Chapitre 13 ;)

Paa-x3 : Merci ;P Je pense que celui-là est un peu plus long que d'habitude :)

Onja : Héhé ^^ Là, je ne pense pas que la fin soit trop sadique mais pour le prochain chapitre, je suis morte xD

Alpo : Merci :D

Bonne lecture & Bonne année à tous ;)

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J'étais faible, trop faible pour résister à la volonté de ma grand-mère... Un Noël comme je n'en avais jamais vécu, je devais l'avouer, un Noël dans la joie et elle m'avait tout renvoyé à la figure et maintenant, nous étions dans un avion qui nous amenait à Seattle... Moi qui pensais aller à Forks en courant, me cacher dans les bois en attendant l'affrontement et ensuite repartir après avoir fait ma B.A. ! Eh bien non, Renée Dwyer en avait décidé autrement. Elle avait tenu à payer les places, et j'étais coincée entre elle et le hublot, je m'attendais à ce qu'à tout moment un sermon sortît de sa bouche.

- Renesmée ?

Et qui c'est qui avait encore raison ? Moi, bien sûr ! Je regardais jusqu'alors l'horizon bleu azur et les nuages de coton. Je me tournais vers elle, elle tenait dans une main le coca qu'une hôtesse venait de lui donner et son petit paquet de gâteaux apéritifs était entamé. Je n'avais pas touché ni à mon verre d'eau, ni à mon muffin. La nourriture humaine, c'est bien beau, mais le sang humain, ça, c'est du grand art culinaire et savoir tous ces humains, entendre tous ces coeurs battre... Une fois, j'avais pris l'avion avec Aro et d'autres Volturi, le pilote était un vampire, comme certaines hôtesses. L'avion s'est crashé en plein désert, aucun survivant, tous vidés de leur sang avant l'atterrissage forcé. Délicieux !

- Oui ?

- J'ai réfléchi à ce que tu m'as dis, à tout ce que tu nous a racontés... Je pense comprendre tes raisons, d'autres raisons que tu n'as pas évoquée... Je ne suis pas psychologue mais dans notre métier, on l'est tous un peu.

- Et donc ?

- Tu n'es pas la sans-coeur que tu prétends être, je t'ai vue évoluer, à l'école. Tu fuies ta famille par peur de souffrir, et de les faire souffrir. Tu es venue parce qu'ils sont en danger, plus que personne ne voudra jamais me le dire. Je t'en remercie si tu peux les sauver.

- C'est ma faute s'ils sont en danger, dis-je en tournant la tête vers le hublot, sentant déjà des larmes poindre.

- Oui, mais une sans-coeur serait partie sans prendre la peine de les écouter.

- C'est ce que j'ai failli faire. Discussion terminée.

Renée respecta mon choix. Je posai ma tête contre la fenêtre et fermai mes yeux, des larmes coulèrent alors que je sombrais dans les bras de Morphée... Démétri était devant moi, ou plus précisément sous moi. Il gémissait, pas de douleur et je poussais un hurlement, oh oui... Cinq d'abstinence, pour tout recommencer avec celui qui m'avait donné du plaisir. Il était en moi, profondément en moi. Tout ce que je ressentais était un plaisir innommable. Oh mon Dieu... Nouveau hurlement, suivis de pleins d'autres. Et comme dans chacun de mes rêves tout changea, Démétri me saisit par les hanches et m'envoya sur le côté, il était tout habillé et se dirigeait vers un Loup menaçant. Je courais m'interposer entre eux, nue. J'empêchais Démétri de l'attaquer, mais je reculais, je finis par frôler la fourrure douce de Jacob. Je m'enfonçais petit à petit à l'intérieur, comme dans un abîme. Et quand j'en sortis enfin, c'était pour m'apercevoir que je portais un sublime manteau, j'étais bouillante.

- Te plaît-il, Ren ? Je l'ai fait moi-même, c'est le poil de ce Loup infâme !

Je hurlais, mais pas de plaisir, en effet, c'était la fourrure, la peau, Jacob mort sur moi. Mes hurlements couvraient tous les bruits alentours, j'étais responsable de la mort de Jacob. Je m'acharnais sur Démétri qui restait stoïque, avec le même sourire sadique qu'Aro...

