Le lendemain, quand Ginny se réveilla finalement, sa chambre était claire malgré les épais rideaux pendus à sa fenêtre. Elle les tira et constata que le soleil était déjà haut dans le ciel. Il devait être midi passé.

Glissant ses pieds dans les pantoufles en forme de dragon que Charlie lui avait offertes la nuit précédente, elle descendit retrouver sa famille dans la cuisine. Elle fut étonnée de les voir encore tous attablés – même la tante Muriel, qui avait passé la nuit au Terrier – et tous encore en pyjama, sauf sa mère qui s'habillait tous les matins avant même de descendre petit-déjeuner.

— Joyeux Noël tout le monde, dit Ginny en entrant dans la pièce. Qu'est-ce que –
— Shhhhhhhhhhhh !

Après lui avoir signalé de se taire, George lui fit signe de s'asseoir sur une chaise libre. Ce ne fut qu'à ce moment que la jeune fille remarqua qu'ils écoutaient tous la radio. Elle regarda l'horloge de la cuisine : 12 h 23. Elle fronça les sourcils. Ce n'était pas l'heure habituelle dePotterveille, il devait s'être passé quelque chose.

Son cœur s'accéléra et elle s'assit à côté de son frère. Elle entendait Lee et Remus – River et Romulus – discuter. Elle eut du mal à comprendre de quoi ils parlaient pendant un moment, puis elle capta le nom de Harry.

— Qu'est-ce qui lui est –
— Mais tais-toi !

Ginny se renfrogna mais tourna toute son attention vers Potterveille.

— Alors, nous répétons pour ceux qui viennent de se joindre à nous – c'est le matin de Noël quand même, on peut les laisser faire la grasse matinée, disait Lee. Hier soir, Harry Potter et Hermione Granger ont été vus à Godric's Hollow.
— Pour ceux qui ne le savent pas, c'est là où est né Harry et là où sont morts ses parents.
— Merci, Romulus. Un sorcier né-Moldu qu'on ne nommera pas – mais qu'on remercie du fond du cœur pour son information – les aurait vus dans le cimetière.
— On ne sait pas ce qu'ils faisaient là.
— Ce matin, la maison de Bathilda Tourdesac – une autre résidente de Godric's Hollow – était détruite, et l'auteure elle-même a été retrouvée morte. On nous a dit qu'elle était décédée depuis un moment.

Ginny prit la main de George, paniquée.

— On croit que Harry et Hermione étaient chez Bathilda, continua la voix calme de Remus. Et que c'est pour ça que la maison a été détruite.
— Mais ils n'ont pas dû se faire prendre. Si Vous-Savez-Qui leur avait mis le grappin dessus, soyez sûrs qu'on le saurait ce matin.

Ginny se leva, faisant basculer sa chaise, et courut jusqu'au salon, où elle leva les yeux vers l'horloge, ayant peur de ce qu'elle y verrait. Mais les aiguilles de ses amis étaient toujours sur « En danger de mort » – ce qui, en soi, ne voulait rien dire, s'ils étaient chez Voldemort ils seraient tout autant en danger. Mais Lee avait raison, s'ils avaient été attrapés, le monde entier l'aurait su dans les quinze secondes suivantes. Un peu soulagée, elle se retourna vers la cuisine.

Sa mère éclata en sanglots. Charlie et son père la prirent dans leurs bras et Ginny regarda les jumeaux, ne comprenant pas pourquoi tout le monde avait toujours la mine si sombre.

— Ils n'ont pas parlé de Ron, dit Fred d'une voix plate.

Le cœur de Ginny descendit en chute libre. Elle avait été si préoccupée par le bien-être de Harry qu'elle n'avait même pas remarqué que son frère n'avait pas fait partie de l'aventure nocturne de la veille. Il n'était pas mort – elle l'aurait vu sur l'horloge. Mais alors, où était-il ? Ginny repensa fugacement à la voix mystérieuse chez Bill, mais non, c'était ridicule. Ron était parti avec Harry et Hermione, que ferait-il chez Bill ?

Ils passèrent une journée de Noël franchement déprimante, s'inquiétant pour le bien-être du trio. Même la tante Muriel était presque agréable, si on omettait ses remarques sur les cheveux de Ginny, qu'elle trouvait trop courts pour une jeune fille – Lavande les lui avait coupés aux épaules le mois précédent – et sur le nouveau tatouage de Charlie, qui était visible dès qu'il portait des manches courtes et qu'elle trouvait particulièrement vulgaire.

