Bonsoir à tous,

Voici la suite. J'en profite pour remercier également les non inscrits pour leurs reviews adorables.

Bonne lecture.

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Chapitre 13

POV Bella

Quel sentiment de puissance... Je n'avais encore jamais ressenti ça. Il m'avait été aisé de répondre à ses hommes au sortir de l'Opéra. J'avoue avoir eu quelques craintes en comprenant que nous allions sortir pour mon anniversaire.

Santi m'avait vraiment gâté et j'étais plus qu'heureuse d'avoir pu manger avec les Cullen. Même Edward avait daigné faire le déplacement. Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre en le voyant et je fus surprise de ressentir un mépris certain pour cet homme. Je ne me savais aussi rancunière et j'essayai de gérer ça en gardant un visage impassible. Je vivais son rejet comme une trahison et n'étais pas prête à lui pardonner ses deux mois de silence et sa vision si stupide des choses. Il me prenait pour une salope qui se faisait manipuler par Santi. Qu'il aille au diable !

Durant toute la soirée, j'avais veillé à respecter les conseils de Grace. Le repas au Marcello s'était déroulé dans un salon privé et je m'étais laisser allée à être moi. Par contre, du moment où nous nous étions retrouvés à l'extérieur, j'avais enfermé la petite fille qui était en moi. Le corset de la robe me permettait d'être droite, ce qui me conférait une attitude stricte tout à fait à propos.

Nous arrivâmes dans notre loge pile avant le début de Carmina Burana. J'avais déjà entendu cette Cantate sur CD mais j'étais subjuguée de pouvoir l'écouter en vrai. L'acoustique de la salle développait magnifiquement les voix et instruments présents sur scène. Je dus même me retenir à la rambarde de la loge. J'eus la chair de poule du début à la fin et tout le reste disparut. Il n'y avait plus que les artistes sur scène et moi.

Peu de temps avant que les lumières se rallument, je vis que Santi ne regardait pas la scène. Il jaugeait d'un œil sévère deux couples assis au dixième rang du parterre. Je voulus lui demander si tout se passait bien mais fus interrompue par l'ovation du public pour l'œuvre qui venait de s'achever. Mon ami sembla énervé de voir ses connaissances mais il m'aida à passer ma veste avant que je puisse lui parler. Je savais qu'il aurait souhaité pouvoir me prévenir de la façon d'agir avec des personnes de notre monde. Heureusement que Grace m'avait conseillé. Je me penchai doucement vers lui pour le rassurer en souriant.

-Ne t'inquiète pas, je sais quoi faire.

Il fronça les sourcils mais ne dit rien et m'offrit son bras pour m'aider à sortir. J'abandonnai mon air juvénile et souriant pour redevenir la femme de l'ascenseur. Tant que je n'étais sûre de rien, je devais préserver le moi public.

Deux hommes en smoking nous attendaient en bas des marches. Ils étaient accompagnés par de belles femmes en robe sombre. Toutes deux avaient un collier autour du cou qui me fit immédiatement penser à celui que portait la brunette à mes genoux dans l'un de mes rêves. Elles fixaient le sol sans sourcier et je décidai de les ignorer pour l'instant.

-Peter, Stéphane ! Quelle joie de vous voir ! Ça faisait longtemps.

-On se disait la même chose Santi. Bonsoir Dame Isabel.

Je remerciai silencieusement mon ami d'avoir lancé une discussion. Ils m'avaient carrément adressé la parole en me testant. Je me contentai de les dévisager en comptant lentement jusqu'à dix pour chacun avant de répondre.

-Bonsoir Messieurs.

Ils ne semblèrent pas surpris par ma réponse, ni par le ton employé. L'un d'eux continua la discussion comme si nous étions des amis de longue date.

-C'est un grand plaisir de vous voir Dame Isabel. Nous commencions à nous inquiéter de ne pas vous voir.

Il n'était vraiment pas doué pour masquer le très gros mensonge qu'il venait de dire. Il n'en avait strictement rien à foutre de moi, ce qui l'intéressait c'était les ragots sur ma trop longue absence.

-Je vous remercie de votre sollicitude Messieurs. Santi, allons-y, nous sommes attendus.