- Renesmée ! Réveille-toi ! Oh mon Dieu, Phil ! Elle fait un cauchemar !

Je ne pouvais m'empêcher de crier, cette peau morte sur moi me brûlait, et Démétri qui me regardait... Je le haïssais, il allait payer ! IL ALLAIT PAYER !

J'ouvris les yeux pour découvrir que tous les regards convergeaient vers moi. Renée était penchée au-dessus de moi et je lisais l'inquiétude dans ses yeux. Une hôtesse fardée me fixait avec sa bouche rouge sang en cul-de-poule.

- C'est bon... Je... Un mauvais rêve.

Les badauds repartirent à leurs affaires, Renée continua de me fixer, elle attendit encore deux ou trois minutes – je commençais à paniquer -, avant de se décider à me parler.

- Démétri ? Jacob ? C'était un cauchemar... A quel point horrible ?

- Il tuait Jake... Et me faisait un manteau de sa fourrure...

Renée grimaça et passa le dos de sa main contre ma joue. Je jetais un oeil à ma montre, j'avas dû dormir une petite heure... Et pour confirmer ce que je craignais une hôtesse annonça notre atterrissage imminent. Je m'installai comme il le fallait et regardais le paysage. L'état de Washington, mon lieu de naissance... Je n'y étais pas allée depuis quoi ? Dix-neuf ans sûrement. J'avais quel âge ? Vous le savez très bien...

Aucun problème ne se présenta, nous récupérâmes nos valises sans encombre, c'était maintenant que tout allait se compliquer. Mon trouble était bien visible, je marchais très lentement, Renée passa une main derrière mon dos et m'entraîna. L'aéroport n'était constitué que de vitres et de fer, d'après ce que j'en voyais et alors que nous prenions des escalators, je les vis apparaître sous mes yeux. Les Cullen. Mon coeur battit la chamade. Je serrai la hanse de ma valise et fis demi-tour en courant, je n'arrivais pas à me contrôler, je savais que j'allais trop vite mais je ne pouvais m'en empêcher.

- Renesmée ! Hurla Renée dans tout l'aéroport.

Je me réfugiais dans les toilettes et me barricadais. Non, non et non ! La fuite, pourquoi fuyais-je toujours ? A quand le temps où j'étais une véritable battante ? On se le demande... Je pris de grandes inspirations et me passais de l'eau sur le visage avant de voir Renée débarquer en furie. Elle m'attrapa par les cheveux et, se fichant du fait que j'étais un vampire capable de la tuer en moins de deux, elle avança en les tirant. Bien sûr, je dus simuler la douleur qui n'était pas assez importante pour être ressentie par un vampire ou même un demi-vampire. Et c'est ainsi, devant les yeux éberlués des voyageurs et de leur famille que j'arrivais à destination, devant ma propre famille. Le mastodonte qui avait maîtrisé Félix et que je reconnaissais pour Emmett pouffait de rire.

- Tu veux ma photo ? Lui demandai-je, excédée.

- Bah oui, j'en profiterais plus longtemps ! Me répondit-il, apparemment fier de sa blague.

Je passais ma main dans mes cheveux et fis lâcher Renée de force, mon corps se courba, mes cordes vocales produisirent un grognement, cela faisait trop longtemps que je n'avais pas fait ça... Et ça me manquait terriblement toutes ces bastons.

- Wowowo ! On se calme, Renesmée, Emmett ne voulait pas rire mais c'est un idiot qui n'a qu'un point chiche à la place du cerveau, dit Alice avec un sourire en s'avançant vers moi. Nous ne sommes pas ennemis, mais amis, même famille. Ce sont les Volturi, les ennemis.

- Qui sont aussi ma famille. Bien, on ne va pas rester planté là ?

Bella et Edward se regardèrent, j'avais l'impression que ma mère allait pleurer. Alice conduisit la marche et lorsque je passais près d'eux, je ne leur accordais même pas un regard, geste que je regrettais aussitôt.