— C'est juste mon nom en alphabet cyrillique, tante Muriel.
— Comment veux-tu qu'on le sache ? répondait-elle de sa voix perçante. Ça pourrait être un juron, hein, qu'est-ce qui nous dit que c'est pas un juron ?

Mais même les têtes ridicules que tiraient ses enfants devant les bêtises de leur tante ne suffisaient pas à tirer Molly de son malheur. Ginny s'efforça même d'aller chercher un disque de Celestina Moldubec et le fit jouer à tue-tête dans le salon pendant qu'ils mangeaient un dîner frugal autour de la table basse, mais ils n'eurent même pas droit à un sourire.

Molly monta se coucher peu après le dessert – une tarte qu'elle avait laissée brûler au four – et les enfants se regardèrent, désespérés.

— Ça va lui passer, dit Arthur en enfilant son manteau pour aller raccompagner Muriel chez elle. Dans quelques jours, on aura des nouvelles de Ron, et elle nous reviendra. Vous verrez.

Mais malgré ses efforts, il n'avait pas l'air convaincu de ce qu'il avançait. Ginny le voyait aussi, plusieurs fois par jour, regarder l'horloge du salon et pousser un soupir de soulagement chaque fois qu'il constatait que personne n'était mort dans la dernière heure.

Une fois tante Muriel et leur père partis, les enfants Weasley errèrent comme des âmes en peine dans la maison avant de se décider pour une partie de cartes dans le salon. C'était Noël, ils ne pouvaient pas aller se coucher avant vingt-deux heures, tout de même !

Finalement, ils montèrent peu avant minuit, trop préoccupés pour faire quoi que ce soit d'intéressant. Ginny se mit en pyjama, mais elle n'était pas fatiguée du tout. Après tout, elle s'était levée même pas douze heures auparavant. Elle sortit machinalement le Gallion ensorcelé de l'AD de la poche de ses jeans, s'attendant à ce qu'il n'ait pas changé, mais elle remarqua de nouvelles inscriptions sur la bordure. Elle décrypta avec attention ce qui y était inscrit, et sourit.

Jyx Noël à ts ! – Nev

Si seulement le courrier fonctionnait encore comme il faut, ils auraient pu s'échanger des lettres et des cartes de Noël. Elle aurait eu beaucoup de choses à lui dire sur le dernier épisode de Potterveille mais c'était bien trop dangereux. Ils ne savaient pas entre quelles mains leurs missives pouvaient tomber. Kingsley leur avait répété au moins dix-huit fois, le jour où ils étaient retournés à Poudlard, de ne pas écrire dans une lettre ce qui ne devait pas être su. Ce qui était essentiellement tout, ces jours-ci. Ginny soupira. De plus en plus, Tom était celui vers qui elle se tournait pour raconter tout ce qu'elle avait sur le cœur.

Elle finit par aller se coucher, mais après une heure à se tourner et se retourner dans tous les sens sans trouver le sommeil, elle alluma sa lampe de chevet, sortit le journal et l'ouvrit à la page du 26 décembre. Tom et elle eurent une longue conversation sur tout et rien ; le genre de conversation qu'elle aurait pu avoir avec Hermione, sur le fauteuil de la salle commune de Gryffondor devant le feu, ou avec Harry sous un arbre près du lac, un jour de printemps ensoleillé. Il n'y eut pas de voyage cette fois, que des mots, des échanges d'histoires, d'anecdotes. Avec un peu d'imagination, les images que Tom faisait naître dans l'esprit de Ginny étaient aussi vivantes que quand il l'invitait dans ses souvenirs.

Plus de deux heures plus tard, Ginny ferma finalement le journal et réussit à s'endormir, un sourire paisible sur les lèvres.


Le reste des vacances se déroula sans incidents. Entre les réunions de l'Ordre – auxquelles elle avait enfin le droit de participer même si elle était mineure, au grand dam de sa mère –, les longues conversations avec Tom agrémentées de quelques voyages dans le passé et les jeux occasionnels avec ses frères, Ginny n'eut pas le temps de s'ennuyer. Ils écoutaient toujours Potterveille tous les soirs, mais après le 25 il n'y eut plus de mention de Harry ni de ses amis. D'ailleurs, même les Mangemorts semblaient avoir pris des vacances pour Noël : il y avait moins de décès que d'habitude, moins d'attaques. Même l'ambiance au ministère était moins lourde que d'habitude, selon Arthur. Il ne s'en plaignait pas.