J'avais répondu d'une voix froide et détachée que je commençais juste à maîtriser et je fus contente de les voir écarquiller légèrement les yeux. Je regardai Santi qui opina du chef face à ma demande.

-Messieurs, bonne soirée. Au fait, l'anniversaire du Club approche, nous espérons vous y voir.

-Avec grand plaisir Santi. Aurons-nous le plaisir de vous y voir Dame Isabel ? Vos talents nous manquent.

Je n'en revenais pas du culot qu'avait cet homme. Une envie exacerbée de le frapper prit naissance au fond de mes tripes et je serrais subtilement le bras de Santi pour éviter de gifler l'autre con.

-Je ne manquerais pas de vous remettre à votre place le moment venu. Bonne continuation Messieurs.

Je laissai planer volontairement la menace avant de me détourner pour sortir. Plus aucun son ne s'échappa de la bouche des deux pingouins et Santi resta silencieux en tentant de conserver une mine impassible. Etrangement, je me sentis apaisée d'avoir remis en place ce Peter. Je risquai un regard vers Santi qui restait sérieux et fus rassurée de le voir me faire un clin d'œil. Nous patientâmes quelques minutes le temps que le voiturier arrive avec le SUV. Nous nous y installâmes rapidement et Santi éclata de rire dès que nous passâmes le coin de la rue.

-Tu as été parfaite Bella ! Rien à rajouter. Ça faisait longtemps que je n'avais pas vu Peter dans cet état. Il méritait d'être remis en place.

-Tu n'es pas fâché ?

-Pourquoi le serais-je ?

J'étais rassurée maintenant. J'avais eu tellement peur de commettre un impair.

-Je ne savais pas vraiment comment faire. Grace m'a donné quelques conseils...

-Pourquoi lui as-tu posé la question à elle ? J'aurais pu te guider.

-Ne songe même pas à t'en prendre à elle Santiago ! Je lui ai posé la question juste avant ta visite chez moi. Je ne savais pas du tout comment réagit, même avec toi.

-Je ne lui ferais rien, ne t'inquiète pas Bella. Ses conseils ont été efficaces. Il va falloir que tu me racontes ce que tu as ressenti lorsque tu as remis Peter à sa place.

-J'ai eu envie de le frapper pour m'avoir parlé comme ça.

-C'est à peu de chose près ce que je voulais faire aussi et c'est ce que tu aurais fait, il y a un peu plus d'un an.

Je fixai Santi la bouche ouverte face à cette révélation. J'avais peur de comprendre ce qu'il était en train de me dire. Enfin, peur pas vraiment... Ce n'était pas le mot juste. Le puzzle était en train de se mettre en place dans ma tête mais pas encore assez vite à mon goût.

-Tu es prête pour la fin de la soirée ?

-Ce n'est pas fini ?

-Oui et non... Je voulais te proposer de passer au club. Qu'en dis-tu ?

-Que va-t-on y faire ?

-Je veux juste te montrer ce que ça donne quand il est plein. Nous n'irons pas en privé. Je voudrais juste que tu voies l'ambiance depuis mon bureau.

-Je suis partante...

Je n'osai pas lui dire que je mourrai d'envie d'y aller et surtout de voir si lui aussi avait des télévisions qui montraient des scènes plus que torrides. Santi se gara sur une place pile devant l'entrée du club. Un cordon rouge était déployé sur le côté pour contenir la foule qui désirait entrer. La silhouette maintenant familière de Logan se détachait du lot. Il se tourna vers nous lorsqu'il vit la voiture. Mon ami sortit de son côté et contourna le véhicule pour ouvrir ma portière. Il tendit la main pour m'aider à sortir.

-Ne t'en fais pas, il ne t'approchera pas.

-J'espère bien !

Il posa ses lèvres à la commissure des miennes avant d'avancer vers l'entrée du club. Je conservai la même posture qu'à l'Opéra et gardai un visage sévère en détaillant les jeunes qui nous fixaient. Logan se pencha en avant dans une posture tout simplement grotesque et nous ouvrit la porte en grand pour nous permettre d'entrer.

-Bonsoir Monsieur, Bonsoir Madame. Bienvenue au Black Blade.