Je me tournais, Bella était soutenue par Edward, la tristesse se lisait sur son visage et Renée semblait contrariée. Je m'avançais vers eux et à la surprise générale – même la mienne -, je les pris dans mes bras et les serrai fort. Leurs bras m'enlacèrent quand le choc fut parti, c'était bizarre comme sensation mais très agréable. Je n'avais jamais reçu de câlins d'Aro, il était plutôt froid, au figuré comme au littéral. Je finis par les lâcher et interrogeai Alice du regard, elle se réveilla en quelque sorte et nous conduisit aux voitures. Aucune parole n'avait été échangée, mais je sentais que l'ambiance était meilleure, c'était le principal. Renée et Phil montèrent dans la voiture d'Alice et Emmett, je montais avec mes parents, à l'arrière. La voiture était encore plus vieille que celle de Renée, pourtant elle semblait neuve. A peine étais-je montée, tous mes muscles se relaxèrent, ça sentait la maison, le réconfort. Edward se tourna vers moi avec un petit sourire.

- Cette voiture date de l'époque où tu vivais avec nous, nous ne l'avons pas touchée depuis, il y avait ton odeur. Nous n'avions pas le coeur de nous en séparer.

J'acquiesçais, ce n'était pas Aro qui aurait fait une chose pareille. La preuve, au bout de dix ans, il m'avait renvoyé toutes mes affaires et m'avait virée des Volturi. Et d'un côté, c'était tant mieux. Après un long trajet en voiture, nous arrivâmes enfin à Forks, à la villa Cullen. Je me glaçais devant cette vue, tous les souvenirs affluaient dans ma tête, ma naissance, mes premiers jours avec ma famille, Jacob, les disputes, les réconciliations, Rosalie qui me tenait dans ses bras, et l'arrivée des Volturi.

- Renesmée ? Tu veux rentrer, aller chasser ... ? me demanda Bella en posant une main sur mon dos.

- Je vais dire « Bonjour » et après... Chasser, le sang humain me manque trop, trop de temps coincée avec des humains...

- Bien, je viendrai avec toi, à moins que tu ne veuilles y aller seule. Il y a beaucoup de monde qui a hâte de te revoir.

Tout le monde était rentré sauf ma mère et moi, la porte était grande ouverte. Oui, ça sentait comme la maison, un moment de paix et de gaieté, voilà ce que représentait cette villa mais beaucoup de choses représentaient ça chez moi. Ma chambre de Volterra. Celle de Démétri. Le château entier des Volturi. La Toscane. Ici. Mon appartement à Phoenix. Beaucoup trop... Mon esprit était embué par tout ça, j'avais de nouveau envie de fuir. Bella dut le sentir car elle serra mon bras et m'entraîna à l'intérieur. Je n'avais donc pas le choix.

Toute une assemblée me fixait, certains tentèrent de s'approcher mais je reculais, non, je n'étais pas encore prête pour les grandes embrassades. Ce fut Jacob qui viola mes barrières, il oublia les menaces mentales que je lui envoyais et me prit dans ses bras, Bella s'écarta et rejoignit Edward. Je déglutit avec peine, lui aussi avait changé en dix ans, mais pas beaucoup. Il était plus mature dans son apparence, néanmoins son insolence de jeune Loup était toujours là, voyez ce qu'il venait d'oser... Après quelques minutes où je n'étais qu'une statue de marbre, il finit par me lâcher et m'embrassa sur le front.

- Bienvenue à la maison, Nessie.

C'était la goutte d'eau, je pouvais accepter des choses, je n'en pouvais plus et me mit à courir en direction de la montagne, c'était sans compter la rapidité de mon père qui me plaqua au sol en moins de deux, je mangeais l'herbe. Je grognais, me débattais, je voulais partir, je devais partir pour faire le point cependant ils ne le comprenaient pas et ne l'acceptaient pas ! Ils ne pouvaient pas être ma famille, non, ils ne le pouvaient pas ! Ma famille me comprenait, ma famille me connaissait.

- Edward ! Lâche-la ! Elle en a besoin, comme nous tous lorsque c'est trop dur à accepter, laisse-la partir, elle reviendra quand elle sera prête.