Molly, accompagnée de Ginny, avait essayé d'aller chez Xenophilius le 27 avec une tarte aux fruits qu'elle avait confectionnée la veille – pas brûlée, celle-là. « Le pauvre homme est seul pour Noël », avait-elle dit en partant. Cette fois-ci, il avait ouvert. Il avait les traits tirés, comme s'il n'avait pas dormi depuis plusieurs jours. Il ne sourit même pas quand Molly lui donna la tarte, récitant quelques instructions pour sa cuisson. Arthur avait bien dit à sa fille de ne pas parler de Luna, mais Ginny ne put s'empêcher de la mentionner. À l'entente du prénom de sa fille, Xenophilius leur claqua presque la porte au nez. Molly se tourna vers sa fille, un air accusateur dans les yeux.

— Désolée, maman, c'est sorti comme ça.

Ce soir-là, elle ne parla que de Luna à Tom, lui racontant leur première rencontre, quand elles étaient toutes les deux en première année dans le cours de botanique – la Serdaigle lui avait demandé si elle savait où se cachaient les prunes déifiées. Jusqu'à ce jour, elle ne savait toujours pas de quoi il s'agissait. Quand elle reverrait son amie, elle lui demanderait. Elle lui parla aussi du collier en fleurs qu'elle avait fait pour son amie, qu'elle avait compté lui offrir le jour de Noël.

Elle a l'air charmante, j'aurais aimé la rencontrer.

Les yeux humides de larmes, Ginny sourit. Il y avait quelque chose de tellement incongru dans l'image de Luna et Tom, ensemble. L'un sombre, sérieux, un futur mage noir. L'autre pétillante, lunatique. Elle mettrait Tom hors de ses gonds en trente secondes, il n'y avait aucun doute.

Menteur.

Ils discutèrent encore quelques minutes, puis Ginny rangea son ami et tomba dans un sommeil profond.


Arthur n'avait pas eu tort le lendemain de Noël, quand il avait prédit qu'ils auraient bientôt des nouvelles de Ron.

C'était le 28 décembre, Ginny était dans sa chambre, la porte ouverte, en train de faire à contrecœur un devoir de métamorphose pour la rentrée, quand elle entendit une explosion non loin. Elle regarda par sa fenêtre mais ne vit rien d'autre que leur propre jardin – dénué de gnomes pour l'hiver. Quelques étages au-dessus de sa tête, la goule déguisée en Ron se mit à taper partout, faisant un vacarme qui noyait les échos de l'explosion.

Ginny sortit sur le palier devant sa chambre et leva la tête dans la cage d'escalier. Elle vit Charlie à l'étage supérieur, l'air aussi perplexe et inquiet qu'elle.

— T'as vu ce que c'était ? demanda la jeune fille à son frère, dont la chambre faisait face à l'autre côté de la maison.
— Il y a de la fumée, mais je n'ai pas vu l'explosion.
— C'est chez les Lovegood ! appela la voix d'Arthur depuis le salon.

Ginny jura et dévala l'escalier, suivie par son frère. Fred et George étaient à leur magasin, préparant la réouverture fixée au lundi suivant – Molly avait réussi à les convaincre de fermer pendant les vacances de Noël – et sa mère était dans le salon avec leur père, regardant par la fenêtre. Ils voyaient clairement la fumée qui provenait de la maison des Lovegood. Arthur avait déjà enfilé son manteau, Charlie et Ginny firent de même.

— Ginny, tu restes ici, dit Arthur.
— Non.

Il se tourna vers sa fille, un air énervé sur le visage.

— On ne sait pas ce qui se passe là-bas, c'est peut-être dangereux, je veux que tu restes ici.
— Et moi je te dis que non. C'est la maison de mon amie, je veux savoir ce qui se passe. Et je ne suis plus une enfant, papa, j'ai seize ans et je mène l'Armée de Dumbledore avec Neville et Luna.
— Oui, mais –
— Slughorn m'a admise dans son club à cause de la puissance d'un de mes sortilèges.