Je ne le regardai même pas et laissai Santi être poli pour moi. Je savais qu'il espérait un regard ou un geste de ma part mais il était hors de question que je lui donne satisfaction. Cet homme me faisait peur sans que j'arrive à savoir pourquoi.

Le club semblait plein à craquer et paraissait totalement différent. A chaque fois que nous étions venus, les lampes de service étaient allumées et l'espace était vide. Ce soir, de faibles lumières sur des candélabres gigantesques conféraient une teinte angoissante aux murs noirs. Les colonnes du bar semblaient animées d'une lave rouge sang et la piste de danse était remplie de jeunes en train de s'agiter sur une musique techno très désagréable. Une brume opaque se répandait et donnait l'impression d'être dans un film d'horreur. Les podiums, eux aussi, étaient remplis de monde et les cages étaient éclairées pour mettre en valeur les gogos danseuses présentes pour la soirée.

Tous les serveurs étaient habillés en noir. Les hommes étaient en pantalon droit et portaient un veston sans rien en dessous. Les femmes étaient en short ultra court et en corset. Il se dégageait d'eux une aura de luxure qui devait être préméditée au vu des réactions des clients. Ils étaient tellement différents des fois où je les avais vu durant la journée que j'avais du mal à les reconnaître.

Sous le regard avide de certains clients présents dans l'entrée, Santi ouvrit une porte menant au vestiaire et s'arrêta quelques instants près de la femme qui s'y trouvait et jeta un coup d'œil rapide sur l'ordinateur qui décomptait le nombre d'entrée et les ventes de boissons. Il rédigea une brève note avant de la tendre à la jeune femme.

"Happy Hour sur le champagne. Pour deux magnums commandés, une bouteille offerte"

Elle sourit discrètement sans le regarder dans les yeux puis entra l'ordre dans l'ordinateur. Santi m'avait expliqué que toute demande transitant par cet ordinateur et celui du bureau de la direction permettait de prévenir l'ensemble du personnel du club.

D'un geste discret, il m'invita à me diriger vers la porte au fond de la pièce. Elle menait à son bureau. Je n'y avais jamais mis les pieds. Il faut dire que chaque tentative de notre part pour me faire pénétrer ici, c'était soldée par une crise de panique énorme. Je ne saurais dire si c'est la soirée ou le fait qu'il fasse nuit mais je me sentais l'aise, à ma place. Je n'avais pas peur et ne sentais aucune angoisse prendre naissance dans mon ventre.

Nous pénétrâmes dans ce que je pus qualifier de réserve et Santi me précéda pour ouvrir une porte matelassée assez volumineuse. En entrant dans la pièce, j'eus l'impression d'être rentrée à la maison. Un parquet sombre s'étendait sur toute la surface et les murs étaient recouverts d'une tenture rouge aux dessins bordeaux. De petits candélabres noirs étaient accrochés à intervalles réguliers, de fausses bougies étaient allumées et projetaient des ombres incertaines sur les murs. Un plafonnier reprenant l'idée des chandeliers était également allumé.

Tout le mobilier était fait dans un bois très foncé et reposait sur un énorme tapis d'orient aux couleurs rouge et or. Un grand miroir remplaçait tout le mur du fond et je trouvai cette idée légèrement grotesque mais je me gardais bien de le mentionner devant mon ami. Après tout, c'était son bureau.

Il me proposa de m'asseoir sur l'un des gros fauteuils en cuir qui entourait une table basse et se dirigea vers son bar personnel. Il revint avec deux petits verres et une bouteille que je devinais être du Jack Daniels. Il me servit puis leva son verre en me fixant.

-A ton anniversaire ma Belle !

-Santé mon ami.

Je vidai le verre d'une traite et grimaçai en sentant le feu se répandre dans le fond de ma gorge. Il s'installa face à moi, assis sur la table basse et me reprit le verre pour le déposer près du sien. Avant qu'il puisse envisager de faire un geste, le téléphone sonna et il se leva pour y répondre en grognant.