Rosalie, celle que j'avais sauvé. Enfin, que j'avais aidé. Elle attrapa mon père par les épaules et le tira en arrière, il lui grogna et je m'enfuis. Je parcourais tout l'état de Washington et lorsque je tombais sur un animal appétissant, son coeur n'avait plus très longtemps à battre. Lorsque je fus calmée, je m'installai sur un rocher, bien en hauteur, une habitude de mon passé de Volturi : dominer pour mieux observer et être moins facilement attaquée. Je balayais le paysage des yeux et m'aperçus que durant ma course effrénée, j'avais tourné en rond pour revenir aux abords de Forks. Je pouvais apercevoir la villa des Cullen, des petits personnages s'agitaient en tout sens. Je continuai à détailler les alentours, puis je vis une sorte de cabane. Intriguée, je m'approchais pour voir ce qui était en vérité un cottage. Dans mes souvenirs, il était plus neuf... Je poussais la porte d'entrée qui fit d'abord de la résistance puis se laissa faire dans un lugubre grincement. Je pénétrais dans la bâtisse qui sentait le renfermé, il y avait des toiles d'araignées dans les coins et ce qui avait dû être un endroit féérique n'était plus qu'une masure. Les draps blancs avaient virés à une couleur jaunâtre, grisâtre par endroits. Les odeurs de moisis cachaient celles qui me rappelaient cette période heureuse et lointaine qu'avait été ma petite enfance. Je parcourais les pièces qui n'étaient pas nombreuses, l'une d'entre elles m'étonna : c'était sûrement la plus grande et pourtant, elle était vide. Je passais à la suivante, une bourrasque s'y engouffra et ferma la porte derrière moi, m'arrachant un frisson de peur.

Je fermais les yeux et tendis les bras, en tournant sur moi-même. Ma main heurta un mobile pour enfants, un modèle très ancien, qui produisit une petite musique. Oui, c'était bien ma chambre. Cette chambre où mon père me prenait dans ses bras et me faisait tourner dans les airs, et dire que je n'avais pris ça que pour des hallucinations. J'ouvris les yeux et caressai du bout des doigts les barreaux du lit de bébé, les draps défaits, la commode où reposait une photo de moi et de mes parents, qui souriaient comme jamais je ne les avais vus sourire. J'époussetai le cadre pour voir mieux la joie qui régnait là. Et dire que j'aurais pu vivre là... Que j'aurais pu grandir dans ce bonheur plus fort que tout, cet amour... Et même si Aro ne m'avait pas kidnappée, cela pourrait faire dix années que je vivais avec eux. Je me haïssais. J'appuyais mon dos contre le mur et me laissai tomber à terre, la tête enfoncée dans mes genoux et mes bras les enserrant, je pleurais et n'entendis pas Jacob entrer dans la chambre.

- Renesmée ? Tout va bien ?

Je relevais les yeux et le fixais, les yeux trempés de larmes. Je déglutis et je me jetais dans ses bras, depuis le temps que ça me manquait... Je n'avais pas réalisé à quel point cette famille était tout ce dont j'avais toujours rêvé car c'était ma famille et qu'ils m'aimeraient toujours, quoi que je fisse...

- Jacob... Jacob...

- Chuut... Je suis là, ça va aller.

- Je t'aime...

Son corps se tendit, il passa un doigt sous mon menton et releva mon visage de son torse musclé *. Il colla ses lèvres aux miennes pour un baiser tout en douceur, mais je voulais plus... Mes mains agrippèrent sa nuque et mon corps épousa chacune des courbes du sien, cinq années d'abstinence, l'homme que j'aimais, je m'en foutais comme de l'an 40 que ce fût ma chambre de bébé toute sale... J'étais moi-même d'humeur très sale...

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*: Vous vous rappelez les abdos de Taylor dans New Moon ? Oui, question idiote ^^ Imaginez-vous maintenant à la place de Renesmée. Vous la haïssez, vous aussi ? xD

Oh pas trop sadique ce coup-ci, non ? :P

Vous avez aimé ? Oui, non ? Dites-moi ;)

/!\ On reprend les bonnes vieilles habitudes avec seulement UN chapitre par semaine, le samedi, et le teaser le mercredi si review ;) Pour celles ( ceux ? ) qui n'ont pas de compte , n'oubliez pas de mettre votre mail :) /!\

Bisous

Nyah-Cullen.