Arthur et Molly échangèrent un regard, mais ils ne pouvaient rien faire. Ginny tenait ça de sa mère : quand elle avait une idée en tête, rien ne pouvait la faire en démordre. Même quand elle était bébé et qu'elle voulait sa poupée. C'est comme ça qu'elle s'était cassé le bras à deux ans, quand Charlie l'avait assise sur la branche d'un arbre et l'avait oubliée. Ginny avait essayé de la récupérer elle-même, ce qui lui avait valu un voyage à Sainte-Mangouste.

— Je resterai avec elle, intervint Charlie.

Les Weasley finirent par se résigner et partir vers la maison de Xenophilius à travers la neige, Ginny rouspétant qu'on n'avait pas besoin de la surveiller, qu'elle savait se débrouiller.

Il ne fallait que quelques minutes pour grimper la colline qui séparait le Terrier de la maison des Lovegood, aussi les trois Weasley furent rapidement confrontés à une vision terrible.

La maison en forme de tour de leurs amis était traversée de part en part par un immense trou béant et fumant. Ils voyaient à travers la maison la forêt dans laquelle Luna avait amené Ginny cueillir des fleurs, une fois. Un des pans de la maison s'était effondré, vomissant briques et planches de bois. Sans se consulter, ils partirent au pas de course vers la maison — ou ce qu'il en restait. À quelques mètres de la porte d'entrée, Arthur arrêta ses enfants.

— Ça n'a pas l'air stable. Il faut solidifier comme on peut avant de s'en approcher.

Charlie et lui lancèrent donc quelques sortilèges de maintien, espérant qu'ils tiennent le coup. Pendant ce temps-là, Ginny, qui n'avait que seize ans et ne pouvait donc pas utiliser de magie hors des murs de l'école – ce qui ne l'empêchait pas d'amener sa baguette partout où elle allait, si elle se faisait attaquer elle ne se gênerait pas pour se défendre, mineure ou pas –, s'était placée le plus près possible du trou, et criait à s'en arracher la gorge le nom de son voisin. Elle n'entendait rien de plus que son père et son frère qui continuaient à sécuriser la maison. Elle espérait que ça voulait dire que Xenophilius était sorti au moment de l'attaque, mais elle en doutait.

Finalement, Arthur décida que tout était aussi solide que ça pouvait être et ils purent entrer dans la maison — « mais on reste toujours dans la même pièce ». La porte était verrouillée, ironiquement, alors ils durent grimper par une fenêtre ouverte du rez-de-chaussée. Arthur lança rapidement un Hominum revelio, qui révéla que la maison était vide.

— Vide de vivants, dit Charlie d'une voix basse.

Arthur, Ginny et lui fouillèrent la cuisine et le salon à la recherche d'indices.

— Eh, regardez ça, les appela Ginny dans la cuisine.

Il y avait un plateau avec quatre tasses de thé et une théière. Elle posa la main dessus.

— Elle est encore tiède.
— Quatre tasses, Xenophilius avait de la visite...

De la visite au nombre de trois personnes. Le cœur de Ginny fit un bond. Tout le monde savait quel trio se promenait dans la nature, en ce moment. Etait-ce possible qu'ils soient venus ici, tout près du Terrier, il n'y avait pas longtemps ?

Ils sursautèrent violemment quand quelqu'un ouvrit la porte, que Charlie avait déverrouillée, et entra dans la cuisine derrière eux. Ils firent volte-face, leurs baguettes prêtes à être utilisées, mais il ne s'agissait que de Molly, le visage rouge, à bout de souffle, ayant visiblement couru jusqu'ici depuis le Terrier. Elle s'assit sur une chaise, la main posée sur sa poitrine, et dit sous le regard inquiet de sa famille :

— C'est à la radio... ils disaient...
— À Potterveille ? Ils en parlent déjà ?

Molly secoua la tête.

— La radio officielle... du ministère... Ils ont arrêté Xenophilius.

Ils se regardèrent un instant, inquiets, puis Arthur déclara qu'ils devaient partir, tout de suite.

Avant de sortir, Ginny leva la tête. Par un trou dans le plafond, elle voyait ce qui devait être la chambre de Luna. Elle voyait une grande peinture. Elle ne voyait que le visage de Neville et des cheveux roux qu'elle supposait être les siens. Luna lui avait parlé de cette fresque, qu'elle avait réalisée après leur aventure au ministère deux ans auparavant. Elle espérait encore avoir la chance de revenir la voir au complet, se dit-elle en refermant la porte derrière elle.