D'un coup d'œil discret, j'observai la pièce à la recherche des fameuses télés que j'avais vues dans mes rêves. Il y avait bien un écran près des fauteuils mais rien de semblable à mes souvenirs. Derrière la table de travail, il y avait deux portes dont une qui menait à une salle de bain et j'avançai doucement pour entrer dans la deuxième. Santi était en train d'insulter copieusement quelqu'un au téléphone et je ne pus réprimer un sourire en me disant qu'il était vraiment une autre personne avec moi et uniquement avec moi.

Avant d'avoir l'occasion de tourner la poignée, sa main se posa sur la mienne. Je sursautai en me retournant et le découvris souriant à moitié, le téléphone calé entre son épaule et son oreille. Il balança son index de droite à gauche pour me signifier son refus et continua à discuter.

-J'ai bien conscience de tout ça mais il est hors de question que j'abandonne le projet. Je passerai vous voir lundi matin pour régler ce contretemps. J'ai à faire, je vous laisse.

Il jeta son téléphone sur son bureau sans me lâcher et me poussa contre le mur en posant son autre main à côté de ma tête. Soudainement, j'eus chaud et surtout envie de lui sauter dessus comme nous l'avions fait chez lui.

-Je ne peux pas te laisser entrer là Bella.

Sa voix était rauque et déclencha un frisson le long de mon épine dorsale. Je tentai vainement de déglutir et essayai de lui répondre.

-Pou...Pourquoi tu ne peux pas ?

-Parce que si tu y rentres, je ne pourrais que te sauter dessus. J'ai peur de ne pas avoir assez de contrôle pour rester sage.

-Et si je n'avais pas envie que tu restes sage ?

Je le fixai avec le regard le plus candide que je trouvai et je l'observai secouer doucement la tête en souriant. Il effleura mon nez avec le sien avant de déposer un baiser innocent sur mes lèvres. Comme plus tôt, ce geste déclencha un raz-de-marée dans mes entrailles et mes mains partirent à la découverte de son torse et de ses épaules. Du moment où je laissai mes doigts œuvrer dans ses cheveux, je sentis Santi se rapprocher de moi pour me plaquer au mur. Son corps me contraignait sans qu'il devienne trop lourd pour me gêner.

D'un geste rapide et précis, Il emprisonna mes poignets et les amena au-dessus de ma tête. En quelques secondes, je me retrouvai à sa merci et je ne pus réprimer un gémissement. Mes bras étaient étendus à leur maximum et ma tête maintenue contre le mur par la main de mon ami. Sa bouche dévorait la mienne et je laissai la folie de cette étreinte augmentée au même rythme que le feu qui crépitait dans mon ventre. Un de ses genoux m'obligea à écarter les jambes et il le remonta insidieusement vers mon intimité. Dès qu'il entra en contact avec mon entrejambe, une décharge électrique me terrassa et j'eus l'impression de me liquéfier totalement.

Ses lèvres avaient migré vers mon cou et torturaient ma mâchoire et mon lobe. J'étais toujours coincée contre le mur, piégée contre son corps musclé et j'ouvris les yeux pour le contempler. Son regard était voilé de luxure et je l'entendis pousser un gémissement quand j'arquais mon bassin contre le sien. J'avais envie de plus et je pestai encore plus contre mon esprit qui m'empêchait de savoir ce que je voulais. J'observai Santi reculer légèrement pour me dévisager de la tête aux pieds et fus surprise d'entendre un grondement naître dans sa gorge.

-Quand je te dis que tu es la pire des tentatrices…

-Je prends ça pour un compliment Santi.

Son téléphone sonna à nouveau, rompant notre moment d'intimité. Il m'embrassa encore une fois tendrement avant de se baisser pour me porter et me déposa sur un fauteuil avant de répondre.

-Quoi ?

J'en profitai pour retrouver un semblant de calme. Je sentais mon cœur cogner dans ma poitrine et j'avais horriblement chaud. J'avais l'impression de me réveiller d'un de mes récents rêves. La seule différence, c'est que nous étions toujours habillés. Je sursautai en sentant sa main se poser sur mon épaule et relevai la tête pour le regarder.

-Je dois recevoir un client pour un contrat. Il m'a vu rentrer et veut le signer maintenant. Je n'ai donc pas le choix.

-Pourquoi dis-tu ça ?

