence se fit de plus en plus pesant et le jeune homme rougit.

-Alors je ne vous apprends plus l'art des armes ? demanda Hélie en riant.

-Tu l'as toi-même dis, lança Adel, tu n'as plus rien à nous apprendre !

Hélie sourit encore. Maxime avait eu une très bonne idée. Elle qui avait toujours été persuadée que sa seule voix de femme ne pouvait convaincre le monde du danger des artefacts, elle avait déjà quatre hommes à son écoute.

-Vous serez prêt à m'écouter parler pendant des heures ? demanda-t-elle avec amusement.

-On pari ? demanda Benjamin.

Elle rit encore plus. Ils se donnèrent parole : elle leur enseignerait les temples, les artefacts, les précurseurs avec pour seul contrepartie leur approbation.

Ils repartirent en direction de leur domicile, souhaitant bonne nuit à leur mentor. Paris était toujours plongé dans l'ombre, quelques boulangers étaient déjà levés pour fournir à la ville son pain. Hélie marcha seule dans les rues désertes. Elle entendit une personne courir derrière elle, son sang se glaça, la dernière fois que quelqu'un c'était retrouvé derrière elle, elle avait été ligotée à une chaise. Elle se retourna avec méfiance. Adel arriva près d'elle avec un grand sourire, content de lui avoir fait peur. Il ne dit rien et passa son bras autour de ces épaules, la raccompagnant jusqu'à ses appartements.


-Nous sommes arrivée, madame.

Elle sourit, levant les yeux au ciel devant cette fausse galanterie. Ils montèrent les marches qui menaient à son bureau.

-Tu as pris la bonne décision en gardant cette boite. dit-il.

-Je l'espère…

Elle tira l'objet qu'elle avait caché dans ses habits et le déposa dans un tiroir qu'elle ferma à clef. Elle s'assit ensuite sur une chaise, soupirant. Son cœur se serra un peu. Elle ne savait pourquoi. La fatigue peut-être.

-Adel… murmura-t-elle. Que ferons-nous après ?

-Après quand ?

-Après… je ne sais pas… Resterons-nous cachés ainsi, comme nous le faisons depuis le début ? Et puis, tu souhaites rester ici alors que je souhaite un jour regagner mon pays…

Il s'approcha d'elle, s'agenouillant pour lui prendre les mains :

-Eh bien j'irais avec toi.

-La vie avec moi sera difficile Adel… Je suis l'élue.

-Peut m'importe qui tu es, je t'aime. Si nous devons nous cacher, nous nous cacherons. Si nous devons partir, nous partirons. Beaucoup de choses seront difficiles à l'avenir, mais si tu m'aimes vraiment, nous les surmonterons, ensemble.

Elle le regarda. Un sourire étrange aux lèvres.

-Je t'aime vraiment.

Ils se relevèrent. Hélie ne pouvait détourner les yeux de son regard passionnant. Elle l'embrassa, puis se blottit dans ses bras. Il sentait le sable chaud, le désert. Elle ferma les yeux, passant ses bras autour de son cou, se laissant embrasser. Il passa ses mains dans ses longs cheveux, dénouant le ruban qui les maintenaient serrés. Puis il défit sa ceinture, libérant ces hanches fines de cette douloureuse pression. Il l'attira un peu plus vers lui, l'amenant dans la pièce voisine.

Il repoussa son long manteau bleu par terre, la déshabillant délicatement tout en l'embrassant. Elle se retrouva nue, dans les bras de ce grand homme qui l'admirait encore, à la fois troublée et conquise. Il caressa sa longue cascade de cheveux, son regard passionné surpassait tous les mots. Elle s'abandonna à lui, lui retirant également ses lourds vêtements orientaux. Ils s'allongèrent sur le lit. Prenant sa tête entre ses mains, il l'embrassa encore. Une étrange chaleur emplie le corps d'Hélie. Elle frissonna, pourtant elle n'avait pas froid. Le corps d'Adel sur elle lui faisait un peu peur.

Hélie ne l'avait jamais fait. Elle appréhendait, mais était conquise par l'amour certain que lui portait Adel. Il caressa encore ses cheveux, passionné par cette femme si belle, si douce, si parfaite. Il continua de l'embrasser en souriant. Il lui murmura quelques mots pour qu'elle ne s'inquiète pas, mais l'esprit de la jeune femme était tellement brouillé qu'elle ne put répondre. Elle eut un sursaut lorsqu'elle le sentit en elle. Son sang se glaça alors qu'elle découvrait cette étrange sensation. La douleur lui arracha un sanglot. Des larmes coulèrent le long de ses joues alors qu'elle serait Adel contre elle. Il fut doux, lui murmura quelques mots doux à l'oreille en essuyant ses larmes.

La douleur fut plus intense et lui arracha un cri, puis elle disparue. Un doux plaisir remplaça la douleur. Elle le sera plus fort contre elle, resserrant son étreinte autour de ses hanches, son visage plongé dans ses cheveux sombres. Elle l'aima si fort qu'elle oublia tout. Le monde n'était plus rien autour d'eux. Il n'y avait qu'eux, eux et leur amour.

Ils tombèrent dans l'oubli. Leurs cheveux entremêlés, leur corps entrelacés. Elle respira encore son odeur d'épice et de sable tandis qui lui murmurait une dernière fois son amour.


Lorsqu'Hélie rouvrit les yeux, la chambre était inondée de lumière. Un bruit confus et incessant découlait de la rue en contre-bas. Adel était réveillé. Il lui dit bonjour avec un sourire.

-Combien de temps ais-je dormi ? demanda-t-elle.

-Pas très longtemps.

Elle se leva en vitesse, attrapant ses vêtements et ceux d'Adel qu'elle lui tendit.

-Pourquoi ne me l'as-tu pas dis ? demanda-t-il.

-Dis quoi ? demanda-t-elle en s'habillant prestement.

-Que tu étais vierge.

Elle se redit. Par pudeur, elle lui avait tourné le dos.

-Je ne sais pas… Cela est… un peu gênant. Mais tu t'en doutais n'est-ce pas ?

-Le plus étrange pour moi est que tu m'aies fait confiance pour cela…

Hélie s'enroula ses habituelles bandes de tissus autour de la poitrine afin de la dissimuler. Adel s'habilla et s'approcha d'elle.

-Pourquoi fais-tu cela… Tu te fais du mal.

-Être une femme fait mal…

Il lui caressa encore les cheveux alors qu'elle enfilait sa chemise.

-Laisse tes cheveux détachés. Je les préfère comme cela.

-As-tu vu leur longueur ? dit-elle en riant. Si je ne les noue pas, ils me gêneront.

-Si tu ne les aimes pas comme cela, et qu'ils te gênent. Pourquoi les garder aussi long ?

Elle lui prit sa main et le regarda.

-Je souhaite garder quelque chose de ma mère.

Il acquiesça et lui sourit.

-Notre relation restera ainsi Adel… d'accord ?

-Pas un mot aux autres, promis.