Quand ils arrivèrent à la maison, une dizaine de minutes plus tard – ils prirent leur temps pour rentrer, pour épargner le cœur de leur pauvre mère – les jumeaux étaient rentrés du Chemin de Traverse, Bill et Fleur les attendaient dans l'entrée et, au moment où ils passaient la grille du jardin, Remus apparut devant eux.

— On a entendu à la radio, dit Remus en voyant Arthur. Je suis venu tout de suite. Xenophilius a vraiment été arrêté ?
— Avec force, visiblement. La maison est détruite.

Tout le monde entra dans le Terrier et Molly se dépêcha de préparer du thé, afin que tout le monde se remette de ses émotions.

— Tonks n'est pas venue avec toi ? demanda Fleur à Remus.
— Le Médicomage ne conseille pas le transplanage lors du troisième trimestre de la grossesse. Mais croyez-moi, ça n'a pas été simple de la convaincre de rester à la maison.

Molly revint de la cuisine, un plateau portant neuf tasses de thé et une assiette de cookies flottant devant elle. Chacun se servit et un silence sérieux retomba sur la pièce, rompu quelques instants plus tard par Remus.

— Qu'avez-vous vu, chez Xenophilius ?
— On a juste eu le temps de regarder le salon et la cuisine avant que maman n'arrive pour nous dire qu'il avait été arrêté, dit Charlie.
— Il aurait été trop dangereux de monter à l'étage, de toute manière.
— Une idée de la raison de son arrêt ?

Charlie et Arthur se tournèrent vers Ginny.

— Il y avait quatre tasses, dit-elle. Sur le comptoir de la cuisine, Xeno avait sorti quatre tasses de thé, et il était encore tiède. Il avait trois invités au moment de son arrestation.

La révélation eut l'effet escompté. Molly porta la main à sa poitrine, Bill prit la main de Fleur et Remus s'avança dans son fauteuil.

— Harry, vous croyez ?

Ginny hocha la tête, soulagée que quelqu'un d'autre ait fait la même association d'idées qu'elle.

— Il n'avait certainement pas servi du thé aux Mangemorts qui l'ont arrêté, dit George.
— Et il faut avouer que les maisons où Harry se trouve ont une légère tendance à se faire attaquer, ces derniers temps, ajouta Fred.

Ginny sourit légèrement. Elle devait avoir raison, ses amis avaient été tout près d'elle, ils étaient sains et saufs ! Autant qu'ils pouvaient l'être…

— Tu as bien dit qu'il y avait quatre tasses ? demanda Molly à Ginny.

Son visage s'illumina d'un large sourire quand sa fille acquiesça.

— Ça veut dire que Ron était avec Harry et Hermione ! C'était sûrement une erreur de Potterveille quand ils ont dit que seuls Harry et Hermione étaient à Godric's Hollow. Le témoin a simplement dû ne pas voir Ron, mais il devait y être aussi.

Personne ne vit le regard furtif que s'échangèrent Bill et Fleur.

— Mais si c'était effectivement eux, dit Charlie, que faisaient-ils là ? Pourquoi Xenophilius ?

Pourquoi lui et pas nous ? pensa Ginny. Ça ne devait pas être une visite anodine, un arrêt impromptu pour prendre le thé. Ils devaient chercher quelque chose. Mais quoi ?

Tout le monde réfléchit à la question, mais personne n'avait la moindre idée.

— On ne sait même pas ce qu'ils font depuis le mois d'août, dit Arthur dans un soupir. Comment peut-on deviner ce qu'ils faisaient chez Xenophilius ?
— On ne peut même pas être certains à cent pour cent que c'était vraiment eux, ajouta Bill. On se trompe peut-être sur toute la ligne.

Ils hochèrent la tête, mais personne ne croyait vraiment que c'était un hasard que Xenophilius ait eu trois invités au moment où il s'était fait arrêter.

— Au moins, on est certains qu'ils ne se sont pas fait prendre, que ça ait été eux ou pas.

Ginny vit dans les visages de ceux qui l'entouraient que tout le monde croyait que c'était eux. Une étincelle d'espoir était née de nouveau, et Ginny avait hâte de pouvoir la partager avec Neville et les autres de l'AD.