-Car c'est notre plus gros client. Ça l'était déjà quand tu dirigeais le Black Nails. Tu as toujours veillé à ce qu'il soit bien servi et j'ai gardé cette habitude. Il dépense vraiment beaucoup d'argent ici.

-En quoi consiste le contrat ?

-Il cherche un nouveau partenaire de jeu et pense l'avoir trouvé en bas.

-Pourquoi passe-t-il par toi ?

-Parce qu'il s'agit d'un de mes employés. Je dois donner mon accord. Trouves-tu ça bizarre ?

-Euh, je n'aurais pas dit bizarre mais prévenant… En quoi l'intimité de tes employés t'importe ?

-Il est question de jeux entre adultes Bella. Ils n'auront aucune relation en dehors de la Play Room.

J'étais en train de comprendre ce qu'il voulait me dire et j'avais un peu peur qu'il en vienne à me proposer la même chose. Je ne voulais pas être sa partenaire uniquement dans une seule pièce de temps à autre. Je le voulais pour moi. J'inspirai un grand coup pour me donner du courage et me décidai à poser la question.

-Avons-nous un contrat tous les deux ?

-Non, je ne peux pas l'envisager. Montres-toi hautaine ma Belle, Monsieur Banner arrive.

J'opinai doucement et acceptai sa main. Il me dirigea vers le grand fauteuil derrière son bureau et m'y installa avant de s'assoir directement sur la table dans une posture rigide, à l'opposé de ce qu'il était quelques instants plus tôt. Je respectai sa demande en m'installant comme à l'opéra et laissai Santi gérer l'échange. J'entendis clairement le coup donné contre la porte et l'ordre de Santi. Il avait parlé d'une voix froide, à la limite de l'exécrable. Il posa sa main sur mon épaule, comme pour m'encourager ou me soutenir. Je vis la porte s'ouvrir sur un homme de taille moyenne, assez mince, aux cheveux noirs bouclés et au teint pâle. Il avait la même démarche et la même stature que les deux abrutis que nous avions croisés plus tôt. Lorsqu'il m'aperçut, il me fixa et je haussai un sourcil de défi en le regardant. Il baissa le regard et avança doucement en se plaça face à nous avant de parler.

-Bonsoir Monsieur Santi. Dame Isabel, c'est un grand plaisir de vous voir ici.

-Bonsoir Monsieur Banner. Vous vous êtes enfin décidé à abandonner Mike ?

Je fus ébahie par mes propres paroles. Je ne savais pas qui était ce Mike dont je venais de parler. Je cachai mes craintes derrière un sourire carnassier en attendant qu'il me réponde.

-Que voulez-vous ma chère, je suis un faible devant les hommes. Quoique ces derniers temps, il se comportait de plus en plus mal. Il a commencé à répondre, il y a maintenant un peu plus d'un an dans votre club, le Black Nails. Je profite de cet aparté pour vous remercier. Vous avez veillé à ce qu'il soit puni avant mon arrivée. Il était prêt pour la Play Room.

-Je n'en ferais rien Monsieur Banner. Je vais vous laisser gérer votre nouveau contrat avec Maître Santi.

Il fit une courbette ridicule avant de regarder mon ami qui fronçait les sourcils. Je tentai de me lever mais son bras appuya discrètement sur mon épaule pour m'informer que je devais rester assise. Notre échange était resté très discret et notre invité n'avait pas bougé.

-Asseyez-vous Bob. J'ai préparé le contrat pour Eric. Bien évidemment, il est d'accord et a rempli les différents questionnaires fournis.

Je perdis le fil de la description faite par Santi à cet instant-là. Monsieur Banner préférait donc les relations avec les hommes. Cette nouvelle me surprit sans pour autant me dégouter. J'avais juste devant moi quelqu'un qui envisageait les choses autrement. Je ne me voyais pas le juger pour sa différence, Edward m'avait jugé et j'en avais souffert. Je ne voulais pas reproduire ça. Je n'aurais jamais cru qu'Eric, un jeune homme bien foutu avec des muscles bien placés, aimait s'adonner à des jeux avec un autre homme. Je l'avais vu draguer ouvertement une serveuse lors de notre dernière venue en journée.

Les dernières paroles de Santi me revinrent en mémoire. Il avait dit qu'il n'envisageait pas d'avoir un contrat avec moi. Est-ce qu'il ne voulait pas de moi ? Est-ce que je le rebutais ? J'abandonnai bien vite ce sujet pour en revenir au début de la conversation. J'avais parlé de Mike à Monsieur Banner et bien que je cherche dans ma mémoire pourrie, je n'arrivais pas à retrouver son visage, ni ce que j'avais fait il y a plus d'un an pour le punir… Et le punir de quoi ? Encore un mystère.

Je sentis le regard de Bob sur moi et je continuai à fixer l'exemplaire du contrat qui était posé sur le bureau. Je ne cherchai même pas à le lire et bloquai sur le début :

Contrat de Soumission

Établi entre le Dominant Bob Banner d'une part

Et le soumis Eric York de l'autre part

Ma curiosité m'avait déserté. Je ne voulais même pas lire en quoi consistait ce contrat. Je ne savais pas qu'on pouvait faire ça. En quelques secondes, un déclic se fit et je compris pourquoi je côtoyais ce monde. C'était ma façon de gérer mon passé. Je ne savais pas si j'avais aussi un contrat avec quelqu'un mais c'était la façon de ne pas avoir peur des relations avec les autres. Si je prenais les devants et que quelqu'un signait ce contrat, il ne pouvait pas aller au-delà de mes limites. Au bout d'une dizaine de minutes, Monsieur Banner se leva et serra la main de Santi. Je n'avais, pour ma part, pas bougé du tout et me contentai de le fixer.

-Dame Isabel, je vous souhaite une bonne soirée.

-Bonne soirée Monsieur Banner.

Je n'attendis pas plus longtemps et me levai pour aller dans la salle de bain. Au moins j'y étais tranquille et pouvais soupirer sans craindre de mettre en péril mon apparence. J'entendis une porte claquée puis quelques secondes après quelques coups contre le panneau de la pièce où je me trouvai. J'ouvris à mon ami qui attendait, un air grave figé sur son visage. Je ne pus que lui sourire et saisissant la main qu'il tendait puis me pelotonnais contre lui.

-Ça va Bella ?

-Euh je crois oui.

-Je n'aurais pas dû te montrer ça tout de suite.

-Si, tu as bien fait. Je crois que je viens de comprendre quelque chose de très important.

Sans me lâcher, il me fit asseoir sur le canapé en cuir et s'installa à mes côtés en tenant mes mains.

-Qu'as-tu compris ?

-Tu m'as proposé cette façon de vivre pour me permettre de gérer mes terreurs ?

-En partie. Ecoutes, je ne peux pas encore tout t'expliquer mais tu es sur la voie. Sache que je ne t'ai jamais obligé. J'ai toujours cherché à te protéger.

-Je le sais Santi. Même si je ne me rappelle pas de tout, mon instinct me dit que je peux avoir confiance en toi. Alors, je l'écoute.

-Merci pour ta confiance Bella. Au fait, j'ai une petite interrogation encore…

-Dis-moi.

-Tu te rappelles de Mike ?

-Pas du tout ! Son prénom m'est apparu quand j'ai vu Banner.

Il se mit à rire en caressant l'ovale de mon visage avant de continuer.

-Je vais t'expliquer rapidement. Banner était un inconditionnel de ton club, le Black Nails. Il y venait tous les soirs durant le week-end et il est tombé sous le charme de Mickaël Newton, un de tes barmans. Ils ont trouvé un accord et sont venus te voir pour te demander l'autorisation, comme Monsieur Banner l'a fait pour Eric.

-Qu'entendais-tu par punition ?

-Dans notre monde, tout a un prix. C'est une image mais j'essaye de simplifier pour toi. Dis-toi que si tu fais quelque chose de bien pour ton partenaire, il te gratifiera et si tu fais quelque chose de mal, tu seras punie. Nous rentrerons dans les détails plus tard.

Son explication me sembla logique et j'opinai en souriant. J'avais envie d'oublier cet entretien pour le moment et je voulais me reconcentrer sur ce que nous avions fait avant l'arrivée de ce perturbateur. Santi dut le lire dans mon esprit car il me souleva pour que je repose sur ses genoux et nicha sa tête dans mon giron. Je le laissai faire en posant ma main sur sa joue.

-Et si nous reprenions où nous en étions tout à l'heure ?

Il rit doucement et me répondit sans quitter sa place.

-Pas ici ma belle. Rentrons, nous serons mieux chez nous.

"Chez nous"… Cette appellation me laissa rêveuse mais je me rappelai trop tôt qu'il n'était que mon ami. Comme il l'avait dit plus tôt, il ne pouvait envisager un contrat avec moi. Il dut lire ma crainte car il posa directement la question.

-Qu'est-ce qu'il se passe Bella ?

-Rien… enfin non… ce n'est pas important.

-Si, ça l'est. Toujours quand ça te concerne. Dis-moi.

Il avait raison, nous devions crever l'abcès tout de suite. Au pire s'il ne voulait pas de moi, je repartirais chez les Cullen ou dans mon appartement. Je savais que j'éprouvais de profonds sentiments à son égard. S'ils n'étaient pas partagés, je trouverais bien une échappatoire. Jamais je ne le laisserais voir que son ignorance à mon égard me touche. Mon cœur était déjà en morceaux, alors un peu plus ou un peu moins… Lui aussi s'apprêtait à me rejeter comme Edward, j'en étais sûre et certaine.

-Pourquoi me parles-tu de chez nous alors que le manoir t'appartient ?

-Parce que je pense qu'il est à nous deux, tout comme l'ensemble des clubs.

-Pourquoi t'évertues-tu à m'inclure dans tout ça ?

-Parce que tu fais partie de ma vie. Pose-moi la vraie question Bella.

-Pourquoi as-tu dit que tu n'envisageais pas de contrat avec moi ? Je ne te plais pas ?

Voilà, nous y étions. J'avais enfin dit ce que je pensais. Je l'observai en douce et vis son visage changer. Il se leva doucement sans me lâcher et m'attira à lui dans une étreinte douce.

-Oh ma Bella. Tu te méprends sur mes sentiments. Nous allons rentrer chez nous et je vais t'expliquer. Nous serons mieux qu'ici.

J'opinai sans répondre et continuai à analyser sa réponse ainsi que son comportement. J'étais complètement perdue. Il disait ne pas vouloir de contact avec moi mais disait que je me plantais sur ses sentiments. Il passa sa veste et me retourna pour m'aider à passer mon boléro.

J'avais l'impression d'être une petite fille perdue. J'étais déroutée par mes sentiments et mes ressentis. J'avais besoin qu'il prenne soin de moi. Sans un mot, il récupéra ses affaires et ouvrit la porte afin que je descende. J'eus la bonne idée de remettre mon masque hautain en place et je sentis une bouffée d'orgueil jubilatoire en croisant le regard effrayé de la jeune femme aux entrées.

La main de Santi dans mon dos me ramena au présent et je saisis son bras pour le suivre à l'extérieur en ignorant royalement tout le monde. Je regardai surtout la sortie et fixai mon attention sur la voiture de mon ami. Logan se pencha à nouveau pour nous saluer et je dus me cramponner à ma pochette pour ne pas le gifler et lui faire ravaler son sourire pervers.

Santi m'accompagna jusqu'à ma place et ouvrit la portière afin que je m'installe puis il contourna la voiture sans un regard vers le club. Il monta dans l'habitacle sans prononcer une parole et démarra pour retourner au manoir à Redmond. Avant même d'avoir franchi deux mètres, il agrippa ma main et la posa sur sa cuisse.

Il roulait vite, très vite, assez pour que je me perde dans la contemplation des ombres floues qui emplissaient l'espace. Je n'arrivais pas à réfléchir à ce qu'il venait de me dire et attendais avec impatience de connaître ses sentiments pour moi. Malgré mon amnésie, j'avais l'impression de connaître les miens pour lui.

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Je ne suis pas du genre à exiger des commentaires de votre part mais ça fait mal aux tripes de voir le nombre de vues et de savoir que très peu de personnes laissent une trace de leur passage. Vos reviews sont notre salaire et ça fait toujours du bien de savoir ce que vous pensez.

A mardi, en espérant vous lire…